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	<title>El Correo</title>
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		<title>&#202;tre ou ne pas &#234;tre &#171; Raisonnables &#187;</title>
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		<dc:creator>No&#233; Jitrik*</dc:creator>



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&lt;p&gt;Cet article et la r&#233;flexion qu'il introduit d&#233;passent largement le seul contexte argentin. Cette notion de &#171; raisonnable &#187; qu'on essaie d'installer sournoisement dans les esprits gagne nombre de pays europ&#233;ens &#224; commencer par la France. La &#171; raison &#187; peut alors aussi servir au pire. &lt;br class='autobr' /&gt; Sous la direction mythique de Jacobo Timmerman, le quotidien [argentin] Opinion se trouvait dans la rue Reconquista, &#224; quelque pas de [la rue] Tucum&#225;n, on devait &#234;tre plus ou moins vers la moiti&#233; de 1972. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article et la r&#233;flexion qu'il introduit d&#233;passent largement le seul contexte argentin. Cette notion de &#171; &lt;i&gt;raisonnable&lt;/i&gt; &#187; qu'on essaie d'installer sournoisement dans les esprits gagne nombre de pays europ&#233;ens &#224; commencer par la France. La &#171; &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; &#187; peut alors aussi servir au pire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sous la direction mythique de Jacobo Timmerman, le quotidien [argentin] &lt;i&gt;Opinion&lt;/i&gt; se trouvait dans la rue &lt;i&gt;Reconquista&lt;/i&gt;, &#224; quelque pas de [la rue] &lt;i&gt;Tucum&#225;n&lt;/i&gt;, on devait &#234;tre plus ou moins vers la moiti&#233; de 1972. L'un des employ&#233;s, je m'en souviens comme un gar&#231;on un peu extravagant du nom de Barraza, que j'avais connu quand nous travaillions pour qu'Arturo Frondizi soit pr&#233;sident, venait par la rue Tucum&#225;n depuis &lt;i&gt;el bajo&lt;/i&gt; quand il a &#233;t&#233; interpel&#233;, en plein jour, par un homme arm&#233; d'un pistolet qui ne visait pas en l'air, il lui a dit, comme s'il s'agissait d'une sayn&#232;te de Buenos Aires, &#171; &lt;i&gt;donne-moi le pognon&lt;/i&gt; &#187;. L'unique r&#233;ponse qui lui soit venue &#224; l'esprit n'&#233;tait pas la classique &#171; &lt;i&gt;je n'ai rien sur moi&lt;/i&gt; &#187; mais &#171; mon Fr&#232;re, toi et moi nous sommes victimes de l'injustice sociale, je te comprends, mais je ne peux pas t'aider &#187;. Le d&#233;linquant lui a r&#233;pondu tout de suite, &#171; &lt;i&gt;peu importe, donne-moi le pognon&lt;/i&gt; &#187;. &#171; Il faut que tu sois raisonnable, ce n'est pas &#224; des gens comme moi que tu dois tirer du pognon mais aux autres. Aussi comme je te comprends, tu dois admettre que ce que je te dis est raisonnable &#187;. &#171; &lt;i&gt;Je suis&lt;/i&gt; d'accord &#187; a r&#233;pondu l'autre &#171; &lt;i&gt;et j'aimerais bien en discuter avec toi, mais en attendant passe-moi la tune&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode fut tr&#232;s comment&#233; au journal, mais Barraza a perdu le peu qu'il avait en poche et l'interpr&#233;tation sarcastique que les auditeurs en ont fait n'a pas pu que soulever un sujet de fond, vieux comme l'esp&#232;ce : le raisonnement, le raisonnable, peut &#234;tre respect&#233; mais les actes ont des motivations qui passent au dessus de tout et sans piti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, et avant d'entrer dans ces profondeurs troubles, il faut bien dire, de mani&#232;re plus simple, que quand quelqu'un te vise avec une arme, il est pour le moins difficile qu'il soit raisonnable. En g&#233;n&#233;ral, il est excit&#233; et press&#233; d'en terminer ou, en tout cas, peut arriver &#224; l'&#234;tre, si celui qui est vis&#233; est efficace dans son explication, chose rare, mais cela n'emp&#234;che pas qu'il arrive &#224; ses fins m&#234;me s'il accepte que cela ne soit pas raisonnable. La situation du raisonnable Barraza, et c'est pourquoi je l'&#233;voque, est tr&#232;s caract&#233;ristique d'une mentalit&#233; qui s'est beaucoup r&#233;pandue dans