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		<title>Conqu&#234;te espagnole de l'Am&#233;rique Latine : Y a-t-il eu g&#233;nocide des Indiens ? </title>
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		<dc:date>2010-09-22T09:42:31Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques Serieys</dc:creator>



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&lt;p&gt;La r&#233;ponse NON donn&#233;e par la revue L'Histoire (num&#233;ro de l'&#233;t&#233; 2007) &lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Duverger ( directeur d'&#233;tudes &#224; l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales) commence par distinguer un cas particulier : la trag&#233;die des Ta&#239;nos, peuple indien des Grandes Antilles &#171; mis en esclavage, soumis au travail forc&#233; dans les mines d'or... maltrait&#233;, d&#233;poss&#233;d&#233; de sa terre et de ses dieux... On peut consid&#233;rer qu'en l'espace de trente ans 80%, peut-&#234;tre 90% de la population ta&#239;no va dispara&#238;tre. Au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Frere-Indigene" rel="directory"&gt;Fr&#232;re Indig&#232;ne&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;ponse NON donn&#233;e par la revue L'Histoire &lt;br/&gt;(num&#233;ro de l'&#233;t&#233; 2007)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Christian Duverger ( directeur d'&#233;tudes &#224; l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales) commence par distinguer un cas particulier : la trag&#233;die des Ta&#239;nos, peuple indien des Grandes Antilles &#171; &lt;i&gt;mis en esclavage, soumis au travail forc&#233; dans les mines d'or... maltrait&#233;, d&#233;poss&#233;d&#233; de sa terre et de ses dieux... On peut consid&#233;rer qu'en l'espace de trente ans 80%, peut-&#234;tre 90% de la population ta&#239;no va dispara&#238;tre. Au point qu'on peut parler dans ce cas pr&#233;cis, de g&#233;nocide &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'auteur &#171; le cas des Ta&#239;nos des Grandes Antilles presque totalement extermin&#233;s en une g&#233;n&#233;ration, constitue une exception. Le reste des conqu&#234;tes espagnoles se r&#233;alise sans qu'il y ait une telle h&#233;catombe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il chiffre la population pr&#233;-hispanique du Mexique &#224; environ 18 millions d'habitants et reconna&#238;t qu'il en reste seulement un million en 1600. &#171; &lt;i&gt;La principale raison de cette chute d&#233;mographique est le choc microbien : les Indiens ne sont pas immunis&#233;s contre les maladies apport&#233;es par les Espagnols, variole, rougeole, grippe. On ne peut rien en savoir bien s&#251;r... &lt;/i&gt; &#187; cependant, de 1572 &#224; 1600 &#171; il n'est pas exclu que l'eau ait &#233;t&#233; alors empoisonn&#233;e. On peut en tout cas noter la corr&#233;lation des dates entre la fin du contr&#244;le de l'eau... et la baisse d&#233;mographique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;En fonction de quelle d&#233;finition du g&#233;nocide, la revue L'Histoire r&#233;pond-elle NON ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Convention internationale pour la pr&#233;vention et la r&#233;pression du crime de g&#233;nocide ( vot&#233;e par l'Assembl&#233;e G&#233;n&#233;rale de l'ONU le 9 d&#233;cembre 1948) d&#233;finit celui-ci ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le g&#233;nocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-apr&#232;s, commis dans l'intention de d&#233;truire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique ou religieux comme tel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Meurtre de membres du groupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Atteinte grave &#224; l'int&#233;grit&#233; physique ou mentale des membres du groupe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Soumission intentionnelle du groupe &#224; des conditions d'existence devant entra&#238;ner sa destruction physique totale ou partielle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Mesures visant &#224; entraver les naissances au sein du groupe. Transfert forc&#233; d'enfants du groupe &#224; un autre