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	<title>El Correo</title>
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		<title>Qui a le pouvoir aujourd'hui d'arr&#234;ter les carabiniers du Chili ?</title>
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		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Qui a le pouvoir aujourd'hui d'arr&#234;ter les carabiniers du Chili ? ... Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Voil&#224; la question et il faut qu'elle ait une r&#233;ponse. S'il n'y en avait pas, nous serions en train de dire que la politique a capitul&#233; au Chili, qu'elle est inop&#233;rante. Et si c'est le cas, ce n'est pas une d&#233;mission qu'il nous faut mais des d&#233;missions, la d&#233;mission de tous ceux qui occupent aujourd'hui une charge politique. Qui a le pouvoir aujourd'hui d'arr&#234;ter les carabiniers du Chili ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas une r&#233;ponse que d'exiger des gens qu'ils restent chez eux : la manifestation est un droit des d&#233;mocraties qui sont des d&#233;mocraties et non pas des dictatures en tenue de camouflage. Ce lundi 16 d&#233;cembre, nous avons appris que les carabiniers utilisent de la soude caustique pour r&#233;primer les manifestations. En attendant que l'enqu&#234;te se poursuive, chose n&#233;cessaire, en attendant que les demandes de d&#233;mission se poursuivent, chose n&#233;cessaire aussi (mais non pas suffisante, car si c'&#233;tait le cas le remplacement du ministre de l'Int&#233;rieur, fin octobre, aurait suffi ET CELA N'A PAS SUFFI), il est crucial d'arr&#234;ter les carabiniers. Pas demain. Pas apr&#232;s-demain. Aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'avons pas le temps. Nous ne pouvons plus attendre. La situation est suffisamment grave pour que d'ores et d&#233;j&#224; des mesures soient prises pour emp&#234;cher l'utilisation des &#233;l&#233;ments dont en parle. Nous savons depuis plusieurs semaines que l'eau lanc&#233;e par les chars (&#171; guanacos &#187;) pour disperser les manifestants contient des produits qui provoquent des br&#251;lures au deuxi&#232;me degr&#233;. Qui pourrait concevoir qu'il faille attendre les r&#233;sultats de telle ou telle &#233;tude, suivre tel ou tel protocole, pour retirer ces engins de circulation ? Les blessures sont visibles. Quel que soit le produit qui les a provoqu&#233;es, elles sont l&#224;, elles ne savent pas mentir ni dissimuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui a le pouvoir aujourd'hui d'arr&#234;ter les carabiniers ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique travaille dans une zone liminaire qui se situe, comme d'autres l'ont dit, aux bords d'un pr&#233;cipice. Un pas en de&#231;&#224;. De quels moyens disposent aujourd'hui les professionnels de la politique pour arr&#234;ter l'action criminelle des carabiniers ? Ont-ils des moyens ? Ou bien toute la responsabilit&#233; incombe-t-elle au ministre de l'Int&#233;rieur ? Dans quel cas, on peut s'attendre &#224; une longue suite de d&#233;missions, de nominations, puis de nouvelles d&#233;missions, avant de tomber sur l'&#233;lu. Celui qui r&#233;ussira &#224; comprendre ce que Mme Patricia Mu&#241;oz (avocate, directrice de la Defensor&#237;a de la Ni&#241;ez, en charge de la protection de la jeunesse) n'a pas cess&#233; de dire : l'action des carabiniers a une limite et c'est l'int&#233;grit&#233; physique des manifestants quand ils sont mineurs (et quand ils ne le sont pas aussi).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;center&gt;IL FAUT ARR&#202;TER LES CARABINIERS. IL FAUT LE FAIRE AUJOURD'HUI&lt;/center&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le, il faut beaucoup d'autres choses, mais cette exigence est une condition sine qua non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut prot&#233;ger les n&#244;tres. Il nous faut prot&#233;ger nos jeunes. Et, m&#234;me si ce n'est pas facile &#224; dire, il nous faut r&#233;cup&#233;rer pour un meilleur futur le jeune carabinier qui n'a pas forc&#233;ment choisi de faire partie de la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les citoyens mobilis&#233;s qui, le 25 octobre 2019, ont exprim&#233; pour la deuxi&#232;me fois de leur histoire un NON radical. C'est &#224; eux qu'on doit la lev&#233;e de l'&#233;tat d'urgence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui gouverne ce pays ? Qui assure l'opposition ? Qui est en train de travailler &#224; la reconstruction non pas d'une cit&#233;&#8230; mais d'une SOCI&#201;T&#201;&#8230; qui n'a jamais cess&#233; d'&#234;tre bombard&#233;e depuis 47 ans ? Qui assumera la responsabilit&#233; de sauver des vies ? De prot&#233;ger ? De pr&#233;server ce qui doit &#234;tre pr&#233;serv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe que ceux qui se disent des acteurs responsables du mandat qui est le leur, l'assument et l'exercent. En attendant, nous avons toute une soci&#233;t&#233; civile en train de travailler aux alternatives, &#224; de nouvelles mani&#232;res de faire, d'&#234;tre, de cr&#233;er, de forger un pays o&#249; toutes ces questions seront, on l'esp&#232;re, inutiles. &#192; commencer par celle-ci : qui a le pouvoir aujourd'hui d'arr&#234;ter les carabiniers du Chili ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Quien-tiene-hoy-el-poder-de-detener-a-Carabineros-de-Chile&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue &lt;i&gt;Cultures &amp; Conflits&lt;/i&gt; et du journal &#233;lectronique de &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Radio Universidad de Chile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Qui-a-le-pouvoir-aujourd-hui-d-arreter-les-carabiniers-du-Chili&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 19 d&#233;cembre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Aujourd'hui plus que jamais, revendiquer la politique</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Aujourd-hui-plus-que-jamais-revendiquer-la-politique</link>
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		<dc:date>2015-11-17T13:07:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Etonnant ce silence, dans plusieurs pans de la soci&#233;t&#233;, &#224; Paris quant &#224; la dimension politique du drame qui nous afflige. Nous tous, en ces jours et tous les jours o&#249; nous citoyens, nous nous r&#233;v&#233;lons impuissants dans diff&#233;rents endroits du monde. Impuissants face &#224; l'orgueil, l'ineptie et la criminalit&#233; organis&#233;e des puissants qui d&#233;tiennent le monopole du mot l&#233;gitime qui sert se nommer et &#224; nommer ; pour dire et convaincre les autres de pratiquement toute chose ; et qui s'av&#232;rent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Etonnant ce silence, dans plusieurs pans de la soci&#233;t&#233;, &#224; Paris quant &#224; la dimension politique du drame qui nous afflige. Nous tous, en ces jours et tous les jours o&#249; nous citoyens, nous nous r&#233;v&#233;lons impuissants dans diff&#233;rents endroits du monde. Impuissants face &#224; l'orgueil, l'ineptie et la criminalit&#233; organis&#233;e des puissants qui d&#233;tiennent le monopole du mot l&#233;gitime qui sert se nommer et &#224; nommer ; pour dire et convaincre les autres de pratiquement toute chose ; et qui s'av&#232;rent capables, de la fa&#231;on dont l'a d&#233;nonc&#233; Orwell &#8211; qui n'a pas v&#233;cu assez pour analyser la part de totalitarisme qui est compatible avec la d&#233;mocratie &#8211; de soutenir que la Guerre est la Paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'a fait d'autre le Pr&#233;sident Fran&#231;ois Hollande dans son allocution du samedi 14 novembre ? Assumer et se taire. Assumer que c'est une guerre mais en laissant de c&#244;t&#233; la question de qui et quand a-t-elle &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e, de qui et quand s'est-on charg&#233; de condamner &#224; l'ins&#233;curit&#233; perp&#233;tuelle les populations civiles de diff&#233;rents territoires. Quel type de logique soutient la nouvelle attaque de la Syrie ? L'aberration que constitue ce nouveau bombardement qui prolonge la cha&#238;ne de morts innocents. Les victimes qui &#8211; nous le savons d&#233;j&#224; &#8211; ne sont pas toutes &#233;gales. Elles le ne sont certainement pas et, de quelque fa&#231;on, Orwell nous a aussi permis de penser cela : tous les morts sont &#233;gaux mais certains sont plus &#233;gaux que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, peu importe : &lt;i&gt;LA FRANCE RIPOSTE&lt;/i&gt;. La France r&#233;pond. La France contre-attaque et bombarde Raqqa. Ainsi l'affiche aujourd'hui le quotidien &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;. Ce n'est pas le titre. Le titre est autre et renvoie &#224; la trag&#233;die vendredi, &#224; la sc&#232;ne visible de la douleur. La sc&#232;ne du deuil susceptible de g&#233;n&#233;rer un sentiment d'union qui n'existe dans aucune autre sc&#232;ne fran&#231;aise. Sans doute comme l'a dit Jean-Luc M&#233;lenchon ( fondateur du &lt;i&gt;Parti de Gauche&lt;/i&gt;) il faudra laisser passer ce moment de deuil, ce moment de douleur, pour recommencer &#224; mettre des mots. D'autres mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la part de responsabilit&#233; qui correspond &#224; l'&#201;tat fran&#231;ais dans ce massacre survenu sur son propre territoire ? Peut-on penser qu'elle est proportionnelle &#224; la responsabilit&#233; qui lui correspond dans d'autres massacres ? L'&#201;tat fran&#231;ais, son actuel gouvernement - socialiste ? &#8211; peut &#8211; il consid&#233;rer sa politique ext&#233;rieure comme r&#233;ussie ? Est-il possible que cette politique ext&#233;rieure fran&#231;aise ne soit, non seulement, pas remise en question mais, au contraire, renforc&#233;e ? Comment savoir avec exactitude, dans ce type de d&#233;cisions &#8211; bombarder Raqqa au titre &#171; de r&#233;ponse &#187; &#8211; quelle est la part raisonn&#233;e, calcul&#233;e, et quelle est la part de d&#233;sespoir ? Le &#171; sauve qui peut &#187; qui entre peut-&#234;tre aussi en jeu. Est-il possible de consid&#233;rer comme r&#233;ussie une politique de s&#233;curit&#233; int&#233;rieure qui, bien que depuis des ann&#233;es restreigne la libert&#233;, se r&#233;v&#232;le &#224; nouveau incapable d'assurer la vie sur le territoire fran&#231;ais ? Est-il possible que, depuis les cercles politiques, les voix qui se sont lev&#233;es avec le plus de force pour remarquer qu'il y a eu &#171; &#233;chec&#171; soient celles de droite ? Des voix qui exigeront plus et pire encore : l'application pure et simple d'une logique guerri&#232;re sans complexes et avec tous les moyens de l'&#201;tat, &#224; l'int&#233;rieur et en dehors du territoire fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La trag&#233;die dont souffre aujourd'hui la France nous met en face d'une situation dont, dans une plus ou moins grande mesure, nous souffrons tous dans nos propres territoires de r&#233;sidence. Et c'est la capacit&#233; faible ou nulle que nous avons, nous, les citoyens d'exercer un contre-pouvoir &#224; l'heure de montrer des diff&#233;rences avec telle ou telle d&#233;cision de gouvernement ou &#8211;franchement et ouvertement &#8211; avec toute politique gouvernementale. Quel doute avons-nous sur le fait que, dans ce cas, la France ne fonctionne pas comme un seul homme ? Quel doute avons-nous sur le fait que, en France, ils existent des groupes importants qui n'avalisent pas les d&#233;cisions criminelles et risqu&#233;es