les ann&#233;es 70, quand il &#233;tait courant d'expliquer la relation entre d&#233;linquance et exploitation par les m&#234;mes raisons. On n'a jamais su si les uns et les autres, les d&#233;linquants et les exploit&#233;s, s'en arrangeaient ou s'ils croyaient, plut&#244;t, &#224; un certain fatalisme de l'histoire, ce m&#233;canisme pervers que Michel Foucault a expliqu&#233; avec beaucoup de clart&#233; dans &#171; &lt;i&gt;Surveiller et punir &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Surveiller et punir &#187; de Michel Foucault (1975) (Nota de El Correo)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pire est la situation contraire, c'est &#224; dire quand celui qui a l'arme sugg&#232;re &#224; celui qui est menac&#233; qu'il soit raisonnable et qu'il obtemp&#232;re. Un exemple impressionnant et &#224; plus grande &#233;chelle : dans le splendide roman d'Arthur Koestler, &#171; Le z&#233;ro et l'infini &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arthur Koestler, &#171; Le Z&#233;ro et l'Infini &#187; - &#171; Darkness at Noon &#187; (1945)-. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un vieux bolchevique accus&#233; d'avoir trahi le syst&#232;me, ce qu'il n'a pas fait, doit &#233;couter un ancien camarade qui veut le convaincre d'&#234;tre raisonnable et d'accepter les accusations, qui l'enverront &#224; l'&#233;chafaud. Il r&#233;ussit, la r&#233;volution avant tout, avant m&#234;me la v&#233;rit&#233;, un dilemme qui n'&#233;tait pas et qui a donn&#233; lieu &#224; de nombreuses r&#233;flexions, celle de Merleau-Ponty, celles de Koestler lui m&#234;me, celles de Victor Serge et ainsi de suite : sur cette rationalit&#233; particuli&#232;re a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233; le stalinisme avec les cons&#233;quences connues, donc pas besoin d'abonder maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela veut dire que le raisonnable va et vient, mais dans les deux cas, et avec diff&#233;rents objectifs, il s'agit de ce que quelqu'un accepte quelque chose qui ne lui convient pas. L'usurier, par exemple, ou le banquier &#8211; c'est plus ou moins la m&#234;me chose &#8211; essaie que celui qui est &#233;trangl&#233; par les dettes soit raisonnable et rende sa maison, ses meubles, son auto, sa femme et, par la m&#234;me occasion, doit &#234;tre convaincu que c'est raisonnable et qu'il doit &#234;tre heureux et reconnaissant de ce qui lui arrive. Plus ou moins comme ce qui arrive &#224; un licenci&#233; sec : ils le jettent &#224; la rue et ils veulent le convaincre que c'est ce qu'il y a de mieux pour lui, que rester dans le m&#234;me boulot c'est ennuyeux et que cela freine ses possibilit&#233;s de d&#233;veloppement et qu' &#224; partir de l&#224;, il retrouvera avec son inventivit&#233;, une grande satisfaction, et il pourra acc&#233;der &#224; la r&#233;ussite qui, avant, lui &#233;tait &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison alors, sert au pire quand elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par l'&#234;tre humain pour le meilleur. Elle est utilis&#233;e, comme certains financiers utilisent les d&#233;couvertes faites par Carl Marx, quand il d&#233;crit certains aspects de la dynamique du capital. Cynisme conceptuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; vient ce sujet dans le contexte actuel ? Certes, on ne parle d&#233;j&#224; plus tellement des licenci&#233;s, ceux qui ont &#233;t&#233; vir&#233;s pour leur bien et qui ne devaient pas s'obstiner &#224; ne pas le comprendre ; ni de la prison de Milagro Sala &#8211;&#224; qui on fait une faveur d' accepter la prison pour qu'elle puisse penser &#224; la perversit&#233; de ce qu'elle a fait quand elle a fourni des maisons et construit des &#233;coles, des piscines et tant d'autres choses&#8211; ; ni de nous &#224; propos des [Panama] &lt;i&gt;Papers&lt;/i&gt; qui ne comprenons pas comment l'argent mis &lt;i&gt;off-shore&lt;/i&gt; par la famille Macri est la meilleure chose qui pouvait nous arriver ; ni les malades de l'&#233;tat qui ont &#233;t&#233; gu&#233;ris en enlevant les r&#233;tentions aux exportations ; ni de l'importation &#224; tout va, qui freinera, pour le bien d'eux m&#234;mes, ces industriels argentins sans-g&#234;ne qui ne sont pas raisonnables et ne comprennent pas le bien qu'on leur fait en mettant &#224; jour, raisonnablement, le prix de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, du gaz, des imp&#244;ts, du transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les raisonnables n'ont jamais parl&#233; de ces choses-l&#224;, mais maintenant les charlatans sont apparus avec un discours raisonnable gr&#226;ce auquel ils expliquent avec toute pr&#233;cision que ceux qui les &#233;coutent doivent aussi &#234;tre raisonnables, &#171; entendons. Avant, une dictature terrible emp&#234;chait de le faire, faisons-le maintenant &#187;, avec un fracas final de fifres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Flute br&#233;silienne qui produit une musique douce, rythm&#233;e qui invite &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal est, sans aucun doute, Macri lui m&#234;me ; avec ce sourire en place dans sa m&#226;choire et avec une intonation entre mielleuse et g&#233;latineuse, il emploie, comme s'il s'adressait aux enfants qui vont s'endormir, divers &#233;l&#233;ments pour persuader que tout va sur de roulettes : qu'il n'y a presque pas d'inflation, que les augmentations raisonnables pour les services publics &#233;l&#232;veront le niveau de vie, que nous sommes entrain d'atteindre le z&#233;ro pauvret&#233; promis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son ombre, et &#224; son exemple, des politiciens et syndicalistes, tous raisonnables, ont accept&#233; volontiers les dits arguments, ce qui se comprend, survivre est la loi premi&#232;re, mais le ph&#233;nom&#232;ne le plus excitant est le discours des journalistes, intellectuels et m&#234;me des philosophes, g&#233;n&#233;tiquement parlant, ceux que Macri a stimul&#233;s pour qu'ils l&#232;vent la t&#234;te pour expliquer aux obstin&#233;s qui s'ent&#234;tent &#224; ne pas &#234;tre raisonnables, parce que cela doit &#234;tre bon que nous allions mal, comme cela nous convient qu'ils nous prennent tout ; je suppose qu'ils soutiennent que si Gramsci, rien de moins, a tout pens&#233; en prison, alors pourquoi ne pourrions pas le faire nous m&#234;mes, que c'est mauvais d'&#234;tre seul, nous pouvons beaucoup attendre de Milagro alors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils parlent calmement, comme des docteurs qui ont beaucoup r&#233;fl&#233;chi &#224; la chose, ils soup&#232;sent, ne crient pas, ne d&#233;nigrent presque pas, p&#232;sent et mesurent, &#233;valuent et proposent. Le mot le plus adult&#233;r&#233; de ces derniers temps, &#171; loi &#187;, ne leur tombe pas de la bouche, qui ne s'accroche pas &#224; elle, au contraire c'est le chaos ; dans ce ton raisonnable, ne manque pas la pinc&#233;e de psychanalyse, surtout dans son aspect compr&#233;hensif &#171; &lt;i&gt;les choses sont comme elles sont et cela ne sert &#224; rien de les rejeter&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;pensez non seulement qu'il n'y a pas &#224; tortiller mais que, raisonnablement, il faut l'admettre, c'est pour votre bien&lt;/i&gt; &#187; ; la critique, ass&#232;nent-ils, est antagonique au bon sens et conduit &#224; l'orgueil et de l&#224;, &#224; l'erreur, la v&#233;rit&#233; est dans la sensibilit&#233;, un sentiment qui &#233;carte les plaintes, les demandes, les droits, il n'y a rien de mieux que sentir ; ils proposent, raisonnablement, d'&#171; am&#233;liorer &#187; ce qui serait d&#233;fectueux, ce qui est r&#233;el, &#171; le r&#233;el &#187;, comme le diraient les adeptes de Lacan dans une mauvaise traduction, est l&#224;, acceptez-le et corrigez-le mais sans le modifier, le raisonnable est comme il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son intention indubitable de nous convaincre de notre mani&#232;re tordue de consid&#233;rer ce qu'avec une prosopop&#233;e ambitieuse, ils nomment &#171; gestion &#187;, je sens quelque chose comme le doux chant des sir&#232;nes qui essaient de p&#233;n&#233;trer dans les oreilles des marins