groupe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;finition a &#233;t&#233; reprise dans le statut de la Cour P&#233;nale Internationale adopt&#233; &#224; Rome le 19 juillet 1986. Il se diff&#233;rencie du crime contre l'humanit&#233; par la destruction totale ou partielle du groupe concern&#233; et par l'intentionnalit&#233; de l'action. Ce second point place &#224; l'origine et au c&#339;ur du g&#233;nocide une raison id&#233;ologique ; or, pour tous les g&#233;nocides, se m&#234;lent des raisons &#233;conomiques, id&#233;ologiques et politiques. Dans tous les cas, les raisons id&#233;ologiques naissent d'une vision n&#233;gative et d&#233;shumanis&#233;e de la future victime ; pour l'Am&#233;rique latine, c'est la certitude d'appartenir &#224; la religion du vrai Dieu corrobor&#233;e par le don de l'Am&#233;rique &#224; l'Espagne par le pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crime de g&#233;nocide n'a jamais &#233;t&#233; circonscrit dans les limites d'une p&#233;riode historique pr&#233;cise par les conventions et la jurisprudence internationale. Le pr&#233;ambule de la Convention de 1948 stipule &#034;qu'&#224; toutes les p&#233;riodes de l'histoire, le g&#233;nocide a inflig&#233; de grandes pertes &#224; l'humanit&#233;&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des g&#233;nocides est devenu autant un objet d'histoire que d'&#233;conomie, sociologie, philosophie, psychologie d&#233;gageant des similitudes mais aussi ce qui rend chaque g&#233;nocide unique et particulier. Ces recherches ont d&#233;j&#224; pouss&#233; &#224; des am&#233;liorations dans la d&#233;finition du g&#233;nocide. Ainsi,l'article 211-1 du nouveau Code P&#233;nal fran&#231;ais ajoute aux quatre groupes concern&#233;s ( national, ethnique, racial ou religieux) la formule &#171; ou d'un groupe d&#233;termin&#233; &#224; partir de tout autre crit&#232;re arbitraire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'intentionnalit&#233; d'une action g&#233;nocidaire de la part d'un Etat n'&#233;tant gu&#232;re affich&#233;e, le principal crit&#232;re devient la r&#233;alit&#233; du massacre de masse. Ainsi, les m&#234;mes qui refusent de caract&#233;riser la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique latine comme un g&#233;nocide acceptent ce terme pour le Cambodge o&#249; la mort massive est &#233;vidente mais pas l'intentionnalit&#233; id&#233;ologique celle-ci. Le crit&#232;re choisi par Christian Duverger pour contester l'accusation de g&#233;nocide, c'est premi&#232;rement un massacre moins g&#233;n&#233;ralis&#233; que pour les Tainos, deuxi&#232;mement une baisse d&#233;mographique plus due aux maladies qu'&#224; une discrimination violente.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt; Un autre point de vue : L'effondrement d&#233;mographique des Am&#233;rindiens permet d'employer le terme de g&#233;nocide pour l'ensemble du processus de conqu&#234;te de l'Am&#233;rique par les colonisateurs espagnols&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tel est le point de vue de l'&#233;tude publi&#233;e par l'Institut National d'Etudes D&#233;mographiques sur la population latinoam&#233;ricaine : &#171; La colonisation espagnole a provoqu&#233; en peu de temps la mort de 80 &#224; 93% de la population du continent estim&#233;e de 80 &#224; 100 millions en 1492. Dans certaines &#238;les de la Cara&#239;be, le pourcentage de d&#233;c&#232;s est de 100% &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le point de vue de Tzvetan Todorov dans son livre &#171; La conqu&#234;te de l'Am&#233;rique &#187;. Cet auteur s'est fait conna&#238;tre du grand public par ses travaux sur les philosophes des Lumi&#232;res. Son travail sur l'Am&#233;rique latine regorge d'informations int&#233;ressantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1500 la population du globe doit &#234;tre de l'ordre de 400 millions, dont 80 habitent les Am&#233;riques. Au milieu du 16&#232;me si&#232;cle, de ces 80 millions il en reste 10. Ou en se limitant au Mexique : &#224; la veille de la conqu&#234;te, sa population est d'environ 25 millions ; en 1600 elle est de 1 million.