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	<title>El Correo</title>
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		<title>La fin du n&#233;o-lib&#233;ralisme et la renaissance de l'histoire</title>
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		<dc:date>2019-11-29T14:15:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;La fin du n&#233;o-lib&#233;ralisme et la renaissance de l'histoire. Pendant 40 ans, les &#233;lites des pays riches comme des pays pauvres ont promis que les politiques n&#233;olib&#233;rales entra&#238;neraient une croissance &#233;conomique plus rapide et que les avantages en d&#233;couleraient pour que tous, y compris les plus pauvres, s'en sortent mieux. Joseph E. Stiglitz&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant 40 ans, les &#233;lites des pays riches comme des pays pauvres ont promis que les politiques n&#233;olib&#233;rales entra&#238;neraient une croissance &#233;conomique plus rapide et que les avantages en d&#233;couleraient pour que tous, y compris les plus pauvres, s'en sortent mieux. Maintenant que les preuves sont l&#224;, est-il &#233;tonnant que la confiance dans les &#233;lites et la confiance dans la d&#233;mocratie se soient effondr&#233;es ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NEW YORK &lt;/strong&gt; &#8211; &#192; la fin de la guerre froide, le politologue &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/columnist/francis-fukuyama&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Francis Fukuyama&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#233;crivit un article, qui connut un grand retentissement, intitul&#233; &#171; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.jstor.org/stable/24027184?seq=1%22%20%5Cl%20%22page_scan_tab_contents&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Fin de l'histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187; L'effondrement du communisme, y affirmait-il, balaierait le dernier obstacle s&#233;parant encore le monde dans son entier de sa destin&#233;e, qui s'accomplirait dans la d&#233;mocratie lib&#233;rale et dans les &#233;conomies de march&#233;. Beaucoup acquiesc&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, alors que nous sommes confront&#233;s au reflux de l'ordre lib&#233;ral mondial et des r&#232;gles sur lesquelles il est fond&#233;, tandis qu'autocrates et d&#233;magogues ont pris la t&#234;te de pays dont les ressortissants, cumul&#233;s, repr&#233;sentent bien plus que la moiti&#233; de la population mondiale, l'id&#233;e de Fukuyama para&#238;t d&#233;su&#232;te et na&#239;ve. Mais elle renfor&#231;a en son temps la doctrine de l'&#233;conomie n&#233;olib&#233;rale qui pr&#233;valut au cours des quarante derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;dibilit&#233; de la foi n&#233;olib&#233;rale en des march&#233;s libres de toute entrave, qui auraient d&#251; constituer le chemin le plus s&#251;r vers une prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e, est d&#233;sormais sous assistance respiratoire. Et cela devait bien arriver un jour. Le d&#233;clin simultan&#233; de la confiance dans le n&#233;olib&#233;ralisme et dans la d&#233;mocratie n'est ni une co&#239;ncidence ni une simple corr&#233;lation. Voici quarante ans que le n&#233;olib&#233;ralisme sape les fondements de la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forme de mondialisation prescrite par le n&#233;olib&#233;ralisme a laiss&#233; les personnes et des soci&#233;t&#233;s enti&#232;res dans l'incapacit&#233; de prendre en main une bonne part de leur propre destin&#233;e, comme l'a &lt;a href=&#034;https://press.princeton.edu/books/hardcover/9780691177847/straight-talk-on-trade&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;expliqu&#233; si clairement&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; Dani Rodrik de l'universit&#233; Harvard et comme je l'affirme dans mes r&#233;cents ouvrages, &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://wwnorton.com/books/Globalization-and-Its-Discontents-Revisited/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Gobalization and Its Discontents Revisited&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; [non encore traduit] et &lt;a href=&#034;http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-Peuple,_pouvoir_&amp;_profits-576-1-1-0-1.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Peuple, pouvoir et profits&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Les cons&#233;quences de la lib&#233;ralisation des march&#233;s de capitaux furent particuli&#232;rement odieuses : d&#232;s lors qu'un candidat &#224; la pr&#233;sidence d'un march&#233; &#233;mergent perdait les faveurs de Wall Street, les banques retiraient leur argent du pays. Les &#233;lecteurs &#233;taient alors plac&#233;s devant un choix corn&#233;lien : c&#233;der &#224; Wall Street ou faire face &#224; une grave crise financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On disait aux citoyens ordinaires, m&#234;me dans les pays riches : &#171; &lt;i&gt;Vous ne pouvez pas mettre en place les politiques que vous voulez &#8211; qu'il s'agisse de protection sociale, de salaires d&#233;cents, d'imp&#244;t progressif ou de syst&#232;me financier correctement r&#233;gul&#233; &#8211; parce que le pays perdra sa comp&#233;titivit&#233;, que les emplois dispara&#238;tront et que vous souffrirez.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les pays riches comme dans les pays pauvres, les &#233;lites promettaient que les politiques n&#233;olib&#233;rales allaient conduire &#224; une croissance &#233;conomique plus rapide et que les profits allaient ruisseler, de sorte que tout le monde, m&#234;me les plus pauvres, allait devenir plus riche. Pour y parvenir, il fallait toutefois accepter des salaires plus bas pour les travailleurs et les r&#233;ductions d'importants services publics pour tous les citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites proclamaient que leurs promesses &#233;taient fond&#233;es sur des mod&#232;les &#233;conomiques scientifiques et sur des &#171; &lt;i&gt;recherches prouv&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Eh bien, quarante ans plus tard, les chiffres sont l&#224; : la croissance a ralenti, et les fruits de cette croissance sont all&#233;s massivement vers l'infime minorit&#233; des plus riches. Tandis que les salaires stagnaient et que la Bourse s'envolait, les revenus et le patrimoine s'entassaient bien plus qu'ils ne ruisselaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les restrictions salariales &#8211; pour atteindre la comp&#233;titivit&#233; ou la maintenir &#8211; et la r&#233;duction des services publics peuvent-ils contribuer &#224; l'am&#233;lioration du niveau de vie ? Les citoyens ordinaires ont eu l'impression qu'on leur demandait de payer la note. Ils avaient raison de se sentir bern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous subissons aujourd'hui les cons&#233;quences de cette grande d&#233;ception : la d&#233;fiance envers les &#233;lites, envers la &#171; science &#187; &#233;conomique sur laquelle le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tait fond&#233;, envers un syst&#232;me politique corrompu par l'argent, qui ont permis tout cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, malgr&#233; son nom, l'&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme fut loin d'&#234;tre lib&#233;rale. Elle imposa une orthodoxie intellectuelle dont les gardiens &#233;taient allergiques au d&#233;saccord. Les &#233;conomistes soutenant des vues h&#233;t&#233;rodoxes &#233;taient trait&#233;s comme des h&#233;r&#233;tiques qu'il fallait &#233;viter, ou qu'on rel&#233;guait au mieux dans une poign&#233;e d'institutions isol&#233;es. Le n&#233;olib&#233;ralisme ne ressemblait gu&#232;re &#224; la &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; ouverte&lt;/i&gt; &#187; dont Karl Popper avait plaid&#233; la cause. Comme &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/columnist/george-soros&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;George Soros&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; l'a &lt;a href=&#034;https://www.wiley.com/en-fr/The+Alchemy+of+Finance,+2nd+Edition-p-9780471445494&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rappel&#233;&lt;/a&gt;, Popper voyait en notre soci&#233;t&#233; un syst&#232;me complexe, en constante &#233;volution, dont nos connaissances modifient le comportement d'autant plus que nous apprenons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nulle part cette intol&#233;rance ne fut aussi marqu&#233;e que dans le domaine macro-&#233;conomique, o&#249; les mod&#232;les qui pr&#233;valaient excluaient la possibilit&#233; d'une crise comme celle que nous avons connue en 2008. Lorsque survint l'impossible, il fut trait&#233; comme on l'aurait fait d'une crue bimill&#233;naire &#8211; un curieux ph&#233;nom&#232;ne qu'aucun mod&#232;le n'aurait pu pr&#233;voir. Aujourd'hui encore, les d&#233;fenseurs de ces th&#233;ories refusent d'accepter que leur croyance dans des march&#233;s qui se r&#233;guleraient tout seuls et leur refus de consid&#233;rer les externalit&#233;s, sous pr&#233;texte qu'elles n'existeraient pas ou qu'elles seraient sans importance, ont conduit &#224; la d&#233;r&#233;gulation, qui fut la cause efficace et principale de la crise. La th&#233;orie continue &#224; survivre, &#224; coups d'am&#233;nagements dignes de l'astronomie de Ptol&#233;m&#233;e pour tenter de faire correspondre le mod&#232;le avec les faits, ce qui confirme l'adage selon lequel les mauvaises id&#233;es, lorsqu'elles se sont r&#233;pandues, mettent longtemps &#224; mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la crise financi&#232;re de 2008 n'a pas r&#233;ussi &#224; nous faire comprendre que des march&#233;s laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes ne pouvaient fonctionner, la crise climatique devrait y parvenir : le n&#233;olib&#233;ralisme mettra litt&#233;ralement fin &#224; notre civilisation. Mais il est tout aussi certain que les d&#233;magogues qui nous feraient tourner le dos &#224; la science et &#224; la tol&#233;rance ne feront qu'aggraver les choses.La seule route qui s'ouvre, la seule fa&#231;on de sauver notre plan&#232;te et notre civilisation, est une renaissance de l'histoire. Nous devons redonner vie aux Lumi&#232;res et nous engager une nouvelle fois &#224; honorer leurs valeurs de libert&#233;, de respect du savoir et de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt; * pour [&lt;strong&gt;Pr]oject Syndicate&lt;/strong&gt;-&gt;&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.project-syndicate.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/end-of-neoliberalism-unfettered-markets-fail-by-joseph-e-stiglitz-2019-11&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;The End of Neoliberalism and the Rebirth of History&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par :&lt;/strong&gt; Fran&#231;ois Boisivon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/end-of-neoliberalism-unfettered-markets-fail-by-joseph-e-stiglitz-2019-11/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. New York, le 4 novembre 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'Europe contre la d&#233;mocratie grecque &#187; Joseph E. Stiglitz</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Europe-contre-la-democratie-grecque-Joseph-E-Stiglitz</link>