prises par ses derniers pr&#233;sidents de n'importe quel bord qu'ils soient ? Parmi les voix qui ont montr&#233; des postures diff&#233;rentes celle-ci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces attentats sont des actes ignobles. (&#8230;) Mais nous n'avons aucune solidarit&#233; avec l'&#201;tat fran&#231;ais et avec ses dirigeants politiques. Ceux-ci ont une large part de responsabilit&#233; dans les guerres qui ensanglantent aujourd'hui le Moyen-Orient. (...) C'est pourquoi Lutte ouvri&#232;re n'ajoutera pas sa voix au concert de l'unit&#233; nationale. Nous ne partageons rien avec les Hollande, les Sarkozy et les Le Pen &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi s'est exprim&#233;e Nathalie Arthaud, dirigeante trotskiste de &lt;i&gt;Lutte Ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Ce qui a suscit&#233; plus d'un commentaire ironique, non pas envers ce parti politique en particulier mais envers toute une gauche fran&#231;aise (plurielle, form&#233;e par des diff&#233;rents groupes et traditions) qui s'obstine dans son discours critique et qui est, clairement, minoritaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tout &#224; coup, on per&#231;oit le cercle. Il ne s'agit pas tant de ce qu'il y ait peu de voix pour essayer de nommer les choses par leur nom sinon que, dans ce cas aussi, toutes les voix sont &#233;gales &#8230; mais certaines sont plus &#233;gales que d'autres &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ferons-nous avec notre minorit&#233; ? Sommes-nous r&#233;ellement une minorit&#233; ? Ou sommes-nous une majorit&#233; qui s'ignore, qui ne trouve pas la mani&#232;re d'&#233;laborer sa fa&#231;on de faire pression sur les irresponsables qui conduisent ce monde, notre monde, au d&#233;clin ? Comment ferons-nous pour que la d&#233;mocratie cesse d'&#234;tre, dans tant et tant de lieux, le chantage au moindre mal ? La grande escroquerie qui, de temps en temps, transforme la majorit&#233; des citoyens en otages de leur classe politique. (Et, comme si ce n'&#233;tait pas assez, dans quelques cas, d' imp&#233;rialistes sans pouvoir ou d' imp&#233;rialistes qui n'ont d&#233;j&#224; plus le pouvoir de sauver personne, qui peuvent seulement condamner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me vient de dire qu'il faut s'obstiner. Non dans l'expression d'une lamentation sinon dans la construction de solidarit&#233;s efficaces. Notre lamentation ne sert pas (quelle que soit la victime) si elle ne s'accompagne pas du renforcement d'espaces concrets o&#249; on peut &#233;laborer une voix et une action libres. Libres de tromperie, libres d'auto-complaisance. Et, en plus de libres, t&#234;tues dans la construction du lien ici et maintenant. Le lien : celui qui unit ceux qui ont des croyances diff&#233;rentes, d'autres fa&#231;ons de penser, peuvent se rencontrer dans la n&#233;cessit&#233; de ne pas s'abandonner &#224; l'impuissance face &#224; ce que les autres font au nom des peuples auxquels nous appartenons. Ce lien, le fait de contester ce qui est fait en &#171; mon nom &#187;, je l'appelle aussi politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro*&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;diarioUChile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl/2015/11/16/hoy-mas-que-nunca-reivindicar-la-politica&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;diarioUChile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Buenos Aires, 16 novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue &lt;i&gt;Cultures &amp; Conflits&lt;/i&gt; et du journal &#233;lectronique de &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Radio Universidad de Chile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Aujourd-hui-plus-que-jamais-revendiquer-la-politique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo de la diaspora latinoamericaine&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 17 novembre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des raisons pour revoir &#171; Miracle &#224; Milan &#187; de Vittorio De Sica</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Des-raisons-pour-revoir-Miracle-a-Milan-de-Vittorio-De-Sica</link>
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		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Qui n'a pas autour de soi un ou plusieurs amis complices qui de temps &#224; autre lui signalent : &#171; regarde &#231;a, lit &#231;a &#187; ? C'est toujours r&#233;confortant de voir que ce postulat en vigueur dans l'&#233;cole publique argentine se confirme : nous savons tous quelque chose et nous ignorons tous quelque chose mais pas la m&#234;me chose. D'o&#249; l'importance de l'&#233;change. C'est ainsi qu'un ami m'a dit il y a quelques mois : &#171; regarde &#231;a &#187;. Et &#171; &#231;a &#187;, c'&#233;tait le film &#171; Miracle &#224; Milan &#187; [Palme d'Or 1951], le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui n'a pas autour de soi un ou plusieurs amis complices qui de temps &#224; autre lui signalent : &#171; regarde &#231;a, lit &#231;a &#187; ? C'est toujours r&#233;confortant de voir que ce postulat en vigueur dans l'&#233;cole publique argentine se confirme : nous savons tous quelque chose et nous ignorons tous quelque chose mais pas la m&#234;me chose. D'o&#249; l'importance de l'&#233;change. C'est ainsi qu'un ami m'a dit il y a quelques mois : &#171; regarde &#231;a &#187;. Et &#171; &#231;a &#187;, c'&#233;tait le film &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=dPC0xlxNfTI&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Miracle &#224; Milan&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; [Palme d'Or 1951], le classique de Vittorio De Sica, que n'importe qui, aujourd'hui &#8211; aspect positif d'Internet &#8211;peut voir sans bouger de chez lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur se rappelle peut-&#234;tre le visage de &lt;i&gt;Tot&#242;, il buono&lt;/i&gt; ; ses yeux, son sourire, cette mani&#232;re qu'il avait de dire &#171; &lt;i&gt;buongiorno !&lt;/i&gt; &#187;. Ce que signifiait ce salut. Le drame qui se trame et qui a pour sc&#232;ne un terrain vague o&#249; s'installent des mis&#233;reux, convoit&#233; par de puissants entrepreneurs d&#232;s qu'on y d&#233;couvre du p&#233;trole. En elle m&#234;me, la trame s'av&#232;re terriblement actuelle, en consonance avec ce que Patricio Herman &#233;crit, au quotidien, dans ce journal. Cependant, j'ai repens&#233; au film aujourd'hui pour des raisons tout &#224; fait diff&#233;rentes, secondaires si l'on veut, li&#233;es aux mani&#232;res et l'absence de mani&#232;res de ceux qui vivent dans les grandes villes (et aussi &#224; quelques consid&#233;rations de nature politique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleuvait &#224; Buenos Aires ce matin. Et le 63, qui traverse &lt;i&gt;Villa del Parque&lt;/i&gt;, longe quelques cimeti&#232;res et finit son parcours &#224; Belgrano, un quartier plut&#244;t ais&#233;, &#233;tait bond&#233;. Dans ce bus, j'ai &#233;t&#233; t&#233;moin de la sc&#232;ne suivante. Une dame &#233;tait assise et regardait tomber la pluie, lorsqu'un monsieur s'est approch&#233; d'elle. C'&#233;tait un homme assez grand, relativement &#226;g&#233; &#8211; plus &#226;g&#233; qu'elle &#8211; brun, assez maigre, et il portait un costume. La dame l'a regard&#233; et lui a imm&#233;diatement laiss&#233; sa place. Le monsieur a h&#233;sit&#233;, son visage a exprim&#233; la surprise ; puis, il a remerci&#233; la dame et s'est assis. Je peux me tromper mais il m'a sembl&#233; que le monsieur &#233;tait surpris parce que m&#234;me s'il est habituel de c&#233;der son si&#232;ge aux gens &#171; &#226;g&#233;s &#187;, ce n'est pas si habituel de le c&#233;der aux gens modestes. C'&#233;tait le cas. Ce monsieur avait tout l'air d'un travailleur, sur le point de prendre sa retraite, qui s'en va n&#233;gocier avec le patron. C'est l&#224; que Tot&#242; et Vittorio De Sica me sont revenus &#224; l'esprit. Car si leur mani&#232;re de penser&#8211; c'est-&#224;-dire veiller non seulement sur les vieux et les enfants, mais aussi sur tous ceux qui en ont besoin, en particulier sur les travailleurs les plus pauvres&#8211; s'&#233;tait impos&#233;e, cette attitude &#171; surprenante &#187; aurait &#233;t&#233; la norme, la r&#232;gle. Ce qui &#233;tait rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et je pensais &#224; tout cela dans le bus, tandis que du coin de l'&#339;il j'observais une jeune femme qui se maquillait comme si, au lieu d'&#234;tre entour&#233;e d' inconnus, elle s'&#233;tait trouv&#233;e dans sa salle de bain. Je cogitais donc, tout en essayant de faire abstraction du jeune homme que j'avais pr&#232;s de moi et qui pour une raison ou une autre et &#8211; lui aussi&#8211; comme s'il &#233;tait dans sa salle bain, a sorti un d&#233;odorant en a&#233;rosol et, sans se g&#234;ner le moins du monde, s'en est litt&#233;ralement asperg&#233;, avec les effets que le lecteur peut imaginer. Des voyageurs ont ouvert les fen&#234;tres et un vent frais est entr&#233; qui a vite fait de me ramener au film de Vittorio De Sica.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est peut-&#234;tre pas une faute grave de ne pas avoir vu ce film plus t&#244;t mais&#8230; quel dommage ! Il me semble que si cette &#339;uvre &#8211; et bien autres &#8211; &#233;taient obligatoires dans l'&#233;ducation des enfants d'un pays, on aurait des citoyens tout &#224; fait diff&#233;rents. Des citoyens qui ressembleraient peut-&#234;tre &#224; un architecte que j'ai connu et qui avait vu le film. J'en suis s&#251;re, on me l'a racont&#233;. Mais, m&#234;me si on ne me l'avait pas racont&#233;, je pourrais le d&#233;duire. Pour trois raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re. Cet architecte qui, d'apr&#232;s son fr&#232;re a&#238;n&#233;, &#233;tait &#171; la g&#233;n&#233;rosit&#233; ambulante &#187;, a pass&#233; toute sa vie &#224; faire des maisons pour les plus pauvres. Des maisons destin&#233;es &#224; ceux qu'il appelait, affectueusement, les &#171; pouilleux &#187;. Sans aucune forme de condescendance parce que l'architecte &#233;tait issu d'une famille en tous points semblable aux familles avec lesquelles il travaillait. Tout comme Tot&#242;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me. Cet architecte profitait de chaque espace (chantier, salle de classe, boucherie ou simple trottoir) pour faire un travail p&#233;dagogique. Tout comme Tot&#242; qui, au lieu de donner aux rues le nom d'une personne, utilisait les tables de multiplication &#171; &lt;i&gt;pour que les enfants apprennent quelque chose&lt;/i&gt; &#187;. C'est ainsi qu'il peignit le panneau : &#171; Strada 5&#215;5=25 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me. Le lecteur qui a vu le film sait que, d&#232;s le d&#233;but, il y a une sc&#232;ne de vol. Quelqu'un vole &#224; Tot&#242; sa sacoche, c'est-&#224;-dire : tout ce qu'il a. Et &lt;i&gt;Tot&#242;, il buono&lt;/i&gt;, qui dans notre soci&#233;t&#233; serait probablement tax&#233; de fou ou de sot, suit le voleur, entame aimablement une conversation avec lui et certaines choses se passent. Ce que fit &#233;galement l'architecte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Ici j'ouvre une parenth&#232;se parce que cette histoire devrait figurer dans un livre. Le hic c'est que je mets un temps fou &#224; &#233;crire les miens, et je me dis que je ferais bien de commencer &#224; les citer par avance. Disons donc que dans