que nous sommes, tous dans la barque argentine qui voyage en tanguant vers une terre promise de juste distribution. Que faisons-nous ? Consid&#233;rons-nous que ce qu'ils disent est digne d'attention, raisonnable, et peut &#234;tre discut&#233;, ou bien bouchons-nous les oreilles ? Le l&#233;gendaire Ulysse a opt&#233; pour les bouchons, et il a pu arriver jusque chez lui. Il me semble que c'est la meilleure chose que nous pouvons faire, si un jour nous voulons arriver &#224; la terre promise de la juste distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;No&#233; Jitrik*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://www.pagina12.com.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pagina12.com.ar/22285-razonables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 25 f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Titre original : &lt;/strong&gt; &#171; Raisonnables &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*No&#233; Jitrik&lt;/strong&gt; (n&#233; le 23 janvier 1928, Rivera, la Province du Buenos Aires) est un critique litt&#233;raire argentin, ainsi que l'auteur de contes, de romans et d'essais critiques, litt&#233;raires et historiques.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Ser-o-no-ser-Razonables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Etre-ou-ne-pas-etre-Raisonnables&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 27 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Surveiller_et_punir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt; &#187; de Michel Foucault (1975) (Nota de El Correo)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_Koestler&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Arthur Koestler&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, &#171; &lt;i&gt;Le Z&#233;ro et l'Infini&lt;/i&gt; &#187; - &#171; &lt;i&gt;Darkness at Noon&lt;/i&gt; &#187; (1945)-. Calmann-L&#233;vy, 2005 (Nota de El Correo)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Flute br&#233;silienne qui produit une musique douce, rythm&#233;e qui invite &#224; la gait&#233;. &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wr2E7g3C3IA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ecouter &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le ca&#239;man &#187;. De la l&#226;chet&#233; &#224; la trahison, en Argentine, en France et dans le monde.</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Le-caiman-De-la-lachete-a-la-trahison-en-Argentine-en-France-et-dans-le-monde</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Le-caiman-De-la-lachete-a-la-trahison-en-Argentine-en-France-et-dans-le-monde</guid>
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		<dc:creator>No&#233; Jitrik*</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le prodigieux Sim&#243;n D&#237;az qui a su donner &#224; la chanson llanera [R&#233;gion NDLT] v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, second&#233; par le non moins insolite cuatro, une port&#233;e po&#233;tique qui, quand je l'ai d&#233;couvert, m'a profond&#233;ment &#233;mu, m&#233;lange de sagesse et de sens du r&#233;cit, dans l'une d'elles, il d&#233;crit une sc&#232;ne qui a son sel. Je la r&#233;sume bri&#232;vement [le po&#232;me chanson &#171; Mercedes et le ca&#239;man &#187; NDLT] : quelqu'un, pr&#232;s d'une rivi&#232;re, regarde une femme qui, d&#233;shabill&#233;e, se baigne sans remarquer qu'on la regarde ; comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le prodigieux Sim&#243;n D&#237;az qui a su donner &#224; la chanson &lt;i&gt;llanera&lt;/i&gt; [R&#233;gion NDLT] v&#233;n&#233;zu&#233;lienne, second&#233; par le non moins insolite &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cuatro_%28instrument%29&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;cuatro&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une port&#233;e po&#233;tique qui, quand je l'ai d&#233;couvert, m'a profond&#233;ment &#233;mu, m&#233;lange de sagesse et de sens du r&#233;cit, dans l'une d'elles, il d&#233;crit une sc&#232;ne qui a son sel. Je la r&#233;sume bri&#232;vement [le po&#232;me chanson &#171; &lt;a href=&#034;http://www.online-translator.com/url/translation.aspx?autolink=yes&amp;inframe=1&amp;direction=sf&amp;template=General&amp;sourceURL=http://www.miletra.net/read/1457135/simon-diaz-mercedes-y-el-caiman.