<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>El Correo</title>
	<link>https://www.elcorreo.eu.org/</link>
	
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.elcorreo.eu.org/spip.php?id_auteur=991&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />




<item xml:lang="fr">
		<title>La France &#171; En marche &#187; vers sa dissolution ?</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-France-En-marche-vers-sa-dissolution</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/La-France-En-marche-vers-sa-dissolution</guid>
		<dc:date>2017-04-28T13:51:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samir Saul *</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#201;lection pr&#233;sidentielle fran&#231;aise 2017&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au-del&#224; du spectacle, de l'anecdotique et des jeux de personnalit&#233; qui accaparent l'attention, une &#233;lection fournit des indices de l'ajustement de l'appareil politique au programme &#224; appliquer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sidentielle de 2017 a ceci de particulier qu'elle r&#233;alise ce but avec une rare limpidit&#233;. La franchise, voire l'ing&#233;nuit&#233; et la candeur qui y ont pr&#233;sid&#233; sont inhabituelles pour ce genre d'exercice o&#249; illusionnisme et esbroufe ont libre cours. La fabrication du personnage Macron et son &#233;l&#233;vation &#224; la magistrature supr&#234;me proc&#232;dent comme une chor&#233;graphie mise en oeuvre &#224; visage d&#233;couvert. Encore plus singulier, ce qui tient de programme chez lui est &#224; peu pr&#232;s s&#251;rement ce qu'il fera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer l'apparition de ce deus ex machina, la voie royale trac&#233;e pour lui et la d&#233;sarmante transparence qui marque cette op&#233;ration de prestidigitation politique ? Deux raisons : un syst&#232;me politique essouffl&#233; mais toujours apte &#224; g&#233;n&#233;rer des exp&#233;dients, et le passage &#224; l'imposition acc&#233;l&#233;r&#233;e de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale &#224; un pays qui lui est r&#233;tif.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un syst&#232;me politique en panne&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; La fin des Trente Glorieuses d&#233;r&#232;gle le syst&#232;me fran&#231;ais. De fait, les 40 derni&#232;res ann&#233;es sont domin&#233;es par la crise &#233;conomique et son cort&#232;ge de stagnation, de d&#233;sindustrialisation et de ch&#244;mage. En qu&#234;te des ressorts de la croissance, le programme de Mitterrand de 1981 recourt au keyn&#233;sianisme qui avait si bien r&#233;ussi de 1945 &#224; 1975. Mais l'exp&#233;rience &#233;choue. Le gouvernement fait alors un virage &#224; 180 degr&#233;s en 1983 et engage la France dans la voie de la &#171; rigueur &#187;, du n&#233;olib&#233;ralisme, de l'int&#233;gration europ&#233;enne et de la mondialisation. Quel qu'en soit l'habillage et peu importe le parti, tel est le programme de tous les gouvernements depuis plus de trois d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage politique se recompose en cons&#233;quence. Comment parer au risque de d&#233;tourner des partis de gouvernement un &#233;lectorat auquel sont inflig&#233;es de douloureuses politiques &#233;conomiques ? En dressant devant lui une option qui ferait office de repoussoir. Pouvant commod&#233;ment &#234;tre diabolis&#233;, le &lt;i&gt;Front national&lt;/i&gt; joue ce r&#244;le &#224; merveille. Mitterrand le comprend si bien qu'il l'aide &#224; se mettre en orbite. Tandis que le PCF s'effondre, l'offre politique se r&#233;sume au choix entre l'un ou l'autre des partis de gouvernement pour faire barrage au FN. L'&#233;pouvantail &#224; moineaux est &#233;rig&#233; d'&#233;lection en &#233;lection pour rabattre l'&#233;lectorat &#233;chaud&#233;, mais apeur&#233;, tant&#244;t vers la droite, tant&#244;t vers la &#171; gauche &#187; officielles, et assurer ainsi que continue &#224; tourner la roue d'une fictive &#171; alternance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque nouveau pr&#233;sident entre &#224; l'&#201;lys&#233;e sous les meilleurs auspices, mais applique aussit&#244;t le programme n&#233;olib&#233;ral mondialiste. Le &#171; socialiste &#187; Hollande remporte la palme en mati&#232;re de c&#233;l&#233;rit&#233; dans le retournement de sa veste. Il repr&#233;sente la derni&#232;re tentative de donner le change &#224; l'&#233;lectorat. Ne reste plus en 2017 qu'&#224; jouer cartes sur table.