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		<title>Andr&#233; Orl&#233;an : &#171; L'Empire de la valeur &#187;Vers un changement de paradigme en &#233;conomie ?</title>
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		<dc:date>2012-08-07T13:54:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Franck Bessis *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sp&#233;cialiste des questions mon&#233;taires et financi&#232;res, Andr&#233; Orl&#233;an dans L'Empire de la valeur fournit &#224; travers la synth&#232;se de ses recherches un ouvrage de r&#233;f&#233;rence pour renouveler l'analyse &#233;conomique. Sa d&#233;marche invite &#233;galement &#224; repenser la place de l'&#233;conomie au sein des sciences sociales et son rapport au politique. &lt;br class='autobr' /&gt; La communaut&#233; financi&#232;re et celle des &#233;conomistes partagent un destin paradoxal : leur influence sur le fonctionnement de l'&#233;conomie sort renforc&#233;e de leurs erreurs. On (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sp&#233;cialiste des questions mon&#233;taires et financi&#232;res, Andr&#233; Orl&#233;an dans &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/L-Empire-de-la-valeur-Refonder-l-economieAndre-Orlean&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Empire de la valeur&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; fournit &#224; travers la synth&#232;se de ses recherches un ouvrage de r&#233;f&#233;rence pour renouveler l'analyse &#233;conomique. Sa d&#233;marche invite &#233;galement &#224; repenser la place de l'&#233;conomie au sein des sciences sociales et son rapport au politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La communaut&#233; financi&#232;re et celle des &#233;conomistes partagent un destin paradoxal : leur influence sur le fonctionnement de l'&#233;conomie sort renforc&#233;e de leurs erreurs. On s'accorde &#224; leur reconna&#238;tre une grande part de responsabilit&#233; dans la crise sans remettre en cause leur cr&#233;dibilit&#233;. Agences de notation et grandes banques en t&#234;te, les principaux intervenants sur les march&#233;s financiers ont vu leur pouvoir de pression sur les &#201;tats augmenter depuis cinq ans. Quant aux &#233;conomistes, loin d'avoir perdu la confiance des dirigeants, ils sont aujourd'hui les experts les plus pr&#233;sents dans le d&#233;bat public. En observant ces &#233;volutions depuis la sph&#232;re acad&#233;mique, on rel&#232;ve cependant un changement important : la th&#233;orie n&#233;oclassique qui domine sans partage la science &#233;conomique depuis les ann&#233;es 1970 est en crise. En remettant brutalement en cause l'hypoth&#232;se d'efficience des march&#233;s d&#233;fendue par ce paradigme, la crise de l'&#233;conomie a &#233;galement entra&#238;n&#233; une crise profonde de la th&#233;orie &#233;conomique. La situation appelle un nouveau paradigme. C'est ce que propose d'&#233;tablir Andr&#233; Orl&#233;an dans ce livre en questionnant un concept &#233;conomique fondamental, celui de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ne serait pas la premi&#232;re fois dans l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique qu'un changement de th&#233;orie de la valeur serait &#224; l'origine d'un changement de paradigme. Les classiques (Smith, Ricardo, Marx) rapportaient la valeur des biens &#224; la quantit&#233; de travail n&#233;cessaire &#224; leur production. La r&#233;volution n&#233;oclassique (Jevons, Menger, Walras) a remplac&#233; cette hypoth&#232;se par l'id&#233;e que c'est l'utilit&#233; des biens qui fonde leur valeur. Ces deux conceptions, selon Andr&#233; Orl&#233;an, doivent &#234;tre mises &#224; distance. Au del&#224; de leur diff&#233;rence, classiques et n&#233;oclassiques partagent encore l'id&#233;e essentielle d'une substance de la valeur (le travail pour les uns, l'utilit&#233; pour les autres) que les biens poss&#233;deraient en propre. &#171; Refonder l'&#233;conomie &#187; passe par l'inversion de cette perspective : les valeurs ne sont pas une propri&#233;t&#233; intrins&#232;que des biens sur laquelle reposent les &#233;changes (contrairement &#224; ce qu'affirme ce &#171; paradigme substantialiste &#187;), elles ne pr&#233;existent pas &#224; ces &#233;changes mais sont cr&#233;&#233;es par eux. Ce changement de perspective sur la valeur constitue la base du nouveau paradigme que d&#233;fend l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de l&#224;, le livre est organis&#233; en trois parties qui consistent &#224; mettre en &#339;uvre ce changement de perspective sur la valeur &#224; trois niveaux du fonctionnement de l'&#233;conomie : la d&#233;finition de la raret&#233;, l'institution de la monnaie et le fonctionnement des march&#233;s financiers. Andr&#233; Orl&#233;an