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		<title>De nouvelles tactiques de protestation en Argentina</title>
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		<dc:date>2004-08-03T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Laura Vales</dc:creator>



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&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, un article d'une journaliste qui rend compte des d&#233;bats qui traversent actuellement le mouvement piqueteros en Argentine. Le gouvernement Kirchner tente de stabiliser la situation en prenant des mesures contre les secteurs les plus corrompus des &#034;&#233;lites gouvernantes historiques&#034; de l'Argentine. En m&#234;me temps, il propose d'encadrer le &#034;mouvement social&#034; et, y compris, de prendre des mesures r&#233;pressives s&#233;lectives. La situation sociale et &#233;conomique de l'Argentine est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous, un article d'une journaliste qui rend compte des d&#233;bats qui traversent actuellement le mouvement piqueteros en Argentine. Le gouvernement Kirchner tente de stabiliser la situation en prenant des mesures contre les secteurs les plus corrompus des &#034;&#233;lites gouvernantes historiques&#034; de l'Argentine. En m&#234;me temps, il propose d'encadrer le &#034;mouvement social&#034; et, y compris, de prendre des mesures r&#233;pressives s&#233;lectives. La situation sociale et &#233;conomique de l'Argentine est loin d'&#234;tre stabilis&#233;e. Ce d&#233;bat parmi le mouvement des piqueteros - acteurs sociaux embl&#233;matiques du soul&#232;vement de d&#233;cembre 2001 en Argentine, pays rong&#233; par un ch&#244;mage brutal - participe des discussions du mouvement social et de la gauche politique dans la nouvelle phase politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;d. &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/page/page/news/ArgentinePiquete.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'Encontre&lt;/a&gt;, juin 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Por Laura Vales&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
P&#224;gina 12, ??&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'on a &#233;puis&#233; le recours aux coupures de route ? Le d&#233;bat sur cette question est men&#233; &#224; l'int&#233;rieur des organisations de piqueteros [le blocage des voies de communications a &#233;t&#233; l'un des instruments de lutte le plus visible de ces travailleurs ch&#244;meurs et travailleuses ch&#244;meuses ; le terme piqueteros &#224; la fois &#224; une tradition d'un syndicalisme r&#233;volutionnaire issu de l'Italie et diffus&#233; en Argentine et au terme &#034;piquet de gr&#232;ve&#034;]. Et m&#234;me si seulement quelques-unes de ces organisations r&#233;pondent clairement qu'effectivement ce moyen a &#233;t&#233; &#233;puis&#233;, il n'y a aucun secteur du mouvement qui ne soit en train de tester d'autres formes de protestation. Des lev&#233;es de barri&#232;res de p&#233;ages [les autoroutes et grandes routes sont payantes, car privatis&#233;es ; il y a aussi le p&#233;age des trains de la banlieue du grand Buenos Aires] jusqu'au blocage d'entreprises. Ces actions mettent plus souvent qu'auparavant en &#233;vidence la responsabilit&#233; des multinationales dans le niveau de pauvret&#233; et de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Piqueter les b&#233;n&#233;fices&#034; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que les ch&#244;meurs du Bloc Ouvrier Populaire (BOP) appellent cette nouvelle forme de protestation. Avec le visage couvert pour &#233;viter d'&#234;tre identifi&#233;s par les cam&#233;ras de surveillance, ils entourent les billetteries des gares ferroviaires et emp&#234;chent la vente de billets, invitant les passagers &#224; voyager gratuitement. S'il s'agit d'une usine, ils utilisent le piquet classique, et emp&#234;chent les camions d'entrer ou de sortir de l'enceinte de l'entreprise. C'est ainsi qu'ils ont proc&#233;d&#233; &#224; Quilmes [brasserie], &#224; Massalin Particulares [fabrique de cigarettes], Repsol-YPF [p&#233;trole], Trains de Buenos Aires et au Metropolitain. Dans cette derni&#232;re entreprise, qui g&#232;re &#233;galement la concession ferroviaire de Roca, ils ont ainsi pu obtenir 52 postes de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce changement vient du fait que le BOP essaie de centrer davantage ses efforts sur l'obtention de v&#233;ritables emplois que sur l'obtention d'allocations [les organisations de piqueteros distribuent des allocations &#233;tatiques &#224; leurs membres ; ces allocations sont un instrument du client&#233;lisme du parti au pouvoir et un moyen de chantage]. Pour le dirigeant Jos&#233; Villalba, le principal risque des blocages est de &#034;g&#233;n&#233;rer un affrontement entre les ch&#244;meurs et les travailleurs ayant un emploi&#034;. C'est pour cette raison que, avant tout blocage, ils prennent des contacts avec les gens sur place, et qu'ensuite ils n&#233;gocient avec les entreprises pour obtenir des am&#233;liorations des conditions de travail, ce qui leur vaut un certain soutien de la part des employ&#233;s de ces entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe &#233;galement une autre raison de fond pour choisir ce mode de protestation. Les organisations de piqueteros qui l'impulsent pensent qu'il faut &#233;lever les niveaux des affrontements Selon Villalba : &#034;Apr&#232;s 8 ans [le mouvement piqueteros a commenc&#233; plusieurs ann&#233;es avant l'Argantinazo] de lutte, nous pensons que nous sommes entr&#233;s dans une autre &#233;tape, que nous devons accepter avec maturit&#233; que la lutte s'oriente vers l'obtention de v&#233;ritables emplois et de meilleures conditions de travail, dans un mouvement unitaire avec la classe ouvri&#232;re&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034;Escrachar&#034; le ministre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres organisations, comme par exemple le MTD (Mouvement de travailleurs ch&#244;meurs) Anibal Veron, se situent presque &#224; l'oppos&#233; de cette pratique, puisqu'elles essaient de diminuer le niveau d'affrontement plut&#244;t que de l'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant l'&#233;t&#233;, le Minist&#232;re du D&#233;veloppement social de la province de Buenos Aires a fait un nouveau recensement et a revu &#224; la baisse quelques 20'000 allocations. Cet &#034;ajustement&#034; a donn&#233; lieu dans la province &#224; deux mois de coupures ininterrompues de routes. Le 6 mai, apr&#232;s plusieurs actions de protestation qui sont rest&#233;es sans r&#233;ponse, le MTD s'est lanc&#233; dans une s&#233;rie d'actions. Un groupe de militants s'est encha&#238;n&#233; au Minist&#232;re du D&#233;veloppement Social (de l'Etat) situ&#233; dans la ville de La Plata [ville de la province de Buenos Aires]. Le groupe a commenc&#233; &#224; y faire une gr&#232;ve de la faim, alors que 700 personnes &#233;tablissaient un campement dans la place Moreno. Mais ce qui a eu le plus d'&#233;cho a &#233;t&#233; une action d'&#233;clat [escrache] dans l'ex-Jockey Club contre le Ministre du D&#233;veloppement Social, Juan Pablo Cafiero [action qui s'est d&#233;roul&#233;e le 7 mai 2004].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une c&#233;r&#233;monie &#233;tait organis&#233;e &#224; l'occasion d'une remise de subsides &#224; des ONG qui travaillent avec des handicap&#233;s. Cette manifestation avait d&#233;j&#224; commenc&#233;, et des fonctionnaires et des assistants &#233;taient r&#233;unis dans la Salle des Miroirs, lorsque les ch&#244;meurs y ont fait irruption dans la salle, et ont exig&#233; des explications concernant la diminution de 800 allocations, dans cette province, en f&#233;vrier 2004. Cafiero a d&#251; abandonner le plateau pour s'occuper d'eux. Le lendemain, il les accusait publiquement d'avoir &#034;pris en otage des adultes et des handicap&#233;s&#034;. Malgr&#233; cela, les militants des divers groupes MTD ont pu r&#233;gulariser la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Hessel, du MTD de Eseiza [r&#233;gion du grand Buenos Aires, o&#249; se trouve l'a&#233;roport international], expliquait : &#034;Nous avions souvent discut&#233; pour savoir s'il fallait ou non continuer &#224; effectuer des coupures de route, et nous avons d&#233;cid&#233; de donner la priorit&#233; au travail interne, et d'&#234;tre moins dans la rue. Nous pensons que nous sommes dans une &#233;tape o&#249; nous devons r&#233;sister, o&#249; les coupures de routes ont perdu de leur l&#233;gitimit&#233;. Il y a un d&#233;bat pour savoir s'il faut ou non changer [de tactique], mais jusqu'&#224; maintenant nous n'avons pas trouv&#233; beaucoup d'alternatives. A vrai dire, m&#234;me si nous exp&#233;rimentons d'autres moyens, la coupure de route continue &#224; &#234;tre le moyen le plus fort.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre Repsol&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Mouvement des travailleurs Teresa Rodriguez (MTR) a engag&#233; un long d&#233;bat avant d'allumer un feu devant le portail de Repsol-YPF durant une action de protestation. Pendant les quatre mois pr&#233;c&#233;dant cette manifestation, l'organisation avait pratiquement suspendu les actions de rue. &#034;Nous avons utilis&#233; ce temps pour une discussion interne, parce que nous consid&#233;rions qu'il devenait contre-productif de sortir couper les routes comme nous le faisions&#034;, a expliqu&#233; Roberto Martino.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le MTR : &#034;Les secteurs de la classe moyenne, y compris une partie des travailleurs, ont depuis le d&#233;but vu d'un mauvais &#339;il la revendication concernant les allocations. La crise de 2001 nous a transitoirement unifi&#233;s, mais ensuite, avec le retour d'une certaine normalit&#233;, les couches moyennes ont &#224; nouveau manifest&#233; leur m&#233;contentement au sujet des coupures de routes. Nous pensons que le gouvernement a pris note de ce changement et en a profit&#233; en supprimant beaucoup de plans d'allocations, ce qui a contribu&#233; &#224; rendre plus aigu le conflit, pour que les organisations de piqueteros sortent dans la rue n'importe comment. Cela a entra&#238;n&#233; un ras-le-bol. C'est justement pour cela qu'il fallait changer de m&#233;thode et de fa&#231;on de mettre en avant les revendications&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, mettre en avant les revendications ? Suite &#224; l'action-surprise &#224; Repsol, le MTR a lanc&#233; une campagne pour que la Justice : &#034;fasse respecter les droits garantis par la Constitution nationale : le droit au travail, aux soins, &#224; l'&#233;ducation et le droit pour les travailleurs de participer aux b&#233;n&#233;fices des entreprises&#034;. Martino signale que la protestation piquetera doit s'&#233;loigner des revendications d'allocations et poser &#224; nouveau celles &#034;pour le plein exercice de nos droits sociaux et humains, consacr&#233;s par la Constitution, car ce sont nos vies qui sont en jeu&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels moyens utiliser ? L'action &#224; Repsol-YPF n'a-t-elle pas favoris&#233; la stigmatisation des piqueteros ? Selon Martino : &#034;les critiques font partie de la lutte. Il est logique que la majorit&#233; des m&#233;dias disent ce qu'ils disent, et dans une certaine mesure cela tend &#224; d&#233;montrer que ce que nous avons fait a eu des effets. Dans les entretiens, le discours est presque toujours le m&#234;me : &#034;Ils ont raison dans leur revendication, il est l&#233;gitime de revendiquer cela, mais ce que nous mettons en cause, c'est la m&#233;thode&#034;. Mais la v&#233;rit&#233;, c'est qu'ils nous critiquent dans tous les cas, ind&#233;pendamment des moyens utilis&#233;s, car ils r&#233;p&#232;tent la m&#234;me chose lorsque nous coupons des routes, quand nous faisons des marches ou quand nous faisons des escraches, y compris, d'ailleurs, quand nous ne faisons que parler&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Devant les p&#233;ages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me l'Assembl&#233;e Nationale des travailleurs, qui a impuls&#233; le plus de coupures de routes au cours de ces derniers mois, a appel&#233;, durant ses derniers mouvements, &#224; lever les barri&#232;res devant p&#233;ages. Ainsi, au lieu d'interrompre le trafic, ils le facilitent, et ils font un clin d'&#339;il aux secteurs de la classe moyenne, qui voyagent ainsi gratuitement. N&#233;stor Pitrola, de Polo Obrero [organisation de piqueteros li&#233;e au Partido Obrero], a estim&#233; que le bilan de ce moyen de protestation &#034;a &#233;t&#233; positif, parce qu'il a frapp&#233; une entreprise privatis&#233;e, mais &#233;galement le pouvoir politique, tout en &#233;tant bien re&#231;ue par les automobilistes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dirigeant est d'avis que &#034;la coupure de routes est le moyen par excellence du mouvement piquetero, autrement dit, de ceux qui ne sont pas ins&#233;r&#233;s dans la production&#034;. Mais, &#034;le probl&#232;me est qu'&#224; force de r&#233;p&#233;tition, ces coupures font perdre de l'impact face au pouvoir politique, qui est le destinataire des revendications. L'autre aspect n&#233;gatif des coupures est qu'elles nous mettent, sans le vouloir, en confrontation avec les automobilistes. En effet, le but n'est pas de porter pr&#233;judice aux automobilistes, mais d'interrompre la production ou la circulation de marchandises. C'est pour cela qu'&#224; l'int&#233;rieur du pays on pratique parfois des coupures s&#233;lectives, en laissant passer les voitures et en ne bloquant que les camions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prises de b&#226;timents, comme celle de cette semaine [fin mai 2004] &#224; Repsol, les blocages de minist&#232;res et les occupations de terres sont d'autres mesures dont le recours a augment&#233; durant ce semestre. Cette augmentation ne signifie pas que les coupures de route vont cesser. Esp&#233;rer cela - disent-ils - serait comme vouloir que l'on n'utilise pas la gr&#232;ve lors de conflits de travail. Par contre, elle indique que les protestations piqueteras entrent dans une phase de plus grande complexit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les ch&#244;meurs, la recherche (de nouveaux moyens d'action) entra&#238;ne aussi de nouveaux risques. Suite &#224; des mesures comme celles mentionn&#233;es ci-dessus, il y a d&#233;j&#224; eu des d&#233;nonciations judiciaires pour &#034;coercition&#034;, &#034;complicit&#233; d'usurpation&#034; et &#034;privation ill&#233;gitime de la libert&#233;&#034;. Or, ce sont l&#224; des d&#233;lits pour lesquelles on pr&#233;voit des peines plus s&#233;v&#232;res que pour les coupures de routes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>R&#233;bellion aux piquetes en Argentine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Rebellion-aux-piquetes-en-Argentine</link>
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		<dc:date>2004-07-30T00:00:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Marta Dillon* &lt;br class='autobr' /&gt;