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Macron : un pr&#233;sident sorti d'un chapeau&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Hollande, le faux-semblant de la &#171; gauche &#187; n'est plus op&#233;ratoire. Le Parti socialiste se saborde, Hollande lui-m&#234;me appelant &#224; voter Macron. Le risque que Fillon lui succ&#232;de par le truchement d'un &#171; Front r&#233;publicain &#187; pour barrer la route au FN est dissip&#233; par d'opportunes et suspectes r&#233;v&#233;lations f&#226;cheuses pour sa r&#233;putation. La voie est libre pour Macron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustre inconnu il y a peu de temps, jamais &#233;lu, il est propuls&#233; au firmament &#224; grand renfort de publicit&#233;. Devenu millionnaire chez Rothschild, c'est la coqueluche du patronat. Les ressources pour sa campagne ne lui manquent pas et son &#171; mouvement &#187; (&#171; En marche ! &#187;) &#233;merge avec une miraculeuse soudainet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; bout d'exp&#233;dients, le syst&#232;me politique cr&#233;e de toutes pi&#232;ces un candidat &#171; moderne &#187; qui se veut hors syst&#232;me. Discr&#233;dit&#233;s, les partis politiques sont remplac&#233;s par une communion directe entre le chef de l'&#201;tat et le &#171; peuple &#187;, ou plut&#244;t les milieux d'affaires. Biaiser n'&#233;tant plus possible, on passe &#224; la promotion sans ambages du n&#233;olib&#233;ralisme &#171; incontournable &#187; et de la mondialisation &#171; heureuse &#187;. Macron s'affiche tel qu'il est, ne s'entourant d'aucun &#233;cran de fum&#233;e. R&#233;cusant la droite et la gauche, il ne pr&#234;te all&#233;geance qu'au march&#233;. Les grands int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques gouverneront directement, sans l'interm&#233;diaire des partis politiques. Avec Macron, n&#233; &#224; l'&#232;re de l'absence de rep&#232;res, la gestion &#233;vacue le politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; marche &#187; de la France vers son int&#233;gration europ&#233;o-mondiale se fera &#224; bride abattue, alors que le pays est cliv&#233;. Aux centres des grandes villes et &#224; l'Ouest, d'o&#249; Macron a puis&#233; ses 24 %, s'opposent les banlieues et l'Est. La d&#233;r&#233;glementation proc&#233;dera &#224; grands pas. Plus que jamais s'intensifiera la dichotomie entre le mondialisme qui d&#233;lite &#201;tats et nations au profit d'instances de d&#233;cisions supranationales, et l'affirmation du cadre national comme lieu d'application de l'autod&#233;termination. Anc&#234;tre de l'&#201;tat-nation moderne, la France conna&#238;tra une intensification des pressions d&#233;sagr&#233;gatrices qu'elle subit d&#233;j&#224;. Quelle sera la r&#233;action ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samir Saul*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com)&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Samir Saul&lt;/strong&gt; - Professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al &#8211; CERIUM.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/497306/la-france-en-marche-vers-sa-dissolution&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, Montr&#233;al, le 27 avril 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Fin de guerre ou affrontement russo-usam&#233;ricain en Syrie ?</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Fin-de-guerre-ou-affrontement-russo-usamericain-en-Syrie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Fin-de-guerre-ou-affrontement-russo-usamericain-en-Syrie</guid>