se livre &#224; une d&#233;construction pr&#233;cise du paradigme substantialiste. Si la science &#233;conomique n'est pas pr&#233;sent&#233;e de mani&#232;re caricaturale comme constitu&#233;e d'un seul bloc, c'est toutefois bien la m&#234;me perspective qui se trouve identifi&#233;e &#224; travers diff&#233;rents d&#233;veloppements. Pour autant, l'auteur ne rejette pas compl&#232;tement le mod&#232;le n&#233;oclassique mais il s'applique &#224; d&#233;limiter le domaine de validit&#233; de ce cadre d'analyse : ce mod&#232;le d&#233;crit correctement le fonctionnement de l'&#233;conomie sous certaines conditions ramen&#233;es au nombre de quatre : &#171; un ensemble de biens connus de tous les acteurs ; une repr&#233;sentation commune de l'incertitude ; une reconnaissance collective de ce qu'est le m&#233;canisme de prix ; l'adoption par tous les acteurs d'une conception strictement utilitaire des biens marchands &#187; (p. 106). Le changement de ces conditions appelle un paradigme plus g&#233;n&#233;ral susceptible d'englober le pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est &#233;galement la somme des travaux men&#233;s depuis une trentaine d'ann&#233;es par l'auteur selon une trajectoire de recherche originale, approfondie et rectifi&#233;e &#224; partir de relectures de classiques pour les sciences sociales et de collaborations &#233;troites avec d'autres &#233;conomistes critiques &#224; l'&#233;gard de la th&#233;orie dominante. Le c&#339;ur de sa d&#233;marche trouve sa source dans l'analyse keyn&#233;sienne du fonctionnement des march&#233;s financiers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'auto-r&#233;f&#233;rence dans la th&#233;orie keyn&#233;sienne de la sp&#233;culation &#187;, Andr&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En partant de l'absence de d&#233;finition objective de la valeur a priori, elle consiste &#224; mettre au jour une structure d'anticipation autor&#233;f&#233;rentielle et analyser la logique d'action mim&#233;tique qui en r&#233;sulte (comme sur les march&#233;s financiers o&#249; le cours des titres que cherchent &#224; anticiper les intervenants d&#233;pend pr&#233;cis&#233;ment de leurs anticipations). Cette synth&#232;se ambitieuse arrive &#224; point nomm&#233; au vu des crises conjointes de l'&#233;conomie et de la science &#233;conomique que nous traversons actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, l'auteur contribue plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; trois d&#233;marches collectives. Il y a d'abord la confrontation intellectuelle avec la forme actuelle de l'orthodoxie men&#233;e par Andr&#233; Orl&#233;an au croisement de deux approches fran&#231;aises, la &#171; th&#233;orie de la r&#233;gulation &#187; et l'&#171; &#233;conomie des conventions &#187;. Il y a par ailleurs aujourd'hui dans le monde universitaire un d&#233;bat sur le manque de pluralisme dans la recherche et l'enseignement de l'&#233;conomie, relanc&#233; par la cr&#233;ation en 2009 de l'Association Fran&#231;aise d'Economie Politique (AFEP) que pr&#233;side Andr&#233; Orl&#233;an. Il y a enfin l'intervention politique des &#171; &#233;conomistes atterr&#233;s &#187; en faveur d'autres politiques &#233;conomiques en r&#233;ponse &#224; la crise. Ce collectif s'est structur&#233; &#224; partir d'un manifeste lanc&#233; en septembre 2010 par Andr&#233; Orl&#233;an avec Philippe Askenazy, Thomas Coutrot et Henri Sterdinyak&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Manifeste d'&#233;conomistes atterr&#233;s, Les &#233;ditions qui lib&#232;rent, 2010.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces trois d&#233;marches concernent trois niveaux d'intervention diff&#233;rents, ce que prend bien soin de souligner l'auteur, particuli&#232;rement attach&#233; &#224; la s&#233;paration entre son travail conceptuel et ses recommandations politiques. Cette pr&#233;caution prise, le livre demeure une bonne occasion de r&#233;fl&#233;chir aux liens entre ces trois mises en question de l'&#233;conomie en consid&#233;rant &#224; la fois l'auteur et l'acteur des tentatives actuelles de changement. On peut penser que les r&#233;flexions th&#233;oriques pr&#233;sent&#233;es dans l'ouvrage fondent les prises de position institutionnelles et politiques sans toutefois les d&#233;terminer enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les interventions des &#233;conomistes dans leur objet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion de l'ouvrage montre qu'en conservant une th&#233;orie de la d&#233;cision r&#233;fut&#233;e par l'exp&#233;rience, la th&#233;orie n&#233;oclassique a assum&#233; un projet d'ing&#233;nierie performative distinct de la recherche de v&#233;rit&#233;s scientifiques : &#171; les &#233;conomistes n'ont pas pour