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22 avril 2005

Joseph Ratzinger divise l’Église brésilienne

 

L’Église brésilienne qui compte un catholique sur dix du monde, est partagée au sujet de l’élection du nouveau pape, Benoît XVI : la hiérarchie le défend tandis que l’aile progressiste ne cache pas sa frustration.

Par Rafael Noboa
AFP. Rio de Janeiro, Le mercredi 20 avril 2005

Les évêques brésiliens, dont la plupart ont été nommés par le défunt pape Jean-Paul II, se sont dits satisfaits de l’élection de Joseph Ratzinger parce qu’elle représente la « continuité ».

L’archevêque de Sao Paulo, Claudio Hummes, qui était l’un des « papabili » latino-américains, a affirmé à Rome être « très satisfait ».

Cependant, l’aile progressiste de l’Eglise brésilienne, qui anime un vaste mouvement social, n’a pas caché sa déception.

Le père dominicain Libanio Christo, dit frère Betto, ancien coordinateur du programme « Faim zéro », le principal projet social du président Luiz Inacio Lula da Silva, a déclaré « espérer que Benoît XVI oublie le cardinal Ratzinger ».

« Il est inquiétant de voir à la tête de l’Église catholique un homme qui a commandé le Saint Office et regarde avec méfiance le monde dans lequel nous vivons », a-t-il souligné.

Frère Betto, ami de Lula et du président cubain Fidel Castro, redoute que le nouveau pape porte préjudice aux mouvements sociaux « s’il n’admet pas que lutter pour la justice est un droit des pauvres ».

Le cardinal à la retraite de Rio de Janeiro, Eugenio Sales, a en revanche pris la défense de Benoît XVI en affirmant qu’« il n’est pas de ceux qui punissent pour punir, il punit pour corriger ».

Mgr Sales, un des fers de lance du Vatican au Brésil dans la lutte contre la Théologie de la libération, courant marxiste au sein de l’Église dans les années 1970-80, a aussi estimé que ce n’était « pas encore le moment d’avoir un sud-américain ou un Brésilien comme pape ».

Le vice-président de la Conférence nationale des évêques du Brésil, Antonio Celso de Queiros, a exprimé l’espoir que Benoît XVI « comprenne notre situation de pays en voie de développement, qui lutte contre des difficultés énormes et est asphyxié par une dette (financière extérieure) qui est profondément immorale et doit être dénoncée par l’Église ».

Un représentant de la Conférence nationale des communautés ecclésiastiques de base (Ceb), qui rassemble quelque 100.000 communautés où militent 10% des 125 millions de Brésiliens qui se déclarent catholiques, s’est montré moins optimiste.

« Pour nous l’élection (de Ratzinger) n’a pas été une bonne nouvelle. Les Ceb continueront à miser sur une Église à visage populaire », a déclaré le père Benedito Ferraro.

Les Ceb, où la Théologie de la libération combattue par le cardinal Ratzinger reste ancrée, organisent des luttes populaires au Brésil comme celles des paysans sans terre ou des indigènes et forment leurs dirigeants.

Ces Ceb ont joué un rôle fondamental dans la mobilisation qui a permis l’élection de Lula, ancien dirigeant syndical de gauche et catholique, à la présidence en 2002.

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