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		<title>Le LKP de la Guadeloupe, un mouvement social instructif ?</title>
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		<dc:date>2011-01-17T17:37:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pam&#233;la Obertan </dc:creator>



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&lt;p&gt;Quand on pense &#224; la Guadeloupe, &#238;le qui se situe dans la Cara&#239;be, la premi&#232;re image qui nous vient en t&#234;te est le sable chaud, les cocotiers et la mer. Cependant, cette &#238;le, qui est aussi une r&#233;gion et un d&#233;partement fran&#231;ais, a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre l'ann&#233;e derni&#232;re d'un mouvement social sans pr&#233;c&#233;dant dans son histoire. &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, en janvier 2009, l'&#238;le a &#233;t&#233; paralys&#233;e pendant 44 jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est-&#224;-dire que les magasins, les banques, les administrations, bref toutes les activit&#233;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand on pense &#224; la Guadeloupe, &#238;le qui se situe dans la Cara&#239;be, la premi&#232;re image qui nous vient en t&#234;te est le sable chaud, les cocotiers et la mer. Cependant, cette &#238;le, qui est aussi une r&#233;gion et un d&#233;partement fran&#231;ais, a &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre l'ann&#233;e derni&#232;re d'un mouvement social sans pr&#233;c&#233;dant dans son histoire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, en janvier 2009, l'&#238;le a &#233;t&#233; paralys&#233;e pendant 44 jours de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. C'est-&#224;-dire que les magasins, les banques, les administrations, bref toutes les activit&#233;s ont &#233;t&#233; interrompues. De m&#234;me, la circulation &#233;tait inop&#233;rante en raison de la gr&#232;ve des stations d'essence. Cependant, malgr&#233; toutes ces restrictions, la population a manifest&#233; son soutien au collectif le Lyannaj Kont Pwofitasyon (LKP)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fran&#231;ais, cette expression pourrait se traduire par le &#171; collectif contre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; l'origine du ph&#233;nom&#232;ne. Un an apr&#232;s, il nous est apparu int&#233;ressant de revenir sur les enseignements positifs que l'on peut tirer de ce mouvement. Ceci nous semble particuli&#232;rement pertinent dans un contexte de crise qui exacerbe les conflits sociaux. Dans un tel cas, il est courant d'assister &#224; une recrudescence des mouvements sociaux. Toutefois, ces derniers ne parviennent pas toujours &#224; &#233;tablir des rapports de force efficace avec le pouvoir &#233;tatique ou &#233;conomique. Voil&#224; pourquoi il est int&#233;ressant de comprendre pourquoi certains mouvements &#233;chouent et d'autres pas. En ce sens, le mouvement social guadeloup&#233;en, par sa dur&#233;e et son fort soutien, peut s'av&#233;rer instructif pour les luttes sociales. Il importe donc de revenir bri&#232;vement sur le conflit pour bien comprendre ce qui s'est pass&#233;, ce que nous &#233;tudierons en premier point. Puis, nous verrons que si ce mouvement a eu tant de succ&#232;s, c'est parce qu'il a su tout d'abord comprendre et tirer parti d'une situation particuli&#232;re (partie 2). Il a ensuite &#233;t&#233; capable d'adopter une strat&#233;gie originale pour obtenir satisfaction (partie 3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gen&#232;se du mouvement LKP&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mouvement LKP a commenc&#233; en Guadeloupe avec l'augmentation du prix du p&#233;trole &#224; l'automne 2008. Cette augmentation est tr&#232;s symbolique pour une &#238;le comme la Guadeloupe, fortement d&#233;pendante de cette source d'&#233;nergie et dont le principal moyen de transport reste la voiture. Ainsi le 5 d&#233;cembre 2008, l'UGTG (L'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs de la Guadeloupe), qui constitue l'un des syndicats les plus populaires de l'&#238;le, appela de nombreuses organisations syndicales &#224; manifester contre l'augmentation du prix de l'essence. Elles r&#233;pondirent toutes pr&#233;sentes et c'est ainsi que le 16&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;cembre 2009, 7000 personnes d&#233;filent dans les rues de Pointe &#224; Pitre (&#171; capitale &#187; &#233;conomique de l'&#238;le). Le lendemain, c'est 4000 personnes qui d&#233;filent dans les rues de Basse Terre (capitale administrative). Les dirigeants du collectif demand&#232;rent &#224; la suite une rencontre avec le Pr&#233;fet, repr&#233;sentant de l'&#201;tat. Celui-ci refusa en raison d'autres obligations pr&#233;vues ce jour l&#224; (inauguration