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	<title>El Correo</title>
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		<title>Corruption, l'origine du probl&#232;me</title>
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		<dc:date>2013-08-03T14:44:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Natalia Zuazo *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Qu'est-ce que la corruption au-del&#224; d'un sujet dans les m&#233;dias et les campagnes &#233;lectorales ? Sont&#8211;elle d&#233;pass&#233;es les id&#233;es qui la liaient &#224; la nature humaine et &#224; la culture, l'&#233;conomie et les sciences sociales ont trouv&#233; d'autres explications. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous venons de la Gr&#232;ce. De l&#224; vers le bas, tout &#233;tait destin&#233; &#224; empirer. Nous aimons insister sur cette tradition classique, o&#249; toute r&#233;flexion sur l'ordre politique est aussi une r&#233;flexion morale. Depuis ce pi&#233;destal on continue &#224; regarder (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que la corruption au-del&#224; d'un sujet dans les m&#233;dias et les campagnes &#233;lectorales ? Sont&#8211;elle d&#233;pass&#233;es les id&#233;es qui la liaient &#224; la nature humaine et &#224; la culture, l'&#233;conomie et les sciences sociales ont trouv&#233; d'autres explications.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous venons de la Gr&#232;ce. De l&#224; vers le bas, tout &#233;tait destin&#233; &#224; empirer. Nous aimons insister sur cette tradition classique, o&#249; toute r&#233;flexion sur l'ordre politique est aussi une r&#233;flexion morale. Depuis ce pi&#233;destal on continue &#224; regarder l'Occident, son id&#233;e de d&#233;mocratie, et aussi son id&#233;al de chef politique. De Platon &#224; Machiavel, l'id&#233;e du dirigeant aura l'&#233;thique comme un a priori &#224; l'action, avec la vocation (quand ce n'est pas la religion) comme guide pour le bien commun. Ce n'est pas un hasard si, Machiavel, le premier qui s&#233;pare la politique de l'&#233;thique, devra demeurer du c&#244;t&#233; immoral du monde quand la bourgeoisie, confirm&#233;e avec tout son pouvoir apr&#232;s la R&#233;volution Industrielle, pr&#233;f&#233;rera &#171; &lt;i&gt;renvoyer l'inconfortable Machiavel (et Hobbes) et retenir le mod&#233;r&#233; et pond&#233;r&#233; Locke (et Montesquieu), qui lui fournissent un justificatif beaucoup plus rassurant, plus id&#233;alis&#233; et &#233;l&#233;gant pour sa R&#233;publique de Propri&#233;taires : c'est-&#224;-dire, pour sa domination de classe&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eduardo Gr&#252;ner, &#171; La astucia del le&#243;n y la fuerza del zorro &#187;, en A. Bor&#243;n (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; De l&#224; vers en bas, ou nous satisfaisons ou sommes destin&#233;s &#224; la corruption.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Depuis la philosophie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Dans Alcibiade, Platon d&#233;veloppe l'id&#233;e que pour gouverner les autres, un chef doit d'abord pouvoir se gouverner lui-m&#234;me. Cette id&#233;e est encore dans le berceau de notre compr&#233;hension du politique&lt;/i&gt; &#187;, explique le philosophe Dar&#237;o Sztajnszrajber. &#171; &lt;i&gt;Pour Platon, l'&#234;tre humain est un ensemble de forces en conflit qui interagissent, comme dans la soci&#233;t&#233;. Un bon chef est celui qui arrive &#224; trouver le contr&#244;le de soi dans la force de la raison et &#224; partir l&#224;, il gouverne les autres, comme un sage&lt;/i&gt; &#187;. Sur cet id&#233;al platonique repose l'origine de la politique comme vocation, comme un but presque m&#233;taphysique, capable de guider le dirigeant