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16 décembre 2004

Condor : Brésil-l’Uruguay.
Nixon : "Le Brésil a aidé à manipuler les élections uruguayennes," 1971 NSA n° 71

 

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National Security Archive Electronic Briefing Book 71
Publié par Carlos Osorio
Directeur, Projet de Documentation du Cône Sud
Téléphone : 202/994-7061
Date : 20 juin 2002
Assistance en Recherche et édition : Kathleen Coûter, National Security Archive
Assistance en Recherche et traduction : Dra. Ariela Peralta, SERPAJ Uruguay, CEJIL.

De nouveaux documents déclassifiés révèlent les vastes efforts de l’Administration Nixon pour prévoir la victoire du « Frente Amplio » dans les élections présidentielles de 1971. Les USA pourraient avoir conjointement agi avec les brésiliens pour influencer les résultats. Il y a six semaines, un rapport de l’agence de presse AP écrit par Rhum Kampeas, basé sur un document récemment déclassifié de la collection Nixon dans les Archives Nationales des USA, révèle que pendant une réunion avec le Premier Ministre britannique Edward Heath, le président Nixon a admis alors que "le Brésil avait aidé à manipuler les élections uruguayennes".

Le Projet de Documentation du Cône Sud du National Security Archive a récolté les 15 documents qui sont exposés plus bas avec la volonté de donner un contexte aux commentaires de Nixon. Les documents montrent que les Etats-Unis étaient profondément préoccupés à l’idée que l’exemple d’Allende au Chili se répète en Uruguay. Les préoccupations étaient partagées tant par le Brésil que par l’Argentine dont les agences de renseignement militaire menaient à bien des consultations régulièrement et avaient précédemment passé un accord pour intervenir dans les événements politiques en Uruguay. L’Ambassade des Etats-Unis a recommandé des activités ouvertes et sécrètes pour contrecarrer les revues publiées par le Frente et la coopération entre le Brésil et l’Argentine pour soutenir des opérations de sécurité de l’Uruguay.

Le président brésilien, Emilio Garrastazu Médici, s’est rendu à Washington entre les 7 et 9 décembre 1971, alorsqu’ on n’avait pas encore proclamé le résultat des élections uruguayennes. Garrastazu Médici a tenu plusieurs réunions avec le Président Nixon, le Conseiller de Sécurité Nationale Henry Kissinger, le Secrétaire de Etat William Rogers et celui qui bientôt deviendra le Sous-chef de la CIA, Vernon Walters. Dans plusieurs des mémorandum sur les conversations avec le président brésilien, Richard Nixon mentionne l’aide du Brésil pour influencer les élections uruguayennes. Henry Kissinger remarque l’appui de Garrastazu Médici à la Doctrine Nixon en Amérique latine. Selon cette doctrine, une nation comme le Brésil, jouerait le rôle de puissance régionale auxiliaire en agissant pour les intérêts des Etats-Unis.

Les élections se sont déroulées le 28 novembre 1971. Les responsables du Frente Amplio ont dénoncé le fait que les Etats-Unis et le Brésil ont soutenu une vague d’intimidation contre leur campagne et leurs candidats. Après un retard controversé de plus de deux mois, le 15 février 1972, le tribunal électoral prononce la victoire Juan Maria Bordaberry, du parti Rouge dans le gouvernement, avec 41% des voix, seulement quelques milliers de votes au-dessus de 40% obtenu par le candidat du parti Blanc. Pour soulager l’Ambassade (des Etats-Unis), le Frente Amplio a fini à une lointaine troisième position avec 18% des votes.

Contexte Historique

Depuis le milieu des années 60, l’Uruguay, connu comme la Suisse de l’Amérique latine, avait vu sa tradition démocratique exemplaire et son niveau de vie élevé se décomposer devant une économie en crise, la corruption gouvernementale et l’effervescence sociale. Washington a établit un bureau du programme de Sécurité Publique de l’Agence pour le Développement International (AID) depuis 1964, pour fournir de l’assistance aux opérations anti -insurectionnelles de la police. En 1969, au milieu d’une crise politique croissante et des activités d’un puissant mouvement guérillero des Tupamaros, les Etats-Unis ont doublé l’assistance en Sécurité Publique en équipement et entraînement policier.