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En passant par-dessus les plaisanteries faciles de leurs propres camarades, les femmes des divers collectifs de travailleurs sans emploi (MTD) Anibal Veron ont commenc&#233; &#224; se r&#233;unir dans des assembl&#233;es de femmes pour exiger une participation accrue dans les lieux de prises de d&#233;cisions. En effet, disent-elles, elles savent bien payer de leur personne, mais il s'agit maintenant de faire entendre leurs voix. &lt;br class='autobr' /&gt;
La voiture cahote lorsqu'elle emprunte une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Marta Dillon*&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
P&#224;gina 12, ???&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant par-dessus les plaisanteries faciles de leurs propres camarades, les femmes des divers collectifs de travailleurs sans emploi (MTD) Anibal Veron ont commenc&#233; &#224; se r&#233;unir dans des assembl&#233;es de femmes pour exiger une participation accrue dans les lieux de prises de d&#233;cisions. En effet, disent-elles, elles savent bien payer de leur personne, mais il s'agit maintenant de faire entendre leurs voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voiture cahote lorsqu'elle emprunte une d&#233;viation de l'avenue Escalada ; les orni&#232;res obligent &#224; ralentir, et l'on roule p&#233;niblement entre la boue et des dizaines de bicyclettes qui ont l'air de surgir de nulle part. Les coins de rue s'effacent sous les d&#233;combres des b&#226;timents des ann&#233;es 20 et les masures de carton et de taules. La route se r&#233;tr&#233;cit et se cabre, elle laisse derri&#232;re les derniers signes d'urbanit&#233; symbolis&#233;e par un feu de circulation et s'engouffre dans la villa (bidonville). Le conducteur ne dit rien, mais Viviana, la femme qui nous guide, devine sa r&#233;action et le rassure :&#034;Vous pouvez entrer, ne vous en faites pas&#034;. Comme n'importe quel habitant de la villa, elle sait d&#233;tecter ce genre de r&#233;action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#034;s'engouffrer&#034; est vraiment l'expression qui convient lorsqu'il s'agit de p&#233;n&#233;trer &#224; l'int&#233;rieur de cette immense agglom&#233;ration qui se trouve aux confins de Buenos Aires. On y p&#233;n&#232;tre comme dans un tunnel ou dans une for&#234;t, un lieu o&#249; le rythme n'est plus le m&#234;me, o&#249; m&#234;me les panneaux ne ressemblent pas &#224; ce que l'on trouve dans les autres quartiers dont les noms figurent sur la carte. Ici les boucheries ne proposent que des morceaux co&#251;tant moins de 3 pesos, on ne vend pas des poulets, mais juste des ailes ou des abats de volaille. M&#234;me la lumi&#232;re semble fuir cet enchev&#234;trement de toits et de lessive suspendue qui s'&#233;tale au coucher du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite il faut encore emprunter un passage avant d'atteindre le feu autour duquel s'est r&#233;uni le groupe de femmes, derri&#232;re le hangar blanchi sur le mur duquel on peut lire en lettres rouges : &#034;Assembl&#233;e de Femmes piqueteras&#034;. Le panneau est en fait le souvenir d'une victoire commune : celle de la conqu&#234;te d'un espace propre, malgr&#233; les moqueries g&#233;n&#233;ralis&#233;es qui traitaient cette r&#233;union de femmes de &#034;rencontre tupper&#034; (tupperware : r&#233;union au cours desquelles femmes au foyer, aux Etats-Unis, organisaient des ventes de produits, dont les tupperware).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce hangar du Mouvement de Travailleurs sans emploi (MTD)Anibal Veron de Lugano [quartier], femmes et hommes se d&#233;placent entre des marmites de lait pour le go&#251;ter. Les premi&#232;res rel&#232;vent pourtant avec un brin de malice que cette fois ce sont elles, les protagonistes qui ont le droit &#224; la parole et qu'elles entendent user de ce droit dans l'intimit&#233;. Elles s'installent alors dans ces chaises basses propres aux jardins d'enfants, elles mettent chauffer l'eau sur le bois allum&#233;, et m&#234;me avant que le mate ne soit pr&#234;t, elles se lancent dans leurs r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les propri&#233;taires du pays, ceux qui se remplissent les poches au d&#233;triment de la mis&#232;re du peuple, ne veulent pas que les plus pauvres comme nous s'organisent. Ils pr&#233;f&#232;rent qu'on demande l'aum&#244;ne dans les rues ou que nous priions San Cayetano pour qu'il nous donne un travail. Ils disent que nous sommes des brutes, que nous sommes laides, que nous sommes sales, que nous sommes violentes.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelque chose de dissonant dans ce texte, comme dans la plupart de ceux qui accompagnent les photos de Tierra Piquetera, l'ouvrage qui a &#233;t&#233; imprim&#233; dans la Cooperative Chilavert Arts Graphiques - une entreprise occup&#233;e par ses travailleurs - et sign&#233;e par le MTD Anibal Veron, m&#234;me si les photos ont &#233;t&#233; prises par Carla Thompson et Alejandra Giusti, du MTD Lugano, et les textes recompil&#233;s par les femmes du MTD Berisso. Ce qui &#233;tonne, ce que l'on per&#231;oit comme une note trop aigu&#235; dans une m&#233;lodie connue, c'est que ces r&#233;cits sont racont&#233;s par le genre f&#233;minin, rendant visible l'exp&#233;rience ce celles qui constituent le 70% des mouvements de ch&#244;meurs. Lorsqu'il est question des piqueteros en g&#233;n&#233;ral, les femmes restent occult&#233;es, laissant se construire un imaginaire d'hommes, cagoul&#233;s ou non, mais toujours des hommes. Maintenant ce sont ces femmes qui font maintenant entendre leurs voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Notre intention, &#224; Tierra Piquetera, c'est de raconter ce qui se passait lors des coupures de route, en images, mais aussi avec nos voix&#034;, explique Carla. Nous, les femmes, avons de la peine &#224; prendre la parole en public, un peu comme si nous avions besoin de la permission ou de l'approbation de nos compagnons, et c'est l&#224; quelque chose que nous avons l'intention de changer, m&#234;me si cela prend du temps. Ce sont toujours eux qui racontent notre histoire, c'est pour cela que, cette fois, nous avons voulu la raconter de notre point de vue&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juin, les organisations participantes s'&#233;taient mises d'accord sur un document pour rendre hommage &#224; la m&#233;moire de Maximiliano Kosteki et de Dario Santillan [deux piqueteros tu&#233;s, dans une provocation, part la police] pour demander que justice soit faite et que leurs assassinats soient punis. Ce document a &#233;t&#233; lu par une femme, et les femmes ont f&#234;t&#233; comme une petite victoire le fait que, chaque fois que c'&#233;tait n&#233;cessaire, elle ait dit &#034;camarades hommes et femmes&#034;. En effet, derri&#232;re cette r&#233;f&#233;rence aux femmes, en apparence d&#233;risoire, il y a une revendication importante, car elles ont besoin que leur pr&#233;sence soit reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Ce n'est pas par hasard si moment o&#249; l'action a commenc&#233;, lorsqu'ils ont demand&#233; &#224; la presse de descendre de la tribune, nous avons oppos&#233; une r&#233;sistance. En effet, sinon il y aurait eu une fois de plus une immense majorit&#233; d'hommes, puisque ce sont eux les porte-parole. Nous payons de notre personne, mais nous devons encore ajouter notre voix&#034;, explique &lt;strong&gt;Alejandra&lt;/strong&gt;, &#226;g&#233;e de 25 ans. C'est elle qui, avec &lt;strong&gt;Carla&lt;/strong&gt;, &#233;tait mont&#233;e sur la tribune, pour prendre des photos, mais aussi pour que l'image que l'on verrait depuis en bas refl&#232;te une diversit&#233; qui reste le plus souvent occult&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette action du 26 juin a entra&#238;n&#233; quelques voix enrou&#233;es et quelques absences : apr&#232;s la longue veille d&#233;but&#233;e le 25, on a confondu les marmites, et &#224; Lugano il manque la louche utilis&#233;e pour garantir l'&#233;quit&#233; des portions &#224; l'ouverture de la cantine. Cependant, les femmes se r&#233;jouissent de cette occasion de se r&#233;unir &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette rencontre, par un temps tellement humide que toutes les silhouettes sont estomp&#233;es, elles sont venues depuis les MTD de Jos&#233; C. Paz, de Almirante Brown, Esteban Echeverria, Berisso, et, bien s&#251;r, Lugano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle qui s'exprime le plus est Zulema, une femme de 40 ans, s&#233;par&#233;e, avec trois enfants &#224; charge. C'est logique, elle est la premi&#232;re porte-parole reconnue dans l'organisation Anibal Veron depuis que les femmes se sont braqu&#233;es et ont exig&#233; que pour chaque coupure de route, pour chaque action, il y ait au moins deux d&#233;l&#233;gu&#233;s pour repr&#233;senter les autres membres du mouvement : un homme et une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je me suis rapproch&#233;e du mouvement comme nous toutes, parce que j'avais besoin d'un plan social. J'avais un magasin d'alimentation, mais la crise de 2001 a emport&#233; tout ce que j'avais. Apr&#232;s j'ai fait toutes sortes de cours, depuis le potager organique jusqu'&#224; l'&#233;levage d'escargots, de lapins ou de poules. On pouvait faire ces cours dans un si&#232;ge de la INTA &#224; Burzaco, je savais qu'il &#233;tait impossible de trouver du travail, et au bout d'un certain temps je me suis rendue compte que sans avoir des fonds il &#233;tait &#233;galement impossible de monter une entreprise propre. Mais le potager a &#233;t&#233; d'un bon rendement. J'habite &#224; Glew et j'ai un terrain, cela m'a permis de me nourrir. Mais lorsque les besoins sont devenus plus pressants, j'ai pris contact avec le mouvement, m&#234;me si je ne savais pas comment il fonctionnait. Je suis all&#233;e proposer mon certificat d'aptitude pour le potager, mais ce sont surtout les ateliers de formation qui ont attir&#233; mon attention.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Parce que je n'avais jamais milit&#233;, et j'ai pens&#233; que dans un atelier de formation ils allaient me m&#233;priser. Or, j'ai d&#233;couvert que la formatrice &#233;tait celle qui parlait le moins, elle voulait que ce soient les autres qui prennent la parole. Et ainsi, peu &#224; peu je suis entr&#233;e, parce que ma seule formation &#233;tait d&#251;e &#224; mes enfants, qui ont termin&#233; l'&#233;cole secondaire, et comme ils n'ont pas trouv&#233; de travail, ils ont commenc&#233; &#224; aider dans une cantine. Maintenant ils sont entr&#233;s dans Polo Obrero. Mais ici c'&#233;tait diff&#233;rent. On me disait qu'il n'y avait pas de dirigeants. Alors je leur ai demand&#233; &#034;Est-ce que cela veut dire que je peux participer &#224; la s&#233;ance de la coordination ? (n de r : celle qui int&#232;gre les diff&#233;rents mouvements de la zone du sud). Oui, je le pouvais, et l&#224; je me suis rendue compte que m&#234;me si nous &#233;tions un 70% de femmes dans les baraquements et dans les unit&#233;s de production, j'&#233;tais la seule femme &#224; la coordination.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a &#233;t&#233; le premier point qui a attir&#233; l'attention de Zulema. L'autre a &#233;t&#233; un processus plus lent, car elle a &#233;galement d&#251; se confronter avec ses propres pr&#233;jug&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous autres, qui n'avons pas fait d'&#233;tudes, nous sommes m&#233;pris&#233;es un peu partout, personne ne tient compte de ce que l'on apprend &#224; force de vivre. Mais dans les ateliers de formation, c'&#233;tait justement cela qui &#233;tait important. Et c'est ainsi que je me suis &#233;panouie de plusieurs points de vue. Par exemple, avant il ne me serait pas venu &#224; l'id&#233;e d'embrasser quelqu'un d'autre, parce que j'&#233;tais convaincue qu'on me pr&#234;terait d'autres intentions. Maintenant j'embrasse tout le monde, et je ne crains pas ce que les autres vont penser&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, c'est un changement de sa relation &#224; son propre corps qui a mis en &#233;vidence d'autres besoins de son quartier, en ce qui concerne la sexualit&#233;, la violence, la sant&#233; reproductive. &#034;M&#234;me s'il n'est pas encore facile de parler de ces choses, parce que l'Eglise p&#232;se de tout son poids sur les consciences, et qu'apparemment le fait m&#234;me de mentionner certaines des choses que nous faisons, comme l'avortement, est d&#233;j&#224; un p&#233;ch&#233;.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elsa Basterra&lt;/strong&gt; avait autrefois un atelier de r&#233;paration d'appareils photo ; lorsque l'atelier a d&#251; fermer, elle s'est consacr&#233;e &#224; la vente de plantes. Elle raconte qu'avec la d&#233;valuation, cela a compl&#232;tement &#034;fondu&#034;. Cette ch&#244;meuse a 62 ans. Elle avoue &#234;tre ath&#233;e parce qu'elle &#034;a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e dans une &#233;cole de religieuses&#034;. Elle s'est approch&#233;e du MTD de Jos&#233; C. Paz apr&#232;s avoir particip&#233; &#224; une autre organisation qui &#034;nous poussait dans une direction tr&#232;s partisane. Or, ce qu'elle recherchait, c'&#233;tait l'autonomie, &#224; l'instar des autres habitantes, comme Lina Yapura ou Pierina Corvalan, qui l'accompagnent partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous avons eu de bonnes et de mauvaises p&#233;riodes, mais nous sommes environ 400 familles dans mon quartier. Je t'assure - insiste-t-elle, comme si on pouvait en douter - j'ai toujours &#233;t&#233; une lutteuse, mais ce n'est que depuis r&#233;cemment que je sens qu'au sein de la mis&#232;re nous pouvons nous organiser, car c'est un peu comme si les pauvres &#233;taient toujours en train d'attendre d'&#234;tre sauv&#233;s par un leader, ce qui est faux&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elsa est une des femmes qui a particip&#233; &#224; la derni&#232;re Rencontre Nationale de Femmes &#224; Rosario, au mois d'ao&#251;t 2003, avec d'autres participantes des diff&#233;rents MTD. Et cela a &#233;t&#233; un peu une r&#233;v&#233;lation, parce qu'il n'y avait pas eu de d&#233;cision commune de participer &#224; la Rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Chacune est all&#233;e pour son quartier, parce qu'on a &#233;t&#233; invit&#233;es, parce que nous avons fait des collectes pour payer les d&#233;placements. Mais une fois sur place, nous nous sommes rendus compte que nous n'avions rien discut&#233; &#224; l'avance. Il est possible que cela tienne &#224; l'autonomie des diff&#233;rents mouvements, mais c'est aussi parce que nous ne consid&#233;rions pas que c'&#233;tait une priorit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or c'est cette question des &#034;priorit&#233;s&#034; qui est la premi&#232;re qu'on nous oppose lorsqu'on veut discuter de th&#232;mes que les femmes consid&#232;rent comme &#233;tant les leurs dans l'organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Il faut fixer des priorit&#233;s&#034; nous disaient les hommes, mais lorsque nous discutions de sant&#233; ce n'est pas pour r&#233;clamer une armoire &#224; pharmacie dans les hangars, nous parlions de choses beaucoup plus essentielles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours est-il qu'apr&#232;s la Rencontre de Rosario, les femmes du MTD sont rentr&#233;es d&#233;cid&#233;es &#224; am&#233;nager leur propre espace. Et ce sont Zulema et Alejandra Giusti qui ont soulev&#233; cette question &#224; la Coordination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Lorsque