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	<title>El Correo</title>
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		<title>Comment la cryptographie est une arme essentielle dans la lutte contre les Etats imp&#233;riaux</title>
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		<dc:date>2013-07-13T16:36:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Julian Assange</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le codage des messages, ou cryptographie, doit permettre aux petits Etats de se d&#233;fendre contre les plus grands, assure le fondateur de WikiLeaks dans une tribune exceptionnelle. Car, de P&#233;kin &#224; Washington, le contr&#244;le des communications est aujourd'hui une arme de guerre. &lt;br class='autobr' /&gt; La plupart des premiers &#171; cypherpunks &#187; [groupes de personnes int&#233;ress&#233;es par la cryptographie, l'ensemble des techniques de codage et de d&#233;codage de messages] &#233;taient des militants libertariens de Californie. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Bataille-pour-l-information" rel="directory"&gt;Bataille pour l'information&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le codage des messages, ou cryptographie, doit permettre aux petits Etats de se d&#233;fendre contre les plus grands, assure le fondateur de WikiLeaks dans une tribune exceptionnelle. Car, de P&#233;kin &#224; Washington, le contr&#244;le des communications est aujourd'hui une arme de guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La plupart des premiers &#171; cypherpunks &#187; [groupes de personnes int&#233;ress&#233;es par la cryptographie, l'ensemble des techniques de codage et de d&#233;codage de messages] &#233;taient des militants libertariens de Californie. Je n'&#233;tais pas issu de la m&#234;me tradition, mais nous &#233;tions tous unis par notre volont&#233; de prot&#233;ger les libert&#233;s individuelles contre la tyrannie de l'Etat. La cryptographie &#233;tait notre arme secr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens ont oubli&#233; &#224; quel point cet outil &#233;tait subversif. A l'&#233;poque, la cryptographie &#233;tait la propri&#233;t&#233; exclusive des Etats, qui s'en servaient pour conduire leurs guerres. En concevant notre propre logiciel et en le diffusant au maximum, nous avons lib&#233;r&#233; la cryptographie. Nous l'avons d&#233;mocratis&#233;e et diss&#233;min&#233;e &#224; travers les fronti&#232;res du nouvel Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;action des autorit&#233;s et leurs diverses mesures contre ce &#171; trafic d'armes &#187; n'ont pas r&#233;ussi &#224; enrayer le mouvement. La cryptographie est devenue un standard des navigateurs Internet et d'autres logiciels que les gens utilisent aujourd'hui quotidiennement. La cryptographie est un instrument crucial de la lutte contre l'oppression de l'Etat. C'est le message de mon livre Menaces sur nos libert&#233;s (&#233;d. Robert Laffont, mars 2013). La d&#233;mocratisation de solides protocoles cryptographiques ne doit toutefois pas se limiter &#224; cela. Notre avenir ne repose pas sur la seule libert&#233; des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surveillance de masse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de WikiLeaks permet d'acc&#233;der &#224; un niveau &#233;lev&#233; de compr&#233;hension des relations entre l'ordre mondial et la logique des empires. Avec le d&#233;veloppement de WikiLeaks, nous avons vu les preuves de la domination et du harc&#232;lement exerc&#233;s par de grandes puissances sur de petites nations, qui &#233;taient infiltr&#233;es par des entreprises &#233;trang&#232;res et forc&#233;es d'agir contre leurs int&#233;r&#234;ts. Nous avons vu la volont&#233; populaire priv&#233;e d'expression, les &#233;lections achet&#233;es et les richesses de pays comme le Kenya vol&#233;es et vendues aux ench&#232;res aux ploutocrates de Londres et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat pour l'autod&#233;termination des pays latinoam&#233;ricains concerne bien plus que les seuls habitants de cette r&#233;gion, car il montre au reste du monde que la bataille n'est pas perdue. L'ind&#233;pendance des d&#233;mocraties d'Am&#233;rique Latine reste toutefois fragile. Les tentatives de d&#233;stabilisation se poursuivent, comme r&#233;cemment au Honduras, en Ha&#239;ti, en Equateur et au Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cette raison qu'il est tellement important de faire entendre le message des cypherpunks en Am&#233;rique