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		<title>Gr&#232;ce : coup d'&#201;tat europ&#233;en face au soul&#232;vement populaire</title>
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		<dc:date>2011-11-28T13:26:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Stathis Kouv&#233;lakis </dc:creator>



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&lt;p&gt;Ainsi donc c'est en Gr&#232;ce qu'a d&#233;but&#233; la nouvelle pi&#232;ce promise &#224; un grand succ&#232;s en cette saison politique europ&#233;enne et qui s'intitule : La Prise du pouvoir par les banquiers. L'Italie para&#238;t choisie pour la prochaine &#233;tape, ce qui ne fait que ressortir l'int&#233;r&#234;t du processus grec qui a conduit &#224; la d&#233;mission de Georges Papandr&#233;ou et &#224; la formation d'un nouveau gouvernement dit d'&#171; entente nationale &#187; dirig&#233; par Lucas Papad&#233;mos. &lt;br class='autobr' /&gt; Plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ainsi donc c'est en Gr&#232;ce qu'a d&#233;but&#233; la nouvelle pi&#232;ce promise &#224; un grand succ&#232;s en cette saison politique europ&#233;enne et qui s'intitule : La Prise du pouvoir par les banquiers. L'Italie para&#238;t choisie pour la prochaine &#233;tape, ce qui ne fait que ressortir l'int&#233;r&#234;t du processus grec qui a conduit &#224; la d&#233;mission de Georges Papandr&#233;ou et &#224; la formation d'un nouveau gouvernement dit d'&#171; entente nationale &#187; dirig&#233; par Lucas Papad&#233;mos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Plusieurs jours de tergiversations et d'&#226;pres n&#233;gociations entre le PASOK (socialiste), toujours majoritaire au Parlement, et la Nouvelle D&#233;mocratie (ND, opposition de droite), sans oublier le r&#244;le particuli&#232;rement actif de l'extr&#234;me droite du LAOS, ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires pour arriver &#224; ce r&#233;sultat.Au final, un gouvernement dont les principaux portefeuilles &#233;conomiques et sociaux restent aux mains du PASOK, la droite se cantonnant &#224; deux minist&#232;res &#171; r&#233;galiens &#187; (D&#233;fense, Affaires &#233;trang&#232;res). Un gouvernement &#233;galement marqu&#233; par la participation de l'extr&#234;me droite qui, pour la premi&#232;re fois depuis la chute du r&#233;gime militaire (1974), se voit attribuer un minist&#232;re (Transports et Travaux publics) et trois secr&#233;tariats d'&#201;tat. Mais, bien plus que ces man&#339;uvres politiciennes, ce sont les pressions des gouvernements allemand et fran&#231;ais et de ce qu'on appelle les &#171; march&#233;s &#187; qui ont permis d'aboutir &#224; ce r&#233;sultat. Ancien vice-pr&#233;sident de la Banque Centrale Europ&#233;enne (BCE), de 2002 &#224; 2010, Papad&#233;mos, membre de la Commission Trilat&#233;rale, fut directeur de la Banque Centrale de Gr&#232;ce entre 1994 et 2002 et, de ce fait, l'un des architectes de l'entr&#233;e de la Gr&#232;ce dans l'euro, aux c&#244;t&#233;s de son mentor en politique, l'ancien Premier ministre socialiste &#171; moderniste &#187; Costas Simitis, le principal architecte du n&#233;olib&#233;ralisme en Gr&#232;ce et consid&#233;r&#233; comme particuli&#232;rement proche des milieux d'affaires allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire qu'avec ce nouveau Premier ministre, ce sont de fa&#231;on quasiment directe les milieux financiers europ&#233;ens, et secondairement grecs, ainsi que les pays du directoire de l'Union Europ&#233;enne (UE) qui gouvernent le pays, au m&#233;pris de tout mandat populaire, &#224; partir ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le premier &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187; con&#231;u et mis en &#339;uvre par cette m&#234;me UE et les banquiers dont elle est le fond&#233; de pouvoir. Les formulations de Marx &#224; propos de la monarchie de Juillet, selon laquelle cette derni&#232;re est le &#171; r&#232;gne d'une fraction seulement de la bourgeoisie, l'aristocratie financi&#232;re &#187;, et le r&#233;gime tout entier une &#171; soci&#233;t&#233; par actions pour l'exploitation de la richesse nationale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marx ajoutait ceci, qui sonne &#233;trangement actuel : &#171; l'endettement de l'&#201;tat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; retrouvent ainsi une nouvelle jeunesse. &#192; ceci pr&#232;s que cette aristocratie financi&#232;re est &#224; pr&#233;sent essentiellement multinationale, et, pour ce qui concerne les pays du Vieux Continent, avant tout europ&#233;enne, les sp&#233;culateurs et profiteurs d'aujourd'hui si&#233;geant dans les conseils d'administration des banques (et institutions financi&#232;res) allemandes, et fran&#231;aises, ainsi que de la BCE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les donn&#233;es disponibles, qui portent sur 300 milliards d'un total de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment comprendre de fa&#231;on plus profonde ce bouleversement spectaculaire du paysage politique, qui a vu en une dizaine de jours l'ex-Premier ministre Papandr&#233;ou annoncer un r&#233;f&#233;rendum, se r&#233;tracter, gagner un vote de confiance au Parlement pour finalement d&#233;missionner et laisser la place &#224; un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; aux ordres des financiers et de l'UE ? Pr&#233;cisons d'entr&#233;e de jeu ceci : contrairement &#224; une impression largement r&#233;pandue dans et par les m&#233;dias internationaux, ce n'est pas l'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum portant sur les d&#233;cisions du sommet europ&#233;en du 27 octobre qui a pr&#233;cipit&#233; les &#233;v&#233;nements, mais la situation pr&#233;-insurrectionnelle dans laquelle la Gr&#232;ce a plong&#233; depuis les journ&#233;es du 19 et 20 octobre et, de fa&#231;on encore plus nette, depuis les &#233;meutes qui ont accompagn&#233; les comm&#233;morations de la f&#234;te nationale du 28 octobre. C'est du reste pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette situation que venait r&#233;pondre l'initiative &#224; haut risque, et qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e fatale pour son sort, de Papandr&#233;ou&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le correspondant de Lib&#233;ration l'a bien vu : &#171; la d&#233;cision de Papandr&#233;ou [&#8230;] (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, les derniers &#233;v&#233;nements doivent &#234;tre compris comme le prolongement logique des tendances qui sont apparues en juin dernier, lorsque la mobilisation du &#171; peuple des places &#187; atteignit un pic et d&#233;clencha la premi&#232;re phase de la crise politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce moment cf. Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; Le chaudron grec &#187;, 20 juin 2011.