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		<title>Jean-Luc M&#233;lenchon : &#171; Sortez des trait&#233;s, stupides ! &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon : &#171; Sortez des trait&#233;s, stupides ! &#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le pr&#233;sident fran&#231;ais s'adresse aux Europ&#233;ens. Pluie de poncifs, torrents de reprises &#233;cul&#233;es et de parano&#239;a russophobe. Mais une autre parole fran&#231;aise existe. Car l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral des &#234;tres humains sur le Vieux Continent m&#233;rite mieux que sa dilution dans la strat&#233;gie du bavardage d'Emmanuel Macron. En Europe, il est temps de parler la seule langue vraiment internationale qui soit capable de motiver l'action commune de peuples aussi divers par leur &#173;histoire, leurs langues et leurs cultures. C'est la langue des biens communs &#224; d&#233;fendre et &#224; &#233;tendre. Celle des projets communs de vie. Celle des droits sociaux et des services publics. Ils sont &#224; reconstruire apr&#232;s le saccage de trente ans de &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes tous menac&#233;s par un syst&#232;me de production et d'&#233;change qui d&#233;truit la Terre et les &#234;tres humains. N'est-il pas plus que temps d'imposer les politiques de solidarit&#233;s qui nous sauveront dans la catastrophe &#233;cologique en marche ? Le monstre financier s'est assez gorg&#233; au &#173;d&#233;triment de tous les petits bonheurs simples de la vie. S'il faut une renaissance en Europe, que ce soit celle de la souverainet&#233; du peuple, celle des lumi&#232;res contre l'obscurantisme de l'argent et des passions religieuses adverses. Si la France peut &#234;tre utile &#224; tous, que ce soit en proposant les travaux d'Hercule qu'il est urgent d'accomplir. Oui, les peuples &#173;d'Europe peuvent s'imposer en vingt ans de respecter partout la &#171; r&#232;gle verte &#187; : ne plus prendre &#224; la nature davantage qu'elle ne peut reconstituer. Nos peuples peuvent renoncer d&#232;s maintenant aux &#233;pandages de pesticides assassins de la biodiversit&#233;. Ils peuvent d&#233;cider d'&#233;radiquer la pauvret&#233; sur le continent, de garantir un salaire d&#233;cent &#224; chacun, de limiter les &#233;carts de revenus pour stopper l'&#233;pid&#233;mie sans fin des in&#233;galit&#233;s. Nous sommes capables d'&#233;tendre &#224; toute l'Europe la clause du droit des femmes le plus favorable. Nous sommes capables de bloquer la main des voleurs du fisc qui d&#233;tournent chaque ann&#233;e mille milliards d'euros pour leurs activit&#233;s irresponsables plut&#244;t que de nous les laisser pour le bien commun. Bref, il est possible de commencer un nouvel &#226;ge de la civilisation humaine. On le peut ici sur le continent le plus &#173;riche, le plus instruit. S'il assume un protectionnisme n&#233;goci&#233; avec le monde, il fera de telles normes humanistes une nouvelle ligne d'horizon commun pour des &#173;milliards d'&#234;tres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un pr&#233;alable &#224; tout cela : sortir des trait&#233;s qui organisent l'UE. Toutes nos mis&#232;res &#233;cologiques et sociales ont leur origine dans le contenu de ces trait&#233;s. Ils ont fig&#233; toutes les politiques &#233;conomiques dans le dogme absurde de l'ordolib&#233;ralisme et de l'atlantisme chers aux gouvernements de la droite et des socialistes que dirige Mme Merkel. Ils organisent la p&#233;nurie des investissements dans la transition &#233;cologique, le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social et la mise sous tutelle financi&#232;re des d&#233;mocraties. Con&#231;us pour offrir une f&#234;te permanente &#224; la finance, ils rendent impossibles l'entraide et la solidarit&#233; des peuples. Juste une &#233;puisante comp&#233;tition entre moins-disant &#233;cologique et social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure de la souffrance sociale de masse et du d&#233;sastre &#233;cologique, les peuples n'en peuvent plus des pouvoirs qui disent une chose et font le contraire. La lettre d'Emmanuel Macron en est un mod&#232;le. Il r&#233;clame pour l'UE un objectif global de r&#233;duction de moiti&#233; des pesticides d'ici &#224; 2025. Alors, pourquoi avoir refus&#233; d'inscrire dans la loi un plan de sortie du glyphosate, comme l'ont propos&#233; &#224; plusieurs reprises les d&#233;put&#233;s de La France insoumise ? En d&#233;but de mandat, il disait ne plus vouloir d'accords de libre-&#233;change s'ils ne respectent pas les accords de la COP&#8202;21. Pourquoi en a-t-il accept&#233; ensuite avec le Canada puis le Japon ? Pourquoi avoir accept&#233; d'interdire aux Parlements nationaux d'avoir leur mot &#224; dire sur ces trait&#233;s ? Il exige un &#171; bouclier social garantissant la m&#234;me r&#233;mun&#233;ration sur un m&#234;me lieu de &#173;travail &#187;. Il disait pareil lors de la r&#233;vision de la directive travail &#173;d&#233;tach&#233; ! Mais le syst&#232;me permet toujours le dumping social avec le paiement des cotisations sociales dans le pays d'origine. Et quand les insoumis proposent l'abolition du statut de travailleurs d&#233;tach&#233;s, ou la clause du r&#233;gime social le plus favorable, les robots parlementaires de LREM votent contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron est devenu dangereux. Pas seulement pour les manifestants et ses opposants politiques. Sa phobie antirusse le fait r&#244;der aux fronti&#232;res de la guerre. Le risque est l&#224; en Europe depuis l'annonce par les Etats-Unis de l'installation en Pologne de missiles tourn&#233;s vers la Russie. Vladimir Poutine annonce une r&#233;plique. Il est donc urgent de s'extraire de cette escalade en prenant &#173;notre ind&#233;pendance d'avec l'Otan. C'est le contraire de &#171; l'Europe de la d&#233;fense &#187; que Macron et Merkel pr&#233;sentent comme le nouveau r&#234;ve europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La peur des Russes est absurde ! Ce sont des partenaires naturels. Si la d&#233;mocratie est menac&#233;e c'est plut&#244;t par la tyrannie de la finance, et les m&#233;thodes de brutes pour diriger les peuples. Elles ont conduit &#224; martyriser la Gr&#232;ce, &#224; pourchasser les opposants, comme en Pologne ou en Hongrie. Et comme en France, o&#249; le probl&#232;me pos&#233; &#224; notre d&#233;mocratie ne vient pas de Moscou, mais de Paris, avec ce pr&#233;sident qui m&#232;ne une r&#233;pression f&#233;roce depuis dix-sept semaines de mobilisation des gilets jaunes. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a annonc&#233; l'ouverture d'une enqu&#234;te sur la gestion violente de ce mouvement. Il s'en &#173;indigne comme si ce n'&#233;tait rien que 12 morts, 2&#8202;000 bless&#233;s, 22 &#233;borgn&#233;s, 5 mains arrach&#233;es, 8&#8202;000 gardes &#224; vue, 1&#8202;500 condamnations en comparution imm&#233;diate. Autant de pauvres vies &#173;saccag&#233;es pour avoir r&#233;clam&#233; leur part de soleil dans l'existence. Et comme elle est insupportable, sa duplicit&#233; quand il adh&#232;re &#224; l'illusion meurtri&#232;re d'une Europe forteresse qui se prot&#233;gerait des r&#233;fugi&#233;s par la noyade en M&#233;diterran&#233;e ! Que Viktor Orb&#225;n ait &#173;approuv&#233; la tribune de Macron devrait inqui&#233;ter les Fran&#231;ais : celui-ci ne pr&#233;tendait-il pas combattre la politique du pr&#233;sident hongrois ? A rebours de ces brutalit&#233;s, il faut une politique imm&#233;diate contre les causes des exils forc&#233;s : guerres, changement climatique, pillage &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les peuples europ&#233;ens, un changement de direction est urgent. Emmanuel Macron et Angela Merkel incarnent les vieilles recettes stupides et morbides. D'ailleurs, disons-le sans d&#233;tour : nous n'avons que faire du pseudo &#171; couple franco-allemand &#187;, ce condominium pr&#233;tentieux contr&#244;l&#233; par la CDU. Il humilie les vingt-six autres Etats. Il isole les Fran&#231;ais de leurs parents naturels au Sud. La renaissance dont l'Europe a besoin est celle de la libert&#233; politique de ses peuples. Si la France peut &#234;tre utile &#224; quelque chose c'est &#224; cela, &#224; condition de se pr&#233;senter en partenaire plut&#244;t qu'en donneur de le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.liberation.fr/debats/2019/03/10/sortez-des-traites-stupides_1714197&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lib&#233;ration&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 10 mars 2019&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche} &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La paix en Europe commence au Venezuela</title>
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		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La paix en Europe commence au Venezuela. Il n'y a aucune base l&#233;gitime &#224; l'intervention militaire. Et ce qui se joue nous implique directement. Il s'agit de savoir si nous admettons que les &#201;tats-Unis sont les ma&#238;tres du monde. Et ce ma&#238;tre sera alors aussi le n&#244;tre. En Europe... Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Ingerences-abus-et-pillages" rel="directory"&gt;Ing&#233;rences, abus et pillages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En France nous savons que la paix dans le monde s'est jou&#233;e partout. La &#171; cour arri&#232;re &#187; de l'Empire - malgr&#233; tout - a arr&#234;t&#233; d'&#234;tre la &#171; cour arri&#232;re &#187;, sauf pour un paire d'yanaconas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Yanacona ou Yanakuna (en quechua, c'est un mot dont le sens dans la langue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui vit en attendant des ordres de Washington. Quand le pays le plus puissant du monde s'acharne contre le Venezuela, il n'est plus temps de jouer les mi teintes et aux eaux ti&#232;des. L'alternative a &#233;t&#233; &#233;nonc&#233;e depuis la Maison Blanche : &#171; Avec nous ou contre nous &#187;. Nous le regrettons : il sera contre Vous. Voici l'opinion de Jean-Luc M&#233;lenchon, un d&#233;put&#233; fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les USA attaqueront-ils Venezuela ? Les heures qui passent sont celles o&#249; se jouent pour des d&#233;cennies sans doute le sort de la paix en Am&#233;rique du Sud. J'ai d&#233;j&#224; d&#233;fendu dans une tribune au journal &#171; &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#187; avec mes amis d&#233;put&#233;s insoumis l'id&#233;e de la sortie d&#233;mocratique que proposaient le Mexique et l'Uruguay, en vain. Seul le pr&#233;sident Nicolas Maduro avait affirm&#233; son intention d'y participer positivement. Les &#201;tats-Unis et leurs suppl&#233;tifs pass&#232;rent d'une surench&#232;re &#224; l'autre dans une volont&#233; &#233;vidente de provoquer un &#233;chec. De son c&#244;t&#233;, le pr&#233;sident fran&#231;ais avait fix&#233; un ultimatum pour obtenir des &#233;lections l&#233;gislatives. Quand