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		<dc:date>2015-07-01T18:58:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;NEW YORK &#8211; La dispute et l'acrimonie qui vont croissantes au sein de l'Europe pourraient passer aux yeux d'un observateur ext&#233;rieur pour le r&#233;sultat in&#233;vitable de la fin de partie peu am&#232;ne entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers. Les dirigeants europ&#233;ens finissent par exposer au grand jour la v&#233;ritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n'a rien de plaisant : il s'agit bien plus une question de pouvoir et de d&#233;mocratie que d'argent et d'&#233;conomie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le programme &#233;conomique que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Grece" rel="directory"&gt;Gr&#233;ce&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;NEW YORK &#8211; La dispute et l'acrimonie qui vont croissantes au sein de l'Europe pourraient passer aux yeux d'un observateur ext&#233;rieur pour le r&#233;sultat in&#233;vitable de la fin de partie peu am&#232;ne entre la Gr&#232;ce et ses cr&#233;anciers. Les dirigeants europ&#233;ens finissent par exposer au grand jour la v&#233;ritable nature du conflit autour de la dette grecque, et cela n'a rien de plaisant : il s'agit bien plus une question de pouvoir et de d&#233;mocratie que d'argent et d'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme &#233;conomique que la tro&#239;ka (la Commission europ&#233;enne, la Banque centrale europ&#233;enne et le FMI) a impos&#233; &#224; la Gr&#232;ce il y a cinq ans &#233;tait une aberration. Il a conduit &#224; une baisse de 25% du PIB du pays. Je ne connais aucune d&#233;pression qui ait &#233;t&#233; provoqu&#233;e aussi d&#233;lib&#233;r&#233;ment et ait eu des cons&#233;quences aussi catastrophiques. Ainsi le taux de ch&#244;mage parmi les jeunes Grecs d&#233;passe maintenant 60%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incroyable que la tro&#239;ka nie toute responsabilit&#233; et refuse d'admettre &#224; quel point ses pr&#233;visions et ses mod&#232;les &#233;taient erron&#233;s. Mais il est encore plus surprenant que les dirigeants europ&#233;ens n'aient retenu aucun enseignement de tout cela. La tro&#239;ka continue &#224; exiger de la Gr&#232;ce qu'elle parvienne &#224; un budget primaire en exc&#233;dent (hors paiement des int&#233;r&#234;ts de la dette) de 3,5% du PIB en 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout dans le monde les &#233;conomistes condamnent cet objectif comme punitif, car il ne peut que ralentir encore l'&#233;conomie. M&#234;me si la dette de la Gr&#232;ce &#233;tait restructur&#233;e au-del&#224; de tout ce que l'on peut imaginer, elle resterait en d&#233;pression si les &#233;lecteurs acceptent les propositions de la tro&#239;ka lors du r&#233;f&#233;rendum surprise qui aura lieu dimanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de pays ont r&#233;ussi &#224; transformer un important d&#233;ficit primaire en un exc&#233;dent budg&#233;taire comme l'ont fait les Grecs au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es. Et bien que le prix &#224; payer en mati&#232;re de souffrance humaine ait &#233;t&#233; extr&#234;mement &#233;lev&#233;, les derni&#232;res propositions du gouvernement grec constituent un grand pas en avant pour r&#233;pondre aux exigences de ses cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyons clair : seule une tr&#232;s faible partie des &#233;normes sommes d'argent pr&#234;t&#233;es &#224; la Gr&#232;ce lui &#233;taient r&#233;ellement destin&#233;es. Elles ont servi &#224; rembourser les cr&#233;anciers priv&#233;s, notamment des banques en Allemagne et en France. La Gr&#232;ce n'a re&#231;u que des miettes, mais elle a pay&#233; le prix fort pour pr&#233;server les syst&#232;mes bancaires de ces pays. Le FMI et les autres cr&#233;anciers &#034;officiels&#034; n'ont pas besoin de l'argent qu'ils r&#233;clament. Dans une situation classique, ils se contenteraient de l'utiliser pour faire un nouveau pr&#234;t &#224; la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas une question d'argent. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'utiliser les dates limites pour contraindre la Gr&#232;ce &#224; lever le pouce et &#224; accepter l'inacceptable : non seulement l'aust&#233;rit&#233;, mais d'autres mesures r&#233;gressives et punitives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'Europe fait-elle cela ? Pourquoi les dirigeants de l'UE s'opposent-ils &#224; la tenue du r&#233;f&#233;rendum et refusent-ils m&#234;me de reculer de quelques jours la date limite du 30 juin fix&#233;e pour le prochain remboursement de la Gr&#232;ce au FMI ? L'Europe n'est-elle pas avant tout une affaire de d&#233;mocratie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier, les citoyens grecs ont &#233;lu un gouvernement qui s'est &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-government-reforms-by-yanis-varoufakis-2015-05/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;engag&#233; &#224; mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Si ce gouvernement voulait simplement tenir ses engagements de campagne, il aurait d&#233;j&#224; rejet&#233; la proposition des cr&#233;anciers. Mais il veut donner aux Grecs l'occasion d'intervenir sur cette question cruciale pour l'avenir de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce souci de l&#233;gitimit&#233; est incompatible avec la politique de la zone euro qui n'a jamais &#233;t&#233; un projet tr&#232;s d&#233;mocratique. La plupart des Etats membres n'ont pas cherch&#233; l'approbation de leurs citoyens pour remettre la souverainet&#233; mon&#233;taire de la zone entres les mains de la BCE. Quand la Su&#232;de l'a fait, les Su&#233;dois ont dit Non. Ils ont compris que le ch&#244;mage augmenterait si une banque centrale concern&#233;e uniquement par le taux d'inflation (et qui ne porterait pas l'attention voulue &#224; la stabilit&#233; financi&#232;re) d&#233;cide de la politique mon&#233;taire du pays. L'&#233;conomie souffrirait parce que le mod&#232;le &#233;conomique sur lequel repose la zone euro est bas&#233; sur des relations de pouvoir qui d&#233;savantagent les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas surprenant que 16 ans apr&#232;s que la zone euro ait institutionnalis&#233; ces relations, c'est l'antith&#232;se de la d&#233;mocratie qui est &#224; l'&#339;uvre. Beaucoup de dirigeants europ&#233;ens veulent la fin du gouvernement de gauche du Premier ministre Alexis Tsipras. A leurs yeux il est inacceptable d'avoir en Gr&#232;ce un gouvernement qui refuse une politique qui a tant fait pour augmenter les in&#233;galit&#233;s dans nombre de pays avanc&#233;s et qui veut limiter le pouvoir de l'argent. Ils pensent qu'ils pourront se d&#233;barrasser du gouvernement de Tsipras en l'obligeant &#224; accepter un accord en contradiction avec son mandat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est difficile de donner un conseil aux Grecs pour le vote de dimanche. Dire Oui ou Non aux exigences de la tro&#239;ka n'est pas chose facile, et tant l'approbation que le rejet sont porteurs d'&#233;normes risques. Le Oui signifierait une d&#233;pression presque sans fin. Peut-&#234;tre un pays d&#233;pouill&#233; de tout (un pays qui a vendu tous ses actifs et dont la jeunesse prometteuse &#233;migre) obtiendra-t-il finalement l'annulation de sa dette ; peut-&#234;tre &#233;tant devenu un pays &#224; revenu moyen, la Gr&#232;ce va-t-elle finalement obtenir l'aide de la Banque mondiale. Cela pourrait se produire au cours de la d&#233;cennie prochaine, ou de la suivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre un Non permettrait au moins &#224; la Gr&#232;ce, avec sa forte tradition d&#233;mocratique, de prendre son destin en main. Les Grecs pourraient alors &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/new-beginning-for-greece-eurozone-exit-by-dennis-j--snower-2015-06/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;dessiner leur avenir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, qui m&#234;me s'il n'&#233;tait pas aussi prosp&#232;re que le pass&#233;, sera bien plus porteur d'espoir que la torture invraisemblable qui leurs est impos&#233;e aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais comment je voterais&#8230;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-referendum-troika-eurozone-by-joseph-e--stiglitz-2015-06&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Europe's Attack on Greek Democracy&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/greece-referendum-troika-eurozone-by-joseph-e--stiglitz-2015-06/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Project Syndicate&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, 29 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par :&lt;/strong&gt; Patrice Horovitz&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt;, prix Nobel d'&#233;conomie et professeur &#224; l'Universit&#233; de Columbia, a &#233;t&#233; pr&#233;sident du Conseil des conseillers &#233;conomiques du pr&#233;sident Bill Clinton et a servi comme vice-pr&#233;sident et &#233;conomiste en chef de la Banque Mondiale.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/L-Europe-contre-la-democratie-grecque-Joseph-E-Stiglitz&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;El Correo de la diaspora Latinoamericaine&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 1er juillet 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Gr&#232;ce : Dernier acte pour la zone euro ?</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Grece-Dernier-acte-pour-la-zone-euro</link>
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		<dc:date>2015-06-11T18:05:23Z</dc:date>
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		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;NEW YORK &#8211; Les dirigeants de l'Union europ&#233;enne continuent &#224; jouer avec le feu avec le gouvernement grec. La Gr&#232;ce a accept&#233; plus de la moiti&#233; des exigences de ses cr&#233;anciers ; pourtant certains d'entre eux, notamment l'Allemagne, continuent d'exiger d'elle qu'elle adopte une politique qui a fait la preuve de son inefficacit&#233; et dont peu d'&#233;conomistes pensaient qu'elle allait ou devait &#234;tre appliqu&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le basculement de la position budg&#233;taire de la Gr&#232;ce d'un grand d&#233;ficit primaire &#224; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Notre-Amerique" rel="directory"&gt;Notre Am&#233;rique&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NEW YORK &#8211; &lt;/strong&gt; Les dirigeants de l'Union europ&#233;enne continuent &#224; jouer avec le feu avec le gouvernement grec. La Gr&#232;ce a accept&#233; plus de la moiti&#233; des exigences de ses cr&#233;anciers ; pourtant certains d'entre eux, notamment l'Allemagne, continuent d'exiger d'elle qu'elle adopte une politique qui a fait la preuve de son inefficacit&#233; et dont peu d'&#233;conomistes pensaient qu'elle allait ou devait &#234;tre appliqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le basculement de la position budg&#233;taire de la Gr&#232;ce d'un grand d&#233;ficit primaire &#224; un exc&#233;dent est pratiquement sans pr&#233;c&#233;dent, mais il &#233;tait d&#233;raisonnable d'exiger d'elle un exc&#233;dent primaire &#224; hauteur de 4,5% du PIB. Malheureusement, au moment o&#249; la &#171; tro&#239;ka &#187; (la Commission europ&#233;enne, la Banque centrale europ&#233;enne et le FMI) a inclus cette exigence abusive dans le projet d'accord