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Papandr&#233;ou s'est alors plac&#233; pour quelques heures en position de d&#233;missionnaire &#224; la recherche d'un accord de gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; avec le dirigeant de l'opposition de droite Antonis Samaras. Si cet &#233;pisode s'est rapidement clos par un simple remaniement gouvernemental, il n'en a pas moins mis en &#233;vidence les trois principaux d&#233;terminants de la s&#233;quence qui d&#233;bouche sur la situation pr&#233;sente :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une mont&#233;e des mobilisations, qui prennent l'allure d'une v&#233;ritable soul&#232;vement populaire,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'accentuation de la crise du syst&#232;me politique et sa transformation en crise de l'&#201;tat,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le r&#244;le de type n&#233;ocolonial de l'UE devenue acteur de premier plan de la sc&#232;ne politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une br&#232;ve analyse de ces trois facteurs s'av&#232;re donc n&#233;cessaire, qui nous permettra d'aborder en conclusion la question des perspectives de la gauche radicale dans cette conjoncture nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le soul&#232;vement populaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 48 heures des 19 et 20 octobre a confirm&#233; que le cycle de mobilisation entam&#233; d&#232;s le vote, le 5 mai 2010, du M&#233;morandum entre le gouvernement grec et la d&#233;sormais fameuse &#171; Tro&#239;ka &#187; (UE, BCE, FMI) &#233;tait entr&#233; dans une nouvelle phase. L'ampleur et la combativit&#233; des manifestations, leur diffusion dans l'ensemble du territoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les estimations les plus s&#233;rieuses, les manifestations ont rassembl&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la composition sociale &#233;largie des participants (salari&#233;s du public et du priv&#233;, ch&#244;meurs, jeunes, petits commer&#231;ants et entrepreneurs, retrait&#233;s), mais aussi la pr&#233;paration de ces deux journ&#233;es par toute une s&#233;rie d'actions radicales aux formes souvent in&#233;dites (occupations de b&#226;timents publics, y compris des si&#232;ges de minist&#232;res et de pr&#233;fectures, refus de payer les nouvelles taxes, gr&#232;ves prolong&#233;es dans certains secteurs comme les &#233;boueurs ou le personnel hospitalier), tous ces &#233;l&#233;ments dressent le tableau d'une mobilisation ouvri&#232;re et populaire ascendante, disposant d'importantes r&#233;serves et de l'appui majoritaire du corps social. Pour le dire autrement, ce &#224; quoi nous avons assist&#233; dans les rues d'Ath&#232;nes et des villes du pays, c'est &#224; la convergence du &#171; peuple des places &#187; du printemps dernier (dont la masse se composait d'&#233;lecteurs r&#233;volt&#233; des deux &#171; partis de gouvernement &#187; (PASOK et ND) et du mouvement populaire organis&#233;. Le renforcement du r&#244;le jou&#233; par ses composantes traditionnelles, syndicales et politiques, a jou&#233; dans ce sens, notamment la mobilisation du Parti Communiste Grec (KKE) et de son front syndical (PAME). Sous la pression de sa base et de son environnement social, ce parti s'est d&#233;marqu&#233; de la routine qu'il affectionne, qui consiste &#224; faire d&#233;filer ses propres cort&#232;ges de fa&#231;on soigneusement distincte du reste des manifestants, et a voulu occuper le terrain de fa&#231;on visible et prolong&#233;e, en organisant l'encerclement du Parlement le 20 octobre. Certes, il s'y est pris avec son sectarisme coutumier, refusant une fois de plus toute unit&#233; d'action avec les autres forces de la gauche radicale. Cela ne saurait toutefois en aucune fa&#231;on justifier l'attaque militaris&#233;e, &#224; vis&#233;e meurtri&#232;re (cocktails molotov lanc&#233;s contre le service d'ordre et les cort&#232;ges du PAME), dont il fut la cible de la part d'une partie de la mouvance Black Bloc et qui s'est sold&#233;e par la mort d'un ouvrier du b&#226;timent, militant du PAME, et par l'hospitalisation d'une quarantaine de manifestants issus de ses rangs, dont trois dans un &#233;tat grave&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dimitris Kotsaridis, secr&#233;taire de l'Union Locale de Vironas (banlieue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces incidents, qui ont laiss&#233; un go&#251;t amer, une dynamique d'action de rue s'&#233;tait mise en place, qui a resurgi lors des manifestations qui ont &#233;clat&#233; &#224; l'occasion des comm&#233;morations du 28 octobre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La f&#234;te nationale du 28 octobre comm&#233;more le &#171; non &#187; du gouvernement grec &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Des manifestations que l'on peut consid&#233;rer comme l'&#233;quivalent sur le plan symbolique d'une &#171; prise de la Bastille &#187; &#224; la grecque. En ce jour de confirmation des autorit&#233;s de l'&#201;tat dans leur r&#244;le de repr&#233;sentant de la nation, appel&#233;e &#224; d&#233;filer sous leur regard, celles-ci sont un peu partout chass&#233;es de leur place physique et symbolique, &#224; savoir des tribunes officielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Y compris le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Karolos Papoulias, personnage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, aussit&#244;t envahies par la foule. Une foule qui d&#233;clare de la sorte qu'elle est la seule incarnation l&#233;gitime du tout social. Cette conqu&#234;te symbolique de la place vide, ou plut&#244;t vid&#233;e, du pouvoir par le peuple &#171; en personne &#187; s'est &#233;galement exprim&#233;e par la multiplicit&#233; des significations qui ont marqu&#233; cette journ&#233;e : slogans liant le &#171; non &#187; de 1940 avec la situation pr&#233;sente et assimilant les gouvernants actuels aux &#171; collabos &#187;, reprise de chants de la R&#233;sistance et de la lutte contre la dictature des colonels, drapeaux allemands et de l'UE br&#251;l&#233;s devant des foules en liesse. Comme a pu le constater le correspondant du Monde, &#171; la journ&#233;e s'est transform&#233;e en journ&#233;e du non &#224; la &#034;Tro&#239;ka&#034; et &#224; l'aust&#233;rit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Salles, &#171; Le coup de poker de Georges Papandr&#233;ou &#187;, Le Monde, 2 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tout cela indique que pour de larges secteurs sociaux &#233;merge un r&#233;cit national et populaire alternatif &#224; celui du pouvoir, qui fait converger la dimension sociale et la dimension nationale de la protestation et relie le pr&#233;sent avec la m&#233;moire populaire de la &#171; longue dur&#233;e &#187; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seuil symbolique a ainsi &#233;t&#233; franchi et il semble peu probable de voir la mobilisation