Nicolas Maduro dit qu'il y &#233;tait pr&#234;t, Macron et les autres Europ&#233;ens demand&#232;rent tout soudain que ce soit une &#233;lection pr&#233;sidentielle. C'est-&#224;-dire non pas chercher une sortie de crise d&#233;mocratique mais une capitulation sans condition du pr&#233;sident l&#233;gitime en exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans toute cette p&#233;riode, donc, les provocations irresponsables se sont succ&#233;d&#233;es avec une intensit&#233; et une mauvaise foi qui a permis &#224; de nombreuses personnes de comprendre que le discours des &#201;tats-Unis ne concerne ni la situation alimentaire des V&#233;n&#233;zu&#233;liens ni les droits de l'homme dans leur pays. Ils comprennent qu'il s'agit du p&#233;trole v&#233;n&#233;zu&#233;lien et de maintenir la domination de l'Empire dans ce qu'il consid&#232;re comme son arri&#232;re cours d'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi pour beaucoup d'entre nous que les droits de l'homme sont juste un pr&#233;texte pour les USA qui restent &#224; nos yeux le pays de la torture officielle &#224; Guantanamo, de la s&#233;gr&#233;gation raciale et de l'appui aux pires gouvernements d'extr&#234;me droite du monde en Europe, Moyen-Orient et ailleurs. Mais beaucoup de gens de bonne foi restent en attente de comprendre ce qui se passe. Ceux-l&#224; ont du mal &#224; r&#233;aliser quelle puissance agressive sont les &#201;tats-Unis depuis leur fondation et leur 222 ans de guerre sur 229 d'existence. Beaucoup ont oubli&#233; ou bien n'ont pas connu les ann&#233;es noires d'assassinats et de tortures dans toute l'Am&#233;rique latine sous la houlette de l'&#233;cole de guerre USA o&#249; enseignaient des brutes sadiques comme le g&#233;n&#233;ral fran&#231;ais Aussaresse. C'&#233;tait dans les ann&#233;es 70, apr&#232;s l'assassinat du pr&#233;sident Salvador Allende au Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant du Venezuela beaucoup ignorent que Hugo Chavez fut &lt;i&gt;putsch&#233;&lt;/i&gt; et sauv&#233; in extr&#233;mis du peloton d'ex&#233;cution des factieux. Sans l'irruption dans la rue de millions de gens et surtout des pauvres, Chavez &#233;tait fusill&#233; par les &lt;i&gt;putchsites&lt;/i&gt;. Ils ignorent aussi que si la France a maintenu en prison pendant 25 ans les g&#233;n&#233;raux factieux partisans de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, les coupables du putsch contre Chavez ont tous &#233;t&#233; laiss&#233;s en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quelle que soit notre opinion sur les USA et m&#234;me sur le Venezuela, nous sommes tous en tant que citoyens mis au pied du mur de ce que nous croyons juste et bon pour tous &#224; cette heure dans l'ordre du monde. Car l'ordre du monde est un tout. En convoquant l'opinion publique mondiale dans sa croisade contre le Venezuela, les USA nous ont aussi oblig&#233; &#224; donner tous un avis. Venant apr&#232;s tant d'&#233;pisodes calamiteux comme par exemple les armes de destruction massives de Saddam Hussein, bien des vigilances sont d&#233;sormais en &#233;veil &#224; chaque branle-bas de combat &#233;tats-unien. Si, dans un premier temps, beaucoup se sont mis au garde-&#224;-vous, depuis lors on voit que l'enthousiasme atlantiste faiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point que maintenant des na&#239;fs ou des irresponsables &#224; la t&#234;te des &#201;tats se r&#233;veillent, notamment en Europe. Apr&#232;s avoir reconnu le chef des factieux putschistes du Venezuela comme &#171; &lt;i&gt;pr&#233;sident en charge&lt;/i&gt; &#187;, ils comprennent qu'ils ont ouvert la porte &#224; l'intervention militaire am&#233;ricaine pour imposer leur marionnette. Des responsables europ&#233;ens comprennent enfin que l'Am&#233;rique du Sud n'est pas un continent enfantin qui se laisserait corriger par ses parents europ&#233;ens ou nord-am&#233;ricains. Des responsables europ&#233;ens savent enfin que l'intervention arm&#233;e contre le Venezuela est une pi&#232;ce dans le kriegspiel des USA sur un continent o&#249; les Europ&#233;ens comme les Chinois et les Russes ont d&#233;sormais des int&#233;r&#234;ts concurrents. Ils comprennent que le Venezuela est une entr&#233;e en mati&#232;re avant que les m&#234;mes arguments servent contre Cuba et le Nicaragua. Que l'on aime ou pas les gouvernements de ces pays ou certains d'entre eux, la question pos&#233;e est de savoir si nous reconnaissons aux USA un droit d'ing&#233;rence autoritaire qui se substitue au droit international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne cite ici que des arguments limit&#233;s au jeu des int&#233;r&#234;ts. Mais la liste est bien plus longue des motifs et des raisons qui militent contre l'invasion militaire du Venezuela. Mon but est que les esprits honn&#234;tes qui se soucient des faits ne se laissent pas enfermer dans la propagande simpliste venue des &#201;tats-Unis et relay&#233;e par la presse sous influence dans notre pays. La question du Venezuela est trait&#233;e en France d'une fa&#231;on passionnelle par les ennemis de la gauche latino-am&#233;ricaine. En eux se m&#234;lent un &#171; &lt;i&gt;atlantisme&lt;/i&gt; &#187; engag&#233; (pour eux les USA sont la solution et pas le probl&#232;me) et la satisfaction de se jouer un revival de guerre froide. Dans cette vision, nous, &#171; les insoumis &#187;, nous sommes assign&#233;s &#224; la position d'amis aveugl&#233;s d'un r&#233;gime dictatorial. Beaucoup d'entre nous vivent cette situation dans un &#233;c&#339;urement total. Je ne dis pas une fois de plus combien le &#171; deux poids deux mesure &#187; nous r&#233;vulse de la part de tels donneurs de le&#231;ons. Combien nous avons trouv&#233; lamentables les reportages de France 2 chaque veille de jour de vote ou d'un de mes rares passages sur cette antenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant il ne faut pas tomber dans leur pi&#232;ge. Il faut continuer &#224; argumenter. Car les amis inconditionnels des USA n'ont pas vraiment d'arguments. On se souvient du pitoyable num&#233;ro sur le plateau de France 2 de cette &#233;trange opposante franco-v&#233;n&#233;zu&#233;lienne vivant en Espagne qui arguait du manque de papier hygi&#233;nique &#224; Caracas pour r&#233;clamer l'&#233;limination du pouvoir chaviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc ces grands d&#233;mocrates en train de soutenir un projet d'intervention arm&#233;e depuis un pays, la Colombie, ou plus de 50 d&#233;mocrates dont plusieurs journalistes ont &#233;t&#233; assassin&#233;s depuis la fin de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle sans qu'ils aient eu un mot de compassion. Mais peu importent leurs &#339;ill&#232;res. Ils sont surtout &#224; ce point amis des USA qu'ils oublient l'int&#233;r&#234;t et la place de leur propre pays, la France. Car passer aux yeux de toute l'Am&#233;rique Latine pour les caniches des USA n'est bon dans aucun milieu social de ce continent. Il faut comprendre que le nationalisme en Am&#233;rique du Sud est une id&#233;e fondatrice depuis les guerres d'ind&#233;pendance avec l'Espagne. M&#234;me ceux qui d&#233;testent le plus f&#233;rocement les communistes en Am&#233;rique du Sud continuent d'inviter Cuba &#224; toutes les rencontres internationales pour l'unique raison que ce pays tient t&#234;te aux USA et que sa pr&#233;sence fonctionne comme une mise en garde adress&#233;e &#224; ceux-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'attitude des dirigeants fran&#231;ais, il y a un vieux fond de colonialisme qui les fait passer &#224; c&#244;t&#233; de la r&#233;alit&#233; politique et &#233;conomique du monde contemporain. Ces Fran&#231;ais de la t&#233;l&#233; et de la politique sont incapables de penser des relations &#233;galitaires avec les pays que nos pays dominaient autrefois. Ils ne parviennent pas &#224; penser ces relations hors du cadre grossier de l'ancien partage du monde. Dans leur vision, l'Afrique est &#224; la France et l'Am&#233;rique du Sud aux &#201;tats-Unis. Tout se tient. Les USA aident le gouvernement fran&#231;ais &#224; d&#233;truire la Lybie (pour son bien cela va de soi) et en &#233;change les dirigeants fran&#231;ais applaudissent tout ce que veulent les USA sur leur continent. Je ne cite ici que la Lybie pour ne pas prendre d'exemple plus r&#233;cents tout aussi lamentables et o&#249; nous continuons &#224; naviguer d'une aventure militaire &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les agit&#233;s d'Europe et d'ailleurs esp&#233;raient que le gouvernement Maduro s'effondre. Il n'en a rien &#233;t&#233;. Et depuis peu c'est tout le contraire. D&#232;s qu'il a &#233;t&#233; question de l'intervention arm&#233;e des USA et d&#232;s que le son du &lt;i&gt;tam tam&lt;/i&gt; europ&#233;en est arriv&#233; l&#224; bas, un nombre croissant de gens, y compris des opposants &#224; Maduro, ont l&#226;ch&#233; les putschistes v&#233;cus d&#232;s lors comme les fourriers d'une invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme des peuples latinos am&#233;ricains est mal connu ou m&#233;pris&#233; en France. Peu se rendent compte que l'Europe, pour beaucoup, c'est aussi l'Espagne, leur ancien colonisateur, c'est la France et son exp&#233;dition du Mexique. L'Histoire existe aussi dans la conscience collective des peuples d'Am&#233;rique du Sud. L'intervention des USA et celle des Europ&#233;ens leur est aussi intol&#233;rable que le serait en France une intervention militaire de l'Allemagne pour venir au secours des gilets jaunes et installer Eric Drouet comme pr&#233;sident &#171; en charge &#187;. Je fais volontairement cette comparaison caricaturale pour essayer d'&#233;veiller les consciences &#224; la r&#233;alit&#233; du ressenti des peuples du nouveau monde que tant de gens en Europe. Car ils continuent &#224; les consid&#233;rer comme des enfants turbulents et leurs pays comme des protectorats en libert&#233; surveill&#233;e. Je sais que cela me vaudra de nouvelles bord&#233;es d'injures, de grossi&#232;res assignations et tout le reste des ignominies que j'ai d&#233;j&#224; subies sur ce sujet et sur de nombreux autres de politique &#233;trang&#232;re. Mais je pense que c'est un devoir d'ouvrir sans cesse des pistes alternatives au r&#232;gne de la violence mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur vingt cinq ans, j'accepte les bilans compar&#233;s. De la premi&#232;re guerre du Golfe &#224; l'Afganistan en passant par la Syrie, quand ai-je eu tort contre le parti m&#233;diatique et les atlantistes qui voulaient la guerre comme solution ? O&#249; leurs guerres ont-elles r&#233;gl&#233; un seul des probl&#232;mes pos&#233;s ? O&#249; la situation n'est-elle pas pire depuis ? Puisque j'en suis &#224; ce point de mon plaidoyer contre la guerre au Venezuela, je veux admettre une erreur commise dans le pass&#233;. Car je crois que cet exemple aidera aussi &#224; r&#233;fl&#233;chir sur le pr&#233;sent. J'ai accept&#233; l'id&#233;e d'un couloir d'exclusion a&#233;rienne en Lybie quand Kadhafi mena&#231;ait de faire, selon ses