de l'arbre de Noel des employ&#233;s). En d&#233;pit, de cette fin de non recevoir, les organisations syndicales, bient&#244;t suivies de nombreuses associations, d&#233;cid&#232;rent de se rencontrer et d'&#233;laborer un plan d'action. Ainsi, du 17 d&#233;cembre 2008 au 20 janvier 2009, tous les syndicats et de nombreuses associations culturelles, environnementales, ainsi que des partis politiques se r&#233;unirent pour &#233;laborer une plateforme de revendications communes. L'ensemble de ces organisations se mirent d'accord pour lancer une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale le 20 janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre temps, la situation sur l'essence continua de d&#233;g&#233;n&#233;rer. En effet, les g&#233;rants de station de service furent tr&#232;s m&#233;contents &#224; l'annonce de l'implantation de 13 stations-service automatiques qui fonctionneraient sans pompistes. Selon les g&#233;rants, la pr&#233;sence de ces stations-service exacerbera la concurrence et entrainera la suppression de nombreux emplois. Ainsi, les g&#233;rants de nombreuses stations de service d&#233;cid&#232;rent de se mettre en gr&#232;ve, coupant ainsi l'approvisionnement de toute l'&#238;le. On se retrouve alors avec deux gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales qui, pendant un temps, vont se renforcer mutuellement. Cependant, tr&#232;s vite le collectif LKP manifesta sa volont&#233; d'aller au del&#224; de la simple question de l'essence et se mit &#224; d&#233;noncer une s&#233;rie de probl&#232;mes qui gangr&#232;nent l'&#238;le : le ch&#244;mage, la chert&#233; de la vie, la faiblesse des salaires, la progression de la pauvret&#233;, le trop faible nombre de logements sociaux, la perte des terres agricoles&#8230; Sa lutte sort donc du cadre restreint de la hausse de l'essence et il pr&#233;tend lutter contre toutes les &#171; pwofitasyons &#187; (injustices) dont sont victimes les Guadeloup&#233;ens. Le mouvement &#233;tablit ainsi une large plateforme de revendications compos&#233;e de 149 points, dont le plus populaire concerne l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 21 janvier 2009, au lendemain de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, il organisa un &#171; d&#233;boul&#233; &#187; important (une marche, une manifestation en fran&#231;ais) importante dans d'un grand centre commercial et dans l'a&#233;roport P&#244;le Cara&#239;bes. Le LKP r&#233;clame aussi l'ouverture des n&#233;gociations globales entre l'&#201;tat, les collectivit&#233;s locales, le patronat afin de d&#233;battre de la plateforme de revendications qu'ils ont &#233;labor&#233;s. Malgr&#233;, le refus des diff&#233;rentes instances, le LKP insiste et finit par obtenir gain de cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi qu'apr&#232;s un grand &#171; d&#233;boul&#233; &#187; qui a r&#233;unit 25 000 personnes, le collectif arrive au World&lt;br class='autobr' /&gt;
Trade Center (zone industrielle) pour rencontrer toutes les parties. Les n&#233;gociations commencent, elles sont m&#234;me retransmises &#224; la t&#233;l&#233;vision. La population suit alors attentivement les d&#233;bats et penche nettement en faveur du LKP. Cependant, ces rencontres se terminent le 28 janvier 2009 alors que le Pr&#233;fet d&#233;cide, &#224; la demande d'Yves Jego, le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'outre-mer, de rompre les n&#233;gociations. Cet &#233;v&#232;nement n'emp&#234;che pas le LKP de continuer la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. De nombreux &#171; d&#233;boul&#233;s &#187; sont organis&#233;s, certains parviennent m&#234;me &#224; atteindre le nombre de 65 000 personnes dans les rues (sur une population de 458 000 habitants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conseil R&#233;gional de la Guadeloupe, &#171; La Guadeloupe en chiffre &#187;, en ligne : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e d'Yves Jego, le secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'outre-mer, le 1er f&#233;vrier 2009, pr&#233;figure un retour aux n&#233;gociations, qui reprendront le 5 f&#233;vrier 2009. Celles-ci vont bon train et un d&#233;nouement para&#238;t s'approcher lors de la nuit du dimanche 8 f&#233;vrier 2009. En effet, la partie patronale refusait de signer un accord pr&#233;voyant l'augmentation de 200 euros sur les bas salaires si l'&#201;tat ne s'engageait pas lui-m&#234;me &#224; contribuer lui-m&#234;me &#224; ces hausses. Jego semble affirmer que oui, mais il est rappel&#233; le lendemain en France. Le Premier Ministre fran&#231;ais invalide tout engagement de l'&#201;tat dans les augmentations de salaire. D&#232;s lors, les n&#233;gociations auront du mal &#224; aboutir et la situation donne l'impression d'&#234;tre sans