retomber, m&#234;me si sa reprise passera par une p&#233;riode d'adaptation &#224; la situation nouvelle cr&#233;&#233;e par le bouleversement au sommet de l'&#201;tat. D'autant que la situation &#233;conomique du pays, d&#233;j&#224; dramatique, ne cesse d'empirer : le taux de ch&#244;mage a officiellement atteint 18,4 %, mais est plus proche des 25 % dans la r&#233;alit&#233;, les salari&#233;s et les retrait&#233;s ont perdu environ un tiers de leur revenu, les taxes exorbitantes r&#233;cemment vot&#233;es ach&#232;vent de saigner les m&#233;nages, les services publics sont en ruine, le taux de suicide, traditionnellement l'un des plus faibles d'Europe, a bondi de 40 % en un an, tandis que la situation sanitaire de la population se d&#233;t&#233;riore de fa&#231;on dramatique, comme le r&#233;v&#232;le une &#233;tude publi&#233;e dans la prestigieuse revue m&#233;dicale The Lancet&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Alexander Kentelenis et alii, &#171; Health Effects Of Financial Crisis : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui conclut &#224; une &#171; trag&#233;die grecque &#187;. Dans ces conditions, il appara&#238;t tout simplement impensable qu'un gouvernement s'appr&#234;tant &#224; administrer &#224; une population exsangue une nouvelle potion d'aust&#233;rit&#233; puisse esp&#233;rer tenir dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'approfondissement de la crise politique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son ampleur et son aspect in&#233;dit, &#224; savoir l'entr&#233;e en sc&#232;ne de masses jusqu'alors relativement passives et d&#233;pourvues de culture politique coh&#233;sive, le &#171; mouvement des places &#187; du mois de juin cr&#233;ait les conditions de la transformation de la crise &#233;conomique et sociale en crise politique g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Une crise que nous pouvons, en r&#233;f&#233;rence aux analyses de Gramsci, qualifier de &#171; crise organique &#187;. La mont&#233;e en puissance de la protestation populaire r&#233;v&#233;lait un moment de rupture des rapports &#233;tablis de repr&#233;sentation entre les principaux groupes sociaux et leurs formes d'expression partidaire qui s'est traduite par &#171; le passage soudain [de ces groupes] de la passivit&#233; politique vers une forme d'activit&#233; et de revendication qui, dans leur unit&#233; non-organique constituent une r&#233;volution &#187;. Cette crise, poursuit le r&#233;volutionnaire italien, devient &#171; une crise de pouvoir, et c'est en cela exactement la crise d'h&#233;g&#233;monie ou crise de l'&#201;tat dans son ensemble &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les citations de Gramsci sont extraites du cahier 13, &#167; 23. Cf. Antonio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confront&#233; &#224; une situation de crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e, le syst&#232;me politique tend &#224; s'autonomiser des rapports de repr&#233;sentation et des r&#232;gles de l'alternance parlementaire. Gramsci parlait de tendance au &#171; bonapartisme &#187; ou au &#171; c&#233;sarisme &#187;, qui peuvent s'imposer m&#234;me &#171; sans C&#233;sar, sans personnalit&#233; h&#233;ro&#239;que et repr&#233;sentative &#187;. Dans un r&#233;gime parlementaire, ces solutions prennent la forme de gouvernements de &#171; grande coalition &#187;, qui lient de fa&#231;on directe des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et sectoriels des classes dominantes avec des fractions du personnel politique d&#233;tach&#233;es de leurs attaches partidaires ant&#233;rieures. Diff&#233;rentes en cela du ph&#233;nom&#232;ne bonapartiste personnalis&#233; et circonscrit au XIXe si&#232;cle, ces solutions offrent bien plus de souplesse, au prix cependant d'une instabilit&#233; chronique. Il n'en reste pas moins qu'il s'agit de formes de construction d'un bloc de pouvoir qui contournent (ou alt&#232;rent tr&#232;s significativement) les m&#233;diations de type repr&#233;sentatif et la l&#233;gitimation &#233;lectorale, sans toutefois rompre explicitement avec le cadre parlementaire existant, m&#234;me si elles peuvent, le cas &#233;ch&#233;ant, pr&#233;parer le terrain &#224; une telle &#233;volution&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le cas typique &#233;tant sans doute celui des cabinets Br&#252;ning dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce cadre qu'il faut situer le processus de constitution d'un gouvernement d'&#171; entente nationale &#187;, tel que celui dirig&#233; par Papad&#233;mos. L'id&#233;e &#233;tait dans l'air depuis un certain temps, et elle fut bri&#232;vement test&#233;e, nous l'avons vu, en juin. Mais l'urgence d'une telle issue ne s'est impos&#233;e qu'avec la tournure explosive prise par la protestation populaire lors de la s&#233;quence insurrectionnelle qui s'est d&#233;ploy&#233;e entre le 19 et le 28 octobre. Des indices comme la paralysie quasi-compl&#232;te de l'administration d'&#201;tat, accentu&#233;e par la vague d'occupations de b&#226;timents publics, ou le soudain remplacement de la totalit&#233; de l'&#233;tat-major militaire, qui ne faisait pas un secret de son opposition aux coupes budg&#233;taires qui affectent profond&#233;ment l'arm&#233;e, ont &#233;galement pouss&#233; en ce sens, r&#233;v&#233;lant que le fonctionnement de la machinerie &#233;tatique &#233;tait atteint en son c&#339;ur m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'usage, dans de telles circonstances, que les pouvoirs chancelants prennent des initiatives qui finissent par r&#233;pandre le feu qu'elles &#233;taient cens&#233;es contr&#244;ler, sinon &#233;teindre. L'annonce d'un r&#233;f&#233;rendum par Papandr&#233;ou, cens&#233; porter sur l'accord conclu lors du sommet europ&#233;en du 27 octobre, &#233;tait l'exemple-type d'un tel geste qui, ind&#233;pendamment des intentions de son auteur, a n&#233;anmoins fonctionn&#233; comme un test de v&#233;rit&#233; pour le syst&#232;me politique grec et pour l'UE tout enti&#232;re. Le d&#233;fi lanc&#233; par le dirigeant du PASOK a sem&#233; la panique sur les places boursi&#232;res et provoqu&#233; la col&#232;re du directoire franco-allemand, qui, de fa&#231;on tout &#224; fait explicable, bondit au seul &#233;nonc&#233; du mot de &#171; r&#233;f&#233;rendum &#187;, l'UE n'&#233;tant gu&#232;re sortie grandie des pr&#233;c&#233;dents &#233;pisodes du genre, et ce dans des conditions incomparablement plus favorables que celles offertes par l'actuelle situation de la Gr&#232;ce. L'humiliation subie par Papandr&#233;ou au sommet de Cannes, sans pr&#233;c&#233;dent pour un dirigeant de pays europ&#233;en, &#233;tait la cons&#233;quence logique de cette fausse, car bien trop tardive, na&#239;vet&#233; d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le front int&#233;rieur, le geste de Papandr&#233;ou, suivi de pressions directes exerc&#233;es par les dirigeants