nous avons annonc&#233; que nous voulions participer &#224; la marche du 28 septembre 2003 en tant que MTD Anibal Veron avec comme revendication la sant&#233; reproductive, comme cela avait &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#224; Rosario, il y a eu 5 minutes de silence d&#233;concert&#233;. Ensuite ils nous ont dit de faire comme nous voulions, comme si ce que nous demandions n'avait aucune importance&#034; raconte Alejandra. Et Zulema ajoutait : &#034;Ils nous ont demand&#233; si nous voulions agrandir la cuisine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ce genre de remarques, qui ne les ont pas fait rire, qui les ont convaincus qu'il &#233;tait indispensable de cr&#233;er un espace pour que les femmes des diff&#233;rents MTD puissent se rencontrer. Et elles y sont finalement parvenues dans ce lieu o&#249; il y a des rassemblements tous les 26 du mois pour comm&#233;morer le massacre d'Avellaneda du 26 juin 2002, &#224; savoir sur le pont Pueyrredon [pont qui marque la fronti&#232;re en la ville de Buenos Aires et le &#171; grand Buenos Aires]. L&#224;, les &#233;carts entre les diff&#233;rents quartiers s'estompent, et elles ont repris les veilles sur le pont pour essayer de se faire entendre, d'autant que leur participation datait de bien avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de ces assembl&#233;es sur l'autoroute, qui suscitent encore l'&#233;tonnement parmi les camarades hommes, elles ont voulu aller plus loin, et elles ont propos&#233; une assembl&#233;e pl&#233;ni&#232;re de femmes qui travaillerait sur une s&#233;rie de questions : Est-ce que tu prends la parole dans les assembl&#233;es ? Participes-tu aux instances de d&#233;cision de ton mouvement ? En quoi te sens-tu agress&#233;e en tant que femme ? Sais-tu te prot&#233;ger dans les relations sexuelles ? As-tu pris les d&#233;cisions concernant ta maternit&#233; ? Penses-tu qu'il soit important qu'il existe un espace pour les femmes &#224; l'int&#233;rieur des MTD Anibal Veron ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y avait une s&#233;rie d'appr&#233;hensions qui &#233;taient ressenties comme des menaces et qui suffisaient &#224; serrer la gorge avant une prise de parole dans une assembl&#233;e ou une r&#233;union : la peur du ridicule, la crainte de f&#226;cher les camarades hommes, de dire quelque chose de travers, la peur qu'on s'aper&#231;oive de combien il reste &#224; apprendre, des jugements &#224; l'emporte-pi&#232;ce., Mais cela a chang&#233; d&#232;s qu'il a &#233;t&#233; possible de se soutenir les unes les autres et de se redonner confiance. Elles ont pu parler de leurs craintes, d'expliquer pourquoi il leur &#233;tait si facile de participer physiquement aux coupures de routes, aux unit&#233;s de production et aux ateliers, et si difficile de prendre la parole ou de lancer un cri au ciel pour se faire entendre. C'est ainsi que les corps pouvaient retrouvent leur d&#233;finition et leurs identit&#233;s particuli&#232;res, y compris dans le groupe auquel elles appartenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la premi&#232;re rencontre de femmes de &#034;la Veron&#034;, jusqu'&#224; la derni&#232;re rencontre du 19 novembre, les conclusions arrivaient peu &#224; peu, tombant comme des cailloux au fond d'un &#233;tang. Sans surprise, les m&#234;mes phrases revenaient dans les diff&#233;rents groupes : les femmes piqueteras ne prennent pas la parole devant les m&#233;dias, elles ne sont pas repr&#233;sent&#233;es dans les instances des divers groupements, alors qu'elles en constituent une majorit&#233; e la base. Personne n'a ni&#233; que la rencontre a permis aux femmes de se renforcer, de tisser des liens de complicit&#233; et d'&#233;laborer des strat&#233;gies pour briser cette peur qui sert &#224; museler les voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Avant la rencontre, nous n'&#233;tions pas toutes conscientes que les plaisanteries faciles, comme celle concernant l'agrandissement de la cuisine ou d'autres du m&#234;me style, qui jaillissent l'air de rien, sont v&#233;cues comme des agressions. Ou qu'il est tr&#232;s d&#233;plaisant, lors d'une rencontre avec des autorit&#233;s, par exemple, qu'on ne nous salue pas, nous les femmes&#034;. &#034;C'est comme si nous n'existions pas !&#034; &lt;strong&gt;ajoute Andrea&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est vrai, c'est comme si le fait d'&#234;tre femme t'enlevait le droit d'&#234;tre salu&#233;e&#034; ajoute encore Elsa Basterra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monica&lt;/strong&gt;, une jeune de 21 ans du MTD Almirante Brown, raconte : &#034;Il n'a pas &#233;t&#233; aussi facile que certaines d'entre nous l'esp&#233;rions, de parler d'avortement&#034;. Dans les ateliers de Rosario c'&#233;tait r&#233;jouissant de constater que des femmes osaient parler de cette exp&#233;rience v&#233;cue, que personne ne subit de ga&#238;t&#233; de coeur, alors qu'auparavant elles n'auraient pas os&#233; en parler, tant elles ressentaient de la honte ou de la culpabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zulema ajoute :&lt;/strong&gt; &#034;C'est &#233;vident qu'il y a des choses qui vont prendre du temps. Par exemple nous n'avons pas encore les moyens de traiter les cas - fr&#233;quents - de violences domestiques. Mais on entend les histoires personnelles, et si on n'arrive pas &#224; bien aborder le probl&#232;me il y en a beaucoup qui vont rester bris&#233;es&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monica ose dire :&lt;/strong&gt; &#034;Moi je suis partie de la maison parce que mon papa abusait de moi. Nous avons presque toutes des exp&#233;riences de violence de la part de nos compagnons, de nos p&#232;res ou de nos fr&#232;res. Et souvent ce sont les m&#234;mes qui sont &#224; ton c&#244;t&#233; lors d'une coupure de route ou d'un affrontement avec la police et qui, lorsqu'ils rentrent &#224; la maison, battent leur femme. Nous voulons que ces th&#232;mes soient abord&#233;s par l'organisation, que ce devienne un th&#232;me discut&#233; par nous toutes, mais pour cela il faut que nous continuions &#224; nous r&#233;unir, pour pouvoir parler d'abord entre nous, car c'est ainsi que nous sommes plus &#224; l'aise, et ensuite il faudra aborder ces questions dans l'ensemble des mouvements.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es de femmes continuent &#224; se r&#233;unir chaque 26 du mois sur le b&#233;ton de l'autoroute du Pont Pueyrredon. Le 8 mars 2004, les MTD ont march&#233; ensemble pour la journ&#233;e des femmes, et ont rapport&#233; dans un journal les discussions qui s'&#233;taient d&#233;roul&#233;es dans les assembl&#233;es sur le pont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes des MTD disent que la prise de conscience peut &#234;tre un processus qui prendra du temps, mais la d&#233;cision est prise : cette ann&#233;e elles veulent arriver &#224; la Rencontre Nationale de Femmes (&#224; Mendoza) avec quelques axes discut&#233;s collectivement, pour pouvoir les mettre en commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Dans d'autres organisations, comme la CCC, on voit qu'il y a aussi une majorit&#233; de femmes, et qu'elles, elles participent. Il est que cela prenne plus de temps &#224; cause de notre mani&#232;re de discuter en assembl&#233;e, o&#249; tout le monde a le droit &#224; la parole et au vote. Mais cela nous permet &#233;galement de partir avec plus de convictions&#034;, explique Elsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Maintenant que le mouvement piquetero est tellement remis en question, revendiquez-vous toujours le fait d'&#234;tre piquetera comme une identit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elsa r&#233;pond : &lt;/strong&gt;&#034;Bien s&#251;r, car c'est ainsi que nous nous organisons et qu'on nous voit. Si nous ne faisons pas de coupures de routes nous n'existons pas.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Viviana :&lt;/strong&gt; &#034;Durant des ann&#233;es nous avons demand&#233; qu'on nous donne du travail dans un stade qui allait &#234;tre construit, nous avons &#233;crit des lettres &#224; toutes les autorit&#233;s locales pour obtenir du lait pour la cantine, mais personne ne nous a &#233;cout&#233;es jusqu'&#224; ce que nous coupions une route. Maintenant que nous avons fait cette coupure dans le quartier, ils vont nous fournir de la viande et des aliments frais. Ils parlent d'une relance &#233;conomique, mais dans les quartiers on ne s'en aper&#231;oit gu&#232;re. Ce qu'on voit, ce sont des ateliers de textiles clandestins qui paient 30 centavos par habit, et tu dois rester debout pendant 13 heures, avec juste 20 minutes pour manger. Moi je veux travailler, et ici, dans le hangar, je travaille.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lina :&lt;/strong&gt; &#034;La coupure de routes fait de nous des protagonistes, car c'est ainsi que nous luttons et que nous r&#233;sistons, avec dignit&#233; et &#233;motion. Mais lorsque c'est nous qui faisons la coupure, cela g&#234;ne le trafic, alors que quand ce sont d'autres, comme Blumberg [grand bourgeois dont le fils kidnapp&#233; a &#233;t&#233; tu&#233; et qui a organis&#233; un mouvement de protestation], c'est bien.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Pensez-vous que les th&#232;mes propres (aux femmes) ont trouv&#233; une autre &#233;coute parmi les autres camarades ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carla :&lt;/strong&gt; &#034;Chaque fois on nous consid&#232;re davantage comme des personnes de r&#233;f&#233;rence, et cela nous fait du bien. Lorsque c'est notre tour de prendre la parole, nous cherchons quand m&#234;me des yeux l'approbation d'une autre camarade femme, parce que si notre intervention n'est pas impeccable, les moqueries jaillissent.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zulema :&lt;/strong&gt; &#034;Mais il faut aussi que nous-m&#234;mes nous changions. Je me suis rendue compte que malgr&#233; le fait d'&#234;tre la porte-parole, et c'est l&#224; quelque chose que nous avons demand&#233; - l'autre jour, sur le pont, je cherchais d&#233;sesp&#233;r&#233;ment un autre porte-parole, parce que j'avais peur de commettre une maladresse. Alors que je sais pourquoi nous sommes l&#224; et pourquoi nous allons continuer &#224; nous battre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La demande qu'on utilise des m&#233;thodes plus dures contre les piqueteros hommes et femmes vous fait-elle peur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elsa :&lt;/strong&gt; &#034;Cela &#233;veille l'indignation et non pas la peur.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Monica :&lt;/strong&gt; &#034;Oui, cela me fait peur, mais cela ne me paralyse pas.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zulema :&lt;/strong&gt; &#034;J'ai maintenant une force int&#233;rieure que je n'avais pas avant. Au d&#233;part, on est seule, mais apr&#232;s on continue pour tous, et je suis fi&#232;re de vivre ce que je suis en train de vivre et de faire ce que je suis en train de faire.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le froid semble monter depuis le sol en terre le long des jambes des femmes. Lorsque les ampoules de faible puissance s'allument pour dissiper un peu la nuit dans les passages de la villa 20 de Lugano, les femmes commencent &#224; faire leurs adieux, et les embrassades et les promesses de se revoir s'&#233;tendent. Et en effet, t&#244;t ou tard, elles se r&#233;uniront &#224; nouveau, le 26 du mois, comme toujours ; dans la lutte, comme elles le disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'auteure a &#233;crit cet article pour un suppl&#233;ment de Pagina 12 (quotidien argentin).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine : L'interminable lutte des piqueteros</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-L-interminable-lutte-des-piqueteros</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-L-interminable-lutte-des-piqueteros</guid>
		<dc:date>2004-04-13T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Claudio Katz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les piqueteros maintiennent sur pied la protestation sociale apr&#232;s le repli des assembl&#233;es de quartier, des &#034;escraches&#034; et des cacerolazos. Leur pr&#233;sence dans les rues rend la mis&#232;re visible aux yeux de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, fait contrepoids &#224; la r&#233;signation et oblige &#224; soulever la question de la trag&#233;die sociale dont souffre la moiti&#233; de la population. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les piqueteros ont atteint un niveau d'organisation pour des ch&#244;meurs in&#233;dit &#224; l'&#233;chelle internationale, mais ils ne se contentent (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L200xH300/doc-260-0c444.jpg?1694349382' width='200' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les piqueteros maintiennent sur pied la protestation sociale apr&#232;s le repli des assembl&#233;es de quartier, des &#034;escraches&#034;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manifestation contre quelqu'un ou contre une entreprise&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et des cacerolazos. Leur pr&#233;sence dans les rues rend la mis&#232;re visible aux yeux de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;, fait contrepoids &#224; la r&#233;signation et oblige &#224; soulever la question de la trag&#233;die sociale dont souffre la moiti&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les piqueteros ont atteint un niveau d'organisation pour des ch&#244;meurs in&#233;dit &#224; l'&#233;chelle internationale, mais ils ne se contentent pas d'exiger des subventions pour leurs adh&#233;rents. Ils rassemblent les revendications d'autres secteurs exploit&#233;s et pour cette raison ils se profilent comme une r&#233;f&#233;rence de la r&#233;sistance populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur mobilisation a d&#233;concert&#233; l'establishment qui oscille entre le d&#233;dain (&#034;ce sont des foules silencieuses&#034;), la compassion hypocrite (&#034;il faut les comprendre parce qu'ils sont pauvres&#034;) et l'exigence d'une r&#233;pression (&#034;ils ne peuvent pas s'approprier l'espace public&#034;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agression m&#233;diatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au massacre de Puente Pueyrred&#243;n la r&#233;ponse officielle a &#233;t&#233; la main de fer et les provocations qui visaient &#224; justifier le meurtre de plusieurs manifestants. Mais l'indignation g&#233;n&#233;rale face &#224; la brutalit&#233; polici&#232;re a oblig&#233; les dirigeants &#224; remplacer le b&#226;ton par l'hostilit&#233; m&#233;diatique. Les campagnes de la presse contre les piqueteros ne connaissent pas de r&#233;pit. Elles soulignent la pr&#233;pond&#233;rance &#034;du droit de circuler&#034; sur le droit de manger et exigent que les ch&#244;meurs renoncent &#224; la seule forme de protestation qu'il leur reste apr&#232;s avoir perdu leurs emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias pr&#233;sentent les piqueteros comme des groupes incontr&#244;l&#233;s et violents, en occultant la s&#233;curit&#233; dans leurs rangs et le respect de l'espace public qui caract&#233;risent toutes leurs mobilisations. Ce harc&#232;lement exprime le m&#234;me