Latine. La surveillance de masse n'est pas seulement un probl&#232;me pour la d&#233;mocratie et la bonne gouvernance des pays, c'est aussi une question de g&#233;opolitique. La surveillance de toute une population par une puissance &#233;trang&#232;re constitue de fait une menace pour la souverainet&#233; de ce pays. L'interventionnisme incessant dans les affaires des d&#233;mocraties d'Am&#233;rique Latine nous a appris &#224; &#234;tre r&#233;alistes. Nous savons que les vieilles puissances n'arr&#234;teront pas d'exploiter le moindre avantage pour retarder ou limiter l'ind&#233;pendance de l'Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de regarder la situation du point de vue g&#233;ographique. Tout le monde sait que les ressources p&#233;troli&#232;res sont le moteur de la g&#233;opolitique mondiale. Ce sont les flux de p&#233;trole qui d&#233;terminent qui est en position dominante, qui doit &#234;tre envahi et qui doit &#234;tre mis au ban de la communaut&#233; internationale. Le contr&#244;le physique d'un ol&#233;oduc, ne serait-ce que d'une portion, conf&#232;re une vaste influence au plan g&#233;opolitique. Les gouvernements qui jouissent d'une telle position peuvent obtenir d'&#233;normes concessions. D'un seul coup, le Kremlin peut condamner l'Allemagne et l'Europe de l'Est &#224; passer l'hiver sans chauffage. La seule perspective de voir T&#233;h&#233;ran ma&#238;tre d'un ol&#233;oduc le reliant &#224; l'Inde et &#224; la Chine sert aujourd'hui de pr&#233;texte &#224; la logique belliqueuse de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le codage des donn&#233;es, nerf de la guerre moderne&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la v&#233;ritable guerre n'est pas celle pour les ol&#233;oducs ou les gazoducs ; la v&#233;ritable guerre aujourd'hui est celle de l'information, c'est-&#224;-dire celle pour le contr&#244;le des c&#226;bles de fibre optique qui parcourent les terres et les oc&#233;ans. Pour mettre la main sur le nouveau magot mondial aujourd'hui, il faut contr&#244;ler les vastes flux de donn&#233;es qui transitent entre les continents et les civilisations et relient des milliards de gens et d'organisations. Tout le monde sait que, sur Internet ou par voie t&#233;l&#233;phonique, toutes les communications depuis ou &#224; destination de l'Am&#233;rique Latine passent par les Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;seau Internet g&#232;re 99 % du trafic vers ou en provenance de l'Am&#233;rique du Sud &#224; l'aide de fibres optiques qui passent physiquement par les fronti&#232;res des Etats-Unis. Le gouvernement US n'a pas eu le moindre scrupule &#224; violer ses propres lois pour mettre ces lignes sur &#233;coute et espionner ses propres citoyens. Or aucune loi n'interdit d'espionner d'autres pays. Chaque jour, des centaines de millions de messages en provenance d'Am&#233;rique Latine atterrissent entre les mains des services de renseignements US, qui les stockent &lt;i&gt;ad vitam aeternam&lt;/i&gt; dans des entrep&#244;ts de la taille de v&#233;ritables villes. La r&#233;alit&#233; g&#233;ographique des infrastructures du r&#233;seau Internet a donc des cons&#233;quences pour l'ind&#233;pendance et la souverainet&#233; de l'Am&#233;rique Latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me d&#233;passe toutefois la question g&#233;ographique. Bon nombre d'arm&#233;es et de gouvernements latinoam&#233;ricains prot&#232;gent leurs secrets &#224; l'aide d'outils cryptographiques, autrement dit des logiciels et des bo&#238;tiers qui codent et d&#233;codent les messages au niveau de l'&#233;metteur et du r&#233;cepteur. Les gouvernements ach&#232;tent ces outils &#8211; souvent ch&#232;rement pay&#233;s par leurs peuples &#8211; pour garantir la confidentialit&#233; de leurs secrets car ils redoutent, &#224; juste titre, l'interception de leurs communications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que les soci&#233;t&#233;s qui leur vendent ces co&#251;teux &#233;quipements sont &#233;troitement li&#233;es au milieu du renseignement US. Leurs PDG et leurs hauts responsables sont g&#233;n&#233;ralement des ing&#233;nieurs ou des math&#233;maticiens issus de la NSA [Agence nationale de la s&#233;curit&#233;, un organisme gouvernemental du minist&#232;re de la D&#233;fense des Etats-Unis], qui exploitent des inventions cr&#233;&#233;es par leurs soins pour l'Etat-surveillant. Leurs produits comportent des failles d&#233;lib&#233;r&#233;es servant un objectif pr&#233;cis. Quels que soient leurs