vers le bien commun et de l'&#233;loigner des corruptions, depuis les sensibles (auxquelles incitent les instincts du corps) jusqu'aux mat&#233;rielles (que produit le gouvernement). C'est pourquoi pour Platon, l'&#233;ducation des futurs dirigeants &#233;tait fondamentale, en leur faisant croire leur origine sup&#233;rieure, leur sang bleu, leur provenance m&#233;taphysique diff&#233;rente du reste des hommes. &#171; &lt;i&gt;On isolait les enfants de leur famille et de leur propri&#233;t&#233; pour arriver au pouvoir d&#233;sint&#233;ress&#233; de l'argent et de toute ambition personnelle&lt;/i&gt; &#187;, indique Sztajnszrajber. L'&#233;ducation du chef impliquait un chemin d'obstacles, o&#249; les jeunes devaient d&#233;montrer leur r&#233;sistance aux pi&#232;ges, &#224; la violence et aux plaisirs. Rester incorruptibles pour atteindre ensuite le plus haut lieu. Et l&#224; au sommet, oui, d&#233;cider de tout, y compris de mentir au peuple, guid&#233;s par leur raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Sztajnszrajber, cet id&#233;al a des cons&#233;quences claires aujourd'hui. &#171; &lt;i&gt;On vote encore pour un dirigeant en donnant la priorit&#233; &#224; sa capacit&#233; de gestion de ses principes politiques. Gouverne &#171; celui qui sait &#187;, mais on a perdu de vue que toute technique suppose une id&#233;ologie, qui de cette mani&#232;re se rend invisible&lt;/i&gt; &#187;. Sur cette supposition, suivre la vocation publique et la s&#233;parer de la vie priv&#233;e c'est tout ce dont on a besoin. Mais, plong&#233;s dans le capitalisme, ces id&#233;aux posent g&#233;n&#233;ralement d'autres probl&#232;mes. Le premier est que penser quelque chose &#171; &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; &#187;, militer &#171; &lt;i&gt;parce que&lt;/i&gt; &#187;, ou sans pr&#233;tention de b&#233;n&#233;fices, cela pr&#233;sume toujours quelque chose de dissimul&#233;, une magouille. Le second probl&#232;me &#8211; parmi beaucoup d'autres- c'est la mince possibilit&#233; de changement. Un exemple clair est la vocation religieuse, o&#249; un pr&#234;tre ayant un d&#233;sir sexuel &#8211; bien qu'il ne commette aucun d&#233;lit- se convertit automatiquement en un cas corrompu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans la perception sociale, tout n'est pas si blanc ou noir. Les gens aiment Maradona bien qu'il soit misogyne et il se soit drogu&#233; &#224; n'en plus finir. Silvio Berlusconi a &#233;t&#233; maintes fois accus&#233; non seulement de corruption et de connexions avec la maffia, mais d'avoir une vie priv&#233;e &#224; la fronti&#232;re de l'acteur porno, et toutefois il a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu &#224; plusieurs reprises par le vote populaire. Ailleurs, un gouvernement mod&#233;r&#233; avec des taux de croissance &#233;lev&#233;s permet de pardonner jusqu'aux tentations charnelles, comme cela s'est pass&#233; avec Bill Clinton, qui a continu&#233; &#224; gouverner avec un &lt;i&gt;not guilty&lt;/i&gt; de la Justice apr&#232;s le cas Lewinsky. Et autres cas, une gestion qui favorise le bien-&#234;tre populaire mais qui n'a pas la meilleure image de transparence casse aussi l'id&#233;alisme : ils volent mais ils font.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes le d&#233;montrent : la corruption n'est pas parmi les sujets qui pr&#233;occupent le plus les gens. Le dernier Barom&#232;tre Global, publi&#233; en juillet 2013, indique que 72% des personnes interrog&#233;es croient que la corruption a augment&#233; en Argentine durant les deux derni&#232;res ann&#233;es et que notre pays a eu la pire performance de la r&#233;gion. Toutefois, dans les enqu&#234;tes nationales sur des th&#232;mes prioritaires durant une ann&#233;e &#233;lectorale, appara&#238;t d'abord l'ins&#233;curit&#233; (45%), deuxi&#232;mement le ch&#244;mage (20%) et en troisi&#232;me l'inflation (12%), tr&#232;s loin avec 5% de pr&#233;occupation exprim&#233;e, la corruption&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Management &amp; Fit, juillet 2013.