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le mot g&#233;nocide s'est jamais appliqu&#233; avec pr&#233;cision &#224; un cas, c'est bien &#224; celui-l&#224;. C'est un record, me semble-t-il, non seulement en termes relatifs (une destruction de l'ordre de 90% et plus), mais aussi absolus, puisqu'on parle d'une diminution de population estim&#233;e &#224; 70 millions d'&#234;tres humains. Aucun des grands massacres du 20&#232;me si&#232;cle ne peut &#234;tre compar&#233; &#224; cette h&#233;catombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprendra combien sont vains les efforts que font certains auteurs pour dissiper ce qu'on appelle la &#171; l&#233;gende noire &#187; &#233;tablissant la responsabilit&#233; de l'Espagne dans ce g&#233;nocide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Les textes d'&#233;poque donnent des arguments suppl&#233;mentaires en faveur du terme de g&#233;nocide pour l'ensemble du processus de conqu&#234;te de l'Am&#233;rique par les colonisateurs espagnols&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage sur Cuba qui comptait environ un million d'habitants et ne comptera bient&#244;t plus un seul autochtone. Son conquistador nomm&#233; Oviedo nous a laiss&#233; son &#171; argumentation &#187; pendant la &#171; conqu&#234;te &#187; : &#171; Dieu les d&#233;truira prochainement... &#187; puis &#171; Satan est maintenant expuls&#233; de cette &#238;le : toute son influence a disparu maintenant que la majorit&#233; des Indiens sont morts... Qui niera qu'user de la poudre contre les pa&#239;ens c'est offrir de l'encens &#224; notre seigneur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage sur l'actuel P&#233;rou par le juge de l'Audience de Lima, le Licenciado Fernando de Santill&#225;n, dat&#233; du 4 Juin 1559 ( Cit&#233; par Alejandro Lipschutz dans EL PROBLEMA RACIAL EN LA CONQUISTA DE AMERICA, &#233;d.Siglo XXI, Mexico 1975, page 121) : &#171; ...tuant grand nombre (d'Indiens) en temps de paix, les jetant aux chiens (pour &#234;tre d&#233;vor&#233;s), les br&#251;lant, coupant des mains, des pieds, des nez et des seins, violant leurs femmes et leurs filles, mettant le feu &#224; leurs maisons, saccageant leurs semailles ; de sorte qu'ils meurent de froid et de faim, et ne leur resta plus que s'accoutumer, de pure n&#233;cessit&#233;, &#224; se manger les uns les autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignages du franciscain Motolinia, d&#233;vou&#233; admirateur de Cort&#233;s &#171; L'AVIDIT&#201; de nos Espagnols a d&#233;truit et DEPEUPL&#201; cette terre davantage que tous les sacrifices humains et guerres homicides pratiqu&#233;s du temps du paganisme &#187;. Voici la description qu'il donne par exemple d'une mine &#171; La puanteur des cadavres morts dans les mines fut si grande que cela amena la Peste, surtout aux mines de Huaxic&#225;n, une demi-lieue aux alentours desquelles &#224; peine il y avait place pour marcher ailleurs que sur des cadavres ou des ossements... &#187; ((Motolinia, MEMORIALES, &#233;ditions UNAM, Mexico 1971, page 29)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage contemporain du chroniqueur v&#233;nitien Gaspar Contarini, qui d&#233;clarait devant les membres du S&#233;nat de Venise (le 15 novembre 1525) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cette &#238;le (La Espa&#241;ola) &#233;tait tant peupl&#233;e que Pedro Martir de Angleria, du Conseil des Indes et charg&#233; d'&#233;crire l'histoire de ces pays, m'affirma qu'entre La Espa&#241;ola et La Jama&#239;que vivaient plus d'un million d'&#226;mes quand Colomb les d&#233;couvrit. Maintenant, en cons&#233;quence des mauvais traitements des Espagnols qui forc&#232;rent ces pauvres hommes &#224; excaver dans les mines d'or (un travail auquel ils n'&#233;taient pas habitu&#233;s) les faisant d&#233;sesp&#233;rer au point que des m&#232;res tuaient leurs enfants (pour leur &#233;pargner ce sort). Ils disparurent presque tous &#224; tel point qu'il n'en reste plus que sept mille de vivants. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;T&#233;moignages de Las Casas dans sa &#034;Tr&#232;s br&#232;ve relation de la destruction des Indes&#034;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est chez ces tendres brebis, ainsi dot&#233;s par leur cr&#233;ateur de tant de qualit&#233;s, que les Espagnols, d&#232;s qu'ils les ont connues, sont entr&#233;s comme des loups, des tigres et des lions tr&#232;s cruels affam&#233;s depuis plusieurs jours. Depuis quarante ans, et aujourd'hui encore, ils ne font que les mettre en pi&#232;ces, les tuer, les inqui&#233;ter, les affliger, les tourmenter et les d&#233;truire par des cruaut&#233;s &#233;tranges, nouvelles, vari&#233;es, jamais vues, ni lues, ni entendues. J'en dirai quelques-unes plus loin ; elles ont &#233;t&#233; telles que sur les trois millions de naturels de l'Ile Espagnole que nous avons vus il n'y en a plus deux cents aujourd'hui &#187; (p. 50).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au cours de ces quarante ans, plus de douze millions d'&#226;mes, hommes, femmes et enfants, sont morts injustement &#224; cause de la tyrannie et des &#339;uvres infernales des chr&#233;tiens. C'est un chiffre s&#251;r et v&#233;ridique. Et en r&#233;alit&#233; je crois, et je ne pense pas me tromper, qu'il y en a plus de quinze millions &#187;. (pp. 51-52).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'an 1518, ceux qui se disaient chr&#233;tiens s'en furent l&#224; piller et y tuer, tout en disant qu'ils allaient la peupler. De 1518 &#224; aujourd'hui, en 1542, toute l'iniquit&#233;, toute l'injustice, toute la violence et la tyrannie exerc&#233;es par les chr&#233;tiens aux Indes ont d&#233;bord&#233;s et ont atteint leur comble. Parce que les chr&#233;tiens ont perdu toute crainte de Dieu et du roi et ont oubli&#233; qui ils sont. Les ravages et les cruaut&#233;s, les tueries et les destructions, les d&#233;peuplement, les vols, les violences et les actes tyranniques perp&#233;tr&#233;s dans tant de royaumes de la grande Terre Ferme sont si nombreux et si graves que tout ce que nous avons dit n'est rien en comparaison de ce qui a &#233;t&#233; fait ; m&#234;me si nous les disions toutes, car nous taisons bien des choses, ce n'est comparable ni en nombre ni en gravit&#233; &#224; ce qui a &#233;t&#233; fait et perp&#233;tr&#233; de 1518 &#224; l'ann&#233;e o&#249; nous sommes, 1542 &#187; (p. 78).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voil&#224; donc les actions des Espagnoles qui vont aux Indes et qui, un nombre vraiment infini de fois, pouss&#233;s par leur soif de l'or, ont vendu et vendent aujourd'hui encore, nient et renient J&#233;sus-Christ &#187; (p. 104).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je d&#233;clare devant Dieu et ma conscience que d'apr&#232;s ce que je crois et ce que je consid&#232;re comme vrai je n'ai dit et soulign&#233;, en gravit&#233; et en quantit&#233;, que le dix milli&#232;me des perditions, des dommages, des destructions, des d&#233;peuplements, des ravages, des meurtres, des grandes cruaut&#233;s, particuli&#232;rement laides et horribles, des violences, des injustices, des vols et des tueries perp&#233;tr&#233;s sur les habitants et les terres des Indes, dans le pass&#233; et aujourd'hui encore &#187; (p. 148).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai termin&#233; mon travail &#224; Valence le 8 d&#233;cembre 1542, au moment o&#249; les violences, les oppressions, les tyrannies, les massacres, les vols, les destructions, les ravages et les an&#233;antissements, les angoisses et les calamit&#233;s que j'ai dits sont au comble de leur force partout aux Indes o&#249; il y a des chr&#233;tiens. Les chr&#233;tiens sont plus f&#233;roces et abominables dans certaines r&#233;gions que dans d'autres &#187; (p. 154).