utilisateurs ou la mani&#232;re dont ils sont utilis&#233;s, les agents US sont toujours capables de d&#233;coder le signal et de lire les messages. Ces &#233;quipements sont vendus aux pays d'Am&#233;rique latine et &#224; d'autres r&#233;gions comme un moyen de prot&#233;ger leurs secrets alors qu'ils sont en r&#233;alit&#233; un moyen de les leur voler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Etats-Unis ne sont pas les seuls fautifs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les Etats-Unis ont lanc&#233; une course aux armements d'un nouveau genre. La d&#233;couverte des virus &#171; Stuxnet &#187;, puis &#171; Duqu &#187; et &#171; Flame &#187; annonce l'arriv&#233;e de logiciels ultrasophistiqu&#233;s utilis&#233;s &#224; des fins militaires par les grandes puissances contre des Etats plus faibles. De ce point de vue, l'agression US de l'Iran a pour but de saboter les efforts de T&#233;h&#233;ran pour maintenir sa souverainet&#233; nationale, une perspective qui va &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts isra&#233;liens et US dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut un temps o&#249; l'utilisation de virus informatiques comme armes offensives relevait de la science-fiction. Il s'agit aujourd'hui d'une r&#233;alit&#233; internationale qu'encouragent les provocations de l'administration Obama en violation du droit international. D'autres pays vont d&#233;sormais suivre l'exemple am&#233;ricain et augmenter leurs capacit&#233;s offensives pour combler leur retard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Etats-Unis ne sont pas les seuls fautifs. Ces derni&#232;res ann&#233;es, la Chine a directement investi dans l'am&#233;lioration des infrastructures Internet de pays comme l'Ouganda. En Afrique, P&#233;kin propose de g&#233;n&#233;reux pr&#234;ts en &#233;change de contrats pour la construction d'infrastructures de base servant &#224; relier les &#233;coles, les minist&#232;res et diverses communaut&#233;s au r&#233;seau mondial de fibre optique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique arrive sur le r&#233;seau, mais avec du mat&#233;riel fourni par une superpuissance &#233;trang&#232;re en devenir. Internet sera-t-il le nouveau joug de ce continent au XXIe si&#232;cle ? L'Afrique sera-t-elle de nouveau le th&#233;&#226;tre de confrontations entre puissances mondiales ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste est encore longue des raisons pour lesquelles le message des cypherpunks va bien au-del&#224; de la lutte pour les libert&#233;s individuelles. Outre les droits et les libert&#233;s civiles des individus, la cryptographie peut &#233;galement prot&#233;ger l'ind&#233;pendance et la souverainet&#233; de nations enti&#232;res, les liens de solidarit&#233; entre groupes unis par une cause commune et l'id&#233;e d'&#233;mancipation mondiale. Elle peut servir &#224; combattre non seulement la tyrannie de l'Etat sur les individus, mais aussi la tyrannie des empires sur les nations plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cypherpunks n'ont pas encore termin&#233; leur grand &#339;uvre. Rejoignez-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julian Assange&lt;/strong&gt; para &lt;i&gt;The Guardian&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Originale : &#171; &lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/jul/09/cryptography-weapon-fight-empire-states-julian-assange?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;How cryptography is a key weapon in the fight against empire states&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2013/jul/09/cryptography-weapon-fight-empire-states-julian-assange?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;The Guardian&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Londres, le 9 juillet 2013&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Julian Assange&#171; Ne tuez pas le messager pour avoir r&#233;v&#233;l&#233; d'inconfortables v&#233;rit&#233;s &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Julian-Assange-Ne-tuez-pas-le-messager-pour-avoir-revele-d-inconfortables-verites</link>
