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		<title>Que signifie la crise US pour le monde ?</title>
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		<dc:date>2013-10-04T14:38:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fiodor Luki&#225;nov *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le monde commence &#224; s'habituer &#224; la nouvelle Am&#233;rique, un pays de la part duquel on peut s'attendre &#224; tout. La machine politique am&#233;ricaine a toujours &#233;t&#233; fi&#232;re de sa capacit&#233; &#224; trancher les extr&#234;mes pour trouver le juste milieu. &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui la situation a chang&#233;. Des conflits graves &#233;clatent au sein des partis &#224; droite comme &#224; gauche et les positions radicales finissent par dominer, notamment chez les r&#233;publicains. La &#034;coupure de courant&#034; actuelle au gouvernement f&#233;d&#233;ral ne devrait (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le monde commence &#224; s'habituer &#224; la nouvelle Am&#233;rique, un pays de la part duquel on peut s'attendre &#224; tout. La machine politique am&#233;ricaine a toujours &#233;t&#233; fi&#232;re de sa capacit&#233; &#224; trancher les extr&#234;mes pour trouver le juste milieu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aujourd'hui la situation a chang&#233;. Des conflits graves &#233;clatent au sein des partis &#224; droite comme &#224; gauche et les positions radicales finissent par dominer, notamment chez les r&#233;publicains. La &#034;coupure de courant&#034; actuelle au gouvernement f&#233;d&#233;ral ne devrait pourtant pas durer car ces querelles de politiciens, qui manquent ainsi &#224; leur devoir de compromis, fait du tort &#224; la r&#233;putation des deux partis et irrite les &#233;lecteurs. C'est pourquoi une entente est probable avant mi-octobre. D'ici l&#224; une nouvelle augmentation du plafond de la dette publique am&#233;ricaine sera n&#233;cessaire, au contraire de quoi les USA ne pourront pas remplir leurs obligations aupr&#232;s des cr&#233;anciers. Si vraiment c'&#233;tait le cas la perturbation serait d'&#233;chelle mondiale et le pr&#233;judice tr&#232;s important pour l'&#233;conomie. Il est donc certain qu'apr&#232;s avoir bien tap&#233; sur les nerfs de tout le monde les politiciens am&#233;ricains trouveront un terrain d'entente au dernier moment. Du moins jusqu'&#224; la prochaine crise car une fois de plus, la solution sera un &#233;quilibre - fragile par d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La superpuissance am&#233;ricaine n'est pas secou&#233;e par hasard : elle entre en p&#233;riode de remise en question. Apr&#232;s la Guerre froide les Etats-Unis pensaient &#234;tre capables de tout : cette &#233;poque est r&#233;volue. Il y a dix ans on d&#233;battait beaucoup sur la &#034;surtension imp&#233;riale&#034; &#8211; Washington n'aurait-il pas endoss&#233; un fardeau mondial insurmontable ? Aujourd'hui on passe de la th&#233;orie &#224; la pratique. La Syrie est le premier dossier sur lequel l'opinion publique est compl&#232;tement oppos&#233;e &#224; l'intervention militaire depuis longtemps. Selon les commentateurs, le fait que pr&#232;s des trois quart des Am&#233;ricains ne veuillent pas d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient est logique mais une autre chose l'est moins : ces m&#234;mes personnes sont s&#251;res que Bachar al-Assad a utilis&#233; des armes chimiques contre la population civile. Il y a 5 ou 7 ans, le public aurait accept&#233; sans h&#233;sitation de &#034;punir le mal&#034; sous pr&#233;texte que l'Am&#233;rique est une &#034;cit&#233; sur la colline&#034;, un &#034;bastion de la vertu&#034;. L'opinion a chang&#233; depuis et pourrait se r&#233;sumer ainsi : &#034;La trag&#233;die syrienne est terrible mais ce n'est pas notre affaire, nous avons d&#233;j&#224; suffisamment de probl&#232;mes&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent les politiciens doivent s'adapter &#224; l'opinion pour ne pas perdre sa confiance sur d'autres questions int&#233;rieures plus importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ordre du jour en mati&#232;re de politique nationale prime d&#233;sormais sur la politique &#233;trang&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les man&#339;uvres internationales d'Obama sont avant tout associ&#233;es &#224; sa volont&#233; de ne pas perdre des points dans son pays. Et pour les opposants r&#233;publicains il est incomparablement plus important d'enterrer la r&#233;forme de la sant&#233; - cause de l'impasse politique actuelle - que de prendre soin de l'image ext&#233;rieure de l'Am&#233;rique. Il y a deux ans lors d'un autre conflit sur la dette publique, le monde entier avait aval&#233; des antid&#233;presseurs jusqu'&#224; la derni&#232;re minute : le congr&#232;s et l'administration Obama avaient finalement eu la cl&#233;mence de s'entendre pour &#233;viter le d&#233;faut de paiement. Il faut probablement s'attendre au m&#234;me sc&#233;nario cette fois encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par un &#034;geste l&#233;ger de la main&#034; de Vladimir Poutine, qui a critiqu&#233; dans le New York Times la notion &#034;d'exclusivit&#233; am&#233;ricaine&#034;, ce th&#232;me s'est retrouv&#233; sous le feu des projecteurs. Aujourd'hui le pays occupe effectivement une place unique dans le syst&#232;me mondial et pour cette raison toute la plan&#232;te est secou&#233;e lorsque des querelles int&#233;rieures commencent aux Etats-Unis. L'aspiration actuelle de nombreux pays &#224; un monde multipolaire n'est pas de l'antiam&#233;ricanisme : simplement la volont&#233; de ne pas d&#233;pendre autant d'un centre unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre chose : la politique am&#233;ricaine est cyclique. La