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		<title>&#034;Le Manuel&#034; ou &#034;Plan Organisatif&#034; du parfait coup d'&#201;tat en Amerique latine, s'exporte bien.</title>
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		<dc:date>2003-10-04T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>H&#233;ctor Arenas</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#034;Le Manuel&#034; ou &#034;Plan Organisatif&#034; de la cha&#238;ne d'&#233;v&#232;nements qui m&#232;ne au parfait coup d'&#201;tat en Am&#233;rique Latine fut &#233;labor&#233; par une &#233;quipe de sociologues et de psychologues sociaux aux &#201;tats-Unis, &#224; la demande de leurs organismes d'intelligence. &lt;br class='autobr' /&gt; Selon toute probabilit&#233;, ce fut un sous-produit de la d&#233;route du corps exp&#233;ditionnaire organis&#233; par la CIA, &#224; la Baie des Cochons, &#224; Cuba. Auparavant, la doctrine golpiste en usage montrait la convenance d'une invasion par un corps militaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Terrorismo-de-Estado" rel="directory"&gt;Terrorisme d'Etat&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#034;Le Manuel&#034; ou &#034;Plan Organisatif&#034; de la cha&#238;ne d'&#233;v&#232;nements qui m&#232;ne au parfait coup d'&#201;tat en Am&#233;rique Latine fut &#233;labor&#233; par une &#233;quipe de sociologues et de psychologues sociaux aux &#201;tats-Unis, &#224; la demande de leurs organismes d'intelligence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon toute probabilit&#233;, ce fut un sous-produit de la d&#233;route du corps exp&#233;ditionnaire organis&#233; par la CIA, &#224; la Baie des Cochons, &#224; Cuba. Auparavant, la doctrine golpiste en usage montrait la convenance d'une invasion par un corps militaire organis&#233;, arm&#233; et instruit ad hoc, &#224; la fa&#231;on de l'arm&#233;e, avec laquelle le Colonel Castillo Armas renversa le Gouvernement d&#233;mocratique de Juan Jose Arevalo, au Guatemala en 1954, inaugurant un demi-si&#232;cle de terreur et d'assassinats de civils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En divers pays d'Am&#233;rique Latine - depuis l'Argentine et le Chili en passant par l'Equateur et le Venezuela, incluant les pays d'Am&#233;rique Centrale et le Mexique - on connut publiquement dans la d&#233;cade des ann&#233;es 60 le recrutement d'intellectuels universitaires ayant de l'exp&#233;rience dans l'&#233;laboration de rapports et d'enqu&#234;tes (au Venezuela on engagea une &#233;tude - bidon - au CEDES). Ces &#233;tudes provoqu&#232;rent une connaissance &#233;lev&#233;e des caract&#233;ristiques psychosociales des peuples latino am&#233;ricains et de logistique de leurs comportements. &#034;Le Manuel&#034; encore en usage, utilisait par cons&#233;quent des &#233;l&#233;ments de leur propre idiosyncratie (par exemple, leur esprit de groupe ou Don Quichotes ), ainsi que leurs faiblesses et leur profil psychologique (leur vision du machisme, certaines peines ou hontes devant le groupe, particuli&#232;rement celui des femmes, etc.) pour atteindre leur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; ce &lt;i&gt;Manuel&lt;/i&gt;, il exista d'autres documents qui structuraient des r&#233;ponses pour d'autres situations, telles les gu&#233;rillas ou les guerres prolong&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les lignes directrices du Manuel sont les suivantes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.&lt;/strong&gt; L'objectif ultime du Plan conspiratif est d'obtenir l'adh&#233;sion d'un segment du Haut Commandement des Forces Arm&#233;es pour l'utiliser contre un Gouvernement d&#233;saffect&#233;, afin de faire assassiner la direction et les politiciens d'inspiration populaire du pays dont il s'agit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas de gagner la base sociale ou la majorit&#233; &#233;lectorale, mais d'articuler des forces qui ouvrent un espace social et de conscience pour l'utilisation des Forces Arm&#233;es &#224; l'encontre de leur propre peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.