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		<title>Pourquoi la Colombie peut croire &#224; la paix&lt;/B&gt;</title>
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		<dc:date>2012-10-26T20:33:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gregory Wilpert</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Historique : les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de M. Juan Manuel Santos ont annonc&#233; l'ouverture, &#224; partir du 15 octobre [initialement pr&#233;vues le 8] &#224; Oslo, de n&#233;gociations de paix, &#224; la suite d'un dialogue amorc&#233; en secret. Pour la premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es, nombre d'&#233;l&#233;ments semblent r&#233;unis pour qu'elles puissent aboutir. Notamment au sommet de l'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s cinquante ans d'une guerre civile f&#233;roce et un nombre incalculable de n&#233;gociations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Colombie" rel="directory"&gt;Colombie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Historique : les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement de M. Juan Manuel Santos ont annonc&#233; l'ouverture, &#224; partir du 15 octobre [initialement pr&#233;vues le 8] &#224; Oslo, de n&#233;gociations de paix, &#224; la suite d'un dialogue amorc&#233; en secret. Pour la premi&#232;re fois depuis des ann&#233;es, nombre d'&#233;l&#233;ments semblent r&#233;unis pour qu'elles puissent aboutir. Notamment au sommet de l'Etat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s cinquante ans d'une guerre civile f&#233;roce et un nombre incalculable de n&#233;gociations infructueuses, le gouvernement colombien et les Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (FARC) sont convenus de redonner une chance &#224; la paix. Le 27 ao&#251;t, le pr&#233;sident Juan Manuel Santos annon&#231;ait son intention de renouer le dialogue avec la gu&#233;rilla et de confier la m&#233;diation des pourparlers aux gouvernements du Venezuela, du Chili, de la Norv&#232;ge et de Cuba. Rompant avec la politique d'escalade militaire suivie depuis dix ans, d'abord sous la pr&#233;sidence de M. Alvaro Uribe, puis sous celle de M. Santos &#8212; qui fut son ministre de la d&#233;fense &#8212;, ce revirement soudain ne laisse pas de surprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux facteurs au moins y ont concouru. En premier lieu, les deux bellig&#233;rants ont pris conscience que ni l'un ni l'autre n'&#233;tait en mesure de gagner cette guerre. M&#234;me si les rebelles ont essuy&#233; de lourds revers durant la d&#233;cennie Uribe (2002-2010), ils ont reconstitu&#233; l'essentiel de leurs forces depuis 2008. La perte de plusieurs de leurs dirigeants, &#233;limin&#233;s dans des embuscades, n'a pas emp&#234;ch&#233; les FARC d'engager une contre-offensive qui, depuis quatre ans, conjugue mines antipersonnel, tireurs d'&#233;lite et attaques &#224; la bombe. Selon un r&#233;cent rapport du Congr&#232;s colombien, la gu&#233;rilla disposait en 2011 d'une &lt;i&gt;&#171; pr&#233;sence significative &#187;&lt;/i&gt; dans un tiers des municipalit&#233;s du pays&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Alertan que m&#225;s de 330 municipios tienen fuerte presencia de las Farc &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Face &#224; cette situation, les militaires ont multipli&#233; les raids de commandos et les tentatives d'infiltration. Ces nouveaux choix tactiques ont certes rendu les combats moins visibles qu'ils ne l'&#233;taient il y a dix ans, mais ils n'ont pas att&#233;nu&#233; les sacrifices inflig&#233;s &#224; la population. S'il y a bien un point sur lequel les deux camps s'accordent, sans le crier sur les toits, c'est que nul ne prendra le dessus sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le signal de d&#233;tente donn&#233; par Bogot&#225; s'explique avant tout par le profil du pr&#233;sident Santos, qui n'appartient pas tout &#224; fait &#224; la m&#234;me &#233;lite que son pr&#233;d&#233;cesseur, &#233;minent repr&#233;sentant de l'oligarchie provinciale. Apr&#232;s la mort de son p&#232;re, un &#233;leveur de b&#233;tail ex&#233;cut&#233; par les FARC au cours d'une tentative d'enl&#232;vement en 1983, M. Uribe a vendu les terrains familiaux pour financer sa carri&#232;re politique, sans jamais couper les liens qui le rattachaient &#224; l'aristocratie