un livre hypoth&#233;tique qui aurait pour titre &#171; Histoires de l'architecte errant &#187;, page 45, on aurait la sc&#232;ne suivante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit, deux voleurs se sont introduits dans la maison de l'architecte. Ils l'ont attach&#233; et ont commenc&#233; &#224; transporter dans la rue toutes sortes d'objets. Leur besogne &#233;tant finie, l'architecte leur a demand&#233; : &#171; Et maintenant ? Comment faites-vous pour emporter tout &#231;a ? &#187; Les voleurs &#233;taient embarrass&#233;s : ils n'en savaient fichtre rien. &#171; Bon &#8211; dit l'architecte &#8211; l&#226;chez-moi, je vous ram&#232;ne &#187;. Ceci explique sans doute cela car, des ann&#233;es plus tard, &#224; l'enterrement de cet homme, il y avait bel et bien quelques repris de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le point d'arriver &#224; destination, alors que je r&#233;digeais cette chronique &lt;i&gt;in mente&lt;/i&gt;, comme dirait Roberto Arlt, avec une pens&#233;e &#233;mue pour mon directeur, une diff&#233;rence importante m'est apparue entre Tot&#242; et l'architecte. Ou plut&#244;t entre Vittorio De Sica et l'architecte. Vittorio De Sica &#233;tait communiste. L'architecte Cedr&#243;n &#233;tait p&#233;roniste. Je pourrais ne pas le dire. Je pourrais ne pas le dire pour ne pas faire de vagues, et que tout le monde soit content. Sauf lui, sauf moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque j'ai connu l'architecte et le fr&#232;re qui m'a fait conna&#238;tre &#171; Miracle &#224; Milan &#187;, il a bien fallu que je r&#233;examine certaines id&#233;es que j'avais sur l'Argentine et qui ne constituaient pas un savoir sur son histoire ni sur sa politique. J'ai consacr&#233; &#224; ce sujet une autre chronique dans ce journal. Cependant, et de ce fait m&#234;me, je vais me permettre ici un clin d'&#339;il de chroniqueur &#224; chroniqueur : non, les p&#233;ronistes ne gagnent pas toujours et quand ils perdent, en particulier les p&#233;ronistes les plus pauvres, les &#171; pouilleux &#187;, &#171; &lt;i&gt;les patas en la fuente&lt;/i&gt; &#187;,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'image des travailleurs, les pieds dans la fontaine de la Place de Mai, est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ils perdent tout. Parmi les choses que j'ai apprises ou que je crois avoir apprises gr&#226;ce &#224; l'architecte Cedr&#243;n et aux siens, celle-ci : on ne peut pas serrer la main aux id&#233;ologies, ni aux partis politiques, mais on peut en revanche serrer la main d'un homme. Peut-&#234;tre que ce n'est pas pr&#233;tentieux que de penser que Vittorio De Sica aurait &#233;t&#233; d'accord. &lt;i&gt;Buongiorno !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro*&lt;/strong&gt; para &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diario y Radio Uchile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl/2015/11/02/razones-para-volver-a-ver-milagro-en-milan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diario y Radio Uchile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Chile, 2 de noviembre 2015&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue &lt;i&gt;Cultures &amp; Conflits&lt;/i&gt; et du journal &#233;lectronique de &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Radio Universidad de Chile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Razones-para-volver-a-ver-Milagro-en-Milan-de-Vittorio-De-Sica&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la diaspora latinoamericaine&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi et corrig&#233; para l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'image des travailleurs, les pieds dans la fontaine de la Place de Mai, est une carte postale inoubliable des &#233;v&#233;nements du 17 octobre 1945. Elle symbolise l'arriv&#233;e du p&#233;ronisme pour changer la vie du peuple argentin qui s'est mobilis&#233; pour Per&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_9031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;74&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/IMG/jpg/_el_17_de_octubre_1945.jpg' width=&#034;543&#034; height=&#034;379&#034; alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#171; Los patas en la fuente &#187;.&lt;br/&gt;Buenos Aires, el 17 de octubre 1945
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Unifier les luttes au Chili</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Unifier-les-luttes-au-Chile</link>
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		<dc:date>2015-06-12T10:52:43Z</dc:date>
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		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une amie m'a pos&#233; l'autre jour une question bien difficile : que reste-t-il au Chili de l'Unit&#233; Populaire ? Ce n'&#233;tait pas une question ironique, au contraire, il y avait l&#224; une forme d'espoir &lt;br class='autobr' /&gt; Sans doute s'attendait-elle &#224; ce que la r&#233;ponse ne soit pas : &#171; un vague souvenir, beaucoup de douleur &#187;. La question m'interpelle parce que toutes les informations qui nous parviennent du Chili disent une seule chose : que nous continuons &#224; vivre aujourd'hui, de mani&#232;re souvent tragique, un vieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une amie m'a pos&#233; l'autre jour une question bien difficile : &lt;i&gt;que reste-t-il au Chili de l'Unit&#233; Populaire ?&lt;/i&gt; Ce n'&#233;tait pas une question ironique, au contraire, il y avait l&#224; une forme d'espoir&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans doute s'attendait-elle &#224; ce que la r&#233;ponse ne soit pas : &#171; un vague souvenir, beaucoup de douleur &#187;. La question m'interpelle parce que toutes les informations qui nous parviennent du Chili disent une seule chose : que nous continuons &#224; vivre aujourd'hui, de mani&#232;re souvent tragique, un vieux conflit entre divers projets de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces informations proclament ce que beaucoup savaient d&#233;j&#224;, que l'&#233;lite politique chilienne travaille pour certaines entreprises, sous leur mandat. Que cela nous plaise ou non. Et quelle que soit la petite histoire que chacun se raconte pour continuer &#224; croire que son travail contribue au bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ral. Toutes ces informations r&#233;v&#232;lent aussi l'&#233;norme capacit&#233; du projet politique de la dictature &#224; prosp&#233;rer en d&#233;mocratie. Au final il s'est av&#233;r&#233; que ce projet avait besoin de libert&#233; pour mieux se d&#233;velopper, pour mieux vendre, pour mieux enrichir, pour mieux appauvrir, pour mieux diviser, pour mieux contr&#244;ler, pour mieux s&#233;parer les gens, pour que jamais plus ne puisse se forger une union entre des exclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que d'abord, il y a eu le bombardement. Le crime. La peur. La promotion d'une culture de la peur et en m&#234;me temps que les prisons publiques, en m&#234;me temps que les centres clandestins de d&#233;tention, il y a eu au Chili un nouveau type de prison : la maison o&#249; chacun s'est enferm&#233; et surtout &#171; ne te m&#234;le pas de savoir, ne te m&#234;le pas de faire quoi que ce soit car il pourrait t'arriver la m&#234;me chose &#187;. Mais le peuple chilien, qui est tendre et rude, n'entend pas bien. Il a parfois du mal &#224; comprendre. C'est ainsi qu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980, certaines portes se sont ouvertes, beaucoup de gens sont sortis dans les rues pour r&#233;clamer leur d&#251;, pour r&#233;cup&#233;rer cette capacit&#233; que tout peuple a de s'organiser, de parler en son nom et de forger, d'abord dans la rue, sa solidarit&#233;. On peut alors demander : ceux qui ont choisi de n&#233;gocier la fin de la dictature, se sont-ils vraiment unis &#224; cette fin ? Ou bien ont-ils eu peur de cette r&#233;organisation des plus pauvres, au carrefour des ann&#233;es 1980 ? Cette r&#233;organisation ne leur a-t-elle pas sembl&#233;e plus dangereuse que la dictature car elle pouvait les laisser de c&#244;t&#233;, leur &#244;ter le premier r&#244;le ? Quoi qu'il en soit ceux-l&#224; &#8211;membres de l'Alliance devenue Concertation des partis pour la democratie&#8211; sont venus et le peuple s'est repli&#233;. Ensuite &#231;a a &#233;t&#233; la culture du divertissement et de l'apparence : peu importe que nous soyons heureux, ayons l'air de l'&#234;tre ; peu importe que nous soyons riches, l'important c'est que d'autres le croient. Et une fois de plus, beaucoup se sont enferm&#233;s dans cette autre cellule qu'a &#233;t&#233; la peur de l'&#233;chec, la recherche de la r&#233;ussite personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patiemment, ceux qui ont gouvern&#233; le Chili au cours des 25 derni&#232;res ann&#233;es, ont renouvel&#233; et fortifi&#233; la grande fiction de l'exceptionnalit&#233; chilienne. Notre pays a &#233;t&#233; cit&#233; en exemple &#224; peu pr&#232;s pour tout. Voici un pays civilis&#233;, stable, prosp&#232;re. Cette fiction est en train de s'&#233;crouler. Je prends les devants et demande : quel pays est en train de na&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il est clair qu'un autre Chili lutte pour exister. Un Chili nouveau et vieux en m&#234;me temps. Toute une partie du pays clame ses droits. Un jour ce sont les &#233;tudiants mobilis&#233;s par la mise en place d'une v&#233;ritable &#233;ducation publique. Le lendemain ce sont les m&#234;mes accompagn&#233;s par d'autres qui d&#233;noncent la violence polici&#232;re d'un &#201;tat qui &#8211;depuis 1973&#8211; n'a jamais cess&#233; de criminaliser et de r&#233;primer l'expression l&#233;gitime du m&#233;contentement. Un autre jour se sont aussi les ex prisonniers politiques de la dictature en d&#233;fense de leurs revendications. Puis, tel ou tel groupe de professionnels. Ou bien il s'agit de se mobiliser en faveur d'une Assembl&#233;e Constituante et non seulement d'une nouvelle constitution d&#233;cid&#233;e entre quatre murs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un fait : il n'y a pas de leader qui se saisisse de ce m&#233;contentement ni de cet espoir. Car ce m&#233;contentement est porteur d'espoir. Cela aussi est perceptible. Il n'y a pas de parti qui organise les diverses revendications et les transforme en projet politique. Cependant les fondements de ce projet sont l&#224; : diss&#233;min&#233;s dans les tr&#232;s diverses sc&#232;nes des protestations en cours et l'exigence d'un autre type d'&#233;ducation, d'un autre type de constitution, d'un autre type de repr&#233;sentants politiques, d'un autre type de relation entre gouvernants et citoyens, d'un autre type de protection des citoyens et aussi des travailleurs, actifs ou retrait&#233;s. Au bout du compte : l'exigence d'un autre type de pays, juste, solidaire, fond&#233; sur l'inclusion, form&#233;, &#233;duqu&#233;, souverain, autrement d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il manque l'union. La capacit&#233; d'aller au-del&#224; de la cause qu'on d&#233;fend, en cherchant le point de rencontre, le point o&#249; nous co&#239;ncidons avec d'autres. La capacit&#233; d'&#233;tablir des ponts, de connecter des personnes et des luttes, de faire front commun entre une revendication et une autre, pour affronter ce pr&#233;sent du Chili. Il est vrai que ce m&#233;contentement et cet espoir n'ont pas de leader et que beaucoup voient cela comme un probl&#232;me. Je me demande si ce manque apparent de leadership, d'encadrement n'est pas porteur d'une bonne nouvelle au milieu de la d&#233;b&#226;cle. Et c'est la possibilit&#233; d'une nouvelle forme de conscience, d'une nouvelle mani&#232;re de faire de la politique qui donne le premier r&#244;le au collectif, aux id&#233;es, aux personnes, aux citoyens qui ne sont plus dispos&#233;s &#224; se laisser repr&#233;senter par ceux qui servent les int&#233;r&#234;ts des puissants et seulement des puissants. C'est-&#224;-dire aussi la possibilit&#233; d'une nouvelle &#233;thique et pratique citoyenne qui se nourrit de tout ce que nous avons v&#233;cu et de tout ce que nous nous refusons de revivre, dans tous les espaces o&#249; se d&#233;roulent nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#232;re amie, vous me demandez : que reste-t-il au Chili de l'Unit&#233; Populaire ? Je vous r&#233;ponds : une seule chose, peut-&#234;tre. Sa raison d'&#234;tre, une cause juste. Et de ce fait m&#234;me, son avant, son pendant et son apr&#232;s. Une exp&#233;rience de plus d'un si&#232;cle de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;DiarioUchile &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl/2015/06/01/unificar-las-luchas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;DiarioUchile &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, 1erde juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue Cultures &amp; Conflits et du journal &#233;lectronique de Radio Universidad de Chile.