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		<dc:date>2010-12-08T20:57:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Julian Assange</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En 1958, Rupert Murdoch, alors jeune propri&#233;taire et directeur du News d'Adelaide, &#233;crivait : &#171; Dans le bras de fer entre le secret et la v&#233;rit&#233;, il semble in&#233;vitable que la v&#233;rit&#233; l'emporte toujours. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Il fallait peut-&#234;tre y voir l'&#233;cho du travail de son p&#232;re, Keith Murdoch, qui, en son temps, avait r&#233;v&#233;l&#233; que les soldats australiens &#233;taient inutilement sacrifi&#233;s par les g&#233;n&#233;raux britanniques sur les plages de Gallipoli. Les Britanniques tent&#232;rent de le r&#233;duire au silence, mais Keith (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Bataille-pour-l-information" rel="directory"&gt;Bataille pour l'information&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1958, Rupert Murdoch, alors jeune propri&#233;taire et directeur du News d'Adelaide, &#233;crivait : &#171; Dans le bras de fer entre le secret et la v&#233;rit&#233;, il semble in&#233;vitable que la v&#233;rit&#233; l'emporte toujours. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il fallait peut-&#234;tre y voir l'&#233;cho du travail de son p&#232;re, Keith Murdoch, qui, en son temps, avait r&#233;v&#233;l&#233; que les soldats australiens &#233;taient inutilement sacrifi&#233;s par les g&#233;n&#233;raux britanniques sur les plages de Gallipoli. Les Britanniques tent&#232;rent de le r&#233;duire au silence, mais Keith Murdoch refusa de se taire et gr&#226;ce &#224; ses efforts, il fut mis un terme &#224; la d&#233;sastreuse campagne des Dardanelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s d'un si&#232;cle plus tard, c'est avec un &#233;gal courage que WikiLeaks diffuse des faits qui doivent &#234;tre rendus publics. J'ai grandi dans une communaut&#233; rurale du Queensland o&#249; les gens avaient coutume de dire sans d&#233;tours ce qu'ils avaient sur le c&#339;ur. Ils se m&#233;fiaient d'un Etat interventionniste susceptible d'&#234;tre corrompu si on le laissait &#224; lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne l'ai jamais oubli&#233;. C'est en se fondant sur ces valeurs essentielles que WikiLeaks a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;. L'id&#233;e, con&#231;ue en Australie, &#233;tait d'utiliser les technologies d'Internet d'une nouvelle fa&#231;on afin de faire &#233;clater la v&#233;rit&#233;. WikiLeaks a appos&#233; sa marque sur un journalisme d'un genre nouveau : le journalisme scientifique. Nous travaillons avec d'autres m&#233;dias pour diffuser l'information, mais aussi pour en d&#233;montrer la v&#233;racit&#233;. Le journalisme scientifique vous permet de lire un article, puis de cliquer en ligne pour consulter le document original &#224; la base de l'article. Ainsi, il vous est possible de vous faire votre propre opinion : l'information est-elle vraie ? Le journaliste l'a-t-il trait&#233;e avec exactitude ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s d&#233;mocratiques ont besoin de m&#233;dias forts, et WikiLeaks fait partie de ces m&#233;dias. Ils contribuent &#224; garantir l'honn&#234;tet&#233; du pouvoir. WikiLeaks a d&#233;voil&#233; certaines v&#233;rit&#233;s p&#233;nibles &#224; propos des guerres en Irak et en Afghanistan, et publi&#233; des r&#233;v&#233;lations sur la corruption des grandes entreprises. On me qualifie de pacifiste : eh bien non, je ne le suis pas. Parfois les Etats doivent entrer en guerre, et le fait est qu'il y a des guerres. Mais il n'y a rien de pire qu'un gouvernement qui mente &#224; son peuple sur ces guerres, puis qui demande &#224; ces m&#234;mes citoyens de mettre leur vie et leurs imp&#244;ts au service de ces mensonges. Si une guerre est justifi&#233;e, alors dites la v&#233;rit&#233; et le peuple d&#233;cidera s'il la soutiendra ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez lu les carnets de guerre d'Afghanistan ou d'Irak, des d&#233;p&#234;ches d'ambassades am&#233;ricaines ou n'importe quel autre secret mis &#224; jour par WikiLeaks, r&#233;fl&#233;chissez sur l'importance pour tous les m&#233;dias d'&#234;tre en mesure de rapporter librement ces informations. WikiLeaks n'est pas le seul &#224; publier les t&#233;l&#233;grammes diplomatiques am&#233;ricains. D'autres m&#233;dias, notamment The Guardian au Royaume-Uni, The New York Times aux Etats-Unis, El Pais en Espagne et Der Spiegel en Allemagne ont publi&#233; les m&#234;mes c&#226;bles &#233;dit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est WikiLeaks, agissant en qualit&#233; de coordinateur aupr&#232;s de ces journaux, qui a suscit&#233; les attaques et les accusations les plus virulentes port&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain et ses agents. J'ai &#233;t&#233; soup&#231;onn&#233; de trahison, alors que je suis de nationalit&#233; australienne et non am&#233;ricaine. Des dizaines d'appels ont &#233;t&#233; lanc&#233;s aux Etats-Unis pour demander tout &#224; fait s&#233;rieusement que les forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines &#171; m'&#233;liminent &#187;. Sarah Palin affirme qu'il faudrait me &#171; pourchasser comme Oussama ben Laden &#187;, les r&#233;publicains ont d&#233;pos&#233; devant le S&#233;nat un texte visant &#224; me d&#233;clarer &#8220;menace transnationale&#8221; et &#224; se d&#233;barrasser de moi en cons&#233;quence. Un conseiller aupr&#232;s des services du Premier ministre canadien a, devant les cam&#233;ras de la t&#233;l&#233;vision nationale, r&#233;clam&#233; mon assassinat. Un blogueur am&#233;ricain a souhait&#233; publiquement que mon fils de 20 ans, qui vit ici, en Australie, soit enlev&#233; et pire encore, pour la seule raison de me punir, moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Premier ministre australien Gillard et la secr&#233;taire d'Etat Hillary Clinton n'ont pas &#233;mis la moindre critique &#224; l'encontre des autres m&#233;dias. En effet, le Guardian, le New York Times et Der Spiegel sont de grands et vieux journaux, tandis que WikiLeaks est encore jeune et petit. Nous sommes les laiss&#233;s-pour-compte. Le gouvernement Gillard essaie de tuer le messager, car il ne veut pas que la v&#233;rit&#233; soit r&#233;v&#233;l&#233;e, y compris l'information concernant ses propres man&#339;uvres diplomatiques et politiques. Chaque fois que WikiLeaks r&#233;v&#232;le la v&#233;rit&#233; &#224; propos d'abus commis par des agences am&#233;ricaines, les responsables politiques australiens entonnent le m&#234;me refrain &#8211; probablement mensonger &#8211; que le d&#233;partement d'Etat am&#233;ricain : &#8220;Vous mettez la vie de personnes en danger ! La s&#233;curit&#233; nationale ! Nos soldats !&#8221;. Et ensuite, ils disent que WikiLeaks ne publie aucun document d'importance. Que faut-il croire alors ? C'est soit l'un, soit l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ils ont faux dans les deux cas. Cela fait quatre ans que Wikileaks publie des documents. Pendant cette p&#233;riode, des gouvernements entiers se sont succ&#233;d&#233;s et pas une seule personne n'a &#8211; &#224; notre connaissance &#8211; eu &#224; souffrir de nos activit&#233;s. Les Etats-Unis, eux, aid&#233;s par le gouvernement australien, ont tu&#233; des milliers de personnes ne serait-ce qu'au cours des derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Robert Gates, le secr&#233;taire am&#233;ricain &#224; la D&#233;fense, a lui-m&#234;me reconnu dans une lettre adress&#233;e au Congr&#232;s qu'aucune source de renseignement n'avait &#233;t&#233; compromise par la publication des carnets de guerre en Afghanistan. Le Pentagone a indiqu&#233; qu'il n'existait aucune preuve permettant d'affirmer que des documents de WikiLeaks avaient pu nuire &#224; qui que ce soit en Afghanistan. Les repr&#233;sentants de l'OTAN &#224; Kaboul ont d&#233;clar&#233; &#224; CNN qu'ils n'avaient pas trouv&#233; une seule personne ayant besoin d'une protection sp&#233;ciale. Le minist&#232;re australien de la D&#233;fense n'a pas dit autre chose. Aucun soldat ou source du c&#244;t&#233; australien n'a souffert de notre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son jugement qui a fait jurisprudence dans l'affaire dite des &#171; papiers du Pentagone &#187;, la cour supr&#234;me am&#233;ricaine avait d&#233;clar&#233; que &#171; seule une presse compl&#232;tement libre peut r&#233;v&#233;ler efficacement les manipulations du gouvernement &#187;. La temp&#234;te qui s'abat aujourd'hui sur WikiLeaks ne fait que renforcer cette n&#233;cessit&#233; de d&#233;fendre le droit de tous les m&#233;dias &#224; r&#233;v&#233;ler la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Traduction de &lt;i&gt;&lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/07/julian-assange-ne-tuez-pas-le-messager&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Courrier International&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.theaustralian.com.au/in-depth/wikileaks/dont-shoot-messenger-for-revealing-uncomfortable-truths/story-fn775xjq-1225967241332&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Australian&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, Australie, le 7 d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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