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mercedes et le ca&#239;man&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; NDLT] : quelqu'un, pr&#232;s d'une rivi&#232;re, regarde une femme qui, d&#233;shabill&#233;e, se baigne sans remarquer qu'on la regarde ; comme elle est l'&#233;pouse d'un ami, le &lt;i&gt;voyeur&lt;/i&gt; se limite &#224; appr&#233;cier ses formes splendides, peau tr&#232;s blanche, de toute beaut&#233; ; tout &#224; coup il voit qu'un ca&#239;man s'approche sans qu'elle s'en rende compte et, rapide comme la foudre, il commence &#224; la d&#233;vorer ; le voyeur, effray&#233;, ne court pas &#224; son secours, mais court pr&#233;venir son ami que sa femme est en danger ; quand les deux arrivent, elle n'est d&#233;j&#224; plus, le mari pleure et le voyeur lui dit qu'il compte sur lui pour quoi que ce soit, que les amis servent &#224; cela .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de l'humour et du charme avec lequel D&#237;az la pr&#233;sente, la sc&#232;ne fait r&#233;fl&#233;chir parce qu'elle fait allusion &#224; un tas de situations v&#233;cues dans le monde entier et dont le centre est une l&#226;chet&#233; qu'on ne peut que rejeter : voir que quelque chose de terrible va survenir, esquiver son r&#244;le et ensuite se d&#233;clarer constern&#233; de ce que peut &#234;tre on aurait pu aider &#224; &#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, nombreuses sont les cons&#233;quences. Je peux imaginer la premi&#232;re, dans la rue, voir que quelqu'un traverse sans regarder tandis que rugit la circulation ; on ne lui dit rien et une auto emporte le distrait ; il est probable que le spectateur se soit dit &#171; &lt;i&gt;je l'ai vu venir&lt;/i&gt; &#187; et s'approche du cadavre en disant &#224; haute voix : &#171; &lt;i&gt;Quel dommage, si jeune !&lt;/i&gt; &#187;. Je peux aussi imaginer cette autre sc&#232;ne : quelqu'un est debout en haut d'une falaise regardant la mer ; derri&#232;re, une autre personne, qui peut-&#234;tre le d&#233;teste, peut-&#234;tre m&#234;me pas, mais apr&#232;s l'avoir vu, conscient du danger, ne le fait pas reculer, mais pr&#233;vient la police, ou la famille, qu'il y a un corps au fond de l'ab&#238;me. Ainsi, sont les innombrables cas dans lesquels il est tr&#232;s probable que nous ayons tous &#233;t&#233; confront&#233;s une fois bien que, peut-&#234;tre, sans r&#233;sultats semblables. Notre conscience a la parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela ne se termine pas avec ces quelques sc&#232;nes : il s'agit plut&#244;t d'une situation paradigmatique et clef qui peut se constater dans divers univers de la r&#233;alit&#233;, bien qu'il y ait toujours un sujet &#171; &lt;i&gt;qui sait, mais ne pr&#233;vient pas&lt;/i&gt; &#187; et l'autre &#171; &lt;i&gt;qui ne sait pas tout ce qui peut lui arriver &lt;/i&gt; &#187;, comme la femme de la chanson, qui peut-&#234;tre pouvait supposer que par l&#224; il y avait des ca&#239;mans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce tout ? Je crois qu'il y a trois possibilit&#233;s de comprendre cette sc&#232;ne que j'appelle &#171; le ca&#239;man &#187;. La premi&#232;re est celle que je viens de signaler : l'un qui regarde, voit ce qui peut arriver, n'agit pas et ensuite, hypocritement, le regrette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est celle de celui qui n'a encore rien vu mais qui pr&#233;vient que quelque chose va arriver ; ce sont les divers proph&#232;tes, tant historiques, bibliques ou autres, ou les simples hommes politiques qui soutiennent que la catastrophe attend &#224; la porte du pays et que ceux qui doivent l'arr&#234;ter ne le font pas. Dans ce cas, le ca&#239;man est virtuel et jusqu'&#224; un certain point est moral, mais si par hasard ce que le proph&#232;te a pr&#233;dit plus ou moins a lieu, il ne se manifeste pas &#224; travers la lamentation, mais par la