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		<title>Le Br&#233;sil de Lula, huit ans plus tard</title>
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		<dc:date>2010-08-28T16:22:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre Beaudet</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 2002, le Br&#233;sil surprend le monde en &#233;lisant &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique un ouvrier syndicaliste. Luiz In&#225;cio Lula da Silva, fondateur et chef du Parti des travailleurs (PT) est en effet embl&#233;matique d'un grand mouvement populaire qui a d&#233;stabilis&#233; la dictature au tournant des ann&#233;es 1980. Par la suite, le PT monte &#224; l'assaut du ciel pour contester le pouvoir historiquement dans les mains de grands caciques venant de l'&#233;lite. &lt;br class='autobr' /&gt;
Peu &#224; peu, la gauche progresse, d'abord en conqu&#233;rant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Bresil" rel="directory"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 2002, le Br&#233;sil surprend le monde en &#233;lisant &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique un ouvrier syndicaliste. Luiz In&#225;cio Lula da Silva, fondateur et chef du Parti des travailleurs (PT) est en effet embl&#233;matique d'un grand mouvement populaire qui a d&#233;stabilis&#233; la dictature au tournant des ann&#233;es 1980. Par la suite, le PT monte &#224; l'assaut du ciel pour contester le pouvoir historiquement dans les mains de grands caciques venant de l'&#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu &#224; peu, la gauche progresse, d'abord en conqu&#233;rant plusieurs grandes villes o&#249; des exp&#233;rimentations de gestion municipale in&#233;dites ancrent le PT et cr&#233;ent de facto une grande coalition comprenant une partie importante des classes moyennes et populaires, urbaines et rurales. Les diverses &#171; gauches &#187; se coalisent &#233;galement en amenant au PT une grande partie de l'ancienne mouvance marxiste, des chr&#233;tiens progressistes, des syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, tout cela d&#233;bouche sur la victoire de Lula aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 (suivi d'un deuxi&#232;me mandat acquis en 2006). De facto, le PT devient la premi&#232;re force politique du pays, bien que la sc&#232;ne parlementaire demeure extr&#234;mement fragment&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le PT compte 91 d&#233;put&#233;s (sur 513) et 14 s&#233;nateurs (sur 81) au Congr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Principal adversaire du PT, le Parti social-d&#233;mocrate br&#233;silien (PSDB), constitue l'autre grand p&#244;le de la sc&#232;ne politique, regroupant la droite traditionnelle avec une partie des secteurs modernistes des &#233;lites &#233;conomiques et des couches moyennes-sup&#233;rieures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveaux et anciens enjeux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans plus tard, &#224; l'approche des prochaines &#233;lections pr&#233;sidentielles (octobre 2010), une nouvelle polarisation politique se r&#233;percute sur le pays. Lula ayant r&#233;alis&#233; ses deux mandats, c'est Dilma Roussef (elle occupe depuis peu des fonctions importantes dans l'administration Lula) qui va d&#233;fendre les couleurs du PT. Devant elle, Jos&#233; Serra, au nom du PSDB. Bien que les sondages indiquent un niveau d'appui populaire tr&#232;s &#233;lev&#233; pour Lula (autour de 80%), rien n'est jou&#233; d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En faveur de Dilma et de la poursuite du projet de Lula, l'&#233;conomie conna&#238;t une embellie. Le gouvernement affirme bien g&#233;rer la crise mondiale d'une mani&#232;re qui avantage le Br&#233;sil, ce dont t&#233;moigne le taux de croissance du PIB (qui pourrait &#234;tre + ou - 5% en 2010) et m&#234;me que la progression de l'emploi et la diminution de la pauvret&#233;, assez spectaculaire si on consid&#232;re que, selon divers indicateurs, environ trente millions de personnes