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5 décembre 2015

LE SYNDICAT DES BOULANGERS S’EST MOBILISE DEVANT LA BOURSE DE COMMERCE DE ROSARIO CONTRE LA HAUSSE DE LA FARINE

Argentine : Pain gratuit en signe révolte contre la hausse de 100 % du prix de la farine

par Sebastián Premici

 

Toutes les versions de cet article : [Español] [français]

L’Association des Boulangers Industriels a distribué du pain gratuitement aux gens en protestation contre les augmentations de prix appliquées par les meuniers à la bourse sur la farine, atteignant déjà les cent pour cent dans un mois. L’industrie tire la somete d’alarme sur d’autres augmentations.

Quand les dirigeants de la Coordination ont pris la décision d’offrir des aliments, (ou de les jeter, comme dans le cas du lait), pour protester contre la rentabilité de leurs entreprises, la couverture médiatique a été totale. Mais quand ceux qui protestent font partie du plus petit maillon de l’industrie agroalimentaire, ils passent inaperçus. Cependant, en plein cœur commercial de Rosario [capital céréalière de la pampa humide], où se tient la Bourse de Commerce et opèrent les principales entreprises céréalières, l’Association des Boulangers Industriels a offert du pain en signe de protestation contre les augmentations de prix appliquées par les meuniers à la bourse sur la farine atteignant déjà cent pour cent en un mois.

À Cordoba aussi les produits de la filière boulangère ont subi des augmentations à la suite de la spéculation des moulins. La hausse abrupte de la farine obéit à la décision des industriels d’augmenter leurs prix après les promesses [du futur gouvernement Macri] d’une dévaluation, de la supression des rétentions sur les céréales et de l’élimination des autorisations d’exportation.

« C’est une manière d’attirer l’attention de toute la population parce que, en définitive, nous sommes le dernier maillon de la chaîne et nous sommes ceux qui nous trouvons face au client. Les entrepreneurs argentins ne veulent pas perdre un jour, et ils ne sont disposés à ne rien perdre et c’est pourquoi ils ont appliqué des augmentations abusives après avoir écoutés les promesses d’un dollar à 15 pesos », a soutenu Omar Ingrassía, Président de l’Association des Boulangers Industriels de Rosario, l’un des protagonistes de la journée d’hier.

La manifestation s’est tenue au coin des rues Corrientes et Cordoba, en face de l’entrée à la Bourse de Commerce de Rosario. Comme kl »a indiqué Ingrassía, les sacs de farine [F0000 50kg], élément basique de production pour l’industrie boulangère, sont déjà commercialisés entre 285 [27€] et 305 pesos [29€]. Ces valeurs représentent une hausse de cent pour cent en comparaison des prix avant les promesses de dévaluation. Par ces mouvements, le pain se vend déjà à Rosario 25 % plus cher. Les boulangers ont offert à peu près 300 kilos de leur marchandise.

À la hausse appliquée à la bourse de la farine, il faut ajouter les augmentations de la margarine et la graisse (40 %) et les levures (20 %). « Les annonces de Prat-Gay [futur ministre de l’économie de Macri], d’un dollar à 15 pesos [1,42€], ont tout déséquilibré. Faire des annonces de cette nature avec autant de temps, c’est faire du terrorisme économique », a affirmé Jorge Alonso, responsable de l’entreprise de Cordoba, Elca, et il a ajouté : « Si la bourse a augmenté ( de la farine ) le prix de cent pour cent, le pain dans les boulangeries a augmenté de 20 % ».

La même promesse de dévaluation, de l’élimination des rétentions et d’une plus grande ouverture aux exportations a aussi fait partir à la hausse les prix de la viande, qui est déjà commercialisée dans les boucheries avec 30 % d’augmentation. Le prix du poulet a augmenté de 25 %. L’élimination des rétentions au maïs touchera les coûts des producteurs de la filière aviaire et porcine, puisque ce grain est un facteur clef pour la production dans ce secteur.

Jusqu’à présent, les dirigeants du « campo » [propriétaires terriens], comme la Société Rurale, CRA, Coninagro et FAA, qui ont l’habitude de protester en faveur de leur rentabilité, n’ont rien dit sur les augmentations des prix des aliments, qui s’étendent aussi aux fruits, légumes et viande. Ils sont les plus intéressés, à côté des grandes sociétés exportatrices, que les annonces promises d’élimination des rétentions et de la dévaluation de la monnaie se concrétisent.

Sebastián Premici pour Página 12

Página 12. Buenos Aires, le 5 décembre 2015.

Traduit de l’espagnol pour El Correo de la diaspora latinoamericana por : Estelle et Carlos Debiasi

El Correo de la diaspora latinoamericaine. Paris, le 5 décembre 2015.

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