ressentiment de classe qui s'adressait dans le pass&#233; aux &#034;cabecitas negras&#034; et aux corporatistes. On d&#233;nigre maintenant les piqueteros qui &#034;enlaidissent la ville devant les touristes&#034; ou qui osent pr&#233;senter &#034;des exigences politiques&#034; inadmissibles pour leur condition sociale. Beaucoup d'&#233;ditorialistes - qui ont applaudi le transfert gratuit de locations publiques &#224; la Soci&#233;t&#233; rurale - vocif&#232;rent contre l'occupation d'un terrain pour r&#233;clamer des logements. Les hi&#233;rarques de l'&#233;glise - qui vivent sur le tr&#233;sor national et paient la caution d'escrocs notoires - s'indignent contre &#034;la fain&#233;antise des piqueteros&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On stigmatise aussi les manifestants comme des d&#233;linquants. Le discours officiel rejette cette identification, mais les razzias polici&#232;res de &#034;protection des quartiers&#034; touchent seulement les quartiers humbles et jamais les bastions des grands voleurs. La pr&#233;sence des piqueteros dans les rues provoque une g&#234;ne &#233;vidente pour tous les passants. Mais le prix de cette protestation est tr&#232;s faible en face de l'alternative d'une d&#233;gradation silencieuse. Loin d'&#234;tre un &#034;recours inutile&#034; le piquete a contribu&#233; &#224; limiter les agressions commises par les capitalistes. C'est pourquoi les ma&#238;tres du pouvoir s'irritent de ce contrepoids efficace &#224; la dissimulation de la mis&#232;re. Les manifestants emp&#234;chent que &#034;la vie ne se d&#233;veloppe normalement&#034; avec un segment de la population qui souffre et un autre qui ignore les souffrances du premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatre voies pour d&#233;samorcer la protestation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirchner essaye de d&#233;samor&#231;er le mouvement piquetero sans faire usage du b&#226;ton, parce que sa premi&#232;re tentative de le criminaliser a d&#233;bouch&#233; sur l'impressionnante manifestation du 20 d&#233;cembre. Le pr&#233;sident essaie de dissoudre la protestation sociale par diff&#233;rentes voies. D'abord, il accuse la gauche de r&#233;p&#233;ter dans le mouvement piquetero les actions minoritaires qui ont affaibli les assembl&#233;es de quartier. Mais on oublie que ce travail de conspiration oblige avant tout &#224; participer &#224; l'organisation d'une lutte que le Justicialisme a compl&#232;tement abandonn&#233;e. Curieusement Kirchner se pr&#233;sente comme le protecteur d'un mouvement qui existe contre sa volont&#233;. En outre, il affirme que la gauche est une force insignifiante, mais il lui assigne une grande capacit&#233; &#224; diluer la r&#233;sistance des piqueteros. On oublie que la l&#233;gitimit&#233; de cette lutte ne d&#233;pend pas du capital &#233;lectoral de la gauche, ni de tout autre calcul de suffrages. Kirchner a &#233;t&#233; &#233;lu avec 22% des votes et son partenaire D'El&#237;a a jou&#233; un r&#244;le ridicule dans les urnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident parie sur l'usure. Il tol&#232;re les actions sans accepter les revendications, pour cr&#233;er le sentiment de l'inutilit&#233; de la protestation. C'est pourquoi son ministre du travail se pr&#233;sente comme la victime d'exigences d&#233;mesur&#233;es (&#034;ils nous extorquent&#034;) et se f&#233;licite si les manifestants n'obtiennent pas satisfaction de leurs demandes imm&#233;diates. Mais si les revendications se maintiennent, ce jeu finira par user Kirchner lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu le gouvernement coopte un secteur de la direction des piqueteros, manipule l'attribution des plans sociaux et distribue des fonds parmi ses partisans. C'est le rejet de ces pr&#233;bendes, et non l'opportunit&#233; d'une coupure de route ou d'une autre, qui divise les dirigeants &#034;durs&#034; et les dirigeants &#034;doux&#034;. En outre, le pr&#233;sident promeut D'El&#237;a, sans remarquer que les discours maccartistes irritent les franges progressistes qui soutiennent le gouvernement et qui r&#233;pudient la glorification du &#034;drapeau c&#233;leste et blanc contre le sale chiffon rouge&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kirchner fait aussi des incursions dans le Grand Buenos Aires pour contrecarrer l'influence des piqueteros. Mais s'il ne r&#233;ussit pas &#224; former un nouveau r&#233;seau de leaders proches de son projet, cette action finira par saper sans aucun b&#233;n&#233;fice l'autorit&#233; des intendants justicialistes. Le pr&#233;sident n'a pas les ressources &#233;conomiques demand&#233;es pour graisser la patte du client&#233;lisme et c'est pourquoi il &#233;pure la liste des b&#233;n&#233;ficiaires des subventions sans y incorporer les nouveaux inscrits. Son objectif est de d&#233;politiser la protestation et de clo&#238;trer les ch&#244;meurs dans leurs potagers, leurs quartiers ou les locaux qu'ils occupent. Il cherche ainsi &#224; reprendre le contr&#244;le officiel des manifestations pour les vider de leurs revendications sociales et les impr&#233;gner de la &#034;cause nationale&#034; qui lui semble opportune selon le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement Kirchner pr&#233;tend mettre la classe moyenne face aux ch&#244;meurs, en opposant les &#034;piqueteros aux gens&#034;, comme si les manifestants constituaient un segment diff&#233;renci&#233; du genre humain. Il n'exasp&#232;re pas les automobilistes contre les coupures de route comme le fait la droite, mais il essaie d'utiliser les espoirs qu'ont &#233;veill&#233;s ses concessions d&#233;mocratiques dans un courant d'opposition aux plus pauvres. Dans cette strat&#233;gie, le gouvernement s'appuie sur le reflux des caceroleros, sur la sympathie politique qui a engendr&#233; son triomphe &#233;lectoral sur le menemismo et sur la relation contradictoire de la classe moyenne &#224; l'&#233;gard des piqueteros. Ces secteurs oscillent entre la solidarit&#233; et la m&#233;fiance envers les ch&#244;meurs qui protestent. Parfois ils copient leurs m&#233;thodes de lutte face &#224; une coupure de lumi&#232;re ou d'eau et &#224; d'autres moments ils rejettent l'incommodit&#233; quotidienne que toute lutte sociale provoque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement pr&#233;tend s'appuyer sur ce va-et-vient (qui penche maintenant vers un rejet mod&#233;r&#233;) pour neutraliser les manifestants. Il cherche &#224; exacerber les pr&#233;jug&#233;s, parce qu'il n'a pas de marge pour accorder de grandes concessions &#233;conomiques. Les fonds publics sont assign&#233;s prioritairement au paiement de la dette et les nouvelles grosses augmentations de tarifs ont d&#233;j&#224; commenc&#233;. Quel que soit le sc&#233;nario, il ne sera pas facile de ressusciter la vieille scission entre les travailleurs et la classe moyenne (en opposant maintenant les piqueteros aux anti-piqueteros), qui pendant 50 ans a bloqu&#233; l'action conjointe des deux secteurs. Contrairement &#224; ce qui se produit actuellement au V&#233;n&#233;zu&#233;la, cette rupture sociale s'est affaiblie au niveau politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels proches du gouvernement qui exigent les coups de b&#226;ton (&#034;sanctionner les transgresseurs&#034;, laisser de c&#244;t&#233; les &#034;stupidit&#233;s des garanties&#034;) ne cachent pas qu'ils encouragent l'expulsion des piqueteros de la rue pour &#034;n&#233;gocier en ordre&#034; avec le FMI une augmentation des paiements de la dette. D'autres repr&#233;sentants du progressisme rejettent la campagne de harc&#232;lement, mais font silence sur le r&#244;le du gouvernement dans cette entreprise. Finalement, quelques penseurs objectent le &#034;manque de lucidit&#233; maximaliste&#034; des piqueteros militants et pronostiquent leur isolement inexorable (&#034;ils n'entra&#238;nent pas ceux qui ont un emploi&#034;). Mais ceux &#224; qui il revient d'effectuer cette &#233;valuation, ce sont les participants de la lutte. Ils supportent la mis&#232;re et sauront comment d&#233;finir les rythmes de la r&#233;sistance. Les intellectuels peuvent jouer un r&#244;le tr&#232;s positif dans ce processus, mais ils doivent d'abord d&#233;clarer leur solidarit&#233; avec la protestation des victimes de l'appauvrissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un changement persistant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques fonctionnaires affirment que &#034;le probl&#232;me piquetero sera r&#233;solu par la cr&#233;ation de travail&#034;. Mais si g&#233;n&#233;rer de l'emploi &#233;tait aussi simple, la crise sociale n'aurait jamais fait irruption avec autant de virulence. Comme la re-primarisation a sensiblement d&#233;t&#233;rior&#233; la relation entre l'emploi et le niveau d'activit&#233;, le ch&#244;mage se maintiendra de fa&#231;on importante m&#234;me dans le meilleur sc&#233;nario de relance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, de plus, la lutte des piqueteros ne se restreint pas aujourd'hui aux revendications des ch&#244;meurs, mais elle a &#233;tabli des ponts avec les travailleurs. A leurs d&#233;buts, les piqueteros se sont nourris de l'exp&#233;rience syndicale ant&#233;rieure de leurs dirigeants et maintenant un transfert inverse d'apprentissages pourrait se concr&#233;tiser, si le mouvement ouvrier r&#233;cup&#232;re le premier r&#244;le. Bien que la relation statistique oppose l'intensit&#233; des arr&#234;ts de travail avec le nombre de coupures de route, la connexion politico-sociale entre les deux mouvements pourrait tendre &#224; se resserrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids des piqueteros exprime, en outre, la perte d'autorit&#233; politique du peronisme, qui a toujours r&#233;pondu &#224; des d&#233;fis &#233;quivalents par des mobilisations de syndicalistes et de leaders. Maintenant, ils sont dispos&#233;s &#224; relancer au moyen de plusieurs actions cette r&#233;action traditionnelle, mais Kirchner sait que l'accaparement justicialiste de ces marches affectera sa popularit&#233; au sein de la classe moyenne. Ces dilemmes refl&#232;tent l'affaiblissement des racines populaires du peronisme suite &#224; la d&#233;cennie menemiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me &#233;rosion se manifeste dans le discr&#233;dit de la bureaucratie syndicale. C'est pourquoi les piqueteros occupent l'espace de la rue que dominait Ubaldini dans les ann&#233;es 80 et que se sont partag&#233;s le MTA et la CTA dans les ann&#233;es 90. Une image de cette situation fut la mobilisation des piqueteros contre la nouvelle loi du travail que le gouvernement a n&#233;goci&#233;e avec les trois centrales syndicales. Le rejet de cette l&#233;gislation a &#233;t&#233; un mot d'ordre central de la journ&#233;e des piqueteros du 18 f&#233;vrier. Cette action fut couronn&#233;e de succ&#232;s gr&#226;ce &#224; l'impact qu'elle a rencontr&#233; dans tout le pays, et non par le nombre des participants. Le premier r&#244;le du mouvement et son poids comme interlocuteur des demandes sociales se sont renforc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La jonction avec la gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La confluence de la gauche avec Les piqueteros militants exprime l'engagement des deux secteurs dans la lutte coh&#233;rente. Quelques journalistes progressistes disqualifient cette convergence ou la pr&#233;sentent comme un fait de circonstance, parce qu'ils ignorent toutes les donn&#233;es de la r&#233;alit&#233; politique qui ne cadrent pas avec leurs d&#233;sirs. La gauche progresse simplement parce que les blessures laiss&#233;es par Menen et de la R&#250;a n'ont pas cicatris&#233;. Sa confluence avec les piqueteros ressuscite la tradition du classisme et lance un d&#233;fi - sans comparaison depuis les ann&#233;es 70- &#224; l'h&#233;g&#233;monie peroniste. Les id&#233;es et les organisations de la gauche commencent &#224; prendre de la densit&#233; sociale. Leurs progr&#232;s sont visibles dans les entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es, dans les &#233;lections universitaires et dans les marches de rues. L'action populaire du 20 d&#233;cembre dernier a synth&#233;tis&#233; cette jonction, mais l'ampleur de cette avanc&#233;e cr&#233;e aussi de nouvelles responsabilit&#233;s et oblige &#224; &#233;valuer avec r&#233;alisme le stade auquel se trouve le processus de radicalisation politique de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que l'&#233;loignement historique de la majorit&#233; populaire d'avec la gauche s'est r&#233;duit, mais la br&#232;che n'a pas &#233;t&#233; colmat&#233;e. Il est important de reconna&#238;tre que ce domaine est maintenu en suspens pour &#233;viter l'impressionnisme et agir avec intelligence. Il est certain que les piqueteros constituent la &#034;seule opposition au gouvernement&#034;, mais justement ce dernier soul&#232;ve de nombreuses difficult&#233;s parce que Kirchner dispose de la sympathie de nombreux secteurs de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de tenir compte que le poids atteint par les courants militants ne signifie pas que &#034;le pays est piquetero&#034;, ni qu'il est travers&#233; par &#034;une situation r&#233;volutionnaire&#034;. Les classes dominantes maintiennent le contr&#244;le du syst&#232;me politique et leur h&#233;g&#233;monie politique et id&#233;ologique sur les classes populaires. Le d&#233;clin du peronisme a ouvert un espace que la gauche pourrait remplir, mais qui demeure encore vide. Il reste un long chemin &#224; parcourir dans le complexe bras de fer pour conqu&#233;rir la majorit&#233;. Il ne faut pas oublier qu'un succ&#232;s dans la lutte sociale ne se transpose pas de mani&#232;re automatique et imm&#233;diate dans le champ politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand bond en avant est en train de se concr&#233;tiser par la cr&#233;ation d'un cadre unitaire qui int&#232;gre tous les courants oppos&#233;s &#224; la cooptation gouvernementale. Mais le d&#233;fi ne consiste pas seulement &#224; r&#233;sister &#224; cette assimilation &#224; la politique officielle. L'objectif doit &#234;tre de populariser une alternative de gauche, &#224; travers des conqu&#234;tes palpables et de plus grands succ&#232;s organisationnels. Les obstacles qui pars&#232;ment ce chemin sont innombrables, mais pour la premi&#232;re fois depuis longtemps on emprunte un sentier qui m&#232;ne vers la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction pour El Correo :&lt;/strong&gt; Philippe Raynaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Buenos Aires, 26 f&#233;vrier 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Manifestation contre quelqu'un ou contre une entreprise&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Piqueteros et cartoneros sous l'association El Ceibo -Travail du Quartier</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros-et-cartoneros-sous-l-association-El-Ceibo-Travail-du-Quartier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros-et-cartoneros-sous-l-association-El-Ceibo-Travail-du-Quartier</guid>