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;La derni&#232;re fois que le niveau de pr&#233;occupation a &#233;t&#233; haut, ce fut entre 1997 et 1999, quand le gouvernement de l'Alliance a commenc&#233;, qui a rejoint le discours anti-corruption&lt;/i&gt; &#187;, explique le sociologue Hern&#225;n Charosky, ex directeur ex&#233;cutif de &lt;i&gt;Poder Ciudadano&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;taient les derni&#232;res ann&#233;es du menemisme, avec une usure politique, mais cela fut une ann&#233;e de croissance, ce qui &#233;carte cette id&#233;e que la pr&#233;occupation pour la corruption &#233;merge dans des moments de crise &#233;conomique. Je ne suis pas d'accord avec cette vision&lt;/i&gt; &#187;, indique Charosky, en suivant aussi une vaste recherche &#233;conomique sur les causes et les corr&#233;lations mat&#233;rielles du ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Depuis l'&#233;conomie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XXe Si&#232;cle, les &#233;conomistes ne regardaient pas la corruption comme un sujet int&#233;ressant. Ils &#233;taient plus pr&#233;occup&#233;s par l'efficience, et croyaient que la corruption &#233;tait un sujet politique, li&#233; &#224; la distribution : je prends &#224; l'un et je donne &#224; un autre, sans augmenter ou r&#233;duire &#171; &lt;i&gt;le g&#226;teau&lt;/i&gt; &#187;. L'explication traditionnelle &#233;tait aussi li&#233;e &#224; la th&#232;se w&#233;b&#233;rienne que les chefs d'entreprise n&#233;s sous le protestantisme avaient un esprit entreprenant plus puissant, qui les diff&#233;renciait culturellement et les rendait plus aptes pour les affaires, en plus de les rendre plus honn&#234;tes (l'entr&#233;e au Ciel d&#233;pendait de la richesse, mais aussi de l'&#233;thique pour arriver jusqu'&#224; lui). &#171; &lt;i&gt;C'est une th&#232;se d&#233;sastreuse. On a &#233;tudi&#233; de fa&#231;on empirique qu'il n'y a pas de corr&#233;lation entre la corruption et la culture ou l'origine des chefs d'entreprise. Il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; avec l'immigration des Etats-Unis d'Am&#233;rique : italiens, juifs et noirs, ils ont pu &#234;tre &#233;galement de bons chefs d'entreprise. Il est &#233;tudi&#233; et d&#233;montr&#233; que la propension &#224; prendre des risques mais aussi &#224; &#233;conomiser ne d&#233;pendent pas de la culture&lt;/i&gt; &#187;, explique depuis Harvard, l'&#233;conomiste Rafael Di Tella, r&#233;f&#233;rence et pionnier dans des recherches &#233;conomiques sur la corruption. &#171; &lt;i&gt;De fait, ces sujets sont devenus r&#233;cemment int&#233;ressants du point de vue acad&#233;mique quand est sorti &#224; la lumi&#232;re &#171; &lt;i&gt;Mani pulite&lt;/i&gt; &#187; dans les ann&#233;es 90, qui a confirm&#233; que la corruption &#233;tait aussi pr&#233;sente dans les pays d&#233;velopp&#233;s. On a alors commenc&#233; &#224; surveiller les affairess, et &#224; travers de nombreuses recherches sur la base de statistiques nous arrivons &#224; la conclusion que ce qui est significatif est l'environnement &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces explications macro-&#233;conomiques, et en ayant &#233;tudi&#233; les cas de 75 pays, Di Tella a trouv&#233; que l'inflation est une variable qui a une tr&#232;s forte corr&#233;lation avec la corruption&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, entre autres : Miguel Braun et Rafael Di