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	<title>El Correo</title>
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		<title>Le coup d'&#201;tat br&#233;silien et les argentins, ...</title>
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		<dc:date>2018-04-11T16:27:24Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Edgardo Mocca*</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le coup d'&#201;tat br&#233;silien et les argentins - Edgardo Mocca&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au Br&#233;sil, on vient d'assister &#224; la faillite du processus de d&#233;mocratisation de l'Am&#233;rique du Sud, commenc&#233; avec l'arriv&#233;e au pouvoir de Ra&#250;l Alfons&#237;n &#224; la pr&#233;sidence argentine en 1983. Et il faut rappeler que la d&#233;mocratie a &#233;t&#233; r&#233;tablie apr&#232;s un processus de coups d'&#201;tat et de dictatures qui a d&#233;but&#233; justement, au Br&#233;sil en 1964 avec le coup d'&#201;tat militaire contre Joao Goulart. Ces coups d'&#233;tat qui ont parcouru la r&#233;gion ont re&#231;u dans tous les cas, le sceau ind&#233;l&#233;bile du pentagone &#233;tasunien et de la doctrine de s&#233;curit&#233; nationale n&#233;e en son sein. A l'&#233;poque, l'id&#233;ologue du pouvoir US, Samuel Huntington a plac&#233; le processus de d&#233;mocratisation de notre r&#233;gion dans le cycle historique qui a d&#233;but&#233; avec la chute de la dictature portugaise en 1984, suivi par la mort de Franco en Espagne. Cette &#171; vague d&#233;mocratique &#187; couvre, selon le point de vue pas tout &#224; fait neutre de Huntington, les ann&#233;es qui vont de 1974 jusqu'&#224; la chute du mur de Berlin en 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, il semble que tout cela n'a rien &#224; voir avec le coup d'&#201;tat contre Lula perp&#233;tr&#233; par les &#233;lites br&#233;siliennes, et travaill&#233;es par l'empire ; ce n'est pas autre chose qui a nourri la pitrerie judiciaire qui offense aujourd'hui le Br&#233;sil. Cela aurait moins encore &#224; voir avec les argentins puisque nous pourrions regarder d'un autre c&#244;t&#233; et faire semblant qu'il ne s'est rien pass&#233; dans le pays voisin. Cependant cela a beaucoup &#224; voir. Si nous regardons avec un peu d'attention, nous allons d&#233;couvrir une int&#233;ressante corr&#233;lation. Les quinze ans qui vont de 1974 &#224; 1989 sont &#8211; bien s&#251;r de mani&#232;re approximative &#8211; les ann&#233;es que l'analyse historique attribue &#224; la consolidation de la globalisation n&#233;olib&#233;rale : en 1971, Nixon a suspendu la convertibilit&#233; du dollar et de l'or et lance l'offensive du capitalisme concentr&#233; des finances vers la pl&#233;nitude du pouvoir politique. Comment peut &#234;tre pens&#233; ce parall&#232;le significatif ? Comment peuvent co&#239;ncider dans le temps les processus de r&#233;tablissement d&#233;mocratique et ceux de la transformation du capitalisme national-industriel-social &#233;merg&#233; triomphant de la deuxi&#232;me guerre dans le nouveau capitalisme de poker financier qui s'&#233;tend chaque jour ? Bien &#233;videment ce n'est pas un sujet qui peut &#234;tre &#233;puis&#233; dans un article journalistique, parce que si cela &#233;tait possible l'article ne serait pas celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233;, c'est que les d&#233;mocraties mondialis&#233;es qui ont succ&#233;d&#233; aux vieilles dictatures de type militaire ont certains traits plus ou moins communs. Ce sont toutes des d&#233;mocraties de partis. Dans toutes, l'alternance fonctionne&#8211; c'est-&#224;-dire des changements p&#233;riodiques pacifiques de couleur politique du gouvernement&#8211;. Et une sorte de pacte non &#233;crit a fonctionn&#233; jusqu'&#224; la fin du si&#232;cle dernier dans le cadre duquel certaines choses ne pouvaient &#234;tre faites, notamment affecter les int&#233;r&#234;ts et les affaires du secteur dominant le pays. Cela est illustr&#233; magnifiquement, par exemple, dans le livre du Chilien Carlos Ominami &#171; &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Secretos de la Concertaci&#243;n&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; &#187;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt; [Secrets de la Concertation]. Ce pacte non &#233;crit de la d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale s'est bris&#233; au d&#233;but de ce si&#232;cle. Dans notre r&#233;gion le r&#233;pertoire de la d&#233;mocratie &#171; contr&#244;l&#233;e &#187; a cess&#233; d'&#234;tre l'unique jeu qui peut &#234;tre jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les &#233;lites locales et internationales veuillent se d&#233;barrasser des paleodictatures, s'explique facilement. L'abus de pouvoir corporatif par les dirigeants autoritaires, l'exposition des militaires &#224; des situations critiques et &#224; des tangages id&#233;ologiques, comme cela fut exp&#233;riment&#233; autrefois en Bolivie et au P&#233;rou dans les ann&#233;es soixante-dix, et le facteur d'incertitude qu'a toujours un processus qui n'est pas tenu &#224; certaines r&#232;gles, parmi beaucoup d'autres choses, l'expliquent. La r&#233;ussite