issues. N&#233;anmoins, le LKP, fort du soutien massif de la population, d&#233;cide de continuer le mouvement et va multiplier les manifestations. Du 16 au 21 f&#233;vrier 2009, le mouvement va se durcir et le collectif incite les Guadeloup&#233;ens &#224; r&#233;aliser des barrages dans toute l'&#238;le afin de provoquer la paralysie compl&#232;te. Pendant, cette p&#233;riode, on assistera &#224; des &#233;meutes urbaines, des d&#233;gradations de b&#226;timents et surtout la mort d'un syndicaliste, Jacques Bino, tu&#233; &#171; accidentellement au cours &#187; d'un barrage. Apr&#232;s sa mort, les n&#233;gociations reprendront. Finalement, l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires, la mesure phare du mouvement mais aussi la plus probl&#233;matique, sera accept&#233;e et consacr&#233;e par un accord interprofessionnel sign&#233; le 26 f&#233;vrier 2009. Par la suite, un protocole d'accord final, qui acc&#232;de &#224; l'ensemble des revendications du LKP, sera sign&#233; le 5 mars 2009. Cela met officiellement fin &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale en acc&#233;dant aux revendications du LKP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Guadeloupe, une situation d&#233;j&#224; explosive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale qui a dur&#233; 44 jours, avec un soutien et une mobilisation massive de la population, peut avoir l'air bien &#233;tonnant. Comment expliquer un soutien si important ?&lt;br/&gt;
Afin de r&#233;pondre &#224; cette question, il faut certainement se replonger dans l'histoire de la Guadeloupe. Le peuple guadeloup&#233;en est victime depuis longtemps de la &#171; &lt;i&gt;pwofitasyion&lt;/i&gt; &#187;, c'est-&#224;-dire d'un syst&#232;me qui permet &#224; une minorit&#233; de s'enrichir fortement au d&#233;triment de la majorit&#233;. Ce ph&#233;nom&#232;ne historique tire ses origines de la p&#233;riode esclavagiste. En effet, l'&#238;le, qui est une ancienne colonie, doit son d&#233;veloppement &#233;conomique essentiellement aux esclaves import&#233;s d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de ces derniers a permis d'augmenter consid&#233;rablement la production de sucre. Certaines r&#233;gions de France et groupes sociaux guadeloup&#233;ens (essentiellement les colons) ont ainsi pu s'enrichir consid&#233;rablement. Cette p&#233;riode sombre a &#233;t&#233; r&#233;volue en 1848 par un d&#233;cret l&#233;gislatif. Cependant, en d&#233;pit de l'abolition de l'esclavage, certains rapports socio-&#233;conomiques ont perdur&#233;. Ainsi, il n'est pas rare de constater que les descendants des propri&#233;taires d'esclaves occupent toujours une place pr&#233;pond&#233;rante dans l'&#233;conomie de l'&#238;le. Par exemple, en Martinique, l'&#238;le voisine tr&#232;s similaire &#224; la Guadeloupe, 1% de la population issue des descendants des colons occupe 52% des terres agricoles, contr&#244;le 40% de la grande distribution et poss&#232;de 20% du PIB3&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Esclavage moderne, les derniers ma&#238;tres de la Martinique &#187;, (2009) En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D'un autre c&#244;t&#233;, il est peu fr&#233;quent de voir les descendants des esclaves occuper des postes &#224; responsabilit&#233; dans les grandes entreprises ou la haute administration &#233;tatique. De m&#234;me, malgr&#233; des avanc&#233;es sociales importantes, les Guadeloup&#233;ens continuent &#224; souffrir de la &#171; &lt;i&gt;pwofitasyon&lt;/i&gt; &#187; au quotidien. Avec plus de 80% des aliments import&#233;s de la France m&#233;tropolitaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Henry Joseph, &#171; La patate douce a d&#233;montr&#233; ses vertus sant&#233; &#187;&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, leur prix peut s'av&#233;rer tr&#232;s &#233;lev&#233;. On peut trouver des produits vendus 20% &#224; 200% plus cher qu'en France M&#233;tropolitaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;INSEE, &#171; La contribution de l'INSEE aux ateliers des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cela, il faut ajouter des co&#251;ts &#233;lev&#233;s pour l'eau, l'&#233;lectricit&#233;, les transports, les services bancaires, etc. Bref, tout est beaucoup plus cher en Guadeloupe, alors m&#234;me qu'une bonne partie de la population vit dans une grande pr&#233;carit&#233;. Le ch&#244;mage y frise les 30% et touche particuli&#232;rement les jeunes (45,2%)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;gion Guadeloupe, &#171; La Guadeloupe en chiffre &#187;, en ligne : cr-guadeloupe.fr.