propres termes, un bain de sang dans une ville en insurrection. J'ai &#233;t&#233; imprudent parce que le conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU &#233;tait unanime sur le sujet. Erreur. Aussit&#244;t l'OTAN est entr&#233; dans la br&#232;che et le couloir d'exclusion a&#233;rienne est devenu une couloir de bombardements &#224; outrance. &#192; l'&#233;poque je fus durement critiqu&#233; par de nombreux amis tr&#232;s chers en Am&#233;rique du Sud qui me reprochaient ma na&#239;vet&#233; et &#224; qui je reprochais de ne rien comprendre aux r&#233;volutions populaires du Maghreb. L'histoire leur a donn&#233; davantage raison qu'&#224; moi dans ce cas. Mais cela prouve qu'il est essentiel de comprendre s&#233;rieusement les motivations des protagonistes et d'avoir une claire conscience de ce qui importe le plus &#224; nos yeux pour se positionner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France n'est pas le suppl&#233;tif de l'arm&#233;e US, ni une des forteresses de &#171; l'occident &#187; reli&#233;e aux autres. La France n'est pas une nation &#171; occidentale &#187;. C'est une nation universaliste selon moi. D'ailleurs notre pays est pr&#233;sent sur le continent sud-am&#233;ricain je ne cesse de le rappeler. Pr&#233;sent en Guyane avec sa plus longue fronti&#232;re terrestre : 800 kilom&#232;tres avec le Br&#233;sil. Pr&#233;sent dans les Cara&#239;bes o&#249; la Martinique et la Guadeloupe offrent un partenariat n&#233;glig&#233; par l'Hexagone. Nous avons mieux &#224; faire l&#224;-bas que d'&#234;tre les petits soldats de l'Empire. Notre premier devoir dans le monde est d'&#234;tre du c&#244;t&#233; du droit de peuples &#224; disposer d'eux-m&#234;mes. La France devrait donc &#234;tre par nature vou&#233;e &#224; l'anti-colonialisme et pour que partout les solutions soient fix&#233;es par la souverainet&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut para&#238;tre abstrait. Mais l'ind&#233;pendantisme fran&#231;ais qui est ma ligne et celle du programme &#171; L'Avenir en commun &#187; est au contraire la contribution concr&#232;te que notre pays peut proposer en face du recours permanent aux armes. Ce ne sont pas les armes le probl&#232;me &#224; mes yeux. Le disant, je mets de c&#244;t&#233; &#224; cet instant la question morale des crimes qu'elles impliquent en toutes circonstances et sans exception. C'est qu'elles ne r&#232;glent rien le plus souvent mais qu'elles aggravent tout. Dans le cas du Venezuela que peut l'intervention des Etats-Unis ? Cela en supposant qu'elle soit victorieuse, ce que l'exemple du Vietnam ou de l'Afghanistan n'a pas montr&#233;. Elle ne peut &#171; r&#233;gler &#187; que le sort de la propri&#233;t&#233; de la premi&#232;re r&#233;serve de p&#233;trole du monde et de 18% du carburant que consomment d&#233;j&#224; les USA. Ce n'est pas un motif suffisant ni acceptable pour assassiner les centaines de milliers de personnes qui s'opposeront &#224; l'invasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quoi j'ajoute ce qui compte dans ma motivation sur le sujet mais dont je ne fais pas une condition d'accord pour s'opposer &#224; l'intervention militaire. Le Venezuela est un pays ami et un peuple d'un admirable engagement politique pour les droits des pauvres et des opprim&#233;s. Le Venezuela n'a jamais marchand&#233; son appui, son argent ses savoirs partout o&#249; les catastrophes naturelles ont frapp&#233; des peuples sur le contient et dans les Cara&#239;bes ; les Fran&#231;ais ont b&#233;n&#233;fici&#233; de cet aide &#224; chacune des &#233;preuves subies dans les Cara&#239;bes. Nous n'avons aucun contentieux avec ce pays. Les difficult&#233;s du gouvernement d'un pays dont les revenus p&#233;troliers se sont effondr&#233;s des deux tiers peuvent &#234;tre compris. Surtout quand il distribuait largement ce revenu dans les aides sociales les plus diverses au contraire de des monarchies p&#233;troli&#232;res et autres &#201;tats p&#233;troliers comparables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple du Venezuela, s'il estime qu'il s'est tromp&#233; dans le choix de sa politique et de ses dirigeants, saura le dire le moment venu car les &#233;lections au Venezuela sont libres. Leurs r&#233;sultats ne sont contest&#233;s que par une partie de perdants, de gens qui boycottent les &#233;lections en vain. Et les USA, bien s&#251;r. Mais aucun organisme international ne les a remises en cause. Ce n'est pas le cas par exemple du Kazakhstan, qui procure &#224; la France tout l'Uranium qu'elle lui ach&#232;te mais dont le parti et le pr&#233;sident sont au pouvoir depuis 1989 et accus&#233;s d'innombrables crimes, tortures et trucages d'&#233;lection. Pourtant, il y a quelques mois, la France a sign&#233; un accord de coop&#233;ration approfondi avec ce pays et le porte-parole de la R&#233;publique en Marche a f&#233;licit&#233; ce pays pour ses progr&#232;s d&#233;mocratiques. Bien s&#251;r j'ai vot&#233; contre. Bien s&#251;r les macronistes qui jouent les indign&#233;s au Venezuela ont vot&#233; pour l'amiti&#233; approfondie avec le r&#233;gime du Kazakhstan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma conviction personnelle est faite de l'exp&#233;rience acquise sur le sujet au fil de plusieurs d&#233;cennies d'engagement sur les questions internationales. Il faut tout faire pour emp&#234;cher les USA d'attaquer le Venezuela. Il n'y a aucune base l&#233;gitime &#224; l'intervention militaire. Et ce qui se joue nous implique directement. Il s'agit de savoir si nous admettons que les &#201;tats-Unis sont les ma&#238;tres du monde. Et ce ma&#238;tre sera alors aussi le n&#244;tre. En Europe, le suivisme nous a amen&#233; jusqu'&#224; ce point o&#249; les batteries de missiles de l'OTAN en Pologne nous valent la menace d'une installation comparable de la part des Russes en direction des centres de commandement de l'OTAN en Belgique et en Allemagne. Une situation pire que pendant la guerre froide. Mettre un coup d'arr&#234;t &#224; l'escalade en Europe commence &#224; la fronti&#232;re du Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;l&#232;nchon*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://melenchon.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Ere du Peuple&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://melenchon.fr/2019/02/26/la-paix-en-europe-commence-au-venezuela/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Ere du Peuple&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, France, 26 f&#233;vrier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Yanacona ou Yanakuna (en quechua, c'est un mot dont le sens dans la langue quechua signifie &#171; se servir les uns les autres en temps de t&#233;n&#232;bres &#187;. Dans l'Empire Inca, les &lt;i&gt;yanas&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; extraits de leur communaut&#233; pour &#234;tre mis au service de l'Inca. Les &lt;i&gt;Yanas&lt;/i&gt; pourraient occuper n'importe quel endroit dans l'administration Inca, des agriculteurs, des artisans, des administrateurs des comptes de l'Inca et m&#234;me des Curacas. Le sens du &lt;i&gt;yana&lt;/i&gt; pendant la colonie change compl&#232;tement, car pendant l'&#233;tat Inca, les &lt;i&gt;yanas&lt;/i&gt; n'avaient pas la figure des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>France : Une consigne de suicide</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/France-Une-consigne-de-suicide</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;France. Parti Socialiste. Valls. Hollande. Suicide politique. M&#233;lenchon.Internationale socialiste.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce contexte, la destruction de la gauche politique franchit un pas. La fuite, sur ordre du Premier ministre, des listes que seul le PS pouvait d&#233;poser pour le second tour en PACA et Nord-Pas-de-Calais-Picardie est une faute lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ampleur ne se mesurera pas dans l'instant mais sa force d&#233;vastatrice est assur&#233;e. C'est un suicide politique pur et simple. C'est d&#233;cider de confier &#224; la droite le soin de battre le Front national apr&#232;s avoir dit sur tous les tons que celui-ci incarne le danger principal. Si la gauche ne sert &#224; rien, ni contre le ch&#244;mage, ni contre le danger politique principal, quand pourrait-elle servir &#224; quelque chose ? La r&#233;ponse est dans la question. Croire qu'une force plut&#244;t qu'une autre passera &#224; travers les gouttes de cette disqualification serait une illusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais que ce point de vue est largement partag&#233;. Cette d&#233;cision consternante correspond &#233;videmment &#224; une vis&#233;e strat&#233;gique. C'est la ligne Valls. C'est la ligne de l'Internationale socialiste. C'est la ligne des &#171; socialistes &#187; italiens devenu &#171; d&#233;mocrates &#187; sous la direction depuis lors d'un d&#233;mocrate-chr&#233;tien : Matt&#233;o Renzi ! Renzi est soutenu par Valls comme par Bayrou. Leur but, c'est la formation d'un grand ensemble &#171; d&#233;mocrate &#187;, c'est-&#224;-dire au maximum un parti commun &#224; l'italienne, au minimum une alliance gouvernementale sur le mod&#232;le allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne croyez pas que cette invention sorte de l'&#339;uf. Elle est &#224; l'&#339;uvre dans les rangs de tout le PS international depuis le r&#232;gne de Tony Blair. L'&#233;pisode fran&#231;ais est certes le dernier de la s&#233;rie, &#224; contre temps selon moi, mais il est inscrit dans une continuit&#233; de longue main. Dans mon livre En qu&#234;te de gauche, en 2007 j'avais analys&#233; ce processus, ses &#233;tapes et ses racines. Je n'ai jamais dout&#233; que mes adversaires d'alors dans le PS aient autant de continuit&#233; dans les id&#233;es et la pratique que moi&#8230; Ce d&#233;calage du champ politique du PS n'a jamais pu se faire &#224; froid dans le pass&#233; compte tenu de notre opposition. Avec le th&#232;me &#171; faire barrage au front national &#187; Valls et Hollande tiennent leur programme commun avec le centre droit. Une vielle obsession arrive &#224; maturit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ores et d&#233;j&#224; cette man&#339;uvre produit son fruit : la prise de position des centristes en faveur du retrait mutuel des listes de droite ou du PS pour &#171; faire barrage au Front national &#187;. Le motif pour des connivences approfondies est tout trouv&#233;. Il ne faut donc pas sous-estimer ce qui est en train de se passer ni croire que ce soit seulement un moment &#233;lectoral. On va vite voir l'impact de cette affaire d&#232;s le lendemain du deuxi&#232;me tour &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se souvient bien (mais qui a de la m&#233;moire ?) cette disparition des listes au second tour n'&#233;tait pourtant pas le premier choix de l'&#233;tat-major qui dirige la rue de Solferino. C'&#233;tait seulement le point de vue de Manuel Valls. Tr&#232;s &#233;trangement, avant m&#234;me que la direction nationale du