des transitions d&#233;mocratiques-lib&#233;rales a consist&#233; &#224; sortir de la sc&#232;ne centrale de la discussion et de la lutte politique toute id&#233;e de transformation du caract&#232;re de notre d&#233;mocratie. &#171; Aventures anti-syst&#233;miques &#187;, &#171; utopies d'apr&#232;s minuit &#187; ont &#233;t&#233; les anath&#232;mes les plus habituels que la science politique officielle a assign&#233;s aux programmes r&#233;volutionnaires et m&#234;me jusqu'aux r&#233;formistes un peu plus profonds. La langue de la d&#233;fense des ressources naturelles, le rejet du colonialisme dans les Malouines, la juste distribution des revenus a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e caduque. La d&#233;mocratie elle s'est impos&#233;e comme le nom d'une machinerie institutionnelle dont le fonctionnement stable et r&#233;gulier est le bien unique auquel nous pouvons aspirer. Bien s&#251;r les &#233;lections et un niveau de respect pour le corps et la libert&#233; des personnes n'&#233;taient pas de moindres promesses apr&#232;s la barbarie dictatoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait est que la crise du Consensus de Washington a cr&#233;&#233; les conditions pour que le contrat n&#233;olib&#233;ral se rompe. Qu'il soit rompu ne signifie pas, malheureusement, qu'il ait &#233;t&#233; remplac&#233; par un nouveau contrat clair et sup&#233;rieur. Mais il convient de laisser ces appr&#233;ciations pour une Histoire qui puisse &#234;tre &#233;crite quand quelques ann&#233;es se seront &#233;coul&#233;es. Les gouvernements &#171; populistes &#187; sud-am&#233;ricains des premi&#232;res ann&#233;es sont le signe d&#233;finitif de ce que les &#233;lites de la d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale &#8211; locales et &#233;trang&#232;res &#8211; ne peuvent admettre. Naturellement, pour l'instant, l'assaut et la r&#233;cup&#233;ration du pouvoir ne peuvent pas prendre les formes anciennes de l'intervention militaire et de la violence sans r&#232;gles. On recourt &#224; des syst&#232;mes judiciaires corrompus, l'appareil de communication monopolis&#233;, les services d'intelligence qui travaillent en r&#233;seaux de connexion internationaux et les hommes politiques dispos&#233;s &#224; s'aligner. Mais ce qui s'est pass&#233; au Br&#233;sil a cass&#233; la ligne des Coups d'Etats mous. Au Br&#233;sil, il y a eu un coup de semonce des hauts grad&#233;s de l'arm&#233;e dirig&#233; envers le tribunal charg&#233; de donner son avis sur &lt;i&gt;l'habeas corpus&lt;/i&gt; pr&#233;sent&#233; par le leader politique br&#233;silien : si Lula reste en libert&#233;, l'arm&#233;e prendrait les armes. Si on parle encore du Br&#233;sil comme d'une d&#233;mocratie, c'est parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne veulent pas nommer le d&#233;mon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message du pouvoir au Br&#233;sil a une &#233;norme port&#233;e r&#233;gionale. C'est une d&#233;claration de guerre pr&#233;ventive, c'est la mise en garde que ne seront pas tol&#233;r&#233;s &#224; l'avenir, le leadership et les projets qui mettent en jeu la &#171; paix des puissants &#187;. Si avec les m&#233;dias et avec les juges on n'y parvient pas, le recours extr&#234;me est sur pied pour la d&#233;fense des affaires et de leur sacro-sainte libert&#233;. Il est indispensable de penser la politique de notre pays [l'Argentine] dans les prochaines ann&#233;es &#224; partir de cette nouveaut&#233; qu'apporte l'exp&#233;rience br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La normalit&#233; n&#233;olib&#233;rale n'a pas encore &#233;t&#233; atteinte. Ni au Br&#233;sil ni en Argentine. La grande diff&#233;rence entre les deux situations est l'origine &#233;lectorale de l'actuel gouvernement argentin et l'ill&#233;gitimit&#233; manifeste du br&#233;silien. La droite br&#233;silienne manque aujourd'hui d'un instrument politique pour g&#233;n&#233;rer une majorit&#233; &#233;lectorale. C'est pourquoi elle ne pouvait pas admettre la participation de Lula aux &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La droite argentine [et latinoam&#233;ricaine en g&#233;n&#233;ral] a son instrument &#233;lectoral ; elle l'a construit exclusivement sur la base de la diabolisation de l'exp&#233;rience des gouvernements kirchneristes [centre-gauche]. Et l'a construit dans la rue avec des marches et avec des casseroles. C'est un important signe diff&#233;rentiel entre les deux processus politiques et deux histoires nationales. La continuit&#233; des institutions s'est toujours distingu&#233;e au Br&#233;sil, y compris dans des &#233;poques dictatoriales. Et ce facteur marque une diff&#233;rence face aux ruptures permanentes en Argentine. Vue ainsi, il y a un clair avantage pour les br&#233;siliens. Le probl&#232;me se trouve dans la contrepartie de la question. Dans le fait que l'histoire argentine &#8211; particuli&#232;rement depuis la d&#233;cennie des ann&#233;es quarante du 20&#232;me si&#232;cle&#8211; a consolid&#233; l'existence d'un noyau dur de syndicats, d'organisations sociales et, surtout, une capacit&#233; sp&#233;ciale de mobilisation et de r&#233;sistance populaire aux projets antipopulaires. La litanie macriste a quelque chose de vrai : L'Argentine est un pays &#171; de faible confiance &#187; pour les grands investisseurs mondiaux (comprendre, les groupes concentr&#233;s du pouvoir financier). L'Argentine est trop &#233;galitaire, trop syndicalis&#233;e, trop industrialiste, trop &#171; politis&#233;e &#187; [voire trop anarchiste pour la gauche socialiste ou communiste].