financier international destin&#233; &#224; la Gr&#232;ce, les autorit&#233;s du pays n'avaient d'autre choix que de s'y soumettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant donn&#233; la baisse de 25% du PIB que la Gr&#232;ce a subi depuis le d&#233;but de la crise, il est absurde de poursuivre cette politique. La tro&#239;ka a tr&#232;s mal &#233;valu&#233; les cons&#233;quences macro&#233;conomiques des mesures qu'elle imposait. Elle pr&#233;voyait qu'avec l'aust&#233;rit&#233;, en particulier la diminution des salaires, les exportations grecques augmenteraient et que la croissance reprendrait rapidement. Elle croyait aussi que la premi&#232;re restructuration de la dette suffirait &#224; la rendre soutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses pr&#233;visions se sont r&#233;v&#233;l&#233;es erron&#233;es de beaucoup, et &#224; de multiples reprises. Les &#233;lecteurs grecs sont fond&#233;s &#224; demander un changement de politique et leur gouvernement a raison de ne pas accepter une politique fondamentalement vici&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, un accord est possible : la Gr&#232;ce a exprim&#233; clairement sa volont&#233; de s'engager dans un processus de r&#233;formes et en a d&#233;j&#224; mis en &#339;uvre certaines en r&#233;ponse &#224; l'aide europ&#233;enne. Un minimum de sens des r&#233;alit&#233;s de la part des cr&#233;anciers de la Gr&#232;ce (sur ce qui est r&#233;alisable et sur les effets macro&#233;conomiques des diff&#233;rentes r&#233;formes budg&#233;taires et structurelles) permettrait un accord qui serait bienvenu non seulement pour la Gr&#232;ce, mais aussi pour le reste de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'opinion (plus sp&#233;cialement en Allemagne) ne se pr&#233;occupe pas trop d'une sortie de la Gr&#232;ce de la zone euro. Le march&#233;, dit-elle, en a d&#233;j&#224; int&#233;gr&#233; le prix. Il en est m&#234;me pour dire que ce serait une bonne chose pour l'union mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce point de vue sous-estime les risques imm&#233;diats et futurs que pr&#233;senterait une sortie de la Gr&#232;ce. On a vu une indiff&#233;rence du m&#234;me genre aux USA avant la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008. La fragilit&#233; des banques am&#233;ricaines &#233;tait pourtant connue depuis longtemps - au moins depuis la faillite de Bear Steams le mois de mars pr&#233;c&#233;dent. N&#233;anmoins, en raison du manque de transparence (li&#233; en partie &#224; une insuffisance r&#233;glementaire), tant les march&#233;s que les responsables politiques ont mal &#233;valu&#233; l'interd&#233;pendance des diff&#233;rentes institutions financi&#232;res entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me financier mondial est encore marqu&#233; par les contre-coups de l'effondrement de Lehman. Le fonctionnement des banques reste opaque, ce qui les fragilisent. Nous ne connaissons toujours pas le degr&#233; d'interd&#233;pendance des institutions financi&#232;res, notamment celui qui est li&#233; &#224; des produits d&#233;riv&#233;s opaques et aux CDS (credit default swaps, contrats permettant de s'assurer contre le risque de d&#233;faillance d'un emprunteur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voyons d&#233;j&#224; en Europe les cons&#233;quences d'une r&#233;glementation inad&#233;quate et de la conception erron&#233;e de la zone euro. La structure de la zone euro ne pousse pas &#224; la convergence, mais &#224; la divergence : alors que les capitaux et les talents quittent les pays frapp&#233;s par la crise, ces derniers ont de plus en plus de difficult&#233; &#224; rembourser leurs dettes. Les march&#233;s comprenant de mieux en mieux que l'euro est intrins&#232;quement porteur d'une spirale &#233;conomique descendante vicieuse, les cons&#233;quences de la prochaine crise seront graves. Or cette crise est in&#233;vitable, car inscrite dans la nature m&#234;me du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stratag&#232;me de retour &#224; la confiance utilis&#233; par Mario Draghi, le pr&#233;sident de la BCE - sa petite phrase de 2012 selon laquelle les autorit&#233;s mon&#233;taires feront &#171; tout, quoi qu'il en co&#251;te &#187; pour sauver l'euro - a r&#233;ussi jusqu'&#224; pr&#233;sent. Mais du fait de la prise de conscience que le passage &#224; l'euro n'est pas irr&#233;versible, cette ruse pourrait &#233;chouer la prochaine fois. Si les taux de rendement des obligations atteint des niveaux stratosph&#233;riques, ce ne sont pas les assurances donn&#233;es par la BCE ou les dirigeants europ&#233;ens qui les feront redescendre, parce que tout le monde sait qu'ils ne feront pas &#171; tout, quoi qu'il en co&#251;te &#187;. Ainsi que l'exemple grec le montre, ils feront ce qu'exige une politique &#233;lectoraliste &#224; court terme, mais pas davantage. Je crains qu'il n'en r&#233;sulte un affaiblissement de la solidarit&#233; europ&#233;en ne que l'euro &#233;tait suppos&#233; renforcer. Il a eu l'effet inverse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est ni dans l'int&#233;r&#234;t de l'Europe, ni du reste du monde que les liens d'un pays &#224; la p&#233;riph&#233;rie du continent se distendent avec ses voisins, tout particuli&#232;rement dans la p&#233;riode d'instabilit&#233; politique que nous connaissons. A proximit&#233; c'est le chaos au Moyen-Orient et l'Occident essaye de contenir une Russie qui redevient agressive. Quant &#224; la Chine, non seulement elle d&#233;tient les r&#233;serve les plus importantes de la plan&#232;te, mais elle est devenue la premi&#232;re puissance commerciale et la premi&#232;re &#233;conomie mondiale en terme de parit&#233; de pouvoir d'achat et elle concurrence l'Occident sur le plan &#233;conomique et strat&#233;gique. Ce n'est vraiment pas le moment d'une d&#233;sunion europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils ont cr&#233;&#233; la monnaie unique, les dirigeants europ&#233;ens se consid&#233;raient comme des visionnaires. Leur regard portait bien au-del&#224; du court terme auquel les politiciens accordent g&#233;n&#233;ralement la priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement leur compr&#233;hension de l'&#233;conomie n'&#233;tait pas &#224; la hauteur de leur ambition, et le climat politique du moment n'a pas permis la cr&#233;ation d'un cadre institutionnel qui aurait permis &#224; la monnaie commune de remplir pleinement son r&#244;le. On pensait alors que l'euro allait apporter une prosp&#233;rit&#233; jamais vue. Mais il est difficile d'identifier un v&#233;ritable effet positif pour la zone euro dans son ensemble dans la p&#233;riode qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la crise. Par contre depuis la crise ses inconv&#233;nients sont &#233;vidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de l'Europe et de l'euro d&#233;pend maintenant de la capacit&#233; des dirigeants de la zone euro &#224; combiner un minimum de compr&#233;hension de l'&#233;conomie avec la mise en &#339;uvre effective de la solidarit&#233; europ&#233;enne et une vision &#224; long terme de celle-ci. Y r&#233;ussiront-ils ? Nous aurons sans doute un d&#233;but de r&#233;ponse &#224; cette question vitale dans les prochaines semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph Stiglitz&lt;/strong&gt; para &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Projet Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par :&lt;/strong&gt; Patrice Horovitz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Original&lt;/strong&gt; : &#171; &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/greece-creditor-demands-by-joseph-e--stiglitz-2015-06&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Europe's Last Act ?&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/greece-creditor-demands-by-joseph-e--stiglitz-2015-06/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Projet Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. New York, le 5 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt;, prix Nobel d'&#233;conomie et professeur &#224; l'Universit&#233; de Columbia, a &#233;t&#233; pr&#233;sident du Conseil des conseillers &#233;conomiques du pr&#233;sident Bill Clinton et a servi comme vice-pr&#233;sident et &#233;conomiste en chef de la Banque Mondiale.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Cinq ans dans les limbes &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Cinq-ans-dans-les-limbes</link>
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		<dc:date>2013-10-10T13:27:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 2008, lorsque la banque d'investissement Lehman Brothers a fait faillite, d&#233;clenchant la pire crise financi&#232;re mondiale depuis la Grande d&#233;pression, les causes en &#233;taient &#233;videntes aux yeux de la majorit&#233; des observateurs. Un syst&#233;me financier d&#233;mesur&#233; et dysfonctionnel avait mal r&#233;parti le capital, et plut&#244;t que de g&#233;rer les risques, ils les avaient engendr&#233;s. La d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re et l'argent facile avaient suscit&#233; des prises de risque inconsid&#233;r&#233;es. La politique mon&#233;taire &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2008, lorsque la banque d'investissement &lt;i&gt;Lehman Brothers &lt;/i&gt; a fait faillite, d&#233;clenchant la pire crise financi&#232;re mondiale depuis la Grande d&#233;pression, les causes en &#233;taient &#233;videntes aux yeux de la majorit&#233; des observateurs. Un syst&#233;me financier d&#233;mesur&#233; et dysfonctionnel avait mal r&#233;parti le capital, et plut&#244;t que de g&#233;rer les risques, ils les avaient engendr&#233;s. La d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re et l'argent facile avaient suscit&#233; des prises de risque inconsid&#233;r&#233;es. La politique mon&#233;taire &#224; elle seule allait se r&#233;v&#233;ler insuffisante pour relancer l'&#233;conomie, m&#234;me si l'argent de plus en plus facile a permis d'&#233;viter l'effondrement complet du syst&#232;me financier. Aussi allait-il falloir s'appuyer davantage sur la politique budg&#233;taire : une hausse des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq ans plus tard, si certains en Europe et aux USA se congratulent d'avoir &#233;viter une d&#233;pression, personne ne peut pr&#233;tendre que la prosp&#233;rit&#233; est de retour. L'Union europ&#233;enne &#233;merge seulement d'une r&#233;cession &#224; double creux (un triple creux pour certains pays) et certains membres sont encore en d&#233;pression. Le PIB de beaucoup de pays de l'UE reste encore inf&#233;rieur ou &#224; peine sup&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait avant la d&#233;pression. Pr&#233;s de 27 millions d'Europ&#233;ens sont au ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux USA, 22 millions d'Am&#233;ricains sont en qu&#234;te d'un emploi &#224; temps complet. Il faut remonter &#224; l'&#233;poque o&#249; les femmes ont commenc&#233; &#224; travailler pour retrouver un tel niveau de ch&#244;mage. Le revenu et le patrimoine de la plupart des Am&#233;ricains sont inf&#233;rieurs &#224; ce qu'ils &#233;taient bien avant la crise. Le salaire moyen des travailleurs est plus bas qu'il ne l'a jamais &#233;t&#233; depuis 40 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, nous avons fait quelques choses pour am&#233;liorer les march&#233;s financiers. Il y a eu une certaine augmentation quant aux exigences en capitaux - mais bien