		<dc:date>2004-03-24T15:07:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Bonjour, &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous vous envoyons des informations concernant notre organisation, qui furent publi&#233;es en France dans le journal EKWO, dans un reportage r&#233;alis&#233; par Philippe Claude. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;El Ceibo&#034; est une organisation associative qui travaille &#224; la probl&#233;matique des &#034;cartoneros&#034; dans la ville de Buenos Aires. Nous sommes en train de r&#233;aliser un programme socio-ambiental qui fournit un travail et am&#233;liore la qualit&#233; de vie de ces personnes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Salutations cordiales &lt;br class='autobr' /&gt;
El Ceibo T.B. -Trabajo Barrial (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bonjour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vous envoyons des informations concernant notre organisation, qui furent publi&#233;es en France dans le journal EKWO, dans un reportage r&#233;alis&#233; par Philippe Claude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;El Ceibo&#034; est une organisation associative qui travaille &#224; la probl&#233;matique des &#034;cartoneros&#034; dans la ville de Buenos Aires. Nous sommes en train de r&#233;aliser un programme socio-ambiental qui fournit un travail et am&#233;liore la qualit&#233; de vie de ces personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salutations cordiales&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Ceibo T.B. -Trabajo Barrial&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
Paraguay 4742 - Cod. 1425&lt;br /&gt;
Ciudad Aut&#243;noma de Buenos Aires&lt;br /&gt; Argentina &lt;br /&gt;
+ 54 11 4775-5152&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cristina Lescano - Fernando Ojeda&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Correo :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;mailto:ceibotb@arnet.com.ar&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;ceibotb@arnet.com.ar&lt;/a&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Correo :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;mailto:elceiborsu@yahoo.com.ar&#034; class=&#034;spip_mail&#034;&gt;elceiborsu@yahoo.com.ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6968 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-154.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 65.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Projet de &#034;EL CEIBO T. B.&#034;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_6969 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/IMG/doc/doc-155.doc&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='Word - 91.5 kio' type=&#034;application/msword&#034;&gt;&lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L64xH64/doc-d03fe.svg?1772796600' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Une democracie en danger &lt;br /&gt;Reportage le 20 Avril s/ A 2
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Piquets et marches ou l'unit&#233; de ceux qui luttent en Argentine </title>
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&lt;p&gt;Par Claudia Korol * &lt;br class='autobr' /&gt;
Adital, 20 de febrero del 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 19 f&#233;vrier s'est d&#233;roul&#233;e en Argentine une des journ&#233;es de mobilisation de piqueteros[travailleurs ch&#244;meurs qui organisent des blocages de routes ; la tradition des piquets vient en Argentine des syndicalistes r&#233;volutionnaires italiens du d&#233;but du XXe si&#232;cle] les plus importantes depuis l'ascension au gouvernement de N&#233;stor Kirchner [proclam&#233; pr&#233;sident le 25 mai 2004]. Cette journ&#233;e, qui a permis de coordonner 107 coupures de routes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Claudia Korol *&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Adital, 20 de febrero del 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 f&#233;vrier s'est d&#233;roul&#233;e en Argentine une des journ&#233;es de mobilisation de piqueteros[travailleurs ch&#244;meurs qui organisent des blocages de routes ; la tradition des piquets vient en Argentine des syndicalistes r&#233;volutionnaires italiens du d&#233;but du XXe si&#232;cle] les plus importantes depuis l'ascension au gouvernement de N&#233;stor Kirchner [proclam&#233; pr&#233;sident le 25 mai 2004]. Cette journ&#233;e, qui a permis de coordonner 107 coupures de routes dans tout le pays, &#233;tait convoqu&#233;e par le Bloc piquetero national et par le Mouvement ind&#233;pendant des retrait&#233;s et des ch&#244;meurs - MIJD [dont le porte-parole le plus connu est Raul Castells].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux axes revendicatifs &#233;taient les suivants : le rejet de la suppression des subventions pour 250'000 chefs et cheffes de foyer sans emploi ; le rejet du projet de r&#233;forme de la l&#233;gislation sur le travail propos&#233; au Congr&#232;s par le gouvernement et la revendication du non-paiement de la dette ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres revendications &#233;taient la rupture avec le Fonds mon&#233;taire international (FMI), l'opposition &#224; l'augmentation des tarifs des services publics privatis&#233;s ; la cr&#233;ation d'un salaire social, la lib&#233;ration des piqueteros emprisonn&#233;s &#224; Salta ; la lev&#233;e de l'impunit&#233; couvrant les responsables politiques du massacre du Pont de Pueyrredon [&#224; l'entr&#233;e de Buenos Aires o&#249; des militants ont &#233;t&#233; tu&#233;s en juin 2002] ; et la d&#233;criminalisation de la protestation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La mobilisation a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une intense campagne m&#233;diatique tendant &#224; &#034;d&#233;moniser&#034; (une fois de plus) ceux qui appelaient &#224; cette journ&#233;e de protestation, et qui &#233;taient qualifi&#233;s de &#034;durs&#034; par les m&#233;dias. Cela en opposition avec les mouvements de piqueteros qui ont &#233;t&#233; coopt&#233;s ou qui se sont rapproch&#233;s des politiques men&#233;es par le gouvernement national, et que l'on tend &#224; pr&#233;senter comme les &#034;piqueteros gentils&#034; [ce sont entre autres des piqueteros li&#233;s &#224; la Centrale des travailleurs argentins-CTA, qui appuie l'essentiel de la politique du gouvernement Kirchner].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le climat social a connu plusieurs jours de tension. Il y a eu des d&#233;clarations des fonctionnaires du gouvernement qui cherchaient &#224; d&#233;l&#233;gitimer la protestation, &#224; l'isoler et &#224; inciter les &#034;classes moyennes&#034; &#224; s'affronter aux plus pauvres. Le pouvoir judiciaire a lui aussi annonc&#233; des mesures afin de r&#233;primer &#034;l&#233;galement&#034; les coupures de routes, sous pr&#233;texte du &#034;droit de circuler librement&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a ainsi fait planer la menace d'une nouvelle vague r&#233;pressive, tout en en rendant responsables ceux qui convoquaient &#224; la journ&#233;e de protestation. Les m&#233;dias argentins ont abondamment utilis&#233; la strat&#233;gie consistant &#224; culpabiliser les victimes des politiques d'exclusion et de mis&#232;re qui se sont d&#233;velopp&#233;es dans le pays au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation s'est surtout concentr&#233;e sur le Pont Pueyrredon, lieu embl&#233;matique de la protestation des piqueteros, o&#249; le gouvernement de Duhalde [le pr&#233;d&#233;cesseur de Kirchner, membre de l'appareil p&#233;roniste, et contr&#244;lant la r&#233;gion de Buenos Aires] avait d&#233;cha&#238;n&#233; le 26 juin 2002 une chasse &#224; l'homme qui avait abouti &#224; l'assassinat de deux jeunes piqueteros, Dario Santillan et Maximiliano Kosteki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que, durant sept heures, plus de 5000 manifestants appartenant aux diff&#233;rentes organisations ayant r&#233;pondu &#224; l'appel se sont r&#233;unis. Ils ont transmis leur message aux dirigeants de ces mouvements, en indiquant que cette journ&#233;e n'&#233;tait que le d&#233;but d'un programme de lutte ax&#233; sur les probl&#232;mes du travail et de la faim, les deux principaux drames qui d&#233;truisent aujourd'hui la vie quotidienne des pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de la journ&#233;e - assum&#233; par les organisateurs, et reconnu par le gouvernement - d&#233;montre que, malgr&#233; les signes annonc&#233;s de r&#233;activation de l'&#233;conomie, les conditions sociales g&#233;n&#233;r&#233;es par les politiques n&#233;olib&#233;rales restent constantes. Le mouvement piquetero a montr&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; qu'il maintient la base sociale qui l'a constitu&#233; et qui fait sa force : les travailleurs sans emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;galement d&#233;montr&#233; une capacit&#233; d'organisation qui lui permet de mobiliser &#224; l'&#233;chelle nationale, et d'&#233;viter de tomber dans le pi&#232;ge des nouvelles provocations polici&#232;res, comme celles organis&#233;es il y a quelques jours pour stigmatiser le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement a fait de grands efforts pour coopter ou pour neutraliser les organisations de piqueteros. Certaines d'entre elles, notamment la F&#233;d&#233;ration de terre et d'habitation dirig&#233;e par Luis d'Elia [un dirigeant mao&#239;ste li&#233; aussi &#224; une aile de la CTA], ont r&#233;pondu favorablement &#224; cette politique. Ils se sont s'align&#233;s de mani&#232;re acritique derri&#232;re les positions du gouvernement et ont cr&#233;&#233; ainsi une fracture dans le mouvement de r&#233;sistance. N&#233;anmoins, les organisations de piqueteros qui participent au Bloc piquetero national et le MIJD ont actuellement une force et une capacit&#233; d'initiative qui leur permet de continuer &#224; r&#233;sister. Une partie d'entre elles sont li&#233;es &#224; des partis politiques de tout l'&#233;ventail de la gauche. D'autres sont n&#233;es de mani&#232;re autonome. Toutefois, toutes ces organisations ont continu&#233; &#224; cro&#238;tre ces derni&#232;res ann&#233;es &#224; cause des politiques qui ont r&#233;duit au maximum la capacit&#233; productive industrielle du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs sans emploi re&#231;oivent des subventions sociales de 150 pesos (50 dollars) par mois, ce qui leur permet tout juste de survivre p&#233;niblement. En outre, leur situation se p&#233;jore encore &#224; cause de la politique en cours qui a, conjointement, d&#233;truit l'&#233;ducation publique, la sant&#233; et le syst&#232;me des retraites. Le gouvernement de Duhalde [Edouardo Duhalde &#233;lu pr&#233;sident de l'Argentine par le Congr&#232;s en f&#233;vrier 2002 avec un mandat jusqu'en d&#233;cembre 2003] avait subventionn&#233; quelque 2 millions de personnes dans le but de freiner la crise sociale qui a suivi la culmination de la r&#233;bellion des 19 et 20 d&#233;cembre 2001 [et qui a abouti &#224; la d&#233;mission, le 21 d&#233;cembre 2001, du radical Fernando de La Rua ; cette r&#233;bellion est connue sous le nom d'argentinazo].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le gouvernement de Kirchner tente de r&#233;duire le nombre des &#034;subventionn&#233;s&#034;. Il a supprim&#233; les versements d'assistance pour 250'000 personnes, sans que pour autant des postes de travail aient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement il y a un d&#233;bat au Congr&#232;s national sur la r&#233;forme de la l&#233;gislation du travail. C'est le gouvernement qui a &#233;t&#233; oblig&#233; d'impulser ce d&#233;bat lorsqu'il est devenu &#233;vident que la r&#233;forme avec laquelle on avait tent&#233; de l&#233;gitimer la flexibilisation du travail n'a &#233;t&#233; adopt&#233;e que gr&#226;ce &#224; une s&#233;rie de pots-de-vin et de dessous de table distribu&#233;s avec l'aval de l'ex-pr&#233;sident Fernando de La Rua.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des s&#233;nateurs ont per&#231;u des sommes pour voter ce projet, qui &#233;tait d'ailleurs pr&#233;sent&#233; comme une condition pour le renouvellement des &#034;cr&#233;dits&#034; accord&#233;s par le FMI &#224; l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scandale d&#233;clench&#233; par ces r&#233;v&#233;lations a pouss&#233; le pr&#233;sident Kirchner &#224; proposer de d&#233;battre rapidement d'une nouvelle loi. Les organisations de piqueteros maintiennent cependant que le nouveau projet propos&#233; par l'ex&#233;cutif a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; en partant des m&#234;mes bases et dans la m&#234;me orientation id&#233;ologique que la r&#233;forme pr&#233;c&#233;dente du Code du travail. Entre outre, les piqueteros d&#233;noncent dans le projet officiel la r&#233;duction de six &#224; trois mois de la p&#233;riode d'essai lors d'un engagement dans un poste de travail. Ils pensent, en effet, que cela revient &#224; ouvrir la porte &#224; une flexibilisation du travail, puisque cette disposition permet de travailler sans contrat [durant la nouvelle p&#233;riode de trois mois, ce qui permet pour le patronat, dans divers secteurs, d'utiliser une main-d'oeuvre roulante].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve &#233;galement dans ce projet les contrats collectifs par entreprise, ce qui liquide, de fait, la conqu&#234;te historique du mouvement ouvrier argentin repr&#233;sent&#233;e par les contrats collectifs de branches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y restreint &#233;galement le droit de gr&#232;ve dans les activit&#233;s consid&#233;r&#233;es comme des services essentiels, en ajoutant encore le service du gaz &#224; la liste d&#233;j&#224; &#233;labor&#233;e par Menem [Carlos Saul Menem est &#233;lu en 1989 et sera r&#233;&#233;lu en 1995 apr&#232;s une r&#233;forme de la Constitution faite gr&#226;ce &#224; un accord secret entre le Parti radical et le Parti p&#233;roniste, qui permet qu'un pr&#233;sident puisse d&#233;tenir deux mandats de suite] et De La Rua [Fernando de La Rua sera &#233;lu en 1999, et son mandat devait formellement se terminer en d&#233;cembre 2003].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements de piqueteros ont pr&#233;sent&#233; au Congr&#232;s national un projet alternatif, et ils exigent que ce dernier soit pris en consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 f&#233;vrier &#224; 15 heures, une partie des mouvements des piqueteros s'est dirig&#233; vers le parlement de Buenos Aires [l'Argentine est un pays f&#233;d&#233;ral], o&#249; des organisations du mouvement des gays, des lesbiennes et des travestis, une partie de l'AMMAR (Association de femmes dignes d'Argentine) de la Capitale f&#233;d&#233;rale, des assembl&#233;es de quartier et des partis de gauche, manifestaient leur opposition &#224; une possible r&#233;forme du Code sur la loi du bail [qui d&#233;termine les op&#233;rations immobili&#232;res dans une ville comme Buenos Aires] telle qu'envisag&#233;e par la fraction de parlementaires qui suivent Mauricio Macri [le repr&#233;sentant politique d'une des cinq familles les plus riches et puissantes d'Argentine].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la mobilisation s'est dirig&#233;e vers le Congr&#232;s de la Nation [l'assembl&#233;e l&#233;gislative de la r&#233;publique f&#233;d&#233;rale] o&#249; a eu lieu un grand rassemblement. &#034;Unit&#233; de ceux qui luttent !