finalit&#233; prioritaire de comprendre les faits tels qu'ils sont. Bien plus importante &#224; leurs yeux est la mission &#233;ducative de l'&#233;conomie. &#8216;&lt;i&gt;Lutter contre les illusions d'optique des acteurs&lt;/i&gt;' est son mot d'ordre. L'&#233;conomie est essentiellement un tuteur qui fait advenir une r&#233;alit&#233; conforme &#224; son mod&#232;le &#187; (p. 322). Dans sa version dominante, elle dira aux acteurs &#233;conomiques comment &#171; bien &#187; penser (entendre penser de fa&#231;on rationnelle). Depuis plusieurs ann&#233;es, le d&#233;veloppement important de l'&#233;conomie du droit illustre parfaitement cette application normative du raisonnement &#233;conomique. Pour Andr&#233; Orl&#233;an, cette posture est &#233;galement le r&#233;sultat du caract&#232;re id&#233;altypique du mod&#232;le n&#233;oclassique : &#171; &lt;i&gt;parce que le mod&#232;le ne vise pas &#224; d&#233;crire l'&#233;conomie r&#233;elle mais &#224; en styliser une forme exemplaire, sous un certain rapport, il offre cette possibilit&#233; nouvelle : s'appliquer &#224; la r&#233;alit&#233;, non pas tant qu'il la d&#233;crit, mais en tant qu'il la r&#233;tablit dans la puret&#233; de son concept&lt;/i&gt; &#187; (p. 111). Dans la droite ligne de l'&#233;thique w&#233;b&#233;rienne du savant, Andr&#233; Orl&#233;an d&#233;fend au contraire la s&#233;paration entre analyse de l'existant et recommandation pratique. Le projet de refondation de la science &#233;conomique qu'il d&#233;fend s'accompagne par cons&#233;quent d'un changement de posture : il s'agit moins de concevoir des outils pour transformer le monde que de le comprendre. Cet interdit lui-m&#234;me normatif se double d'ailleurs pour Andr&#233; Orl&#233;an d'une impossibilit&#233; plus factuelle : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;conomiste ne saurait fabriquer les forces sociales qui produisent la valeur, ni m&#234;me les contr&#244;ler car elles &#233;chappent radicalement &#224; l'intentionnalit&#233; individuelle&lt;/i&gt; &#187; (p. 327). Cette position semble devoir &#234;tre d&#233;pli&#233;e en plusieurs temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, pour rendre compatible la derni&#232;re citation avec la responsabilit&#233; imput&#233;e aux &#233;conomistes dans la crise, et plus g&#233;n&#233;ralement dans la &#171; performation &#187; du monde, il faut pr&#233;ciser que si l'&#233;conomiste ne ma&#238;trise pas individuellement les effets de son discours, les &#233;nonc&#233;s &#233;manant de la science &#233;conomique ont n&#233;anmoins de l'influence. Ensuite, le lien entre travaux acad&#233;miques et intervention politique ne se pose pas dans les m&#234;mes termes selon que l'on envisage l'activit&#233; critique ou l'activit&#233; de proposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier effet de la critique du paradigme substantialiste &#224; laquelle se livre Andr&#233; Orl&#233;an r&#233;side dans l'encha&#238;nement suivant : le travail scientifique d'Orl&#233;an critique la th&#233;orie n&#233;oclassique ; la th&#233;orie n&#233;oclassique l&#233;gitime la financiarisation ; le travail scientifique d'Orl&#233;an d&#233;l&#233;gitime la financiarisation. De mani&#232;re plus d&#233;taill&#233;e, on peut distinguer ici trois niveaux de r&#233;alit&#233;. &#192; un premier niveau, la r&#233;alit&#233; &#233;conomique est faite de lois, dispositifs, normes de comportement, repr&#233;sentations des actions, etc. &#192; un deuxi&#232;me niveau, la th&#233;orie &#233;conomique dominante fa&#231;onne des dispositifs, explicite des normes de comportement et justifie un certain fonctionnement de l'&#233;conomie. De cette fa&#231;on, la th&#233;orie n&#233;oclassique pense le cadre de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et intervient directement sur le premier niveau. &#192; un troisi&#232;me niveau, les r&#233;flexions critiques de l'auteur consistent &#224; penser le cadre de la th&#233;orie n&#233;oclassique et son influence sur la r&#233;alit&#233;. Si sa proposition de changement de paradigme venait &#224; se concr&#233;tiser, elle aurait au moins une cons&#233;quence pour la r&#233;alit&#233; : r&#233;duire l'influence et donc les effets de la th&#233;orie n&#233;oclassique sur la r&#233;alit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Penchons-nous maintenant sur l'activit&#233; de proposition. C'est ici qu'intervient le plus clairement la s&#233;paration entre &#233;nonc&#233;s descriptifs et normatifs, soit l'impossibilit&#233; de d&#233;duire ce qui doit &#234;tre seulement de ce qui est. Cette s&#233;paration logique n'emp&#234;che toutefois pas de forts liens sociologiques ou argumentatifs : les travaux acad&#233;miques donnent du poids aux recommandations, et plus g&#233;n&#233;ralement la qualit&#233; d'un diagnostic fonde la cr&#233;dibilit&#233; des propositions de changement. Dans le cas des &#171; &#233;conomistes atterr&#233;s &#187;, les propositions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Changer d'&#233;conomie. Nos propositions pour 2012, Les &#233;ditions qui lib&#232;rent, 2012.