phase d'ascension progressive de la puissance mondiale a commenc&#233; il y a pr&#232;s d'un si&#232;cle et depuis, l'Am&#233;rique a mont&#233; les marches pour passer leader de l'h&#233;misph&#232;re, puis leader en Occident et enfin leader mondial. Mais jusqu'ici les USA avaient une r&#232;gle, qui consistait &#224; ne pas s'ing&#233;rer dans les affaires ne concernant pas directement ses int&#233;r&#234;ts. Assisterait-on aujourd'hui au d&#233;but d'un nouveau cycle ? Dans une &#233;conomie mondiale, l'isolationnisme classique est impossible. Mais refuser de gaspiller de l'argent, des efforts, et r&#233;tr&#233;cir un peu l'horizon pourrait tout &#224; fait remplacer l'ancienne approche sur le mode &#034;tout nous concerne parce que nous sommes la seule superpuissance&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans trois ans les Etats-Unis choisiront leur nouveau pr&#233;sident : il pourrait s'agir de l'&#233;lection la plus int&#233;ressante et la plus importante depuis des ann&#233;es. En prenant le pouls de la soci&#233;t&#233; il est facile de s'imaginer que les candidats personnifieront deux notions compl&#232;tement diff&#233;rentes de l'avenir. L'un appellera &#224; revenir aux traditions de Reagan ou de Clinton l'autre &#224; s'&#233;loigner au maximum de tout pour s'occuper des propres probl&#232;mes du pays en priorit&#233;. La seconde option reste encore impossible &#224; imaginer. Mais toute l'histoire r&#233;cente est une chronique de l'impossible qui devient possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les relations russo-am&#233;ricaines paraissent tr&#232;s &#233;tranges dans ce contexte. D'une part pr&#233;dominent une ali&#233;nation et des divergences flagrantes concernant les notions de base de politique nationale et l'ordre mondial. Tout comme l'absence d'un ordre du jour tourn&#233; vers l'avenir : les anciens th&#232;mes sont pratiquement &#233;puis&#233;s sans que de nouveaux soient apparus. D'un autre c&#244;t&#233;, les deux Etats sont entr&#233;s dans une phase de r&#233;flexion sur l'avenir, y compris sur leur r&#244;le dans le monde. En d&#233;pit de toutes leurs diff&#233;rences &#233;videntes la situation de la Russie et des USA est, quelque part, similaire. Les priorit&#233;s des deux d&#233;cennies postsovi&#233;tiques ont &#233;t&#233; mises en &#339;uvre &#8211; du moins dans la mesure du possible. Moscou a repris son r&#244;le de centre d'influence &#224; prendre en consid&#233;ration et au s&#233;rieux, aussi bien dans les pays voisins que dans les affaires internationales. Et apr&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une position d'objection ferme ne suffit pas &#224; l'Am&#233;rique ni &#224; ses alli&#233;s sur la plupart des questions. Premi&#232;rement le monde n'a pas besoin d'un conflit mais de solutions, tant la situation est grave. Deuxi&#232;mement, au fur et &#224; mesure de l'affaiblissement des Etats-Unis sur l'ar&#232;ne internationale on ne s'interroge pas tant sur la fa&#231;on de s'y opposer mais plut&#244;t sur la mani&#232;re de combler le vide d'influence qui appara&#238;t. On se demande qui est pr&#234;t &#224; remplir le r&#244;le de r&#233;glementateur dans les relations internationales. La Chine ? Tous les regards sont tourn&#233;s vers elle mais elle n'a certainement pas l'intention de le faire. La Russie s'en passerait &#233;galement volontiers mais au vu des particularit&#233;s de son &#233;conomie et de sa position g&#233;opolitique elle sera la premi&#232;re &#224; ressentir les cons&#233;quences de ce chaos mondial. Par cons&#233;quent, Moscou aura besoin d'apprendre &#224; jouer un r&#244;le pacificateur - et non provocateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dossier syrien est la premi&#232;re tentative s&#233;rieuse men&#233;e par Moscou pour s'affirmer comme tel. C'est un risque. Renoncer &#224; la position du &#034;monsieur Non&#034;, qui consiste &#224; bloquer toute proposition au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unis est plus s&#251;r que d'entrer dans un grand jeu diplomatique. Mais on ne peut pas s'en passer. Le fait qu'une proposition qui semblait utopique il y a seulement quelques semaines surmonte pour l'instant toutes les entraves politiques montre qu'il existe un besoin de v&#233;ritable diplomatie. Elle est n&#233;cessaire. Et avant tout aux Etats-Unis qui, pour des raisons mentionn&#233;es plus t&#244;t, surestiment &#233;galement leurs r&#233;els besoins et possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque de la Guerre froide, Moscou et Washington d&#233;cidaient de tout dans le monde - ou plut&#244;t tout d&#233;pendait d'eux. Aujourd'hui la situation a chang&#233; mais tout ou presque d&#233;pend toujours de ces deux puissances, car il s'av&#232;re qu'aucun autre joueur n'est capable de prendre l'initiative pour changer la disposition de l'&#233;chiquier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fiodor Luki&#225;nov&lt;/strong&gt; pour RIA Novosti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://fr.ria.ru/tribune/20131003/199457586.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;RIANovosti&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Russie, le 3 octobre 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
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&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;* &lt;strong&gt;Fiodor Luki&#225;nov&lt;/strong&gt; il est diplom&#233; de l'Universidad Estatal de Mosc&#250; est actuel president du Conseille de Pol&#237;tique Exterior et Defense. Et r&#233;dacteur en chef du magazine Russia in Global Affairs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
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&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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