		<dc:date>2015-09-23T09:18:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samir Saul *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une n&#233;gociation &#224; haut risque est pr&#233;vue entre Russes et Usam&#233;ricains &#224; l'ONU fin septembre. La guerre est une malicieuse : l'&#201;tat syrien a la mauvaise gr&#226;ce de ne pas s'effondrer, et les &#171; rebelles &#187; de se r&#233;v&#233;ler des djihadistes barbares et &#233;gorgeurs. &lt;br class='autobr' /&gt; L'adage qui veut qu'il soit facile de commencer une guerre mais difficile de la terminer se v&#233;rifie en Syrie. La chute de Bachar al-Assad &#233;tait une question de semaines, serinaient avec aplomb l'occupant du Quai d'Orsay et une brochette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Afrique-et-Monde-Arabo-Musulman" rel="directory"&gt;Afrique et Monde Arabo-Musulman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une n&#233;gociation &#224; haut risque est pr&#233;vue entre Russes et Usam&#233;ricains &#224; l'ONU fin septembre. La guerre est une malicieuse : l'&#201;tat syrien a la mauvaise gr&#226;ce de ne pas s'effondrer, et les &#171; &lt;i&gt;rebelles&lt;/i&gt; &#187; de se r&#233;v&#233;ler des djihadistes barbares et &#233;gorgeurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'adage qui veut qu'il soit facile de commencer une guerre mais difficile de la terminer se v&#233;rifie en Syrie. La chute de Bachar al-Assad &#233;tait une question de semaines, serinaient avec aplomb l'occupant du Quai d'Orsay et une brochette d'oracles de moindre pointure. La guerre, toutefois, est une malicieuse : l'&#201;tat syrien a la mauvaise gr&#226;ce de ne pas s'effondrer, et les &#171; &lt;i&gt;rebelles&lt;/i&gt; &#187; &#233;pris de libert&#233; le mauvais go&#251;t de se r&#233;v&#233;ler des djihadistes barbares et &#233;gorgeurs. Chemin faisant, le moulin &#224; r&#234;ves de la &#171; &lt;i&gt;communication&lt;/i&gt; &#187; se grippe, c&#233;dant la place au cauchemar : le monstre &#224; la Frankenstein est hors de contr&#244;le, en passe m&#234;me de faire un mauvais sort aux g&#233;niaux strat&#232;ges et autres apprentis sorciers qui l'ont couv&#233;. Naissent aussi le premier foyer du terrorisme mondial et le mod&#232;le pour la perp&#233;tration d'abominations sur tous les continents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif non d&#233;clar&#233; de cette guerre nouveau genre est de faire capoter l'alliance Iran-Syrie-Hezbollah en lui retirant sa pi&#232;ce ma&#238;tresse, le pilier syrien. Non seulement le but n'est pas atteint, mais les &#201;tats-Unis, chefs de file de la coalition antisyrienne, mettent en veilleuse leur politique anti-iranienne. L'accord du 14 juillet ouvre enfin des perspectives de r&#232;glement, mais le chemin est h&#233;riss&#233; d'obstacles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inqui&#233;tudes russes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but en 2011, les Russes le cherchent car il en va de leur s&#233;curit&#233;, imp&#233;rieuse r&#233;alit&#233;. La Russie est la cible ultime de l'incendie allum&#233; sur sa p&#233;riph&#233;rie. La Syrie constitue son point d'appui en M&#233;diterran&#233;e, et une rupture de l'alliance Iran-Syrie-Hezbollah serait autant d'avanc&#233;es de l'OTAN sur son flanc sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute enfin le facteur djihadiste qui vise la Russie au premier chef. Apr&#232;s la Syrie, elle est le prochain pays &#224; d&#233;stabiliser. Les djihadistes originaires de la Russie se font la main en Syrie et en Irak, et l'on dit que la langue de travail au quartier g&#233;n&#233;ral du &#171; califat &#187; est autant le russe que l'arabe. La Russie a tout int&#233;r&#234;t &#224; an&#233;antir les djihadistes au Moyen-Orient afin de ne pas les rencontrer chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une coalition pour quoi faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle n'est pas la politique des &#201;tats-Unis. La coalition am&#233;ricaine se limite &#224; endiguer le &#171; califat &#187;, l'emp&#234;chant de se r&#233;pandre en territoire interdit mais lui laissant la voie libre en Syrie. Les colonnes de camions et de pick-up de Daesh qui ont pris Palmyre le 21 mai ont circul&#233; &#224; d&#233;couvert en plein d&#233;sert sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;es par l'US Air Force. En clair, les &#201;tats-Unis comptent sur les djihadistes comme levier et atout en Syrie, plus tard en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Purement a&#233;rienne, la coalition am&#233;ricaine ressemble, au mieux &#224; une gesticulation, au pire &#224; un &#233;cran de fum&#233;e pour une future campagne de bombardement contre la Syrie. La guerre &#233;vit&#233;e en septembre 2013 serait d&#233;clench&#233;e sous un nouveau pr&#233;texte. Et ce n'est pas la d&#233;claration du 25 ao&#251;t du pr&#233;sident fran&#231;ais sur la priorit&#233; de la &#171; neutralisation &#187; de Bachar al-Assad qui dissipe les soup&#231;ons. Rongeant son frein depuis 2012, Hollande annonce l'envoi d'avions en Syrie en 2015, &#224; l'instar de ce qu'il a fait au Cameroun. Les deux disent vouloir cibler les djihadistes de leurs pays, plaisanterie qui renforce la suspicion sur le v&#233;ritable motif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Initiatives russes et ambigu&#239;t&#233;s US&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord irano-usam&#233;ricain sign&#233;, la Russie s'affaire &#224; constituer une coalition qui &#233;radiquerait les djihadistes par une op&#233;ration terrestre, seul moyen d'en finir. La priorit&#233; est &#224; la lutte contre le djihadisme, associ&#233;e &#224; une int&#233;gration au pouvoir de l'opposition politique, des &#233;lections et une conf&#233;rence de paix r&#233;gionale. Le 17 ao&#251;t, le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU approuve un plan de paix comprenant un processus politique menant &#224; une transition. Sollicit&#233;s par la Russie pour se joindre &#224; une coalition comprenant la Syrie et l'Iran, Turcs et Saoudiens se r&#233;cusent, soutenus par les Am&#233;ricains, les trois r&#233;clamant d'abord ou en m&#234;me temps le renversement du gouvernement syrien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le djihadisme aurait de beaux jours devant lui. &#192; qui d'autre la coalition occidentale ferait-elle appel ? La fantomatique arm&#233;e de &#171; &lt;i&gt;mod&#233;r&#233;s&lt;/i&gt; &#187; que les &#201;tats-Unis d&#233;pensent 500 millions &#224; former compte en tout et pour tout cinq combattants, chiffre qui tient de la com&#233;die. Du coup, le sc&#233;nario qui pointe est &#171; libyen &#187; : bombardements a&#233;riens occidentaux en lien avec les djihadistes au sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; aucun prix une telle issue n'est envisageable pour la Russie. La tentative de collaborer n'ayant pas port&#233; ses fruits, il lui reste l'intervention par elle-m&#234;me. Le renseignement am&#233;ricain exag&#232;re &#224; dessein le renforcement de la pr&#233;sence militaire de la Russie. Mais celle-ci n'est pas m&#233;contente de t&#233;moigner, en guise d'avertissement, &#234;tre dispos&#233;e &#224; joindre l'acte &#224; la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent ouvertes deux options : un accord Us-russe qui permettrait d'annihiler les djihadistes par des op&#233;rations terrestres et de mettre fin &#224; la guerre, ou un coup de main occidental contre la Syrie, entra&#238;nant une r&#233;action russe. Une n&#233;gociation serr&#233;e et &#224; haut risque est pr&#233;vue entre Russes et Usam&#233;ricains &#224; l'ONU fin septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samir Saul&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Samir Saul&lt;/strong&gt; Professeur d'histoire &#224; l'Universit&#233; de Montr&#233;al et chercheur au CERIUM&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/450717/syrie-fin-de-guerre-ou-affrontement-russo-americain&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Montr&#233;al, Quebec, le 23 septembre 2015&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De 1914 &#224; 2014 : De la guerre d&#233;tonante &#224; la guerre rampante</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/De-1914-a-2014-De-la-guerre-detonante-a-la-guerre-rampante</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/De-1914-a-2014-De-la-guerre-detonante-a-la-guerre-rampante</guid>