rurale. D&#233;fenseur acharn&#233; des int&#233;r&#234;ts des grands propri&#233;taires terriens, il entretient par ailleurs d'&#233;troites relations avec certains barons de la drogue. En 1991, l'Agence du renseignement pour la d&#233;fense am&#233;ricaine (&lt;i&gt;Defense Intelligence Agency&lt;/i&gt;, DIA) classait le futur homme fort du pays parmi les collaborateurs du cartel de Medell&#237;n &#8212; ville o&#249; il est n&#233; et dont il fut bri&#232;vement maire &#8212;, le d&#233;crivant comme un &lt;i&gt;&#171; proche ami de Pablo Escobar&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; US intelligence listed Colombian president Uribe among &#8220;important (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt; &#187;.&lt;/i&gt; Sa nomination comme directeur de l'aviation civile au d&#233;but des ann&#233;es 1980 co&#239;ncida avec une hausse exponentielle du nombre d'avions autoris&#233;s &#224; d&#233;coller et la cr&#233;ation de nouvelles pistes d'atterrissage. Une ancienne ma&#238;tresse d'Escobar, Mme Virginia Vallejo, confiait &#224; ce propos en 2007 : &lt;i&gt;&#171; Pablo avait coutume de dire que, sans notre petit gar&#231;on b&#233;ni des dieux&lt;/i&gt; [M. Uribe], &lt;i&gt;nous aurions d&#251; aller &#224; Miami &#224; la nage pour fourguer notre came aux gringos&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luis Hern&#225;ndez Navarro, &#171; Alvaro Uribe, se&#241;or de las sombras y Los Pinos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rupture au sein de l'&#233;lite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait toujours rejet&#233; ces accusations, le pr&#233;sident Uribe entretenait en outre de bonnes relations avec des groupes paramilitaires. Est-ce vraiment un hasard si son ancien chef de campagne et ex-directeur des services secrets, M. Jorge Noguera, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; vingt-cinq ans de prison en 2011 pour avoir aid&#233; les Autod&#233;fenses unies de Colombie (AUC), la principale organisation paramilitaire d'extr&#234;me droite du pays, &#224; infiltrer l'administration qu'il dirigeait ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Uribe n'a jamais fait myst&#232;re de sa philosophie politique. S'il admettait que les in&#233;galit&#233;s sociales, vertigineuses dans son pays, n'&#233;taient pas &#233;trang&#232;res &#224; la guerre civile, il consid&#233;rait qu'il fallait d'abord en finir avec celle-ci avant d'envisager &#233;ventuellement de s'attaquer &#224; celles-l&#224;. &lt;i&gt;&#171; Sans la paix, il n'y a pas d'investissements. Et sans investissements, il n'y a pas de ressources fiscales qui permettent au gouvernement d'investir pour le bien-&#234;tre du peuple &#187;,&lt;/i&gt; expliquait le pr&#233;sident en 2004&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Uribe defends security policies &#187;, BBC News, Londres, 18 novembre 2004.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Une mani&#232;re &#233;loquente d'affirmer son manque d'int&#233;r&#234;t pour une politique redistributive &#8212; qui, en Colombie, passe n&#233;cessairement par une r&#233;forme agraire &#8212; en m&#234;me temps que sa loyaut&#233; au n&#233;o-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette obsession du recours &#224; la force qui a port&#233; M. Uribe au pouvoir, &#224; la faveur d'une rupture au sein de l'&#233;lite colombienne. Oppos&#233; &#224; l'investiture de M. Horacio Serpa, homme du s&#233;rail favorable &#224; des n&#233;gociations de paix avec les FARC, l'ancien fermier de Medell&#237;n claque la porte du Parti lib&#233;ral et pr&#233;sente sa propre candidature &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002, qu'il remporte sous l'&#233;tiquette d'&#171; ind&#233;pendant &#187;. Puis, en vue de sa r&#233;&#233;lection en 2006, il cr&#233;e sa propre formation, le Parti social d'unit&#233; nationale (&#171; le parti de la U &#187;), mettant fin au syst&#232;me bipartite qui r&#233;gissait le pays depuis un si&#232;cle. Le renouvellement &#224; la t&#234;te de l'Etat se manifeste par la formation d'un gouvernement de &#171; nouveaux venus &#187;, largement issus du secteur priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pr&#233;alable &#224; toute n&#233;gociation avec les rebelles, M. Uribe exige qu'ils d&#233;posent d'abord les armes &#8212; une condition &#233;videmment inacceptable pour les deux mouvements de gu&#233;rilla pr&#233;sents