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Unificar-las-luchas-en-Chile&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par&lt;/strong&gt; : Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/Unifier-les-luttes-au-Chile&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 11 juin 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coup bas de Ricardo Lagos &#224; l'Am&#233;rique Latine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Le-coup-bas-de-Ricardo-Lagos-a-l-Amerique-Latine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.elcorreo.eu.org/Le-coup-bas-de-Ricardo-Lagos-a-l-Amerique-Latine</guid>
		<dc:date>2015-04-17T17:21:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'ex-Pr&#233;sident Ricardo Lagos [ Ricardo Froil&#225;n Lagos Escobar fut pr&#233;sident de la Republique du Chili du 11 mars 2000 au 11 de mars 2006.]] a rencontr&#233; les &#233;pouses des dissidents v&#233;n&#233;zu&#233;liens Leopoldo L&#243;pez et Antonio Ledezma. Il a alors prononc&#233; ces mots : &#171; C'est une obligation pour tous les d&#233;mocrates d'Am&#233;rique du Sud d'avoir une vision claire de ce qui se passe. Nous comprenons la position du pr&#233;sident Maduro, mais une solution politique est indispensable &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Puis : &#171; Il y a plus de 80 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ex-Pr&#233;sident Ricardo Lagos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;* Ricardo Froil&#225;n Lagos Escobar fut pr&#233;sident de la Republique du Chili du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a rencontr&#233; les &#233;pouses des dissidents v&#233;n&#233;zu&#233;liens Leopoldo L&#243;pez et Antonio Ledezma. Il a alors prononc&#233; ces mots : &#171; C'est une obligation pour tous les d&#233;mocrates d'Am&#233;rique du Sud d'avoir une vision claire de ce qui se passe. Nous comprenons la position du pr&#233;sident Maduro, mais une solution politique est indispensable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis : &#171; Il y a plus de 80 prisonniers politiques, je crois qu'il faut demander que la Croix Rouge soit accept&#233;e par le gouvernement de Maduro afin qu'elle puisse visiter les prisons et voir les conditions de d&#233;tention&#8230; Je ne sais pas si je dis une impertinence mais Pinochet a accept&#233;, en son temps, que la Croix Rouge vienne au Chili&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ricardo Lagos doit savoir si c'est une impertinence ou non. Il ne peut pas ne pas le savoir. Il ne peut pas ignorer l'importance de chaque mot qu'on prononce dans un espace public avec toute la force symbolique que donne, de plus, le fait d'&#234;tre un ancien Pr&#233;sident de la R&#233;publique. Qu'est-ce que Ricardo Lagos est en train de nous dire ? Que &#171; m&#234;me &#187; Pinochet a eu un geste &#171; humanitaire &#187; et/ou &#171; d&#233;mocratique &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Ricardo Lagos : la dictature de Pinochet a mortellement bless&#233; notre pays, &#224; travers la n&#233;gation du droit &#224; ceux qui ont &#233;t&#233; poursuivis pour des raisons politiques, &#224; travers la torture, les ex&#233;cutions, les disparitions. Mais aussi &#224; travers l'introduction, l'incorporation d'un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; qui exclut jour apr&#232;s jour de vastes secteurs de notre soci&#233;t&#233;. Ce mod&#232;le de soci&#233;t&#233; fait disparaitre : rend invisibles, comme si elles n'avaient pas la moindre valeur, un grand nombre de personnes, fond&#233; qu'il est sur l'in&#233;galit&#233;, l'exclusion. Telle est la logique du syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral qui en sauve quelques uns, en exclut beaucoup et condamne tous les autres &#224; &#234;tre les survivants d'une lutte impitoyable pour assurer le minimum au quotidien. Ce syst&#232;me que la dictature nous a l&#233;gu&#233;, la Concertation &#8211;coalition de partis aujourd'hui appel&#233;e &#171; &lt;i&gt;Nueva Mayor&#237;a&lt;/i&gt; &#187;&#8211; l'a consolid&#233;. Alors quoi ? Si &#234;tre d&#233;mocrate ne signifie que laisser faire, le mot &#171; d&#233;mocrate &#187; doit &#234;tre repens&#233;. Parce qu'il ne nous met pas &#224; l'abri : il ne nous lib&#232;re pas de l'iniquit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Ricardo Lagos : &#234;tes-vous en train de comparer le Pr&#233;sident Maduro au Dictateur Pinochet ? Sans doute, comme n'importe quel citoyen chilien, vous pouvez dire ce que bon vous semble et moi &#8211;comme n'importe quelle citoyenne&#8211; je peux attendre de vous, en tant qu'ancien Pr&#233;sident de la R&#233;publique, que vous replaciez les exp&#233;riences politiques dans leur contexte. Sans &#234;tre sp&#233;cialiste de ces th&#232;mes, je crois comprendre qu'au Venezuela, d'abord sous le gouvernement de l'ex Pr&#233;sident Hugo Ch&#225;vez puis sous le gouvernement du Pr&#233;sident Maduro, une lutte est en train d'&#234;tre livr&#233;e qui, dans notre pays, semble &#234;tre morte en m&#234;me temps que l'Unit&#233; Populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui se bat aujourd'hui au Chili pour la construction d'un pays plus juste, plus solidaire, capable de mettre un terme aux abus des oligarchies dominantes ? (Bien entendu, je ne fais pas ici r&#233;f&#233;rence aux efforts isol&#233;s de quelques courageux qui s'obstinent mais aux forces actives capables d'influencer la sc&#232;ne politique). C'est &#233;vident : les pays qui affrontent les classes dominantes ont des probl&#232;mes. Le Venezuela a des probl&#232;mes. L'Argentine &#8211;d'o&#249; j'&#233;cris&#8211; a des probl&#232;mes. Mais ces pays et bien d'autres, qui vivent aujourd'hui des situations de grande confrontation, ont les conflits qu'ils m&#233;ritent : les conflits que leurs politiques ont engendr&#233;s. Des politiques qui disent : suffit, basta. Suffit les abus. On ne veut plus de pays construits pour des minorit&#233;s qui s'enrichissent sur le dos de la mis&#232;re et la souffrance du grand nombre. Sans doute, toute cela ne donne pas droit &#224; agir n'importe comment. Mais tout d&#233;bat sur les droits de l'homme au Venezuela devrait &#234;tre abord&#233; avec la conscience aig&#252;e du conflit en cours. Parce que les droits de l'homme peuvent &#234;tre invoqu&#233;s par tous. Y compris par les masses exclues du Venezuela qui n'ont jamais suscit&#233; un mot de soutien ou d'indignation de la part de nos gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur Ricardo Lagos : quand on parle en public, quand on dispose d'une tribune, quand on b&#233;n&#233;ficie de cette sorte de prime d'attention que donne le rang d'ex-Pr&#233;sident de la R&#233;publique, tous les mots ont leur importance. On en est responsable. Que vous citiez Pinochet pour d&#233;velopper un argument postul&#233; comme d&#233;mocratique et respectueux du droit c'est plus qu'une impertinence. C'est une honte. C'est un coup bas. C'est n'avoir rien compris &#224; l'histoire elle m&#234;me. C'est, dans le contexte o&#249; ces mots ont &#233;t&#233; prononc&#233;s, se soustraire &#224; la lutte qui se livre aujourd'hui sur notre continent. Vous &#234;tes dans votre droit : vous pouvez vous soustraire, vous pouvez critiquer, vous pouvez avoir une vision diff&#233;rente et vous exprimer en cons&#233;quence. Mais c'est indigne de recourir &#224; Pinochet pour attaquer et stigmatiser, une fois de plus, des hommes et des femmes en lutte. En lutte pour la reconqu&#234;te de la souverainet&#233; et du principe m&#234;me de l'&#233;galit&#233; pour tous. En particulier pour les exclus de toujours. Ceux-l&#224; m&#234;me que notre soci&#233;t&#233; si d&#233;mocratique rel&#232;gue et condamne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; pour &lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;DiarioUchile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://radio.uchile.cl/2015/04/14/ricardo-lagos-y-venezuela&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;DiarioUchile&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Santiago de Chile, 14 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/El-golpe-bajo-a-America-Latina-de-Ricardo-Lagos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de&lt;/strong&gt; : Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue Cultures &amp; Conflits et du journal &#233;lectronique de Radio Universidad de Chile.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/El-golpe-bajo-a-America-Latina-de-Ricardo-Lagos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;El Correo&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 17 avril 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;* &lt;strong&gt;Ricardo Froil&#225;n Lagos Escobar&lt;/strong&gt; fut pr&#233;sident de la Republique du Chili du 11 mars 2000 au 11 de mars 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mort lente des disparus au Chili. Sous la n&#233;gociation civils-militaires (1973-2002)de Antonia Garcia Castro</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-mort-lente-des-disparus-au-Chili-Sous-la-negociation-civils-militaires-1973-2002-de-Antonia-Garcia-Castro</link>
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		<dc:date>2013-03-03T08:53:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Cet homme &#233;tait &#233;videmment pr&#233;cieux. On n'avait pas tenu &#224; le garder vivant, mais on tenait &#224; le conserver mort &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Hugo (L'homme qui rit) &lt;br class='autobr' /&gt; Le 11 septembre 1973, ils avaient des noms. Ils s'appelaient Anselmo Radrig&#225;n, Vicente Garc&#237;a, Juan Aguirre, Alicia Herrera. La liste comporte au total 1198 noms. Beaucoup d'entre eux &#233;taient des militants de la gauche chilienne. Arr&#234;t&#233;s apr&#232;s le coup d'Etat, on ne les a plus revus. &lt;br class='autobr' /&gt;