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ailleurs, pr&#232;s de 18% de la population vit sous le seuil de la pauvret&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;INSEE Antilles Guyane, &#171; Les in&#233;galit&#233;s aux Antilles Guyane : 10 ans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N&#233;anmoins, &#224; c&#244;t&#233; de cette mis&#232;re, on trouve aussi des familles tr&#232;s ais&#233;es, des villas luxueuses, des personnes vivant dans l'opulence. Ce qui fait dire &#224; certains qu'il r&#232;gne dans certains cas une forme &#171; d'apartheid tranquille &#187;8&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Franciane et Joseph Ody, &#171; Un racisme anti-blanc en Guadeloupe &#187; (18 mars 2009)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, l'&#201;tat fran&#231;ais (la Guadeloupe &#233;tant devenue un d&#233;partement fran&#231;ais en 1946) a essay&#233; par diff&#233;rentes politiques de combler ces foss&#233;s par un acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, la mise en place de prestations sociales, l'instauration d'un syst&#232;me de sant&#233; universel... N&#233;anmoins, ces derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par un retrait de l'&#201;tat qui semble avoir &#233;t&#233; mal per&#231;u par la population. Celui-ci a fait l'objet de nombreuses critiques, notamment d'&#234;tre absent dans certains dossiers ou bien de manquer &#224; sa fonction de r&#233;gulateur, laissant le champ un peu plus libre pour les &#171; profiteurs &#187;. Ainsi, ce lourd pass&#233;, ainsi qu'un contexte socio&#233;conomique difficile pour une grande partie de la population, permet de mieux comprendre l'adh&#233;sion des Guadeloup&#233;ens aux revendications du LKP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LKP, une strat&#233;gie originale pour lutter contre la &lt;i&gt;pwofitasyon&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce n'est pas parce que le contexte est favorable &#224; la contestation qu'un mouvement social va forc&#233;ment l'emporter. Il est important de poser des actes pour arriver &#224; ses fins. C'est ce &#224; quoi va s'atteler le LKP en &#233;laborant une strat&#233;gie assez originale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une structure originale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, ce mouvement social s'est bas&#233; sur une structure in&#233;dite en Guadeloupe, &#171; le LKP &#187;, qui allie la diversit&#233; et l'unit&#233;. En effet, le LKP regroupe en son sein plus de 49 organisations dont tous les syndicats de l'&#238;le ainsi que des nombreuses associations &#339;uvrant dans des domaines vari&#233;s (consommation, culture, environnement, personnes handicap&#233;es, eau, etc.)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LKP, &#171; Qui sommes nous ? &#187; (2010)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutes ces organisations ont d&#233;cid&#233; de &#171; lyanner &#187; ensemble, c'est-&#224;-dire de s'assembler pour ne former plus qu'un tout en gardant sa sp&#233;cificit&#233; et sa voix. C'est ainsi que chacun a mis ses comp&#233;tences, sa sp&#233;cialisation, ses connaissances au service du LKP. Cette structure h&#233;t&#233;rog&#232;ne a su au d&#233;but apporter de nombreux avantages. Elle permet tout d'abord d'&#233;viter le pi&#232;ge dans lequel tombent de nombreux mouvements sociaux qui ne prennent en compte qu'un dossier, qu'une revendication dont la r&#233;alisation peut faire dispara&#238;tre l'organisation.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;rik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La D&#233;couverte, 1996, &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Or, ce type de mouvement contribue &#224; diviser l'espace social, ce qui affaiblit les acteurs du mouvement social. &#192; l'inverse, la structure du &#171; Lyannaj &#187; contribue &#224; rassembler tous les acteurs contestataires, et les incite &#224; rester solidaire les uns des autres, ce qui permet de renforcer consid&#233;rablement le poids de l'ensemble de ces organisations. Elles sont aussi susceptibles d'avoir un impact plus grand et d'entra&#238;ner une plus grande adh&#233;sion que si elles &#233;taient isol&#233;es. Cette structure offre &#224; toutes ces organisations la possibilit&#233; de partager leurs exp&#233;riences de lutte, les moyens, les ressources, les id&#233;es et les propositions ainsi que leurs pr&#233;occupations. Il est alors plus facile d'identifier les probl&#232;mes de chacun, mais aussi les probl&#232;mes communs tout en comprenant leurs origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la pr&#233;sence d'un groupe h&#233;t&#233;rog&#232;ne rend plus ais&#233; la prise de d&#233;cisions. Il est certain que plus il y a d'id&#233;es formul&#233;es et plus il y a de chances de trouver de bonnes id&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marshall Ganz, &#171; Why David Sometimes Wins : Strategic Capacity in