&lt;/strong&gt; Il s'agit d'une vision de la lutte sociopolitique que l'on visualise comme une guerre, laquelle se d&#233;noue, en accord avec &#034;Le Manuel&#034;, &#224; partir de l'utilisation de corporations patronales, de syndicats et de groupes militants des couches moyennes, en butte &#224; une gouvernement l&#233;gitime. Au moment de sa construction, cette approche &#233;tait en consonnance avec les craintes et l'id&#233;ologie de la guerre froide, et que l'on continue d'appliquer au pr&#233;sent, malgr&#233; les vacillations dans son application dans les p&#233;riodes des pr&#233;sidents Carter et Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.&lt;/strong&gt; Le Plan de D&#233;stabilisation ou du Coup, selon ce qui a &#233;t&#233; appliqu&#233;, d&#233;bute avec la constitution, de la part du d&#233;partement d'Etat, de deux &#233;quipes ou &#034;task forces&#034; responsables &#224; la fois de deux voies ou &lt;i&gt;suivies&lt;/i&gt; d'actions et de t&#226;ches. Ces &#233;quipes sont interreli&#233;es au niveau d'une direction pour l'action politique dans le pays en question. En g&#233;n&#233;ral, celui qui dirige les op&#233;rations est l'ambassadeur, mais on connait des cas, comme celui du Chili dans les ann&#233;es 70, dans lequel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;la direction fut exerc&#233;e directement par le secr&#233;taire d'Etat Henry Kissinger, et coordonn&#233;e localement par un fonctionnaire d'un moindre rang dans l'ambassade. Cela permit de mieux tromper le Gouvernement d'Allende, lequel &#233;tait confiant dans la rectitude d'un ambassadeur ami, sans s'imaginer que ce dernier, aussi, p&#251;t avoir &#233;t&#233; d&#233;sinform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;4.&lt;/strong&gt; La premi&#232;re de ces &#233;quipes ou groupe de travail est,en g&#233;n&#233;ral, charg&#233;e de structurer les m&#233;canismes et les &#233;v&#232;nements du milieu politique (promotion de leaders, structuration et renforcement de nouveaux et de vieux partis, r&#233;alisation d'alliances, initiatives politiques locales et internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;5.&lt;/strong&gt; La seconde &#233;quipe se charge de la captation des secteurs golpistes civils et militaires, incluant lesders et individualit&#233;s achetables, influencables ou pouvant &#234;tre soumises au chantage, de partis oppositeurs, et m&#234;me du secteur populaire. Parall&#232;lement, on s'occupe du paiement &#224; des journalistes v&#233;naux et au maintient financier des journaux, des radios et des canaux de t&#233;l&#233;vision, de l'&#233;laboration de l'information biais&#233;e pour leurs accolytes, et d'autres t&#226;ches de guerre psychologique. Progressivement, on fait du sabotage &#224; la structure du Gouvernement (incluant les infrastructures) et des actions d'appareils clandestins et de certains secteurs sociaux, influenc&#233;s, financ&#233;s ou infiltr&#233;s, tels qu'arr&#234;t de travail, mise en place de &lt;i&gt;&#034;niples&#034;&lt;/i&gt; et blocage de routes, accaparement d'aliment et de biens de consommation, de provisions et rechanges de fournitures agricoles et industrielles, de facon &#224; produire un chaos &#233;conomique et social tout le long d'un processus qui s'&#233;tend sur deux &#224; trois ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;6.