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un sadisme particulier &#224; l'encontre des femmes et des enfants&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage sur les conditions de vie des femmes par le P&#232;re Pedro de Cordoba en sa qualit&#233; de Provincial des Dominicains de la Colonie au Cardinal Jimenez de Cisneros que : &#171; l es Espagnols ne peuplent pas mais d&#233;peuplent les Indes (Occidentales) &#187; avec le repartimiento, en ajoutant &#224; sa lettre au R&#233;gent du Royaume :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; les femmes ont travaill&#233; et travaillent sur ces terres tant et plus que les hommes, et cela demi nues, sans manger, sans avoir de quoi se coucher, et m&#234;me enceintes et ou apr&#232;s avoir accouch&#233;es. M&#234;me Pharaon et les &#201;gyptiens ne commettaient pas de telles cruaut&#233;s envers le peuple d'Isra&#235;l. &#187; ( Cit&#233; par Juan Friede dans &#034;Bartolom&#233; de Las Casas, PRECURSOR DE L'ANTICOLONIALISMO&#034;, &#233;ditions Siglo XXI, Mexico 1974, page 35)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage de Prescott qui cite &#171; en termes att&#233;nu&#233;s &#187; Pedro Pizarro, biographe du &#171; gran capit&#225;n de la Conquista &#187; Francisco Pizarro apr&#232;s la prise de la capitale des Incas Cuzco :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il prit une femme de l'Inca Manco, une jeune et jolie femme &#224; laquelle celui-ci &#233;tait tr&#232;s attach&#233;. Il ordonna qu'elle soit compl&#232;tement d&#233;nud&#233;e, attach&#233;e &#224; un arbre, flagell&#233;e avec des verges, et lard&#233;e par la suite de fl&#232;ches jusqu'&#224; ce que mort s'en suive. &#187; ( William H.Prescott, THE COMPLETE WORKS, London 1896, volume VI, pages 125-126).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fit entrer par la ruse les plus importants dans une maison de paille et il ordonna d'y mettre le feu. Ils furent br&#251;les vifs. Tous les autres furent tu&#233;s &#224; coups de lance, une multitude &#224; coups d'&#233;p&#233;e. Quant &#224; la reine Anacaona, les soldats la pendirent pour l'honorer. Il arrivait que certains chr&#233;tiens, par piti&#233; ou par cupidit&#233;, prennent des enfants pour les prot&#233;ger et qu'ils ne soient pas tu&#233;s, et les mettaient en croupe sur leur cheval, un autre Espagnol venait par-derri&#232;re et transper&#231;ait l'enfant de sa lance ; un autre, si l'enfant &#233;tait par terre, lui coupait les jambes de son &#233;p&#233;e &#187; (Las Casas p. 60).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils arrachaient les b&#233;b&#233;s qui t&#233;taient leurs m&#232;res, les prenaient par les pieds et leur cognaient la t&#234;te contre les rochers. D'autres les lan&#231;aient par-dessus l'&#233;paule dans les fleuves en riant et en plaisantant et quand les enfants tombaient dans l'eau ils disaient : 'Tu fr&#233;tilles, esp&#232;ce de dr&#244;le !&#034; ; ils embrochaient sur une &#233;p&#233;e des enfants avec leurs m&#232;res et tous ceux qui se trouvaient devant eux &#187; (Las Casas p 55)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un certain Espagnol qui allait &#224; la chasse au cerf ou au lapin avec ses chiens ne trouva un jour rien &#224; chasser, et il lui sembla que les chiens avaient faim : il enl&#232;ve un tout petit gar&#231;on &#224; sa m&#232;re, et avec un poignard il lui coupe les bras et les jambes et donne &#224; chaque chien sa part, quand les chiens ont mang&#233; les morceaux, il jette le petit corps par terre &#224; toute la bande &#187; ( Las Casas p. 101).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Colonialisme, racisme, profit et sadisme&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le lien entre id&#233;ologie coloniale et g&#233;nocide m&#233;riterait d'&#234;tre plus travaill&#233;, y compris pour le nazisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce gouverneur et sa troupe invent&#232;rent de nouvelles formes de cruaut&#233;s et de tourments pour obliger les Indiens &#224; d&#233;couvrir de l'or et le leur donner. Un de ses capitaines, au cours d'une exp&#233;dition qu'il fit sur son ordre pour voler et an&#233;antir les Indiens, tua plus de quarante mille personnes. Un franciscain qui &#233;tait avec lui, fray Francisco de San Roman, l'a vu de ses yeux. Le capitaine les a tu&#233;s &#224; coup d'&#233;p&#233;e, les a br&#251;l&#233;s vifs et les a jet&#233; aux chiens f&#233;roces, apr&#232;s diverses tortures &#187; (Las Casas p. 70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et au point du jour, alors que les innocents dormaient avec leurs femmes et leurs enfants, ils attaquaient le village, qui &#233;tait g&#233;n&#233;ralement en paille, et br&#251;laient vifs les enfants, les femmes et beaucoup d'hommes avant qu'ils aient leurs esprits. Ils tuaient ceux qu'ils voulaient et torturaient &#224; mort ceux qu'ils prenaient vivants pour leur faire indiquer d'autres villages pourvus d'or ou dire o&#249; il s'en trouvait davantage que celui qu'ils trouvaient. Ceux qui restaient &#233;taient marqu&#233;s au fer comme esclaves. Quand le feu &#233;tait &#233;teint, les Espagnoles allaient chercher l'or qu'il y avait dans les maisons. C'est de cette mani&#232;re et dans de telles actions que s'est occup&#233; cet homme perdu avec tous les mauvais chr&#233;tiens qu'il commandait, de 1514 &#224; 1521 ou 1522 (...) Les officiers du roi faisaient de m&#234;me, chacun envoyant le plus de serviteurs ou de domestiques qu'il pouvait ; et le premier &#233;v&#234;que de ce royaume envoyait aussi ses domestiques pour avoir sa part de profit &#187; (Las Casas p. 71).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Avec leurs chevaux, leurs &#233;p&#233;es et leurs lances les chr&#233;tiens commenc&#232;rent des tueries et des cruaut&#233;s &#233;trang&#232;res aux Indiens. Ils entraient dans les villages et ne laissaient ni enfants, ni vieillards, ni femmes enceintes ou accouch&#233;es qu'ils n'avaient &#233;ventr&#233;s et mis en pi&#232;ces, comme s'ils s'attaquaient &#224; des agneaux r&#233;fugi&#233;s dans leurs bergeries. Ils faisaient des paris &#224; qui ouvrirait un homme d'un coup de couteau, ou lui couperait la t&#234;te d'un coup de pique ou mettrait ses entrailles &#224; nu... Ils faisaient de longues potences o&#249; les pieds touchaient presque terre et par groupes de treize, pour honorer et r&#233;v&#233;rer notre R&#233;dempteur et les douze ap&#244;tres, ils y mettaient le feu et les br&#251;laient vifs. D'autres leur attachaient tout le corps dans de la paille s&#232;che et y mettaient le feu ; c'est ainsi qu'ils les br&#251;laient. A d'autres et &#224; tous ceux qu'ils voulaient prendre en vie ils coupaient les deux mains, et les mains de leurs pendaient, et ils leur disaient : &#034;Allez porter les lettres&#034;, ce qui signifiait d'aller porter la nouvelle &#224; ceux qui s'&#233;taient enfuis dans les for&#234;ts. C'est ainsi qu'ils tuaient g&#233;n&#233;ralement les seigneurs et les nobles : ils faisaient un gril de baguettes sur des fourches, ils les y attachaient et mettaient dessous un feu doux, pour que peu &#224; peu, dans les hurlements que provoquaient ces tortures horribles, ils rendent l'&#226;me &#187; (Las Casas p. 55).&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des atrocit&#233;s innommables&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dans son HISTORIA DE LAS INDIAS ( Fondo de Cultura Econ&#243;mica, Mexico 1951, tome I, p. 458), Las Casas &#233;crit que les Espagnols passaient leur temps en tournois pour voir qui fendait le mieux un Indien en deux, d'un seul coup d'&#233;p&#233;e, ou en concours de la mise &#224; mort &#224; l'arbal&#232;te. Parmi les faits dont il nous informe, prenons celui-ci &#171; ...que ceux qui sont de vrais chr&#233;tiens sachent ce qu'on n'a jamais entendu en ce monde. Pour nourrir leurs chiens, ils m&#232;nent des Indiens encha&#238;n&#233;s en fil durant leur chemin, qui vont comme s'ils &#233;taient un troupeau de porcs. Ils les tuent et tiennent une boucherie ambulante de viande humaine, en se disant les uns aux autres : 'pr&#234;te-moi un quart de ce coquin pour donner &#224; manger &#224; mes chiens jusqu'&#224; ce que j'en tue un moi-m&#234;me', comme s'il s'agissait d'un quart de mouton ou de porc. Toutes ces choses diaboliques viennent d'&#234;tre prouv&#233;es maintenant en des proc&#232;s que se sont fait entre eux-m&#234;mes quelques tyrans. Que peut-il y avoir de plus sauvage ! &#187; ( Las Casas, BREVISIMA RELACI&#211;N, Buenos Aires, 1953, page 100)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre pasatiempo nous est rapport&#233; par un autre eccl&#233;siastique espagnol, le Vicaire Morales, qui &#233;crit : &#171; Il y a des Espagnols qui dressent des chiens carnassiers pour les habituer &#224; tuer des Indiens. Ils