Social (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, l'acc&#232;s &#224; un savoir, des comp&#233;tences et des ressources est beaucoup plus large dans une telle structure qu'au sein d'une seule organisation, ce qui peut s'av&#233;rer crucial dans un environnement complexe et changeant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, les groupes h&#233;t&#233;rog&#232;nes sont aussi ceux qui peuvent &#234;tre les plus cr&#233;atifs gr&#226;ce &#224; la pr&#233;sence d'&#171; insider &#187;, c'est-&#224;-dire de personnes qui connaissent bien les dossiers, qui ont l'habitude des mobilisations et de n&#233;gocier avec l'&#201;tat et le patronat, et d'&#171; outsider &#187;, autrement dit des &#171; novices &#187; dans la mobilisation, des personnes qui sont &#233;trang&#232;res au monde des mouvement sociaux et qui sont sp&#233;cialis&#233;es dans d'autres domaine. En l'occurrence, le LKP disposait &#171; d'insiders &#187;, notamment par le biais des organisations syndicales dont la plus importante, l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs de la Guadeloupe (UGTG). Ces organisations syndicales constituaient sans aucun doute le noyau dur du LKP. Ces &#171; insiders &#187; sont habitu&#233;s aux manifestations, &#224; l'organisation de gr&#232;ves et ont une parfaite ma&#238;trise des ressources locales, ils savent o&#249; les trouver, comment recruter des gens et quelles tactiques utiliser pour mener &#224; bien un mouvement social. D'un autre c&#244;t&#233;, les &#171; outsiders &#187;, form&#233;s par les associations culturelles, environnementales et de consommation, ont pu apporter de nouvelles id&#233;es ainsi que de nouvelles pr&#233;occupations comme les questions de logement, de transports, d'environnement, de services publics, de sant&#233;, de culture, d'infrastructures, etc. Ils donnent &#233;galement acc&#232;s &#224; une plus grande diversit&#233; et favorisent des alliances plus larges. Une plateforme qui touche un plus grand nombre de citoyens et qui d&#233;passe le monde du travail a pu ainsi &#234;tre &#233;labor&#233;e. De m&#234;me, ces &#171; outsiders &#187; ont fait preuve de cr&#233;ativit&#233; en donnant aux manifestations un c&#244;t&#233; plus festif et en mettant en sc&#232;ne certaines marches qui rappelaient les grandes luttes du pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, un groupe h&#233;t&#233;rog&#232;ne peut &#234;tre tr&#232;s utile en cas de r&#233;pressions, comment &#233;liminer les repr&#233;sentants de 49 organisations incarnant presque toutes les sph&#232;res d'activit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, le LKP, gr&#226;ce &#224; cette structure, a pu favoriser la rencontre des gens engag&#233;s et des gens innovants, ce qui lui permis d'avoir de l'influence et de diffuser cette influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formulation d'une nouvelle narration et la bataille de l'image&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a &#233;galement &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ressant dans le mouvement LKP, est que ce collectif a su reformuler une &#171; nouvelle narration du monde &#187;. En effet, comme l'explique l'auteur Ricardo Petrella, il ne faut pas sous-estimer la bataille des id&#233;es qui fa&#231;onne notre fa&#231;on de voir le monde. Il est donc important selon lui de pr&#233;senter une vision du monde, de raconter une autre histoire, d'avoir des symboles qui diff&#232;rent du pouvoir dominant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ricardo Petrella, Pour une nouvelle narration du monde, Montr&#233;al, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, en Guadeloupe, le LKP a su habilement ma&#238;triser ce concept. Il a justement fait preuve d'un tr&#232;s bon usage du discours analytique qui consiste &#224; dire ce qui se passe. Il a commenc&#233; par identifier les probl&#232;mes de nombreux Guadeloup&#233;ens, notamment le c&#244;ut de la vie, l'augmentation du prix de l'essence, une population qui souffre de pauvret&#233;, de ch&#244;mage et une jeunesse d&#233;s&#339;uvr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les membres du LKP ont ensuite nomm&#233; et reconstruit ces probl&#232;mes en leur donnant une nouvelle interpr&#233;tation, la &#171; pwofitasyon &#187;. Ce terme connu en cr&#233;ole, qui d&#233;signe une forme d'exploitation outranci&#232;re, a &#233;t&#233; appliqu&#233; &#224; tout le syst&#232;me &#233;conomique et social. Il a fini par s'imposer par la suite dans toutes les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres du collectif ont donc su b&#226;tir un cadre d'injustice qui permet aux gens de se mobiliser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un cadre est ce qui permet dans une situation donn&#233;e, d'accorder du