europ&#233;ens, a sans doute davantage apport&#233; le r&#233;sultat escompt&#233;. Il a certes r&#233;v&#233;l&#233; que le Premier ministre sortant &#233;tait contest&#233; au sein de son propre parti &#171; sur sa droite &#187;, par une aile d'int&#233;gristes n&#233;olib&#233;raux regroup&#233;s autour de ce que l'on qualifie de &#171; talibans du M&#233;morandum &#187; ou de &#171; tro&#239;ka interne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit du groupe constitu&#233; par les ministres de l'&#201;ducation Anna (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui a imm&#233;diatement rejet&#233; l'id&#233;e du r&#233;f&#233;rendum et mis en avant l'id&#233;e d'un gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. S'il a sap&#233; un peu plus la coh&#233;sion de son propre parti, Papandr&#233;ou a toutefois marqu&#233; des points face &#224; l'opposition de droite. Plac&#233;e devant la quasi-certitude d'une victoire du &#171; non &#187; aux accords du 27 octobre et du chantage exerc&#233; par l'UE (expliquant qu'un &#171; non &#187; &#233;quivaut &#224; la sortie de l'euro), la droite a vigoureusement combattu la proposition de r&#233;f&#233;rendum. Mais, dans la foul&#233;e, elle s'est &#233;galement vu contrainte de c&#233;der aux exigences de &#171; consensus &#187; formul&#233;es d&#232;s le d&#233;but de la crise de la dette par les milieux d'affaires et les dirigeants europ&#233;ens. De son c&#244;t&#233;, l'extr&#234;me droite, championne d&#232;s le printemps 2010 d'une &#171; entente nationale &#187; pour mettre en &#339;uvre de fa&#231;on muscl&#233;e la &#171; th&#233;rapie de choc &#187;, s'est sentie triompher. Son leader, Giorgos Karandzaf&#233;ris, s'est pos&#233; ouvertement comme le &#171; parrain &#187; du nouveau gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;, qui lui permet d'acc&#233;der &#224; la respectabilit&#233; institutionnelle tant d&#233;sir&#233;e. Les formations p&#233;riph&#233;riques du centre-droit (la petite formation ultra-lib&#233;rale et europ&#233;iste Alliance D&#233;mocratique de Dora Bakoyanni, challenger de Samaras &#224; la direction de la ND en novembre 2010) et du centre-gauche (la Gauche d&#233;mocratique, issue d'une scission droiti&#232;re de Synaspismos, et les &#233;cologistes) leur ont embo&#238;t&#233; le pas, avec quelques r&#233;serves de forme pour ces derni&#232;res. La voie &#233;tait de la sorte ouverte pour le processus qui a abouti &#224; la constitution d'un gouvernement dirig&#233; par le banquier Papad&#233;mos, incarnation naturelle d'un bloc au pouvoir enti&#232;rement domin&#233; par les int&#233;r&#234;ts de la finance europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'UE en tant que puissance n&#233;ocoloniale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de l'UE dans cette affaire m&#233;rite assur&#233;ment quelques remarques sp&#233;cifiques. &#192; supposer en effet qu'il subsist&#226;t encore en Gr&#232;ce quelques apparences de souverainet&#233; nationale et de fonctionnement d&#233;mocratique, f&#251;t-il &#171; formel &#187;, celles-ci appartiennent d&#233;sormais &#224; un pass&#233; r&#233;volu. La fa&#231;on dont Papandr&#233;ou fut contraint de se r&#233;tracter sur le r&#233;f&#233;rendum, apr&#232;s s'&#234;tre vu dicter de la fa&#231;on la plus humiliante les termes de la question qui serait pos&#233;e (et m&#234;me la date de sa tenue !), les conditions de son d&#233;part du pouvoir ainsi que les man&#339;uvres qui se sont d&#233;roul&#233;es dans l'opacit&#233; la plus totale afin de constituer le gouvernement d'&#171; entente nationale &#187; constituent au sens le plus strict un &#171; coup d'&#201;tat blanc &#187;, le premier dont la conception et la mise en &#339;uvre se sont faites sous la houlette de l'UE. Faut-il souligner &#224; quel point ce gouvernement est d&#233;pourvu de la moindre l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique, dans le sens le plus banal du terme, telle qu'elle s'est notamment exprim&#233;e dans le scrutin d'octobre 2009 ? Et pourtant, la t&#226;che qui lui est explicitement confi&#233;e (application des accords du 27 octobre, avec des mesures d'aust&#233;rit&#233; encore plus graves que toutes les pr&#233;c&#233;dentes, accompagn&#233;es de la mise sous tutelle permanente et de la vente &#224; l'encan de la quasi-totalit&#233; du patrimoine public restant) engagera le pays pour les d&#233;cennies &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;l&#233;ments donnent une id&#233;e du radicalisme n&#233;olib&#233;ral qui anime Papad&#233;mos et ceux qui l'entourent. Dans un article publi&#233; simultan&#233;ment dans le quotidien grec To Vima et le Financial Times le 23 octobre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Lucas Papademos, &#171; Forcing Greek Restructuring Is Not The Answer &#187;, The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'actuel Premier ministre avait r&#233;cus&#233; la proposition de d&#233;cote de 50 % de la dette grecque d&#233;tenue par les banques et autres institutions priv&#233;es, qui fut finalement adopt&#233;e par le sommet europ&#233;en du 27 octobre, pour s'en tenir &#224; la seule d&#233;cote de 21 % pr&#233;vue par le sommet du 21 juillet, sous la pression de Sarkozy, et quasi-unanimement jug&#233;e scandaleusement favorable aux banques et totalement insoutenable pour le pays. Mieux vaut donc miser sur la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187;, ou le r&#233;alisme, d'Angela Merkel en mati&#232;re de paiement de la dette grecque que sur l'actuel premier ministre. Par ailleurs, l'une des principales exigences de Papad&#233;mos et de ses soutiens europ&#233;ens, dans la lign&#233;e de leur refus obstin&#233; du r&#233;f&#233;rendum, a consist&#233; &#224; &#233;carter l'id&#233;e d'&#233;lections anticip&#233;es qui &#233;taient pourtant l'une des conditions que Samaras et la ND avaient pos&#233; pour leur soutien &#224; un &#233;ventuel gouvernement d'&#171; unit&#233; nationale &#187;. La confusion continue de r&#233;gner &#224; ce sujet, Samaras ayant de nouveau &#233;voqu&#233; dans sa d&#233;claration post&#233;rieure &#224; la formation du gouvernement, la tenue d'&#233;lections le 19 f&#233;vrier 2012, date qu'il avait initialement annonc&#233;e. Assumant pleinement la logique bonapartiste &#233;voqu&#233;e auparavant, Papad&#233;mos et l'UE ne veulent pas d'une simple &#233;quipe de transition, charg&#233;e d'une mission limit&#233;e. C'est bien d'un gouvernement de combat qu'ils entendent mettre en place, comme le souligne, sous couvert d'anonymat, l'un des anciens coll&#232;gues du Premier ministre &#224; la BCE : &#171; &#192; la t&#234;te du gouvernement grec, il [Papad&#233;mos] devra apprendre cependant &#224; trancher durement, &#224; faire des m&#233;contents &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Propos cit&#233;s in Cl&#233;ment Lacombe et Allain Salles, &#171; M. Papad&#233;mos