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27 janvier 2020

Les mesures d’austérité approuvées par le FMI minent les réserves internationales de l’Equateur

Une erreur de calcul de 1,6 milliards de dollars.

 

Washington - L’Équateur a terminé l’année 2019 avec seulement 3,4 milliards de dollars de réserves internationales, alors que le Fonds monétaire international (FMI) avait prévu pendant la majeure partie de l’année 2019 que l’Équateur disposerait de plus de 5 milliards de dollars, soit le niveau cible des réserves dans le cadre du programme du FMI pour ce pays. En revanche, le Center for Economic and Policy Research (CEPR) indiquait dans un document publié en juillet 2019 « nous nous attendons à ce que les réserves internationales atteignent 3,7 milliards de dollars d’ici la fin de l’année 2019. »

« Il semble que le manque de compréhension du FMI sur le fonctionnement des réserves internationales de l’Équateur, que ses vœux pieux concernant la fuite des capitaux et qu’une confiance excessive dans son programme d’austérité en Équateur ont conduit à des projections qui ont fini par être très éloignées de la réalité », a déclaré Andrés Arauz, chercheur principal du CEPR et coauteur de l’article en question.

Dans son premier rapport, en mars 2019, le FMI prévoyait que l’Équateur terminerait l’année 2019 avec 5,5 milliards de dollars (ajustés pour le calcul de la Banque centrale, voir le tableau ci-dessous) de réserves internationales « brutes ». Lors de la première révision, en juin 2019, le FMI avait revu cette prévision à la baisse, la ramenant à 5,2 milliards de dollars. Même en décembre 2019, lors d’un examen ultérieur, le FMI prédisait que l’Équateur disposerait début 2020 de 4,8 milliards de dollars dans ses réserves internationales. Alors que le CEPR ne s’est trompé que de 9 %, les prédictions du FMI se sont avérées erronées avec une marge d’entre 42 % et 63 %.

Le document de juillet 2019 du CEPR indiquait : « ... le FMI ne semble pas bien comprendre comment fonctionnent les réserves internationales dans un régime dollarisé. Partant de cette mauvaise appréciation, le FMI vise de manière ambitieuse 11,8 milliards de dollars de réserves internationales (brutes) d’ici la fin de l’année 2022 . »

En revanche, le CEPR avait prédit que les réserves internationales de l’Équateur « diminueraient à 1,9 milliard de dollars d’ici à la fin de l’année 2022 ».

Le FMI se caractérise pour avoir fait des prévisions trop optimistes concernant les indicateurs de pays avec lesquels il a conclu des accords, et des prévisions pessimistes dans les pays qui n’ont pas conclu de tels accords et qui ont choisi une orientation différente de celle recommandée par lui. Comme l’indiquait un document du CEPR de 2007, le FMI a constamment commis des erreurs importantes en surestimant la croissance du PIB de l’Argentine pour les années 2000, 2001 et 2002. C’était pendant la dépression de 1998-2002, lorsque le FMI a prêté des milliards de dollars pour soutenir des politiques qui se sont soldées par un effondrement économique. Pour les années 2003-2006, après que le gouvernement de Néstor Kirchner en Argentine eut rompu avec le Fonds, les projections de croissance du FMI pour l’Argentine étaient loin de correspondre aux chiffres réels.

Pendant et après la récession mondiale, le FMI a fait des projections de croissance économique trop optimistes pour la Grèce et l’Espagne -des pays frappées par la crise- au moment où leurs gouvernements adhéraient aux prescriptions politiques de la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI).
« En Équateur, le programme du FM risque aussi de provoque un PIB par habitant plus faible, un chômage plus élevé et une instabilité macroéconomique accrue, ce qui est tragiquement inutile », a affirmé M. Arauz. « L’Équateur n’a pas besoin de ce « resserrement de la ceinture » ; le programme du FMI est en train de défaire activement toute une série de réformes et de politiques qui ont contribué à générer de la croissance, à faire baisser le chômage et à réduire l’inégalité et la pauvreté. Il est également décevant, d’un point de vue technique, que le FMI n’ait pas corrigé ses projections de croissance du PIB, bien qu’il se soit trompé de 1,3 à 2,0 points de pourcentage lors de la mesure des réserves internationales ».

ANEXE

(Cliquer sur l’image pour agrandir)

CEPR. Washington, le 7 janvier 2020

Publié par le Center for Economic and Policy Research le 07 janvier 2020. Le CEPR est un think-tank progressiste étasunien basé à Washington. www.cepr.net/

Traduit par Luis Alberto Reygada (@la_reygada) pour El Correo de la diaspora latinoaméricaine.

El Correo de la Diaspora. Paris, le 27 janvier 2020

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