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consistent avant toute chose &#224; montrer que l'&#233;conomie peut fonctionner autrement. Il s'agit de rendre visible un espace de choix plus large et de remettre ainsi certaines contraintes &#233;conomiques pr&#233;sent&#233;es comme lois de nature &#224; leur place, une place subordonn&#233;e &#224; des d&#233;cisions politiques. La critique du paradigme substantialiste permet de justifier cette posture en d&#233;construisant la vision naturalis&#233;e du fonctionnement de l'&#233;conomie promue par la th&#233;orie n&#233;oclassique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est alors tent&#233; de reformuler l'initiative des atterr&#233;s dans les termes exacts d'une intervention ant&#233;rieure d'&#233;conomiste critiques : &lt;a href=&#034;http://www.alternatives-economiques.fr/manifeste-contre-la-pensee-unique_fr_art_92_9003.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;il s'agit avant tout d'un appel des &#233;conomistes pour sortir de la pens&#233;e unique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Il y a quinze ans, cette d&#233;nonciation de la pens&#233;e unique a trouv&#233; sa r&#233;ponse institutionnelle dans la cr&#233;ation du Conseil d'Analyse &#201;conomique. Con&#231;ue pour favoriser le pluralisme de l'expertise et le d&#233;bat contradictoire, cette institution n'a pas renforc&#233; l'expression de pens&#233;es &#233;conomiques diff&#233;rentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Angeletti Thomas, &#171; (Se) rendre conforme. Les limites de la critique au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-on refaire le monde avec des copies ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons maintenant au c&#339;ur du projet intellectuel de l'ouvrage. Si le sous-titre du livre parle bien de &#171; refonder l'&#233;conomie &#187;, l'introduction et la conclusion soulignent deux restrictions importantes du propos, qui vont nous conduire &#224; ramener l'ambition du livre &#224; la juste mesure du cadre d'analyse &#233;labor&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le diagnostic critique de l'existant laisse de c&#244;t&#233; &#224; la fois la neuro&#233;conomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La neuroro&#233;conomie est caract&#233;ris&#233;e par l'utilisation des instruments des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et la tendance qu'ont de nombreux &#233;conomistes aujourd'hui &#224; n&#233;gliger les d&#233;bats th&#233;oriques jug&#233;s trop g&#233;n&#233;raux pour se concentrer sur des estimations &#233;conom&#233;triques. Cette r&#233;surgence de l'empirisme na&#239;f peut &#234;tre critiqu&#233;e &#224; ce titre par Andr&#233; Orl&#233;an comme n&#233;gligeant l'id&#233;e qu'il n'y a pas plus d'outils neutres que de faits sans th&#233;orie ; le lecteur ne sortira pas pour autant convaincu de l'enfermement des &#171; purs techniciens &#187; dans un cadre n&#233;oclassique qui ferait ainsi tomber leurs analyses syst&#233;matiquement sous le coup des critiques que l'auteur lui adresse. Le travail critique reste &#224; faire ici, qui partant d'une s&#233;rie de travaux empiriques d&#233;nicherait dans chaque cas l'impens&#233; n&#233;oclassique &#224; l'&#339;uvre et ses cons&#233;quences probl&#233;matiques. Mais sans doute la critique de cette posture doit-elle porter &#224; un autre niveau. Concernant la neuro&#233;conomie, le lecteur restera aussi probablement sur sa faim. M&#234;me si Andr&#233; Orl&#233;an souligne que ces travaux n'abandonnent pas l'id&#233;e de substance de la valeur, c'est vraisemblablement eux qui sont les mieux plac&#233;es aujourd'hui pour produire un changement de paradigme. Une critique aussi d&#233;taill&#233;e que celle fournie pour la th&#233;orie n&#233;oclassique reste donc &#224; faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir pour une critique g&#233;n&#233;rale &#171; D'une h&#233;g&#233;monie, l'autre &#187;, communication (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En somme, l'&#233;tude d'une situation abstraite d&#233;pourvue de normes et celle de situations empiriques satur&#233;es de normes doivent donc &#234;tre appr&#233;hend&#233;es comme deux moments de l'analyse qui se compl&#232;tent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, le travail de refondation du paradigme &#233;conomique appel&#233; de ses v&#339;ux par Andr&#233; Orl&#233;an est d&#233;j&#224; bien entam&#233; mais