d&#233;sign&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nul doute que, flanqu&#233; de ses ministres du LAOS et des z&#233;lateurs de la &#171; tro&#239;ka interne &#187;, il apprendra tr&#232;s vite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les masques sont tomb&#233;s : l'UE appara&#238;t &#224; pr&#233;sent pour ce qu'elle est, une menace mortelle pour les r&#232;gles d&#233;mocratiques les plus &#233;l&#233;mentaires, celles-l&#224; m&#234;me du r&#233;gime parlementaire lib&#233;ral. Car il ne faut pas se tromper : la simultan&#233;it&#233; des changements de gouvernement en Italie et en Gr&#232;ce, la prise du pouvoir dans les deux cas par des fond&#233;s de pouvoir des banques, sortis des entrailles de l'UE (BCE pour Papad&#233;mos, Commission Europ&#233;enne pour Monti), cultivant les liens directs avec les milieux d'affaires, n'a rien d'une co&#239;ncidence. Depuis que la crise des dettes souveraines a &#233;clat&#233;, la Gr&#232;ce est bien un cobaye de la &#171; th&#233;rapie de choc &#187; que les classes dominantes sont d&#233;cid&#233;es &#224; mettre en &#339;uvre, et cela, comme Naomi Klein l'a tr&#232;s bien vu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e du capitalisme du d&#233;sastre, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ne peut se faire dans le cadre politique et institutionnel existant (du moins pour les normes d'un pays d'Europe occidentale). Les &#171; th&#233;rapies de choc &#187; sont indissociables des &#171; d&#233;sastres &#187;, conduisant &#224; l'instauration d'un &#171; &#233;tat d'urgence &#187; de plus en plus banalis&#233;. Et, dans le cadre europ&#233;en des 27 pays qui en font partie, c'est bien l'UE, ses institutions et son directoire franco-allemand (plus allemand que fran&#231;ais &#224; vrai dire&#8230;) qui en sont les ma&#238;tres d'&#339;uvre. Pourtant, au sein de la gauche europ&#233;enne, y compris ses ailes radicales, on s'obstine &#224; vouloir contourner cette r&#233;alit&#233; ou &#224; ne pas en mesurer les cons&#233;quences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Antoine Schwarz, &#171; La gauche fran&#231;aise bute sur l'Europe &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en cultivant par exemple l'illusion d'une &#171; r&#233;formabilit&#233; &#187; des institutions de l'UE ou d'un bouleversement sociopolitique simultan&#233; dans les principaux pays europ&#233;ens qui permettrait de se dispenser d'affronter la machinerie de l'UE en tant que telle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'impuissance paradoxale de la gauche radicale grecque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la crise de la dette, la gauche radicale grecque se trouve dans une position paradoxale. Elle se renforce sur le plan &#233;lectoral, partant d'un niveau qui est d&#233;j&#224; le plus &#233;lev&#233; d'Europe (cf. encadr&#233;, plus bas). Ses militants sont tr&#232;s actifs dans les mobilisations, m&#234;me si le &#171; mouvement des places &#187; a r&#233;v&#233;l&#233; ses difficult&#233;s &#224; s'ouvrir &#224; des secteurs sociaux ext&#233;rieurs &#224; ses sph&#232;res traditionnelles d'influence. Pourtant, elle peine &#224; intervenir politiquement dans la situation, &#224; proposer une alternative cr&#233;dible aux politiques barbares mises en &#339;uvre et rejet&#233;es par la quasi-totalit&#233; de la soci&#233;t&#233;. Elle n'arrive pas de ce fait &#224; d&#233;gager une issue politique &#224; la vague de col&#232;re populaire, qui risque de conna&#238;tre une trajectoire &#171; argentine &#187; : un soul&#232;vement populaire capable de faire chuter le pouvoir en place mais d&#233;pourvu de solution politique de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux facteurs p&#232;sent d'un poids particulier dans cet &#233;tat de fait. Tout d'abord la profonde division, plus exactement l'ambiance de guerre intestine, qui r&#232;gne entre ses deux principales composantes : le Parti communiste (KKE) d'une part, engonc&#233; dans une ligne sectaire et nostalgique du pass&#233; stalinien, qui reste la force dominante aussi bien sur le plan &#233;lectoral que militant, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza), de l'autre, qui pr&#244;ne une d&#233;marche unitaire mais qui peine &#224; trouver une coh&#233;rence interne entre ses multiples composantes et tendances et tend &#224; se replier sur une proposition d'unit&#233; &#171; a minima &#187;, bas&#233;e sur un simple refus de l'aust&#233;rit&#233;. N&#233;cessaire &#224; l'unit&#233; d'action et &#224; la mise en avant de revendications imm&#233;diates, de type syndical, une telle base s'av&#232;re toutefois insuffisante quand se pose la question d'une alternative de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plac&#233;es devant ce redoutable d&#233;fi, ces formations ont le plus grand mal &#224; formuler des propositions pr&#233;cises et un tant soit peu audibles sur les questions-cl&#233;s o&#249; se jouent la l&#233;gitimit&#233; des politiques men&#233;es et la possibilit&#233; d'une autre logique, &#224; savoir la dette et la question de l'euro et, plus largement, des rapports avec l'UE. La ligne majoritaire au sein de Syriza, et surtout de sa principale composante, Synaspismos, est de proposer une ren&#233;gociation de la dette dans le cadre de l'UE et de la zone euro, en &#233;vitant la cessation de paiement. La question de l'euro ou de la structure antid&#233;mocratique et n&#233;ocoloniale de l'UE sont minimis&#233;es et/ou renvoy&#233;es &#224; un futur ind&#233;termin&#233;, lorsqu'un &#171; mouvement social europ&#233;en &#187; aura chang&#233; la donne au niveau de l'UE toute enti&#232;re, ou du moins de son noyau. Ces propositions, faut-il pr&#233;ciser, paraissent en complet d&#233;calage par rapport &#224; la situation, peu cr&#233;dibles et suscitent une opposition interne croissante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant cette impasse, des courants importants de Synaspismos (le &#171; Courant de gauche &#187; dirig&#233; par l'actuel porte-parole parlementaire de Syriza Panagiotis Lafazanis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce courant a recueilli 31 % des voix des d&#233;l&#233;gu&#233;s lors du 6e congr&#232;s du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) ainsi que d'autres composantes de Syriza regroup&#233;es dans le &lt;i&gt;Front pour la Solidarit&#233; et la Rupture&lt;/i&gt; (dirig&#233; par l'ancien pr&#233;sident de Synaspismos Alekos Alavanos) haussent le ton et rompent avec le consensus europ&#233;iste. Ils pr&#244;nent une ren&#233;gociation de la dette &#171; &#224; la Kirchner &#187;, men&#233;e sous la pression d'une cessation de paiement &#224; l'initiative du pays emprunteur, accompagn&#233;e d'une sortie de l'euro et d'une v&#233;ritable nationalisation du secteur bancaire, qui permettraient une d&#233;valuation de la monnaie et une sortie de la logique de la &#171; d&#233;valuation