&lt;/strong&gt; Cette s&#233;paration en deux &#233;quipes op&#233;ratives est r&#233;alis&#233;e afin de centrer chaque groupe sur la r&#233;solution centrale de chacun des aspects qui soutiennent l'&#201;tat de droit en nos pays. Par la suite, la Coordination d&#233;finit les actions conjointes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les aspects qui, on suppose, soutiennent l'&#201;tat de Droit et qui doivent &#234;tre affaiblis et min&#233;s sont, selon le Manuel : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;a)&lt;/strong&gt; La l&#233;gitimit&#233; institutionnelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;b)&lt;/strong&gt; L'ordre public&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;c)&lt;/strong&gt; L'intangibilit&#233; territoriale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier &#233;l&#233;ment qui peut remettre en question l'Etat de Droit au travers de probl&#232;mes limitrophes ou territoriaux entre &#233;tats voisins, est utilis&#233; avec pr&#233;caution par le d&#233;partement d'Etat, puisqu'il provoque de s&#233;rieux probl&#232;mes d'accentuer le visage du nationalisme, dont le contenu peut &#234;tre contraire aux int&#233;r&#234;ts de la M&#233;tropole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;7.&lt;/strong&gt; Le plan s'initie par le recrutement de la part de la premi&#232;re &#233;quipe, de quelques politiciens n&#233;oconservateurs ou fachistes, et de journalistes v&#233;naux. Avec l'appui de ces promoteurs on donne naissance &#224; la cr&#233;ation d'un nouveau parti n&#233;ofachiste (Patria et Libertad dans le cas Chilien, Arena au Salvador, Primero Justicia au Venezuela) dans lequel on attire des groupes int&#233;gristes tels ceux de Fiducia, TFP et des partis comme celui de Pena Esclusa dans le cas V&#233;n&#233;zu&#233;lien.Par ce m&#233;canisme d&#233;bute une campagne de longue haleine vers les secteurs des classes moyennes, les femmes et les groupes d'immigrants afin de les &#233;loigner d'une quelconque sympathie envers le Gouvernement national. Pour eux on utilise l'arrivisme social et une campagne de provocation qui emploie plusieurs fois, faussement d'ailleurs, le nom de groupes du Gouvernement, ou pr&#232;s de ce dernier, qui peuvent reproduire des attitudes x&#233;nophobes. Cette campagne est un des premiers actes public du Plan et n'appara&#238;t pas dirig&#233; contre le Gouvernement qu'il pr&#233;tend d&#233;stabiliser. Parall&#232;lement on stimule la x&#233;nophobie et le racisme envers les Noirs, les &#233;trangers, les marginaux, les Cubains et m&#234;me jusqu'aux groupes ethniques consid&#233;r&#233;s comme exotiques comme les Chinois ou les Cor&#233;ens et les indig&#232;nes. Dans quelques pays, comme l'Argentine, on a m&#234;me inclus les Gitans et les Juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;8.&lt;/strong&gt; Le regroupement politique qui se promeut entre les forces conservatrices ne fonctionne pas toujours spontan&#233;ment vers une option golpiste, pour lequel on r&#233;alise un regroupement ; on r&#233;alise alors une alliance politique avec des secteurs conservateurs de l'Eglise. Cette relation est complexe et on pr&#233;f&#232;re utiliser des pr&#234;tres de rang moyen et d'ordres non identifi&#233;s &#224; l'extr&#234;me droite comme celui de l'Opus Dei. L'expression de ce m&#233;canisme est l'image t&#233;l&#233;vis&#233;e qu'on construit avec certains pr&#234;tres desquels, on les fait, ipso facto,voix du Haut Clerg&#233;. Au Chili le P&#232;re Hasbun, encore reconnu aujourd'hui comme le cur&#233; de la mort joua un r&#244;le &#233;toile. Au Venezuela, on peut observer Mikel de Viana s.j. comme ''voix'', quoiqu'il y ait quelques &#233;v&#234;ques qui d&#233;sireraient jouer ce r&#244;le. On cherche cette figure eccl&#233;siastique entre les pr&#234;tres catholiques et on l'utilise pour projeter un message de haine et de ressentiment envers le Pr&#233;sident et ses supporteurs, lesquels passent, dans les m&#233;dias sous contr&#244;le du Plan, pour des hordes de m&#233;chants et des pervers. Ce message pr&#233;pare les conditions de d&#233;shumanisation requises pour la r&#233;pression extr&#234;me ult&#233;rieure que le Plan proj&#232;te d'obtenir. L'exp&#233;rience en Am&#233;rique Latine, jusqu'&#224; maintenant, montre que, malheureusement, cette attitude anti-valorisante est endoss&#233;e par un vaste secteur du clerg&#233;, et que post&#233;rieurement au coup d'Etat, le clerg&#233; fait la sourde oreille envers l'assassinat de pr&#234;tres compromis avec l'humble peuple. Qu'on aille voir sous ce rapport la premi&#232;re ann&#233;e de la r&#233;pression au Chili, 1973-74.