sens &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, le LKP a su &#233;tablir des connections logiques entre ces th&#232;mes qui causent des probl&#232;mes et le r&#244;le de certains acteurs. Par exemple, le collectif n'a pas manqu&#233; de souligner le fait que l'&#201;tat a manqu&#233; &#224; son r&#244;le de r&#233;gulateur et de protecteur. Il a &#233;galement attir&#233; l'attention sur le laxisme, voire la complaisance des pouvoirs locaux et sur le grand patronat qui s'est enrichit au d&#233;triment de la population. Ce travail de connexion a permis d''identifier les agents coupables du syst&#232;me de &#171; pwofitasyon &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, une fois ce discours analytique bien forg&#233;, les membres du LKP ont su &#233;galement fabriquer un discours normatif appropri&#233;, en proposant ce qu'il faut faire. Ils ont ainsi trac&#233; les grandes lignes d'un projet alternatif, avec une liste de 150 points de revendications dont il importe d'&#233;noncer les principaux th&#232;mes : niveau et conditions de vie ; logement, environnement, transports, &#233;ducation, formation professionnelle, emplois, droits syndicaux et libert&#233;s syndicales, services publics, eau, sant&#233;, production agricole, p&#234;che, am&#233;nagement du territoire, culture, etc.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LKP, &#171; Ka nou vle &#187;&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le LKP a su apporter un programme social (voire m&#234;me politique) clair avec des propositions concr&#232;tes. Ces revendications ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es comme n&#233;cessaires. Afin d'arriver &#224; ses fins, le collectif a &#233;galement invent&#233; une m&#233;thode de pens&#233;e, de r&#233;flexion et d'actions. Par exemple, les membres du LKP ont exig&#233; des n&#233;gociations conjointes avec le patronat, l'&#201;tat et les pouvoirs locaux. De m&#234;me, ils ont &#233;tabli leurs propres moyens de pression pour obtenir un rapport de force &#224; leur avantage avec les marches et la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale. Leurs volont&#233;s &#233;taient de voir les revendications mat&#233;rialis&#233;es par un accord contraignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette nouvelle narration, le LKP en a profit&#233; pour &#171; re-construire &#187; l'imaginaire collectif, et ce, notamment en liant ce mouvement social avec les luttes pass&#233;es de l'&#238;le, surtout celles datant de l'esclavage. Cela a permis &#224; la population de red&#233;couvrir son histoire et de se mobiliser encore plus. Le LKP n'a aussi pas h&#233;sit&#233; &#224; faire r&#234;ver en proposant une augmentation de 200 euros pour tous les bas salaires ainsi qu'une revalorisation des minimas sociaux. Cette revendication phare, qui pouvait para&#238;tre utopique, a &#233;t&#233; capable de mobiliser les esprits et les c&#339;urs, d'o&#249; l'importance du r&#234;ve et la construction d'une autre logique sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Houtart et Fran&#231;ois Polet, Un autre Davos, Mondialisation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une strat&#233;gie proactive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une des autres grandes le&#231;ons que l'on peut tirer de ce mouvement social est l'adoption d'une strat&#233;gie proactive. Pendant la p&#233;riode du 20 janvier au 5 mars 2009, le LKP a su occuper tout type d'espace et de terrain. On peut noter tout d'abord que le mouvement a su poser son agenda, il a d&#233;fini ses propres priorit&#233;s sans attendre &#171; un sommet &#187; pour se faire entendre. Ensuite, il a su imposer par diff&#233;rentes techniques son agenda, au patronat ainsi qu'aux pouvoirs locaux, &#233;tatiques et &#224; la population. De m&#234;me, on remarque que le LKP a su d&#233;velopper une certaine hi&#233;rarchisation de ses actions, en identifiant les chantiers et les objectifs &#224; atteindre &#224; court et &#224; long terme. Cette strat&#233;gie proactive s'est fortement ressentie dans les m&#233;dias. Il ne se passait pas une journ&#233;e sans qu'on n'entende le LKP &#224; la t&#233;l&#233;vision locale mais aussi au niveau national et international. Ce collectif a cr&#233;&#233; l'action et l'actualit&#233;. Bref, il a &#233;t&#233; capable d'occuper l'espace m&#233;diatique et d'obtenir un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aux m&#233;dias. Cela a &#233;t&#233; important pour son image de d&#233;fenseur de la population. De m&#234;me, sans cette importante pr&#233;sence m&#233;diatique, on peut douter du fort impact du LKP en Guadeloupe et &#224; l'international. Cette attitude proactive a &#233;galement trouv&#233; &#233;chos chez les habitants de l'&#238;le. Le mouvement LKP a