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		<title>Philippe II et les banqueroutes espagnoles</title>
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		<dc:date>2010-09-07T18:46:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Bezbakh</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les champions du monde de football, le meilleur joueur de tennis de la plan&#232;te et le vainqueur du Tour de France cycliste sont espagnols. Mais, &#224; c&#244;t&#233; de cette r&#233;ussite sportive, l'Espagne conna&#238;t une situation &#233;conomique pr&#233;occupante : croissance r&#233;duite, taux de ch&#244;mage de 20 %, crise immobili&#232;re et d&#233;ficit des finances publiques (environ 12 % du produit int&#233;rieur brut) font craindre que le pays n'ait du mal &#224; rembourser sa dette. &lt;br class='autobr' /&gt; Toutes proportions gard&#233;es, cette situation &#233;voque celle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Espagne" rel="directory"&gt;Espagne&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les champions du monde de football, le meilleur joueur de tennis de la plan&#232;te et le vainqueur du Tour de France cycliste sont espagnols. Mais, &#224; c&#244;t&#233; de cette r&#233;ussite sportive, l'Espagne conna&#238;t une situation &#233;conomique pr&#233;occupante : croissance r&#233;duite, taux de ch&#244;mage de 20 %, crise immobili&#232;re et d&#233;ficit des finances publiques (environ 12 % du produit int&#233;rieur brut) font craindre que le pays n'ait du mal &#224; rembourser sa dette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toutes proportions gard&#233;es, cette situation &#233;voque celle que connut l'Espagne au XVIe si&#232;cle. En 1519, Charles Quint se trouve &#224; la t&#234;te d'un immense empire : descendant des Habsbourg autrichiens, h&#233;ritier du tr&#244;ne d'Espagne et de possessions flamandes, il a &#233;t&#233; port&#233; &#224; la t&#234;te du Saint Empire romain germanique par de grands &#233;lecteurs cupides. Gr&#226;ce au pillage des colonies am&#233;ricaines, l'or et l'argent arrivent en Espagne en grande quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quand le fils de Charles Quint, Philippe II, succ&#232;de &#224; son p&#232;re en 1556, l'Espagne est en apparence la plus grande puissance europ&#233;enne. Mais il ne s'agit que d'une illusion. En effet, Philippe II a du mal &#224; financer ses d&#233;penses dues &#224; la construction de palais, &#224; l'entretien des grands d'Espagne et aux guerres contre la France, les Turcs, l'Angleterre et les Flamands r&#233;volt&#233;s...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les arriv&#233;es de m&#233;tal pr&#233;cieux sont intermittentes : il faut extraire l'argent des mines du Potosi (aujourd'hui en Bolivie), l'acheminer jusqu'&#224; la mer et le charger sur des galions qui doivent affronter les temp&#234;tes et les corsaires anglais et fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;ances douteuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi, quand les caisses sont vides, le royaume espagnol &#233;met des emprunts, pratique peu originale mais qui devient r&#233;currente et de grande ampleur. Ils sont souscrits par des pr&#234;teurs &#233;trangers, comme les Fugger allemands et les banquiers g&#233;nois, qui accumulent des &#171; cr&#233;ances douteuses &#187;, mais continuent &#224; pr&#234;ter en sachant qu'ils perdront tout s'ils cessent de le faire, comme aujourd'hui les grandes banques continuent &#224; pr&#234;ter aux Etats surendett&#233;s. La diff&#233;rence est qu'&#224; l'&#233;poque, les pr&#234;teurs attendaient l'arriv&#233;e promise des m&#233;taux am&#233;ricains, tandis que de nos jours, les pr&#234;teurs attendent que d'autres Etats ou les banques centrales soutiennent les pays en difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, &#224; trois reprises (1557, 1575, 1598), Philippe II ne put honorer ses dettes, tout comme ses successeurs, Philippe III et Philippe IV, en 1607, 1627 et 1647. Ces banqueroutes &#224; r&#233;p&#233;tition ruin&#232;rent ceux qui avaient fait confiance &#224; l'Etat espagnol, et par ricochet restreignirent encore plus les possibilit&#233;s de financement de l'&#233;conomie r&#233;elle, alors que les banquiers privil&#233;giaient d&#233;j&#224; les pr&#234;ts aux seigneurs la&#239;cs et eccl&#233;siastiques, qui les dilapidaient en d&#233;penses militaires et fastueuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour n'avoir pas voulu mettre &#224; contribution les plus riches ni su stimuler sa production int&#233;rieure, l'Espagne du XVIe si&#232;cle s'enfon&#231;a dans la crise et fut, au si&#232;cle suivant, d&#233;pass&#233;e par les pays de l'Europe du Nord &#224; l'artisanat et au commerce dynamiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, au moment o&#249; la dette de l'ensemble des pays de la plan&#232;te s'&#233;l&#232;ve &#224; 41 000 milliards de dollars (32 300 milliards d'euros), la banqueroute des pays les plus endett&#233;s ne sera &#233;vit&#233;e que si la fiscalit&#233; est moins accommodante vis-&#224;-vis des plus fortun&#233;s, et que l'on finance suffisamment l'investissement productif et les cr&#233;ations d'emplois, sources de nouvelles rentr&#233;es fiscales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/06/philippe-ii-et-les-banqueroutes-espagnoles_1407226_3232.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 7 septembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt; &lt;i&gt;Pierre Bezbakh&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;, est ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; Paris-Dauphine&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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