PS se soit exprim&#233;e le PS lillois, totalement pusillanime, annon&#231;ait le retrait de sa liste. Il avait pourtant promis le contraire contre l'avis donn&#233; par Valls en pleine campagne. Car c'&#233;tait &#224; l'&#233;vidence un coup de poignard de la part de Valls &#224; l'endroit de l'&#233;quipe Aubry. D&#232;s lors, le Premier ministre n'a eu aucun mal ensuite &#224; soumettre la direction du PS. Son point de vue s'est impos&#233; sans recours. Au point de penser qu'il pouvait aller plus loin encore. Et c'est ce qu'il fait contre jean-Pierre Masseret dans le Grand Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura vu alors l'incroyable : le Premier ministre PS et le premier secr&#233;taire du PS appeler &#224; voter &#224; droite contre leur propre candidat PS sortant ! L&#224; encore, l'utile et opportun rejoint l'agr&#233;able pour la droite du PS. Masseret est une bonne cible pour Valls. Venu du &#171; non &#187; au r&#233;f&#233;rendum de 2005, il repr&#233;sente une longue tradition de la gauche du PS. Son invocation du parti de Jaur&#232;s et de Blum a paru path&#233;tique aux jeunes yuppies solf&#233;riniens. Son &#233;crasement est un dividende savoureux pour Valls, un sacrifice sans co&#251;t, et un magnifique gage donn&#233; &#224; la droite dans un secteur du pays o&#249; les fricotages avec les centristes et les concordataires sont r&#233;els depuis si longtemps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de l&#224;, comment aborder son devoir dans ces r&#233;gions ? D'abord, prenons acte qu'aucun vote de gauche n'y est plus possible puisqu'aucune repr&#233;sentation de la gauche n'existe plus. Il n'y a plus de vote possible pour ses id&#233;es dans ces r&#233;gions. D&#232;s lors, aucune consigne politique n'a de sens. Au contraire le mot d'ordre &#171; faire barrage au FN &#187; fonctionne comme un grossier chantage dont la conclusion contre-nature ne peut &#234;tre oubli&#233;e un instant. Le vote au deuxi&#232;me tout se joue donc exclusivement dans le registre de la morale ou de la philosophie personnelle. On peut consid&#233;rer que vouloir l'&#233;chec du Front national est un but suffisant et peu importe de mettre en place pour cela des gens que l'on combat le reste du temps en d&#233;pit du fait qu'ils ne vaillent pas mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je comprends donc ce raisonnement. Il a sa dignit&#233;. Mais je souligne qu'il est de l'ordre de la morale personnelle. Et dans ce cadre deux options se pr&#233;sentent aussi. L'une impose de ne pas demander aux autres d'obtenir par leur vote le r&#233;sultat auquel on ne veut pas participer. L'autre est de ne pas se renier soi-m&#234;me en &#233;lisant quelqu'un dont on pense qu'il est nuisible &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoiqu'il en soit, aucune consigne strictement politique n'a sa place pour des gens qui ont &#233;t&#233; priv&#233;s d&#233;lib&#233;r&#233;ment de tout choix conforme &#224; leurs propres id&#233;es. D&#232;s lors, c'est aux candidats de droite de dire et de faire ce qu'il faut pour convaincre de voter pour eux et non &#224; nous de faire leur travail en leur donnant un ch&#232;que en blanc. Que messieurs Bertrand et Estrosi trouvent et disent ce qu'il faut pour m&#233;riter le vote des &#233;lecteurs de gauche. Qu'ils prouvent qu'ils n'ont rien &#224; voir avec les id&#233;es et les propositions du Front national. S'ils ne le peuvent ou ne le veulent, quelles raisons aurait une conscience de gauche honn&#234;te de voter pour eux ? Comment voter pour les uns contre les autres si les deux ont les m&#234;mes propositions et les m&#234;mes obsessions ethnicistes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident du parti Les r&#233;publicains Nicolas Sarkozy a dit mardi soir &#224; Rochefort qu'&#224; ses yeux &#171; le vote pour le FN n'est pas un vote contre la R&#233;publique &#187; et que &#171; le vote FN n'est pas immoral &#187;. Il a ajout&#233; que l'immigration &#171; trop c'est trop ! &#187; et s'est vant&#233; d'avoir &#233;t&#233; &#171; le premier &#224; parler des racines chr&#233;tiennes de la France &#187;. La diff&#233;rence avec les propos du FN est difficile &#224; voir, non ? Nombreux sont ceux qui m'ont laiss&#233; des messages pour me dire qu'en r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te-D'azur ils ne voient pas la diff&#233;rence entre Estrosi et le FN. Un bon r&#233;sum&#233; de ce que j'ai entendu venant de ce coin de France se trouve dans ce post intitul&#233; &#171; &lt;a href=&#034;https://juliedelpapa.wordpress.com/2015/12/07/pourquoi-je-ne-voterai-pas-estrosi-pour-faire-barrage-au-fn/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi je ne voterai pas Estrosi pour &#171; faire barrage au Front national&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;. Un autre ami me dit que pour obliger &#171; les r&#233;publicains &#187; &#224; se mettre &#224; distance du FN mieux vaut qu'ils perdent. Cela leur fera constater combien les &#233;lecteurs de gauche ne leur pardonnent pas ce qu'ils auront dit et fait avant pour s&#233;duire les &#233;lecteurs du Front National. Je reproduis ces arguments parce que je trouve qu'on ne les entend pas et que ce n'est pas digne d'une d&#233;mocratie adulte de traiter tout un peuple par la peur du loup que l'on a soi-m&#234;me fait entrer dans la bergerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon*&lt;/strong&gt; pour son blog &lt;a href=&#034;http://melenchon.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;re du Peuple&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://melenchon.fr/2015/12/11/une-consigne-de-suicide/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;re du Peuple&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. France, 11 d&#233;cembre 2015&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche} &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ce : un accord contraint qu'il ne faut pas soutenir</title>
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		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Un revolver sur la tempe &#187;, selon ses propres termes : Tsipras a sign&#233; un &#171; compromis &#187;. Aussit&#244;t, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour c&#233;l&#233;brer le r&#244;le de facilitateur de Hollande, la force du &#171; couple franco-allemand &#187; et r&#233;citer les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurol&#226;tres. La v&#233;rit&#233; toute crue est, une fois de plus, &#224; des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu'ils voient, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Un revolver sur la tempe &#187;, selon ses propres termes : Tsipras a sign&#233; un &#171; compromis &#187;. Aussit&#244;t, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour c&#233;l&#233;brer le r&#244;le de facilitateur de Hollande, la force du &#171; couple franco-allemand &#187; et r&#233;citer les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurol&#226;tres. La v&#233;rit&#233; toute crue est, une fois de plus, &#224; des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu'ils voient, parlent de textes qu'ils n'ont pas lu et font r&#233;agir des &#171; responsables politiques &#187; sans autres informations que celles donn&#233;es par ces plus que douteux interm&#233;diaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sur tous les &#233;crans la m&#234;me image : madame Merkel face &#224; Alexis Tsipras flanqu&#233;e de Donald Tusk et de Fran&#231;ois Hollande. Un spectacle inacceptable. Pas seulement pour un Fran&#231;ais &#224; qui il est p&#233;nible de se voir de ce c&#244;t&#233; de la table et de surcro&#238;t assis en bout de banc ! Mais surtout pour un Europ&#233;en. Car cette r&#233;union devenue, faute de critique des commentateurs, une &#171; instance &#187;, n'a aucune l&#233;gitimit&#233;. Il y a un Conseil des gouvernements, il y a un Eurogroupe. Il n'y a pas de tandem faisant office d'audit ! La proposition issue de cette r&#233;union n'a donc aucune l&#233;gitimit&#233;. D'ailleurs, les Italiens (troisi&#232;me &#233;conomie du continent) ont lourdement protest&#233;. Et le gouvernement finlandais o&#249; r&#232;gne la coalition de la droite et de l'extr&#234;me droite a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que cet accord n'&#233;tait pas le sien ! Voil&#224; qui devrait au moins faire r&#233;fl&#233;chir les eurol&#226;tres fran&#231;ais. Quelle genre d'Europe est-ce l&#224; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la discussion dans ce cadre, quelle valeur a-t-elle ? La partie grecque n'y &#233;tait pas du tout libre. Le pays est en &#233;tat de blocus financier depuis quinze jours ! L'asphyxie est amplement commenc&#233;e. Que vaut dans ces conditions une discussion de treize heures sans pause ? Et comment accepter le genre de pression que signifie la pr&#233;sence d'un c&#244;t&#233; des experts des deux premi&#232;res &#233;conomies, appuy&#233;s par les assistants du pr&#233;sident du Conseil des gouvernements face &#224; un gouvernement seul ? Est-ce ainsi que l'on traite ses partenaires en Europe ? Asphyxie financi&#232;re du pays et asphyxie physique des n&#233;gociateurs comme cadre d'&#233;change ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quoi je me dis mal &#224; l'aise du fait du soutien apport&#233; dans notre gauche ici ou l&#224; a cet &#171; accord &#187;. Je veux croire qu'il n'aura pas &#233;t&#233; lu ou lu trop vite&#8230; En effet, le texte sign&#233; pr&#233;voit par exemple l'abrogation de toutes les lois vot&#233;es depuis f&#233;vrier dernier, la remise en cause du code du travail jusque dans des d&#233;tails comme le travail du dimanche, la surveillance r&#233;tablie de la Tro&#239;ka sur chaque minist&#232;re et le devoir de son approbation pr&#233;alable avant chaque proposition de loi. Quand au r&#233;&#233;chelonnement de la dette, question prioritaire, il est, d'une part, mis au conditionnel et, d'autre part, subordonn&#233; &#224; l'approbation pr&#233;alable de tout ceci par le Parlement Grec !