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21 octobre 2014

Tolérance étatsunienne pour le Mexique, acharnement sur l’Argentine et le Brésil

par Jean-Paul Baquiast *

 

Dans un article d’Antiwar [Is Mexico a Failed State ? (antiwar.com, anglais, 20-10-2014)], cité et commenté par Philippe Grasset sur son site Dedefensa [Le Mexique et le fatalisme américaniste (dedefensa.org, français et anglais, 21-10-2014)], Justin Raimondo ne comprend pas pourquoi le gouvernement US, si engagé pour un (soi-disant) retour à l’ordre au Moyen-Orient ou en Ukraine, laisse survivre à sa frontière sud, non seulement les gangs et maffias mexicaines, mais aussi un gouvernement lui-même profondément corrompu. Il avoue ne pas s’expliquer cette mansuétude.

Pour Philippe Grasset, la tolérance des États-Unis à l’égard de ce qu’il faut bien appeler le chancre mexicain, tient non pas à une volonté politique bien définie, mais à l’immense désordre caractérisant désormais les centres de pouvoirs et d’influence de l’Amérique.

L’explication n’est pas à rejeter, mais nous pensons qu’il faut y en ajouter une autre. Depuis des temps immémoriaux, Washington a combattu (à Cuba), un Fidel Castro réputé bras armé de Moscou, puis, plus tard, un Hugo Chavez (au Venezuela) presque aussi suspect. La peur suprême de la diplomatie et de la défense américaines a toujours été de voir s’installer en Amérique latine, considérée depuis Monroë comme faisant partie de leur zone d’influence, des États relativement honnêtes, relativement indépendants des groupes de pression américains, et relativement soutenus par une opinion publique relativement démocratique.

Aujourd’hui, pour recouvrer un peu d’indépendance vis-à-vis de la superpuissance dominante et colonisatrice, de tels États seront inévitablement conduits à se rapprocher de la Russie et du Brésil voisin, et sûrement des autres pays du BRICS, à savoir de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud.

L’exemple serait contagieux, non seulement pour d’autres États satellites des États-Unis d’Amérique dans le monde, mais pour l’opposition interne au sein de la fédération américaine elle-même. Cette opposition, au moins dans certains États fédérés tentés par plus d’indépendance à l’égard de Washington, pourrait envisager de définir des voies propres de développement.

Cristina et Dilma dans le collimateur des États-Unis

Nous avons relaté précédemment les difficultés innombrables que la diplomatie et le business américains (notamment les fonds vautours) suscitaient à l’encontre de la pourtant très modérée présidente de l’Argentine Cristina Krichner [Victime des fonds « vautours », l’Argentine est menacée d’un défaut de paiement (vineyardsaker, français, 02-08-2014)]. Celle-ci avait le tort de vouloir échapper un tant soit peu à l’influence économique et politique des États-Unis, tout en signalant son intérêt pour une participation de son pays au BRICS. Son avenir est loin d’être assuré, y compris dans le domaine de sa sécurité personnelle. Inutile de développer.

Quant au Brésil, nous avons également à plusieurs reprises relaté les manœuvres tortueuses par lesquelles la CIA, le banquier Soros et les Églises évangéliques brésilienne d’inspiration américaine, pour ne pas citer les autres, ont tenté d’opposer la docile Marina Silva à Dilma Roussef dans les élections à la présidence du Brésil [Les États-Unis veulent à tout prix imposer un changement de régime au Brésil (vineyardsaker, français, 23-09-2014)]. L’opération a échoué momentanément, puisque au premier tour, Rousseff l’a largement emporté, soutenue par un courant populaire dont nul n’avait, même pas elle, soupçonné l’ampleur.

Mais il reste un second tour, le 26 octobre. La présidente se verra opposer un certain Aecio Neves, directement issu des milieux financiers et politiques brésiliens, sous influence sonnante et trébuchante de Washington. Un article bien informé, provenant du site alternatif Strategic Culture [Soros and the CIA Now Banking on Neves to Defeat Rousseff (trategic-culture.org, anglais, 21-10-2014) [EN COURS DE TRADUCTION EN FRANCAIS PAR VINEYARDSAKER.FR ET TLAXCALA]] montre comment, de nouveau, la CIA, Soros, et plus généralement l’Administration américaine, mettent toutes leurs forces dans la balance, pour faire élire Neves.

L’affaire n’est évidemment pas jouée. Dilma Rousseff conserve de nombreux appuis. Mais, comme l’article de Strategic Culture l’indique, connaissant bien les modes d’intervention de la CIA et des autres agences américaines, elle devra prendre extrêmement garde à sa vie, soit avant les élections, soit après (en cas de succès). Un accident est si vite arrivé, accident d’avion comme celui qui emporta par hasard il y a quelques mois une personnalité politique brésilienne insuffisamment alignée sur Wall Street, ou des cancers soudains, du type de ceux qui ont frappé divers dirigeants latino-américains non-conformistes aux yeux de Washington.

Jean-Paul Baquiast pour son blog dans Mediapart

The Vineyards of the shaker. Paris, 21 octobre 2014

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