On suppose qu'ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s. On le suppose, on ne le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Livres" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Cet homme &#233;tait &#233;videmment pr&#233;cieux. &lt;br/&gt;
On n'avait pas tenu &#224; le garder vivant, &lt;br/&gt;
mais on tenait &#224; le conserver mort &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Victor Hugo (L'homme qui rit)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L300xH300/1-48-b6b79-d2017.jpg?1712427539' width='300' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 11 septembre 1973, ils avaient des noms. Ils s'appelaient Anselmo Radrig&#225;n, Vicente Garc&#237;a, Juan Aguirre, Alicia Herrera. La liste comporte au total 1198 noms. Beaucoup d'entre eux &#233;taient des militants de la gauche chilienne. Arr&#234;t&#233;s apr&#232;s le coup d'Etat, on ne les a plus revus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On suppose qu'ils ont &#233;t&#233; tu&#233;s. On le suppose, on ne le sait pas avec certitude. Dans leurs foyers, le souvenir s'installe. Dans leurs foyers, p&#232;re et m&#232;re, s&#339;urs et fr&#232;res, peuvent pr&#233;server l'illusion que leurs &#234;tres chers ne sont qu'absents. La mort menace, cogne aux fen&#234;tres, mais n'entre pas. Puisqu'on n'a pas vu. Puisqu'on ne peut constater qu'ils sont morts. Puisqu'on ne sait pas o&#249; ils sont. Sur la liste des 1198 noms figure un ent&#234;te. Il y est &#233;crit : &#171; Disparus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ouvrage porte son attention sur une modalit&#233; de l'assassinat politique ou la mort brutale devient paradoxalement mort lente. Entre 1973 et 1989, les services de renseignement de la Junte Militaire chilienne ont fait dispara&#238;tre 1198 prisonniers. Depuis, le d&#233;bat politique admet une question r&#233;currente - &#171; que faire des disparus ? &#187; - et une r&#233;ponse implicite : &#171; il faut les retrouver &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux questions sont privil&#233;gi&#233;es dans l'analyse propos&#233;e : Comment passe-t-on d'une politique du &#171; faire dispara&#238;tre &#187; &#224; une politique du &#171; faire appara&#238;tre &#187; ? Que veut dire aujourd'hui &#171; retrouver les disparus &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;strong&gt;La mort lente des disparus au Chili. &#187;&lt;br/&gt;
Sous la n&#233;gociation civils-militaires (1973-2002) &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Antonia Garcia Castro&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Edition&lt;/strong&gt; : Maisonneuve et Larose, 2002&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;ISBN&lt;/strong&gt; : 9782706816406&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;EAN&lt;/strong&gt; : 9782706816406&lt;br/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://conflits.revues.org/1064#sthash.9gY9hEWc.dpuf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Culture &amp; Conflits&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 13 mars 2006,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;*Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt; De nationalit&#233; chilienne. Dipl&#244;m&#233;e de l'IEP de Paris, docteur en sociologie (EHESS). Collaboratrice de la revue Cultures &amp; Conflits et du journal &#233;lectronique de Radio Universidad de Chile.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jorge Cedr&#243;n : &#171; Histoire d'un Tigre bless&#233; &#187; </title>
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		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



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&lt;p&gt;&#171; Les Cedron sont comme les doigts de la main, ils vont toujours ensemble &#187;. Parce que cette phrase des amis de l'enfance s'est r&#233;v&#233;l&#233;e exacte, quand un des fr&#232;res Cedron meurt c'est une main enti&#232;re qui manque aux autres. Il y a une histoire qu'on ne peut pas raconter. Qu'on ne peut pas raconter comme il faut parce que certains &#233;pisodes sont inconnus. On ne peut pas non plus faire silence. Cette histoire a affect&#233; plusieurs personnes et parmi elles, les membres du Cuarteto. Il s'agit de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-98" rel="directory"&gt;Argentine&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7908 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L114xH243/Jorge_copy-1e049.jpg?1694183823' width='114' height='243' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Cedron sont comme les doigts de la main, ils vont toujours ensemble &#187;. Parce que cette phrase des amis de l'enfance s'est r&#233;v&#233;l&#233;e exacte, quand un des fr&#232;res Cedron meurt c'est une main enti&#232;re qui manque aux autres. Il y a une histoire qu'on ne peut pas raconter. Qu'on ne peut pas raconter comme il faut parce que certains &#233;pisodes sont inconnus. On ne peut pas non plus faire silence. Cette histoire a affect&#233; plusieurs personnes et parmi elles, les membres du &lt;i&gt;Cuarteto&lt;/i&gt;. Il s'agit de la mort de Jorge Cedr&#243;n survenue &#224; Paris, le 1er juin 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avertissement au lecteur s'impose. Bien que jusqu'&#224; pr&#233;sent certains &#233;pisodes tragiques de l'histoire politique argentine aient &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s, les histoires, les petites histoires ou anecdotes retenues parlent surtout d'une victoire, la victoire de la vie, de l'envie de vivre, de la cr&#233;ativit&#233;, du g&#233;nie m&#234;me que d'aucuns d&#233;ploient pour se remettre des plus terribles exp&#233;riences. Cette histoire-ci, celle qui concerne la mort de Jorge Cedron, ne comprend que des d&#233;faites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'en venir aux faits, il convient de souligner le contexte dans lequel ceux-ci se sont produits. Un coup d'&#201;tat a eu lieu en Argentine le 24 mars 1976. Quatre ans plus tard, une importante communaut&#233; d'Argentins vit &#224; Paris. Cette communaut&#233; est organis&#233;e, des associations sont cr&#233;&#233;es, lesquelles d&#233;noncent les agissements des militaires argentins. En m&#234;me temps, Paris est un lieu de r&#233;sidence plus ou moins temporaire pour des militants montoneros (issus du mouvement p&#233;roniste, oppos&#233;s au gouvernement militaire et traqu&#233;s tout particuli&#232;rement par la Marine argentine). De ce fait, Paris est rapidement identifi&#233; par le gouvernement argentin comme le &#171; berceau de la subversion &#187;, ce qui donne lieu en 1977 &#224; la cr&#233;ation d'un &#171; Centre Pilote &#187;. D'abord abrit&#233; par l'ambassade argentine, en janvier 1978 le centre est sous l'&#233;gide directe de la Marine, branche de l'arm&#233;e &#224; laquelle incombe le domaine des affaires &#233;trang&#232;res. Il aura pour mission officielle celle de combattre les activit&#233;s de d&#233;nonciations pour violations aux droits de l'homme ; et pour mission officieuse, celle de surveiller et contrer les acteurs associatifs et politiques de l'opposition &#224; la dictature argentine agissant &#224; Paris&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet de l'exportation du conflit argentin en France et les autres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quoique l'id&#233;e d'une pr&#233;sence en France de militaires argentins &#224; de telles fins puisse para&#238;tre pour le moins probl&#233;matique, elle peut prendre sens dans le cadre de ce que l'on sait aujourd'hui des relations &#233;tablies entre certains secteurs militaires fran&#231;ais et argentins pendant la p&#233;riode. La journaliste fran&#231;aise Marie-Monique Robin a r&#233;alis&#233; une enqu&#234;te sur le sujet (Escadrons de la mort. L'Ecole fran&#231;aise, La D&#233;couverte, 2008), laquelle &#233;tablit, entre autres &#233;l&#233;ments, l'existence d'un accord secret de coop&#233;ration militaire entre la France et l'Argentine, en vertu duquel est &#233;tablie &#224; Buenos Aires une mission militaire entre 1960 et 1981&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suite &#224; cette enqu&#234;te, les d&#233;put&#233;s Verts No&#235;l Mam&#232;re, Martine Billard et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces &#233;l&#233;ments n'expliquent pas ce qui va suivre. Mais ils constituent l'arri&#232;re-fond de certaines hypoth&#232;ses relatives &#224; la mort de Jorge Cedr&#243;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie des faits est connue. La presse fran&#231;aise, comme la presse argentine, en ont parl&#233; et il existe aujourd'hui plusieurs publications en espagnol qui abordent le sujet. La pr&#233;sentation qui va suivre prend appui sur l'une d'elles, laquelle comporte de nombreux t&#233;moignages des personnes les plus directement concern&#233;es. Il s'agit de l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; de Fernando Mart&#237;n Pe&#241;a (&lt;i&gt;El cine quema : Jorge Cedr&#243;n&lt;/i&gt;). &#192; partir des r&#233;cits contenus dans ce livre, il est possible de faire une chronique succincte des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai 1980, le beau-p&#232;re de Jorge Cedron, Saturnino Montero Ruiz, homme influent, ancien pr&#233;sident du Banco Naci&#243;n et Maire de Buenos Aires sous le gouvernement militaire d'Alejandro Lanusse (1971-1973), est enlev&#233; &#224; Paris alors qu'il rend visite &#224; sa fille, Marta. Une ran&#231;on est demand&#233;e. Pendant quelques jours, comme l'exigent les ravisseurs (dont l'un se rend au domicile de Marta et de Jorge Cedron avant d'&#234;tre chass&#233; par ce dernier), la nouvelle n'est pas rendue publique. Marta se rend &#224; Buenos Aires, o&#249; sa m&#232;re prenant connaissance de la situation d&#233;cide d'informer les autorit&#233;s argentines. L'ambassade argentine &#224; Paris est pr&#233;venue, laquelle informe &#224; son tour les autorit&#233;s fran&#231;aises. Le 31 mai, alors qu'elle revient de Buenos Aires, Marta Montero est interpell&#233;e &#224; l'a&#233;roport et convoqu&#233;e pour une d&#233;claration &#224; la Pr&#233;fecture de Police, Quai des Orf&#232;vres. Jorge l'accompagne. &#192; un moment donn&#233;, il quitte le bureau dans l'intention d'aller chercher des cigarettes rest&#233;es dans la voiture. Lorsque Marta termine sa d&#233;claration aux premi&#232;res heures du 1er juin, on lui annonce qu'une trag&#233;die vient de se produire : &#171; votre mari a mis fin &#224; ses jours &#187;. La police fran&#231;aise intervient alors pour tenter de localiser les ravisseurs de son p&#232;re. Le 3 juin, Saturnino Montero Ruiz est lib&#233;r&#233; sans que la ran&#231;on ait &#233;t&#233; pay&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces faits, avec leurs questions persistantes, sont donc racont&#233;s dans le livre de Pe&#241;a. Mais ici, il ne s'agit pas tant de faire une synth&#232;se de ce que l'on sait, que de prendre la mesure de tout ce que l'on ne sait pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que la version officielle diffus&#233;e &#224; l'&#233;poque ait &#233;t&#233; celle du suicide, certains &#233;l&#233;ments la discr&#233;ditent. Jorge se serait poignard&#233;, le couteau &#8211; un laguiole qu'il avait l'habitude de porter sur lui et que la police n'a pas confisqu&#233; &#224; son arriv&#233;e &#8211; &#233;tait dans la main droite, Jorge &#233;tait gaucher ; il avait plusieurs coups de couteau dans la r&#233;gion du c&#339;ur ; lorsqu'il a &#233;t&#233; possible de voir le corps, quelques minutes avant l'enterrement, un pansement