dans le pays, les FARC et l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale (ELN), compte tenu des exactions perp&#233;tr&#233;es par les militaires colombiens et leurs suppl&#233;tifs paramilitaires d'extr&#234;me droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire, notamment, Iv&#225;n Cepeda Castro et Claudia Gir&#243;n Ortiz, &#171; Comment des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au cours des vingt ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la pr&#233;sidence de M. Uribe, la guerre civile a donn&#233; lieu &#224; trois tentatives de n&#233;gociations de paix &#8212; entre 1982 et 1985, 1990 et 1992, 1999 et 2002. Toutes ont &#233;chou&#233;. Dans le dernier cas, la responsabilit&#233; de l'&#233;chec revient surtout aux Etats-Unis &#8212; dont le plan Colombie suppos&#233; financer la lutte contre les trafiquants de drogue servait surtout, en r&#233;alit&#233;, de machine de guerre contre les gu&#233;rillas &#8212; et aux &#233;lites colombiennes, qui montraient peu d'empressement &#224; voir les discussions aboutir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces &#233;lites, M. Santos forme pourtant l'&#233;chantillon le plus repr&#233;sentatif. Son grand-oncle, Eduardo, a &#233;t&#233; pr&#233;sident de la R&#233;publique entre 1938 et 1942, tandis que son cousin, Francisco, a occup&#233; le fauteuil de vice-pr&#233;sident quand M. Uribe &#233;tait au pouvoir. Les Santos engrangent les dividendes d'un pouvoir b&#226;ti tout au long du si&#232;cle dernier : &lt;i&gt;El Tiempo,&lt;/i&gt; le seul quotidien diffus&#233; &#224; l'&#233;chelle nationale, a appartenu &#224; la famille de 1913 &#224; 2007. Le p&#232;re de l'actuel pr&#233;sident l'a lui-m&#234;me dirig&#233; durant plus de cinquante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Form&#233; &#224; l'orthodoxie &#233;conomique par l'universit&#233; Harvard et la London School of Economics (LSE), M. Santos n'a que 21 ans lorsqu'il d&#233;croche son premier emploi gouvernemental comme d&#233;l&#233;gu&#233; de la Colombie &#224; l'Organisation internationale du caf&#233; &#224; Londres. Promu ministre du commerce ext&#233;rieur en 1991, le jeune h&#233;ritier entame alors une ronde des maroquins qui le conduira jusqu'au poste de ministre de la d&#233;fense dans le gouvernement de M. Uribe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fruit naturel du syst&#232;me politique, pr&#233;sent&#233;e comme la garantie de la &#171; continuit&#233; &#187;, la victoire de M. Santos &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de juin 2010 marque pourtant un changement notable. Le nouveau pr&#233;sident fait corps avec une &#233;lite urbaine, cosmopolite et aux pr&#233;tentions transnationales dont les pr&#233;occupations ne convergent pas toujours avec celles des grands propri&#233;taires terriens. Il pr&#234;te une oreille moins attentive aux r&#233;clamations des caciques et de leurs alli&#233;s paramilitaires. Les int&#233;r&#234;ts qu'il repr&#233;sente l'inclinent plut&#244;t &#224; &#339;uvrer pour une int&#233;gration de son pays dans le processus d'union latinoam&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux grands propri&#233;taires terriens, le secteur de l'exportation peut s'accommoder d'une amorce de politique redistributive. C'est peut-&#234;tre ce qui a permis &#224; M. Santos de promulguer en juin 2011 la loi &#171; historique &#187; qui pr&#233;voit de restituer leurs terres aux deux millions de Colombiens d&#233;plac&#233;s au cours des vingt-cinq derni&#232;res ann&#233;es du fait de la guerre civile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Santos signs &#8220;historic&#8221; victims' law &#187;, Colombia Reports, 11 juin 2011.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Uribe s'&#233;tait mis en t&#234;te de lier le sort du pays &#224; celui des Etats-Unis, pesant de tout son poids pour obtenir l'adoption d'un trait&#233; de libre-&#233;change avec Washington. Son successeur poursuit d'autres priorit&#233;s : l'int&#233;gration latino-am&#233;ricaine (&#224; laquelle il &#339;uvre ardemment) ou le rayonnement international de la Colombie, deuxi&#232;me &#233;conomie d'Am&#233;rique du Sud (devant l'Argentine), notamment &#224; travers sa participation au groupe des Civets (acronyme anglais pour Colombie, Indon&#233;sie, Vietnam, Egypte, Turquie et Afrique du Sud), qui, &#224; l'image des Brics (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine et, plus r&#233;cemment, Afrique du Sud), cherchent &#224; briser l'image d'un monde unipolaire tout en s'assurant l'int&#233;r&#234;t des investisseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau pr&#233;sident se distingue &#233;galement par son habilet&#233; &#224; aplanir les conflits politiques int&#233;rieurs, traditionnellement exacerb&#233;s en Colombie. Au lieu de jeter de l'huile sur le feu, comme aimait &#224; le faire M. Uribe, son successeur a pr&#233;f&#233;r&#233; amadouer l'opposition, en y piochant plusieurs membres de son gouvernement. Tous les grands partis politiques &#8212; &#224; l'exception du P&#244;le d&#233;mocratique alternatif (PDA), de gauche &#8212; ont d&#233;sormais droit de cit&#233; au sommet du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce climat plus d&#233;tendu ne para&#238;t gu&#232;re convenir &#224; M. Uribe, qui s'est retourn&#233; contre son ancien prot&#233;g&#233;. En t&#233;moigne sa r&#233;action lorsque M. Santos a nomm&#233; un membre de l'opposition ministre du travail : une d&#233;cision &lt;i&gt;&#171; hypocrite &#187;&lt;/i&gt; qui donne un &lt;i&gt;&#171; signal d'hostilit&#233; contre l'uribisme &#187;,&lt;/i&gt; a tonn&#233; l'ex-pr&#233;sident, devenu &#224; pr&#233;sent le plus farouche adversaire de son successeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Tensions between Uribe and Santos rise &#187;, Colombia Reports, 1er novembre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;diation du Chili et du Venezuela &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rupture entre les deux hommes signe aussi l'&#233;clatement de l'ancienne majorit&#233; gouvernementale. L'alliance nou&#233;e pr&#233;c&#233;demment entre la grande bourgeoisie rurale et les milieux d'affaires de Bogot&#225; a vol&#233; en &#233;clats. Pour autant, et en d&#233;pit du recentrage engag&#233; par M. Santos, la politique colombienne reste inchang&#233;e sur plusieurs points, notamment en ce qui concerne le cours n&#233;olib&#233;ral de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A premi&#232;re vue, le divorce entre la pr&#233;sidence et les grands propri&#233;taires terriens n'est pas de bon augure pour les n&#233;gociations de paix. Celles-ci n'ont de chances d'aboutir que si toutes les parties acceptent de s'asseoir &#224; la m&#234;me table, surtout sur l'&#233;pineuse question de la r&#233;forme agraire, un chiffon rouge pour les puissants amis de M. Uribe. Les lignes commencent pourtant &#224; bouger. M. Santos a ainsi int&#233;gr&#233; &#224; son &#233;quipe de n&#233;gociateurs deux g&#233;n&#233;raux &#224; la retraite qui ont longtemps soutenu la ligne dure dans la guerre contre les FARC. L'obstacle de l'oligarchie rurale para&#238;t d'autant moins insurmontable que la plupart des autres secteurs &#233;conomiques ont h&#226;te de voir la guerre se terminer. Selon une &#233;tude de la fondation Id&#233;es pour la paix, r&#233;alis&#233;e &#224; partir de trente-deux entretiens avec des chefs d'entreprise des grandes villes du pays, &lt;i&gt;&#171; la majorit&#233; des d&#233;cideurs &#233;conomiques estime que la n&#233;gociation constitue l'issue la plus s&#251;re et la plus souhaitable au conflit arm&#233; en Colombie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L&#237;deres empresariales hablan de la paz con las FARC &#187;, Fundaci&#243;n Ideas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les n&#233;gociations &#224; venir se pr&#233;sentent sous de meilleurs auspices que les tentatives pr&#233;c&#233;dentes, c'est aussi parce que ces derni&#232;res se sont d&#233;roul&#233;es dans l'ombre des op&#233;rations militaires nord-am&#233;ricaines. C'&#233;tait la guerre froide dans les ann&#233;es 1980, la guerre antidrogue dans les ann&#233;es 1990, la &#171; guerre contre le terrorisme &#187; dans les ann&#233;es 2000. A l'heure o&#249; ces lignes de front s'estompent, du moins en Colombie, et que l'emprise de Washington d&#233;cline avec elles, les chances de conclure un accord de paix n'ont jamais paru aussi tangibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;diation confi&#233;e aux chefs d'Etat du Chili et du Venezuela pourrait jouer un r&#244;le d&#233;terminant. Parce qu'ils incarnent les deux extr&#233;mit&#233;s de l'&#233;ventail politique latino-am&#233;ricain, MM. Sebasti&#225;n Pi&#241;era et Hugo Ch&#225;vez seront