sont sorties de la pauvret&#233; &#171; extr&#234;me &#187;. D'autre part, la bonne sant&#233; &#233;conomique se refl&#232;te dans la diminution importante de la dette externe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De 2002 &#224; 2009, cette dette est pass&#233;e de 210 milliards de reais &#224; 202 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans &#234;tre imperm&#233;able aux fluctuations des march&#233;s financiers, le Br&#233;sil est assis sur un fort exc&#233;dent commercial ainsi qu'une confortable r&#233;serve en devises (+ 24% en 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre-temps, Lula est devenu le Pr&#233;sident de &#171; tous les Br&#233;siliens &#187;. Sa popularit&#233; d&#233;passe de loin celle de son parti (dont il s'est partiellement autonomis&#233;). En fait, Lula est populaire pas seulement (et pas principalement) &#224; cause de son charisme et des mesures de redistribution qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; aux couches populaires, mais aussi et surtout parce qu'il repr&#233;sente un projet et un processus de transformation qui encourage les classes populaires. Certes ce projet n'est pas (et n'a jamais &#233;t&#233;) &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, ni dans sa forme, ni dans son contenu. Et, dans ce sens, on peut reconna&#238;tre dans la gouvernance de la gauche br&#233;silienne des &#233;l&#233;ments tr&#232;s similaires &#224; ce qui s'est pass&#233; en Europe et en Am&#233;rique du Nord dans le sillon du keyn&#233;sianisme et de la social-d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;l&#233;ments similaires, mais non identiques : le Br&#233;sil, pays de pauvret&#233; et d'exclusion sociale structurelles, h&#233;ritier de l'esclavagisme qui a pr&#233;valu jusqu'au dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, est encore aujourd'hui le pays le plus in&#233;galitaire au monde. Ce pays, par ailleurs, reste une d&#233;mocratie r&#233;cente, encore fragile, ayant v&#233;cu pendant plusieurs d&#233;cennies sous la dictature militaire. Aussi on peut comprendre que, dans un tel contexte, une politique de r&#233;formes partielles, bas&#233;es sur une sorte de grand &#171; compromis &#187; entre dominants et domin&#233;s, reste un d&#233;fi consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observe donc que la lutte politique demeure vive. Et la candidate du PT est handicap&#233;e, du fait qu'elle est relativement inconnue, sans le parcours spectaculaire de son pr&#233;d&#233;cesseur. Entre-temps, les m&#233;dias lui m&#232;nent la vie dure, mettant en question sa capacit&#233; &#224; pr&#233;sider un pays aussi compliqu&#233; que le Br&#233;sil. Le PSDB promet de &#171; mieux &#187; gouverner, en &#233;vitant d'attaquer Lula, ce qui pourrait &#234;tre contre-productif &#233;lectoralement parlant. Pour autant, la droite n'est pas assur&#233;e de l'emporter. Car le Br&#233;sil d'aujourd'hui n'est plus le m&#234;me. Les classes populaires sont plus affirmatives, moins subordonn&#233;es et d&#233;pendantes des r&#233;seaux de pouvoir traditionnels qui avaient maintenu la majorit&#233; de la population dans une situation de non-citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuit&#233;s et ruptures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En huit ans que s'est-il donc pass&#233; ? Au d&#233;part, la t&#226;che de Lula ne semblait pas facile. En 2002, le pays est en effet affaibli par huit ans de gestion n&#233;olib&#233;rale &#171; pure et dure &#187; par le gouvernement de Fernando Henrique Cardoso. La dette explose, en partie par l'ouverture sans pr&#233;c&#233;dent de l'&#233;conomie br&#233;silienne et l'alignement du gouvernement br&#233;silien sur le &#171; consensus de Washington &#187; impos&#233; par les &#201;tats-Unis et le FMI&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jorge Mattoso, &#8220;O Brasil herdado&#8221;, in Emir Sader &amp; Marco Aurelio Garcia, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les revenus des couches populaires et moyennes sont en r&#233;gression. Le