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;9.&lt;/strong&gt; Le Plan se consolide &#224; travers des arr&#234;ts de travail et des gr&#232;ves sectorielles, des corridas bancaires, des attaques &#224; la monnaie, des rumeurs et des actes de d&#233;stabilisation qui vont s'interconnectant, et dont l'articulation est assur&#233;e avec l'argent de la mafia et les coupoles de syndicats-cl&#233;s, telles celles des taxis, des chauffeurs d'autobus, des camionneurs et transporteurs. Dans la grande majorit&#233; des cas, la d&#233;fense de leur monnaie de la part de leur Gouvernement facilite paradoxalement le maniement des ressources qui arrivent de l'ext&#233;rieur avec l'objectif de d&#233;stabiliser. Aujourd'hui on sait que pour chaque arr&#234;t de transport au Chili, le ''task force''&#224; cet &#233;gard, assignait $5. par jour d'arr&#234;t, et pour chaque camionneur, il &#233;tait entendu que $3. seulement arrivait &#224; ce dernier, le reste revenant &#224; leurs dirigeants. Ainsi un arr&#234;t serait une bonne affaire, particuli&#232;rement pour les coupoles corrompues par la dirigeance corporative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10.&lt;/strong&gt; Parall&#232;lement &#224; ces faits, on cr&#233;e une p&#233;nurie artificielle. Dans le cas du Chili, tr&#232;s divulgu&#233; par les milliers de Chiliens exil&#233;s avec Pinochet, on utilisa amplement l'achat massif et direct des march&#233;s locaux par des agents et des alli&#233;s golpistes, de mati&#232;res basiques pour la population ( biberons, aiguilles &#224; coudre, aliments pour b&#233;b&#233;, sucre, lait, etc.) ainsi que la convocation ouverte, de la part de la presse affect&#233;e aux golpistes, aux industriels Chiliens, &#224; utiliser l'huile commestible pour faire de la peinture et d'autres actes dissimul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;11.&lt;/strong&gt; Le Manuel golpiste informe le secteur qui coordonne cette seconde phase &#224; stimuler l'accaparement de toute classe de biens pouvant &#234;tre mis en conserve et non p&#233;rissable. Dans le cas Chilien, pendant la deuxi&#232;me ann&#233;e de gouvernance d'Allende, les entreprises commerciales retard&#232;rent, de mani&#232;re artificielle, l'approvisionnement de produits sur les march&#233;s, produisant d&#233;sordre dans la structure des prix et obligeant &#224; un r&#233;ajustement de la part du Gouvernement, lequel fut rendu responsable par la machinerie golpiste d'accaparement et de march&#233; noir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;12.&lt;/strong&gt; Le conflit fut plus &#233;vident lorsque vint le temps de la lutte pour l'information et la libert&#233; d'opinion. Le Manuel indiquait &#233;galement comment faire l'entr&#233;e de mat&#233;riel &#233;lectronique afin d'affecter le signal du canal t&#233;l&#233;vis&#233; d'Etat ou des radios partisanes. Rentrait aussi l'argent &#224; la presse golpiste afin de compenser la perte de lecteurs, de facon telle qu'on put m&#234;me en offrir gratuitement. Au Chili, les groupes de l'Intelligence Service assassin&#232;rent, &#224; ce moment, un fonctionnaire du gouvernement local, et la lutte acquit une nuance qui laissa pr&#233;sager son futur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;13.