inf&#233;rieure &#224; ce qui serait n&#233;cessaire. Certains des produits d&#233;riv&#233;s &#224; risque (des armes financi&#232;res de destruction massive) ont &#233;t&#233; mis sur les march&#233;s, ce qui a augment&#233; leur transparence et diminu&#233; le risque syst&#233;mique ; mais de gros volumes continuent &#224; se n&#233;gocier de gr&#233; &#224; gr&#233;, dans l'opacit&#233;. Autrement dit, nous ne savons pas grand chose de l'exposition aux risques de nos plus grandes institutions financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;galement &#233;t&#233; mis un frein &#224; certaines pratiques pr&#233;datrices et discriminatoires en mati&#232;re de pr&#234;ts et &#224; certains exc&#232;s des &#233;metteurs de cartes de cr&#233;dit, mais les abus continuent. Les travailleurs pauvres sont trop souvent victimes de pr&#234;ts sur salaire &#224; des taux usuriers. Les banques dominantes continuent &#224; pr&#233;lever d'&#233;normes commissions sur les d&#233;bits et sur les transactions par l'interm&#233;diaire de cartes de cr&#233;dit, contraignant les commer&#231;ants &#224; payer ce service un montant plusieurs fois sup&#233;rieur &#224; ce qu'il serait sur un march&#233; v&#233;ritablement comp&#233;titif. Il s'agit tout simplement de taxes au b&#233;n&#233;fice d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s plut&#244;t que la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres probl&#232;mes sont en suspens - et certains se sont aggrav&#233;s. Le march&#233; du cr&#233;dit immobilier est encore moribond : le gouvernement garantit maintenant plus de 90% des pr&#234;ts, pourtant le gouvernement du pr&#233;sident Obama n'a pas propos&#233; un nouveau syst&#232;me qui assurerait l'existence d'un syst&#232;me de pr&#234;t immobilier &#224; un co&#251;t abordable. Le syst&#232;me financier est devenu encore plus concentr&#233;, exacerbant le probl&#232;me des banques qui sont non seulement trop grosses et trop interconnect&#233;es pour faire faillite, mais qui sont aussi difficiles &#224; g&#233;rer du fait de leur taille et sont trop importantes pour avoir &#224; rendre des comptes. Malgr&#233; les scandales qui se succ&#232;dent - du blanchiment d'argent et de la manipulation des march&#233;s &#224; la discrimination raciale pour accorder des pr&#234;ts et des saisies ill&#233;gales - aucun dirigeant important n'a eu &#224; rendre des comptes. Et quand il y a eu des amendes, elles ont &#233;t&#233; bien trop faibles, de crainte de mettre en danger des institutions d'importance syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agences de notation ont &#233;t&#233; poursuivies dans deux affaires d'ordre priv&#233;. Mais elles n'ont eu &#224; rembourser qu'une fraction des pertes qu'elles ont caus&#233;es. Pire encore, le probl&#232;me de fond - les agences sont pay&#233;es par les entreprises qu'elles notent - n'est pas r&#233;gl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banquiers se flattent d'avoir enti&#232;rement rembours&#233; &#224; l'Etat le montant des fonds de secours dont ils ont b&#233;n&#233;fici&#233;s quand la crise a &#233;clat&#233;. Mais ils oublient de dire que tout b&#233;n&#233;ficiaire d'un &#233;norme pr&#234;t de l'Etat &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t proche de z&#233;ro peut gagner des milliards en pr&#234;tant &#224; son tour cette somme &#224; l'Etat. De m&#234;me, ils &#233;vitent de mentionner le co&#251;t r&#233;sultant pour le reste de l'&#233;conomie - des pertes de production cumul&#233;es en Europe et aux USA qui d&#233;passent 5000 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui disaient que la politique mon&#233;taire ne suffirait pas ont eu raison. Certes, nous &#233;tions tous keyn&#233;siens - mais bien trop bri&#232;vement. La stimulation budg&#233;taire a fait place &#224; l'aust&#233;rit&#233;, avec des cons&#233;quences nuisibles pr&#233;visibles (et pr&#233;vues) sur l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains en Europe sont satisfaits de ce que l'&#233;conomie semble avoir atteint son niveau plancher. Avec le red&#233;marrage de la production, la r&#233;cession (d&#233;finie par deux trimestres cons&#233;cutifs de contraction de l'&#233;conomie) est officiellement termin&#233;e. Mais peut-on v&#233;ritablement dire qu'un pays dans lequel le revenu de la plupart des gens est inf&#233;rieur &#224; ce qu'il &#233;tait avant 2008 est sorti de la r&#233;cession ? Et un pays dans lequel le quart des travailleurs (et la moiti&#233; des jeunes) sont au ch&#244;mage (comme c'est le cas en Gr&#232;ce et en Espagne) est encore en d&#233;pression. L'aust&#233;rit&#233; a &#233;chou&#233; et le retour au plein emploi n'est pas pour demain (il n'est pas surprenant que la perspective soit moins sombre pour les USA o&#249; l'aust&#233;rit&#233; est moins marqu&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, on peut dire que le syst&#232;me financier est plus stable qu'il y a cinq ans, mais c'est mettre la barre tr&#232;s bas, car il vacillait alors au bord du pr&#233;cipice. Que ce soit dans les milieux gouvernementaux ou au sein du secteur financier, ceux qui s'auto-congratulent du retour &#224; la rentabilit&#233; des banques et des am&#233;liorations de la r&#233;glementation (arrach&#233;es de haute lutte) devraient se pencher davantage sur ce qui reste &#224; faire. Le verre n'est pas &#224; moiti&#233; plein, au mieux il est rempli au quart. Autrement dit pour la plupart des gens il est aux trois quart vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais pour &lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Project Syndicate&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Patrice Horovitz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/the-sluggish-pace-of-post-crisis-financial-reform-by-joseph-e--stiglitz/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. New York, le 8 octobre 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Dette souveraine argentine-USA : La victoire des vautours</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Dette-souveraine-argentine-USA-La-victoire-des-vautours</link>
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		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une cour d'appel usam&#233;ricaine a pris r&#233;cemment une d&#233;cision qui pourrait entra&#238;ner l'&#233;croulement du march&#233; mondial des dettes souveraines. Elle pourrait m&#234;me faire que les USA ne soient plus consid&#233;r&#233;s comme un lieu propice pour &#233;mettre de la dette souveraine. A tous le moins elle dissuade toute restructuration de dette dans le cadre des contrats habituels. Cette d&#233;cision s'oppose &#224; un principe de base du capitalisme moderne : quand un d&#233;biteur ne peut rembourser son cr&#233;ancier, il faut un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Dette-externe" rel="directory"&gt;Dette externe&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une cour d'appel usam&#233;ricaine a pris r&#233;cemment une d&#233;cision qui pourrait entra&#238;ner l'&#233;croulement du march&#233; mondial des dettes souveraines. Elle pourrait m&#234;me faire que les USA ne soient plus consid&#233;r&#233;s comme un lieu propice pour &#233;mettre de la dette souveraine. A tous le moins elle dissuade toute restructuration de dette dans le cadre des contrats habituels. Cette d&#233;cision s'oppose &#224; un principe de base du capitalisme moderne : quand un d&#233;biteur ne peut rembourser son cr&#233;ancier, il faut un nouveau d&#233;part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le probl&#232;me est apparu il y a une douzaine d'ann&#233;es quand l'Argentine n'a eu d'autre choix que de d&#233;valuer sa monnaie et de faire d&#233;faut sur sa dette. Sous le r&#233;gime en vigueur &#224; l'&#233;poque, le pays a &#233;t&#233; pris dans une spirale descendante brutale qui ressemble &#224; ce que connaissent aujourd'hui la Gr&#232;ce et d'autres pays europ&#233;ens. Le ch&#244;mage a fait alors un bond, tandis que l'aust&#233;rit&#233;, au lieu de permettre le retour &#224; l'&#233;quilibre budg&#233;taire, n'a fait qu'exacerber le ralentissement &#233;conomique. La d&#233;valuation et la restructuration de la dette ont donn&#233; de bons r&#233;sultats. Dans les ann&#233;es qui suivirent et jusqu'&#224; la crise financi&#232;re mondiale qui a &#233;clat&#233; en 2008, le taux de croissance du PIB de l'Argentine &#233;tait de 8% au moins, l'un des taux les plus &#233;lev&#233;s de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les anciens cr&#233;anciers ont b&#233;n&#233;fici&#233; de ce rebond. Faisant preuve d'innovation, l'Argentine a &#233;chang&#233; son ancienne dette contre une nouvelle (environ 30 cents contre un dollar ou un peu plus) et des obligations index&#233;es sur son PIB. Plus forte &#233;tait sa croissance, mieux &#233;taient rembours&#233;s ses anciens cr&#233;anciers. L'int&#233;r&#234;t du pays et celui de ses cr&#233;anciers allaient donc dans le m&#234;me sens : il leur fallait la croissance. C'&#233;tait l'&#233;quivalent d'une restructuration de la dette des entreprises am&#233;ricaines conform&#233;ment au &#171; Chapitre 11 &#187; : la dette est &#233;chang&#233;e contre des actions, les d&#233;tenteurs d'obligations devenant de nouveaux actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restructuration d'une dette suscite parfois des conflits entre les diff&#233;rentes parties. C'est pourquoi dans la plupart des pays il existe des lois sur la faillite et des tribunaux sp&#233;cialis&#233;s. Par contre ces m&#233;canismes d'arbitrage sont inexistants au niveau international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est arriv&#233; que les probl&#232;mes de dette se r&#232;glent par une intervention arm&#233;e, ainsi que cela s'est pass&#233; au 19&#176; si&#232;cle et au d&#233;but du 20&#176; aux d&#233;pens du Mexique, du V&#233;n&#233;zu&#233;la, de l'Egypte et de quantit&#233; d'autres pays. Apr&#232;s la crise argentine, l'administration du pr&#233;sident Georges W. Bush a &#233;mis un veto &#224; la cr&#233;ation d'un m&#233;canisme de restructuration des dettes souveraines. C'est pourquoi personne ne fait m&#234;me semblant de se lancer dans une restructuration qui serait &#233;quitable et efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral les pays pauvres sont en tr&#232;s mauvaise position pour n&#233;gocier avec les grands cr&#233;anciers multinationaux, fr&#233;quemment soutenus par leur gouvernement. Souvent les pays endett&#233;s sont soumis &#224; de telles pressions qu'ils font faillite au bout de quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes ont applaudi &#224; la tentative de l'Argentine d'&#233;viter cet aboutissement par une restructuration &#224; grande &#233;chelle accompagn&#233;e d'obligations li&#233;es &#224; la croissance de son PIB. Mais quelques fonds vautours - notamment le c&#233;l&#232;bre fonds sp&#233;culatif Elliott Management dirig&#233; par le milliardaire Paul E. Singer - ont vu dans la situation de l'Argentine l'occasion de r&#233;aliser d'&#233;normes profits aux d&#233;pens du peuple argentin. Ils ont achet&#233; les anciennes obligations pour une fraction de leur valeur nominale et ils ont ensuite utilis&#233; la justice pour essayer de contraindre l'Argentine &#224; leur verser 100 cents pour chaque dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Usam&#233;ricains ont vu comment les firmes financi&#232;res privil&#233;gient leur propre int&#233;r&#234;t plut&#244;t que celui du pays - et du