font cela parfois comme pasatiempo pour voir si les chiens si prennent bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comme les impositions se succ&#233;daient si rapidement qu'&#224; peine avait-on pay&#233; un tribut, arrivait le suivant &#224; payer. Pour y faire face ils vendaient leurs enfants. Et ceux qui ne payaient pas leur tribut &#233;taient vou&#233;s &#224; la mort, soit par des tortures soit au moyen d'emprisonnements cruels, parce qu'ils les traitaient bestialement, on les tenait pour inf&#233;rieurs aux b&#234;tes. &#187; (Motolinia, HISTORIA DE LOS INDIOS, &#233;ditions Gili, Barcelone 1914, page 17)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fer rouge ne co&#251;tait pas cher. On posait sur ces visages tant de marques en plus du fer du roi, tant que toute la face en &#233;tait &#233;crite, puisque chaque acheteur posait ses initiales. C'est pour cela que cette huiti&#232;me plaie ne valait pas mieux (que les autres). &#187; ( Motolinia, HISTORIA DE LOS INDIOS, &#233;ditions Gili, Barcelone 1914, page 18)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fer rouge du roi avec lequel on marquait leurs faces a &#233;t&#233; dessin&#233; par Bernal Diaz dans sa chronique ( Bernal D&#237;az del Castillo, HISTORIA VERDADERA DE LA CONQUISTA DE LA NUEVA ESPA&#209;A, Mexico 1955, page 319) : C'&#233;tait une petite marque que le &#171; fer de Sa Majest&#233; &#187;, qui indiquait la qualit&#233; d'esclave en g&#233;n&#233;ral, son destin sans retour. Chaque propri&#233;taire d'esclaves (et qui ne l'&#233;tait pas ?), une fois en possession de l' &#171; objet &#187;achet&#233; - ils changeaient souvent de propri&#233;taires - marquait sur la face de l'infortun&#233; ses initiales, comme on faisait avec le cheptel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T&#233;moignage sur Don Antonio de Mendoza, sous ses ordres directs et en sa pr&#233;sence : &#171; Apr&#232;s la capture de la Colline de Mixton, grand nombre d'Indiens faits prisonniers furent mis &#224; mort en sa pr&#233;sence et sous ses ordres. Quelques-uns furent plac&#233;s en file et mis en pi&#232;ces &#224; coups de canon, d'autres furent d&#233;chiquet&#233;s par des chiens. D'autres &#233;taient livr&#233;s &#224; des Noirs pour &#234;tre mis &#224; mort, et ceux-ci les tu&#232;rent &#224; coup de couteaux pendant que d'autres &#233;taient pendus. Ailleurs &#233;galement des Indiens &#233;taient jet&#233;s &#224; des chiens en sa pr&#233;sence. &#187; ( Arthur S. Aiton, THE SECRET VISITA AGAINST VICEROI MENDOZA, cit&#233; par Lewis HANKE dans BARTOLOM&#201; DE LAS CASAS, La Haye 1951, page 58)&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s lecture de ces analyses et t&#233;moignages, le point de vue de Christian Duverger d&#233;velopp&#233; dans la revue L'Histoire ne peut &#234;tre retenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question : &#171; Y a-t-il eu g&#233;nocide des Indiens ? &#187;, il r&#233;pond &#171; pour les Ta&#239;nos, oui, ailleurs, non &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t oublier que le crime de g&#233;nocide est fond&#233; sur une situation de discrimination violente &#224; l'encontre d'un groupe. Or, ce groupe discrimin&#233;, ce n'&#233;taient pas sp&#233;cifiquement les Tainos mais l'ensemble des Am&#233;rindiens dont les Tainos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition juridique en vigueur au niveau international continue &#224; stipuler &#171; Soumission intentionnelle du groupe &#224; des conditions d'existence devant entra&#238;ner sa destruction physique totale ou partielle &#187; ; donc, un peuple d'Amazonie a pu ne pas &#234;tre concern&#233; sans que cela change quoi que ce soit au probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dirait-on d'un historien qui analyserait le g&#233;nocide juif de la Seconde Guerre mondiale en faisant essentiellement un travail statistique sur les diff&#233;rences entre pays europ&#233;ens, entre provinces de ces pays, entre camps de concentration ? qu'il passe &#224; c&#244;t&#233; du sujet.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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