Tella, &#171; Inflation, inflation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Ne pouvant comparer aucun prix, &#233;tant donn&#233; les oscillations propres &#224; l'inflation, nous ne pouvons pas savoir ce qui est cher ou non, et par cons&#233;quent on ne peut pas contr&#244;ler les d&#233;penses de l'&#201;tat. Par exemple, s'il y a &#233;norm&#233;ment de prix diff&#233;rents pour un bureau, et un organisme &#233;tatique d'&#171; achats de bureaux &#187;, comment d&#233;montrer qu'il a trop pay&#233; ? Cela est aussi un probl&#232;me pour les affaires judiciaires : &#224; des &#233;poques d'inflation, avec beaucoup de dispersion de prix, les experts n'ont pas de param&#232;tre pour juger un suppl&#233;ment tarifaire&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;tudes comme celles de Di Tella, bas&#233;es sur des niveaux de prix, d'&#233;conomie, d'inflation et d'autres indicateurs &#233;conomiques ont fourni une base statistique plus solide aux recherches sur la corruption et un argument pour contrecarrer ceux qui disaient que la perception &#233;tait une donn&#233;e tr&#232;s subjective pour mesurer le probl&#232;me (et par cons&#233;quent le d&#233;l&#233;gitimer). L'&#233;conomie a avanc&#233; dans son diagnostic et corr&#233;lations, mais il y a des probl&#232;mes qui persistent. Le premier est que, comme toute donn&#233;e de l'&#171; &#233;conomie occulte &#187;, la corruption &#233;chappe aux registres officiels. Le deuxi&#232;me est que les organismes qui se chargent de la mesurer sont les m&#234;mes en charge de noter, punir ou r&#233;compenser les pays touch&#233;s par elle. Evitant ces obstacles, les ONGs et les experts travaillent aujourd'hui en compl&#233;tant ces &#233;tudes. &#171; &lt;i&gt;Transparency International publie tous les ans, depuis 1995, l'Indice de Perception de Corruption, un hit-parade mondial qui prend des indicateurs d'autres organismes comme la Banque Interam&#233;ricaine D&#233;veloppement, The Economist, donn&#233;es de s&#233;curit&#233; juridique, libert&#233; du commerce et libert&#233; d'expression de chaque pays. Transparency fait comme un mix de tout cela et publie le hit-parade&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Charosky. &#171; &lt;i&gt;Par contre, le Barom&#232;tre de Corruption inclut aussi de l'enqu&#234;te primaire, avec quelque mille cas dans le pays, et des questions int&#233;ressantes comme croyez-vous que votre gouvernement fait quelque chose pour contr&#244;ler la corruption &lt;/i&gt; &#187;. Outre ces analyses classiques, il y a d'autres &#233;tudes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Germ&#225;n Lodola, &#171; Cultura pol&#237;tica de la democracia en Argentina &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui peuvent contribuer, &#224; d&#233;tecter surtout la perception des citoyens sur la corruption syst&#233;mique, beaucoup plus difficile &#224; rendre compte que celle nomm&#233;e &lt;i&gt;petty corruption&lt;/i&gt; (petits pot-de-vin, paiements pour acc&#233;l&#233;rer des d&#233;marches ou &#233;viter une amende) parce qu'elle est loin de la vie quotidienne des gens. Un autre indicateur tr&#232;s int&#233;ressant est celui qui produit &lt;i&gt;Tax Justice Network&lt;/i&gt;, qui mesure l'&#233;vasion fiscale dans le monde et d&#233;voile que les pays avec de bas indices de corruption ne sont pas toujours des mod&#232;les dans d'autres secteurs. Un exemple est Singapour, un pays tr&#232;s bien plac&#233; en termes de corruption, mais qui fonctionne comme un paradis fiscal qui prot&#232;ge les d&#233;tournements d'argent des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Depuis les institutions&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La science politique, notamment dans le domaine de l'administration publique, a aussi