La crise a rapidement changé d’échelle jusqu’à se transformer en conflit en 1970. Au fur et à mesure que les nouveaux officiers formés aux Etats-Unis occupaient des postes clef dans la police, les plaintes pour tortures ont augmenté. A. J. Langguth dans son livre bien documenté Hidden Terreurs (Terreurs Occultes, Pantheon Books, 1978, p 286) rend compte de comment des policiers plus anciens étaient remplacés "quand la CIA et les conseillers de la police avaient opté pour des méthodes et des hommes plus durs." Il décrit aussi qu’alors que Dan Mitrione était chef du programme de Sécurité Publique, les Etats Unis "... ont introduit un système de carte d’identité comme celui du Brésil... [et que] la torture s’est transformée en routine dans le quartier général de Montevideo."

Entre la moitié 1970 et le début 1971, les Tupamaros ont enlevé Dan Mitrione, un agronome américain, un diplomate brésilien et un Britannique, en demandant en échange la libération de 150 Tupamaros arrêtés par la police. Après des négociations bilatérales avec les familles et des gouvernements étrangers, la majorité des victimes ont été libérées en lieu sûr. Face à la politique de ne pas transiger avec les ravisseurs imposée par les gouvernements uruguayen et des Etats-Unis, les Tupamaros ont tué Mitrione et son corps sans vie a été trouvé au début du mois d’août 1970. La violence entre la police - avec le soutient des Etats-Unis- et les Tupamaros a connu une spirale ascensionnelle.

L’année des élections présidentielles la classe politique uruguayenne était totalement dispersée. Les partis Rouge et Blanc traditionnels perdaient des membres éminents qui ralliaient le Frente Amplio. Un mémorandum sur les élections présidentielles en Uruguay du Département d’État pour le Conseiller du Conseil de la Sécurité Nationale, Henry Kissinger, décrivait la société uruguayenne de l’époque dans ces termes : "Le sujet d’opposition le plus importante est le sentiment général de malaise et le manque de direction nationale. Il y a une déception croissante, spécialement chez les jeunes de classe moyenne, causée par le manque d’avenir. Le phénomène des Tupamaros est en lui-même en grande partie une révolution de la classe moyenne contre un système dont on voit qu’il n’offre aucun espoir de participation significative."

Dans ce contexte, les Etats-Unis étaient très préoccupés de voir comment peu après sa création, en février 1971, le Frente Amplio, une coalition de communistes, socialistes, démocrate chrétiens et dissidents des plus grands partis, gagnait rapidement un soutien substantiel pour les élections du 28 novembre. Certaines enquêtes initiales sur les préférences des électeurs plaçaient le Frente juste derrière les Rouges et devant les Blancs.

Les Etats-Unis considéraient l’Uruguay comme un modèle pour l’Amérique latine et craignaient que se répète la victoire de l’Unité Populaire au Chili qui avait eu lieu quelques mois avant. Vers le milieu 1971, l’objectif de Washington en Uruguay était "de diminuer la menace d’une victoire politique du Frente," qui était perçue comme une menace plus grande que celle des Tupamaros.

Dès lors, les Etats-Unis étaient impliqués à soutenir une offensive anti-insurectionnelle à une grande échelle en incluant la transformation de l’intelligence policière dans une agence de sécurité nationale, la Direction Nationale d’Information et l’Intelligence (DNII). En septembre 1971, le gouvernement uruguayen a lancé des opérations anti- subversives, coordonnées par le DNII, des forces conjointes (policiers et militaires) contre les Tupamaros. Des policiers ont déclaré que les escadrons de la mort étaient coordonnés depuis le DNII.