le cadre th&#233;orique pr&#233;sent&#233; dans son ouvrage ne semble pas s'appuyer sur une th&#233;orie de l'action suffisamment g&#233;n&#233;rale pour r&#233;pondre enti&#232;rement &#224; cette ambition. Une conception pluraliste de l'action est requise pour restituer d'autres formes d'engagement &#224; c&#244;t&#233; de celle vis&#233;e par la rationalit&#233; instrumentale des &#233;conomistes ou l'hypoth&#232;se mim&#233;tique mise en avant par l'auteur. Dans cette optique, les ressources ne manquent pas pour pratiquer l'ouverture aux sciences sociales, que l'on pense sans souci d'exhaustivit&#233; aux formulations de Bernard Lahire (L'homme pluriel), Laurent Th&#233;venot (L'action au pluriel), Alain Caill&#233; (Th&#233;orie anti-utilitariste de l'action), Danilo Martucelli (Grammaires de l'individu) ou de Cyril Lemieux (Le devoir et la gr&#226;ce). Aussi la poursuite de ce travail passe-t-elle sans doute moins aujourd'hui par l'&#233;dification d'une nouvelle cath&#233;drale th&#233;orique pluraliste que par l'&#233;tude plus d&#233;taill&#233;e de probl&#232;mes &#233;conomiques &#224; partir de dispositifs d'enqu&#234;te adapt&#233;s &#224; ce paradigme constructiviste. Pour finir, on peut se demander jusqu'&#224; quel point ces d&#233;placements remettent en question l'identit&#233; des &#233;conomistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'identit&#233; institutionnelle des &#233;conomistes : retour &#224; Weber ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du reste des sciences sociales, le changement de perspective sur la valeur propos&#233; par l'auteur revient simplement &#224; remettre l'analyse &#233;conomique &#224; l'endroit. Pour originale qu'elle soit par rapport &#224; la th&#233;orie n&#233;oclassique, l'id&#233;e que les valeurs (morales, religieuse, esth&#233;tiques, etc.) ne doivent pas &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme donn&#233;es mais qu'elles se construisent dans l'interaction est largement r&#233;pandue dans les disciplines voisines. C'est pourquoi Andr&#233; Orl&#233;an qualifie &#233;galement cette perspective d'&#171; unidisciplinaire &#187; : &#171; une fois rejet&#233;e l'hypoth&#232;se de la valeur substance, il est possible d'&#233;laborer un mod&#232;le g&#233;n&#233;ral d'intelligibilit&#233; des valeurs qui englobe &#233;galement l'activit&#233; &#233;conomique &#187; (p. 186).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AFEP promeut aujourd'hui la cr&#233;ation d'une nouvelle section CNU dont le p&#233;rim&#232;tre serait celui d'une &#201;conomie Politique pluraliste ouverte aux autres sciences sociales. Un autre apport essentiel de ce livre est de fournir de solides justifications &#224; ce projet tout en alimentant directement cette &#201;conomie Politique contemporaine. Une commission charg&#233;e de r&#233;fl&#233;chir &#224; l'enseignement &#224; l'Universit&#233; a &#233;t&#233; mise en place au sein de cette association. On conna&#238;t &#233;galement les r&#233;ticences de l'Association des Professeurs de Sciences &#201;conomiques et Sociales (APSES) &#224; voir la micro-&#233;conomie occuper une place trop importante dans l'enseignement secondaire. L'ouvrage montre &#224; ce sujet que toute initiation aux outils de l'analyse &#233;conomique devrait commencer par l'&#233;tude de la valeur chez Smith, Marx et les n&#233;oclassiques, et plus g&#233;n&#233;ralement par une solide initiation &#224; l'histoire de la pens&#233;e &#233;conomique, comme cela reste le cas aujourd'hui dans trop peu d'universit&#233;s. La premi&#232;re partie de l'ouvrage offre dans cette optique une excellente trame pour un manuel adapt&#233; &#224; cette future section d'&#201;conomie Politique. Son degr&#233; d'abstraction n'a rien &#224; envier au programme d'optimisation du consommateur par lequel commence toute initiation &#224; la micro&#233;conomie, mais comme nous l'avons vu pr&#233;c&#233;demment, l'abstraction est cette fois mise au service d'une v&#233;ritable g&#233;n&#233;ralit&#233; du raisonnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du rapport entre l'&#233;conomie et les autres sciences sociales se pose peut-&#234;tre de mani&#232;re plus d&#233;licate au niveau des &#171; styles de raisonnement scientifique &#187; (Ian Hacking). L'auteur rel&#232;ve tr&#232;s bien le probl&#232;me &#224; la fin de son avant-dernier chapitre en rapportant la position du prix Nobel Robert Lucas sur la diff&#233;rence entre risque et incertitude. Selon ce dernier &#171; dans les situations d'incertitude, le raisonnement &#233;conomique ne sera d'aucune valeur &#187; (p. 258). Cette distinction classique entre risque et incertitude, que l'on doit &#224; l'&#233;conomiste Frank Knight, tient au fait que le risque peut s'appr&#233;hender en termes de