&#034; &#233;tait le slogan le plus repris, car ceux qui refusent les invitations &#224; quitter le bateau de la r&#233;sistance ont besoin de s'organiser contre la tendance &#224; la fragmentation qui menace ceux qui continuent &#224; se mobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Claudia Karol est secr&#233;taire de r&#233;daction d'Am&#233;rica Libre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/page/page/news/newsArg41.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;A l'Encontre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; La jeunesse argentine doit descendre dans la rue m&#234;me si &#231;a doit faire mal &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-jeunesse-argentine-doit-descendre-dans-la-rue-meme-si-ca-doit-faire-mal</link>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; La jeunesse doit descendre dans &lt;br class='autobr' /&gt; Par Martina Noailles* &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'Encontre, le 27 janvier 2004 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pedro Alveal n'a que 20 ans, mais sa t&#234;te est connue de toute l'Argentine depuis que la police de Neuqu&#233;n - capitale de la province de Neuqu&#233;n qui se trouve au sud-ouest de Buenos Aires et qui fait fronti&#232;re, au sud, avec celle de Rio Negro et, au nord, avec celle de Mendoza - l'a traqu&#233;. En plus de se retrouver le corps marqu&#233; de 64 plombs, Pedro Alveal a perdu un &#339;il. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pedro Alveal est membre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La jeunesse doit descendre dans&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Martina Noailles*&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/page/page/news/newsArg40.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;A l'Encontre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le 27 janvier 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pedro Alveal n'a que 20 ans, mais sa t&#234;te est connue de toute l'Argentine depuis que la police de Neuqu&#233;n - capitale de la province de Neuqu&#233;n qui se trouve au sud-ouest de Buenos Aires et qui fait fronti&#232;re, au sud, avec celle de Rio Negro et, au nord, avec celle de Mendoza - l'a traqu&#233;. En plus de se retrouver le corps marqu&#233; de 64 plombs, Pedro Alveal a perdu un &#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pedro Alveal est membre du MTD (Mouvement des travailleurs ch&#244;meurs). Ce mouvement a connu au cours de la fin 2003 diverses divisions, selon les villes. Des diff&#233;rences plus significatives d'orientation - car elles ont toujours exist&#233;es - sont intervenues d'ailleurs entre tous les courants organis&#233;s de piqueteros et en leur int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles sont le reflet des impasses relatives que conna&#238;t le mouvement piqueteros face &#224; la politique de Nestor Kirchner et suite au ralliement de certains groupes de piqueteros &#224; cette politique client&#233;liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'appui donn&#233; &#224; Kirchner par la CTA (Centrale des travailleurs argentins - gauche p&#233;roniste), qui disposait d'une base significative dans un secteur des piqueteros (en lien avec une force d'origine mao&#239;ste), a contribu&#233; &#224; affaiblir le mouvement. Enfin, le simple probl&#232;me de g&#233;rer, sur la dur&#233;e, un tel mouvement qui conna&#238;t d'importantes difficult&#233;s &#224; mettre en place (ou m&#234;me &#224; concevoir) des alliances sociales et politiques avec d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233;, d&#233;montre sa vuln&#233;rabilit&#233;, ce qui n'emp&#234;che pas sa radicalit&#233; (et parfois m&#234;me l'explique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reviendrons dans un certain temps sur la situation d'ensemble, &#233;conomique, sociale et politique, de l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, voici l'histoire, les projets et les convictions d'un jeune militant du MTD de Neuquen. Un excellent reportage fait par une journaliste du quotidien Pagina 12. R&#233;d&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La police m'a vu et quand la r&#233;pression a commenc&#233;, ils m'ont vis&#233; &#224; la t&#234;te. &#187; Les silences de Pepe (Pedro) sont plus longs encore que ses boucles noires, ce qui n'est pas peu dire. Il y a deux mois, alors qu'il manifestait contre un projet du gouvernement de la province de Neuqu&#233;n de payer les 150 pesos (50 dollars ; 62 CHF) de subsides distribu&#233;s sous forme de cartes magn&#233;tiques individuelles [ce qui rompt toute organisation collective pour la distribution des aides aux ch&#244;meurs, mais est fait pour combattre pr&#233;tendument le client&#233;lisme, alors que la distribution de la carte elle-m&#234;me renvoie &#224; une forme modernis&#233;e de client&#233;lisme], les balles de la police de Neuqu&#233;n ont laiss&#233; sur lui de nombreuses traces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante-quatre marques de plomb dans la peau, un &#339;il en moins et plus de force que jamais. Pepe s'appelle Pedro Alveal, et sur les 20 ann&#233;es qu'il a v&#233;cues, il en a d&#233;j&#224; pass&#233; trois comme militant de la jeunesse du MTD et plus d'une comme c&#233;ramiste chez Zanon, une fabrique qui emploie environ trois cents ouvriers de Neuqu&#233;n [voir &#224; ce sujet, sur le site, l'article : &#171; Argentine : La Zanon occup&#233;e : r&#233;cit d'une exp&#233;rience extraordinaire, janvier 2004 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut s'organiser &#187;, r&#233;p&#232;te-t-il, comme si cela constituait le premier &#233;chelon vers un sommet &#233;lev&#233;, mais non impossible &#224; atteindre. L'&#233;cole du soir, les gr&#232;ves de travailleurs, les rues de son quartier. N'importe quel coin de sa province se transforme en sc&#232;ne de lutte pour lui et pour les nombreux jeunes dont Pepe dit qu' &#171; ils font tourner une roue &#224; c&#244;t&#233; du pouvoir &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il donc pass&#233; le jour de la r&#233;pression ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je me souviens tr&#232;s bien du jour qui pr&#233;c&#232;de. Cette nuit-l&#224;, je suis sorti de l'&#233;cole en pensant que nous devrions nous rendre d&#232;s le lendemain matin au Ruca-Che (local) pour dire que nous ne voulions pas de cette carte qui imposait des conditions pr&#233;cises et qui allait faire du tort aux camarades. Le jour suivant, je suis donc sorti avec une camarade distribuer des tracts dans lesquels il &#233;tait expliqu&#233; pourquoi nous n'acceptions pas la carte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce moment, la police m'a vu et ensuite, quand la r&#233;pression a commenc&#233;, elle m'a reconnu et m'a vis&#233; &#224; la t&#234;te. Je suis rest&#233; en premi&#232;re ligne aux c&#244;t&#233;s de beaucoup de gens du quartier qui ne sont pas des militants. Des ouvriers, des paysans, des mapuchos [indiens de la cordill&#232;re, la province voisine la cordill&#232;re andine] et des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les policiers ont r&#233;prim&#233; tout le monde. Quand nous avons vu que les heures passaient et que les tirs ne cessaient pas, nous avons d&#233;cid&#233; de nous r&#233;unir en assembl&#233;e afin d'analyser ce qu'il fallait faire. Nous savions que si la r&#233;pression se poursuivait, ils allaient finir par entrer dans les maisons et arr&#234;ter n'importe qui. En pleine assembl&#233;e, la police a fait irruption et a commenc&#233; &#224; tirer. Je suis rest&#233; sur place &#224; regarder comment les gens s'enfuyaient. Je ne me suis cach&#233; derri&#232;re rien du tout. Je ne sais pas ce qui m'a pris &#224; ce moment. Je n'ai pas couru. La police s'est dirig&#233;e vers moi en tirant. Ils m'ont poursuivi puis ont fini par m'avoir. Ils m'ont conduit au commissariat o&#249; ils ont continu&#233; &#224; me frapper, en m'accusant d'&#234;tre un gauchiste et un &#171; syndicaliste &#187;. Vers les trois heures du matin, ils m'ont rel&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durant la r&#233;pression, une des balles de caoutchouc a atteint votre &#339;il et finalement vous l'avez perdu. Aucun m&#233;decin ne vous a-t-il auscult&#233; au commissariat ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Non, aucun. Ils m'ont fait soulever mon T-shirt et ont dit : &#171; Ils t'ont chi&#233; dessus des balles &#187;. Ensuite, ils m'ont fait m'agenouiller et ils m'ont pouss&#233; dans une cellule. Juste au moment o&#249; l'on m'a rel&#226;ch&#233;, des infirmiers qui attendaient dehors, m'ont conduit &#224; l'h&#244;pital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a chang&#233; depuis ce jour-l&#224; ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Apr&#232;s cela, je ne me suis pas effondr&#233;. Le lendemain, je voulais aller &#224; l'&#233;cole, mais je me suis lev&#233; et me suis retrouv&#233; enferm&#233; avec un policier &#224; c&#244;t&#233; de moi. Il semblait que tout se liguait contre moi. Je me sentais comme un anarchiste. Je ne voulais m&#234;me pas &#233;couter ce que disait le m&#233;decin. J'avais une rage terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ? Comment votre vie continue-t-elle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#8230; (long silence). Je ne sais pas. Rester &#224; la maison me fait penser &#224; beaucoup de choses. Ils ont transform&#233; mes r&#234;ves. Je r&#234;vais de beaucoup d'autres choses, je r&#234;vais &#233;veill&#233;. Maintenant je suis plus lucide. Dans un premier temps, j'&#233;tais tr&#232;s fou. Si auparavant je pensais qu'il fallait cesser avec la r&#233;pression que l'on a depuis 2001, je pense maintenant qu'il ne faut pas seulement la faire cesser, mais &#233;galement la combattre face &#224; face et la d&#233;truire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce possible ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; N'importe quelle chose peut &#234;tre stopp&#233;e. Tu fais cesser de faire fonctionner un collectif, cela interrompt les autres cinq qui viennent derri&#232;re. Oui, je crois qu'on peut mettre fin &#224; une chose et en commencer une autre. De plus, nous sommes nombreux. Nous sommes des millions de gens &#224; en avoir marre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi pensez-vous que la police r&#233;prime ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Parce qu'on les d&#233;range. Cela les d&#233;range que les gens veuillent se faire entendre. Cela les d&#233;range qu'on r&#233;clame pour nos droits, pour notre futur. Zanon les d&#233;range. Que les ouvriers puissent arr&#234;ter une fabrique et que dans cette fabrique il y ait des ch&#244;meurs qui s'organisent. Ils ont peur que &#231;a se passe dans d'autres fabriques, jusque dans celles que dirige Sobisch (Jorge Sobisch, le gouverneur de Neuqu&#233;n).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi militez-vous au sein du MTD ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le Mouvement est apparu en octobre 2001 avec la forte politisation des ouvriers de la construction qui se sont mis &#224; s'organiser d&#232;s 1995. J'ai commenc&#233; &#224; militer &#224; l'&#226;ge de 17 ans, quand je me suis rendu compte que dans mon quartier il y avait des gens dans le besoin qui luttaient pour notre futur. Donc, nous les gamins, nous devions &#233;galement nous organiser. Comme cela s'&#233;tait d&#233;j&#224; pass&#233; en Argentine plusieurs ann&#233;es auparavant, nous les jeunes, nous nous sommes rendus compte que nous devions nous organiser politiquement d'une fa&#231;on ou une autre. Il fallait r&#233;veiller les autres compagnons pour qu'il y ait plus de gens qui r&#233;fl&#233;chissent politiquement. Nous, nous n'acceptions pas une politique dont ne b&#233;n&#233;ficient que le gouverneur et ceux qui se trouvent autour de lui. Neuqu&#233;n est pour Sobisch un empire, non une province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous travaillez, vous &#233;tudiez et vous militez. Comment faites-vous tout cela ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je crois qu'il faut construire quelque chose depuis un autre point de vue. Je travaillais jusqu'au soir chez Zanon et les mardis et jeudis, nous nous r&#233;unissions au MTD. Tous les jours apr&#232;s le travail, j'allais &#224; l'&#233;cole du soir o&#249; je veux terminer le secondaire. Je n'&#233;tudie pas pour occuper mon temps &#224; quelque chose, l'&#233;tude c'est ce qui est le plus important pour moi. Il faut pouvoir passer de l'autre c&#244;t&#233;. Il y a des gamins qui, ne voyant que la facilit&#233;, entrent dans la police. Ils savent que dans le futur ils vont avoir un salaire s&#251;r, une retraite, tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et avant d'entrer en fabrique, que faisiez-vous ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je faisais des petits boulots. J'ai toujours essay&#233; de me d&#233;brouiller non seulement dans ma famille, mais dans le voisinage et le quartier. Je sortais en compagnie de mon p&#232;re pour vendre avec un chariot des pommes et ainsi ramener de quoi manger &#224; la maison. Ceux qui nous connaissaient nous achetaient quelque chose. Parfois mon p&#232;re se f&#226;chait contre moi parce que, &#224; peine rentr&#233; du travail, je repartais au centre ville. Il me disait que je devais continuer &#224; vendre jusqu'&#224; la nuit, et moi je lui expliquais que je devais m'organiser. Lui, jusqu'&#224; ce qu'il entre chez Zanon il y a quelques mois, il n'a fait que vendre des l&#233;gumes et des fruits dans la rue. Il n'avait pas de boulot. Avant, il travaillait dans une entreprise japonaise qui installait des lignes de haute tension dans tout le pays pour la Telefonica [entreprise de t&#233;l&#233;phone contr&#244;l&#233;e par la multinationale espagnole], mais en 2001 il a perdu son travail &#224; cause d'une r&#233;duction de personnel. Apr&#232;s &#231;a, il n'a plus jamais trouv&#233; de travail, jusqu'&#224; r&#233;cemment, o&#249; il est entr&#233; en fabrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que cela a repr&#233;sent&#233; pour vous de pouvoir entrer chez Zanon ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils te donnent envie de t'investir dans n'importe quelle autre fabrique et de proposer d'y faire la m&#234;me chose. Jusqu'&#224; aujourd'hui, je me sens comme au premier jour, content d'&#234;tre entr&#233; dans une fabrique contr&#244;l&#233;e par les travailleurs. C'est impressionnant. Je me suis m&#234;me mis &#224; lire pour en savoir plus sur le communisme. Je n'avais jamais travaill&#233; dans aucune fabrique. Le plus ressemblant que j'aie vu, c'est des trucs en construction dont on te fiche dehors d&#232;s que c'est termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ao&#251;t 2002, l'assembl&#233;e de la fabrique a d&#233;cid&#233; d'incorporer des nouveaux travailleurs provenant des mouvements de ch&#244;meurs. Pourquoi ont-ils choisi les plus jeunes parmi eux ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ils voyaient bien que c'&#233;tait nous les jeunes les plus frapp&#233;s et les plus r&#233;prim&#233;s du quartier, nous aussi qui nous affrontions le plus violemment avec la police dans les rues. La r&#233;pression te met une seule id&#233;e dans la t&#234;te : &#034;On va pourrir &#224; la maison, on ne sortira pas, on n'aura pas de travail &#034;. Et je crois que la jeunesse ne doit pas rester comme &#231;a. Elle doit sortir m&#234;me si &#231;a lui fait peur. C'est pour &#231;a que les dirigeants ont pens&#233; qu'il fallait donner une chance &#224; ces jeunes. Maintenant, et plus encore depuis que je suis chez Zanon, je poursuis la m&#234;me id&#233;e : changer les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment votre quartier est-il ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est un lieu plein de gamins tr&#232;s intelligents qui ont beaucoup d'id&#233;es. Il y a &#233;norm&#233;ment de gens avec lesquels on peut se mettre en lien pour faire bouger les choses dans un sens qui ne soit pas celui qu'on nous impose. Ce gouverneur veut s'emparer de tout et &#231;a ne va pas. D'o&#249; l'id&#233;e de commencer &#224; faire tourner une roue &#224; c&#244;t&#233; de lui dans la direction que nous d&#233;cidons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; dans le quartier depuis les &#233;v&#233;nements de Ruca-Che [local et quartier] ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les gens ont la rage. Beaucoup de camarades sont venus me voir pour me dire de continuer &#224; avancer. Un jour, un soudeur est venu me montrer une plaie qu'il avait sur la poitrine. Une balle de plomb qu'il avait re&#231;ue en 1974. Il m'a racont&#233; qu'apr&#232;s ce qui lui &#233;tait arriv&#233;, il s'&#233;tait organis&#233; et qu'il avait suivi une ligne. Que ce sont les fils qui nous viennent de cette &#233;poque. Il m'a dit que si on arrive aujourd'hui &#224; attraper ces fils, il faut continuer. Et je l'ai &#233;cout&#233;. Ces choses sont de celles qui te permettent de rester sur pied. Parce que, m&#234;me si tu crois &#234;tre fort, il est difficile de se relever tout seul, il te faut l'aide de tes camarades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que ressentiriez-vous s'ils laissaient en libert&#233; les policiers qui vous ont tir&#233; dessus ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Ce serait une injustice. Une &#233;norme injustice. Ce jour-l&#224;, personne n'est mort, mais beaucoup de gens auraient pu mourir. Comme le pr&#233;sident du quartier qui a re&#231;u une balle dans le ventre. Si cela avait &#233;t&#233; dans la t&#234;te&#8230;&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Grandir dans les piquets en Argentine</title>