satisfaction du &#171; &lt;i&gt;je l'avais bien dit&lt;/i&gt; &#187;. C'est clairement la mani&#232;re dont agissent les dits m&#233;dias, journalistes d'opinion, experts de diff&#233;rentes sortes, notamment les &#233;conomistes et sociologues qui affirment toujours et qui, aussi comme les m&#233;decins, ne reconnaissent jamais qu'ils ont parl&#233; pour parler, ou, dans le meilleur des cas, qu'ils se sont tromp&#233;s ou, pire , qui ne pensent d&#233;j&#224; plus comme ils pensaient auparavant . Aussi, bien s&#251;r quelques hommes politiques : il faut reconna&#238;tre que dans ce registre s'est particuli&#232;rement distingu&#233;e [en Argentine. NDLT] la docteur Elisa Carri&#243;, bien qu'il doive y avoir davantage d'exemples dans divers endroits du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me est plus compliqu&#233;e et permet de revenir &#224; la lamentation post&#233;rieure : le l&#226;che originaire devient un tra&#238;tre qui pr&#233;pare la catastrophe : il a dans le viseur un imprudent ou un faible qu'il s&#233;duit pour qu'il prenne le chemin de sa perte, p&#233;trit amoureusement les conditions de la catastrophe et, quand elle se produit, non seulement il en b&#233;n&#233;ficie, c'est pourquoi il l'a fait, mais vient recueillir les restes avec la parcimonie de celui qui n'y est pour rien. Dans cette option, la litt&#233;rature, comme toujours, est d'une richesse s&#233;duisante. La trag&#233;die de Madame Bovary ne r&#233;side-t-elle pas dans quelque chose de semblable ? Le vendeur de tissus &#171; &lt;i&gt;sait&lt;/i&gt; &#187; qu'elle ne pourra pas payer mais continue &#224; lui vendre jusqu'&#224; ce qu'elle, vaincue par les dettes, s'&#233;croule avec le fracas que nous connaissons, que fait le commer&#231;ant, qui &#233;tait si serviable, transform&#233; en moraliste , il &#233;met de grandes r&#233;flexions pleine de raison, surtout : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi acheter des v&#234;tements chers, celui qui ne pourra pas les payer&lt;/i&gt; &#187;. Ces tissus &#233;blouissants, qui avaient &#233;merveill&#233; la victime Emma, reviendront dans ses rayons sans m&#234;me &#234;tre essay&#233; par la malheureuse acheteuse. Et il se dira : &#171; &lt;i&gt;Je savais que cela allait arriver, je le regrette et je promets d'accompagner ses parents &#224; sa demeure&lt;/i&gt; ultime &#187;. Dans l'&#339;uvre de Shakespeare il y a des variantes de ce mode de &lt;i&gt;ca&#239;manisme&lt;/i&gt;, la plus compliqu&#233;e mais aussi la plus perverse parce qu'elle r&#233;side dans le pire de l'&#234;tre humain mais, aussi, d'un point de vue litt&#233;raire et psychologique, c'est la plus int&#233;ressante, les pr&#233;c&#233;dentes en comparaison sont m&#233;prisables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dira que le ca&#239;man est un &#234;tre purement litt&#233;raire ou qu'il se manifeste seulement dans la litt&#233;rature et, par cons&#233;quent, que c'est un simple sujet de conversation aimable ou de lecture joyeuse ou d'&#233;coute extasi&#233;e ou, &#224; la limite, de divan de psychanalyste &#233;tant donn&#233; que, c'est connu, l'&#234;tre humain est un m&#233;lange ind&#233;chiffrable de lucidit&#233; et de l&#226;chet&#233;. Je suppose que c' est plus que cela et qu'il y a d'innombrables situations de cette nature dans toutes les situations de l'existence, depuis celle du conjoint qui empoisonne sa compagne, tandis que, empress&#233;, il lui donne le m&#233;dicament salvateur, jusqu'&#224; celle des conseillers politiques et consultants &#233;conomiques qui administrent, sciemment, l'erreur tandis qu'ils condamnent la situation &#224; laquelle leurs conseils ont men&#233;. Sans parler, mais c'est de cela qu'il faut parler, des chefs d'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment, et sans aller si loin, je ne peux cesser de lier l'image du ca&#239;man avec ce qui s est pass&#233; et se passe invariablement encore dans l'&#233;conomie de ce pays, peut-&#234;tre de tous les pays, sujet sensible et sur lequel tout le monde a une opinion mais dont tous ne souffrent pas. Je me r&#233;f&#232;re au versant