monde. Les fonds vautours ont port&#233; la cupidit&#233; &#224; un niveau jamais atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur strat&#233;gie en justice se basait sur une clause contractuelle standard appel&#233;e pari passu destin&#233;e &#224; ce que tous les cr&#233;anciers soient trait&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re. Il est incroyable que la Cour d'appel am&#233;ricaine du second circuit de New-York &lt;a href=&#034;http://www.gpo.gov/fdsys/pkg/USCOURTS-ca2-12-00105&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;ait d&#233;cid&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;que du fait de cette clause, l'Argentine ayant enti&#232;rement rembours&#233; les cr&#233;anciers qui avaient accept&#233; la restructuration de la dette, elle devait en faire autant &#224; l'&#233;gard des fonds vautours. Si ce principe l'emporte, plus personne n'acceptera de restructuration de dette. Il n'y aura plus de nouveau d&#233;part - avec toutes les cons&#233;quences n&#233;fastes que cela implique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des crises li&#233;es &#224; l'endettement, on en fait souvent porter la responsabilit&#233; &#224; l'emprunteur : il a trop emprunt&#233;. Pourtant le cr&#233;ancier est lui aussi &#224; bl&#226;mer : il a trop pr&#234;t&#233;, et imprudemment. Il est suppos&#233; &#234;tre un expert en gestion et en &#233;valuation des risques ; en ce sens on devrait le tenir pour responsable. Le risque de d&#233;faut ou de restructuration d'une dette pousse le pr&#234;teur &#224; &#234;tre plus prudent dans ses d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;percussions de cette erreur de la justice pourraient se faire sentir fort longtemps. Quel pays en d&#233;veloppement soucieux de l'int&#233;r&#234;t &#224; long terme de ses citoyens va &#233;mettre des obligations dans le cadre du syst&#232;me financier am&#233;ricain, alors que les tribunaux des USA (comme tellement d'autres organes de leur syst&#232;me politique) privil&#233;gient les int&#233;r&#234;ts financiers particuliers plut&#244;t que l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays qui s'endettent seraient bien inspir&#233;s de ne pas inclure une clause de pari passu dans les futurs contrats de dette, surtout si ses cons&#233;quences ne sont pas sp&#233;cifi&#233;es. Ces contrats devraient &#233;galement comporter une clause d'action collective pour emp&#234;cher les fonds vautours de profiter abusivement des restructurations de dette. Quand une proportion suffisante de cr&#233;anciers accepte une restructuration (dans le cas de l'Argentine, cette proportion &#233;tait sup&#233;rieure &#224; 90%), les autres peuvent &#234;tre contraints de faire de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que le FMI, le minist&#232;re de la Justice am&#233;ricain et les ONG qui luttent contre la pauvret&#233; se sont tous oppos&#233;s aux fonds vautours est r&#233;v&#233;lateur. Mais la d&#233;cision de la Cour qui a manifestement fait peu de cas de leurs arguments est elle aussi r&#233;v&#233;latrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui dans les pays en d&#233;veloppement et dans les pays &#233;mergents en veulent aux pays avanc&#233;s ont d&#233;sormais une raison suppl&#233;mentaire pour cela, en raison d'une mondialisation organis&#233;e pour servir l'int&#233;r&#234;t des pays riches (en particulier celui de leur secteur financier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le prolongement de la crise financi&#232;re mondiale, la Commission d'experts des Nations unies sur les r&#233;formes du syst&#233;me mon&#233;taire et financier international a appel&#233; au d&#233;veloppement d'un syst&#233;me efficace et &#233;quitable pour restructurer les dettes souveraines. Il faut le cr&#233;er de toute urgence, ainsi que le montre la d&#233;cision tendancieuse et &#233;conomiquement dangereuse du tribunal am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par&lt;/strong&gt; : Patrice Horovitz&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/argentina-s-debt-and-american-courts-by-joseph-e--stiglitz/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Nueva York, le 15 septembre 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;* &lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt;, prix Nobel d'&#233;conomie et professeur &#224; l'Universit&#233; de Columbia, a &#233;t&#233; pr&#233;sident du Conseil des conseillers &#233;conomiques du pr&#233;sident Bill Clinton et a servi comme vice-pr&#233;sident et &#233;conomiste en chef de la Banque Mondiale.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title> &#171; La charade du libre &#233;change &#187; Joseph Stiglitz</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-charade-du-libre-echange-Joseph-Stiglitz</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Alors que rien, depuis son lancement il y a pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es, n'est sorti du Programme de Doha pour le d&#233;veloppement, un cycle de n&#233;gociations commerciales mondiales sous l'&#233;gide de l'Organisation mondiale du commerce, un autre round de n&#233;gociations est en pr&#233;paration. Cependant, cette fois, les n&#233;gociations ne se d&#233;rouleront pas sur une base multilat&#233;rale mondiale ; au lieu de cela, deux grands accords r&#233;gionaux &#8211; l'un transpacifique et l'autre transatlantique &#8211; doivent &#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Organismes-et-ONGs-de-domination" rel="directory"&gt;Organismes et ONGs de domination&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que rien, depuis son lancement il y a pr&#232;s d'une dizaine d'ann&#233;es, n'est sorti du &lt;a href=&#034;http://www.wto.org/english/tratop_e/dda_e/dda_e.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Programme de Doha pour le d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, un cycle de n&#233;gociations commerciales mondiales sous l'&#233;gide de l'Organisation mondiale du commerce, un autre round de n&#233;gociations est en pr&#233;paration. Cependant, cette fois, les n&#233;gociations ne se d&#233;rouleront pas sur une base multilat&#233;rale mondiale ; au lieu de cela, deux grands accords r&#233;gionaux &#8211; l'un transpacifique et l'autre transatlantique &#8211; doivent &#234;tre n&#233;goci&#233;s. Les prochains pourparlers sont-ils susceptibles d'avoir plus de succ&#232;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cycle de Doha a &#233;t&#233; torpill&#233; par le refus des &#201;tats-Unis de mettre fin &#224; leurs subventions agricoles &#8211; une condition&lt;i&gt; sine qua non&lt;/i&gt; pour tout v&#233;ritable cycle de d&#233;veloppement, &#233;tant donn&#233; que 70% de la population des pays en d&#233;veloppement d&#233;pend de l'agriculture, de mani&#232;re directe ou indirecte. La position am&#233;ricaine &#233;tait v&#233;ritablement &#224; couper le souffle, &#233;tant donn&#233; que l'OMC avait d&#233;j&#224; jug&#233; que les subventions accord&#233;es au coton am&#233;ricain &#8211; qui b&#233;n&#233;ficient &#224; moins de 25.000 riches agriculteurs &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.wto.org/english/tratop_e/dispu_e/cases_e/ds267_e.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#233;taient ill&#233;gales&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; . La r&#233;ponse de l'Am&#233;rique a &#233;t&#233; de corrompre le Br&#233;sil, qui avait d&#233;pos&#233; la plainte, pour le convaincre de ne pas poursuivre l'affaire, laissant sur le carreau des millions de pauvres cultivateurs de coton en Afrique subsaharienne et en Inde, qui souffrent de la baisse des prix en raison de la g&#233;n&#233;rosit&#233; de l'Am&#233;rique envers ses riches agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de cette histoire r&#233;cente, il semble maintenant clair que les n&#233;gociations visant &#224; cr&#233;er une zone de libre-&#233;change entre les Etats-Unis et l'Europe, et un autre entre les Etats-Unis et une grande partie du Pacifique (&#224; l'exception de la Chine), ne portent pas sur l'&#233;tablissement d'un v&#233;ritable syst&#232;me de libre-&#233;change. Au lieu de cela, l'objectif est un r&#233;gime commercial g&#233;r&#233; &#8211; g&#233;r&#233;, c'est &#224; dire qui sert les int&#233;r&#234;ts particuliers qui dominent depuis longtemps la politique commerciale occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques principes de base que ceux qui entament les discussions devront, on l'esp&#232;re, prendre &#224; c&#339;ur. Tout d'abord, tout accord commercial doit &#234;tre sym&#233;trique. Si, dans le cadre du &#171; Partenariat transpacifique &#187; (TPP), les Etats-Unis exige que le Japon &#233;limine ses subventions &#224; la production rizicole, les &#201;tats-Unis devraient, en retour, offrir d'&#233;liminer leurs propres subventions &#224; la production (et sur la consommation d'eau), non seulement sur le riz (qui est relativement peu important aux &#201;tats-Unis), mais aussi sur d'autres produits agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, aucun accord commercial ne devrait pas placer les int&#233;r&#234;ts commerciaux avant les int&#233;r&#234;ts nationaux plus larges, en particulier lorsque des questions non li&#233;es au commerce telles que la r&#233;gulation financi&#232;re et la propri&#233;t&#233; intellectuelle sont en jeu. L'accord commercial entre l'Am&#233;rique et le Chili, par exemple, emp&#234;che l'utilisation par le Chili des contr&#244;les de capitaux &#8211; m&#234;me si le Fonds mon&#233;taire international reconna&#238;t maintenant que &lt;a href=&#034;http://www.imf.org/external/np/pp/eng/2012/111412.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;les contr&#244;les de capitaux peuvent &#234;tre un instrument important de la politique macro-prudentielle&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres accords commerciaux ont &#233;galement insist&#233; sur la lib&#233;ralisation et la d&#233;r&#233;glementation financi&#232;res, quand la crise de 2008 aurait d&#251; nous apprendre que l'absence de r&#233;glementation ad&#233;quate peut mettre en p&#233;ril la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique. L'industrie pharmaceutique am&#233;ricaine, qui exerce un poids consid&#233;rable au sein du bureau du Repr&#233;sentant am&#233;ricain au Commerce (USTR), est parvenue &#224; refiler &#224; d'autres pays un r&#233;gime de propri&#233;t&#233; intellectuelle d&#233;s&#233;quilibr&#233;, qui, con&#231;u pour lutter contre les m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques, accorde davantage de valeur au profit qu'aux vies qui attendent d'&#234;tre sauv&#233;es. M&#234;me la Cour supr&#234;me am&#233;ricaine a d&#233;clar&#233; &#224; pr&#233;sent que le Bureau am&#233;ricain des Brevets est all&#233; trop loin en accordant des brevets sur les g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il doit y avoir un engagement de transparence. Or, ceux qui se lancent dans ces n&#233;gociations commerciales doivent &#234;tre pr&#233;venus : les Etats-Unis se sont engag&#233;s &#224; un &lt;i&gt;manque&lt;/i&gt; de transparence. Le bureau de l'USTR a &#233;t&#233; r&#233;ticent &#224; r&#233;v&#233;ler sa position de n&#233;gociation, m&#234;me aux membres du Congr&#232;s am&#233;ricain ; sur la base de ce qui a &#233;t&#233; divulgu&#233;, on peut comprendre pourquoi. Le bureau de l'USTR fait marche arri&#232;re sur des principes &#8211; par exemple, l'acc&#232;s aux m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques &#8211; que le Congr&#232;s avait ins&#233;r&#233;s dans des accords commerciaux pr&#233;c&#233;dents, comme celui avec le P&#233;rou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de la TPP, il y a une pr&#233;occupation suppl&#233;mentaire. L'Asie a d&#233;velopp&#233; une cha&#238;ne d'approvisionnement efficace, avec des marchandises qui passent facilement d'un pays &#224; l'autre au cours du processus de production de produits finis. Mais le TPP pourrait interf&#233;rer avec celle-ci si la Chine reste en dehors des n&#233;gociations commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisque les tarifs officiels sont d&#233;j&#224; tellement bas, les n&#233;gociateurs se concentreront surtout sur les obstacles non tarifaires &#8211; tels que les obstacles r&#233;glementaires. Mais le bureau de l'USTR, qui repr&#233;sente les int&#233;r&#234;ts des entreprises, poussera presque s&#251;rement pour le plus petit commun d&#233;nominateur, incitant un nivellement &lt;i&gt;vers le bas&lt;/i&gt; plut&#244;t que vers le haut. Par exemple, de nombreux pays ont adopt&#233; des dispositions fiscales et r&#233;glementaires qui d&#233;couragent les grosses voitures &#8211; non pas parce qu'ils essaient de discriminer les produits am&#233;ricains, mais parce qu'ils s'inqui&#232;tent de la pollution et de l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argument plus g&#233;n&#233;ral, &#233;voqu&#233; plus haut, est que les accords commerciaux mettent g&#233;n&#233;ralement les int&#233;r&#234;ts commerciaux avant les autres valeurs &#8211; le droit &#224; une vie en bonne sant&#233; et &#224; la protection de l'environnement, pour n'en nommer que deux. La France, par exemple, veut une &#171; exception culturelle &#187; dans les accords commerciaux qui lui permettrait de continuer &#224; soutenir ses films &#8211; qui b&#233;n&#233;ficient &#224; l'ensemble du monde. Ceci et d'autres valeurs plus larges devraient &#234;tre non n&#233;gociables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'ironie est que les avantages sociaux li&#233;s &#224; ces subventions sont &#233;normes, tandis que les co&#251;ts sont n&#233;gligeables. Peut-on vraiment croire qu'un film d'art fran&#231;ais repr&#233;sente une menace s&#233;rieuse pour un blockbuster de l'&#233;t&#233; hollywoodien ? Pourtant, la cupidit&#233; de Hollywood ne conna&#238;t aucune limite et les n&#233;gociateurs commerciaux am&#233;ricains ne font pas de quartiers. C'est pr&#233;cis&#233;ment pour cela que ces &#233;l&#233;ments doivent &#234;tre retir&#233;s de la table &lt;i&gt;avant&lt;/i&gt; le d&#233;but des n&#233;gociations. Sinon, on forcera les mains et il existe un risque r&#233;el qu'un accord puisse sacrifier les valeurs fondamentales pour les int&#233;r&#234;ts commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les n&#233;gociateurs cr&#233;aient un v&#233;ritable r&#233;gime de libre-&#233;change, mettant l'int&#233;r&#234;t public en avant et accordant au moins autant de poids au point de vue des citoyens ordinaires qu'&#224; celui des lobbyistes d'entreprise, je pourrais &#234;tre optimiste et penser que ce qui en sortira permettra de renforcer l'&#233;conomie et am&#233;liorer le bien-&#234;tre social. La r&#233;alit&#233;, cependant, est que nous avons un r&#233;gime commercial g&#233;r&#233; qui donne la priorit&#233; aux int&#233;r&#234;ts des entreprises et un processus de n&#233;gociation qui n'est ni d&#233;mocratique ni transparent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La probabilit&#233; que ce qui ressortira des discussions &#224; venir puisse servir les int&#233;r&#234;ts des Am&#233;ricains ordinaires est faible ; les perspectives pour les citoyens ordinaires des autres pays sont encore plus sombres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par&lt;/strong&gt; : Timoth&#233;e Demont&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/transatlantic-and-transpacific-free-trade-trouble-by-joseph-e--stiglitz/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Projet Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. New York, 21 juillet 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Vies contre profits &#187; Joseph E. Stiglitz</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La Cour Supr&#234;me des Etats-Unis vient d'entamer ses d&#233;lib&#233;rations sur une affaire qui met en lumi&#232;re une question profond&#233;ment probl&#233;matique concernant les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. La Cour doit r&#233;pondre &#224; la question suivante : les g&#234;nes humains &#8211; vos g&#232;nes &#8211; peuvent-ils &#234;tre brevet&#233;s ? En d'autres termes, quelqu'un peut-il essentiellement &#234;tre autoris&#233; &#224; d&#233;tenir le droit de, disons, tester si vous avez un ensemble de g&#232;nes qui implique que vous avez plus de 50% de probabilit&#233; de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Neoliberalisme" rel="directory"&gt;Capitalisme s&#233;nile&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Cour Supr&#234;me des Etats-Unis vient d'entamer ses d&#233;lib&#233;rations sur une affaire qui met en lumi&#232;re une question profond&#233;ment probl&#233;matique concernant les droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. La Cour doit r&#233;pondre &#224; la question suivante : les g&#234;nes humains &#8211; vos g&#232;nes &#8211; peuvent-ils &#234;tre brevet&#233;s ? En d'autres termes, quelqu'un peut-il essentiellement &#234;tre autoris&#233; &#224; d&#233;tenir le droit de, disons, tester si vous avez un ensemble de g&#232;nes qui implique que vous avez plus de 50% de probabilit&#233; de d&#233;velopper un cancer du sein ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour ceux qui sont &#233;trangers &#224; l'univers myst&#233;rieux du droit de la propri&#233;t&#233; intellectuelle, la r&#233;ponse semble &#233;vidente : Non. Vous &#234;tes le propri&#233;taire de vos g&#232;nes. Une entreprise peut d&#233;tenir, au mieux, la propri&#233;t&#233; intellectuelle sur son test g&#233;n&#233;tique ; et parce que la recherche et le d&#233;veloppement n&#233;cessaires au d&#233;veloppement de ce type de test peuvent entrainer un co&#251;t consid&#233;rable, l'entreprise pourrait &#224; juste titre faire payer le fait de le pratiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Myriad Genetics, une entreprise bas&#233;e dans l'Utah, pr&#233;tend &#224; plus que cela. Elle pr&#233;tend d&#233;tenir les droits sur tous les tests visant &#224; rechercher la pr&#233;sence des deux g&#232;nes associ&#233;s au cancer du sein &#8211; et a appliqu&#233; ce droit de mani&#232;re impitoyable, bien que leur test soit inf&#233;rieur &#224; un test que l'Universit&#233; Yale &#233;tait dispos&#233;e &#224; proposer &#224; un prix nettement inf&#233;rieur. Les cons&#233;quences ont &#233;t&#233; tragiques : un test approfondi et abordable qui identifie les patientes &#224; haut risque sauve des vies. Emp&#234;cher de tels tests co&#251;te des vies. Myriad est l'exemple parfait d'une corporation am&#233;ricaine pour laquelle le profit prend le dessus sur toute autre valeur, y compris celle de la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un cas particuli&#232;rement poignant. Normalement, les &#233;conomistes discutent de compensations : des droits de propri&#233;t&#233; plus faibles, dit-on, seraient un frein &#224; l'innovation. L'ironie ici est que la d&#233;couverte de Myriad aurait de toute fa&#231;on &#233;t&#233; faite, compte tenu des efforts internationaux mis en &#339;uvre, et financ&#233;s par des fonds publics, pour d&#233;coder l'ensemble du g&#233;nome humain qui a &#233;t&#233; une remarquable avanc&#233;e des sciences modernes. Les b&#233;n&#233;fices sociaux de la d&#233;couverte ant&#233;rieure de Myriad ont &#233;t&#233; minimis&#233;s par les co&#251;ts impos&#233;s par son impitoyable recherche de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, on admet aujourd'hui que l'actuel syst&#232;me des brevets impose des co&#251;ts sociaux cons&#233;quents, et ne contribue pas &#224; tirer le meilleur parti de l'innovation &#8211; comme le d&#233;montrent les brevets de Myriad li&#233;s &#224; la g&#233;n&#233;tique. Car apr&#232;s tout, Myriad n'a pas invent&#233; les technologies utilis&#233;es pour analyser les g&#232;nes. Si ces technologies avaient &#233;t&#233; brevet&#233;es, Myriad n'aurait peut-&#234;tre pas &#233;t&#233; en mesure de r&#233;aliser sa d&#233;couverte. Et le contr&#244;le &#233;troit de ses brevets a frein&#233; le d&#233;veloppement par d'autres de tests meilleurs et plus fiables pour la recherche de ce g&#232;ne. Le probl&#232;me est simple : Toute recherche est bas&#233;e sur des recherches ant&#233;rieures. Un syst&#232;me de brevet mal con&#231;u &#8211; tel que le n&#244;tre &#8211; peut freiner la poursuite des recherches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la raison pour laquelle nous n'autorisons pas de brevets dans la recherche math&#233;matique fondamentale. Et c'est pourquoi la recherche d&#233;montre que breveter les g&#232;nes limite la production de nouvelles connaissances en mati&#232;re g&#233;n&#233;tique : la plus importante contribution &#224; la production de nouvelles connaissances est la connaissance ant&#233;rieure, &#224; laquelle les brevets freinent l'acc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, ce qui motive les avanc&#233;es les plus significatives en mati&#232;re de connaissances n'est pas le profit, mais la propre poursuite de la connaissance. Cela est vrai de toutes les d&#233;couvertes et innovations transformatives &#8211; l'ADN, les transistors, les lasers, l'Internet, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une toute autre affaire juridique am&#233;ricaine a mis en lumi&#232;re l'un des principaux dangers du monopole induit par les brevets : la corruption. Dans la mesure o&#249; les prix exc&#232;dent largement les co&#251;ts de production, de consid&#233;rables profits peuvent &#234;tre obtenus en persuadant les pharmacies, les h&#244;pitaux, ou les m&#233;decins de se fournir chez vous plut&#244;t qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le procureur du district sud de la ville de New York a r&#233;cemment accus&#233; le g&#233;ant pharmaceutique suisse Novartis de faire exactement la m&#234;me chose en donnant ill&#233;galement des dessous de table, honoraires, et autres b&#233;n&#233;fices aux m&#233;decins &#8211; soit exactement ce qu'il avait promis de ne pas faire &#224; la suite d'une affaire similaire qui remonte &#224; trois ans. Public Citizen, une association de consommateurs am&#233;ricaine a en effet calcul&#233; que rien qu'aux Etats-Unis, l'industrie pharmaceutique a pay&#233; des milliards de dollars en cons&#233;quences de d&#233;cisions de justice et d'accords financiers entre les firmes pharmaceutiques et les gouvernements d'&#233;tats et f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les Etats-Unis et les pays avanc&#233;s font pression pour un renforcement des r&#233;gimes de la propri&#233;t&#233; intellectuelle partout dans le monde. De tels r&#233;gimes vont limiter l'acc&#232;s des pays pauvres &#224; la connaissance dont ils ont besoin pour leur d&#233;veloppement &#8211; et priver de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques salvateurs les centaines de millions de personnes qui n'ont pas les moyens de payer les prix impos&#233;s par le monopole des firmes pharmaceutiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette question est d'ailleurs &#226;prement discut&#233;e dans le cadre des n&#233;gociations continues de l'Organisation Mondiale du Commerce. L'accord de propri&#233;t&#233; intellectuelle de l'OMC, l'ADPIC (TRIPS en anglais, ndt) avait &#224; l'origine pr&#233;vu une extension de &#171; flexibilit&#233;s &#187; pour les 48 pays les moins d&#233;velopp&#233;s dont le revenu annuel par habitant est inf&#233;rieur &#224; 800 dollars. L'accord original para&#238;t remarquablement clair : l'OMC devra &#233;tendre ces &#171; flexibilit&#233;s &#187; &#224; la demande des pays les moins d&#233;velopp&#233;s. Mais alors que ces pays ont fait la demande de ces &#171; flexibilit&#233;s &#187;, les Etats-Unis et l'Europe semblent h&#233;sitants &#224; les obliger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits de la propri&#233;t&#233; intellectuelle sont des r&#232;gles que nous cr&#233;ons &#8211; et qui sont suppos&#233;es am&#233;liorer le bien-&#234;tre social. Mais les r&#233;gimes de propri&#233;t&#233; intellectuelle d&#233;s&#233;quilibr&#233;s m&#232;nent &#224; des inefficacit&#233;s &#8211; comme les profits obtenus par monopole et une incapacit&#233; &#224; maximiser l'utilisation des connaissances &#8211; qui freinent le rythme de l'innovation. Et comme le d&#233;montre le cas Myriad, ils peuvent aussi entrainer la perte de vies humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de propri&#233;t&#233; intellectuelle usam&#233;ricain &#8211; et le r&#233;gime que les Etats-Unis sont parvenus &#224; imposer au reste du monde avec l'accord ADPIC &#8211; est d&#233;s&#233;quilibr&#233;. Nous devrions tous esp&#233;rer que par sa d&#233;cision dans l'affaire Myriad, la Cour Supr&#234;me contribuera &#224; la cr&#233;ation d'un cadre plus sensible et plus humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt; pour &lt;i&gt;Project Syndicate&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'anglais par&lt;/strong&gt; : Fr&#233;d&#233;rique Destribats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.project-syndicate.org/commentary/the-myriad-problems-of-intellectual-property-by-joseph-e--stiglitz/french&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Project Syndicate&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. New York, le 6 mai 2013.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Joseph Stiglitz : Que nous r&#233;serve 2011 ? </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Joseph-Stiglitz-Que-nous-reserve-2011</link>
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		<dc:date>2011-01-06T10:52:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;conomie globale termine l'ann&#233;e 2010 plus divis&#233;e qu'en d&#233;but d'ann&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, les pays avec des march&#233;s &#233;mergents comme l'Inde, la Chine et les &#233;conomies du Sud-est Asiatique exp&#233;rimentant une forte croissance. De l'autre c&#244;t&#233;, l'Europe et les &#201;tats-Unis affrontent une r&#233;cession &#8211; en fait, un malaise de style japonais &#8211; et un ch&#244;mage persistent &#233;lev&#233;. Le probl&#232;me dans les pays &#171; avanc&#233;s &#187; n'est pas une reprise sans emploi, mais une reprise an&#233;mique. Ou pire, la possibilit&#233; d'une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;conomie globale termine l'ann&#233;e 2010 plus divis&#233;e qu'en d&#233;but d'ann&#233;e. D'un c&#244;t&#233;, les pays avec des march&#233;s &#233;mergents comme l'Inde, la Chine et les &#233;conomies du Sud-est Asiatique exp&#233;rimentant une forte croissance. De l'autre c&#244;t&#233;, l'Europe et les &#201;tats-Unis affrontent une r&#233;cession &#8211; en fait, un malaise de style japonais &#8211; et un ch&#244;mage persistent &#233;lev&#233;. Le probl&#232;me dans les pays &#171; avanc&#233;s &#187; n'est pas une reprise sans emploi, mais une reprise an&#233;mique. Ou pire, la possibilit&#233; d'une r&#233;cession &#224; double d&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce monde &#224; deux voies pr&#233;sente quelques risques inhabituels. Tandis que la production &#233;conomique de l'Asie est trop petite pour pousser la croissance dans le reste de monde, elle peut suffire &#224; faire monter les prix des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, les efforts de la part des &#201;tats-Unis pour stimuler leur &#233;conomie &#224; travers la politique du &#171; &lt;i&gt;quantitative easing&lt;/i&gt; &#187; (planche &#224; billets) peuvent &#233;chouer. Apr&#232;s tout, sur les march&#233;s financiers globalis&#233;s, l'argent cherche les meilleures perspectives dans le monde entier, et ces perspectives sont en Asie, non aux &#201;tats-Unis. De mani&#232;re que l'argent n'ira pas l&#224; o&#249; on en a besoin, et une grande partie de cet argent finira l&#224; o&#249; on n'en veut pas, causant de plus fortes augmentations sur les prix des actifs et des mati&#232;res premi&#232;res, sp&#233;cialement dans les march&#233;s &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu les niveaux &#233;lev&#233;s du ch&#244;mage en Europe et aux &#201;tats-Unis, il est peu probable que le &#171; &lt;i&gt;quantitative easing &#187;&lt;/i&gt; engendre une pouss&#233;e d'inflation. Cela pourrait en revanche faire cro&#238;tre l'inqui&#233;tude sur la future inflation , d&#233;rivant en taux d'int&#233;r&#234;t &#224; long terme plus &#233;lev&#233;s , pr&#233;cis&#233;ment le contraire de l'objectif de la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'unique risque d'impact n&#233;gatif, ni m&#234;me le plus important qu'affronte l'&#233;conomie globale. La plus grande menace surgit de la vague d'aust&#233;rit&#233; qui balaye le monde, tandis que les gouvernements, particuli&#232;rement en Europe font face &#224; d'importants d&#233;ficits provoqu&#233;s par la Grande R&#233;cession et tandis que l'inqui&#233;tude sur la capacit&#233; de quelques pays &#224; honorer le paiement de leur dette, participe &#224; l'instabilit&#233; des march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat d'une consolidation fiscale pr&#233;matur&#233;e est presque annonc&#233; : la croissance va baisser, les revenus fiscaux diminueront et la r&#233;duction des d&#233;ficits sera d&#233;cevante. Et, dans notre monde globalement int&#233;gr&#233;, la d&#233;c&#233;l&#233;ration en Europe exacerbera la d&#233;c&#233;l&#233;ration aux &#201;tats-Unis, et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une situation o&#249; les &#201;tats-Unis peuvent emprunter &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t bas sans pr&#233;c&#233;dent, et face &#224; la promesse de b&#233;n&#233;fices &#233;lev&#233;s pour les investissements publics apr&#232;s une d&#233;cennie de n&#233;gligence, ce qu'il faudrait faire est clair. Un programme d'investissements publics &#224; grande &#233;chelle stimulerait l'emploi &#224; court terme, et la croissance &#224; long terme, ce qui aboutirait &#224; une dette nationale moindre. Mais les march&#233;s financiers ont d&#233;montr&#233; leur myopie dans les ann&#233;es qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la crise, et ils recommencent &#224; l'&#234;tre, en faisant pression pour que des coupes dans les d&#233;penses soient r&#233;alis&#233;es, m&#234;me si cela implique de r&#233;duire nettement les investissements publics n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'obstruction politique fait en sorte que peu est fait &#224; propos des autres probl&#232;mes pressants que l'&#233;conomie am&#233;ricaine a devant elle : les ex&#233;cutions hypoth&#233;caires se poursuivent probablement avec toute leur furie (laissant de c&#244;t&#233; les complications l&#233;gales) ; il est probable que les petites et les moyennes entreprises restent priv&#233;es de fonds, et il est possible que les petites et moyennes banques qu'ils leur proposent traditionnellement des cr&#233;dits continuent de lutter pour survivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, pendant ce temps, il est peu probable que les choses aillent mieux. L'Europe a finalement r&#233;ussi &#224; sortir du sauvetage de la Gr&#232;ce et de l'Irlande. A la veille de la crise, les deux pays &#233;taient r&#233;gis par des gouvernements de droite marqu&#233;s par le capitalisme de connivence ou pire, ce qui d&#233;montrait encore une fois que l'&#233;conomie de libre march&#233; ne fonctionnait pas mieux en Europe qu'aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, comme aux &#201;tats-Unis, le travail de nettoyage du d&#233;sordre est retomb&#233; sur un nouveau gouvernement. Comme il fallait s'y attendre, le Gouvernement irlandais qui a encourag&#233; un pr&#234;t bancaire imprudent et la cr&#233;ation d'une bulle immobili&#232;re n'a pas &#233;t&#233; plus apte &#224; g&#233;rer l'&#233;conomie apr&#232;s la crise qu'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En laissant la politique de c&#244;t&#233;, les bulles immobili&#232;res laissent apr&#232;s elles un legs de dette et de surcapacit&#233; productive sur le march&#233; de l'immobilier que l'on ne peut pas facilement rectifier, surtout quand des banques soutenues politiquement refusent de restructurer les hypoth&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon avis, essayer de discerner les perspectives &#233;conomiques pour 2011 n'est pas une question particuli&#232;rement int&#233;ressante : la r&#233;ponse est sombre, avec un faible potentiel &#224; la hausse et beaucoup de risque baissier. Plus important est : combien de temps cela prendra t-il &#224; l'Europe et aux &#201;tats-Unis de se redresser et les &#233;conomies de l'Asie apparemment d&#233;pendantes des exportations peuvent elles continuer &#224; grandir si leurs march&#233;s historiques languissent ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon meilleur pari est que ces pays maintiendront une croissance rapide &#224; condition qu'ils orientent leur focus &#233;conomique vers leurs march&#233;s internes, vastes et inexplor&#233;s. Cela exigera une refonte profonde de leur &#233;conomie, mais la Chine et l'Inde sont dynamiques et ont donn&#233; des preuves de r&#233;silience dans leur r&#233;ponse &#224; la Grande R&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne suis pas aussi optimiste au sujet de l'Europe et des EU. Dans les deux cas, le probl&#232;me sous-jacent est une demande totale insuffisante. L'ironie maximale est qu'existent simultan&#233;ment une capacit&#233; productive excessive, de grands besoins insatisfaits et des politiques qui pourraient restaurer la croissance si elles utilisaient cette capacit&#233; pour satisfaire les besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les &#201;tats-Unis et l'Europe doivent adapter leurs &#233;conomies pour faire face aux d&#233;fis du r&#233;chauffement climatique. Il y a des politiques faisables qui fonctionneraient dans un contexte de limitations budg&#233;taires &#224; long terme. Le probl&#232;me est la politique : aux &#201;tats-Unis, le Parti R&#233;publicain pr&#233;f&#233;rerait voir &#233;chouer le pr&#233;sident Barack Obama qu'&#234;tre t&#233;moin d'un succ&#232;s &#233;conomique. En Europe, 27 pays avec des int&#233;r&#234;ts et des perspectives divers, tirent dans diff&#233;rentes directions, sans assez de solidarit&#233; pour compenser cela. Les plans de sauvetage sont, de ce point de vue, d'impressionnants succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe et aux &#201;tats-Unis, l'id&#233;ologie de &lt;i&gt;libre march&#233;&lt;/i&gt; qui a permis que grandissent de mani&#232;re incontr&#244;l&#233;e les bulles d'actifs&#8211; les march&#233;s savent toujours plus, de m&#234;me que le gouvernement ne doit pas intervenir &#8211; maintenant lie les mains des responsables pour formuler les politiques &#224; l'heure d'articuler des r&#233;ponses effectives &#224; la crise. On aurait pu penser que la crise elle-m&#234;me attaquerait la confiance en cette id&#233;ologie. Au contraire, elle est revenue &#224; la surface pour tirer les gouvernements et les &#233;conomies vers le puits de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la politique est le probl&#232;me en Europe et aux &#201;tats-Unis, seuls des changements politiques pourront les remettre sur le sentier de la croissance. Dans le cas contraire, ils peuvent attendre jusqu'&#224; ce que la menace de surcapacit&#233; productive diminue, que les biens de production deviennent obsol&#232;tes et que les forces restauratrices internes de l'&#233;conomie jouent de leur magie. Dans n'importe quel cas, la victoire n'est pas au coin de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de &lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#169; Joseph Stiglitz&lt;/strong&gt;, Janvier 211&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lavanguardia.es/20110102/54096537634/que-nos-depara-el-2011.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;La Vanguardia&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Espagne, 4 janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L80xH15/80x15-d9728e26-dd5e3.png?1711643473' width='80' height='15' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#034;Faites ce que nous avons fait, pas ce que nous disons&#034; Joseph E. Stiglitz</title>