&lt;/strong&gt; Le &#034;task force charg&#233; directement par les golpistes commenca &#224; recruter des militaires, des journalistes - sp&#233;cialement des femmes - des politiciens et des dirigeants d'entreprises- cl&#233;es. On pr&#233;f&#233;rait des femmes journalistes &#224; la fin d'insulter les militaires et les Forces Arm&#233;es, dans le but d'affecter plus efficacement leur honneur et leur image et, de ce fait, abaisser leur moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#233;l&#232;bre fut cette femme : &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Maria Eugenia Oyarzun&lt;/strong&gt; au Chili ; et d'autres, plus tard, r&#233;compens&#233;es &#224; l'ONU par la dictature. Au Venezuela, &lt;strong&gt;Ibeyice Pacheco, Patricia Poleo, Marianela Salazar et Marta Colomina&lt;/strong&gt; sont des journalistes dont les sources, fr&#233;quemment, sont des oeuvres des laboratoires de l'Intelligence Service &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;14.&lt;/strong&gt; Cette m&#234;me &#233;quipe ou groupe de t&#226;ches s'occupait de capter les femmes et les proches des militaires afin de les assigner &#224; des op&#233;rations de d&#233;moralisation de ces derniers : leurs t&#226;ches initiales, au-del&#224; du foyer, &#233;taient d'appara&#238;tre &#224; leurs quartiers et d'humilier, d'effrayer et de cracher sur les G&#233;n&#233;raux et les Colonels, et de faire pression sur leurs proches. En m&#234;me temps, la presse banalisait ces faits, les faisant appara&#238;tre comme des expressions spontan&#233;es de l'imagerie de l'Arm&#233;e sur la rue, m&#234;me avec des uniformes noirs et bruns, portant des insignes fachistes ou non. Les canaux de t&#233;l&#233;vision et de radios se d&#233;tach&#232;rent progressivement des cha&#238;nes pr&#233;sidentielles, au d&#233;but pour quelques minutes, d'autres passant l'auditoire &#224; d'autres cha&#238;nes oppositrices, dans lesquelles la presse golpiste indiquait dans ses titres les t&#226;ches conspiratives du jour et de la semaine. La SIP d&#233;nonca au Chili l'absence de libert&#233; malgr&#233; que ces m&#233;dias qualifiaient le pr&#233;sident de lourdeau, de d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; sexuel et d'inepte dans ses transmissions et ses &#233;ditions, et l'on se d&#233;diait uniquement &#224; la d&#233;sinformation, selon le r&#244;le conspiratif d&#233;volu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15.&lt;/strong&gt; A la suite d'une ou deux gr&#232;ves patronales et/ou des transports, on r&#233;alisa une R&#233;p&#233;tition ou un Ensemble de r&#233;p&#233;titions de mani&#232;re &#224; savoir quelles &#233;taient les inclinaisons des commandements militaires d&#233;cisifs. Cela fut un des rares moments de faiblesse du Manuel, qui fut cautionn&#233; par un Gouvernement conscient du caract&#232;re conspiratif du Plan. Au Chili cet &#233;v&#232;nement, conclu sans de meilleures coordinations, consistant en une mobilisation inconsult&#233;e de tanks, fut avort&#233; par la mobilisation populaire et l'Unit&#233; du Haut Commandement sous la conduite du G&#233;n&#233;ral constitutionnaliste Carlos Prats. Post&#233;rieurement au coup d'Etat, ce Commandant en Chef fut assassin&#233; &#224; Buenos Aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;16.&lt;/strong&gt; La phase d&#233;cisive commenca avec les tentatives de neutraliser le commandement de G&#233;n&#233;raux constitutionnalistes et l'Unit&#233; de Corps du Haut Commandement. Au Chili cela se r&#233;alisa en contrecarrant le Commandant G&#233;n&#233;ral en Chef Prats &#224; travers une s&#233;rie d'accusations, d'&#233;v&#232;nements et d'&#233;pisodes contre lui et sa famille, qui permirent de miner sa confiance &#224; ne plus pouvoir compter sur le plein endossement du Pr&#233;sident et de ses compagnons d'armes. L'on monta contre lui des attaques de femmes, de v&#233;hicules et d'autres qui le pr&#233;sent&#232;rent isol&#233;, d&#233;sarm&#233;, sans appui, sans r&#233;ponse, l'obligeant finalement &#224; renoncer. Au Venezuela ces places strat&#233;giques sont actuellement occup&#233;es par les G&#233;n&#233;raux Lucas Rincon et B&#233;lisario Landis, contre qui, nous verrons dans un futur proche, redoubler les attaques de la conspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;17.