contribu&#233; aux analyses de la corruption et &#224; la conception de strat&#233;gies et politiques publiques pour la r&#233;duire. Un premier groupe de chercheurs, li&#233;s au n&#233;o-institutionalisme et l'&#233;conomie politique, se sont consacr&#233;s &#224; des analyses plus syst&#233;miques du ph&#233;nom&#232;ne, et iles ont li&#233;es aux asym&#233;tries d'information dans l'&#201;tat. &#171; &lt;i&gt;Cette ligne a travaill&#233; sur comment r&#233;duire, par exemple, les asym&#233;tries sur les prix des achats publics, chose qui a maintenant vu le jour dans la cr&#233;ation de syst&#232;mes d'achats &#233;lectroniques centralis&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, explique Charosky. Un des universitaires les plus renomm&#233;s sur ces &#233;tudes, Susan Rose Ackerman, de l'Universit&#233; de Yale, a fait des recherches sur interrelations entre &#201;tat et march&#233; pour cr&#233;er une typologie qui lie les syst&#232;mes politiques et syst&#232;mes &#233;conomiques, du plus au moins comp&#233;titifs, et de l&#224; d&#233;river des plus grandes au plus petites opportunit&#233;s de corruption. Dans son classique &#171; &lt;i&gt;Corruption and Government : Causes, Consequences, and Reform &lt;/i&gt; &#187;, publi&#233; initialement en 1999 et traduit en 17 langues, Ackerman &#233;tudiait les pays en transition vers le socialisme et il les pla&#231;ait parmi les plus expos&#233;s &#224; l'inefficacit&#233; et aux in&#233;galit&#233;s &#233;conomiques, et &#224; partir de l&#224; elle recommandait une s&#233;rie de r&#233;formes pour r&#233;duire les avantages mat&#233;riels des corruptions (de fa&#231;on syst&#233;matique, au-del&#224; de s&#233;parer les &#171; &lt;i&gt;pourris&lt;/i&gt; &#187; au cas par cas), et dans ces processus consid&#233;rait l'implication des dirigeants locaux et internationaux comme une partie du processus. Le mot &#171; &lt;i&gt;r&#233;forme&lt;/i&gt; &#187; est pr&#233;sent dans toute l'&#339;uvre, sans aucune volont&#233; de dissimuler son id&#233;ologie ni son travail comme consultant de la Banque Mondiale. Sa perspective permet de surveiller des cas proches : &#171; &lt;i&gt;Le gouvernement de Menem a eu durant les premi&#232;res ann&#233;es un degr&#233; de l&#233;gitimit&#233; et un manque de concurrence politique qui lui a permis par exemple de privatiser le march&#233; des t&#233;l&#233;phones et le laisser &#224; deux entreprises dans des situations peu comp&#233;titives, de monopole&lt;/i&gt; &#187;, analyse Charosky.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi depuis la science politique, une autre s&#233;rie d'&#233;tudes s'est centr&#233;e sur les processus organisationnels, pour concevoir des m&#233;canismes de transparence, des canaux pour &#233;tendre l'acc&#232;s &#224; l'information des citoyens et des organismes de contr&#244;le. Dans ce groupe, Robert Klitgart, de l'Universit&#233; de Harvard &#8211; aussi consultant d'organismes internationaux et de la &lt;i&gt;Rand Corporation&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Consid&#233;r&#233; comme &#171; le think tank que contr&#244;le les US &#187;, par ses liens avec l' (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211;, a cr&#233;&#233; vers le milieu des ann&#233;es 90 une formule qui s'est transform&#233;e en un classique. L'&#233;quation qui expliquerait l'&#233;mergence de la corruption est simple : monopole + caract&#232;re discr&#233;tionnaire &#8211;transparence. Plus pr&#232;s, et en vogue durant les derni&#232;res cinq ann&#233;es, celui aussi d'un harvardien, mais plus jeune, Archon Fung propose que les interventions les plus efficientes pour garantir la transparence, ne sont pas d'ordre macro, mais les interventions sectorielles dans sur des politiques publiques et des b&#233;n&#233;ficiaires sp&#233;cifiques. Sa proposition &#171; sectorialiste &#187; est celle que prennent actuellement des organismes comme le BID et se concentre &#224; intervenir &#224; chaque niveau particulier pour produire du contr&#244;le et r&#233;duire la corruption : sant&#233;, &#233;ducation, infrastructure, transporte.