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&lt;p&gt;Por Gimena Fuertes &lt;br class='autobr' /&gt;
Pagina 12, &#171; Las/12 &#187;, 26 de enero del 2003 &lt;br class='autobr' /&gt;
Grandir dans les piquets &lt;br class='autobr' /&gt;
Berta Gonzalez est d&#233;l&#233;gu&#233;e de quartier du Futradeyo, groupement qui s'est fait conna&#238;tre pour avoir organis&#233; l'encerclement du Minist&#232;re du travail &#224; Buenos Aires en octobre 2003. Ce groupement a d&#233;but&#233; sous la forme d'une commission de femmes travailleuses. Durant les ann&#233;es au cours desquelles elle a lutt&#233; aux c&#244;t&#233;s de ses camarades, cette femme courageuse a r&#233;ussi &#224; obtenir beaucoup de choses, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Por Gimena Fuertes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.pagina12web.com.ar/suplementos/las12/vernota.php?id_nota=938&amp;sec=13&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Pagina 12, &#171; Las/12 &#187;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 26 de enero del 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Grandir dans les piquets&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Argentine, les piquets repr&#233;sentent les instruments d'organisation d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berta Gonzalez est d&#233;l&#233;gu&#233;e de quartier du Futradeyo, groupement qui s'est fait conna&#238;tre pour avoir organis&#233; l'encerclement du Minist&#232;re du travail &#224; Buenos Aires en octobre 2003. Ce groupement a d&#233;but&#233; sous la forme d'une commission de femmes travailleuses. Durant les ann&#233;es au cours desquelles elle a lutt&#233; aux c&#244;t&#233;s de ses camarades, cette femme courageuse a r&#233;ussi &#224; obtenir beaucoup de choses, allant de la nourriture jusqu'&#224; l'acc&#232;s massif &#224; la planification familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berta est contente. Il faut dire qu'apr&#232;s moult p&#233;rip&#233;ties le hangar du Front unique des travailleurs ch&#244;meurs et non-ch&#244;meurs (Frente Unico de Trabajadores Desocupados y Ocupados : Futradeyo) a finalement &#233;t&#233; inaugur&#233; dans la localit&#233; de La Matanza, dans les environs de Buenos Aires. Dans ce quartier de La Loma, de Gregorio de Laferrere, les routes sont encore en terre et ou les maisons, dont certaines faites de mat&#233;riel de r&#233;cup&#233;ration (t&#244;le, planches, plastique), avoisinent les champs. Le local a &#233;t&#233; nomm&#233; &#034;Femmes en lutte&#034; car &#034;les premi&#232;res qui ont toujours &#233;t&#233; et continuent &#224; &#234;tre en premi&#232;re ligne de la lutte sont les femmes&#034;, argumente cette militante piquetera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre accomplissement dont Berta Gonzalez est fi&#232;re : la Commission de femmes travailleuses. Cette commission est l'anc&#234;tre du Futradeyo. Cela a d&#233;marr&#233; en 96, lorsque Berta est rest&#233;e sans travail. &#034;Villalba - c'est ainsi qu'elle appelle son mari Jos&#233;, le porte-parole visible du mouvement - travaillait dans une usine m&#233;tallurgique qui a ferm&#233; sans lui accorder la moindre indemnisation. On &#233;tait pris par le d&#233;sespoir, et il a fallu s'organiser. Nous n'obtenions aucun revenu et nous avions trois enfants et des factures &#224; payer. Alors j'ai commenc&#233; &#224; organiser les dons d'habits des &#233;glises de la r&#233;gion&#034;, se souvient-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Berta en a eu assez de la charit&#233; et a d&#233;cid&#233; de changer de strat&#233;gie. &#034;Nous nous sommes r&#233;unies &#224; dix femmes pour faire une commande sp&#233;ciale de nourriture. Nous &#233;tions ces dix femmes et Villalba - ce brave entre les braves - et nous sommes all&#233;s trouver la d&#233;l&#233;gation municipale pour leur dire que nous &#233;tions les d&#233;l&#233;gu&#233;es de dix quartiers diff&#233;rents et pour leur demander 100 sacs de nourriture. Ils nous ont d'abord r&#233;pondu qu'ils ne pouvaient rien nous donner, qu'on pouvait laisser une demande &#233;crite et que nous aurions une r&#233;ponse dans les trois mois.&#034; &#034;En trois mois, nous avons le temps de crever, nous voulons une r&#233;ponse tout de suite&#034;, ont-elles retorqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois-l&#224;, elles ont obtenu ce qu'elles voulaient, mais cela ne sera pas toujours si facile. Le groupe grandissait rapidement, et un jour, des hommes sont arriv&#233;s pour demander de la nourriture ; et comme il n'y en avait plus, ils ont frapp&#233; Berta. &#034;L'un m'a donn&#233; un coup de poing et quand je me suis lev&#233;e, c'est moi qui ai frapp&#233; l'autre type, et mes camarades sont arriv&#233;es avec des rouleaux &#224; p&#226;te et des louches et on les a affront&#233;s. C'&#233;taient des gens de Duhalde [alors dirigeant de la province de Buenos Aires] et de Pierri [personnalit&#233; du parti p&#233;roniste]&#034;, assure-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette femme souriante se souvient que la premi&#232;re victoire qu'ils ont rapport&#233;e en tant qu'organisation de ch&#244;meurs, en 1997, fut lorsque &#034;Chiche&#034; Duhalde (d&#233;put&#233;e, &#233;pouse de Duhalde, qui sera pr&#233;sident de l'Argentine et auquel a succ&#233;d&#233; Kirchner) est venue dans le quartier. &#034;Nous avons appris que Chiche Duhalde venait inaugurer l'&#233;cole 199. Nous nous sommes r&#233;unies &#224; une trentaine de femmes, et nous avons ramass&#233; les tomates pourries dans les poubelles. Nous sommes entr&#233;es dans l'&#233;cole et nous nous sommes assises avec nos petits sacs &#224; dos. Nous avons demand&#233; &#224; lui parler, elle n'a pas voulu nous &#233;couter. Alors nous avons pris les tomates pourries et nous avons commenc&#233; &#224; les lancer. Ils nous traitaient de &#034;guarangas&#034; (grossiers personnages), mais je leur r&#233;pondais qu'il est plus grossier de crever de faim que de venir &#233;couter en silence de jolis discours. La &#171; Chiche &#187; a alors accept&#233; de nous &#233;couter. Elle m'a demand&#233; de pouvoir parler avec moi, mais je lui ai r&#233;pondu que je n'&#233;tais pas la cheffe, que nous &#233;tions 27 et que nous voulions toutes parler. Nous lui avons demand&#233; des allocations, sans qu'on nous fasse des histoires et des promesses.&#034; C'est Villalba qui &#233;tait le m&#233;diateur, celui qui jouait le r&#244;le du &#034;gentil&#034;, se souvient-elle. &#034;Ce jour-l&#224; nous avons obtenu 25 allocations mensuelles pour les m&#232;res de 7 enfants et pour des femmes de plus de 60 ans. C'&#233;tait la premi&#232;re fois que nous gagnions. Jusqu'&#224; ce jour, nous avons des camarades qui re&#231;oivent une pension mensuelle de vieillesse d'environ 150 pesos [50 dollars]&#034;, ajoute-t-elle avec fiert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les hommes de main p&#233;ronistes [du Parti justicialiste] ne sont pas les seuls ennemis qu'ont eu &#224; affronter ces femmes. &#034;Tout &#224; coup, des camarades ont commenc&#233; &#224; mourir, apr&#232;s qu'on leur eut diagnostiqu&#233; un cancer. Elsira Pereira est morte, puis De Asis Antonia, puis encore Teresa Echeverria&#034;, &#233;num&#232;re-t-elle, les yeux brillants. Nous avons commenc&#233; &#224; faire des d&#233;nonciations, parce que ces camarades avaient &#233;t&#233; en bonne sant&#233;, et tout &#224; coup elles avaient le cancer. Ce sont les pylones &#224; haute tension qui en &#233;taient la cause. Nous avons r&#233;dig&#233; des documents et des communiqu&#233;s qui n'&#233;taient publi&#233;s nulle part, et nos camarades continuaient &#224; mourir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A La Matanza, 80% des militants du Futradeyo et la majorit&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s de quartier sont des femmes, et Berta explique pourquoi : &#034;Nous connaissons mieux nos besoins. Il nous est difficile de discipliner nos camarades hommes. Il y a un c&#244;t&#233; machiste chez eux lorsqu'ils s'offusquent que nous, femmes, soyons d&#233;l&#233;gu&#233;es. Ce qu'ils n'acceptent pas, c'est l'&#233;volution qu'il y a eue dans le piquet. Or, qui provoque les &#233;volutions dans les piquets ? Ce sont les femmes, car quand les enfants ont faim, elles refusent d'accepter qu'on leur r&#233;ponde &#034;qu'il n'y a pas de nourriture&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Futradeyo a une conception de classe. Tous les militants et toutes les militantes sont des travailleurs, le ch&#244;mage n'est qu'une circonstance. Mais cette conception politique a son origine dans la pratique. &#034;En cours de route, des camarades ch&#244;meurs et ch&#244;meuses se sont joints &#224; nous. Nous avons des camarades de l'h&#244;pital avec lesquels nous avons pris contact lorsque nous sommes all&#233;es nous renseigner pour la planification familiale. Nous avons choisi l'h&#244;pital Teresa Germani de la Matanza, parce que l&#224; ils nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas nous mettre un DIU (dispositif intra-ut&#233;rin, st&#233;rilet), mais qu'on pouvait aider les femmes avec des contraceptifs. Nous leur avons dit que c'&#233;taient nous qui allions d&#233;cider de la m&#233;thode que nous allions utiliser. Nous ne voulons plus accoucher, nous voulons nous soigner&#034;, demandaient-elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;clarations d'un d&#233;nomm&#233; Dr Blanco ont notamment f&#226;ch&#233; Berta : &#034;Il est sorti me dire que les femmes qui utilisent un DIU ne veulent plus procr&#233;er, que nous sommes froides et calculatrices&#034;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat de cette lutte a &#233;t&#233;, outre le fait que Berta et 200 de ses camarades ont eu acc&#232;s &#224; la planification familiale avec DIU en 1997, que les m&#233;decins, des travailleurs ind&#233;pendants de plusieurs h&#244;pitaux comme celui de Mu&#241;iz, de Posadas et du Paroissien, ont adh&#233;r&#233; au mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;finitions politiques de Berta Villalba sont claires. &#034;Nous sommes des travailleurs au ch&#244;mage et nous voulons &#234;tre des travailleurs avec un emploi. Et pour cela nous luttons.&#034; &#034;Pendant que le ministre de l'Economie [Lavagna, ancien ambassadeur de l'Argentine aupr&#232;s de l'Union europ&#233;enne] dort dans un lit et peut prendre une douche chaude, nous devons &#233;tirer nos 150 pesos pour faire des miracles. Qui pourrait, mieux que nous, occuper ce poste au Minist&#232;re de l'&#233;conomie&#034;, demande-t-elle, sans attendre de r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si le Futradeyo a &#233;t&#233; actif dans plusieurs localit&#233;s de l'ouest et du sud de Buenos Aires depuis plus de cinq ans, l'association s'est surtout fait conna&#238;tre dans les m&#233;dias lorsque ses membres ont &#233;t&#233; accus&#233;s de s&#233;questrer le ministre du Travail, Carlo Tomada, le 22 octobre 2003 &#224; l'aube. Le lendemain matin, c'est Berta qui est sortie r&#233;pondre aux journalistes des radios. &#034;Ils me demandaient si je regrettais d'avoir s&#233;questr&#233; le ministre, et je leur r&#233;pondais que je regrettais plut&#244;t la mis&#232;re dans laquelle je vivais, et que si lui (le ministre) s'est consid&#233;r&#233; comme &#233;tant s&#233;questr&#233;, &#224; aucun moment nous n'avons demand&#233; - ni touch&#233; - une ran&#231;on. Nous avons &#233;t&#233; pouss&#233;s par la n&#233;cessit&#233;, et ils ont jou&#233; avec nous.&#034; Ce matin-l&#224;, le journaliste insistait sur cette histoire de s&#233;questration jusqu'&#224; ce que Berta en ait assez et reprenne le contr&#244;le de l'&#233;change. &#034;Est-ce que tu pourrais vivre avec 150 pesos ? lui a-t-elle demand&#233;. &#034;Non&#034; r&#233;pondit-il. Fin du reportage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/page/page/news/newsArg37.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Al'Ancontre&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En Argentine, les piquets repr&#233;sentent les instruments d'organisation d'un secteur, relativement restreint par rapport au total des sans-emploi, des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses et de travailleurs et travailleuses pr&#233;caires. Le mouvement des piqueteros est tr&#232;s actif et subit la r&#233;pression. Toutefois, les divisions de ce mouvement de piqueteros sont importantes. Elles sont dues &#224; des divergences d'orientation politique, mais aussi aux manoeuvres client&#233;laires des politiciens divers qui permettent d'assurer aux responsables de secteurs de ch&#244;meurs des allocations minimales leur permettant d'entretenir une emprise sur le ch&#244;meur-client, sur le &#171; mis&#233;rable-&#224;-acheter &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notas :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Derri&#232;re les blocages de routes en Argentine il y a des travailleurs sans emploi </title>