de la trahison d&#233;lib&#233;r&#233;e, &#224; ceux qui cr&#233;ent, par des man&#339;uvres diverses, des orages sur march&#233;s, des r&#233;tentions d'exportations, des ca&#239;mans aux grands dents qui nagent vers o&#249; ils peuvent d&#233;vorer la donzelle. Sachant parfaitement, parce qu'ils ont accumul&#233; beaucoup d'exp&#233;rience, que ces man&#339;uvres conduisent &#224; une crise, tandis qu'ils mettent en &#339;uvre et cr&#233;ent les conditions pour que la crise se produise, ils crient &#171; &lt;i&gt;cela ne peut pas continuer ainsi, il faut faire quelque chose&lt;/i&gt; &#187;. Et ce quelque chose, en plus d'une occasion, appelle au patriotisme d'un groupe de braves g&#233;n&#233;raux qui, encourag&#233;s par les cr&#233;ateurs du ca&#239;man, se sont lev&#233;s pour arr&#234;ter la chute du pays dans l'ab&#238;me &#224; cause des difficult&#233;s qu'eux-m&#234;mes avaient cr&#233;&#233;es. Du coup &#233;conomique jusqu'au coup militaire. Une nette unit&#233; conceptuelle par-dessus tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis presque un si&#232;cle, on soutient que le pays ne peut d&#233;pendre de l'&#233;levage, qui a &#233;t&#233; en t&#234;te, et de l'agriculture, qui est venue juste apr&#232;s, mais aussi on sait que gr&#226;ce &#224; eux qui ont toujours &#233;t&#233; et sont d'&#233;normes pourvoyeurs, beaucoup de choses ont &#233;t&#233; possibles pour que le pays continue &#224; vivre. Substituer les ressources provenant de l'ext&#233;rieur par le d&#233;veloppement d'une industrie fut une proposition de longue date qui dans une certain mesure a chang&#233; quelques param&#232;tres, mais pas suffisamment pour que l'agriculture et l'&#233;levage ne continuent pas d'&#234;tre des facteurs d&#233;cisifs. On pourrait m&#234;me lire l'histoire du pays comme un conflit non r&#233;solu entre les deux secteurs et, c'est pourquoi, on peut v&#233;rifier que les vainqueurs sont toujours les m&#234;mes, ils savent que d&#233;pendent d'eux, par exemple, que les coffres de la Banque Centrale puissent appuyer tout programme gouvernemental, mais ils retiennent les exportations, coupent le flux d'argent et, pr&#233;parent la catastrophe pour que, quand le jour final surviendra, ils apparaissent contrits, promettant r&#233;gler le d&#233;sordre qu'eux m&#234;mes ont g&#233;n&#233;r&#233;, avec pr&#233;m&#233;ditation et trahison, exactement comme le commer&#231;ant de Flaubert. Seulement, malgr&#233; les montagnes de c&#233;r&#233;ales &#8211; qui ne sont pas les &#171; &lt;i&gt;Montagnes d'or&lt;/i&gt; &#187; chant&#233;es par &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Leopoldo_Lugones&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Leopoldo Lugones&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&#8211; qui attendent dans la solitude fertile des champs argentins aspir&#233;es des d&#233;valuations et l' &#233;limination des r&#233;tentions, le pays n'est pas madame Bovary, il ne va pas se suicider.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;No&#233; Jitrik&lt;/strong&gt; pour Pagina 12.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Titre original&lt;/strong&gt; : Ca&#239;man&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/contratapa/13-239405-2014-02-08.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, 8 f&#233;vrier 2014.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Mercedes-y-el-caiman-o-los-hipocratas-de-Argentina-Francia-y-el-mundo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*No&#233; Jitrik&lt;/strong&gt; est un critique litt&#233;raire argentin, ainsi que l'auteur de contes, de romans et d'essais critiques, litt&#233;raires et historiques.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Le-caiman-De-la-lachete-a-la-trahison-en-Argentine-en-France-et-dans-le-monde&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 8 f&#233;vrier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par&lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; &lt;/u&gt; &lt;/a&gt;&lt;/b&gt; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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