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, le Br&#233;sil a &#233;t&#233; plac&#233; dans la situation de ballon d'essai pour un changement drastique du mode de domination &#224; l'&#233;chelle r&#233;gionale. Le Br&#233;sil d'aujourd'hui tend &#224; &#234;tre autant &#171; d&#233;mocratique &#187; que le r&#233;gime argentin entre 1955 et 1973, o&#249; l'on a gouvern&#233; sur la base de la proscription du principal leader politique du pays et de n'importe qui parlant en son nom. Qu'une situation de facto, comme celle qui r&#232;gne dans le pays fr&#232;re se consolide et atteigne une l&#233;gitimation juridique et politique serait l'aboutissement d'un plan qui mettrait un obstacle tr&#232;s important &#224; notre propre vie d&#233;mocratique. La proscription politique est un outil central pour qui a l'objectif de stabiliser les r&#233;gimes restaurateurs : c'est arriv&#233; en &#201;quateur, cela arrive au Br&#233;sil. Pour savoir ce qui nous touche nous argentins, il suffit de mentionner les bassesses de TN [TV] rendant compte de la prison de Lula et se demandant &#171; innocemment &#187; pourquoi il n'arrive pas la m&#234;me chose avec Cristina Kirchner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine [voire dans plusieurs pays d'Europe : Espagne, Gr&#232;ce, France, Italie, Royaume Unis, Allemagne, etc, etc] l'objectif officiel &#8211; d'habitude confondu avec la r&#233;alit&#233; &#8211; est le d&#233;mant&#232;lement et l'affaiblissement d&#233;finitif de la force qui a gouvern&#233; le pays entre 2003 et 2015. Si, et seulement si, cette fraction politique reste en dehors du jeu, le jeu de l'alternance pacifique et le pacte non &#233;crit de la d&#233;mocratie n&#233;olib&#233;rale peut &#234;tre reconstruit. Cela n'&#233;quivaut pas &#224; confondre ce postulat avec le pr&#233;dicat de la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; retour &#187; de cette force. Pas plus que cette seule force soit suffisante pour gagner une &#233;lection. Cela signifie que sa pr&#233;sence et son influence sont un facteur de p&#233;n&#233;tration &#8211; clairement le principal &#8211; qui donne consistance &#224; la domination n&#233;olib&#233;rale ; non comme alternative &#233;lectorale en elle m&#234;me mais comme composant n&#233;cessaire d'un nouveau re-regroupement populaire pour la prochaine &#233;tape. Et c'est justement l'effort absolument n&#233;cessaire &#224; faire pour &#233;viter que le r&#233;gime ill&#233;gal et autoritaire du Br&#233;sil n'acqui&#232;re pas cette consistance, ceci demande une claire mobilisation populaire argentine en solidarit&#233; au peuple br&#233;silien et &#224; Lula, son principal leader.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cela &#233;quivaut &#224; d&#233;fendre la d&#233;mocratie en Argentine [et dans le monde puisque le plan est sans aucun doute mondial].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Edgardo Mocca*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;https://www.pagina12.com.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pagina12.com.ar/106705-el-golpe-brasileno-y-los-argentinos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 8 avril 2018.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Edgardo Mocca&lt;/strong&gt; est politologue, journaliste y professeur universitaire argentin.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/El-golpe-brasileno-y-los-argentinos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Le-coup-d-Etat-bresilien-et-les-argentins&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 10 avril 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les faux &#171; cygnes noirs &#187; de la droite argentine et europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-faux-cygnes-noirs-de-la-droite-argentine-et-europeenne</link>
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		<dc:creator>Edgardo Mocca*</dc:creator>



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&lt;p&gt;La notion de &#171; cygne noir &#187; r&#233;cup&#233;r&#233;e de la tradition philosophique classique [Th&#233;orie du cygne noir] par Nassim Taleb, essayiste libanais r&#233;sidant aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, a son principal int&#233;r&#234;t pratique dans la ferme r&#233;futation de la possibilit&#233; des sciences sociales &#8211; sp&#233;cialement d'une qui ne se reconna&#238;t pas comme telle, la science &#233;conomique &#8211; de pr&#233;dire de fa&#231;on rigoureuse les &#233;v&#233;nements futurs. Le cygne noir est un &#233;v&#233;nement inesp&#233;r&#233; qui produit un impact social fort et modifie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Bataille-pour-l-information" rel="directory"&gt;Bataille pour l'information&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La