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26 novembre 2011

Fanny Edelman (1911 - 2011)

par Stella Calloni *

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

A seulement quatre mois de fêter ses 101 ans, le 1er novembre 2011, est décédée à Buenos Aires Fanny Edelman, mythique dirigeante du Parti Communiste Argentin dont elle occupait la présidence honoraire et où elle a milité pendant 80 ans jusqu’à ses dernières heures, laissant un exemple de lutte, d’honnêteté, d’humilité, de cohérence et de morale révolutionnaire comme l’on reconnu les jeunes arrivés cette nuit à la veillée funèbre pour lui dire « jusqu’à la Victoria toujours Fanny ».

La dernière dirigeante de ce que l’on nommait ici [en Argentine] la « vieille garde du PC » se caractérisait par sa douceur, qui dissimulait une grande force, sa patience et son travail en faveur de l’unité de la gauche en des temps qu’elle considérait dangereux pour l’humanité « à cause de l’impunité globale que nous voyons ».

Fille d’immigrants russes, Fanny Jacobinsky est née dans la province de Cordoue, en Argentine, le 27 février 1911, et déjà en 1934 elle entra au PC, à un moment de grande agitation dans le pays, mais sa lutte a commencé très tôt dans les années 30 après le coup d’Etat du général José Félix Uriburu qui a renversé le président Hipólito Yrigoyen. Elle fut arrêtée plusieurs fois et après s’être mariée en 1936, elle adopta pour toujours le nom de famille de son époux Bernardo Edelman, avec qui elle a partagé ses activités politiques, qui l’ont mené à être volontaire dans les Brigades Internationales pendant la guerre civile espagnole.

Là elle a connu, sans savoir son nom jusqu’à bien de temps après, Tina Modotti, avec laquelle ils se tiennent compagnie pendant les bombardements.

Dans sa longue vie Fanny – qui, en 2004, a donné un long entretien à ce journal - a voyagé par tous les continents comme membre de l’Union de Femmes Démocratiques et a connu des personnalités, des dirigeants politiques, des révolutionnaires, des écrivains, des artistes et elle a aussi accompagné les peuples de façon solidaire dans les moments difficiles et dans des temps de triomphe.

Elle était professeur de musique et une très bon critique d’art, bien qu’elle ne le reconnaisse pas, parce qu’elle avait été dans le monde des peintres comme dans celui des musiciens.

Elle a été dans le Secours Rouge International [1] quand elle est arrivé en Espagne, mais avant, lors de son passage par le Brésil elle a connu le révolutionnaire Luís Carlos Prestes et son épouse Olga Benarios, qui a été remise par les autorités du Brésil à l’Allemagne et est morte dans un camp de concentration du nazisme.

Elle a participé aux mouvements de soutien à l’Union soviétique, à la Chine, à Cuba, au gouvernement socialiste du Chilien Salvador Allende et dans d’autres lieux du monde. En Afrique, elle a aussi connu des dirigeants révolutionnaires et fut un support solidaire de tous les mouvements de libération.

Les médias rappellent ici [en Argentine] sa longue trajectoire comme promotrice de l’Année Internationale de la Femme et de la Rencontre des Nations Unies à Nairobi.

Le rapport que Fanny a présenté à Genève en 1978 qui a été l’un des témoignages importants sur ce qui se passait en Argentine pendant la dernière dictature militaire, fut remarqué.

Respectée par des dirigeants comme le leader cubain Fidel Castro, Ernesto Che Guevara, le général Raúl Castro le témoignage de centaines de parents et de victimes et d’autres dirigeants révolutionnaires du monde, Fanny fut aussi à côté de Salvador Allende et dans toute mission solidaire. Son nom est lié aux meilleures causes de l’histoire de l’humanité, mais elle n’a jamais utilisé cette trajectoire, étant exemple d’humilité et de cohérence révolutionnaire.

Lors de récents hommages elle fut décorée de l’Ordre José Martí, la plus haute distinction que confère le Conseil de l’État de Cuba.

« J’ai toujours lutté dans l’espoir, avec joie et j’ai vu des peuples comme le Cubain dans ses réussites, dans ses difficultés apprenant au monde ce qui est la volonté humaine pour défendre la souveraineté, l’indépendance et la dignité », a-t-elle dit après avoir reçu cette reconnaissance.

Des centaines de personnes ont défilé aujourd’hui lors de sa veillée funèbre simple, comme elle l’aurait voulu.

Dans les derniers entretiens, Fanny Edelman a rappelé que « elle pourrait parler des heures de Fidel Castro, avec qui nous avons partagé tant de moments ». Une autre figure extraordinaire dont elle se souvient est l’Amílcar Cabral, une figure merveilleuse du mouvement de libération de la Guinée Bissao et les Îles du Cap Vert en plus de l’un des grands théoriciens de la Révolution Africaine. J’ai vécu avec lui et sa compagne Anne Marie des moments inoubliables.

« Que puis-je dire ? Que j’ai été en Asie, en Afrique, en Chine, dans presque toute l’Amérique Latine et dans les Caraïbes. Que j’ai connu des femmes merveilleuses, des travailleuses, des femmes qui travaillaient dans les mines, des cinéastes, des paysannes toutes je les ai vu pendant tant d’années durant ma vie, d’un siècle et ce qui va de l’autre. Que je me sens fière d’être d’un pays d’où ont surgi les « Mères de Place de Mai » et des femmes capables de tant lutter comme celles qui sont maintenant dans les rues. La nouvelle résistance latinoaméricaine a les femmes comme grands protagonistes. Je peux seulement dire que si j’écris et je récupère cette mémoire qui est à tous, je le fais en ouvrant mon cœur pour réaffirmer tous mes rêves et mes utopies. Et que dans tout l’amour me fait avancer ».

La Jornada. Depuis Buenos Aires, le 2 novembre 2011.

Traduit de l’espagnol pour El Correo par
 : Estelle et Carlos Debiasi

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El Correo. Paris, 27 novembre 2011.

Notes

[1Le Secours Rouge International (SRI) fut un service social international organisé pour l’ Internationale Communiste en 1922. Créé pour fonctionner comme une Croix Rouge politique internationale. Le SRI a était dirigé par Clara Zetkin, Elena Stasova et Tina Modotti. Dissout en 1942.

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