		<dc:date>2014-07-11T09:41:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samir Saul *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pol&#233;mos n'a pas disparu, mais a beaucoup chang&#233; en un si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;t&#233; 1914, c'est le d&#233;but de la guerre qui devait mettre fin &#224; toutes les guerres. Elles ont continu&#233; de plus belle. S&#233;par&#233;es par un si&#232;cle, deux images symbolisent le contraste avec notre &#233;poque : &#233;t&#233; 1914, le &#171; poilu &#187; usant ses semelles sur les plaines du nord-est de la France ; &#233;t&#233; 2014, presque jour pour jour, le barbu cagoul&#233; caracolant en pick-up dans le d&#233;sert de l'Irak. Les deux sont des guerriers, mais &#244; combien (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Empire-et-Resistance" rel="directory"&gt;Empire et R&#233;sistance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pol&#233;mos n'a pas disparu, mais a beaucoup chang&#233; en un si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;t&#233; 1914, c'est le d&#233;but de la guerre qui devait mettre fin &#224; toutes les guerres. Elles ont continu&#233; de plus belle. S&#233;par&#233;es par un si&#232;cle, deux images symbolisent le contraste avec notre &#233;poque : &#233;t&#233; 1914, le &#171; poilu &#187; usant ses semelles sur les plaines du nord-est de la France ; &#233;t&#233; 2014, presque jour pour jour, le barbu cagoul&#233; caracolant en pick-up dans le d&#233;sert de l'Irak. Les deux sont des guerriers, mais &#244; combien diff&#233;rents. Qu'est-ce qui a chang&#233; ? Le centenaire de la Grande Guerre incite &#224; jeter un regard sur le pr&#233;sent &#224; la lumi&#232;re du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre de 1914-1918 est un carnage effroyable. La r&#233;volution industrielle et la production de masse s'imposent pleinement sur les champs de bataille : chemins de fer, mitrailleuses, canons &#224; tir rapide, obus &#233;normes, tirs de barrage, etc. La cadence de la production sur les cha&#238;nes de montage d&#233;termine le vainqueur. Sous le drapeau allemand, la soci&#233;t&#233; m&#233;tallurgique Krupp ; sous le tricolore, Schneider ; sous l'Union Jack, Armstrong. La qualit&#233; de leurs produits se v&#233;rifie au nombre de cadavres. C'est par centaines de milliers que l'on compte les tu&#233;s, bless&#233;s et invalides des batailles de Verdun et de la Somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#234;veries strat&#233;giques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment &#233;viter de telles h&#233;catombes (nul n'avait la candeur de croire qu'il n'y aurait plus de guerres) ? Meurtrie, la France privil&#233;gie la d&#233;fense et &#233;rige la ligne Maginot. L'Allemagne mise sur le char d'assaut et l'avion pour optimiser l'offensive et conclure plus vite. L'utilisation militaire de l'avion fait penser au strat&#232;ge italien Giulio Douhet que la guerre a&#233;rienne remplacerait la guerre terrestre, permettant des victoires rapides et moins co&#251;teuses que les abattoirs pour infanterie. Le strat&#232;ge Clausewitz serait p&#233;rim&#233;. En r&#233;alit&#233;, la guerre a&#233;rienne-industrielle s'ajoute &#224; la guerre terrestre-industrielle. De la Seconde Guerre mondiale &#224; la guerre am&#233;ricaine du Vietnam, les bombardiers tapissent d'explosifs tout ce qu'ils survolent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chim&#232;re de Douhet revient p&#233;riodiquement. Durant les ann&#233;es 1990, les chantres de la &#171; R&#233;volution dans les affaires militaires &#187; vantent la guerre a&#233;rienne intelligente, propre et sans morts. &#201;lectronique, furtive, presque ludique, elle est cens&#233;e procurer des succ&#232;s instantan&#233;s, d&#233;cisifs et &#233;blouissants. Rien ne pourrait stopper la chor&#233;graphie technologique. Or, les fiascos des occupations am&#233;ricaines de l'Afghanistan et de l'Irak, et les &#233;checs d'Isra&#235;l au Liban, y mettent bon ordre, ramenant sur terre les r&#234;veurs de haut vol. Il est vrai qu'une b&#234;tise ne se dissipe pas d'un coup : en t&#233;moigne la nouvelle tentative isra&#233;lienne de ces derniers jours de mater les Palestiniens avec des chasseurs-bombardiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changer de mod&#232;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc improviser, car naturellement, la guerre continue. Les guerres classiques ou conventionnelles sont men&#233;es par des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res repr&#233;sentant officiellement des pays qui se