interne &#187; (fond&#233;e sur la baisse drastique du co&#251;t du travail) impos&#233;e par les cures d'aust&#233;rit&#233;. En plus des arguments &#233;conomiques, une rupture avec l'euro et la logique des institutions europ&#233;ennes, sans sortie imm&#233;diate de l'UE, est &#233;galement jug&#233;e n&#233;cessaire pour des raisons politiques : comment sortir le pays de la tutelle o&#249; il se trouve actuellement et relancer un fonctionnement d&#233;mocratique sans accepter un d&#233;couplage, f&#251;t-il partiel, avec l'UE et le r&#233;tablissement de sa souverainet&#233; nationale ? Cet agenda est du reste d&#233;j&#224; d&#233;fendu par le regroupement des forces de l'extr&#234;me gauche Antarsya, qui a connu quelques succ&#232;s &#233;lectoraux lors des r&#233;gionales et municipales de novembre 2010 (cf. encadr&#233;, plus bas), et qui d&#233;fend la cessation de paiement, la sortie de l'euro et la nationalisation des banques comme socle d'un programme de rupture anticapitaliste. Toutefois, malgr&#233; d'importantes convergences, un d&#233;but de regroupement sur le front syndical&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit de l'Initiative des Syndicats de Base et des Comit&#233;s de Citoyens, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et une audience croissante dans le d&#233;bat public, le &#171; p&#244;le anti-UE &#187; de la gauche radicale peine &#224; se coordonner et &#224; acqu&#233;rir une visibilit&#233; sur le terrain politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation para&#238;t encore plus fig&#233;e du c&#244;t&#233; du Parti communiste. Traditionnellement hostile &#224; l'UE, partisan d'une sortie de la Gr&#232;ce de l'Union, ce parti se montre pourtant tr&#232;s prudent sur ce terrain depuis le d&#233;but de la crise, soulignant que tous ces probl&#232;mes, ainsi que celui de la dette, ne pourront &#234;tre r&#233;solus qu'une fois &#171; renvers&#233; le pouvoir du capital monopoliste &#187; et instaur&#233; le &#171; pouvoir populaire &#187;, sous la direction, naturellement, du parti. Cette rh&#233;torique &#171; gauchiste &#187; sert en r&#233;alit&#233; &#224; justifier une pratique qui&#233;tiste sur le plan des mobilisations, avant tout soucieuse de refuser toute forme d'unit&#233; d'action et accusant Syriza (et Antarsya) d'&#234;tre des &#171; forces opportunistes &#187; jouant &#171; le jeu de la bourgeoisie et de l'UE &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, tout comme ceux de Syriza, les dirigeants du KKE manient un discours radical, mais d&#233;sincarn&#233;, en ayant avant tout l'&#339;il sur les sondages, qui cr&#233;ditent la gauche radicale de ses scores les plus &#233;lev&#233;s depuis les ann&#233;es 1970 (cf. encadr&#233; plus bas). Ils semblent se contenter de ce r&#244;le de r&#233;ceptacle passif de la col&#232;re populaire, r&#244;le partag&#233; qui cr&#233;e entre eux une sorte d'&#233;trange complicit&#233;, par-del&#224; la virulence des pol&#233;miques. Pour le dire autrement, ce qui se trouve exclu dans les deux cas, quoique par des cheminements oppos&#233;s, c'est l'id&#233;e d'une alternative qui se construit sur des objectifs transitoires et r&#233;pond concr&#232;tement aux probl&#232;mes cruciaux pos&#233;s par la crise : dette, appartenance &#224; l'euro, mod&#232;le &#233;conomique, refondation d&#233;mocratique, ind&#233;pendance nationale et rapports avec l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette complicit&#233; perverse qui explique que la proposition de r&#233;f&#233;rendum de Papandr&#233;ou a mis dans un premier temps aussi bien Syriza que le KKE dans l'embarras, surtout lorsqu'il est apparu que se poserait la question de l'euro et d'une rupture concr&#232;te avec la cage de fer impos&#233;e par l'UE. Au lieu du r&#233;f&#233;rendum, qu'ils ont fini par soutenir en appelant &#224; un vote &#171; non &#187;, Syriza et le KKE ont pr&#233;f&#233;r&#233; mettre en avant le mot d'ordre d'&#233;lections anticip&#233;es. Et ils continuent de le faire, esp&#233;rant transformer en si&#232;ges les scores que leur accordent les enqu&#234;tes d'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gestion routini&#232;re d'une situation extra-ordinaire, dans tous les sens du terme, s'av&#232;re toutefois grosse de dangers. La formation du gouvernement Papad&#233;mos, qui scelle le front unique des classes dominantes grecques et europ&#233;ennes, place la gauche radicale grecque au pied du mur. Loin d'&#234;tre une force marginale, condamn&#233;e &#224; un r&#244;le de t&#233;moignage, elle se voit d&#233;sormais investie d'une responsabilit&#233; proprement historique : construire un front social et politique en mesure de relever le d&#233;fi lanc&#233; par un adversaire d&#233;stabilis&#233; mais d'autant plus dangereux, pr&#234;t &#224; toutes les aventures. Si elle se d&#233;robe, et s'av&#232;re incapable de changer la donne, elle pourrait fort bien &#234;tre balay&#233;e de la sc&#232;ne, comme l'ont &#233;t&#233; toutes les forces politiques, y compris de la gauche radicale, dans les pays qui ont d&#233;j&#224; subi la &#171; strat&#233;gie du choc &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233; est du reste loin d'&#234;tre une responsabilit&#233; uniquement nationale. Dans un article retentissant, publi&#233; en juin dernier dans le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;, l'historien britannique et sp&#233;cialiste d'histoire grecque contemporaine Mark Mazower, rappelait &#224; toutes celles et ceux qui n'ont d'yeux que pour la gloire des Anciens, qu'au cours des deux derniers si&#232;cles la Gr&#232;ce moderne s'est retrouv&#233;e &#224; plusieurs reprises &#171; &#224; la pointe de l'&#233;volution europ&#233;enne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mark Mazower, &#171; Democracy's Cradle, Rocking the World &#187;, disponible sur&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En s'engageant dans une guerre d'ind&#233;pendance, que les Grecs eux-m&#234;mes ont toujours appel&#233; la &#171; R&#233;volution de 1821 &#187;, ils furent les premiers &#224; &#233;branler l'ordre de la Sainte Alliance. Par leur &#171; non &#187; de 1940, leurs victoires contre les troupes de Mussolini et leur lutte massive contre l'occupant, ils ont &#233;t&#233; aux avant-postes du combat antifasciste. En se soulevant, il y a trente-huit ans, contre la dictature des colonels, ils ont montr&#233; la voie &#224; d'autres peuples, du Sud europ&#233;en ou d'Am&#233;rique latine, qui subissaient une oppression comparable. Il se pourrait donc que, renouant avec ce fil qui traverse son histoire moderne, la Gr&#232;ce donne une fois de plus le signal du soul&#232;vement europ&#233;en contre l'oppression, cette fois contre la dictature des financiers, des affairistes et de leurs path&#233;tiques commissaires politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Stathis Kouv&#233;lakis&lt;/strong&gt; est enseignant en philosophie politique au King's College de l'universit&#233; de Londres.