En 1972, le président Bordaberry, récemment élu, a donné le feu vert aux militaires pour la lutte anti-insurectionnelle. Les militaires ont écrasé les Tupamaros, ont réprimé des étudiants, universitaires, syndicalistes ainsi que les adversaires du gouvernement. En 1973 les militaires ont dissout le Congrès et plus tard en 1976, ils renversèrent Bordaberry lui-même quand l’Uruguay fut connu comme un "État Prison". L’assistance en sécurité des Etats-Unis a continué jusqu’à 1977.

Les documents

On connaît les opérations secrètes de la CIA pour prévenir et ensuite déstabiliser le gouvernement de Salvador Allende au Chili. C’est seulement récemment qu’il a été possible de savoir comment les agences américaines ont agit pour miner le Frente Amplio et cela a commencé à être connu au fur et à mesure que les documents présidentiels, du Département d’État et de Sécurité Publie d’AID ont été déclassifiés à travers le processus régulier des documents historiques versés aux Archives Nationales des Etats-Unis.

Certains des documents présentés ici proviennent de la salle de lecture du Département d’État et du "Records Groups" 59 et 286 de l’Archive Nationale des Etats- Unis. Les Archives de Sécurité Nationale ont aussi révisé les extraits des bandes magnétiques du président Nixon (déclassifiés l’année passée) et les documents déclassifiés du Conseil de la Sécurité Nationale de Nixon.

Document 1

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Doc 1

20 Août 1971 : Télégramme secret du Département d’État
Source : Archives Centrales du Département d’État, Archive Nationale.

Le Département d’État demande aux ambassades d’Argentine et du Brésil de faire estimer quelle serait la réaction des gouvernements de ces pays face à une victoire du Frente Amplio avant et pendant les élections.

Document 2

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Doc 2

25 Août 1971 : analyse et rôle stratégique préliminaire secret de l’Ambassade des Etats-Unis en Uruguay
Source : Salle de lecture du Département d’État.
Dans cette analyse l’Ambassade des Etats Unis à Montevideo répond aux instructions données par le Conseil de la Sécurité Nationale pour concevoir une stratégie : "...pour augmenter le soutien aux partis démocratiques en Uruguay et essayer de diminuer l’occasion d’un triomphe politique du Frente Amplio." Le groupe de travail de l’Ambassade fait des recommandations dans cinq secteurs : psychologique, d’assistance économique, politique, du travail et de sécurité.

Pour l’Ambassade, les Etats-Unis doivent "collaborer ouvertement ou secrètement avec les médias de la presse qui concurrencent ceux du Frente Amplio. Un groupe de journalistes professionnels bien sensibilisés à la psychologie pourraient étudier Marcha (une publication du Frente Amplio) et voir quel est son attrait pour les intellectuels uruguayens et ils pourraient créer un produit de presse qui pourrait combattre effectivement cet hebdomadaire nuisible."

Dans le secteur de la sécurité "il est particulièrement souhaitble que quelques pays voisins comme l’Argentine et le Brésil collaborent effectivement avec les forces de sécurité uruguayennes et quand ce serait possible, de les encourager à une telle collaboration."
Deux sections de l’analyse ont été effacées, une au début sous le sous-titre "les intérêts des Etats-Unis" et une après le n° 6 dans le secteur de recommandations Politiques.

Document 3

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Doc 3

25 Août 1971 : Service d’Information de Diffusion à l’Étranger de la CIA (Foreign Broadcast Information Service - FBIS), confidentielle.
Source : Projet de desclasification de la CIA sur le Chili, Groupe I (1973-1978), Emplacement Web du Département d’État.

Ce FBIS classé et diplômé "Tendances dans la Propagande Communiste", souligne les déclarations de Fidel Castro sur une alliance entre les brésiliens et les paraguayens, sous la direction de la CIA, qui a promu le récent coup d’Etat en Bolivie. Castro a aussi dénoncé qu’ avec le coup d’Etat, il y avait aussi l’intention d’intimider les électeurs de gauche d’Uruguay aux prochaines élections.