d&#233;clarent la guerre. Ce mod&#232;le n'est plus en vogue, victime de ses insucc&#232;s et de la r&#233;pulsion qu'il provoque. Il est remplac&#233; par une n&#233;buleuse, ph&#233;nom&#232;ne malais&#233; &#224; d&#233;crire, tellement il est fait de bric et de broc. Impossible d'utiliser des troupes r&#233;guli&#232;res, ne serait-ce qu'&#224; cause des r&#233;percussions politiques des rapatriements de cercueils ? Alors la guerre est sous-trait&#233;e &#224; des soci&#233;t&#233;s militaires priv&#233;es, retour aux condottieres de l'&#232;re pr&#233;contemporaine. Les soldats r&#233;guliers portant uniforme et &#233;voluant collectivement sur un p&#233;rim&#232;tre de combat font place &#224; des forces sp&#233;ciales clandestines se livrant partout et en petits groupes &#224; des faits de guerre. Puis les masses d'exclus des crises &#233;conomiques et les cohortes de d&#233;sorient&#233;s par les mutations sociales constituent un bassin pour recruter des milices de tout acabit, des djihadistes exalt&#233;s aux x&#233;nophobes n&#233;onazis. Quelle bonne id&#233;e de charger ces suppl&#233;tifs de se battre par procuration, en lieu et place des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerroyer aujourd'hui&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, la guerre a un nouveau gabarit. L'externe et l'interne s'enchev&#234;trent. Autrefois, les &#201;tats se d&#233;claraient la guerre et leurs arm&#233;es s'affrontaient officiellement et ouvertement. Aujourd'hui, la guerre est permanente et des combattants de l'ombre baroudent secr&#232;tement &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te. Jusqu'&#224; r&#233;cemment, on avait des conflits arm&#233;s mettant aux prises des &#201;tats, avec pour objectif d'imposer sa volont&#233; au pays vaincu. Aujourd'hui, l'infiltration rempla&#231;ant l'invasion, on a des entreprises de d&#233;stabilisation visant &#224; miner des &#201;tats et &#224; renverser des r&#233;gimes. La confusion des genres permet m&#234;me de faire porter &#224; la guerre le masque de la r&#233;volution et d'affubler les irr&#233;guliers arm&#233;s du titre ronflant de r&#233;volutionnaires. La cinqui&#232;me colonne est en fait le gros de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les occupations du Liban, de l'Afghanistan et de l'Irak ayant d&#233;montr&#233; l'impossibilit&#233; de dominer des pays comme jadis, l'objectif des guerres devient moins le contr&#244;le que l'affaiblissement par le d&#233;sordre. Plusieurs guerres actuelles sont des op&#233;rations de promotion du chaos, bas&#233;es sur l'espoir qu'il restera circonscrit et n'atteindra pas les commanditaires du chaos. Propagande et manipulation ont toujours accompagn&#233; la guerre. Aujourd'hui, d&#233;sinformation, intox et PSYOP [pour &#171; psychological operations &#187;] sont de v&#233;ritables armes de distraction massive. &#192; la fabrication d'images s'ajoute d&#233;sormais la fabrication des &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politique par essence, la guerre l'est aujourd'hui plus que jamais. Cependant, la distinction entre dimension militaire et dimension politique, entre externe et interne, permettait une lisibilit&#233; qui s'estompe aujourd'hui au profit d'une grande opacit&#233;. Qui fait quoi, aux ordres de qui, commandit&#233; par quelle entit&#233; de fa&#231;ade, financ&#233; par quelle tierce partie, arm&#233; par quel auxiliaire ? La guerre classique &#233;clatait, la guerre contemporaine s'insinue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samir Saul&lt;/strong&gt; pour &lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/413138/de-1914-a-2014-de-la-guerre-detonante-a-la-guerre-rampante&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; ]. Montr&#233;al, Qu&#233;bec, 11 juillet 2014.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Samir Saul&lt;/strong&gt; - Professeur d'histoire, Universit&#233; de Montr&#233;al - Centre d'Etudes et Rececherches de l'Universit&#233; de Montr&#233;al (CERIUM) &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syrie-Ukraine, la m&#233;thode Poutine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Syrie-Ukraine-la-methode-Poutine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Syrie-Ukraine-la-methode-Poutine</guid>
