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30 décembre 2015

Argentine : Macri, et son usure précoce

 

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Des milliers de fonctionnaires ont manifesté hier à Buenos Aires [Et à Cordoba pour sauver leurs retraites : « Aprueban ajuste para los jubilados de Córdoba »] face à la détermination du président Mauricio Macri de « réviser » 24 000 contrats de fonctionnaires et 11 000 postes attribués sur concours depuis 2013. Les manifestants ont aussi protesté contre la dévaluation de presque 30% de la monnaie, entrainée par la décision du nouveau gouvernement d’éliminer le contrôle de changes, et contre l’escalade inflationniste que cette mesure a générée.

À ce malaise doit s’ajouter le mécontentement suscité par l’ardeur de Macri à gouverner par décrets, à la marge du Pouvoir Législatif, et à cause de l’entêtement présidentiel à déplacer des fonctionnaires indépendants de l’Exécutif et à procéder à des nominations polémiques, comme celle de Maria Eugenia Talerico à la tête de la l’Unité d’Information Fiscale, bien qu’elle ait été l’avocate de la banque HSBC dans les affaires de blanchiment d’argent –pratique pour laquelle cette banque a dû affronter de nombreux procès dans plusieurs pays – et celle de Laura Alonso comme nouvelle directrice du Bureau d’anticorruption, bien qu’elle ne soit pas avocate.

Un autre sujet qui a placé à la nouvelle présidence argentine dans une situation inconfortable, c’est la fuite de trois prisonniers qui avaient été condamnés à la réclusion perpétuelle –dans une prison de Haute Sécurité- pour l’homicide de plusieurs narcotrafiquants. L’un des fugitifs avait été utilisé par les médias de droite, dévoués à Macri, pour frapper politiquement Aníbal Fernández – qui a été chef de cabinet de l’ex-présidente Cristina Fernández de Kirchner [et candidat au poste de Gouverneur de la Province de Buenos Aires] – grâce à des accusations apparemment fausses.

La version officielle de la fuite semble également invraisemblable, puisqu’elle soutient que les fugitifs ont menacé avec une arme-jouet des agents de la prison et ensuite se sont échappés dans un véhicule de police qui avait la clef sur le contact. Le récit fantasmagorique laisse penser que la fuite a été en réalité une libération opérée par le gouvernement pour payer les services politiques des trois délinquants.

Le fait est que, loin d’être prostré à cause de la victoire électorale de Macri au second tour des élections présidentielles du 22 novembre dernier, les secteurs progressistes se sont organisés pour résister à la charge autoritaire et néolibérale du nouveau régime, et celui-ci semble déjà devoir faire face à une usure politique précoce due à un style de gouvernance discrétionnaire, arrogant et détaché des procédés institutionnels.

Editorial de La Jornada

Titulo original  : « Macri : desgaste temprano »

La Jornada. Mexique, le 30 décembre 2015.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la diaspora. Paris, le 30 décembre 2015.

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