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Continuons-nous à choisir ou assistons-nous simplement à une mascarade ? Face à la montée en puissance des droites radicalisées sur le continent, les clés d’un réseau d’ingérence géopolitique, d’encerclement médiatique et de manipulation algorithmique qui vident de leur substance les démocraties latinoaméricaines afin de les modeler à la mesure des pouvoirs de fait.
Giovanni Sartori écrit quelque part que la démocratie [1] doit être comprise comme un gouvernement du peuple, mais toujours limité par l’État de droit, les droits fondamentaux et les institutions représentatives. Cependant, le consensus libéral occidental et celui de la démocratie moderne ne se résument pas à la seule règle de la majorité, en la concevant comme un régime politique doté de qualités transcendantales qui « soi-disant » protège les libertés individuelles, qui garantit la concurrence entre les alternatives politiques et assure des mécanismes efficaces de responsabilité. Une véritable dystopie libérale.
Le discours établi et imposé par la force par les gardiens du régime démocratique et des libertés bourgeoises capitalistes est que la démocratie ne se réduit pas à l’acte de voter, mais qu’elle constitue un système de gouvernement fondé sur la souveraineté populaire, le respect des libertés, le pluralisme et l’existence d’institutions qui garantissent la concurrence politique et le contrôle du pouvoir. Bla, bla, bla.
Cependant, au-delà de notre aveuglement temporaire, émerge un revirement politique « électoral » inhabituel vers l’extrême droite en Amérique latine, marqué par la stratégie du bloc de pouvoir américain visant à assiéger les pays et les capitales émergentes afin de redynamiser l’hégémonie américaine en déclin dans le monde et dans la région latino-américaine, considérée comme le laboratoire d’une stratégie de sécurité nationale visant à restaurer la doctrine Monroe et à rétablir la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental afin de protéger – selon leurs propres termes – « notre patrie et notre accès à ses territoires à travers la région ». Les discours du pillage.
Ce contexte confirme la lutte menée par les Gringos pour affirmer le caractère impérialiste de leur État sur la scène mondiale, à partir d’une conception dissuasive du pouvoir qui soumet et conditionne l’ordre mondial, en brandissant la menace de toute leur puissance militaire pour soumettre l’hémisphère occidental à des conditions garantissant le bien-être des élites américaines, fondées sur la croyance en la grandeur et l’hégémonisme inhérents à leur culture anglo-usaméricaine.
Dans ce contexte, où et comment les décisions électorales sont-elles prises ? Aux urnes, peut-être ? Où donc ?
Au cœur d’un cycle électoral intense dans la région, les courants progressistes d’Amérique latine ont ouvertement dénoncé les stratégies d’ingérence des États-Unis et leurs politiques interventionnistes dans ce qu’ils ont historiquement considéré comme leur sphère d’influence.
Les graves allégations et indices de fraude électorale lors des dernières élections présidentielles en Amérique latine mettent en évidence la manipulation des décisions électorales à travers le monde, et en particulier lors des récents événements en Équateur, au Honduras, au Pérou et en Colombie, par le biais de la falsification des listes électorales, la manipulation algorithmique de la transmission des résultats électoraux, l’investissement et l’intervention de capitaux transnationaux dans le financement des candidats d’extrême droite, la manipulation mafieuse des dépouillements par les tribunaux électoraux nationaux, la menace de licenciements massifs orchestrés par les syndicats patronaux et les partenaires capitalistes lors de réunions d’employés, la collusion médiatique des propriétaires des grands médias pour créer des courants d’opinion favorisant les candidats de l’establishment, la conspiration des Églises ultraconservatrices contre les candidats de gauche ou progressistes, et le harcèlement de l’armée des faucons américains face à un éventuel échec du plan ou à une quelconque tentative d’autonomie nationale.
En somme, tout un ensemble de stratégies visant à contrôler et à légitimer les décisions politiques.
La réalité montre que la démocratie est un régime où l’emporte celui qui a la capacité d’imposer, de défendre et de légitimer « sa vérité » électorale. Par conséquent, les décisions démocratiques se construisent dans les cercles de discussion des pouvoirs en place, où, une fois les grands accords scellés, il ne reste plus qu’à organiser les élections.
Peut-être vivons-nous la même situation que ce triste personnage imaginé par José Saramago dans « L’aveuglement » car nous n’avons pas perdu le droit de vote ; nous avons perdu la capacité de voir ce qui se passe sous nos yeux. Car la pire cécité n’a jamais été celle des yeux, mais celle de ceux qui acceptent comme naturel un monde qu’ils ne parviennent plus à comprendre ».
Melquiceded Blandón Mena* pour Diáspora
Diáspora. Bogotá, Colombie, le 17 juillet 2026.
Traduit de l’espagnol depuis [2]https://www.elcorreo.eu.org/La-cegu... par : Estelle et Carlos Debiasi.
El Correo de la Diaspora. Paris, le 30 juillet 2026.
[1] « pdf Qu’est-ce que la démocratie ? » (2007). Giovanni Sartori.
[2] El Correo de la Diaspora