couvrait une partie de la t&#234;te ; un policier aurait d'abord dit que Jorge avait &#233;t&#233; trouv&#233; mourant puis qu'il &#233;tait d&#233;j&#224; mort ; de m&#234;me, selon les premi&#232;res d&#233;clarations officielles, la porte des toilettes o&#249; il a &#233;t&#233; retrouv&#233; aurait &#233;t&#233; ferm&#233;e de l'int&#233;rieur, on a ensuite dit qu'elle &#233;tait ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains, le lien entre les deux faits (l'enl&#232;vement de Montero Ruiz et la mort de Jorge Cedron) est une &#233;vidence : ceux qui ont enlev&#233; Montero Ruiz seraient, d'une mani&#232;re ou d'une autre, li&#233;s &#224; la mort de Jorge Cedr&#243;n. En ce qui concerne les ravisseurs, il existe au moins trois versions : les ravisseurs seraient des militants montoneros ; les ravisseurs seraient des militaires argentins ; les ravisseurs seraient des militants montoneros et des militaires argentins. La dimension politique de l'enl&#232;vement est donn&#233;e par l'identit&#233; suppos&#233;e des ravisseurs. Montero Ruiz &#233;tait par ailleurs un proche de Lanusse, militaire oppos&#233; aux g&#233;n&#233;raux qui prennent le pouvoir en 1976. N&#233;anmoins, le mobile serait moins li&#233; aux positions politiques de Montero Ruiz qu'&#224; sa puissance financi&#232;re. L'argent ne serait pas un alibi mais la motivation principale des ravisseurs et ce dans les trois hypoth&#232;ses consid&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier et le dernier cas, c'est-&#224;-dire pour ceux qui croient &#224; une participation des montoneros, on signale la possible intervention de Rodolfo Galimberti. Celui-ci avait rompu avec le mouvement un an auparavant. Dans une lettre qu'il signe avec Juan Gelman le 22 f&#233;vrier 1979, tous deux en expliquaient les raisons. Galimberti est une figure extr&#234;mement controvers&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il existe une enqu&#234;te sur l'itin&#233;raire de cet homme (Marcelo Larraquy et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et avait &#224; son actif un enl&#232;vement c&#233;l&#232;bre survenu &#224; Buenos Aires en 1974 (les s&#233;questr&#233;s avaient alors &#233;t&#233; deux importants entrepreneurs argentins et la ran&#231;on, exorbitante, avait &#233;t&#233; pay&#233;e). Galimberti, qui &#233;tait &#224; Paris au moment des faits, aurait &#233;t&#233; victime d'un attentat sur la voie publique le 31 mai 1980, ce qui aurait provoqu&#233; sa sortie imm&#233;diate du pays (l'attentat n'a jamais &#233;t&#233; av&#233;r&#233;, en revanche Galimberti a effectivement quitt&#233; le pays imm&#233;diatement apr&#232;s la mort de Cedron).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il existe aussi une rumeur, que les journaux argentins en particulier ont diffus&#233;e, selon laquelle Jorge Cedron, proche des montoneros, aurait lui-m&#234;me pu &#234;tre complice de l'enl&#232;vement de son beau-p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Aucune de ces versions n'a &#233;t&#233; corrobor&#233;e &#224; ce jour. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commissaire Leclerc, alors charg&#233; de l'enqu&#234;te sur l'enl&#232;vement de Montero Ruiz, demande discr&#233;tion. Plusieurs r&#233;cits s'accordent sur le fait qu'il y a eu volont&#233; aussi bien de la part des autorit&#233;s fran&#231;aises que des autorit&#233;s argentines de ne pas diffuser les faits. Bien que la presse fran&#231;aise et argentine ait mentionn&#233; les deux &#233;pisodes, suite &#224; la lib&#233;ration de Montero Ruiz l'affaire a rapidement disparu des chroniques journalistiques. Une instruction judiciaire a &#233;t&#233; ouverte (conclue par un non-lieu le 27 avril 1988) mais &#224; ce jour la famille n'a jamais pu consulter les dossiers aff&#233;rents &#224; ces deux &#233;v&#233;nements. Pourquoi un &#171; simple &#187; suicide donne-t-il lieu &#224; tant de discr&#233;tion ? Mais, surtout, pourquoi un &#171; simple &#187; enl&#232;vement sans r&#233;sultat de mort, pour lequel la ran&#231;on n'a pas &#233;t&#233; pay&#233;e, est trait&#233; comme un secret d'&#201;tat et non comme une victoire de la police fran&#231;aise ? Si ce que l'on voulait c'&#233;tait &#233;viter un scandale, qu'est-ce qui tr&#232;s exactement dans ces faits pouvait se r&#233;v&#233;ler scandaleux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, Juan Cedron a voulu demander une contre-autopsie, condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; pour d&#233;terminer l'&#233;l&#233;ment premier : suicide ou assassinat ? Les corps ne se taisent pas. M&#234;me morts, les corps disent ce qui leur est arriv&#233;. Le rapport officiel disait &#171; suicide &#187;, il n'y avait pas de raison de douter. Sauf que Jorge &#233;tait gaucher et que le laguiole &#233;tait dans la main droite. Compte tenu de ces donn&#233;es, du moment politique que l'on vivait alors en Argentine, compte tenu de la pr&#233;sence de militaires argentins en France (fait dont le milieu des exil&#233;s argentins a eu connaissance), il paraissait raisonnable de demander une contre-autopsie. En d&#233;pit des difficult&#233;s, Juan Cedron a entam&#233; des d&#233;marches pour mettre un terme au doute et il a &#233;t&#233; rapidement menac&#233;. Pendant quelques jours, il a b&#233;n&#233;fici&#233; du soutien d'un important homme politique fran&#231;ais qui a par la suite adh&#233;r&#233; &#224; la version officielle du suicide. Dans les archives du &lt;i&gt;Cuarteto Cedr&#243;n&lt;/i&gt;, on trouve aussi une lettre r&#233;dig&#233;e par un Maire indign&#233; par les faits : &#171; Les circonstances troublantes du d&#233;c&#232;s de votre fr&#232;re ne peuvent que soulever l'indignation des d&#233;mocrates de notre pays qui se demandent si la police fran&#231;aise a &#233;t&#233; complice des agissements fascistes de la SIDE&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Appareil de renseignement de l'&#201;tat argentin.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; argentine &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre dat&#233;e du 11 juillet 1980.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. N&#233;anmoins, la question centrale, &#233;tant donn&#233; le peu que l'on sait aussi bien sur l'enl&#232;vement de Montero Ruiz que sur la mort de Jorge Cedron, ce n'est pas seulement s'il y a eu des complicit&#233;s fran&#231;aises et &#224; quel niveau, mais aussi qui sont les Argentins qui pourraient &#234;tre impliqu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on laisse momentan&#233;ment de c&#244;t&#233; l'hypoth&#232;se du suicide pour aborder de face celle de l'homicide, un certain nombre de questions surgissent, notamment au sujet du lien entre les deux affaires. Comme cela a &#233;t&#233; dit, m&#234;me si le mobile de l'enl&#232;vement pouvait &#234;tre crapuleux, les acteurs impliqu&#233;s auraient &#233;t&#233; des acteurs politiques. Et si lien il y a eu entre les deux affaires, on peut postuler que l'assassinat pr&#233;sum&#233; a rev&#234;tu, lui aussi, une dimension politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or quiconque s'est int&#233;ress&#233; de pr&#232;s aux assassinats politiques sait qu'on ne tue pas &#224; l'aveuglette sauf quand on cherche &#224; frapper durablement une population par l'ampleur du massacre. Fondamentalement, les assassinats politiques &#224; caract&#232;re s&#233;lectif ont deux motifs ou deux logiques qui peuvent se superposer : on tue quelqu'un pour ce qu'il pourrait faire, ou pour ce qu'il sait, ou pour les deux &#224; la fois. C'est pourquoi, dans le cas o&#249; l'on consid&#233;rerait comme plausible la th&#232;se de l'homicide, il conviendrait de demander : que savait Jorge Cedron ? Que pouvait-il faire ou dire ? Mais aussi : ce que Jorge Cedron pouvait savoir, faire ou dire, &#233;tait-ce li&#233; &#224; l'enl&#232;vement de son beau-p&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question particuli&#232;rement &#233;pineuse renvoie au lieu des faits. La Pr&#233;fecture de Police de Paris ne semble pas, &#224; premi&#232;re vue, le lieu le plus indiqu&#233; ni pour un suicide, ni pour un assassinat politique. Sauf si, s'agissant d'un assassinat, les auteurs du crime avaient d&#233;lib&#233;r&#233;ment voulu impliquer la France et agiter le fant&#244;me du &#171; scandale &#187; comme garantie de protection. Sauf si, autre hypoth&#232;se, ce crime n'avait pas &#233;t&#233; programm&#233;. Dans l'ouvrage de Pe&#241;a, Marta Montero &#233;voque cette derni&#232;re possibilit&#233; dans les termes suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que je peux dire sur Jorge c'est que, effectivement, il vivait d'une mani&#232;re risqu&#233;e (&#8230;), c'&#233;tait un type qui conduit en &#233;tat d'&#233;bri&#233;t&#233;, qui est capable de se battre dans la rue en face de quatre malabars, et au lieu de courir et de se cacher, les affronte et finit bless&#233; (&#8230;) Mais dire : &#8216;Oh l&#224; l&#224;, ce que je suis triste, je n'en peux plus, je m'en vais de ce monde&#8230;' (&#8230;) Pour moi, il a &#233;t&#233; tu&#233; par un Argentin. Et cela n'a pas &#233;t&#233; planifi&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette nuit, tandis que Marta Montero faisait sa d&#233;claration, Jorge s'est absent&#233; dans l'intention d'aller chercher des cigarettes, avant ou apr&#232;s il est all&#233; aux toilettes (il n'&#233;tait pas en garde &#224; vue, il a pu s'y rendre seul). On pourrait imaginer (c'est une extrapolation) qu'il a alors rencontr&#233; et/ou identifi&#233; (voire reconnu) une ou plusieurs personnes. La pr&#233;sence durant ces jours de citoyens argentins, en particulier de membres de l'ambassade argentine, dans l'enceinte de la Pr&#233;fecture est un fait dont il y a des t&#233;moins oculaires. Dans ce cas (c'est encore une extrapolation), il pourrait se faire qu'il y ait eu une altercation. Cette hypoth&#232;se de l'altercation, comme circonstance ponctuelle qui d&#233;clenche le drame, ne contredit pas l'existence d'un hypoth&#233;tique mobile politique. Les liens familiaux entre Jorge Cedron et Montero Ruiz &#233;taient de notori&#233;t&#233; publique. Jorge &#233;tait, par ailleurs, un cin&#233;aste connu pour ses positions politiques et pour sa relation avec montoneros . Jorge savait peut-&#234;tre des choses susceptibles de nuire &#224; des tiers. Jorge avait, c'est s&#251;r, un laguiole. Jorge &#233;tait celui qui &#171; au lieu de courir et de se cacher, les affronte et finit bless&#233; &#187;. Jorge avait plusieurs blessures. Il avait un pansement &#224; la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cela a &#233;t&#233; dit, il ne s'agit que d'hypoth&#232;ses. Toutes les questions restent ouvertes. Au jour d'aujourd'hui, le seul fait av&#233;r&#233; est que Jorge Cedron est mort &#224; la Pr&#233;fecture de Police de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er juin 1980, les six fr&#232;res Cedr&#243;n n'ont plus &#233;t&#233; que cinq. Ce jour-l&#224; c'est l'ensemble du &lt;i&gt;Cuarteto Cedr&#243;n &lt;/i&gt; qui a perdu un partenaire et un &#234;tre cher. Ainsi cette histoire, qui est une infamie dans toutes ses versions, n'a pas de po&#232;me qui puisse la contenir, m&#234;me pas les vers que Tu&#241;&#243;n a d&#233;di&#233;s aux fr&#232;res Genna. En revanche, ceux &#233;crits par Juan Gelman, ami du Tigre Cedron, peuvent encore faire &#233;cho :&lt;/p&gt;
&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qu'il attend pour parler ?
