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24 avril 2007

Les croche-pieds de la retraite privée en Argentine.

par David Cufré

 

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Bien qu’on le présente comme la meilleure option de retraite pour la majorité de la société, quand on y regarde de près ce n’est pas le cas. Parce que sont perdants les femmes, les travailleurs indépendants, ceux qui se marient avec des jeunes femmes, les plus de 50 ans, ceux qui ont travaillé peu d’annés, ceux qui ont des faibles salaires.

La logique de base des Caisses de retraites privées (AFJP) est difficile à assimiler : plus longue est l’espérance de vie, moindre est la retraite. La longévité est un facteur négatif. Pour gagner plus, l’idéal c’est de mourir plus tôt. Sur ce sujet les hommes sont mieux placés que les femmes : les statistiques actuelles estiment qu’ils quittent ce monde à 78 ans, tandis qu’elles résistent jusqu’à 82. L’explication de pourquoi ils perçoivent plus est simple : pour calculer leurs revenus on divise les fonds accumulés dans les comptes de capitalisation par la plus petite quantité d’années (13). S’ils ont la tentation de prendre leur retraite à 60 ans, alors ils accumuleront moins d’argent donc percevront encore moins (la division du fonds accumulé est sur 22 années). La combinaison parfaite est de travailler beaucoup et de mourir vite après la retraite.

Le simulateur que vient de mettre en ligne la Chambre d’AFJP, permet de projeter la retraite sur la base de différentes hypothèses, c’est utile pour montrer comment les femmes sortent perdantes du système de capitalisation. Par exemple, une fille de 23 ans, célibataire, qui vient d’arriver sur le marché de travail et par conséquent n’a pas d’apports préalables, avec un salaire brut de 1500 pesos, le simulateur lui calcule une retraite de 1918 pesos. Le même exemple, avec la seule différence qu’il s’agit d’un homme au lieu d’une femme, la retraite passe à 3497 pesos.

L’adresse Internet est uafjp.org.ar. Si vous faites l’essai, regardez bien la différence abyssale entre les résultats des deux scenarios simulés. Dans un, la rentabilité des gérants est basée sur 6% annuel, dans l’autre, sur 4 %. La fille de 23 ans aurait une retraite de 1918 pesos si on retient la première option, mais elles serait beaucoup plus faible si se produisait la deuxième : 1338 pesos. Que c’est passerait-il si il y avait une autre possibilité avec une rentabilité à 2% ?

La rentabilité actuelle réelle des gérants est de 10%. C’est un chiffre maquillé, parce qu’après la crise de 2001, on leur a permis de calculer les obligations à valeur finale, quand la valeur de marché est de la moitié. Mais au-delà de cela, les AFJP elles-mêmes estiment que la rentabilité moyenne quand le système sera mûr sera entre 4 et 6% sur l’inflation. Quand ils ont commencé à opérer, en 1994, ils la calculaient sur la base de 6 à 8%.

Revenons au simulateur de la Chambre d’AFJP, dans la majorité des exemples, les rémunérations des AFJP sont supérieures à celles payées part l’État. Cela est du aux "hypothèses" qu’ils sont utilisés. S’il s’agissait d’autres hypothèses, les résultats seraient différents. Puisque, toute "hypothèse" est arbitraire, mais il y a des éléments structurels qui rendent les systèmes privé et public plus ou moins attrayants.

Pour les travailleurs indépendants, le choix d’une AFJP paraît une mauvaise affaire. Ils auront tellement peu au moment de la retraite, c’est à peine s’ils arriveront aux minima. La même chose pour ceux qu’ils ont des faibles salaires.

Mais aussi le cas d’un homme qui a « réussi », avec un salaire élevé, mais qui seulement s’est marié avec une femme de dix ans plus jeune. Sa retraite sera beaucoup plus petite que s’il avait choisi un conjoint de son âge. Ceci est parce qu’en calculant le revenu viager, la compagnie d’assurance prend en compte les années de pension qu’elle devra payer à la veuve.