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse allemande comme le &#171; Spiegel &#187; parle de cet accord comme d'un &#171; catalogue de cruaut&#233; &#187;. Le journal &#171; L'Humanit&#233; &#187;, sous la plume de son directeur Patrick Apel Muller, parle de &#171; la dictature froide de l'Allemagne &#187;. &#171; Angela Merkel, &#233;crit-il, r&#233;clame la capitulation sans condition sous peine d'exclusion, accompagn&#233;e par quelques gouvernements servile. &#187; La veille, Mat&#233;o Renzi, le pr&#233;sident du Conseil italien, avait fini par &#233;clater face au gouvernement allemand : &#171; &#199;a suffit ! &#187;. De toutes part, l'indignation est mont&#233;e. &#171; Le Monde &#187; rapporte que m&#234;me les hauts fonctionnaires europ&#233;enns sont outr&#233;s. Il montre Tsipras &#233;puis&#233; et humili&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est pourtant dor&#233;navant l'Union europ&#233;enne. Le gouvernement d'Alexis Tsipras a r&#233;sist&#233; pied &#224; pied comme nul autre ne l'a aujourd'hui fait en Europe. Il doit accepter un armistice dans la guerre qui lui est men&#233;e. Notre solidarit&#233; lui est due. Mais rien ne doit nous obliger a accepter de participer &#224; la violence qui lui est faite. Si j'&#233;tais d&#233;put&#233;, je ne voterais pas cet accord &#224; Paris. Ce serait ma mani&#232;re de condamner la guerre faite &#224; la Gr&#232;ce. Ce serait ma mani&#232;re de condamner ceux qui la m&#232;nent et les objectifs qu'ils poursuivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, nous devons condamner de toutes les fa&#231;ons possibles les sacrifices encore demand&#233;s aux Grecs et la violence qui leur est impos&#233;e. Comme d'habitude, cela commence par le sang-froid face &#224; la meute m&#233;diatique et son rouleau compresseur de fausses &#233;vidences. Ne jamais perdre de vue qu'ils mettent en mots la r&#233;alit&#233; pour la faire correspondre &#224; leurs formats de diffusion et que la v&#233;rit&#233; n'est pas leur premi&#232;re exigence, m&#234;me au prix de l'absurdit&#233;. Dans cette ambiance, il est impossible de retourner la tendance du commentaire, car elle est dans la folie panurgique. Mais, en allumant des signaux et en faisant circuler des analyses document&#233;es, on emp&#232;che la d&#233;bandade intellectuelle et on donne des points d'appui. Dans quarante-huit heures, les ravis de la cr&#232;ches vont dessaouler. Toutes sortes de gens intellectuellement exigeants vont lire le texte. La r&#233;sistance va se reconstituer. Certes, personne ne viendra dire merci &#224; ceux qui auront tenus la premi&#232;re ligne de tranch&#233;e. Mais ce qui importe le plus sera acquis : une r&#233;sistance va exister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens de bonne foi qui cherchent &#224; se faire une opinion libre n'y comprennent rien, en v&#233;rit&#233;, tant l'accumulation des bavardages transforme en &#171; bruit &#187; toute question. Ils sentent bien qu'on veut leur faire penser quelque chose et ils ne veulent pas se laisser faire. Notre devoir est de tenir bon en tenant tous les bouts du probl&#232;me pos&#233;. Il faut soutenir Alexis Tsipras et ne pas s'ajouter &#224; la meute de ceux qui veulent le d&#233;chirer et se rendent complice du coup d'&#233;tat tent&#233; contre lui et les Grecs. Mais il ne faut pas soutenir l'accord pour ne pas cautionner la violence dont il est issu et qu'il prolonge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que le meilleur atout du peuple grec serait la victoire de Podemos en Espagne et la n&#244;tre en France. Nous y travaillons ! Pour cela, il ne faut pas commettre l'erreur d'approuver aujourd'hui des m&#233;thodes appliqu&#233;es demain aux Grecs, dont on ne supporterait pas qu'elles soient appliqu&#233;es &#224; la France. En laissant faire le putch contre Chypre, la France a valid&#233; une m&#233;thode qui a &#233;t&#233; depuis &#233;tendue &#224; la Gr&#232;ce. Nous f&#251;mes train&#233;s dans la boue pour l'avoir dit et m&#234;me trait&#233; d'antis&#233;mites pour cela par Harlem D&#233;sir, alors premier secr&#233;taire du PS, absent total de la partie europ&#233;enne qui vient de se jouer alors m&#234;me qu'il est le ministre fran&#231;ais des affaires europ&#233;ennes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilis&#233;s en &#233;quipe et avec traducteurs, mes amis et moi nous n'avons pas l&#226;ch&#233; les devoirs de la froide analyse et de la &#171; solidarit&#233; raisonn&#233;e &#187; qui est notre r&#232;gle &#233;thique et politique. Cette discipline, nous la pratiquons depuis la p&#233;riode o&#249; nous avons accompagn&#233; et soutenu les r&#233;volutions citoyennes de l'Am&#233;rique latine. En effet, elles posaient d&#233;j&#224; &#224; chaque instant le probl&#232;me de la fa&#231;on de combiner le n&#233;cessaire soutien face &#224; l'ennemi et le droit de ne pas partager une position prise par nos amis sur place. C'est d'ailleurs pour maintenir la possibilit&#233; de cette attitude que nous avons refus&#233; &#224; Chavez la construction d'une &#171; cinqui&#232;me internationale &#187; comme il l'avait propos&#233;, en nous pr&#233;venant &#224; juste titre que le refus de sa proposition nous laisserait sans alternative collective. Nous avons mis en veilleuse nos critiques de Fran&#231;ois Hollande, m&#234;me si nos encouragements &#224; bien faire ont comme d'habitude &#233;t&#233; utilis&#233;s sans scrupule pour faire croire &#224; notre adh&#233;sion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude est celle de la responsabilit&#233; devant notre pays et devant nos amis grecs. Sans surprise, une fois de plus, nous avons vu l'ex&#233;cutif fran&#231;ais deux mains en dessous des &#233;v&#232;nements et revenant de Bruxelles comme d'autres de Munich, le sourire aux l&#232;vres et les fleurs au plastron, acclam&#233; par des meutes hallucin&#233;es. Je dois &#233;videmment souligner que je ne fais cette comparaison que pour &#233;clairer une sc&#232;ne. Je ne compare jamais l'Allemagne actuelle &#224; celle des nazis. Je ne l'ai jamais fait. On m'a &#233;videmment reproch&#233; une phrase pour mieux d&#233;politiser toutes les autres. J'ai dit que pour la troisi&#232;me fois, l'Allemagne &#233;tait en train de d&#233;truire l'Europe. C'&#233;tait le titre ce matin du quotidien proche de Syriza. Avant cela, c'&#233;tait d&#233;j&#224; une appr&#233;ciation de Joska Ficher, l'ancien ministre &#233;cologiste des affaires &#233;trang&#232;res de l'Allemagne du temps de Schr&#246;der&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon*&lt;/strong&gt; pour son &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/07/13/grece-un-accord-contraint-quil-ne-faut-pas-soutenir/#more-22762&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Blog&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche} &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.)]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La dette grecque : c'est clair comme de l'eau de roche</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-dette-grecque-c-est-clair-comme-de-l-eau-de-roche</link>
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		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



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&lt;p&gt;Tsipras joue fin et bien &lt;br class='autobr' /&gt;
Magnifique semaine europ&#233;enne. Tsipras joue bien et fin. Les matamores de l'Union europ&#233;enne et les faces de pierre de la Tro&#239;ka se sont pris &#224; leur propre pi&#232;ge. On les voit une fois de plus pi&#233;tiner eux-m&#234;mes les absurdes trait&#233;s europ&#233;ens en se r&#233;unissant &#224; quelques-uns avec le banquier central europ&#233;en alors qu'une telle concertation est formellement interdite par les trait&#233;s. Ils sont dans la nasse. La crise qu'ils ont provoqu&#233; par leur intransigeance menace (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Union-Europeenne" rel="directory"&gt;Union Europ&#233;enne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Tsipras joue fin et bien&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Magnifique semaine europ&#233;enne. Tsipras joue bien et fin. Les matamores de l'Union europ&#233;enne et les faces de pierre de la Tro&#239;ka se sont pris &#224; leur propre pi&#232;ge. On les voit une fois de plus pi&#233;tiner eux-m&#234;mes les absurdes trait&#233;s europ&#233;ens en se r&#233;unissant &#224; quelques-uns avec le banquier central europ&#233;en alors qu'une telle concertation est formellement interdite par les trait&#233;s. Ils sont dans la nasse. La crise qu'ils ont provoqu&#233; par leur intransigeance menace de leur exploser &#224; la face ! D'un c&#244;t&#233; ils refusent de rel&#226;cher leurs exigences barbares. Car c'est bien de cela dont il est question. Relever la TVA &#224; 23% dans un pays en &#233;tat de sous-consommation vertigineux de pauvret&#233; de masse est une exigence barbare. Retarder l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite et l'acc&#232;s aux retraites compl&#233;mentaires dans un pays ou les retrait&#233;s sont les soutiens de familles enti&#232;res, c'est barbare. Et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car telles sont bien les violences que &#171; l'Europe qui prot&#232;ge &#187; veut infliger aux Grecs en plus de toutes leurs souffrances actuelles ! Mais de l'autre c&#244;t&#233;, Tsipras refuse de leur c&#233;der. Alors ? De quel c&#244;t&#233; est la dissuasion nucl&#233;aire ? Ah ! Ah ! Du c&#244;t&#233; de Tsipras &#233;videmment. Car l'Union europ&#233;enne n'a pas les moyens d'&#233;jecter la Gr&#232;ce de la zone euro ! La banqueroute qui en r&#233;sulterait obligerait imm&#233;diatement &#224; payer les engagements du m&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MESF). Le truc vot&#233; pendant la pr&#233;sidentielle de 2012 par le PS et l'UMP en plein d&#233;bat sur la viande hallal (merci &#224; France 2 pour avoir &#233;t&#233; l'agent actif de cet enfumage magistral !). Alors, ce serait ruineux pour qui, je vous prie ? Oui, ruineux pour qui ? C'est trop dr&#244;le. Et de surcro&#238;t, la monnaie europ&#233;enne serait totalement &#233;branl&#233;e au point de menacer l'&#233;quilibre de toute la zone euro. &#192; quoi s'ajouterait une onde de choc sur le march&#233; mondial gigantesque. Qui sera ruin&#233; ? Pas la Gr&#232;ce. Elle l'est d&#233;j&#224; ! Ici se v&#233;rifie l'hypoth&#232;se que je n'ai cess&#233; de rappeler : dans le rapport de force entre cr&#233;ancier et d&#233;biteur, la faiblesse du cr&#233;ancier augmente avec la masse de sa cr&#233;ance. Obama s'en rend compte &#224; pr&#233;sent. Il demande aux europ&#233;ens de surveiller leurs actes et de ne pas augmenter la volatilit&#233; du march&#233; financier. Il faudra passer la consigne au FMI et madame Lagarde, cher Barack ! Je vais y venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, comme je l'ai d&#233;j&#224; dit ici, &#224; la fin, le peuple grec reste group&#233; parce que son gouvernement ne le trahit pas. A l'inverse le camp adverse se d&#233;sunit et se dispute sur la fa&#231;on d'agir. Il faut int&#233;grer le fait que le front des durs n'a jamais &#233;t&#233; homog&#232;ne et ne peux pas l'&#234;tre tant les int&#233;r&#234;ts particuliers qui le composent sont divers et divergents et tant les appr&#233;ciations sont controvers&#233;es entre chacun. Tant que tout le monde c&#233;dait, la ligne dure pouvait gagner sans probl&#232;me. Tout le monde suivait puisque &#231;a marchait. Mais depuis que &#231;a ne marche plus&#8230; la discussion est ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me pos&#233; est enti&#232;rement politique. Exclusivement. Sur le plan technique, il n'y a aucune difficult&#233; &#224; effacer la dette grecque par des moyens de proc&#233;dure comptable. Exemple : &#233;taler la dette grecque sur cent ans ! A 1% d'inflation par an, elle a fondu &#224; la fin. En reportant les dates de paiements, on facilite encore la man&#339;uvre. Pendant ce temps, les titres