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4 décembre 2019

Sauver l’humanité, la morale et l’éthique du 21ème siècle (aussi)

Un humanisme renouvelé est urgent !

Une révolution culturelle appelée humanisme

par Fernando Buen Abad Domínguez*

 

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Contre le désespoir et la dépression, un humanisme rénové dans son caractère émancipateur et mobilisateur est urgent. Il est urgent dans les slogans suprêmes des luttes sociales, comme le pensait Marx, à la lumière de l’histoire et indivisible dans le contenu conscient insufflé par les forces sociales dans leurs luttes. Un Humanisme « nouveau genre » en tant que solution possible pour les forces basées sur la démocratie participative. L’humanisme, plus nécessaire aujourd’hui que jamais, ne doit pas succomber au mercantilisme extrême et à l’oppression idéologique la plus féroce dans la soustraction de la plus-value. L’humanisme contre le capitalisme sauvage « per se », qui ne s’arrête devant rien, qui dévore la nature, qui détruit le patrimoine culturel en finançant le commerce des guerres, des banques et des « mass media ».

Beaucoup pensent, non sans raison, que toute lutte qui place le développement de sociétés émancipées (sans oppresseurs ni opprimés) au premier rang des priorités contient déjà l’idée d’humanisme. En tout état de cause, invoquer l’humanisme nécessite une mise à jour contre toute embuscade idéologique le réduisant à l’individualisme. Que l’humanisme nécessaire, à ce stade de l’histoire, doit être un programme concret d’action directe qui ne cache pas la lutte de classe et n’éclipse pas la tâche, urgente aussi, de sauver la planète. En tout cas, un humanisme antithétique du capitalisme. Bien que certains pensent que parler d’humanisme est un peu « kitsch », il est nécessaire de ratifier ce que mille voix ont proposé pour un humanisme d’un nouveau genre, sans illusions ni idéalisme.

Qui aurait imaginé que l’espèce humaine, regardant au bord de l’abîme néolibéral, serait inspirée pour initier sa propre transformation et devenir, elle-même, une révolution culturelle ? Nous avons une histoire latinoaméricaine sur notre humanisme (Guadarrama) détaché des luttes contre le colonialisme, l’aliénation et l’exclusion, une histoire qui a un patrimoine extraordinaire élaboré dans les vapeurs du combat (Fidel) en tant que projet des peuples irrédentistes. Mais l’humanisme n’accepte pas le sectarisme territorial. Héritage intégral de positions anticapitalistes, se prononçant ouvertement pour la nécessité de trouver la paix avec identité et dignité pour tous et dans le monde entier (Martí). Un humanisme qui est aussi de paix, sans abandonner une seule de ses armes (Fernández Retamar).

L’histoire nous oblige à ratifier l’humanisme, en tant que projet émancipateur, car il est nécessaire et utile non seulement pour une critique « rechargée » contre le capitalisme, mais aussi parce qu’il impose une voie juste pour ne pas s’égarer dans des embuscades idéologiques. Et cela implique aussi une guérilla sémiotique au cœur de l’humanisme, ses héritages, les déconvenues infligées, l’esclavage auquel il a été soumis au caprice de verbiages philanthropico-évasifs. Pour la construction ou la consolidation d’un tel humanisme, pour renforcer sa capacité de mobilisation des masses, nous avons besoin d’un humanisme objectif, en tant que programme qui progresse d’une manière indéniable et devient la base de la lutte jusqu’à ce qu’il atteigne son point de non retour de façon immédiate. (Chavez)

Un tel humanisme implique la prise de conscience de sa désirabilité, de sa possibilité et de sa réalisation (le souhaitable, le possible et le réalisable : Sánchez Vázquez) car il met en évidence les valeurs qui valorisent l’espèce humaine , renouvelant son combat moral, c’est-à-dire révolutionnaire, ce qui est sa plus haute marche (Ché) ; il met à la portée de tous la compréhension de la valeur de sa consolidation immédiate. Irréfutable et précieux car il justifie sa nature axiologique par la supériorité de ses valeurs contre tout système oppressif et exploiteur. Parce qu’il mobilise tout le monde vers un objectif qui peut être atteint si nous payons nos dettes pour l’unité et l’organisation des peuples (Perón, Puiggros, Jaramillo).