Les personnes qui ont un enfant qui a un handicap doivent s’enfuir des AFJP : leurs revenus sera nettement réduit parce que, comme dans l’exemple précédent, la compagnie d’assurances calcule la pension à vie pour cet enfant, et par conséquent le fonds accumulé fondent.

Ceux qui sont déjà dans une caisse de retraite privée ont à leur portée une donnée qui leur permet de se faire une idée de ce qui se passera avec leurs revenus au moment de la retraite : pour percevoir 1 pesos du gérant, ils devront en avoir accumulé 178. C’est le chiffre moyen pour les hommes qui utilisent les compagnies d’assurance pour calculer les revenus viagers. Chacun peut définir combien il aimerait gagner. Le calcul est facile : la somme désirée multiplié par 178.

Quelqu’un qui aspire à recevoir 400 pesos mensuels de son AFJP, devra avoir accumulé 71.200 pesos au moment de la retraite (400 multiplié par 178). S’il veut gagner 1000, il aura besoin de 178.000 pesos dans son compte. Et s’il aimerait 1500, le fonds devra disposer de 267.000 pesos. Un exercice prudent serait de comparer maintenant combien chacun a sur son AFJP pour ne pas avoir de surprises à l’avenir.

Encore une fois, pour les femmes c’est plus difficile. Au lieu de 178, il faut faire le compte par 200. C’est à cause du même « problème » expliqué au début : son espérance de vie est plus longue. Alors, si elle aspire à recevoir 400 pesos de son AFJP elle devra rassembler 80.000 pesos dans le fonds capitalisé, si elle rêve de 1000 elle devra pousser son effort jusqu’à 200.000, et si son objectif est de 1500, elle devra arriver à 300.000.

Comparer ces chiffres avec la réalité peut donner le vertige : la moyenne des fonds accumulés dans le système est de 8000 pesos par signataire. Il est clair que nous sommes qu’à la douzième année depuis la création des AFJP, et ces comptes courent sur la vie de travail complète d’une personne. Pour plus d’années, davantage de capitalisation. Avec cette réserve, choisir une AFJP est très risqué pour les personnes de plus de 50 ans qui ont peu de ressources sur leurs comptes.

Le Gouvernement, de fait, vient de se porter aux secours des femmes de plus de 50 ans et aux hommes de plus de 55 qui ont accumulé moins de 20.000 pesos sur leurs comptes. Cela a été fait parce qu’avec tellement peu d’argent capitalisé, le jour de la retraite ils allaient percevoir beaucoup moins que le minimum. Entre-temps, les AFJP ont gagné de l’argent avec ces personnes, sur lesquelles, elles ont perçues des commissions pour leurs minces apports.

Dans le système de retraite privée, un grand-père qui se marie en secondes noces ne donnera pas droit à pension sur son veuve éventuelle. Ce n’est pas un détail à considérer quand on choisira une caisse de retraite para capitalisation. Plus important est de savoir que celui qui opte pour ce système reste sans garantie du revenu minimum s’il ne réunit pas 30 ans d’apports. Du coté de l’État, en revanche, il aura un seconde chance pour prendre sa retraite à 70 ans, grâce aux « Régime Age Avancé », avec seulement dix ans d’apports. Et dans ce cas, en effet, il pourra accéder aux minimaux sociaux.

Le nombre d’années apportées est fondamental pour le régime d’AFJP. Avec moins de 30 ans, c’est chaotique. Suivant le niveau d’apports de la société argentine, vers l’année 2025, 54% des personnes en âge de la retraite ne pourront pas accéder à la retraite parce qu’elles ne seront pas parvenues à cumuler 30 ans.

Página 12 . Buenos Aires, le 15 avril 2007.

Traduction pour El Correo : Estelle et Carlos Debiasi

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