notion de &#171; cygne noir &#187; r&#233;cup&#233;r&#233;e de la tradition philosophique classique [&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_cygne_noir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Th&#233;orie du cygne noir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;] par &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nassim_Nicholas_Taleb&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nassim Taleb&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, essayiste libanais r&#233;sidant aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, a son principal int&#233;r&#234;t pratique dans la ferme r&#233;futation de la possibilit&#233; des sciences sociales &#8211; sp&#233;cialement d'une qui ne se reconna&#238;t pas comme telle, la science &#233;conomique &#8211; de pr&#233;dire de fa&#231;on rigoureuse les &#233;v&#233;nements futurs. Le &lt;i&gt;cygne noir&lt;/i&gt; est un &#233;v&#233;nement inesp&#233;r&#233; qui produit un impact social fort et modifie le point de vue pr&#233;dominant sur la situation avant m&#234;me son apparition et transforme m&#234;me r&#233;trospectivement l'interpr&#233;tation de cette situation ; la fonction de cet oiseau imaginaire est de mettre en crise les pronostics des techniciens et des hommes de science attach&#233;s &#224; &#233;tudier les lois du comportement humain dans un lieu et &#224; une date d&#233;termin&#233;e. Par exemple, l'attentat d'Atocha &#224; Madrid du 11 mars 2004 fut un &lt;i&gt;cygne noir&lt;/i&gt; ; selon une hypoth&#232;se assez r&#233;pandue et jamais v&#233;rifi&#233;e, ce fait et ses d&#233;rivations politiques imm&#233;diates ont modifi&#233; le panorama des &#233;lections qui suivaient dans ce pays contre le PP et en faveur du Parti Socialiste espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;f&#233;rence livresque tombe &#224; point pour parler de l'utilisation ridicule de l'id&#233;e de Taleb que fait l'&#233;ditorialiste de &lt;i&gt;La Nacion&lt;/i&gt; [quotidien de l'oligarchie argentine] le 9 juillet dernier, pour exercer un don qui n'a pas eu, jusqu'&#224; pr&#233;sent, de pr&#233;c&#233;dents : la pr&#233;vision d'un fait impr&#233;visible. L'&#233;ditorialiste fait une pirouette verbale d'anthologie ; il dit que &#171; l'oiseau qui survole pourrait ne jamais se poser &#187; (sic). Ce qui est certain, c'est que si on peut le voir et qu'il ne se pose jamais, alors ce n'est pas un cygne noir, c'est autre chose. &lt;i&gt;La Nacion&lt;/i&gt; [ou l'&#233;quivalent dans chaque pays] ne discute pas de th&#233;orie politique. Ce qu'il fait, c'est de construire un cadre de la situation politique actuelle, d'enregistrer l'existence d'un climat pr&#233;dominant tr&#232;s favorable &#224; la continuit&#233; du projet politique gouvernant actuellement et de d&#233;tecter les points possibles de conflit qui pourraient conduire &#224; une crise, de les hi&#233;rarchiser et de proposer un chemin d'action en le faisant passer pour une tendance in&#233;vitable de l'&#233;conomie. Rien &#224; voir avec Taleb. Pourquoi alors l'usage de cette m&#233;taphore zoologique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est clair, pour signaler de fa&#231;on &#224; ce qu'il n'y ait pas de doute, que seul un &#233;v&#233;nement &#224; grand potentiel d&#233;sorganisateur et destructeur peut modifier la direction des &#233;v&#233;nements. Et que cet &#233;v&#233;nement peut seulement arriver dans un domaine, la question &#233;conomique et particuli&#232;rement dans la monnaie. &#171; &lt;i&gt;Le cygne noir dont nous nous occupons ici, est une situation de perte de contr&#244;le de la conduite &#233;conomique qui produit une r&#233;action sociale chaotique. C'est, par exemple, le cas d'une panique sur les taux de change qui m&#232;ne &#224; imposer un corralito sur les d&#233;p&#244;ts et &#224; accentuer le contr&#244;le des changes&lt;/i&gt; &#187;, explique sans aucune pudeur, l'&#233;ditorialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la derni&#232;re semaine, il semble qu'en Argentine la majorit&#233; des cygnes sont noirs. Une d&#233;l&#233;gation de la police de la ville de Buenos Aires a ex&#233;cut&#233; l'ordre du juge f&#233;d&#233;ral, Bonadio, pour perquisitionner l'agence immobili&#232;re de M&#225;ximo Kirchner &#224; Santa Cruz. Le domicile du journaliste V&#237;ctor Hugo Morales a &#233;t&#233; de fa&#231;on surprenante perquisitionn&#233; au motif d'un embargo dict&#233; dans le proc&#232;s qui l'oppose &#224; Cablevision [t&#233;l&#233; du Groupe Clarin, du quotidien du m&#234;me nom et furieusement anti gouvernement actuel] ; un &#233;pisode o&#249; ont &#233;t&#233; employ&#233;s la violence symbolique et le mauvais traitement &#224; personne et auquel a particip&#233; l'avocat du Groupe Clarin. Ecart&#233; de la proc&#233;dure de Hotesur, le juge Bonadio a lanc&#233; une s&#233;rie de nouvelles perquisitions dirig&#233;es cette fois contre le ministre Julio De Vido [ Ministre de l'actuel gouvernement argentin]. Au passage, disons que ce juge l&#224; conserve son poste seulement gr&#226;ce au soutien tacite des membres de l'opposition au sein du Conseil de la Magistrature ; tout vient de la