&lt;/strong&gt; Une fois que les conspirateurs r&#233;ussirent &#224; affaiblir l'autorit&#233; verticale du Haut Conmmandement, on commenca les violations de la police et, post&#233;rieurement, de secteurs de la Force Arm&#233;e, &#224; l'encontre de secteurs populaires sous quelque pr&#233;texte, exag&#233;rant les d&#233;couvertes r&#233;elles ou suppos&#233;es d'armes, de drogues ou de litt&#233;ratures illicites qualifi&#233;es de ''subversive''. On chercha ainsi &#224; accentuer une contreposition entre l'opposition et la Force Arm&#233;e, et &#224; g&#233;n&#233;rer dans la population un esprit de r&#233;signation et de d&#233;route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;18.&lt;/strong&gt; Aux derniers jours du Pr&#233;sident Allende, malgr&#233; l'apparent succ&#232;s d'une gigantesque mobilisation populaire en face du Palais du Gouvernement, celui-ci s'adressa en termes conciliateurs &#224; l'Opposition lui offrant de renoncer avec le simple compromis d'une &#233;lection post&#233;rieure sous contr&#244;le de l'Opposition. Cette d&#233;claration fut sa sentence de mort ainsi que celles de milliers de chiliens, incluant les G&#233;n&#233;raux Constitutionnalistes, des pr&#234;tres de quartiers, et m&#234;me des personnages qui se pr&#234;t&#232;rent &#224; la conspiration, comme ce fut le cas du Pr&#233;sident Frei ( empoisonn&#233; post&#233;rieurement selon la d&#233;nonciation de ses enfants ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;19.&lt;/strong&gt; Le jour du dernier &#233;v&#232;nement pr&#233;-golpiste, on fit circuler des pamphlets de guerre psychologique avec des photographies truqu&#233;es montrant des actes contre-nature du Pr&#233;sident avec des chiens. On inventa en m&#234;me temps un &lt;strong&gt;Plan Z&lt;/strong&gt; (que la CIA donna instruction d'attribuer &#224; la gauche) qui, pr&#233;tend&#251;ment, compromettait les secteurs de la gauche et les &#034;forces sp&#233;ciales&#034; cubaines en un soul&#232;vement et ult&#233;rieurement &#224; l'assassinat d'officiers de l'Arm&#233;e. Avec ce qui est dit ant&#233;rieurement, et la haine fachiste accumul&#233;e, le massacre d'amples secteurs du peuple chilien &#233;tait diaboliquement regard&#233; et pr&#233;par&#233; par le Plan Conspiratif mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
Si les lignes pr&#233;c&#233;dentes peuvent servir afin de transmettre le sch&#233;ma g&#233;n&#233;ral du Parfait Coup d'Etat en Am&#233;rique Latine, rendu exemplaire par la douloureuse exp&#233;rience Chilienne, nous nous sentirons avoir accompli un devoir &#233;l&#233;mentaire de loyaut&#233; envers tant d'hommes du peuple, de soldats d'honneur et de nobles dirigeants tels que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salvador Allende, les G&#233;n&#233;raux en Chef Carlos Prats et Rene Schneider, le G&#233;n&#233;ral Galindo Bachelet, et des milliers de patriotes civils et militaires, desquels, &#224; un haut pourcentage, depuis plus de 30 ans, on ne retrouve pas encore leurs corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(*) A la m&#233;moire de Enrique Maza Carvajal&lt;/strong&gt;, &#233;tudiant en Ing&#233;n&#233;rie, V&#233;n&#233;zu&#233;lien, assassin&#233; &#224; Vecuna Mackena, Santiago de Chili, pendant le coup d'Etat d'Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973. Enrique Maza (pellizco) fut assassin&#233;, selon les t&#233;moins, pour la couleur &#034; brune &#034; de sa peau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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