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le chemin&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la perspective, la bonne nouvelle est que la corruption n'est plus analys&#233;e depuis le prisme individuel : les hommes rationnels qui &#233;chappent aux tentations priv&#233;es ne sont plus les meilleurs cibles pour le gouvernement. Autant l'&#233;conomie que l'&#233;tude des institutions politiques, ajout&#233;s aux ONGs, ont montr&#233; durant les derni&#232;res ann&#233;es que les causes du probl&#232;me sont plut&#244;t syst&#233;miques et n'ont pas de relation avec l'aspect culturel. Ceci est une bonne nouvelle pour &#233;carter les pr&#233;jug&#233;s sur les &#233;conomies moins avanc&#233;es et leurs cultures. Toutefois, il existe encore une pr&#233;&#233;minence, tant dans les &#233;tudes acad&#233;miques, qu'au sein des organismes internationaux, de la corruption comme sujet, et par cons&#233;quent des prescriptions pour la contr&#244;ler. Et il y a aussi une tendance &#224; parler de la corruption avec des &lt;i&gt;hit-parades&lt;/i&gt;, utiles pour d&#233;signer des lieux, mais incomplets pour comprendre les pourquoi. Pour comprendre, sans doute, la nature trouble du probl&#232;me, pas si rationalisable, ni tant li&#233;e &#224; ce qui est interdit, il faut prendre un chemin plus proche du changement, un peu plus loin des id&#233;aux platoniques, un peu plus pr&#232;s de celui du commun possible &#224; chaque soci&#233;t&#233; en chaque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Natalia Zuazo&lt;/strong&gt; pour Le Monde diplomatique, &#233;dition Cono Sur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eldiplo.org/170-poder-corrupcion-y-campana/el-origen-del-problema/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Diplo&lt;/a&gt;. &lt;/strong&gt;&#201;dition Nro 170 - ao&#251;t 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Le Monde diplomatique, edition Cono Sur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Corrupcion-el-origen-del-problema&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Corruption-l-origine-du-probleme&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 30 ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Eduardo Gr&#252;ner, &#171; &lt;i&gt;La astucia del le&#243;n y la fuerza del zorro&lt;/i&gt; &#187;, en A. Bor&#243;n (comp.), &lt;i&gt;La filosof&#237;a pol&#237;tica cl&#225;&lt;/i&gt;sica, Clacso-Eudeba, 1999, p&#225;g. 255.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Management &amp; Fit&lt;/i&gt;, juillet 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir, entre autres : Miguel Braun et Rafael Di Tella, &#171; &lt;i&gt;Inflation, inflation variability and corruption&lt;/i&gt; &#187;, Economics et Politics&lt;/i&gt;, Vol. 16, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir Germ&#225;n Lodola, &#171; &lt;i&gt;Cultura pol&#237;tica de la democracia en Argentina&lt;/i&gt; &#187;, 2010, Vanderbilt University/UTdT.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Consid&#233;r&#233; comme &#171; le &lt;i&gt;think tank&lt;/i&gt; que contr&#244;le les US &#187;, par ses liens avec l' industrie militaire US.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;* &lt;strong&gt;Natalia Zuazo&lt;/strong&gt; journaliste et politologue argentine sp&#233;cialiste en communication digitale&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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