		<dc:date>2014-03-20T19:55:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samir Saul *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est une parade &#224; la technique d'expansion occidentale bien rod&#233;e. Le style est le m&#234;me : fermet&#233; sans agressivit&#233; ; d&#233;ploiement de moyens militaires afin de t&#233;moigner de sa r&#233;solution. &lt;br class='autobr' /&gt; La situation en Ukraine est un d&#233;fi (ou une provocation) majeur &#224; la s&#233;curit&#233; de la Russie, encore plus que la guerre en Syrie. Vladimir Poutine ne peut &#234;tre qu'inflexible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vladimir Poutine est d&#233;sormais intronis&#233; dans la g&#233;henne des m&#233;chants (&#171; bad guys &#187;) qui peuplent la d&#233;monologie usam&#233;ricaine. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Ingerences-abus-et-pillages" rel="directory"&gt;Ing&#233;rences, abus et pillages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une parade &#224; la technique d'expansion occidentale bien rod&#233;e. Le style est le m&#234;me : fermet&#233; sans agressivit&#233; ; d&#233;ploiement de moyens militaires afin de t&#233;moigner de sa r&#233;solution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La situation en Ukraine est un d&#233;fi (ou une provocation) majeur &#224; la s&#233;curit&#233; de la Russie, encore plus que la guerre en Syrie. Vladimir Poutine ne peut &#234;tre qu'inflexible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vladimir Poutine est d&#233;sormais intronis&#233; dans la g&#233;henne des m&#233;chants (&#171; &lt;i&gt;bad guys&lt;/i&gt; &#187;) qui peuplent la d&#233;monologie usam&#233;ricaine. Les n&#233;ocons ne savent pas trop qui de Poutine ou d'Obama les &#233;nerve davantage. Le pr&#233;sident russe rejoint les Saddam, Milosevic, Kadhafi, Ahmadinejad et Bachar. Il est assur&#233;ment le moins commode, comme l'est, par sa taille, l'&#201;tat qu'il dirige. Coupable de contrarier l'Occident en Syrie, il est vou&#233; aux g&#233;monies au sujet de l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectif Russie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du conflit syrien &#224; la crise ukrainienne, il y a une ligne droite, menant toujours &#224; la Russie. La guerre en Syrie vise aussi ses alli&#233;s, l'Iran et le Hezbollah. La neutralisation ou le d&#233;mant&#232;lement de ce trio feraient perdre &#224; la Russie un glacis n&#233;cessaire &#224; sa s&#233;curit&#233;. Que des djihadistes et al-Qa&#239;da s'emparent de la Syrie, et le pays devient un tremplin pour la d&#233;stabilisation de la r&#233;gion, y compris la Russie. Ce n'est donc pas un hasard que Moscou soutienne la Syrie. &#192; cela s'ajoute le souci d'une &#233;viction possible de Tartous, l'unique base navale russe en M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'Ukraine, l'installation &#224; la fronti&#232;re de la Russie d'un pouvoir hostile ne laisse rien &#224; l'imagination. Int&#233;gr&#233;e &#224; l'OTAN ou pas, une Ukraine antirusse g&#233;n&#233;rerait des incidents bilat&#233;raux et des crises internationales cons&#233;cutives &#224; des appels &#224; l'aide des alli&#233;s occidentaux. L'affrontement avec la Russie serait direct. Ce sc&#233;nario &#233;tait &#233;voqu&#233; sotto voce depuis longtemps. Les tenants des guerres classiques, frustr&#233;s par les insucc&#232;s de la guerre par procuration en Syrie, y trouveraient leur compte. Pourquoi faire un d&#233;tour par la Syrie ? Pourquoi s'&#233;chiner pour la base secondaire &#224; Tartous quand la plus importante est &#224; S&#233;bastopol ? La strat&#233;gie frontale remplacerait la strat&#233;gie p&#233;riph&#233;rique. Que le point de d&#233;part soit Damas ou Kiev, le point d'arriv&#233;e est Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Syrie et Ukraine : li&#233;es par la conjoncture et les m&#233;thodes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des facteurs strat&#233;giques, les &#233;v&#233;nements relient les situations syrienne et ukrainienne. Au lendemain de la conf&#233;rence de &lt;i&gt;Gen&#232;ve II&lt;/i&gt;, Washington laisse entendre que, la diplomatie ayant d&#233;&#231;u, on