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30 avril 2021

COVAX est organisme mondial multipartite qui peut présenter des risques sanitaires et politiques pour les pays en développement et le multilatéralisme

 

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Mais pour les grandes entreprises et entités telles que le Forum économique mondial (WEF) ou la Fondation Gates, le défi peut être de savoir comment faire parvenir le vaccin COVID aux communautés et aux personnes des pays en développement sans perturber le marché pharmaceutique mondial, grâce à un mécanisme qui contourne longtemps des systèmes multilatéraux d’urgence humanitaire en place, tout en ciblant les vaccins vers des alliés préférés dans le monde en développement.

C’est le COVAX. Et par conséquent, la principale motivation pour créer le COVAX n’était pas d’aider à lutter contre le COVID dans les pays du Sud.

Le COVAX a été créée en tant qu’entité multipartite pour servir de bras de distribution de vaccins d’un autre organisme multipartite appelé COVID-19 Tool Access Accelerator (ACT) . Le rôle principal de COVAX est de gérer le financement de l’achat des vaccins COVID-19.

Il a été conçu pour fonctionner comme une banque commerciale, utilisant des capitaux largement fournis par les gouvernements, pour façonner l’industrie mondiale de la fabrication de vaccins et le marché de consommation des vaccins dans le Sud. Il est conçu comme une association commerciale internationale ordinaire, intéressée à établir ce marché des vaccins basé sur un système de soins de santé dans lequel il faut payer pour la santé, un marché sans approbation médicale nationale et sans responsabilité ni même du fabricant. Il est également constitué en tant qu’organe multipartite, dirigé opérationnellement par deux autres organismes multipartites afin de marginaliser l’OMS et d’éviter la responsabilité publique dans la gouvernance mondiale.

Ce rapport se concentre sur les implications politiques et économiques pour les pays du Sud et sur la manière dont le COVID et la structure multipartite de COVAX entraînent une transformation de la gouvernance mondiale.

La gouvernance multipartite n’est pas le moyen de gérer la distribution de vaccins, la production de vaccins ou la livraison de vaccins à l’ensemble de la population mondiale.

Le régime de gouvernance multipartite est basé sur le postulat de marginalisation des gouvernements, d’insérer directement les intérêts commerciaux dans la prise de décision mondiale et de masquer la responsabilité. Il n’y a pas de normes de responsabilité, d’obligation ou de contrôle des comptes pour les organes multipartites. La multiplicité des organes à plusieurs niveaux qui « supervisent » le programme multi-acteurs COVAX rend extrêmement difficile de savoir qui a des obligations morales, même si COVAX prend des décisions très importantes pour la vie de centaines de millions de personnes.

Probablement jamais auparavant un produit commercial n’a été fabriqué avec l’objectif dès le départ que sa base de consommateurs soit le monde entier. En tant qu’organisme multipartite, COVAX est un point de rencontre pour des intérêts commerciaux qui, autrement ne seraient pas autorisés à planifier à la fois la commercialisation, la production, l’investissement et la distribution de ce qui est pour eux un grand marché mondial de vaccins en cours d’évolution. La probabilité que des intérêts commerciaux égoïstes infiltrent indûment les décisions de COVAX est élevée.

Publié par : Amigos de la Tierra Internacional et Transnational Institute

À PROPOS DE L’AUTEUR : Harris Gleckman est chercheur principal au Center for Governance and Sustainability de l’Université du Massachusetts à Boston et directeur de Benchmark Environmental Consulting. Gleckman est docteur en sociologie de l’Université Brandeis. Il a travaillé au Centre des Nations Unies sur les sociétés transnationales, chef du bureau de New York de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement et l’un des premiers responsables de la Conférence de Monterrey de 2002 sur le financement du développement.

PHOTO : Programme national d’introduction du vaccin COVID 19 à l’hôpital Eka Kotebe d’Addis-Abeba, 13 mars 2021. UNICEF Ethiopie / 2021 / Nahom Tesfaye.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la Diaspora par : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la diaspora. Paris, le 30 avril 2021

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