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		<dc:date>2003-11-12T00:00:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Horizontaux et autogestionnaires, les MTDs (Mouvements de Travailleurs sans emploi) de la Coordination Anibal Veron, en plus de lutter pour leurs droits, d&#233;veloppent des projets de production et du travail qui rompent avec la logique capitaliste et d&#233;veloppent, lentement, de nouvelles relations humaines. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s les r&#233;pressions, les pers&#233;cutions et les morts, apr&#232;s l'usure du temps, le projet continue. Port&#233; par la conviction de g&#233;n&#233;rer de nouvelles formes de relations humaines et de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Piqueteros" rel="directory"&gt;Piqueteros&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Horizontaux et autogestionnaires, les MTDs (Mouvements de Travailleurs sans emploi) de la Coordination Anibal Veron, en plus de lutter pour leurs droits, d&#233;veloppent des projets de production et du travail qui rompent avec la logique capitaliste et d&#233;veloppent, lentement, de nouvelles relations humaines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6919 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L140xH350/doc-93-0165d7a9-ef6b4.gif?1711477088' width='140' height='350' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les r&#233;pressions, les pers&#233;cutions et les morts, apr&#232;s l'usure du temps, le projet continue. Port&#233; par la conviction de g&#233;n&#233;rer de nouvelles formes de relations humaines et de production non bas&#233;es dans le travail pour un patron, mais dans la t&#226;che autogestionnaire entre compagnons&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Companeros : j'ai choisi de traduire ce terme par &#171; compagnons &#187;, j'aurai (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien de cela dont il s'agit dans les projets productifs port&#233;s par les mouvements des travailleurs sans emploi regroup&#233;s dans la coordination Anibal Veron. Ils remettent en cause dans les faits la s&#233;paration entre travail qualifi&#233; et travail non qualifi&#233; : la r&#233;partition des ressources est &#233;galitaire quelles que soient les fonctions des individu-e-s. Ce sont des groupes de femmes et d'hommes qui dirent basta &#224; la logique du capitaliste qui accumule ses richesses sur l'exploitation de milliers ; elles/ils commenc&#232;rent &#224; inverser un processus s&#233;culaire. Lentement, elles/ils se r&#233;appropri&#232;rent l'usage et la propri&#233;t&#233; des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au commencement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au milieu de rires, de mates (infusion d'herbe typique d'Argentine et d'Uruguay) et d'&#233;changes d'opinions, ces personnes issues de la diaspora g&#233;n&#233;r&#233;e par l'expulsion massive de travailleurs de l'&#233;conomie formelle, commenc&#232;rent &#224; emprunter un chemin absolument diff&#233;rent de celui qu'elles connaissaient jusqu'alors. Dans la briqueterie du MTD de Lanus, quartier de La Fe (banlieue de Buenos Aires), six hommes tentent de sortir de l'ali&#233;nation que g&#233;n&#232;re le fait d'&#234;tre un simple producteur de biens : Pepe, maintenant, ne travaille plus dans une fabrique de fertilisants, El Pelado ne vendra plus de soda ni ne collectera d'ordures pour une entreprise, Juan ne sera plus employ&#233; d'une poste priv&#233;e. &#171; Je ne sais pas si je retournerai travailler pour un patron -dit Pepe- avant je travaillais bien mais je vivais dans la mis&#232;re. Je crois que c'est cela le vrai travail, ici, nous nous accomplissons pleinement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment soutenir les projets dans la dur&#233;e ? Comment les faire grandir ? &#171; Nous ne savons pas encore quel niveau de production nous pouvons atteindre, mais l'id&#233;e est de commercialiser une partie &#224; l'ext&#233;rieur pour parvenir &#224; vendre meilleur march&#233; dans le quartier et que tous les habitant puissent am&#233;liorer leurs maisons &#187; r&#233;pond El Pelado. D'apr&#232;s Juan, il est probable que rapidement les quatre heures quotidiennes qu'ils accomplissent actuellement ne seront plus suffisantes, parce que parfois ils doivent venir la nuit contr&#244;ler l'humidit&#233; des briques. Pepe, quant &#224; lui, mise beaucoup d'espoir sur un cours sur l'organisation qu'ils vont commencer : &#171; c'est pour bien ma&#238;triser le th&#232;mes des nombres et leur d&#233;montrer que nous sommes capables de vivre sans les 15O pesos des plans&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Planes trabajar o jefes y jefas : &#171; contrats &#187; de 2O heures par semaine (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'investir dans une t&#226;che dont on ne conna&#238;t rien et sans patron est loin d'&#234;tre &#233;vident. Pratiquement tous les membres du projet ont un an de travail en commun. &#171; J'ai commenc&#233; &#224; partir de l'assassinat de Dario Santillan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dar&#237;o Santill&#225;n et de Maximiliano Kosteki sont deux piqueteros assassin&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'&#233;tais d&#233;j&#224; dans le mouvement mais cela m'a fait venir ici - raconte Pepe. Je suis parti de rien. Au d&#233;but c'&#233;tait assez dur. Les briques n'avaient pas la r&#233;sistance suffisante, nous avons demand&#233; de l'aide &#224; l'Assembl&#233;e de Rocanegra (endroit o&#249; se r&#233;unissent les MTDs de la coordination Anibal Veron). Elle nous a mis en contact avec un ing&#233;nieur qui nous a conseill&#233; sur les mat&#233;riaux. Nous avons alors commenc&#233; &#224; utiliser du sable de carri&#232;re et maintenant nous parvenons &#224; la qualit&#233; que nous voulions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ici et maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au MTD de Esteban Echevarria, form&#233; par les quartiers Montana, El Jag&#252;el, Guillon, Las Colinas et Malvinas (banlieue de Buenos Aires) se d&#233;veloppent diff&#233;rents projets tels que l'aide scolaire, la cantine populaire, des ateliers de tissage, de couture, de confection de v&#234;tements, une biblioth&#232;que, des potagers communautaires, des boulangeries mais aussi des ateliers contre les violences familiales. &#171; Les projets productifs se d&#233;cident lors les assembl&#233;es hebdomadaires du quartier. Quelques habitants font des propositions et si nous voyons tous ensemble que ces projets peuvent fonctionner, on voit qui veut y participer et &#224; partir de l&#224; on commence &#224; les penser &#187; expliquent Gloria (de Malvinas), Monica (d'El Jag&#252;el) et paola (de Montana).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La boulangerie de Malvinas est n&#233;e des besoins des membres du MTD, elle produit du pain bon march&#233; pour le quartier et pour les compagnons -raconte Gloria-. Ce qu'on en tire sert &#224; fournir la cantine populaire ; s'il reste quelque chose on arrange la maison dans laquelle nous nous trouvons, on le donne &#224; un compagnon qui est dans le besoin ou nous l'utilisons pour acheter quelques m&#233;dicaments &#187;. Avant d'int&#233;grer El Jag&#252;el, Monica travaillait dans un restaurant communautaire. Maintenant elle cherche &#224; &#233;tendre le mouvement : &#171; Nous voulons int&#233;grer plus de gens, nous voulons un changement social, ce qui se passe, c'est que beaucoup ne nous font pas confiance, pensant que nous sommes des punteros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Punteros : hommes de main du Parti Justicialiste (p&#233;roniste). Ce parti a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut &#234;tre pr&#233;sent et voir qu'il n'y a pas de patron, qu'il n'y a pas de d&#233;l&#233;gu&#233;, ici nous travaillons tous ensemble &#187;. Paola, qui est arriv&#233;e &#224; Montana il y a un an, dit que &#171; cela a un co&#251;t de changer, de comprendre et de croire que nous sommes tous &#233;gaux et que nous avons une responsabilit&#233; : que personne ne doit diriger, que nous devons nous engager et nous prendre en charge. Par chance, depuis peu, les gens s'approchent demander qu'est ce que c'est que &#231;a les MTDs et voir si ils peuvent s'int&#233;grer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A El Jag&#252;el fonctionne une cantine populaire qui du lundi au vendredi sert un petit d&#233;jeuner, un d&#233;jeuner et un d&#238;ner &#224; 28 enfants, se fournissant avec des aliments que donnent des commer&#231;ants, des sacs de nourriture qu'ils exigent au gouvernement, des produits de leurs boulangeries et des l&#233;gumes de leurs potagers. &#171; Nous nous occupons de la cantine, nous les femmes, mais quand il faut couper le pont&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit du Pont Pueyrredon qui s&#233;pare la banlieue de la capitale et que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les papas maintenant savent qu'ils doivent s'en occuper. Les enfants ne peuvent rester sans manger &#187;. Gloria ajoute : &#171; Ceci est un des effets de changement du mouvement : une lutte pour leurs enfants et ils voient ce dont il s'agit ; parce que si nous nous rassemblons, nous qui sommes mal, et luttons, nous pouvons changer les choses. Cela t'aide &#224; continuer &#187;. Dans les projets productifs de la Veron on laisse de c&#244;t&#233; l'individualisme, on renforce l'horizontalit&#233;, l'autogestion ; malgr&#233; les obstacles on coop&#232;re solidairement, avec des compagnons qui discutent et portent le processus productif sans le besoin d'un patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apprendre en marchant &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre le quotidien, mais penser le moyen et long terme. Cr&#233;er une conscience de libert&#233;, un travail en commun, un partage &#233;galitaire et de la solidarit&#233;, construire de nouvelles relations sociales qui puissent porter les projets dans le temps. Cela s'observe entre autres dans le potager et la ferme de Rocanegra dont s'occupent des membres des MTDs de Lanus et Solano. &#171; Ce qui se produit dans cette ferme doit &#234;tre sain, c'est la nourriture de nos enfants et celle des enfants des compagnons, de la m&#234;me mani&#232;re qu'on ne peut pas donner n'importe quoi aux poules et aux lapins. Il faut produire de mani&#232;re saine, nous devons &#233;lever des lombrics, produire du fourrage, utiliser des graines saines &#187; propose dans l'assembl&#233;e un militant de Solano. Fruit de ce projet, les 11 cantines communautaires des MTDs de ces deux quartiers sont approvisionn&#233;es en l&#233;gumes, &#339;ufs et bient&#244;t en lapins dont la viande sera servie deux fois par semaine dans chaque cantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; se trouve ce qui d&#233;range le pouvoir : la capacit&#233; d'exp&#233;rimentation de travailleurs qui avaient &#233;t&#233; rejet&#233;s par le capital, la possibilit&#233; de vivre leurs vies sans repr&#233;sentants qui leur disent quoi, comment, combien et quand produire. Et ainsi l'explique Pablo du MTD de Lanus : &#171; La participation nous impose une rupture avec l'individualisme que promeut le sens commun et que conseillent les punteros politiques. Nous voulons d&#233;montrer que nous sommes capables de produire sans que personne ne nous dise comment. Ceci pose probl&#232;me aux patrons. L'exemple que donnent les travailleuses de Brukman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrique textile de Buenos Aires r&#233;cup&#233;r&#233;e par ses ouvri&#232;res le 18 d&#233;cembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou des projets comme ceux que nous mettons en avant ici, les pr&#233;occupent parce que si les compagnons se rendent compte qu'ils peuvent continuer seuls, ils vont commencer &#224; remettre en question la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &#224; d'autres niveaux &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Article tir&#233; de Proyectos 19/20, n&#176; 4, mai-juin 2003 (traduction de F.G., assist&#233; de C. L., santelmo@no-log.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Rapport sp&#233;cial / Les exp&#233;riences d'autogestion des MTD (Mouvements de Travailleurs sans emploi) Anibal Veron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://risal.collectifs.net/article.php3?id_article=733&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Risal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, le 7 novembre 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Companeros : j'ai choisi de traduire ce terme par &#171; compagnons &#187;, j'aurai aussi pu le traduire par &#171; camarades &#187; (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Planes trabajar o jefes y jefas : &#171; contrats &#187; de 2O heures par semaine pay&#233;s 150 pesos (300 francs) par mois utilis&#233;s par les collectivit&#233;s publiques. Ils furent obtenus gr&#226;ce &#224; la lutte des piqueteros (ch&#244;meurs qui coupent les routes). Les mouvements de piqueteros ont &#233;galement obtenus la gestion directe d'une partie de ces plans, les b&#233;n&#233;ficiaires travaillent donc &#171; au service &#187; des mouvements, ce qui d'ailleurs posent quelques probl&#232;mes de &#171; client&#233;lisme &#187;, surtout dans les mouvements de ch&#244;meurs de certains partis d'extr&#234;me gauche (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dar&#237;o Santill&#225;n et de Maximiliano Kosteki sont deux piqueteros assassin&#233;s par les forces de l'ordre &#224; l'occasion d'une journ&#233;e de protestation le 26 juin 2002 sur le Pont Pueyrred&#243;n, &#224; Buenos Aires (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Punteros : hommes de main du Parti Justicialiste (p&#233;roniste). Ce parti a d&#233;velopp&#233; un client&#233;lisme important, les punteros sont charg&#233;s entre autres &#171; d'acheter &#187; des votes, ils sont le maillage d'un v&#233;ritable syst&#232;me de favoritisme politique que l'on pourrait qualifier de mafieux (&#224; l'image des syndicats d'Al Capone, le principal syndicat argentin, la CGT, est compl&#232;tement inf&#233;od&#233; au p&#233;ronisme) (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit du Pont Pueyrredon qui s&#233;pare la banlieue de la capitale et que les MTDs coupent r&#233;guli&#232;rement pour leurs exigences, ainsi que tous les 26 des mois pour &#171; jugement et ch&#226;timent &#187; des responsables des morts de Dario Santillan et Maxi Kosteki, deux de leurs membres assassin&#233;s le 26 juin 2002 sur ce m&#234;me pont lors d'un piquete (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fabrique textile de Buenos Aires r&#233;cup&#233;r&#233;e par ses ouvri&#232;res le 18 d&#233;cembre 2001. Elles remirent en marche la production de mani&#232;re autog&#233;r&#233;e, v&#233;curent deux tentatives d'expulsion mises en &#233;chec par la mobilisation populaire. En avril 2003, &#224; 1h du matin et en pleine vacances de P&#226;ques, une troisi&#232;me tentative fut la bonne, accompagn&#233;e dans les jours qui suivirent d'une brutale r&#233;pression de 10.000 personnes qui tent&#232;rent de r&#233;cup&#233;rer la fabrique. Apr&#232;s six mois de r&#233;sistance et de lutte d'un vaste mouvement de soutien, le 31 octobre 2003 (date post&#233;rieure &#224; l'&#233;criture de cet article), la mairie de Buenos Aires a vot&#233; l'expropriation de la fabrique et sa remise &#224; une coop&#233;rative form&#233;e par les ouvri&#232;res (N.d.T.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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