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12 mars 2011

Carlos Calica Ferrer :
Mon ami le Che a fait le diagnostic de l’Amérique.

par Nicolas Simoncini

 

En juillet 1953, Ernesto Guevara de la Serna et Carlos « Calica » Ferrer se retrouvent sur le quai de la gare de Retiro, à Buenos Aires en Argentine. Ils partent pour un voyage de plusieurs mois en Bolivie, au Pérou et en Equateur, avec pour objectif final d’arriver au Venezuela. Avant de monter dans le train, Celia, la mère d’Ernesto, lance à Calica : « Veille sur Ernestito ! » Les deux amis ne se connaissent pas d’hier : ils ont passé de longues années ensemble sur les bancs d’école et à jouer au football, à Alta Gracia dans la province de Córdoba, où la famille du jeune Ernesto est venue s’installer en raison de son problème d’asthme.

Dans son livre « Mon ami le Che » [1] paru aux éditions l’Archipel et illustré par de nombreuses photos et documents d’archives, Carlos Ferrer relate ses souvenirs d’enfance et le voyage au bout duquel Ernesto Guevara deviendra le Che. « C’est quelque chose que personne n’avait raconté jusqu’à présent : l’histoire du Che en culottes-courtes » explique Carlos Ferrer. « Pourquoi ne pas avoir écrit cela avant ? Je ne voulais pas spéculer sur mon amitié avec lui. Et puis j’ai vu que les gens parlaient, écrivaient, et Alberto Granado [2] m’a dit : « Il faut que tu écrives ! », alors je me suis décidé ».

Au-delà des anecdotes et des détails très bien retranscrits, le livre permet de comprendre un peu mieux la construction du personnage du Che, bien plus complexe que le révolutionnaire romantique popularisé par la photographie d’Alberto Korda. « Je l’ai vu grandir. C’était un homme intelligent, cultivé, sportif. Tout ce qu’il faisait, il le faisait bien. D’une certaine manière, je savais qu’il pouvait devenir le Che  » indique Carlos Ferrer. « Lorsque nous sommes partis, je me suis rendu compte qu’il avait emmené plus de livres que de vêtements. Il lisait Pablo Neruda, Ernest Hemingway… Ernesto était un jeune médecin idéaliste et dans ses deux voyages, le premier avec Alberto Granado et le second avec moi, il a fait le diagnostic de l’Amérique. Il ne voulait pas faire du tourisme ou aller à l’aventure mais se forger un esprit révolutionnaire qui changerait le monde  ».

A 82 ans, Carlos Ferrer ne compte pas en rester là. Il prévoit d’écrire un nouveau livre, sur la fin de la vie de son ami le Che cette fois : « Dans l’ensemble, on sait ce qui s’est passé à La Higuera en Bolivie, où il a été exécuté, mais certaines choses ont été mal racontées » précise-t-il. Carlos Ferrer voyagera à Cuba le mois prochain pour entamer ses recherches.

El Correo. Paris, 12 mars 2011

Notes

[1Titre original en espagnol : De Ernesto al Che, Marea Editorial.

[2Alberto Granado a effectué le premier voyage à travers l’Amérique du Sud avec Ernesto Guevara. Il est décédé le 5 mars 2011 à Cuba à l’âge de 88 ans.

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