Document 4

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Doc 4

27 Août 1971 : Câble secret de l’Ambassadeur des Etats -Unis Lodge en Argentine.
Source : Archives centrales du Département d’État, Archive Nationale.

L’Ambassade des Etats-Unis à Buenos Aires répond à la demande du 20 août pdernier du Département d’État sur l’intervention du Brésil et de l’Argentine dans les élections uruguayennes. Le câble reporte que le Brésil et l’Argentine ont effectué de multiples consultations d’intelligence et suivent de près les événements en Uruguay. L’Argentine n’a pas de plans d’intervention dans les élections uruguayennes, mais soutiendrait un coup d’Etat pour réinstaller l’actuel Président Pacheco si la gauche "Frente Amplio" gagne en novembre.

L’Argentine a essayé de renforcer le régime de Pacheco par un appui économique et dans la lutte contre la révolte. Par exemple, une équipe d’interrogatioire des prisonniers de l’Argentine "a été envoyée à Montevideo quand le chef Tupamaro Raul Sendic a été capturé." Pour finir, Lodge il a dit à Washington que l’Argentine a été impliquée dans le récent coup d’Etat en Bolivie.

Note : Le National Security Archive a cherché méticuleusement les documents du Brésil et de l’Uruguay dans "l’Enregistrement Groups 286 et 59" dans l’Archive Nationale des Etats- Unis et nous ne trouvons pas la réponse parallèle de l’Ambassade américaine au Brésil, à la demande du Département de Etat ].

Document 5

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Doc 5

26 Octobre 1971 : Conversation du Président Nixon
Source : Conversation Non. 601-36/602-1, Aide de recherche des rubans magnétophoniques de Nixon, Archive Nationale.

Le président Nixon dans le Bureau Ovale parle de ses relations étrangères et des Droits de l’Homme dans plusieurs pays. Sous le thème "Brésil", Nixon parle du président brésilien Emilio Garrastazu Médici, de l’Uruguay et du Chili. Remarque : Il a été impossible d’écouter rien intelligible pour chercheurs du National Security Archive quand on a écouté la bande 601-36/602-1]

Document 6

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Doc 6

9 Novembre 1971 : Télégramme d’utilisation officielle limitée de l’Ambassadeur des Etats-Unis Charles Adair au Secrétaire d’État
Source : Archives Centrales du Département d’État.
Dans ce télégramme avec copies au Bureau de Sécurité Publique de l’AID et aux ambassades des Etats Unis au Brésil et en Argentine, l’Ambassadeur des Etats-Unis informe que "le candidat présidentiel du Frente Amplio, Liber Seregni, a accusé des conseillers les Etats-Unis et du Brésil dans des attaques faites à son encontre et contre une caravane d’autobus du Frente Amplio."

Document 7

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Doc 7

13 Novembre 1971 : Memorandum secret du Département d’État pour le Conseiller de Sécurité Nationale Henry Kissinger
Source : Matériels du Conseil de la Sécurité de Nixon, Voyages VIP, dossier National.
Le président brésilien va à Washington entre le 7 et le 9 décembre. Garrastazu Médici propose un agenda détaillé avec 25 points, dont huit incluent des "Questions Interaméricaines", particulièrement sur l’Uruguay. Comme réponse, les Etats -Unis proposent de réduire l’agenda à 9 points. Le point 8 se lit "Problèmes hémisphériques : a) Cuba, Chili, et Uruguay "

Document 8

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Doc 8

Novembre 27,1971 : Mémorandum secret du Département d’État pour le Conseiller de Sécurité Nationale Henry Kissinger
Source : Archives Centrales du Département d’État, dossier National.