restent inscrits dans les bilans &#224; leur valeur faciale et tout reste en ordre puisque personne ne perd rien. Surtout que 80% de la dette grecque est en main des organismes publics dor&#233;navant. C'est un exemple et rien de plus. Mais cela montre que la question n'est pas technique. Elle est politique. Si cela est fait pour la Gr&#232;ce, alors pourquoi pas pour les autres ? Autrement dit, tout le syst&#232;me de l'ordolib&#233;ralisme s'effondre. Les trait&#233;s budg&#233;taires deviennent des chiffons de papier, le blabla aust&#233;ritaire s'enroue. Et ainsi de suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mes yeux, le plus frappant est l'incoh&#233;rence grandissante dans le camp des cr&#233;anciers. Le FMI m&#232;ne le bal des faucons. Souvenons-nous que c'est madame Merkel qui a demand&#233; et obtenu que le Fonds soit int&#233;gr&#233; dans la Tro&#239;ka o&#249;, normalement, il n'a rien a faire. Dans le cadre de la pagaille grandissante le FMI est en train de se vriller. Les derniers jours ont confirm&#233; &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/06/03/une-crise-peut-en-cacher-une-autre/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;ce que je disais dans ma pr&#233;c&#233;dente note&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#224; propos du r&#244;le du Fonds Mon&#233;taire International dans le cas grec. Avec l'Allemagne de Mme Merkel, le FMI de Christine Lagarde est le principal obstacle &#224; un accord honn&#234;te entre le gouvernement grec et ses cr&#233;anciers. Alors que les cr&#233;anciers avaient fini par se mettre d'accord entre eux mardi dernier, le FMI a menac&#233; unilat&#233;ralement de ne pas assumer sa part de responsabilit&#233; en cas d'accord avec le gouvernement grec. Il a menac&#233; de ne pas verser sa part d'aide ! Un nouveau raidissement dans l'intransigeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re intransigeance : le refus de la ren&#233;gociation de la dette grecque. Certains de mes lecteurs ont attir&#233; mon attention sur le fait que le FMI s'est dit, il y a quelques mois, favorable &#224; une restructuration de la dette grecque. C'est vrai. Mais cela ne doit tromper personne. Premi&#232;rement, comme les autres cr&#233;anciers, le FMI refuse cat&#233;goriquement d'ouvrir la discussion sur la restructuration avant le bouclage du programme actuel. Sa promesse n'engage donc que ceux qui la croient. Dans ce domaine, l'exp&#233;rience est tr&#232;s instructive. Les cr&#233;anciers ont d&#233;j&#224; fait des promesses de ce type sans les tenir. Ainsi avaient ils jur&#233; que si la Gr&#232;ce parvenait &#233;quilibrer son budget au point de d&#233;gager un exc&#233;dent avant le paiement annuel de sa dette (cela s'appelle un &#171; exc&#233;dent primaire &#187;), ils accepteraient de ren&#233;gocier. Le ministre de droite Samaras y parvint. Aucune ren&#233;gociation de la dette n'eut pourtant lieu. Deuxi&#232;mement, le FMI a &#233;voqu&#233; assez vaguement un allongement de la dur&#233;e de la dette. Mais en aucun cas une annulation, cela va de soi. Mais surtout pas la seule mesure r&#233;formiste raisonnable : une indexation des remboursements sur la croissance comme le r&#233;clame le gouvernement grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La provocation, dans l'histoire, c'est que le FMI envisage de restructurer la dette d&#233;tenue par la Banque centrale europ&#233;enne et les &#201;tats europ&#233;ens. Mais pas celle qu'il d&#233;tient lui-m&#234;me ! Chacun pour soi ! Faites ce que je dis, pas ce que je fais ! Or, depuis son &#233;lection en janvier dernier, c'est au FMI que le gouvernement Tsipras a vers&#233; l'&#233;crasante majorit&#233; de ses remboursements. Pr&#232;s de 3 milliards d'euros. Et c'est encore au FMI que sont dus 1,6 milliards d'euros ce mois de juin. Or, la Gr&#232;ce ne peut pas payer cette somme. Il ne suffirait pas de ren&#233;gocier les &#233;ch&#233;ances futures aupr&#232;s de la BCE. Il faut que le FMI accepte la restructuration imm&#233;diate de la dette grecque. Or, le dernier &#233;pisode montre le contraire. Le FMI a bien accept&#233; que la Gr&#232;ce regroupe ses 4 &#233;ch&#233;ances du mois de juin en une seule, &#224; la fin du mois. C'est une micro-restructuration en quelque sorte. Mais Mme Lagarde n'y est pour rien. Elle a &#233;t&#233; mise devant le fait accompli par l'ing&#233;niosit&#233; du gouvernement grec. En effet, Tsipras et les siens ont trouv&#233; et exploit&#233; une phrase du r&#232;glement du FMI qui pr&#233;voit une telle action. Mais j'ai lu que Mme Lagarde a d&#233;couvert la demande grecque et son caract&#232;re automatique seulement quelques minutes avant que les dirigeants du FMI n'en soient officiellement saisi. Le site internet &lt;i&gt;boursorama.fr&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.boursorama.com/actualites/dette-au-fmi-comment-la-grece-a-encore-gagne-du-temps-e38678088166830c542568bee3644876&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#233;crit ainsi&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; Dans la matin&#233;e de jeudi, la directrice g&#233;n&#233;rale du FMI, Christine Lagarde, affirmait ainsi ne pas &#034;&#234;tre inform&#233;e de ce genre de choses&#034;&#8230; quelques minutes seulement avant que le Fonds ne prenne acte de la requ&#234;te grecque. Le FMI a tenu &#224; pr&#233;ciser que la requ&#234;te n'avait m&#234;me pas &#224; &#234;tre approuv&#233;e par ses soins. En clair, le pays demandeur a juste &#224; 'informer' le FMI &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me intransigeance du FMI porte sur l'exigence d'une nouvelle baisse des pensions de retraites. Mme Lagarde ne cesse d'exiger une nouvelle r&#233;forme des retraites incluant des baisses dans les pensions, et un nouveau report de l'&#226;ge de la retraite. Le FMI exigerait m&#234;me la suppression de l'EKAS, une prime vers&#233;e en compl&#233;ment des retraites inf&#233;rieures &#224; 700 euros par mois, et qui va 30 &#224; 230 euros par mois, selon les revenus. Le journaliste de France 2, Fran&#231;ois Beaudonnet, a m&#234;me affirm&#233; dans le journal de 20h du 3 juin &#224; ce sujet que &#171; &lt;i&gt;le FMI est intraitable&lt;/i&gt; &#187;. Et il a pr&#233;cis&#233; &#171; &lt;i&gt;On me raconte qu'&#224; chaque d&#233;but de r&#233;union avec la Gr&#232;ce, le FMI dit : &#8220;bon alors, cette r&#233;forme des retraites'' &#187; &lt;/i&gt;en guise de provocation. Il parait que m&#234;me le pr&#233;sident de la Commission europ&#233;enne Jean-Claude Junker serait pr&#234;t &#224; l&#226;cher sur les retraites. Mais le FMI impose une ligne dure, emp&#234;chant toute discussion constructive. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du 4 juin &#233;crivait ainsi que &#171; &lt;i&gt;l'institution internationale a contribu&#233; &#224; bloquer les n&#233;gociations sur une liste de r&#233;formes contre des pr&#234;ts suppl&#233;mentaires &#224; Ath&#232;nes. Il exigeait encore, le week-end dernier, une r&#233;forme des retraites avec des baisses suppl&#233;mentaires du niveau des pensions &#187;. &lt;/i&gt;Quoi ? Les n&#233;gociations &#233;taient bloqu&#233;es &#224; cause du FMI ? Mais alors pourquoi accuser sans cesse le gouvernement grec ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tsipras et les Grecs ne peuvent accepter une nouvelle baisse des retraites. Le journaliste de &lt;i&gt;Latribune.fr&lt;/i&gt;, Romaric Godin, a tr&#232;s bien d&#233;montr&#233; pourquoi &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/alexis-tsipras-signe-l-echec-du-noeud-coulant-europeen-480339.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;dans un de ses r&#233;cents articles&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Des raisons &#233;conomiques et sociales &#233;videmment et des raisons politiques. Les retrait&#233;s grecs ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; saign&#233;s avec des baisses massives. Alors que le ch&#244;mage est massif, particuli&#232;rement chez les jeunes, les retrait&#233;s sont devenus un pilier financier indispensable &#224; la vie quotidienne d'une large part des familles du pays. Couper dans les retraites &#224; nouveau frapperait l'ensemble de la soci&#233;t&#233; grecque ! Politiquement enfin, Tsipras a toujours combattu les mesures d'aust&#233;rit&#233; en g&#233;n&#233;ral et les coupes dans les retraites en particuliers. Et m&#234;me le gouvernement de droite pr&#233;c&#233;dent avait refus&#233; ces coupes. Ce que le FMI exige, c'est ce qu'il n'a pas pu obtenir de la droite grecque ! Accepter ces coupes, serait un suicide &#233;conomique pour la Gr&#232;ce et un reniement suicidaire pour Tsipras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FMI sait tout cela. Mais il continue. Par sadisme ? Par dogmatisme id&#233;ologique ? Ou par panique ? Il aurait pourtant toute les raisons de faire profil bas. La Gr&#232;ce aura &#233;t&#233; un nouveau fiasco pour les docteurs Diafoirus du FMI. Leur cure d'aust&#233;rit&#233; devait remettre le malade sur pied ? C'&#233;tait la formule de Strauss-Kahn ! Elle a aggrav&#233; la crise, fait exploser le ch&#244;mage, la pauvret&#233; mais aussi la dette ! Echec total ! Les &#233;conomistes du FMI ont m&#234;me d&#251; reconna&#238;tre, piteux, cet &#233;chec. Ils ont avou&#233; avoir sous-estim&#233; l'impact n&#233;gatif des mesures d'aust&#233;rit&#233; sur l'&#233;conomie. Il n'y avait pourtant pas besoin d'&#234;tre un aigle pour s'en douter. L'histoire des ann&#233;es 1930 en Europe et plus r&#233;cemment en Am&#233;rique latine a d&#233;montr&#233; de mani&#232;re foudroyante la nullit&#233; de ces th&#233;ories &#233;conomiques. L'Am&#233;rique latine, surtout. La suite de ces sottises &#233;tait &#233;crite d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le FMI ne recule pas. Il assume son r&#244;le de gardien des exigences de la finance et des partisans de l'ordolib&#233;ralisme. Ce r&#244;le, c'est celui que lui a confi&#233; Angela Merkel, la chanceli&#232;re allemande au d&#233;but de la crise grecque. En 2010, c'est elle qui a impos&#233; aux autres Europ&#233;ens le recours au FMI. Il parait que Nicolas Sarkozy, alors pr&#233;sident fran&#231;ais, et Jean-Claude Junker, alors pr&#233;sident de l'Eurogroupe &#233;taient contre. Mais ils ont c&#233;d&#233; &#224; Mme Merkel. Pourquoi Mme Merkel tenait-elle tant &#224; la pr&#233;sence du FMI ? D'abord sans doute pour int&#233;grer les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique dans la discussion. Car au FMI, les &#201;tats-Unis, et eux seuls, ont un droit de veto. Et l'alignement de Mme Merkel sur les &#201;tats-Unis n'est plus &#224; d&#233;montrer. Les scandales de l'&lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/04/24/espionnage-lallemagne-sous-traitante-de-la-nsa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;espionnage de la France par les services secrets allemands au profit des agences de renseignements am&#233;ricaines&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; ont peut-&#234;tre d&#233;cill&#233; quelques yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le blocage en cours c'est, en quelque sorte, une application pouss&#233;e un peu plus loin de l'ordolib&#233;ralisme allemand. Que les peuples et les politiques ne se m&#234;lent pas d'&#233;conomie. Le FMI, par son statut, est hors de port&#233;e de tout changement populaire. C'&#233;tait donc l'alli&#233; parfait. Ce que &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#233;crit clairement : &#171; &lt;i&gt;le Fonds est aussi r&#233;guli&#232;rement critiqu&#233; &#224; Bruxelles pour son approche, jug&#233;e insuffisamment politique et peu adapt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; de la Gr&#232;ce. Plus r&#233;cemment, le fait que le FMI, fin 2014, ait contribu&#233; &#8211; d&#233;j&#224; &#8211; &#224; bloquer les n&#233;gociations qui s'&#233;taient engag&#233;es entre [le Premier ministre de droite] Samaras et les cr&#233;anciers du pays, sur la fin du deuxi&#232;me plan d'aide &#224; la Gr&#232;ce, ne passe pas non plus &#224; la Commission europ&#233;enne. De fait, si un accord avait &#233;t&#233; trouv&#233; &#224; ce moment-l&#224;, le psychodrame de ce printemps n'aurait probablement pas eu lieu&lt;/i&gt; &#187;. En 2010, l'arrogant ministre allemand des finances Wolfgang Sch&#228;uble &#233;tait contre l'appel au FMI, para&#238;t-il. Il souhaitait que le gouvernement allemand garde seul le dernier mot. Mais l'exp&#233;rience l'a fait changer d'avis. Il a r&#233;cemment salu&#233; le coup de ma&#238;tre de sa cheffe Merkel. C'&#233;tait dans sa r&#233;cente et stup&#233;fiante &lt;a href=&#034;http://www.lesechos.fr/monde/europe/02180594803-schauble-je-reflechirais-longuement-avant-de-repeter-quil-ny-aura-pas-de-faillite-de-la-grece-1121111.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;interview aux &lt;i&gt;Echos&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Il a dit &#171; &lt;i&gt;j'&#233;tais de l'avis que les Europ&#233;ens pourraient r&#233;gler entre eux. La chanceli&#232;re &#233;tait d'un autre point de vue et depuis, les faits lui ont donn&#233; raison&lt;/i&gt; &#187;. Le FMI remplit son r&#244;le au-del&#224; m&#234;me des esp&#233;rances de cet &lt;i&gt;ultra&lt;/i&gt; ! Et tant qu'il n'y a pas d'accord sur la fin du programme, il n'y a pas de discussion sur la restructuration de la dette grecque. Le FMI est le meilleur alli&#233; de Sch&#228;uble &#224; cette &#233;tape. Il ne fait aucun doute que si la discussion devait s'engager sur une restructuration de la dette grecque comme c'est indispensable, Sch&#228;uble reviendrait &#224; sa position de d&#233;part. Il pr&#233;pare d'ailleurs le terrain en rappelant que Christine Lagarde, lorsqu'elle &#233;tait ministre fran&#231;aise, &#233;tait &#233;galement contre l'intervention du FMI. Si jamais le FMI ne tient plus la ligne dure de Berlin, c'est l'Allemagne de Merkel et Sch&#228;uble qui reprendra la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre me dira-t-on encore que je surligne trop les faits. Ecoutez ceci. Depuis plusieurs mois &#224; l'initiative de l'Argentine, un comit&#233; technique de l'ONU a &#233;t&#233; constitu&#233; pour pr&#233;parer des propositions en vue d'un r&#232;glement universel pour les banqueroutes &#171; l&#233;gitimes &#187; des &#201;tats. Enfin ! Qui s'y oppose ? Onze pays de l'Union europ&#233;ennes ! Dont la France et l'Allemagne ! Ah les braves gens ! Ce n'est pas tout. Le comit&#233; en question s'est officiellement plaint de l'attitude m&#233;prisante de l'UE qui le tient &#224; l'&#233;cart de toute discussion et concertation &#224; propos du probl&#232;me des dettes souveraines en Europe ! Apr&#232;s quoi les m&#234;mes feront des gargarismes sur la mondialisation h&#233;las &#171; incontournable &#187; et autres blabla p&#233;dant pour enfumer les na&#239;fs ! La mondialisation n'est en rien une nouveaut&#233; dans l'histoire humaine ! Ce que nous affrontons c'est la globalisation financi&#232;re et ses chiens de garde qui emp&#234;chent la politique et les peuples de s'en m&#234;ler et d'y mettre de l'ordre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ach&#232;ve sur un point de m&#233;moire active et politique. Mme Lagarde s'&#233;tait montr&#233; bien moins exigeante avec les banques qu'avec la Gr&#232;ce. En 2010 lorsqu'elle &#233;tait ministre des Finances, elle n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; d&#233;bloquer des dizaines de milliards d'euros d'argent public pour renflouer les banques frapp&#233;es par la crise des subprimes. De m&#234;me qu'en atteste la louche rapidit&#233; avec laquelle une banque en particulier a pu b&#233;n&#233;ficier de &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/06/20/kerviel-est-innocent/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;1,7 milliards d'euros de r&#233;duction fiscale&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; en accusant le trader J&#233;r&#244;me Kerviel. Mme Lagarde s'est aussi montr&#233; tr&#232;s conciliante avec les banques lorsqu'en 2010 et 2011, les Etats europ&#233;ens, le FMI et la Banque centrale europ&#233;enne leur ont rachet&#233; les titres de dettes publiques grecques qu'elles d&#233;tenaient. La crise d'aujourd'hui vient de l&#224;. Si la Gr&#232;ce fait d&#233;faut, les Etats, le FMI et la BCE perdront leurs cr&#233;ances. Mais ce ne sera pas la faute de Tsipras. Ce sera la faute de Lagarde, Merkel, Sarkozy et les autres qui ont d&#233;cid&#233; de collectiviser les dettes priv&#233;es des banques plut&#244;t que de laisser leurs actionnaires assumer les cons&#233;quences de leurs &#171; risques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique est &#224; la base de la nouvelle campagne d'affiches du Parti de gauche. Le slogan est &#171; &lt;i&gt;si la Gr&#232;ce &#233;tait une banque, elle serait d&#233;j&#224; sauv&#233;e !&lt;/i&gt; &#187;. Mme Lagarde s'en serait certainement occup&#233;e dans la minute. En attendant, le bilan est &#233;crasant. Ce que nous, les &#171; r&#234;veurs &#187;, les &#171; irresponsables &#187;, nous annoncions, se r&#233;alise sous nos yeux. Leurs solutions, m&#234;me du point de vue capitaliste, sont absurdes et dangereuses. Tout cela finira comme c'est &#233;vident : personne ne paiera la dette ! Comment r&#233;gler cette situation in&#233;luctable : par la crise ouverte ou par les solutions en sifflet que nous proposons depuis le d&#233;but ? &#192; ce point de la situation, nous pourrions bien gagner sur tous les tableaux. Qui pleurera sur l'Union europ&#233;enne actuelle si elle va au foss&#233; ? On ne fait pas boire un &#226;ne qui n'a pas soif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2015/06/09/lunion-europeenne-prise-a-son-propre-piege-grec/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris le 9 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.)]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fran&#231;ois Hollande tout nu (politiquement) </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Francois-Hollande-tout-nu-politiquement</link>
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		<dc:date>2014-01-17T10:18:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Luc M&#233;lenchon</dc:creator>



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&lt;p&gt;On ne doit pas sous-estimer l'ampleur du virage assum&#233; par Fran&#231;ois Hollande &#224; l'occasion de sa conf&#233;rence de presse. Certes, il est bien le m&#234;me homme que celui dont j'ai d&#233;crypt&#233;, dans mon livre &#171; En qu&#234;te de gauche &#187;, le parcours id&#233;ologique depuis 1983. &lt;br class='autobr' /&gt; Inconnu &#224; l'&#233;poque, ses premi&#232;res tribunes de presse l'alignaient sur ce courant &#171; d&#233;mocrate &#187;, parti des Etats-Unis, qui a connu ensuite une escalade de surench&#232;res lib&#233;rales. De Tony Blair &#224; Gerhard Schr&#246;der, une pente a &#233;t&#233; prise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On ne doit pas sous-estimer l'ampleur du virage assum&#233; par Fran&#231;ois Hollande &#224; l'occasion de sa conf&#233;rence de presse. Certes, il est bien le m&#234;me homme que celui dont j'ai d&#233;crypt&#233;, dans mon livre &#171; &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/bibliotheque-virtuelle/en-quete-de-gauche/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;En qu&#234;te de gauche&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, le parcours id&#233;ologique depuis 1983.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Inconnu &#224; l'&#233;poque, ses premi&#232;res tribunes de presse l'alignaient sur ce courant &#171; d&#233;mocrate &#187;, parti des Etats-Unis, qui a connu ensuite une escalade de surench&#232;res lib&#233;rales. De Tony Blair &#224; Gerhard Schr&#246;der, une pente a &#233;t&#233; prise par la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne, dont Hollande a &#233;t&#233; l'instrument en France. Elle s'est d&#233;ploy&#233;e jusqu'&#224; la d&#233;ch&#233;ance totale, avec la capitulation de Papandr&#233;ou en Gr&#232;ce devant l'assaut de la finance, mais aussi avec les gouvernements de grande coalition &#224; r&#233;p&#233;tition en Allemagne et dans plusieurs pays d'Europe. Certes, la pr&#233;c&#233;dente conf&#233;rence de presse pr&#233;sidentielle, en novembre 2012, avait d&#233;j&#224; affich&#233; le paysage mental et sa conversion publique &#224; la &#171; politique de l'offre &#187;, caract&#233;ristique de la pens&#233;e &#233;conomique de droite. Mais les journalistes ont raison de dire que c'est un franchissement qu'il a op&#233;r&#233; cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le coup de barre &#224; droite le plus violent d'un gouvernant de gauche depuis Guy Mollet&lt;/strong&gt;. Elu pour faire la paix en Alg&#233;rie, et qui envoya le contingent au combat. Hollande a &#233;t&#233; &#233;lu pour tourner la page de Sarkozy et faire la guerre &#224; la finance. De cela, il ne reste rien. Au contraire. Un journaliste lui fait faire un aveu &#233;norme. Quelle diff&#233;rence avec la politique de Sarkozy ? De sa propre bouche : la diff&#233;rence serait que lui ferait ce que l'autre &#233;tait incapable de faire en mati&#232;re de politique &#233;conomique de droite ! Autrement dit, vu depuis notre balcon, il se vante d'&#234;tre pire que Nicolas Sarkozy. Dans les chiffres, c'est d'ailleurs vrai. Fillon avait r&#233;duit de 15 milliards la d&#233;pense publique. Hollande a tripl&#233; la soustraction. Quant &#224; &#171; la guerre &#224; la finance &#187;&#8230; c'est l'illustration caricaturale de l'adage de Charles Pasqua selon lequel les promesses n'engagent que ceux qui les croient. Nous, les militants politiques, les citoyens &#233;clair&#233;s, nous sommes peu surpris. Nous savions a quoi nous en tenir sur le fond. Mais ce savoir nous &#233;gare parfois. Nous croyons que tout le monde sait comme nous et nous sous-estimons les effets de d&#233;moralisation collective de tous ceux qui d&#233;couvrent la r&#233;alit&#233;, surtout quand ils n'avaient pas envie de la conna&#238;tre. Et nous sous-estimons