&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les forces politiques en Gr&#232;ce : r&#233;sultats &#233;lectoraux et tendances r&#233;centes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives ont eu lieu en octobre 2009. Le PASOK en est sorti vainqueur avec 44 % des voix, l'un de ses meilleurs r&#233;sultats depuis les ann&#233;es 1990, et 160 si&#232;ges (sur les 300 que compte le Parlement). &#192; noter que dix d&#233;put&#233;s ont d&#233;sert&#233; les rangs du PASOK depuis le vote du m&#233;morandum conclu entre le gouvernement et la Tro&#239;ka (BCE, UE, FMI), en mai 2010, dont sept ont gard&#233; leur si&#232;ge, ce qui porte les effectifs du groupe parlementaire du PASOK &#224; 153 d&#233;put&#233;s, qui correspond aux voix re&#231;ues par le gouvernement sortant de Papandr&#233;ou lors du vote de confiance du 4 novembre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La Nouvelle D&#233;mocratie (droite) a obtenu 33,4 % des voix, le plus mauvais r&#233;sultat de son histoire. Avec 5,6 %, l'extr&#234;me droite du LAOS (Rassemblement Populaire Orthodoxe) a progress&#233; sensiblement depuis les &#233;lections pr&#233;c&#233;dentes (+1,8 %).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les &#233;cologistes, qui affichent un profil &#171; centre-gauche moderne &#187;, social-lib&#233;ral sur les questions &#233;conomiques, ont obtenu 2,53 %.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&#192; gauche du PASOK, le Parti Communiste (KKE) a obtenu 7,6 %, en recul de 0,6 % sur les r&#233;sultats de 2007, et la Coalition de la gauche radicale (Syriza) 4,6 %, en recul de 0,4 % sur les r&#233;sultats de 2007. Syriza regroupe une dizaine de composantes (qui vont du mao&#239;sme au trotskisme en passant par des sensibilit&#233;s &#171; mouvementistes &#187;) dont la principale est Synaspismos (Coalition de gauche), issue de deux scissions successives du KKE (1968 et 1991). &#192; noter qu'une bonne partie des organisations de la gauche radicale et de l'extr&#234;me gauche grecque sont &#233;galement issues de scissions ou de d&#233;parts collectifs du KKE.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;L'extr&#234;me gauche a pr&#233;sent&#233; trois listes, totalisant 0,7 %. La principale composante, Antarsya (0,36 %), est un regroupement d'une dizaine d'organisations, qui a enregistr&#233; des r&#233;sultats souvent significatifs lors des &#233;lections municipales et r&#233;gionales de 2010 (notamment 2,3 % dans la r&#233;gion capitale et 3 % dans la ville d'Ath&#232;nes). Ces &#233;lections ont &#233;t&#233; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale marqu&#233;es par une pouss&#233;e de la gauche radicale, essentiellement du KKE, qui est pass&#233; de 10 &#224; 14,4 % dans la r&#233;gion capitale (Ath&#232;nes-Pir&#233;e et leurs banlieues), qui regroupe un tiers de l'&#233;lectorat total, et atteignit 11 % des voix exprim&#233;es au niveau national.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Actuellement, les sondages font appara&#238;tre une large d&#233;fiance de l'&#233;lectorat vis-&#224;-vis des partis politiques, un tiers environ des personnes interrog&#233;es refusant d'indiquer une pr&#233;f&#233;rence, et une nette tendance &#224; la fragmentation du paysage politique. Sur la base de projections effectu&#233;es &#224; partir des r&#233;ponses donn&#233;es par les personnes indiquant un choix, la fourchette des estimations est de 18 &#224; 22 % pour le PASOK, de 30 &#224; 33 % pour la ND et de 6 &#224; 8 % pour le LAOS, auxquels il convient d'ajouter les 2 % dont est habituellement cr&#233;dit&#233;e l'organisation n&#233;onazie Aurore Dor&#233;e (qui a obtenu 5 % &#224; Ath&#232;nes aux municipales de 2010).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Les petites formations de centre-gauche, sont cr&#233;dit&#233;es de 3 &#224; 4 % pour les &#233;cologistes, et de 3 &#224; 5 % pour la Gauche d&#233;mocratique, cr&#233;&#233;e par des dissidents de Synaspismos qu'ils accusent de &#171; d&#233;rive gauchiste &#187;. Syriza est estim&#233; entre 7 et 10 %, le KKE de 10 &#224; 13 % et Antarsya entre 1 et 2 %. Sur la base de ces estimations, aucun parti n'obtiendrait de majorit&#233; en si&#232;ges au Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/gr%C3%A8ce-coup-%C3%A9tat-europ%C3%A9en-face-soul%C3%A8vement-populaire&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Contretemps&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, 15 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Nos contenus sont sous licence &lt;i&gt;Creative Commons&lt;/i&gt;, libres de diffusion, et Copyleft. Toute parution peut donc &#234;tre librement reprise et partag&#233;e &#224; des fins non commerciales, &#224; la condition de ne pas la modifier et de mentionner auteur&#183;e(s) et URL d'origine activ&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
date : 15/11/2011 - 02:45&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marx ajoutait ceci, qui sonne &#233;trangement actuel : &#171; l'endettement de l'&#201;tat &#233;tait d'un int&#233;r&#234;t direct pour la fraction de la bourgeoisie qui r&#233;gnait et l&#233;gif&#233;rait par l'interm&#233;diaire des Chambres. En fait, le d&#233;ficit de l'&#201;tat &#233;tait l'objet m&#234;me de sa sp&#233;culation et la source principale de son enrichissement. &#192; la fin de chaque ann&#233;e, nouveau d&#233;ficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Et chaque nouvel emprunt offrait &#224; l'aristocratie financi&#232;re une nouvelle occasion d'escroquer l'&#201;tat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, &#233;tait oblig&#233; de n&#233;gocier avec ses banquiers dans les conditions les plus d&#233;favorables &#187;, Karl Marx, Les luttes de classes en France, &#171; Folio &#187;, Gallimard, 2002, p. 11-12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon les donn&#233;es disponibles, qui portent sur 300 milliards d'un total de 360 milliards d'euros de la dette souveraine du pays, 146 milliards, soit pr&#232;s de la moiti&#233;, sont d&#233;tenues par les banques et institutions financi&#232;res de l'UE, auxquels s'ajoutent 42 milliards d&#233;tenus par le FMI et les banques hors UE, le reste, soit environ un tiers de la dette totale, dont l'allocation est connue &#233;tant d&#233;tenue par des banques et autres institutions grecques. Cf. &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.researchonmoneyandfinance.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Research on Money and Finance, Breaking Up ? A Route Out of the Eurozone Crisis&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, novembre 2011, p. 