relation d'une partie de la classe politique avec la partie la plus discr&#233;dit&#233; de la corporation judiciaire. Ce qu'il faut souligner ici, c'est que le bloc politique qui s'oppose &#224; l'action du gouvernement de ces derni&#232;res ann&#233;es, m&#232;ne une nouvelle offensive pour r&#233;viser, dans la pratique, ce qui est une conqu&#234;te historique de la d&#233;mocratie argentine : emp&#234;cher, comme on y est parvenu ces ann&#233;es, que la force de frappe des secteurs concentr&#233;s de l'&#233;conomie g&#233;n&#232;re une crise politique et l'alt&#233;ration des temps institutionnels comme moyen pour mener &#224; bien leurs plans. Cela semble &#234;tre le principal bien &#224; d&#233;fendre dans les prochains mois, le droit du peuple argentin [et des peuples en Europe] de d&#233;cider de son avenir au moyen du vote dans des conditions d'ordre et de tranquillit&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est quasi &#233;vident que la principale ligne d'attaque sera &#233;conomique - financi&#232;re, comme l'exprime le dit &#233;ditorial de &lt;i&gt;La Nacion&lt;/i&gt; [et l'exprime aussi la presse en Europe]. En premier lieu parce que c'est le domaine dans lequel se concentre le pouvoir de d&#233;cision des promoteurs du chaos. C'est l&#224; o&#249; Ils ont leur force de frappe qui est la capacit&#233; de provoquer des situations de conflit &#224; partir de la sp&#233;culation mon&#233;taire. En deuxi&#232;me lieu parce qu'une panique sur les taux de change a un impact n&#233;gatif imm&#233;diat dans la vie quotidienne des personnes et affecte directement la relation entre les personnes et la politique. Et le principal, c'est que des faits de cette nature se r&#233;percutent dans la rue, affectent l'ordre public, comme l' exp&#233;rience nous l'apprend, malheureusement abondante au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, et ce serait la meilleure occasion pour mettre en sc&#232;ne d'autres pr&#233;misses de la droite pour g&#233;n&#233;rer une crise. O&#249; est la cl&#233; du succ&#232;s ou de l'&#233;chec du plan ? Certes, il y a un aspect, disons ainsi &#171; objectif &#187; de la question qui est le contr&#244;le des variables qui peuvent ou non concourir &#224; la cr&#233;ation du d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etroitement li&#233;e avec la question politique-op&#233;rative, se trouve ce qui est toujours la cl&#233; des &#233;v&#233;nements politiques : le climat social, les dites &#171; perspectives &#187; &#233;conomiques ou d'un autre ordre, qui ne sont rien d&#8216;autre qu'un objet de dispute du pouvoir. Celui qui impose politiquement les perspectives pr&#233;dominantes, sera le patron de la sc&#232;ne. La pression m&#233;diatique va augmenter de fa&#231;on exponentielle dans l'&#233;tape qui vient. Et pas seulement d'ici &#224; octobre, aussi dans le cas de l'arriv&#233;e au pouvoir d'un nouveau gouvernement qui a besoin d'&#234;tre &#171; aid&#233; &#187; et &#171; bien conseill&#233; &#187; sur ses d&#233;cisions imm&#233;diates. On pourrait m&#234;me dire que, dans une certaine mesure, la pression augmentera quel que soit le r&#233;sultat de l'&#233;lection. Parce qu'il sera tr&#232;s difficile pour n'importe quel gouvernement d'inverser le cours des politiques publiques dans le sens qu'exige l'&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt; &#8211; d&#233;valuation, ajustement sauvage, nouvel endettement, r&#233;duction de co&#251;ts pour le grand capital &#8211; sans le prologue du d&#233;sordre &#233;conomique et politique qui le d&#233;signera comme in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence au sein des puissants du monde d'un climat absolument intol&#233;rant avec toute forme de r&#233;sistance &#224; la ligne d'accumulation illimit&#233;e de leurs profits, est &#233;vidente quand on jette un &#339;il sur les &#233;v&#233;nements r&#233;cents. L'axe des conflits s'est &#233;tendu ; ce n'est pas seulement contre le gouvernement du Venezuela, et celui de l'&#201;quateur &#8211; deux pays qui vivent des &#233;tapes particuli&#232;rement tendues du conflit&#8211; ni la pression contre le gouvernement d'Evo Morales et, ni la ligne d&#233;j&#224; stabilis&#233;e de d&#233;stabilisation dans notre pays : la f&#233;rocit&#233; conservatrice du n&#233;olib&#233;ralisme s'est montr&#233;e &#224; nue dans la fa&#231;on dont laquelle l'Allemagne a tordu le bras du gouvernement populaire de la Gr&#232;ce et l'a oblig&#233; &#224; accepter sous la forme d'un &#171; accord &#187;, la soumission n&#233;ocoloniale de ce pays et la destruction de son tissu social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;L'establishment&lt;/i&gt; politico-financier-m&#233;diatique mondial n'est pas, comme on a l'habitude de le repr&#233;senter, un &#171; cercle &#187; de gentlemen bien &#233;lev&#233;s et riches qui cherchent &#224; avoir de l'influence sur la politique en faveur de leurs int&#233;r&#234;ts : c'est un ensemble de forces, de structures de pouvoir et d'orientations strat&#233;giques dispos&#233; &#224; employer n'importe quel moyen pour d&#233;fendre sa domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y a quelque chose d'important