Un en mémorandum informatif du Département d’État explique que dans des enquêtes récentes les candidats des Partis Rouge et Blanc gagneront probablement les élections. Toutefois, il y a une préoccupation parce que selon des estimations près 25% des voies soutiennent le candidat du Frente Amplio, et il y a encore un degré élevé d’incertitude sur 25% environ des électeurs, qui n’expriment pas de préférence ou qui se sont montrés indécis. À son tour le candidat du Front, qui est aussi candidat aux élections municipales, peut gagner à Montevideo, la capitale. Le mémorandum, à la fin, souligne la possible intervention de l’Argentine et du Brésil et comme, l’intérêt des Etats-Unis est de promouvoir la stabilité en Uruguay pour préserver les bonnes relations entre les deux pouvoirs régionaux.

Document 9

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Doc 9

Approximativement au début de décembre 1971 : Memorandum secret de Henry Kissinger au Président Nixon
Source : Matériels du Conseil de la Sécurité de Nixon, Voyages VIP, Archive Nationale.

On attend que le Président Nixon rencontre deux fois le Président brésilien Emilio Garrastazu Médici - pendant une heure et demie le 7 décembre et pendant 45 minutes le 9 décembre. Kissinger dit à Nixon que "Médici soutient les idées de la Doctrine Nixon... vous voudrez être d’accord sur l’importance des consultations... particulièrement les affaires de l’hémisphère, en sachant que le Brésil peut jouer un rôle particulier dans l’hémisphère pour étendre nos intérêts mutuels." Le Conseiller de Sécurité Nationale remarque aussi que le Président Brésilien "... exprimera probablement sa préoccupation sur la déviation à gauche dans l’hémisphère et lui donner son évaluation sur la situation en Uruguay, en Argentine, le Chili et la Bolivie."

Document 10

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Doc 10

7 Décembre 1971 : Télégramme confidentiel de l’Ambassadeur des USA Charles Adair au Secrétaire d’État
Source : Archives Centrales du Département d’État, Archive Nationale.

L’Ambassadeur des Etats Unis à Montevideo rend compte des concluions des plaintes qui font le lien entre les Etats-Unis et des attaques contre le Frente Amplio. L’Ambassadeur commente que "la presse gauchiste a à plusieurs reprises essayé dans le passé d’attribuer la responsabilité à l’Ambassade des Etats- Unis à des attaques contre ’le Frente Amplio et de soutenir l’un ou l’autre des partis traditionnels et les ’forces répressives’ (de police). Cette dernière charge et d’autres qui sûrement suivront sont évidemment des efforts faits pour nous accuser de leur défaite dans les élections."

Document 11

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Doc 11

7 décembre 1971, 6 :51 heures du soir : Conversation entre le Président Richard Nixon et le Secrétaire d’Etat William Rogers
Source : Bandes magnétophoniques de Nixon, Conversation 16-36, Archive Nationale.
Le Président et le Secrétaire d’État échangent des avis sur le Président brésilien :
- Rogers :
"Si, je pense que cette affaire de Médici est une bonne idée. Passe un moment agréable avec lui aujourd’hui au déjeuner et... "
- Nixon :
"C’est un type incroyable, certes ?"
- Rogers :
"c’est... Mon Dieu, me réjouit que vous soyez de notre côté."
- Nixon :
"Dur et, eh, tu sais... [rires]... tu sais, j’ aimerais qu’il préside le continent complet."
- Rogers : "Moi aussi. Nous devons aiderla Bolivie. Il est préoccupé pour cela. Nous devons nous assurer que... "
- Nixon : "À propos, la question uruguayenne, paraît-il qu’il a aidé un peu là bas..."

Document 12

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Doc 12

7 décembre 1971 : Mémorandum secret pour Henry Kissinger
Source : Matériels du Conseil de la Sécurité de Nixon, Voyages VIP, Archive National.

