Accueil > Argentine > Justice - Droits de l’homme > Appel à l’arrestation immédiate de Netanyahu en cas de visite en Argentine
A la demande des avocats des droits de l’homme
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Les plaignants affirment que le premier ministre israélien est responsable d’une attaque menée par ses troupes dans la bande de Gaza, au cours de laquelle 15 personnes ont été tuées.
Une organisation palestinienne de défense des Droits de l’Homme a déposé une plainte devant les Tribunaux Fédéraux d’Argentine au nom des parents des victimes et des deux secouristes survivants d’une opération israélienne à Gaza au cours de laquelle 15 personnes ont été tuées, exécutées à bout portant puis enterrées dans une fosse commune.
La plainte déposée par l’avocat argentin spécialisé dans les affaires de Crimes contre l’Humanité, Rodolfo Yanzón, et son collègue Raji Sourani, directeur du Centre palestinien pour les droits de l’homme, demande, outre l’ouverture d’une enquête sur les responsabilités de ces événements, que, compte tenu de la visite possible du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (photo) à Buenos Aires, « son arrestation immédiate soit ordonnée dans le but de le mettre à la disposition de la Cour pénale internationale ou, à défaut, qu’il soit jugé sur le territoire argentin ».
Les avocats soutiennent que la mesure est justifiée parce qu’ils affirment que M. Netanyahou est responsable de l’attaque en tant que plus haute autorité politique d’Israël. « Les faits mis en lumière ne doivent pas être analysés manière isolée, mais en tenant compte du modus operandi israélien, en particulier depuis l’occupation illégale du territoire en 1967 et l’imposition de l’apartheid au peuple palestinien, et même, ce qui s’est passé ces derniers jours, la faim comme arme de guerre, les attaques contre les hôpitaux et la mort de journalistes », ont expliqué les avocats.
La plainte a été déposée devant la Cour fédérale numéro 11, sous la juridiction du juge Sebastián Casanello, qui enquêtera sur l’incident survenu à Rafah, au sud de Gaza, qui a affecté un convoi humanitaire composé de travailleurs de l’ONU, de la défense civile palestinienne et d’auxiliaires médicaux du Croissant-Rouge (équivalent de la Croix-Rouge), alors qu’ils accomplissaient leur mission.
Les avocats plaignants ont rappelé que le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, avait dénoncé à l’époque le fait que le gouvernement israélien dissimulait les preuves de l’attaque contre les médecins et les travailleurs humanitaires et avait défini cet acte comme faisant partie d’un génocide.
Une demande d’arrestation de M. Netanyahu a déjà été déposée devant les tribunaux fédéraux argentins, présentée au début du mois d’août par l’Association des travailleurs de l’État (ATE) et le groupe de défense des droits de l’homme HIJOS. Cette même semaine, l’organisation Abuelas de Plaza de Mayo a publié un communiqué dans lequel elle refuse l’éventuelle visite du premier ministre israélien en Argentine et qualifie de génocide les actions de son gouvernement à l’encontre de la population palestinienne.
Página 12. Buenos Aires, le 30 août 2025.