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		<dc:date>2003-12-29T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Joseph Stiglitz *</dc:creator>



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&lt;p&gt;De nos jours, &#224; de nombreux march&#233;s &#233;mergents, depuis l'Indon&#233;sie jusqu'au Mexique, on dit qu'il existe un certain code de conduite auquel ils doivent se soumettre s'ils veulent avoir du succ&#232;s. Le message est clair : ceci est ce qu'ils font et ce qu'ont fait les pays industrialis&#233;s avanc&#233;s. Si tu veux te joindre au club, tu dois faire la m&#234;me chose. Les r&#233;formes seront p&#233;nibles, des int&#233;r&#234;ts personnels s'opposeront, mais, avec une volont&#233; politique suffisante, vous serez capables de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Empire-et-Resistance" rel="directory"&gt;Empire et R&#233;sistance&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nos jours, &#224; de nombreux march&#233;s &#233;mergents, depuis l'Indon&#233;sie jusqu'au Mexique, on dit qu'il existe un certain code de conduite auquel ils doivent se soumettre s'ils veulent avoir du succ&#232;s. Le message est clair : ceci est ce qu'ils font et ce qu'ont fait les pays industrialis&#233;s avanc&#233;s. Si tu veux te joindre au club, tu dois faire la m&#234;me chose. Les r&#233;formes seront p&#233;nibles, des int&#233;r&#234;ts personnels s'opposeront, mais, avec une volont&#233; politique suffisante, vous serez capables de r&#233;colter des b&#233;n&#233;fices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque pays &#233;labore une liste de ce qu'il faut faire et chaque Gouvernement est responsable des r&#233;sultats qu'il obtient. Dans tous les pays, l'&#233;quilibre budg&#233;taire et le contr&#244;le de l'inflation figurent parmi les priorit&#233;s, tout comme les r&#233;formes structurelles. Par exemple, dans le cas du Mexique, la lib&#233;ralisation de l'industrie &#233;lectrique, que la Constitution mexicaine r&#233;serve au Gouvernement, s'est transform&#233;e en r&#233;forme structurelle qu'exige maintenant l'Occident. C'est pourquoi, les analystes - j'oserais dire de mani&#232;re futile - applaudissent le Mexique par leurs avances dans le contr&#244;le du budget et de l'inflation, bien qu'ils le critiquent par leur manque de progr&#232;s dans la r&#233;forme du secteur &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant quelqu'un qui a &#233;t&#233; intimement li&#233; &#224; l'&#233;laboration des politiques &#233;conomiques aux Etats-Unis, la divergence entre les politiques que promeuvent les Etats Unis dans les pays en d&#233;veloppement et celles qu'ils pratiquent en r&#233;alit&#233; dans leur territoire m'a toujours impression&#233;. Mais les Etats Unis ne sont pas seuls : la majorit&#233; des pays d&#233;velopp&#233;s ou en voie de d&#233;veloppement poursuivent des politiques &#034;h&#233;r&#233;tiques&#034; semblables. (y compris la France NDLR)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, les deux principaux partis politiques des Etats-Unis acceptent maintenant la notion selon laquelle, quand un pays se trouve en r&#233;cession, ce n'est pas seulement autorisable, mais y aussi d&#233;sirable, d'avoir du d&#233;ficit. Toutefois, partout dans le monde on dit aux pays en d&#233;veloppement que leurs banques centrales devraient exclusivement s'adapter &#224; la stabilit&#233; des prix. La Banque Centrale am&#233;ricaine, la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale, a le mandat d'&#233;quilibrer la croissance, l'emploi et l'inflation, une obligation qui dispose de l'appui populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les partisans du libre march&#233; l&#232;vent un mur contre la politique industrielle, aux Etats Unis le Gouvernement soutient activement les nouvelles technologies, et il le fait depuis tr&#232;s longtemps. La premi&#232;re ligne t&#233;l&#233;graphique a &#233;t&#233; construite entre Baltimore et Washington en 1842 par le Gouvernement f&#233;d&#233;ral am&#233;ricain. Internet, qui a tant chang&#233; l'&#233;conomie actuelle, a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; par les militaires des Etats Unis. Une grande partie de l'avance technologique &#233;tasunienne actuelle est bas&#233;e sur la recherche en biotechnologie ou la d&#233;fense financ&#233;s par le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re &#233;gale, tandis qu'ont dit &#224; de nombreux pays qu'ils privatisent la s&#233;curit&#233; sociale, les Etats-Unis disposent d'un efficace syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale public (avec des co&#251;ts de transaction plus bon march&#233; que les pensions priv&#233;es) et les utilisateurs se montrent r&#233;ceptifs &#224; ce syst&#232;me puisqu'il a jou&#233; un r&#244;le fondamental pour d&#233;raciner presque compl&#232;tement la pauvret&#233; parmi les personnes &#226;g&#233;es du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale am&#233;ricaine fasse face actuellement &#224; un probl&#232;me de financement insuffisant, la m&#234;me chose se produit &#224; pour une grande partie des programmes priv&#233;s de pensions. Et le syst&#232;me public de pensions a fourni une plus grande certaine s&#233;curit&#233; - face &#224; l'inflation et les caprices de la Bourse - que le march&#233; du secteur priv&#233; n'a pas vraiment offert jusqu'&#224; pr&#233;sent la.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;vident, beaucoup d'aspects de la politique &#233;conomique des Etats Unis contribuent de mani&#232;re significative au succ&#232;s de ce pays, m&#234;me si peu sont mentionn&#233;s dans les d&#233;bats autour des strat&#233;gies de d&#233;veloppement. Pendant plus d'un si&#232;cle, les Etats Unis ont eu des lois antitrust strictes, qui ont d&#233;racin&#233; les monopoles priv&#233;s dans beaucoup de secteurs, comme celui du p&#233;trole. Sur quelques march&#233;s &#233;mergents, les monopoles dans le secteur des t&#233;l&#233;communications freinent le d&#233;veloppement d'Internet et la croissance &#233;conomique cons&#233;quente. Dans d'autres, les monopoles du march&#233; d&#233;pouillent les pays des avantages de la concurrence internationale, tout comme les monopoles du ciment qui augmentent de mani&#232;re manifeste le prix de la construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Gouvernement am&#233;ricain a jou&#233; de m&#234;me un important r&#244;le dans le d&#233;veloppement des march&#233;s financiers du pays, en offrant des cr&#233;dits directement aux entreprises ou par le biais de compagnies avec parrainage gouvernemental, &#224; travers des garanties partielles d'un quart ou plus de tous les pr&#234;ts. Fannie Mae, un organisme cr&#233;&#233; par le Gouvernement responsable d'accorder des hypoth&#232;ques &#224; la classe moyenne am&#233;ricaine, a contribu&#233; &#224; r&#233;duire les co&#251;ts hypoth&#233;caires et a jou&#233; un important r&#244;le au moment de transformer les Etats Unis en un pays avec le plus important pourcentage de propri&#233;taires de logements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Agence F&#233;d&#233;rale pour le D&#233;veloppement de la Petite Entreprise a fourni du capital pour aider aux petites entreprises, dont certaine, comme Express F&#233;d&#233;ral, ont grandi jusqu'&#224; se transformer grandes compagnies qui produisent milliers de postes de travail. De nos jours, les pr&#234;ts qu'accorde le Gouvernement f&#233;d&#233;ral aux &#233;tudiants sont fondamentaux pour garantir l'acc&#232;s de tous les Am&#233;ricains &#224; l'&#233;ducation universitaire ; tout comme durant des ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, le financement du Gouvernement a contribu&#233; &#224; ce que tous les Am&#233;ricains puissent profiter de la fourniture de &#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Occasionnellement, les Etats Unis ont essay&#233; d'exp&#233;rimenter l'id&#233;ologie de libre march&#233; et la lib&#233;ralisation, quelques fois avec des effets d&#233;sastreux. La lib&#233;ralisation des associations d'&#233;pargne et pr&#234;ts men&#233;e &#224; bien par le pr&#233;sident Ronald Reagan a produit une n&#233;faste vague d'erreurs bancaires qui a co&#251;t&#233; aux contribuables am&#233;ricains plusieurs centaines de milliers de millions de dollars et a contribu&#233; &#224; la r&#233;cession &#233;conomique de 1991.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tous ceux qui vivent au Mexique, en Indon&#233;sie, au Br&#233;sil, en Inde et dans d'autres march&#233;s &#233;mergents, on devrait leur donner une consigne diff&#233;rente : ne combattez pas pour l'&#233;conomie mythique du libre march&#233;, qui n'a jamais exist&#233;. Ne faites pas l'&#233;loge des compagnies am&#233;ricaines, ni dans le cadre patronal ni dans le financier, parce que, m&#234;me s'ils pr&#234;chent le libre march&#233;, &#224; la maison ils font poser leur confiance sur le Gouvernement des Etats Unis pour avancer dans leurs objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, les &#233;conomies en voie de d&#233;veloppement devraient pr&#234;ter attention non &#224; ce que disent les Etats Unis, mais &#224; ce qu'ils ont fait pendant des ann&#233;es o&#249; se sont &#233;rig&#233;s en puissance industrielle et &#224; ce qu'ils font de nos jours. Il existe une similitude claire entre ces politiques et les mesures activistes effectu&#233;es par les &#233;conomies triomphantes de l'est de l'Asie pendant les deux derni&#232;res d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Joseph E. Stiglitz&lt;/strong&gt; est Prix Nobel d'&#201;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Pa&#237;s&lt;/strong&gt;. Madrid, 17 d&#233;cembre le 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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