dans cette derni&#232;re longue d&#233;cennie en Argentine et dans le monde, c'est l'illustration exacte de quelle est la ligne de partage dans la lutte pour l'avenir. Il est chaque fois plus clair que la fronti&#232;re d&#233;mocratie-autoritarisme fonctionne seulement si les significations de ces termes sont convenablement discut&#233;es. Quoi d'autre qui ne soit pas autoritarisme est ce que vient de r&#233;v&#233;ler le conflit entre la Gr&#232;ce et la tro&#239;ka h&#233;g&#233;moniste men&#233;e par l'Allemagne ? Que peut-on appeler d&#233;mocratie en Europe, apr&#232;s les repr&#233;sailles brutales de l'Union Europ&#233;enne contre un pays qui venait d'exprimer sa volont&#233; du rejet de l'ajustement et de l'aust&#233;rit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la presse h&#233;g&#233;monique mondiale les termes de la discussion sont syst&#233;matiquement mis &#224; disposition de la strat&#233;gie politique dont ils parlent en leur nom. Les terroristes sont seulement les fanatiques musulmans, non les puissances qui occupent des pays, d&#233;truisent des villes historiques et tuent des centaines de milliers de civils. D&#233;mocrates, sont les pays qui respectent la s&#233;curit&#233; juridique (le taux de profit) du capital bien qu'ils aient pour cela condamn&#233;s &#224; la mis&#232;re une grande partie de leurs habitants. Autoritaires sont ceux qui consid&#232;rent que la d&#233;mocratie est le droit de s'autogouverner faisant peser le nombre au-dessus de l'argent. Dans la discussion de ce dictionnaire, dans la vision du monde qui d&#233;rive de cette discussion, se trouve la possibilit&#233; d'un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui viennent cette tension s'intensifiera parmi nous [argentins et autres]. On cherchera &#224; installer parmi nous que la crise et l'ajustement sont in&#233;vitables. Qu'ainsi le disent les lois &#233;conomiques et que personne ne peut rien faire contre elles. Nous, en dernier ressort, nous serons ceux qui d&#233;cideront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Edgardo Mocca*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#237;tulo original&lt;/strong&gt; : &#171; Los falsos cisnes negros de la derecha argentina &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-277416-2015-07-19.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 19 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;*&lt;strong&gt;Edgardo Mocca&lt;/strong&gt; est politologe, journaliste y proffeseur universitaire argentin.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Los-falsos-cisnes-negros-de-la-derecha-argentina-y-europea&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la diaspora latinoamericaine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Les-faux-cygnes-noirs-de-la-droite-argentine-et-europeenne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la diaspora latinoamericaine&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 19 juillet 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La rh&#233;torique de l' &#171; autoritarisme &#187; de l'opposition argentine</title>
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		<dc:date>2012-10-28T15:16:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Edgardo Mocca*</dc:creator>



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&lt;p&gt;L'usage du mot &#171; autoritarisme &#187; a atteint entre nous un niveau d'intensit&#233; ayant eu peu de pr&#233;c&#233;dents r&#233;cemment. Il s'emploie surtout, c'est est clair, pour se r&#233;f&#233;rer au gouvernement national. Parfois il s'emploie comme synonyme d'autres termes &#8211; dictature, totalitarisme, despotisme &#8211; dont la signification th&#233;orico-politique est bien diff&#233;rente mais qui sur le plan du registre &#233;motionnel est plus ou moins &#233;quivalent. &lt;br class='autobr' /&gt; Le mot peut se r&#233;f&#233;rer &#224; une conduite circonstancielle, dans le cas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'usage du mot &#171; autoritarisme &#187; a atteint entre nous un niveau d'intensit&#233; ayant eu peu de pr&#233;c&#233;dents r&#233;cemment. Il s'emploie surtout, c'est est clair, pour se r&#233;f&#233;rer au gouvernement national. Parfois il s'emploie comme synonyme d'autres termes &#8211; dictature, totalitarisme, despotisme &#8211; dont la signification th&#233;orico-politique est bien diff&#233;rente mais qui sur le plan du registre &#233;motionnel est plus ou moins &#233;quivalent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mot peut se r&#233;f&#233;rer &#224; une conduite circonstancielle, dans le cas d'un gouvernement, ou peut indiquer l'existence d'une pratique syst&#233;matique, un trait essentiel de ce gouvernement. Il serait aussi n&#233;cessaire de s&#233;parer la signification th&#233;orique du terme, d'autres usages, dans diff&#233;rents contextes discursifs, pour faire allusion &#224; une conduite sociale d&#233;termin&#233;es : par exemple, quand on parle d' &#171; autoritarisme &#187; dans la fa&#231;on de quelqu'un de s'adresser &#224; un semblable. Ces pr&#233;cisions valent pour dire que, quand dans l'Argentine d'aujourd'hui on parle d'un &#171; gouvernement autoritaire &#187;, il n'est pas nomm&#233; ainsi pour d&#233;signer une conduite occasionnelle ou en r&#233;f&#233;rence &#224; des questions formelles, mais pour faire allusion &#224; un trait essentiel et constitutif des autorit&#233;s politiques actuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle pas, alors, d'un &#171; type de gouvernement &#187; (de types de politique dans un ordre institutionnel d&#233;termin&#233;), mais d'un &#171; type de r&#233;gime &#187; (le mode institutionnel dont est organis&#233;e la communaut&#233; politique). La diff&#233;renciation n'est pas, comme il le para&#238;t, une d&#233;licatesse th&#233;orique ; elle est substantielle. Parce qu'elle renferme une cons&#233;quence tr&#232;s importante : si ce qui est en cause est un type de gouvernement, le probl&#232;me &#224; r&#233;soudre sera comment le changer par les voies constitutionnelles &#233;tablies ; en revanche, les r&#233;gimes ne sont pas supplant&#233;s en suivant les propres r&#232;gles de chacun, mais en passant poutre ces r&#232;gles. Ainsi, le passage du r&#233;gime autoritaire &#224; la d&#233;mocratie est le triomphe des secteurs partisans de celle-ci sur le vieux r&#233;gime sur la base de r&#232;gles &#233;trang&#232;res &#224; celui-ci, tandis que le pas de la d&#233;mocratie &#224; l'autoritarisme est une mani&#232;re d'annuler la validit&#233; des institutions d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce niveau, on peut remarquer, l'&#233;norme gravit&#233; que suppose la circulation irresponsable du mot, si malheureusement habituel dans le vocabulaire de quelques dirigeants politiques et de presque tous les &#233;ditorialistes des m&#233;dias dominants. Dans ce langage, il est implicite que celui qui l'utilise ne reconna&#238;t pas de l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique au gouvernement adversaire. Il accepte tout au plus sa &#171; l&#233;gitimit&#233; &#233;lectorale d'origine &#187; mais non la l&#233;gitimit&#233; de son &#171; exercice du pouvoir &#187;. En quoi consiste l'id&#233;e principale ? Elle consiste &#224; servir de principal cadre interpr&#233;tatif de la situation politique. C'est un moule dans lequel rentre chacun des actes d'un gouvernement et chacune des circonstances dans lesquelles ces actes ont lieu. Dans le cas argentin s'exprime ainsi : toute l'action du gouvernement, depuis l'&#233;tatisation des fonds de retraites, jusqu'&#224; l'expropriation de l'actionnaire majoritaire des actions d'YPF, en passant par la r&#233;forme de la Carte organique de la Banque Centrale et la demande que le Pouvoir Judiciaire d&#233;signe des juges selon ce qui est pr&#233;vu par la loi, et s'explique par une tendance cong&#233;nitale du Pouvoir Ex&#233;cutif de rassembler la somme du pouvoir public et de se passer de tout contre-poids juridique ou politique. L'expropriation via une loi est une &#187; &#171; confiscation &#187;, la r&#233;gulation &#233;conomique est &#171; pi&#233;tiner la libert&#233; &#187;, les proc&#232;s &#224; la barbarie du terrorisme d'&#201;tat, une simple action sectaire &#224; la recherche de vengeance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle d&#233;finition du cadre politique a des cons&#233;quences abominables. La plus grave d'entre elles est la rupture du contrat d&#233;mocratique, qui pr&#233;suppose une reconnaissance mutuelle entre les acteurs politiques. Et cette rupture facilite le retour sur la sc&#232;ne publique de vieux langages qui ont la nostalgie des temps de la dictature militaire et font revivre les &#233;poques les plus terribles de notre soci&#233;t&#233;. Dans le domaine des tactiques partisanes, la rh&#233;torique de l'autoritarisme poss&#232;de un paradoxe : l'affirmation de l'existence d'un r&#233;gime de telles caract&#233;ristiques semble indiquer que l'unit&#233; de tout ce qui s'oppose &#224; lui est une revendication politique imp&#233;rieuse. Ainsi, en effet, le soutiennent les &#233;ditorialistes des m&#233;dias dominants, qui admonestent avec r&#233;currence les leaders adversaires de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur de cette revendication suppos&#233;e socialement unificatrice. Mais pour que cette unit&#233; soit viable il faudrait que chacune des forces des adversaires consid&#232;re l'&#233;chec du gouvernement comme un objectif plus important que la propre victoire. Pour que cette conduite soit viable il faudrait un peu plus que de la rh&#233;torique antiautoritaire : il faudrait qu'existe effectivement la perception sociale de l'existence d'un r&#233;gime autoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, l'un des effets les plus nuisibles de cette rh&#233;torique est celui qui touche l'opposition politique elle m&#234;me. Avec le refrain antiautoritaire, les grands m&#233;dias ont articul&#233; un discours anti kirchneriste qui s'est montr&#233; aussi capable de promouvoir un climat d'asphyxie et d'indignation politique dans plusieurs secteurs, que impuissant &#224; l'heure de la dite construction politique. C'est in&#233;vitable qu'il soit ainsi : les cris contre le &#171; gouvernement autoritaire &#187; ne s'entendent pas bien avec la routine ni avec les calendriers &#233;lectoraux. Il