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre que la coupe n'est pas pleine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les coupes, &#224; la longue, finissent-elles par fuir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un homme a gard&#233; le silence.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Buenos Aires, 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
* Ce texte est un chapitre du livre &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Cuarteto-Cedron-Tango-y-quimera&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Cuarteto Cedr&#243;n. Tango y quimera&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;, d'Antonia Garc&#237;a Castro, publi&#233; en 2010 en espagnol chez Ediciones CORREGIDOR (ISBN 978-950-05-1900-7). Sa lecture nous laisse abasourdis face &#224; la Raison d'&#201;tat. Par devoir de m&#233;moire et pour que tous ceux qui ont appr&#233;ci&#233; Jorge Cedron puissent dormir enfin en paix, nous demandons &#224; la R&#233;publique Fran&#231;aise de d&#233;classer les &#171; cartons &#187; qui correspondent &#224; ce &#171; dossier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Carlos Debiasi&lt;/strong&gt;&lt;br/&gt;
Assistant de Direction de &#171; Got&#225;n&#171; de Jorge Cedron (1979) &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sident de l'Association El Correo de la Di&#225;spora Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;***&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les films de Jorge Cedr&#243;n :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; La vereda de enfrente &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
( Le trottoir d'en face) &lt;br /&gt;
(Argentine, 1963)&lt;br/&gt;
Avec Billy Cedr&#243;n, Ra&#250;l Guti&#233;rrez, Violeta Cabas.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 15 min. &lt;br /&gt;
Un gar&#231;on accompagne un autre pour s'initier avec une prostitu&#233;e de l'&#206;le Maciel. &#171; Si tu es dans la rue ils t'am&#232;nent, si tu es dans un h&#244;tel ils t'am&#232;nent, si tu as un homme ils t'am&#232;nent... Je ne sais pas quelle sorte de putes ils veulent &#187;, r&#233;fl&#233;chit la fille. L'argumentaire simple du film est une excuse pour r&#233;aliser un essai descriptif sur cet &#171; autre monde &#187; qui est si pr&#232;s de Buenos Aires &#224; l'apparence si europ&#233;enne. Formellement le court-m&#233;trage est au bord du dilettantisme, mais ce qu'il dit et montre a une rare valeur, une esp&#232;ce de virginit&#233; grossi&#232;re et provocante, un avant-go&#251;t sans d&#233;tour de la crudit&#233; qui a caract&#233;ris&#233; le reste de l'&#339;uvre de Cedron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; El otro oficio &#187; &lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
(&#171; L'autre m&#233;tier &#187;)&lt;br /&gt; (Argentine, 1967)&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec H&#233;ctor Alterio, le Morceau Esp&#237;ndola, Billy Cedr&#243;n. &lt;br/&gt;
Copie en Betacam. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 30 min. &lt;br /&gt;
Le film raconte une histoire banale de claudication quotidienne entre un groupe d'ouvriers qui cherchent un emploi. Cedron ne se limite pas &#224; l'exposition simple du probl&#232;me, mais il cherche en plus &#224; enregistrer ses causes et &#224; les comprendre. Il le fait d' une mani&#232;re stylis&#233;e, par des moments presque expressionniste, en jouant avec les temps du r&#233;cit, l'usage de la voix &lt;i&gt;off&lt;/i&gt; et des angles inhabituels de cam&#233;ra. D'un pas, comme dans toute sa filmographie, il pose son regard sur les zones de la r&#233;alit&#233; que personne n'avait encore observ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; El habilitado &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; (Argentine, 1970) &lt;br/&gt;
Avec H&#233;ctor Alterio, Carlos Antoine, Billy Cedr&#243;n, Gladys Cicagno, Marta Gam, Jos&#233; Marie Guti&#233;rrez, Anne Marie Picchio, H&#233;ctor Tealdi, Walter Vidarte. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 78 min.&lt;br /&gt;
Cinq employ&#233;s submerg&#233;s dans le sous-sol d'un grand magasin de Mar del Plata se lient d'une mani&#232;re grotesque entre eux, en essayant chacun de se sentir meilleur que l'autre gr&#226;ce &#224; des avantages mis&#233;rables. Le r&#233;alisateur n'a pas voulu faire un film r&#233;aliste ni autobiographique, bien que la plupart du film soit bas&#233; sur des exp&#233;riences v&#233;cues par Cedron lui-m&#234;me comme employ&#233; du magasin Los Gallegos. Son objectif a &#233;t&#233; d'obtenir en revanche une &#339;uvre de po&#233;sie crue, bas&#233;e sur le contraste entre des certains segments d&#233;lib&#233;r&#233;ment grotesques et d'autres d'asc&#233;tisme absolu. Apr&#232;s sa premi&#232;re, ce film n'a jamais plus &#233;t&#233; publiquement projet&#233; en Argentine. Il sera projet&#233; dans une nouvelle copie en 35 mm, gr&#226;ce &#224; la collaboration de l'Institut National de Cin&#233;ma et d'Arts Audiovisuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Por los senderos del Libertador &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
(Par les sentiers du Lib&#233;rateur)&lt;br /&gt; (Argentine, 1971) &lt;br /&gt;
Locution : H&#233;ctor Alterio, Fernando Iglesias &#171; Tacholas &#187;, Gianni Lunadei, Luis Barr&#243;n. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 60 min.&lt;br /&gt;
Par ses abondantes id&#233;es formelles et l'audace de sa proposition (suivre la trajectoire europ&#233;enne de San Martin), plusieurs consid&#232;rent que ce documentaire atypique est le meilleur film de Jorge Cedr&#243;n. Il s'agit d'un contre version formelle et id&#233;ologique du &#171; Saint de l'&#233;p&#233;e &#187; (Torre Nilsson, 1970). D'un c&#244;t&#233;, parce qu'il d&#233;crit le bel homme dans des termes r&#233;solument r&#233;visionnistes ; par l'autre, parce que les sc&#232;nes de bataille ont &#233;t&#233; dessin&#233;es par Alberto Cedron en prenant comme point de d&#233;part quelques images fixes du film de Nilsson, sans que celui-ci ne le s&#251;t. Mais le r&#233;alisateur ne s'est pas limit&#233; &#224; troubler artistiquement le plan original de ce film de commande : il a aussi utilis&#233; l'argent qu'on lui a pay&#233; pour produire clandestinement &#171; Op&#233;ration Massacre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; &#171; Operaci&#243;n Masacre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
(Op&#233;ration Massacre)&lt;br /&gt; (Argentine, 1972) &lt;br/&gt;
Avec Julio Troxler, Walter Vidarte, Carlos Carella, Hugo &#193;lvarez, Jos&#233; Marie Guti&#233;rrez, V&#237;ctor Laplace, Norme Aleandro, Zulema Katz, Anne Marie Picchio. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 100 min. &lt;br /&gt;
Cette reconstruction des ex&#233;cutions dans la ville de Jos&#233; Le&#243;n Su&#225;rez, o&#249; le survivant Julio Troxler joue lui m&#234;me, est l'un des films politiques-militants les plus importants de l'histoire du cin&#233;ma argentin. C'&#233;tait aussi le premier long m&#233;trage non documentaire con&#231;u, r&#233;alis&#233; et projet&#233; dans la clandestinit&#233; pendant la derni&#232;re &#233;tape de la dictature de Lanusse. Cedron a &#233;crit l'adaptation en collaboration avec Rodolfo Walsh, auteur du livre qui a d&#233;nonc&#233; les ex&#233;cutions. Le r&#233;alisateur a r&#233;ussi &#224; sauver les n&#233;gatifs de la destruction &#224; les emporter en exil, mais d&#232;s 1983 le film ne pouvait &#234;tre vu en Argentine dans de bonnes conditions. Il sera projet&#233; avec une nouvelle copie de 35 mm, gr&#226;ce &#224; la collaboration de l'Institut National de Cin&#233;ma et d'Arts Audiovisuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Resistir &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
(R&#233;sister)&lt;br /&gt; (France, 1978), de Juli&#225;n Calinki (psd. de Jorge Cedr&#243;n). &lt;br /&gt;
Avec Mario Firmenich. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 70 min. &lt;br /&gt;
C'est un film schizophr&#232;ne. Le point de d&#233;part est un entretien de Mario Firmenich en exil, film&#233; de la mani&#232;re la plus conventionnelle qui peut s'imaginer. Mais d'un autre c&#244;t&#233; c'est l'histoire politique argentine du XXe si&#232;cle, illustr&#233;e avec le mat&#233;riel abondant et surprenant d'archives et la perspective, plus tendre et sensible, d'un militant anonyme imagin&#233; par Cedron et Juan Gelman, avec la voix de celui-ci. Ce personnage, qui se maintient toujours &lt;i&gt;off&lt;/i&gt;, fait son entr&#233;e dans le film quand approche le moment de raconter les bombardements sur la Place de Mai de 1955 et surprend le spectateur pas seulement parce qu'il contraste avec la distance analytique du leader montonero, mais parce qu'il assume la premi&#232;re personne &#224; assurer : &#171; J'ai &#233;t&#233; l&#224; &#187;. Avec ce recours simple Cedron donne au film et &#224; sa perspective politique une n&#233;cessaire dimension humaine. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Direction&lt;/strong&gt; : Juli&#225;n Calinki (psd. de Jorge Cedr&#243;n). &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Scenario :&lt;/strong&gt; Juan Gelman. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Musique :&lt;/strong&gt; Juan &#171; Tata &#187; Cedr&#243;n. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Montage :&lt;/strong&gt; Rodolfo Wedeless, Carlo Schellino. &lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Production :&lt;/strong&gt; Jorge Cedr&#243;n. 16 mms une couleur et byn.&lt;br/&gt; Contient des images d ' &#171; Op&#233;ration Massacre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Got&#225;n &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; (La France, 1979) (Francia, 1979) &lt;br/&gt;
Avec le Cuarteto Cedr&#243;n (Carlos Carlsen, Tata Cedr&#243;n, Miguel Praino, C&#233;sar Stroscio), Paco Ib&#225;&#241;ez, Pablo Cedr&#243;n. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Dur&#233;e :&lt;/strong&gt; 52 min. &lt;br /&gt;
Pour Jorge Cedron ce film a &#233;t&#233; un acte d'affirmation nostalgique et artistique. Sa r&#233;alisation ne s'expliquait pas mais il assurait : &#171; &lt;i&gt;Il &#233;tait n&#233;cessaire de le faire&lt;/i&gt; &#187;. Le r&#233;sultat, jamais vu publiquement en Argentine, est d'une libert&#233; joyeuse cr&#233;atrice, d'un &lt;i&gt;collage&lt;/i&gt;musical dans lequel l'histoire du tango et de ses racines sont imbriqu&#233;es &#224; l'histoire politique argentine. Une ruelle de Buenos Aires reconstruite dans le th&#233;&#226;tre d'Ariane Mnouchkine, une personne &#226;g&#233;e europ&#233;enne qui sait jouer des m&#233;lodies pour lesquelles le bandoneon a &#233;t&#233; dessin&#233; mais qui ne conna&#238;t pas le tango, une r&#233;union d'amis dans l'&lt;i&gt;atelier&lt;/i&gt; d'Antonio Segu&#237;, la musique du &lt;i&gt;Cuarteto Cedr&#243;n&lt;/i&gt;, des petits chevaux en bois et un indien disloqu&#233; sont certains des nombreux &#233;l&#233;ments que le r&#233;alisateur a combin&#233;s dans cette &#339;uvre singuli&#232;re et tr&#232;s personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;