certainement &#233;cout&#233;s. C'est vrai surtout pour le pr&#233;sident bolivarien, qui dispose de liens privil&#233;gi&#233;s avec les FARC sans pour autant approuver leur strat&#233;gie de la lutte arm&#233;e, source d'infinis tracas pour le Venezuela &#8212; comme l'afflux de millions de r&#233;fugi&#233;s colombiens ou la d&#233;stabilisation de la zone frontali&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renoncement aux armes n'&#233;tant plus une condition pr&#233;alable aux n&#233;gociations, une &#233;ventuelle rupture du cessez-le-feu ne mettrait pas en p&#233;ril le processus tout entier. Lors des discussions pr&#233;c&#233;dentes, le moindre coup de feu tir&#233; par l'un ou l'autre des bellig&#233;rants servait d'excuse pour quitter la table et alimenter la spirale guerri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'alternance &#224; la t&#234;te de l'Etat colombien, qui n'exprime gu&#232;re plus qu'un d&#233;placement du rapport de forces au sein du minuscule p&#233;rim&#232;tre des &#233;lites dirigeantes, pourrait donc contribuer &#224; mettre fin &#224; l'une des guerres civiles les plus longues et les plus sanglantes de l'histoire. Petit changement, &#233;norme cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gregory Wilpert&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sociologue&lt;/strong&gt;, auteur de &lt;i&gt;Changing Venezuela by taking Power : The History and Policies of the Ch&#225;vez Government,&lt;/i&gt; Verso Press, Londres, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10/WILPERT/48247&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;LMD&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, Octobre 2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.elespectador.com/noticias/politica/articulo-265894-alertan-mas-de-330-municipios-tienen-fuerte-presencia-de-farc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Alertan que m&#225;s de 330 municipios tienen fuerte presencia de las Farc&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;El Espectador,&lt;/i&gt; Bogot&#225;, 28 avril 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB131/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;US intelligence listed Colombian president Uribe among &#8220;important Colombian narco-traffickers&#8221; in 1991&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, The National Security Archive, 2 ao&#251;t 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Luis Hern&#225;ndez Navarro, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2008/03/18/index.php?section=opinion&amp;article=019a1pol&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Alvaro Uribe, se&#241;or de las sombras y Los Pinos&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;La Jornada,&lt;/i&gt; Mexico, 18 mars 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/4021213.stm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Uribe defends security policies&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, BBC News, Londres, 18 novembre 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire, notamment, Iv&#225;n Cepeda Castro et Claudia Gir&#243;n Ortiz, &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/CEPEDA_CASTRO/12196&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comment des milliers de militants ont &#233;t&#233; liquid&#233;s en Colombie&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://colombiareports.com/colombia-news/news/16905-santos-signs-historic-victims-law.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Santos signs &#8220;historic&#8221; victims' law&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, Colombia Reports, 11 juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://colombiareports.com/colombia-news/news/20119-tension-between-ex-president-uribe-and-president-santos-on-the-rise.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Tensions between Uribe and Santos rise&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, Colombia Reports, 1er novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.ideaspaz.org/index.php/noticias/ultimas-noticias/1151&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;L&#237;deres empresariales hablan de la paz con las FARC&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, Fundaci&#243;n Ideas para la paz, 26 ao&#251;t 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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