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le correspondant de Lib&#233;ration l'a bien vu : &#171; la d&#233;cision de Papandr&#233;ou [&#8230;] est le r&#233;sultat d'une &#233;rosion in&#233;luctable du gouvernement, qui, apr&#232;s deux ann&#233;es d'une tr&#232;s s&#233;v&#232;re politique d'aust&#233;rit&#233;, se trouve confront&#233; &#224; une pression insoutenable. Dans la rue, comme en t&#233;moignent les gr&#232;ves quotidiennes dans divers secteurs de l'&#233;conomie et les immenses cort&#232;ges de manifestants qui bloquent r&#233;guli&#232;rement les rues d'Ath&#232;nes, ou au Parlement, o&#249; la contestation a progressivement gagn&#233; les rangs du PASOK &#187;, Philippe Cergel, &#171; Papandr&#233;ou, un pari fou &#187;, Lib&#233;ration, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur ce moment cf. Stathis Kouv&#233;lakis, &#171; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/le-chaudron-grec.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le chaudron grec &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, 20 juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon les estimations les plus s&#233;rieuses, les manifestations ont rassembl&#233; environ 300 000 personnes &#224; Ath&#232;nes et au moins un demi-million dans l'ensemble du pays (qui compte 10,5 millions d'habitants). Les cort&#232;ges &#233;taient particuli&#232;rement imposants dans les villes de province et la gr&#232;ve a paralys&#233; l'ensemble du secteur public et la plupart des grandes entreprises. La quasi-totalit&#233; du petit commerce et une bonne partie des PME s'&#233;taient joints au mouvement &#224; l'initiative des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dimitris Kotsaridis, secr&#233;taire de l'Union Locale de Vironas (banlieue d'Ath&#232;nes) du Syndicat des Ouvriers du B&#226;timent, 53 ans, est sans doute d&#233;c&#233;d&#233; suite &#224; des probl&#232;mes cardiaques probablement d&#233;clench&#233;s par les gaz lacrymog&#232;nes lanc&#233;s par la police dans la confusion qui a suivi les incidents. L'enqu&#234;te sur les circonstances de son d&#233;c&#232;s est en cours.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La f&#234;te nationale du 28 octobre comm&#233;more le &#171; non &#187; du gouvernement grec &#224; l'ultimatum lanc&#233; par Mussolini en 1940. Lors de la guerre gr&#233;co-italienne qui s'en est suivie, les troupes grecques, galvanis&#233;es par un esprit de r&#233;sistance venant d'en bas, ont remport&#233; des victoires &#233;clatantes sur le territoire albanais, les premi&#232;res des forces antifascistes lors du conflit mondial. Il a fallu l'attaque de la Wehrmacht au printemps 1941 pour faire fl&#233;chir la r&#233;sistance grecque et aboutir &#224; l'occupation du pays par les arm&#233;es de l'Axe. Cette journ&#233;e est comm&#233;mor&#233;e par un d&#233;fil&#233; militaire, pr&#233;vu cette ann&#233;e &#224; Thessalonique, et par des d&#233;fil&#233;s de lyc&#233;ens et de corps civils dans l'ensemble des communes du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Y compris le pr&#233;sident de la R&#233;publique, Karolos Papoulias, personnage symbolique, issu de la vieille garde du PASOK et plut&#244;t respect&#233;. Son d&#233;part des tribunes officielles &#224; Thessalonique a entra&#238;n&#233; l'annulation du d&#233;fil&#233; militaire, mais les lyc&#233;es, les cort&#232;ges de civils et les r&#233;servistes ont d&#233;fil&#233;, souvent poing lev&#233;, sous les acclamations de la foule.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Salles, &#171; Le coup de poker de Georges Papandr&#233;ou &#187;, Le Monde, 2 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Alexander Kentelenis et alii, &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2811%2961556-0/fulltext.&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Health Effects Of Financial Crisis : Omens of a Greek Tragedy&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, The Lancet, vol. 378, n&#176; 9801, 22 octobre 2011, p. 1457-1458.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les citations de Gramsci sont extraites du cahier 13, &#167; 23. Cf. Antonio Gramsci, Cahiers de prison. Cahiers 10, 11, 12, 13, Gallimard, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le cas typique &#233;tant sans doute celui des cabinets Br&#252;ning dans la r&#233;publique de Weimar finissante, qui ouvrirent la voie &#224; la prise du pouvoir par les nazis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit du groupe constitu&#233; par les ministres de l'&#201;ducation Anna Diamantopoulou, de la Sant&#233; Andr&#233;as Loverdos et du vice-ministre de la D&#233;fense Giannis Ragousis. Dans une tribune commune publi&#233;e le 16 octobre, ils ont d&#233;fendu une mise en &#339;uvre int&#233;grale et muscl&#233;e des paquets d'aust&#233;rit&#233;, pr&#244;n&#233; une ligne d'affrontement assum&#233; avec le mouvement syndical (&#171; les corporatismes sont notre adversaire &#187;), ainsi qu'avec ceux qui ne d&#233;fendent que de fa&#231;on &#171; ti&#232;de &#187; les mesures adopt&#233;es, et laiss&#233; planer des menaces quant &#224; un &#233;ventuel &#171; massacre &#187; si l'&#171; autorit&#233; de l'&#201;tat &#187; n'&#233;tait pas rapidement r&#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Lucas Papademos, &#171; &lt;i&gt;Forcing Greek Restructuring Is Not The Answer &lt;/i&gt; &#187;, The Financial Times, 23 octobre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Propos cit&#233;s in Cl&#233;ment Lacombe et Allain Salles, &#171; M. Papad&#233;mos d&#233;sign&#233; premier ministre en plein chaos politique et &#233;conomique &#187;, Le Monde, 12 novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e du capitalisme du d&#233;sastre, Actes Sud, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Antoine Schwarz, &#171; La gauche fran&#231;aise bute sur l'Europe &#187;, Le Monde diplomatique, juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce courant a recueilli 31 % des voix des d&#233;l&#233;gu&#233;s lors du 6e congr&#232;s du parti en juin 2010. Il est largement majoritaire parmi l'aile syndicale. Trois d&#233;put&#233;s sur neuf, ainsi que l'&#233;lu de Syriza au parlement europ&#233;en sont affili&#233;s &#224; ce courant.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il s'agit de l'Initiative des Syndicats de Base et des Comit&#233;s de Citoyens, un r&#233;seau de syndicalistes, &#233;largi &#224; des militants de quartiers et des initiatives citoyennes, qui r&#233;unit les syndicalistes du Courant de gauche de Synaspismos, ceux d'Antarsya et ceux du Front pour la Solidarit&#233; et la Rupture. Ses cort&#232;ges servent de point de convergences aux ailes combatives du mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mark Mazower, &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2011/06/30/opinion/30mazower.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Democracy's Cradle, Rocking the World&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, disponible sur&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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