&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;img alt=&#034;Contrat Creative Commons&#034; style='border-width:0' src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L88xH31/88x31-b3f286cb-e3e5b.png?1711361693' width='88' height='31' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur le sujet de l'exportation du conflit argentin en France et les autres missions du Centre Pilote, voir Marina Franco, &lt;i&gt;El Exilio. Argentinos en Francia durante la dictadura&lt;/i&gt;, Buenos Aires, Siglo XXI, 2008 (en particulier le chapitre &#171; &lt;i&gt;Par&#237;s : la cuna de la subversi&#243;n&lt;/i&gt; &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Suite &#224; cette enqu&#234;te, les d&#233;put&#233;s Verts No&#235;l Mam&#232;re, Martine Billard et Yves Cochet ont d&#233;pos&#233;, le 10 septembre 2003, devant la Commission des Affaires &#233;trang&#232;res de l'Assembl&#233;e nationale, une demande de constitution d'une Commission parlementaire pour enqu&#234;ter sur le &#171; r&#244;le de la France dans le soutien aux r&#233;gimes militaires en Am&#233;rique latine de 1973 &#224; 1984 &#187;. Le d&#233;put&#233; UMP Roland Blum, en charge de la Commission, a publi&#233; en d&#233;cembre 2003 un rapport soutenant qu'aucun accord entre la France et l'Argentine n'avait &#233;t&#233; sign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il existe une enqu&#234;te sur l'itin&#233;raire de cet homme (Marcelo Larraquy et Roberto Caballero, Galimberti. De Per&#243;n a Susana. De Montoneros a la CIA, Buenos Aires, Norma, 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Appareil de renseignement de l'&#201;tat argentin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lettre dat&#233;e du 11 juillet 1980.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Tous les jours de la vie Souvenirs d'un militant du MIR chilien d'En&#233;rico Garc&#237;a Concha </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Tous-les-jours-de-la-vie-Souvenirs-d-un-militant-du-MIR-chilien-d-Enerico-Garcia-Concha</link>
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		<dc:date>2010-12-28T11:27:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce r&#233;cit se r&#233;f&#232;re &#224; la vie politique chilienne et sp&#233;cialement &#224; ce que c'&#233;tait le militantisme au sein du Mouvement de Gauche R&#233;volutionnaire (MIR) depuis ses d&#233;buts, vers le milieu des ann&#233;es soixante, jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Son auteur est un militant. Il entr&#233; au MIR en 1968 et fut , entre autres, membre de la premi&#232;re garde pr&#233;sidentielle de Salvador Allende (Garde d'Amis Personnels - GAP), &#171; liaison / lien &#187; de Miguel Enriquez (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MIR) et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Livres" rel="directory"&gt;Culture&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_7932 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L250xH360/Garcia-3eaa1.jpg?1695509821' width='250' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit se r&#233;f&#232;re &#224; la vie politique chilienne et sp&#233;cialement &#224; ce que c'&#233;tait le militantisme au sein du Mouvement de Gauche R&#233;volutionnaire (MIR) depuis ses d&#233;buts, vers le milieu des ann&#233;es soixante, jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son auteur est un militant. Il entr&#233; au MIR en 1968 et fut , entre autres, membre de la premi&#232;re garde pr&#233;sidentielle de Salvador Allende (Garde d'Amis Personnels - GAP), &#171; liaison / lien &#187; de Miguel Enriquez (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du MIR) et responsable de la s&#233;curit&#233; de la commission politique du m&#234;me parti. Le livre est structur&#233; autour de ses souvenirs et r&#233;flexions sur des &#233;v&#233;nements v&#233;cus. Ce sont des histoires qui impliquent l'auteur et ses compagnons, militants du premier rang et militants de l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enerico Garcia Concha &#233;voque ce qui ont &#233;t&#233; en vie, ceux que les jeunes Chiliens d'aujourd'hui, connaissent souvent seulement&#8211; quand ils les connaissent &#8211; comme morts. Son r&#233;cit essaie de prolonger en m&#234;me temps l'analyse sur ce que c'&#233;tait la politique &#224; un moment donn&#233;. En enqu&#234;tant sur le militantisme miriste et en mettant l'accent sur la rupture, &#224; ses yeux, que g&#233;n&#232;re la mort de Miguel Enriquez en octobre 1974, l'auteur d&#233;veloppe une vision critique d'une s&#233;rie de d&#233;cisions et de conduite politique au sein du MIR. Un axe important de la r&#233;flexion est donn&#233; par la question de la violence, examin&#233;e sous ses diverses facettes et, avec une vision microscopique, en &#233;tablissant des circonstances, des logiques, des cons&#233;quences. Le r&#233;cit se termine en 1983, le moment dans lequel l'appareil militaire du MIR souffre un d&#233;mant&#232;lement major et dans lequel Enerico Garcia Concha choisit de sortir du Chili.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#171; autobiographie politique &#187; c'est ce qu'il construit, sc&#232;ne apr&#232;s sc&#232;ne, en choisissant les moments que sa m&#233;moire sauve comme autant de cl&#233;s de compr&#233;hension d'une histoire qui est la sienne, certainement, mais qui a &#224; voir avec plusieurs autres. Au-del&#224; de la sp&#233;cificit&#233; des sujets abord&#233;s et du contexte historique, certaines questions pos&#233;es nous renvoient aux dilemmes qui ne sont propres &#224; un pays, ni &#224; un parti politique, ni m&#234;me peut-&#234;tre &#224; une &#233;poque, mais &#224; la situation ancestrale de l'homme qui discute, conteste et dispute au pouvoir supr&#234;me un peu plus que ses symboles. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonia Garc&#237;a Castro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Titre &lt;/strong&gt; : TODOS LOS DIAS DE LA VIDA : Recuerdos de un militante del MIR chileno. &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Auteur &lt;/strong&gt; : En&#233;rico Garc&#237;a Concha &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Pages &lt;/strong&gt; : 238 &lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Format &lt;/strong&gt; : 17,5 x 12,5 cm&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;Date une publication &lt;/strong&gt; : Octobre 2010, la premi&#232;re &#233;dition&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;Langue &lt;/strong&gt; : Espagnol&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;ISBN &lt;/strong&gt; : 978-956-260-532-8&lt;br/&gt;
&lt;strong&gt;Acheter&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;http://www.buscalibros.cl/todos-dias-vida-enerico-garcia-cp_4920113.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Buscalibros.cl&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La m&#233;moire des survivants et la r&#233;volte des ombres : les disparus dans la soci&#233;t&#233; chilienne (1973-1995)</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-memoire-des-survivants-et-la-revolte-des-ombres-les-disparus-dans-la-societe-chilienne-1973-1995</link>
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		<dc:creator>Antonia Garc&#237;a Castro *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le crime de la disparition-forc&#233;e aura affect&#233; plus d'une fois la soci&#233;t&#233; chilienne. C'est parce que l'occultation du corps de la victime produit &#233;galement des effets sur son entourage que la disparition a pu devenir une pratique r&#233;pressive aux mains des militaires. Hier, les familles des victimes transgressaient la loi du silence en rendant visible l'absence de leurs proches : leur r&#233;volte laisse une empreinte dans une soci&#233;t&#233; amen&#233;e &#224; se prononcer aujourd'hui sur les crimes du pass&#233; et sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Chili-317" rel="directory"&gt;Chili&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le crime de la disparition-forc&#233;e aura affect&#233; plus d'une fois la soci&#233;t&#233; chilienne. C'est parce que l'occultation du corps de la victime produit &#233;galement des effets sur son entourage que la disparition a pu devenir une pratique r&#233;pressive aux mains des militaires. Hier, les familles des victimes transgressaient la loi du silence en rendant visible l'absence de leurs proches : leur r&#233;volte laisse une empreinte dans une soci&#233;t&#233; amen&#233;e &#224; se prononcer aujourd'hui sur les crimes du pass&#233; et sur les normes qui doivent r&#233;gir la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il fallait fixer une date marquant le d&#233;but du processus de d&#233;mocratisation au Chili, peut-&#234;tre faudrait-il opter pour ce 5 octobre 1988, o&#249; le peuple chilien a &#233;t&#233; invit&#233; &#224; se prononcer sur l'avenir du r&#233;gime militaire. Ce choix serait moins motiv&#233; par l'issue de ce r&#233;f&#233;rendum que par sa mise en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, pour la premi&#232;re fois depuis le coup d'Etat de 1973, deux conceptions, non pas seulement de l'avenir, mais aussi du pass&#233; du Chili, se sont oppos&#233;es ouvertement. Poser la question de la capacit&#233; des militaires &#224; gouverner le pays ne pouvait que solliciter une r&#233;flexion plus ample sur la mani&#232;re dont le pays avait &#233;t&#233;, effectivement, gouvern&#233; par les militaires. Cette pr&#233;sence du pass&#233; devint, durant les ann&#233;es quatre-vingt-dix, un th&#232;me majeur du d&#233;bat politique, soutenu par l'interrogation suivante : &#171; Que faut-il conna&#238;tre des pratiques r&#233;pressives du r&#233;gime militaire afin de consolider la transition d&#233;mocratique ? . &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la transition ait &#233;t&#233; une initiative du r&#233;gime militaire lui-m&#234;me place le nouveau gouvernement dans une situation complexe : limit&#233; dans son action par des entraves institutionnelles qui prot&#232;gent les int&#233;r&#234;ts des forces arm&#233;es, il ne peut cependant ignorer les revendications des secteurs politiques dont il est issu. Or, la th&#233;matique des violations des droits de l'homme, perp&#233;tr&#233;es sous le r&#233;gime militaire, a &#233;t&#233; le ferment de la coalition qui remporta les &#233;lections du 14 d&#233;cembre 1989. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Cultures &amp; Conflits&lt;/U&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;http://conflits.revues.org/index2163.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://conflits.revues.org/index216...&lt;/a&gt; Hors th&#232;me n&#176;25-25 1997, pp. 257-271&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lire la suite dans le document Pdf ci joint&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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