Ce n’est pas un humanisme réformiste, ni anesthésique, ni décoratif, il s’agit de transformer le monde existant et non de le conserver ou de se réconcilier avec lui (Mondolfo). Il s’agit alors d’un humanisme en tant que programme de l’immédiat capable d’élever la conscience, avec des revendications de liberté, d’égalité, de justice et de démocratie jusqu’à passer des vœux à sa réalisation concrète. Un humanisme pour changer le mode de production et les rapports de production. L’humanisme ne doit pas perdre l’espoir de lutter contre les tergiversions et accroitre les libertés, l’égalité et la justice sociale. Un humanisme, démocratique et plein, d’êtres humains libres et créateurs (Althuser).

Nous insistons C’est une conception de l’humanisme liée à la critique sociale. Pas un humanisme bourgeois abstrait ou philanthropique, réduit à un point de vue gnoséologique, mais un humanisme agissant comme une action sociale transformatrice. Un humanisme réel "rechargé". Un humanisme d’une nouvelle ( renouvelée) intégrité morale, éthique et esthétique, nécessairement historiques et sociales pour agir dans le cœur, le ventre et le cerveau des relations sociales. Un humanisme d’une époque et d’un lieu spécifiques pour la révolution culturelle et scientifique qui permet d’assumer la réalité en termes de signification, cette fois, en transformant le monde (Mészáros).

Une expression critique de l’histoire, de ses processus politiques et économiques… l’idéologie de la classe dirigeante. L’humanisme est la mesure qui refuse la foi objective dans le monde humain, capable d’humaniser tout ce qui le touche. Ou en d’autres termes, un humanisme où le pouvoir de l’être humain est une création renouvelée et illimitée. Un humanisme expression de la liberté, de la spiritualité concrète, du vrai créatif et du projet contre la médiocrité, le vide spirituel et le « goût » banal ... l’humanisme pour prendre conscience de la réalité avec ses propres moyens collectifs.

Un humanisme attentif à la dialectique culturelle des luttes entre classes sociales et sensible à la dialectique réellement existante de l’internationalisme et des sentiments nationaux. Un humanisme pour la vie et contre tous ceux qui le corrodent, le détruisent ou le déprécient. L’humanisme comme éthique de la résistance. Aussi.

L’essence humaine réclame son émancipation en révolutionnant les relations sociales. Cela nécessite un humaniste produit de sa propre pratique, qui se transforme également dans ses propres circonstances. Un humanisme complet, historique et créatif. Un tel humanisme ne pourrait naître que dans le coeur même de la barbarie capitaliste, c’est sa contradiction la plus aiguë. Il est appelé à être une force émergente qui surmonte un stade historique largement « déshumanisé », honteux et macabre. Un humanisme qui doit réunir le meilleur des êtres humains pour devenir nouveau en nous et avec nous. L’humanisme en tant que conception logique de la politique et en tant qu’éthique du collectif. Une idée de l’humain qui, par conséquent, en ne jetant pas la philosophie à la mer, nous permet de distinguer clairement les territoires de leurs luttes les plus concrètes et les plus immédiates. Ce dont il s’agit, c’est une chrysalide dans la praxis. Nous sommes à temps.

Fernando Buen Abad Domínguez* pour Rebelión, le 11 de septembre de 2019

*Fernando Buen Abad Domínguez a un Doctorat en Philosophie, intellectuel et écrivain. Il est né au Mexique en décembre 1956. Il est metteur en scène, a obtenu son diplôme de l’Université de New York. Diplômé en Sciences de la Communication, il a une maîtrise de Philosophie politique et un doctorat de Philosophie. Il a été vice-rector de l’Université ouverte du Mexique et directeur de l’Institut de recherche sur l’Image de l’Université ouverte. Il est membre du Centre d’Études Socialistes Karl Marx et du Courant Marxiste International. Parmi les matières enseignées : Philosophie, Philosophie de l’Art, de Mouvements Artistiques d’Avant-garde, de l’Image, de la Sémiotique, du Cinéma Documentaire et de Fiction, de la Production Audiovisuelle, du Journalisme, de la Linguistique, les Techniques de communication ... Il est un membre fondateur de l’Université de la Philosophie. http://fbuenabad .blogspot.com

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diasporapar : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la Diaspora Paris, le 4 décembre 2019

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