probabilit&#233;s &#224; partir de fr&#233;quences observables d'&#233;v&#233;nement pass&#233;s tandis que l'incertitude d&#233;signe des &#233;v&#233;nements fondamentalement impr&#233;visibles car in&#233;dits et donc assimilables &#224; aucun autre. Dans les situations d'incertitude, les calculs statistiques sont inop&#233;rants et &#171; l'acteur n'a d'autre instruments que sa facult&#233; de jugement &#187; (p. 253). Apr&#232;s avoir tr&#232;s bien montr&#233; le lien entre l'objectivit&#233; des valeurs et l'objectivit&#233; du futur que doit postuler la th&#233;orie n&#233;oclassique pour faire fonctionner son mod&#232;le, Andr&#233; Orl&#233;an entreprend dans le dernier chapitre de contredire le pessimisme de Lucas en expliquant le fonctionnement des march&#233;s financiers sans contourner le fait que ceux-ci sont n&#233;cessairement marqu&#233;s par une irr&#233;ductible incertitude au sens o&#249; l'entend Frank Knight. La d&#233;monstration en termes de convention financi&#232;re est bien connue et tout &#224; fait convaincante (d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans son livre intitul&#233; Le Pouvoir de la finance, 1999, Odile Jacob), mais la position de Lucas pose la question de savoir s'il s'agit encore &#224; ses yeux d'un &#171; raisonnement &#233;conomique &#187;. Comment raisonnent les &#233;conomistes ? demandait dans le titre d'un ouvrage r&#233;cent Bernard Walliser (Odile Jacob, 2011) pour r&#233;pondre aussit&#244;t &#171; par la construction et l'utilisation de mod&#232;les &#187;. Il faut clairement entendre ici par &#171; mod&#232;les &#187; les formalisations math&#233;matiques g&#233;n&#233;ralement test&#233;es &#224; partir d'hypoth&#232;ses statistiques, et non les repr&#233;sentations id&#233;altypiques de Weber. Bien qu'ils partagent une caract&#233;ristique &#233;videntes de ces derniers (ce sont des repr&#233;sentations simplifi&#233;es), ces mod&#232;les n'adoptent pas du tout les d&#233;marches empiriques compr&#233;hensives et comparatives du sociologue allemand&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les valeurs, les id&#233;es et les int&#233;r&#234;ts. Introduction &#224; la sociologie de Max (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (qui, rappelons-le, a occup&#233; une chaire d'&#233;conomie). Ainsi, si &#171; du point de vue de l'intelligibilit&#233; du monde &#233;conomique &#187;, ce qui est vraiment important pour Andr&#233; Orl&#233;an est de &#171; savoir ce qui fait que l'individu poursuit telle finalit&#233; ; autrement dit, la question du sens de son action et des valeurs qui la gouvernent &#187; (p. 328), on peut se demander si le changement de paradigme vis&#233; et la perspective &#171; unidisciplinaire &#187; d&#233;fendue ne correspondent pas mieux au pluralisme des approches et m&#233;thodes d'investigation empirique reconnus et ma&#238;tris&#233;s depuis ses origines multiples par la sociologie. &#192; ce titre, on peut interroger le choix fait dans l'ouvrage et repris dans cette note d'appliquer l'id&#233;e de &#171; paradigme &#187; pour d&#233;fendre un fonctionnement de la discipline &#233;conomique plus proche du reste des sciences sociales, o&#249; les diff&#233;rentes approches coexistent plus qu'elles ne se succ&#232;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour finir, la critique des th&#233;ories substantialistes de la valeur met en cause &#233;galement au niveau des consid&#233;rations institutionnelles les modalit&#233;s d'&#233;valuation des enseignants-chercheurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet les travaux de la commission &#233;valuation de l'AFEP]. Les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La port&#233;e critique de cette d&#233;marche r&#233;side dans le rejet d'une d&#233;finition objective des valeurs a priori sur des questions pour lesquelles des r&#233;alit&#233;s physiques mesurables (comme des poids ou des distances) n'existent pas pr&#233;alablement &#224; l'&#233;valuation. Elle conduit plus g&#233;n&#233;ralement &#224; identifier le r&#244;le d&#233;terminant de cette op&#233;ration de jugement dans les trajectoires professionnelles des individus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;preuve d'&#233;valuation et ch&#244;mage, Fran&#231;ois Eymard-Duvernay, Octares, 2012.