accentuerait le volet militaire. Aussit&#244;t filtrent des nouvelles sur des forces saoudiennes qui se lanceraient &#224; l'assaut de Damas en partant de la Jordanie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, la Russie est critiqu&#233;e pour son refus de pressurer Bachar al-Assad &#224; se retirer de la pr&#233;sidence. Elle serait, dit-on, la responsable de l'&#233;chec de &lt;i&gt;Gen&#232;ve II&lt;/i&gt;. Des attentats en Russie semblent pr&#233;sager le l&#226;chage de terroristes contre les Jeux de Sotchi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'offensive ne cible ni Damas ni Sotchi. Elle vise plus grand : l'Ukraine et, &#224; travers elle, la Russie elle-m&#234;me. Les &#233;v&#233;nements &#224; Ma&#239;dan, en cours depuis novembre, acc&#233;l&#232;rent soudain en f&#233;vrier et prennent un tour violent avec le d&#233;ploiement de bataillons en tenue de combat et l'usage d'armes &#224; feu. Tout &#224; coup, les extr&#233;mistes donnent le ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tournure de &#233;v&#233;nements met en lumi&#232;re les ressemblances dans le d&#233;roulement des conflits en Syrie et en Ukraine. Un mod&#232;le d'escalade se v&#233;rifie. Dans les deux cas, des protestataires (et des gendarmes) sont abattus par de myst&#233;rieux &lt;i&gt;snipers&lt;/i&gt;, on passe &#224; l'appel au changement de r&#233;gime (la &#171; r&#233;volution &#187;) et apparaissent les combattants arm&#233;s, aid&#233;s par des pays voisins. En Syrie, on voit le Qatar, la Turquie, l'Arabie saoudite, et d'autres, se charger de financer et d'&#233;quiper les milices djihadistes. En Ukraine, ce sont la Pologne et la Lituanie qui entra&#238;nent les n&#233;onazis antirusses qui forment les troupes de choc de Ma&#239;dan. Les m&#233;thodes de &#171; &lt;i&gt;regime change&lt;/i&gt; &#187; [en anglais] &#233;labor&#233;es pour la Syrie sont import&#233;es en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poutine et le barrage russe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vogue depuis la fin de l'URSS, les &#171; &lt;i&gt;regime change&lt;/i&gt; &#187;, puis les &#171; r&#233;volutions de couleur &#187;, ont mis la Russie sur la d&#233;fensive. Ses anciens alli&#233;s ont bascul&#233; dans l'OTAN, et certains abritent des prisons secr&#232;tes de la CIA. La Yougoslavie a &#233;t&#233; d&#233;membr&#233;e et le Kosovo, arrach&#233; &#224; la Serbie, abrite une base militaire usam&#233;ricaine. L'OTAN s'&#233;tend jusqu'aux fronti&#232;res russes. La Russie compte stopper le rouleau compresseur, mena&#231;ant pour elle. Elle a d&#233;j&#224; connu dans son histoire des &#171; pouss&#233;es vers l'est &#187; de la part de ses &#171; partenaires &#187; occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode Poutine est une parade &#224; la technique d'expansion occidentale bien rod&#233;e. Elle appara&#238;t en Syrie et se consolide en Ukraine. Le style est le m&#234;me : fermet&#233; sans agressivit&#233; ; d&#233;ploiement de moyens militaires afin de t&#233;moigner de sa r&#233;solution ; primaut&#233; de l'action sur le discours, lui-m&#234;me mesur&#233; et succinct. En septembre 2013, la marine russe est en position, en cas de guerre, mais Poutine trouve une porte de sortie &#224; Obama. En 2014, la situation en Ukraine est un d&#233;fi (ou une provocation) majeur &#224; la s&#233;curit&#233; de la Russie, encore plus que la guerre en Syrie. Poutine ne peut &#234;tre qu'inflexible. La r&#233;ponse en Crim&#233;e est limit&#233;e, mais la froide d&#233;termination ne se d&#233;ment pas. La politique d'expansion vers l'est se heurte maintenant &#224; un pays capable de se d&#233;fendre, dispos&#233; &#224; le faire et muni d'une m&#233;thode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samir Saul *&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/403079/syrie-ukraine-la-methode-poutine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Devoir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Montr&#233;al, Canada, le 20 mars 2014.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Samir Saul &lt;/strong&gt; - Professeur d'histoire, Universit&#233; de Montr&#233;al &#8212; CERIUM&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