pris &#224; bras le corps les injustices dont sont victimes la population guadeloup&#233;enne. Il s'est pr&#233;sent&#233; comme son d&#233;fenseur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brecher Jeremy, Costello Tim et Smith Brenda, Globalization from Below the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui lui a permis de mobiliser beaucoup de monde. Par ailleurs, ce fort soutien populaire n'aurait peut &#234;tre pas continu&#233; aussi longtemps sans les nombreuses rencontres dans toutes les communes pour informer et expliquer le d&#233;roulement des n&#233;gociations. Ces espaces ont permis d'entra&#238;ner une adh&#233;sion plus forte, car pour r&#233;sister, il faut d'abord comprendre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mittelman James H., The Globalization Syndrome : Transformation and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette strat&#233;gie ax&#233;e sur la p&#233;dagogie a certainement aid&#233; le mouvement &#224; gagner en l&#233;gitimit&#233;. Le LKP a &#233;galement &#233;vit&#233; le pi&#232;ge de l'isolement en parlant d'ind&#233;pendance ou en entrant en conflit avec le bien commun tels les avantages sociaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brecher Jeremy, Costello Tim et Smith Brenda, Globalization from Below the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, le LKP a &#233;t&#233; capable d'augmenter graduellement la port&#233;e de ses tactiques. De simples marches &#224; la paralysie totale de la Guadeloupe, le mouvement s'est &#233;tendu &#224; de nombreuses r&#233;gions fran&#231;aises d'outre-mer comme la Martinique, la Guyane, la R&#233;union. De nombreuses manifestations ont m&#234;me &#233;t&#233; organis&#233;es en France m&#233;tropolitaine pour soutenir le mouvement guadeloup&#233;en. Ce processus a permis au LKP d'&#233;largir son impact en construisant des liens avec d'autres secteurs et surtout en &#233;tendant sa port&#233;e au-del&#224; du local&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Supra note 20.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le LKP guadeloup&#233;en a su r&#233;aliser en peu de temps un mouvement original et efficace. Au bout de 44 jours de gr&#232;ves et de combats, il a enfin obtenu un protocole d'accord, notamment l'accord Bino&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet accord porte le nom de Jacques Bino, un syndicaliste membre du LKP, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui pr&#233;voit une augmentation de 200 euros par mois pour les bas salaires. Cependant, malgr&#233; ces avanc&#233;es, la lutte continue encore pour faire respecter ces accords. En effet, quelques mois apr&#232;s la signature du Protocole d'accord, le prix de l'essence, qui avait diminu&#233;, a par la suite &#233;t&#233; augment&#233; plusieurs fois. De m&#234;me, certaines entreprises n'ont pas accept&#233; l'augmentation des 200 euros, et l'ensemble des accords sign&#233;s ne sont toujours pas respect&#233;s. Ainsi, le 26 octobre 2010, une importante mobilisation a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e et l'appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible a &#233;t&#233; lanc&#233; pour le 14 d&#233;cembre 2010. Toutes les pr&#233;misses pour un autre mouvement social d'envergure semblent donc &#234;tre pos&#233;es. Le LKP peut inspirer de nombreux mouvements sociaux tant par l'originalit&#233; de sa structure que sa strat&#233;gie. Il a &#233;galement le m&#233;rite de rappeler certaines &#233;vidences comme le fait qu'aucun groupe particulier ne peut atteindre ces objectifs en restant trop renferm&#233; sur lui-m&#234;me. De v&#233;ritables transformations exigent des alliances au moins &#224; moyen terme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Immanuel Wallerstein, &#171; Histoire et dilemmes des mouvements antisyst&#233;miques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De plus, le LKP a soulign&#233; l'importance de prendre en main son propre destin, d'identifier ses probl&#232;mes et d'apporter ses propres solutions sans les attendre du pouvoir ou d'organisations externes. Il a montr&#233; &#233;galement l'importance de la lutte, du sacrifice et de la patience pour obtenir ce que l'on demande. Il rappelle aussi la n&#233;cessit&#233; d'avoir des utopies, de r&#234;ver &#224; des lendemains meilleurs pour l'ensemble de la population. Enfin, il a prouv&#233; que la bataille des id&#233;es n'est pas &#224; sous-estimer, car souvent, si on occupe le c&#339;ur et l'esprit, le corps suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ieim.uqam.ca/spip.php?page=article-oda&amp;id_article=6157&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Chronique des Am&#233;riques&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; N&#176;08, Canada, d&#233;cembre 