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le livre d'Andr&#233; Orl&#233;an contribue donc &#224; sa mani&#232;re &#224; un ensemble de travaux qui fondent la critique de ces syst&#232;mes d'&#233;valuation et appellent un usage raisonn&#233; (d&#233;lib&#233;ratif plut&#244;t que mim&#233;tique) de ces instruments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Franck Bessis&lt;/strong&gt; est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; Lyon 2 et membre du laboratoire Triangle. Auteur d'une th&#232;se sur le changement institutionnel dans les approches th&#233;oriques de l'&#233;conomie des conventions et de l'&#233;cole de la r&#233;gulation. Ses recherches portent sur les professions et l'influence des &#233;conomistes sur leur objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sa page&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.parisschoolofeconomics.com/orlean-andre/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.parisschoolofeconomics.com/orlean-andre/index.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.laviedesidees.fr/Vers-un-changement-de-paradigme-en,1919.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Vie des id&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 11 juin 2012. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;ISSN &lt;/strong&gt; : 2105-3030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus d'info :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Site des &lt;a href=&#034;http://atterres.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Economistes Atterr&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Site de &lt;a href=&#034;http://www.assoeconomiepolitique.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Association Fran&#231;aise d'Economie Politique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Site de &lt;a href=&#034;http://www.apses.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'Association des Professeurs de Sciences Economiques et Sociales&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; L'auto-r&#233;f&#233;rence dans la th&#233;orie keyn&#233;sienne de la sp&#233;culation &#187;, Andr&#233; Orl&#233;an, &lt;i&gt;Cahiers d'&#201;conomie Politique&lt;/i&gt;, n&#176;14-15, pp. 229-242, 1988 (Texte disponible sur la &lt;a href=&#034;http://www.parisschoolofeconomics.com/orlean-andre/index.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page personnelle de l'auteur&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Manifeste d'&#233;conomistes atterr&#233;s&lt;/i&gt;, Les &#233;ditions qui lib&#232;rent, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Changer d'&#233;conomie. Nos propositions pour 2012, Les &#233;ditions qui lib&#232;rent, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Angeletti Thomas, &#171; (Se) rendre conforme. Les limites de la critique au Conseil d'analyse &#233;conomique &#187;, &lt;a href=&#034;http://traces.revues.org/4204&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Trac&#233;s. Revue de Sciences humaines&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 17 | 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La neuroro&#233;conomie est caract&#233;ris&#233;e par l'utilisation des instruments des neurosciences et en particulier des imageries c&#233;r&#233;brales pour tenter d'expliquer les d&#233;cisions &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir pour une critique g&#233;n&#233;rale &#171; D'une h&#233;g&#233;monie, l'autre &#187;, communication de Fr&#233;d&#233;ric Lordon au premier Colloque de l'AFEP, 2011, disponible sur le site de &lt;a href=&#034;http://www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?article250&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'AFEP&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;]. Finalement, le succ&#232;s de ces deux s&#233;ries de d&#233;veloppements laiss&#233;es de c&#244;t&#233; par l'auteur am&#232;ne &#224; se demander si les instruments d'analyse et dispositifs d'enqu&#234;te ne seraient pas plus efficaces pour la diffusion de nouveaux paradigmes en sciences sociales que les m&#233;taphysiques engag&#233;es (ce qui expliquerait la moindre efficacit&#233; d'une critique de ces derni&#232;res, aussi pertinente soit-elle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seconde restriction de taille au regard de l'ambition affich&#233;e, &#171; la r&#233;flexion de ce livre porte exclusivement sur l'&#233;conomie marchande et non sur le capitalisme &#187; (p. 23), entendu a minima comme r&#233;sultant du rapport marchand et du rapport salarial. Plus pr&#233;cis&#233;ment, la r&#233;flexion porte d'abord sur une certaine conceptualisation du march&#233; (la conceptualisation n&#233;oclassique), et s'applique ensuite &#224; certains types de march&#233;s empiriques (les march&#233;s financiers par excellence), mais pas &#224; l'ensemble de ces derniers (bien d'autres &#233;l&#233;ments transforment la logique des march&#233;s du travail, des services juridique ou de l'immobilier par exemple). Tant qu'on reste au voisinage de cette repr&#233;sentation abstraite du march&#233;, l'hypoth&#232;se mim&#233;tique est sans doute suffisante pour restituer le comportement des acteurs. Mais d&#232;s lors qu'on s'en &#233;loigne, ne doit-on pas faire intervenir