En préparation à une réunion entre Kissinger et Garrastazu Médici dans l’après-midi du 8 décembre, un collaborateur le NSC, Arnold, Nachmanoff, informe que " Médici a extrêmement apprécié sa rencontre avec le Président." Il précise ensuite que "la conversation était plus principalement centrée sur les relations entre le Brésil et les militaires brésiliens et les problèmes de l’hémisphère", particulièrement Cuba, Chili et Uruguay. Les notes prises par le Général Vernon Walters sont mentionnées mais pas incluses dans le mémorandum. Le président Nixon a emmené Vernon Walters, Attaché de la Défense en France, pour qu’il l’aide dans les conversations directes avec Garrastazu Médici. Dans des conversations enregistrées précédemment, Nixon explique qu’il veut Walters là, non seulement pour ses capacités en portugais, mais pour sa profonde connaissance du Brésil [1]. Le mémorandum formel de la conversation (memcon) est classé. Le National Security Archive a demandé la dé-classification de celui-ci et d’autres mémorandums des réunions présidentielles.

Document 13

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Doc 13

9 décembre 1971 : Conversation sur bande magnétophonique entre Richard Nixon, Emilio Garrastazu Médici et Vernon Walters dans le bureau Ovale de la Maison Blanche
Source : Conversation Non. 633-6, Aide de recherche des bandes magnétophoniques de Nixon, Archive Nationale.

Les deux registres de cette conversation (un memcon et le ruban magnétophonique) sont actuellement classés. Le National Security Archive a fait des demandes de dé- classification pour tous les deux.

Document 14

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Doc 14

10 décembre 1971 : Mémorandum secret pour Henry Kissinger sur sa conversation avec le Président Brésilien le 8 décembre
Source : Matériels du Conseil de la Sécurité de Nixon, Voyages VIP, Archive Nationale.
Le Dr. Kissinger a dit à Garrastazu Médici que "dans des secteurs d’intérêt commun comme la situation en Uruguay et en Bolivie, la coopération mutuelle et le rapprochement parallèle peut aider beaucoup dans nos objectifs communs." En outre, le Conseiller de Sécurité Nationale de Nixon "a expliqué comment le Brésil joue un fort rôle de direction, et pourrait se trouver lui-même dans une position semblable à celle d’États Unis - respecté et admiré, mais non aimé."

Document 15

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Doc 15

20 décembre 1971 : Memcon secret de Henry Kissinger sur une réunion entre le président des Etats-Unis et le premier ministre britannique Edward Heath
Source : Matériels du Conseil de la Sécurité de Nixon, Voyages VIP, Archive Nationael.
Les deux chefs se réunissent aux Bahamas et examinent de nombreux sujets de politique et de géopolitique internationale. Le président Nixon mentionne l’Uruguay en passant. Nixon est préoccupé par rapport à que la Grande-Bretagne s’est retiré des Caraïbes et ceci peut affecter économiquement la région, mais aussi parce que les gouvernements commencent à se déplacer vers la gauche. Nixon demande à Heath qu’il ne se retire pas et s’est demandé si les Etats-Unis pourraient occuper ce vide. Le Premier Ministre a questionné ensuite sur la situation à Cuba. "L’homme, Castro, est un radical", le Président a répondu même "très radical même pour Allende et les péruviens. Notre position est approuvée par le Brésil, qui est après toute la clé du futur. Les brésiliens ont aidé à manipuler les élections uruguayennes... Il y a des forces qui agissent que nous ne décourageons pas...."

Traduction pour El Correo de : Estelle et Carlos Debiasi

Notes :

Notes

[1Vernon Walters et Emilio Garrastazu Médici se connaissent depuis longtemps. Garrastazu Médici dirigeait l’Ecole Militaire des Aigles Noirs pendant le coup d’état qui avait déposé à Joao Goulart en 1964 et il est ensuite nommé Attaché Militaire à Washington (64-65). En 1967, il a été nommé directeur de l’équivalent brésilien de la CIA, "le Serviço National d’Informaçoes (SNI)" et en 1969 a été choisi comme président par une assemblée militaire. Walters a été Attaché Militaire des Etats -Unis au Brésil entre 1962 et 1967, et il est nommé Sous-directeur de la CIA le 2 mars 1972, moins de trois mois après avoir servi d’assistant dans les réunions entre Nixon et Garrastazu Médici à Washington.

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