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Pam&#233;la Obertan&lt;/strong&gt;, titulaire d'un master de droit europ&#233;en &#224; l'Universit&#233; Paris XII, et d'une ma&#238;trise en droit international &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Montr&#233;al, r&#233;alise actuellement une cotutelle de th&#232;se internationale entre le Qu&#233;bec et la Guadeloupe. Sa th&#232;se porte sur les mouvements de contestation &#224; la globalisation du brevet sur le vivant. Auteur de l'ouvrage : &lt;a href=&#034;http://www.amazon.ca/Brevet-Sur-Vivant-Peuples-Autochtones/dp/6131531730/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1287587834&amp;sr=8-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Le brevet sur le vivant : une menace pour les peuples autochtones ?&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En fran&#231;ais, cette expression pourrait se traduire par le &#171; collectif contre l'exploitation outranci&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Conseil R&#233;gional de la Guadeloupe, &#171; La Guadeloupe en chiffre &#187;, en ligne : cr-guadeloupe.fr, http://www.crguadeloupe. fr/archipel/ ?ARB_N_ID=731&amp;ARB_N_S=734&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Esclavage moderne, les derniers ma&#238;tres de la Martinique &#187;, (2009) En ligne : la cause du peuple.com.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Henry Joseph, &#171; La patate douce a d&#233;montr&#233; ses vertus sant&#233; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;INSEE, &#171; La contribution de l'INSEE aux ateliers des &#233;tats g&#233;n&#233;raux de la Guadeloupe &#187; INSEE rel&#232;ve globalement des prix plus &#233;lev&#233;s de 28% en Guadeloupe pour l'alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;gion Guadeloupe, &#171; La Guadeloupe en chiffre &#187;, en ligne : cr-guadeloupe.fr. (Chiffre de 2003, entre-temps le ch&#244;mage a continu&#233; &#224; augmenter).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;INSEE Antilles Guyane, &#171; Les in&#233;galit&#233;s aux Antilles Guyane : 10 ans d'&#233;volution &#187; &#224; la p.6 Le seuil de bas revenus est fix&#233; &#224; 6806 euros par an.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Franciane et Joseph Ody, &#171; Un racisme anti-blanc en Guadeloupe &#187; (18 mars 2009)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LKP, &#171; Qui sommes nous ? &#187; (2010)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#201;rik Neveu, Sociologie des mouvements sociaux, Paris, La D&#233;couverte, 1996, &#224; la p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Marshall Ganz, &#171; Why David Sometimes Wins : Strategic Capacity in Social Movements &#187; dans Goodwin Jeff et Jasper. James M., dir., Rethinking Social Movements : Structure, Meaning and Emotion, Lanham, Rowman &amp; Littlefield Publishers, Inc, 2004, &#224; la p. 187 ; Simonton 1988, &#224; la p. 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ricardo Petrella, Pour une nouvelle narration du monde, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un cadre est ce qui permet dans une situation donn&#233;e, d'accorder du sens &#224; tel ou tel de ses aspects, lequel autrement serait d&#233;pourvu de signification, voir Goffman, Les Cadres de l'exp&#233;rience, Paris, Minuit, 1991 [1974] &#224; la p. 30.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;LKP, &#171; &lt;i&gt;Ka nou vle&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Houtart et Fran&#231;ois Polet, Un autre Davos, Mondialisation des r&#233;sistances et des luttes, Paris, L'Harmattan, 1999 &#224; la p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brecher Jeremy, Costello Tim et Smith Brenda, Globalization from Below the Power of Solidarity, Cambridge, South End Press, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mittelman James H., The Globalization Syndrome : Transformation and Resistance, Princeton, Princeton University Press, 2000, &#224; la p. 182.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Brecher Jeremy, Costello Tim et Smith Brenda, Globalization from Below the Power of Solidarity, Cambridge, South End Press, 2000 &#224; la p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Supra note 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cet accord porte le nom de Jacques Bino, un syndicaliste membre du LKP, et tu&#233; pendant la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Immanuel Wallerstein, &#171; Histoire et dilemmes des mouvements antisyst&#233;miques &#187; dans Amin Samir et al., Le grand tumulte ? Les mouvements sociaux dans l'&#233;conomie monde, Paris, La d&#233;couverte, 1990, &#224; la p.53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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