d'autres logiques d'action pour ne pas reproduire l'imp&#233;rialisme de la science &#233;conomique &#224; l'&#233;gard des autres disciplines en rempla&#231;ant simplement le calcul instrumental par l'imitation ? Le probl&#232;me appara&#238;t de mani&#232;re plus nette si on cherche &#224; analyser, non plus seulement diff&#233;rentes formes de march&#233;, mais des organisations capitalistes classiques ou d'&#233;conomie sociale et solidaire : il semble difficile de r&#233;duire les logiques d'autorit&#233; et de r&#233;ciprocit&#233; au seul comportement mim&#233;tique tout en pr&#233;servant la d&#233;marche compr&#233;hensive ch&#232;re &#224; l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise en compte d'autres logiques d'action sur les march&#233;s comme en dehors de ceux-ci peut &#234;tre &#233;clair&#233;e par le travail de Luc Boltanski et Laurent Th&#233;venot (De la Justification, Gallimard, 1991). Ces auteurs partent &#233;galement de l'id&#233;e qu'il ne peut pas y avoir de substance de la valeur mais seulement diff&#233;rents processus de valorisation. Leur insistance sur l'id&#233;e de l&#233;gitimit&#233; permet d'ajouter un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif au raisonnement : il s'agit de ne pas jeter la port&#233;e morale des valeurs avec le substantialisme. Les th&#233;ories substantialistes de la valeur (travail, utilit&#233; ou autre) sont des conceptions auxquelles peuvent adh&#233;rer les acteurs et qui fondent leurs critiques des formes d'&#233;valuation existantes (et des formes de distribution associ&#233;es). Pour en rester &#224; l'ordre marchand, l'auteur insiste d'ailleurs sur ce point : il ne s'agit pas de rejeter l'id&#233;e d'une adh&#233;sion des agents au principe d'utilit&#233; mais plut&#244;t de montrer que cette mani&#232;re de valoriser les biens est le r&#233;sultat provisoirement stabilis&#233; de comportements mim&#233;tiques. L'ensemble de sa pr&#233;sentation minore cependant ce point parce que sa d&#233;monstration, partant de la d&#233;construction du cadre n&#233;oclassique, commande de se concentrer sur une repr&#233;sentation th&#233;orique d&#233;pourvue de toute institution stabilis&#233;e (une sorte d'&#233;tat de nature). &#192; l'inverse, le point de d&#233;part de Boltanski et Th&#233;venot r&#233;side dans le caract&#232;re probl&#233;matique du trop-plein de valeurs stabilis&#233;es observable dans les situations concr&#232;tes (des conflits de valeurs en somme). Leur pr&#233;sentation minore par cons&#233;quent la possibilit&#233; toujours pr&#233;sente d'une d&#233;construction radicale de ces valeurs et le retour en pens&#233;e &#224; une situation d'&#233;tat de nature proche de celle envisag&#233;e par Andr&#233; Orl&#233;an. Il permet en revanche de maintenir une place dans l'analyse &#224; l'id&#233;e d'exploitation [[&lt;i&gt;Le nouvel esprit du capitalisme&lt;/i&gt;, Luc Boltanski et Eve Chiapello, Gallimard, 1999&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les valeurs, les id&#233;es et les int&#233;r&#234;ts. Introduction &#224; la sociologie de Max Weber, Stephen Kalberg, La d&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet les travaux de la commission &#233;valuation de &lt;a href=&#034;http://www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?rubrique45&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;l'AFEP&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;]. Les &#233;conomistes ont &#233;t&#233; parmi les premiers en sciences sociales &#224; faire une grande place dans l'&#233;valuation (dans l'appr&#233;ciation de la valeur des enseignants-chercheurs) aux classements de revues, important ainsi une pratique &#224; l'&#339;uvre dans les sciences exactes [[&#171; La multiplication des classements dans les sciences sociales &#187;, Patrick Fridenson, &lt;i&gt;Le mouvement social&lt;/i&gt;, n&#176;226, p. 5-14, 2009.]. Critiquer l'hypoth&#232;se substantialiste qui postule &#171; la pr&#233;sence d'une grandeur cach&#233;e qui pr&#233;existe logiquement aux transactions et les organise &#187; (p. 24), c'est au fond reprendre l'un des gestes inauguraux de la d&#233;marche de l'&#171; &#233;conomie des conventions &#187; qui soulignait l'importance des op&#233;rations politiques de quantification en amont de l'&#233;tablissement de mesure [[&#171; Les origines statisticiennes de l'&#233;conomie des conventions : r&#233;flexivit&#233; et expertise &#187;, Alain Desrosi&#232;res, &lt;i&gt;Oeconomia&lt;/i&gt;, n&#176;2, pp.299-319, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#201;preuve d'&#233;valuation et ch&#244;mage&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Eymard-Duvernay, Octares, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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