la part d'autorit&#233; que des personnages comme Fran&#231;ois Hollande, du fait de leur fonction, peuvent avoir sur l'esprit public. Quand il r&#233;p&#232;te le cat&#233;chisme lib&#233;ral sans d&#233;monstration, en ass&#233;nant comme des &#233;vidences des refrains id&#233;ologiques pris chez nos adversaires, il conforte l'id&#233;ologie dominante et les pr&#233;jug&#233;s de notre temps d'obscurantisme. C'est cela que nous payons le plus cher ensuite. Cela provoque tant de r&#233;signation, tant de conformisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pression m&#233;diatique et les circonstances ont obtenu cet &#171; &lt;i&gt;outing&lt;/i&gt; &#187; du scooteriste masqu&#233;&lt;/strong&gt;. Je crois aussi qu'au PS comme dans notre gauche, nombreux sont ceux qui auraient pr&#233;f&#233;r&#233; que l'ambigu&#239;t&#233; demeure pour faciliter les petits arrangements. La pression de l'&#233;v&#233;nement priv&#233; imposait &#224; Hollande une posture qui d&#233;mente sa r&#233;putation de duplicit&#233; permanente et universelle. Les journalistes l'ont cueilli cuit &#224; point. Ils ont obtenu une clarification dont je suis certain que ce rou&#233; aurait esp&#233;r&#233; se dispenser pour mieux continuer &#224; emberlificoter tout le monde. Certes, le fond ne change pas. Mais tout n'est pas &#233;gal. Un saut qualitatif a &#233;t&#233; op&#233;r&#233;. Le nouveau pacte blabla donne 15 milliards de plus au MEDEF. Au total, les deux derniers plans blabla offrent 35 milliards d'argent frais au MEDEF, pris int&#233;gralement sur la consommation populaire ! Voil&#224; pour les faits. En assumant publiquement le tournant, Fran&#231;ois Hollande franchit aussi un seuil symbolique. Dans la vie publique, surtout venant du monarque r&#233;publicain, les mots sont des fronti&#232;res autant que des passerelles avec le r&#233;el ! La conf&#233;rence de presse de Hollande a mis un point final &#224; la singularit&#233; du PS dans la social-d&#233;mocratie mondiale et europ&#233;enne. Ce n'est pas tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le coup de force id&#233;ologique va devenir un coup de force politique&lt;/strong&gt;. En demandant un vote de confiance au Parlement, la &#171; gauche du PS &#187; et les Verts doivent valider la brutale formule productiviste et antisociale qui r&#233;sume tout sur le plan de la philosophie politique : &#171; l'offre cr&#233;&#233; la demande &#187;. Il va leur falloir l'avaler en plus des cadeaux au patronat, en plus de l'ANI, en plus de la retraite &#224; 66 ans, en plus de&#8230; en plus de&#8230; Je connais leur gosier de boa, et leur art de manger tout en parlant contre le menu, mais tout de m&#234;me ! Toute la gauche repr&#233;sent&#233;e au Parlement est mise au pied du mur. Ce sera la mesure de la sinc&#233;rit&#233; de bien des joueurs de fl&#251;te ! Puisque je suis sur le sujet de la doctrine, encore une pr&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hollande accepte l'&#233;tiquette &#171; social-d&#233;mocrate &#187;&lt;/strong&gt;. C'est une usurpation de plus. Il y a, bien s&#251;r, les raisons de fond propre au paysage et &#224; l'histoire de la gauche fran&#231;aise. La social d&#233;mocratie est une forme d'organisation de la gauche o&#249; le parti et le syndicat sont intimement li&#233;s. Ils le sont non seulement dans l'action mais par les structures et par l'histoire. D'ailleurs tant&#244;t c'est le parti qui a cr&#233;&#233; le syndicat tant&#244;t c'est l'inverse. Tel est le cas dans tous les pays de l'Europe du nord et en Angleterre. Rien de cela n'a jamais pu exister en France. A mes yeux c'est tant mieux. Donc qu'est-ce que cette social d&#233;mocratie &#224; la Hollande o&#249; syndicat et parti se tournent le dos ? Elle n'existe pas. Quoiqu'il en soit admettons au moins que la social-d&#233;mocratie c'est une m&#233;thode ou les avanc&#233;es combinent les rapports de forces sociaux et la n&#233;gociation pour finir avec des compromis. Il n'y a pas trace de rapport de force, de n&#233;gociation ni d'un compromis propre &#224; la social-d&#233;mocratie d'autrefois dans la m&#233;thode Hollande. Lui fait des cadeaux &#171; secs &#187; aux actionnaires. Aucune contre-partie, aussi ferme et chiffr&#233;e que le sont ces cadeaux, n'est exig&#233;e du grand patronat. O&#249; est l'espace de &#171; n&#233;gociation &#187; avec des m&#233;thodes de concession pr&#233;alable, unilat&#233;rale et sans condition comme ce fut le cas pour l'ANI, la retraite &#224; 66 ans et &#224; pr&#233;sent ? Ou est le rapport de force si le gouvernement trace les concessions avant le d&#233;but de la discussion ? Ce n'est pas tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e social-d&#233;mocrate c'est &#171; le partage des fruits de la croissance &#187;&lt;/strong&gt;. Illusion productiviste lamentable, certes, qui suppose un monde en croissance permanente sans limite dans un monde limit&#233;. Mais du moins s'agit-il de partage de la richesse. Ici, il n'y a aucun partage. C'est 15 milliards donn&#233;s d'un c&#244;t&#233;, et de l'autre, dans le meilleur des cas, des promesses de &#171; cr&#233;ation d'emploi &#187;. A supposer qu'elles se traduisent dans les faits, ce dont nous n'avons pas le premier indice, quel genre d'&#233;change est-ce l&#224; ? De la richesse c&#233;d&#233;e aux uns en &#233;change, pour les autres, du droit de produire encore plus de richesses a r&#233;partir tout aussi in&#233;galitairement ! Et quel est le contenu de ces emplois &#171; offerts en contrepartie &#187; ? Ce sont des emplois socialement d&#233;grad&#233;s &#224; faible prix pour permettre le paiement des 15 milliards de cadeaux. Des emplois &#224; moindre pouvoir d'achat car les &#233;conomies de d&#233;penses publiques sont des d&#233;penses priv&#233;es suppl&#233;mentaires des m&#233;nages. Et voil&#224; Hollande, feignant de s'indigner contre ceux qui pensent voir dans sa politique une suite de cadeaux &#224; la finance ! Il oublie de rappeler que (presque) rien de ce torrent d'argent donn&#233; au grand patronat ne se retrouve en investissement. Mais beaucoup repart en dividendes. Tout cela, les chiffres le montrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que fait Hollande c'est du social-lib&#233;ralisme&lt;/strong&gt;. Ce vocable, pourtant approximatif, d&#233;crit bien la nouvelle matrice o&#249; sont coll&#233;es bout &#224; bout la priorit&#233; donn&#233;e au march&#233;, la concurrence libre et non fauss&#233;e europ&#233;enne, et &#171; les valeurs &#187; soci&#233;tales mais a-sociales des classes moyennes sup&#233;rieures urbaines. Telle est la ligne &#171; d&#233;mocrate &#187; en cours depuis les ann&#233;es quatre-vingt dans l'Internationale socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis le d&#233;but de l'offensive &#171; d&#233;mocrate &#187; en France&lt;/strong&gt;, le danger est qu'il n'y ait plus de gauche politique dans notre pays, comme c'est le cas en Italie, laboratoire de pointe de la nouvelle orientation du mouvement social-d&#233;mocrate. C'est cette issue dont nous avons coup&#233; la route avec la cr&#233;ation du Front de gauche. D'o&#249; l'acharnement des solf&#233;riniens &#224; le briser par tous les moyens. Je n'en dis pas davantage. Mes lecteurs sont assez avertis pour rapporter cette affirmation au contexte. Ainsi donc, non, il ne s'agit pas d'une &#171; gueguerre &#187; ou d'une &#171; bisbille &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/01/15/il-faut-une-opposition-de-gauche-dans-ce-pays/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;comme disent certains commentateurs au front bas&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il n'y a aucun probl&#232;me de personne au Front de gauche. Personnellement, je n'&#233;prouve ni jalousie ni frustration. Mais il y a un lourd probl&#232;me d'orientation. C'est un d&#233;bat strat&#233;gique de fond. L'ind&#233;pendance politique &#224; l'&#233;gard du PS est une question fondatrice que n'&#233;vacuent pas de simples simagr&#233;es sur &#171; la gauche rassembl&#233;e &#187; et autres balivernes qui servent de bou&#233;e de sauvetage au naufrage des &lt;i&gt;solf&#233;riniens&lt;/i&gt;. Que certains secteurs du PCF assument leur orientation et s'allient s'ils le jugent utile avec les &lt;i&gt;solf&#233;riniens&lt;/i&gt; d&#232;s le premier tour. C'est leur droit. Il doit &#234;tre respect&#233;. Mais qu'il n'implique pas les autres composantes de force dans leurs choix. Notre droit aussi doit &#234;tre respect&#233;. Nous ne voulons pas &#234;tre impliqu&#233;s. Nous ne le serons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tout au contraire, sous un sigle sans compromission&lt;/strong&gt;, il faut travailler &#224; la formation d'une opposition de gauche dont le vote de confiance peut &#234;tre le point de d&#233;part. Elle ne peut se r&#233;sumer au Front de gauche. Et elle ne peut non plus se gargariser de rencontres et &#171; convergences &#187; avec les secteurs du PS trop bien nourris pour pousser l'audace au-del&#224; du coup de gueule m&#233;diatique inoffensif et sans cons&#233;quence pratique. Tous ceux qui pr&#233;tendaient qu'on est &#171; plus utile dedans que dehors &#187; au PS, qu'ils l'aient r&#233;ellement cru ou pas, sont plac&#233;s devant le choix entre les mots et les actes. Ceux qui ont voulu donner a l'&#233;cologie politique sa chance gouvernementale voient bien aussi que la fronti&#232;re entre le compromis et le reniement est atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt; pour son &lt;a href='https://www.elcorreo.eu.org/Le Blog de Jean-Luc M&#233;lenchon-&gt;http:/www.jean-luc-melenchon.fr/'&gt;&lt;strong&gt;Blog&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://www.jean-luc-melenchon.fr/2014/01/16/hollande-tout-nu-politiquement/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Blog de Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le 16 janvier 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&lt;strong class=&#034;caractencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Luc M&#233;lenchon&lt;/strong&gt;, n&#233; &#224; Tanger au Maroc1, est un homme politique fran&#231;ais. Militant socialiste &#224; partir de 1977, il est successivement &#233;lu conseiller municipal en (1983), conseiller g&#233;n&#233;ral (1985) puis s&#233;nateur en 1986, 1995 et 2004, enfin d&#233;put&#233; europ&#233;en en 2009. Il est ministre de l'Enseignement professionnel de 2000 &#224; 2002, dans le gouvernement Jospin. Il fait partie de l'aile gauche du Parti socialiste jusqu'au congr&#232;s de Reims de 2008, &#224; l'issue duquel il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG), dont il devient d'abord pr&#233;sident du bureau national, et puis, copr&#233;sident, fonction qu'il conserve jusqu'en 2014. Il est le candidat du [Front de gauche&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2012, o&#249; il arrive en quatri&#232;me position au premier tour, avec 11,10 % des voix.)]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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