se situe dans le point le plus extr&#234;me de l'inimit&#233; politique, dans le lieu o&#249; &#171; l'autre &#187; n'est pas une proposition et une orientation &#224; discuter et &#224; surpasser, mais est le mal politique absolu &#224; combattre et &#224; d&#233;truire. C'est un regard plus efficace pour encourager des sc&#233;narii de crise terminale et de soul&#232;vements que pour accumuler des ressources politico-&#233;lectorales. D'un autre c&#244;t&#233;, le suffrage universel lui m&#234;me reste pris dans sa virtualit&#233; : de ce suffrage, exerc&#233; avec une libert&#233; totale, a surgi, ce gouvernement qui est d&#233;nonc&#233; comme ill&#233;gitime. C'est-&#224;-dire que du suffrage on n'attend d&#233;j&#224; plus de solutions parce que le suffrage fait partie du probl&#232;me. Ainsi l'on insinue dans certains t&#233;moignages recueillis dans le &lt;i&gt;cacerolazo&lt;/i&gt; de Buenos Aires du mois de septembre que, devant la question du pourquoi la majorit&#233; a-t-elle vot&#233; Cristina Kirchner, ils r&#233;pondaient que le Gouvernement gagnait des &#233;lections sur la base du client&#233;lisme social. Le cercle argumentatif se ferme ainsi : l'autoritarisme n'est pas battu par les m&#234;mes armes avec lesquelles il domine, est n&#233;cessaire un acte original de force qui r&#233;tablit l'ordre d&#233;mocratique. Des phrases de ce type ont jalonn&#233; le commencement de tous et chacun des coups d'&#201;tat de notre XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de l'opposition argentine a manifest&#233; son enthousiasme pour la candidature de Capriles au Venezuela. Pour la premi&#232;re fois a &#233;merg&#233; un candidat capable de d&#233;fier s&#233;rieusement et avec la possibilit&#233; de gagner, le gouvernement de Chavez, justement celui qui se consid&#232;re comme le prototype original du suppos&#233; autoritarisme kirchneriste. Cet enthousiasme n'a pas &#233;t&#233; accompagn&#233; d'une r&#233;flexion sur les conditions dans lesquelles Capriles a progress&#233; comme alternative &#233;lectorale. Ils n'ont pas per&#231;u que les &#233;lections v&#233;n&#233;zu&#233;liennes de cette ann&#233;e sont venues clore&#8211; au moins provisoirement &#8211; le cycle politique marqu&#233; par le fait qu'un vaste spectre politique ne reconnaissait pas la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique du gouvernement de Chavez ; une attitude qui avait son corolaire strat&#233;gique dans la retraite virtuelle de ces forces de la sc&#232;ne parlementaire et du combat &#233;lectoral. Le candidat antichaviste s'est plac&#233; dans une position d'affrontement verbal tr&#232;s fort avec le pr&#233;sident mais, en m&#234;me temps, a reconnu sa l&#233;gitimit&#233; et m&#234;me s'est manifest&#233; en faveur de plusieurs des politiques mises en pratique. Le premier r&#233;sultat visible de ce changement, de cette fin de cycle, fut l'avance &#233;lectorale de l'opposition qui a progress&#233;, en cons&#233;quence, dans le fait de disposer de moyens politiques et aussi dans le capital de cr&#233;dibilit&#233; publique indispensable pour aspirer &#224; &#234;tre un gouvernement. L'autre r&#233;sultat, le plus important, est celui du renforcement de la d&#233;mocratie au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition argentine est &#171; pr&#233;-capriliste &#187;. Elle a d&#233;cid&#233; de jouer son va tout vers une ligne discursive qui suit docilement l'&#233;tat d'&#226;me de secteurs sociaux minoritaires, pour lesquels l'actuel gouvernement est synonyme de cauchemar. En cons&#233;quence, elle construit son agenda sur la base du scenario &#233;ditorial des grands m&#233;dias qui est, en dernier ressort, celui qui pousse l'id&#233;e &#171; d'un vaste front contre l'autoritarisme &#187;, une version curieuse du vieux front antifasciste qui &#233;tait avanc&#233; aux temps de la Deuxi&#232;me Guerre Mondiale. Il est tr&#232;s difficile que ce bloc g&#233;n&#232;re une forte alternative &#233;lectorale. L'unique possibilit&#233; d'&#233;quilibrer le terrain de jeu de la lutte politique consiste dans l'abandon de ce terrain de jeu rh&#233;torique st&#233;rile et de construire &#224; sa place une formule politique qui peut se pr&#233;senter comme la meilleure alternative au r&#233;gime dans lequel nous vivons : celui de la d&#233;mocratie que nous avons retrouv&#233; il y presque 30 ans et qui a heureusement surv&#233;cu au d&#233;but de ce si&#232;cle &#224; la catastrophe d'un projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Chercheur, professeur et journaliste argentin. (1952)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-206553-2012-10-28.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, le 28 octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-retorica-del-autoritarismo-de-la-oposicion-argentina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/La-rhetorique-de-l-autoritarisme-de-l-opposition-argentine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 28 octobre de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification&lt;/u&gt; 3.0 Unported&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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