ch&#244;mage frappe presque 20% de la main d'&#339;uvre active. Le secteur public est disloqu&#233; par une vague de privatisations qui permettent &#224; l'&#233;lite &#233;conomique de racheter &#224; bas prix des pans entiers de l'&#233;conomie. La pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s s'accroissent de mani&#232;re spectaculaire. Que faire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'embl&#233;e, Lula d&#233;cide de calmer le jeu L'id&#233;e est d'assurer la stabilit&#233;, d'&#233;viter des d&#233;bordements et des crises, alors que la droite pr&#233;dit la fuite des capitaux, voire l'&#233;croulement de l'&#233;conomie. Pour contre-attaquer, mais aussi parce que cela correspond &#224; sa vision des choses, Lula annonce ses couleurs dans une fameuse &#171; Lettre aux Br&#233;siliens &#187; o&#249; il affirme qu'il faut, &#171; malheureusement &#187;, respecter les engagements pr&#233;c&#233;dents, notamment le paiement de la dette, et la continuation de la politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il promet aussi de garder comme priorit&#233; la lutte contre l'inflation, via des taux d'int&#233;r&#234;ts tr&#232;s &#233;lev&#233;s, ce qui s&#233;curise les d&#233;tenteurs de capitaux. Il s'engage &#224; respecter l'aust&#233;rit&#233; fiscale et &#224; limiter les d&#233;penses de l'&#201;tat. Bref, avec son controvers&#233; ministre des finances, Ant&#244;nio Palocci, Lula rassure les secteurs dominants, tant les &#233;lites br&#233;siliennes que les institutions financi&#232;res et internationales comme le FMI. La pilule est am&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, Lula annonce un programme de &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; &#233;conomique. Il stoppe les privatisations et remet &#224; l'agenda public l'id&#233;e d'un &#201;tat &#171; d&#233;veloppementiste &#187;, intervenant et r&#233;gulateur. Il reprend langue avec le mouvement syndical et les secteurs populaires. Surtout, il redynamise le filet de s&#233;curit&#233; sociale surtout orient&#233; vers les populations les plus pauvres et paysannes, dans le nord du pays (dont le &#171; Nordeste &#187;). Le projet Fome zero (faim z&#233;ro) met &#224; la disposition de ces couches (un quart de la population totale) une aide sociale sous la forme d'une allocation familiale (Bolsa Fam&#237;lia) ce qui contribue &#224; r&#233;duire la famine et la pauvret&#233; &#171; extr&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur d'autres plans, la politique impos&#233;e par Lula indique &#233;galement des continuit&#233;s et des ruptures. Son gouvernement mise sur le d&#233;veloppement du secteur agro-industriel, et facilite la croissance des exportations de soja transg&#233;nique et de viande, sous la houlette des grandes entreprises priv&#233;es qui exploitent la majeure partie des terres arables. Lula finalement refuse l'id&#233;e d'une r&#233;forme agraire &#171; radicale &#187;, pourtant promue par ses alli&#233;s historiques, dont le formidable Mouvement des sans-terre, le MST&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les grandes propri&#233;t&#233;s (1 000 hectares et plus) occupent encore 43% des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En m&#234;me temps, son gouvernement aide le MST &#224; r&#233;cup&#233;rer des terres en friche, lui apporte aussi des financements pour renforcer ses capacit&#233;s techniques, notamment dans la gestion des coop&#233;ratives mises en place sur les terres &#171; r&#233;cup&#233;r&#233;es &#187; par les Sans terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela &#233;merge peu &#224; peu une sorte de projet de d&#233;veloppement, diff&#233;rent sur bien des aspects du traditionnel &#171; desarollisme &#187; bas&#233; sur l'&#201;tat &#171; fort &#187; et l'industrialisation par la substitution des importations. Mais ce projet est &#233;galement en rupture avec le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980-90 sur quelques points essentiels, notamment le r&#244;le de l'&#201;tat et la n&#233;cessit&#233; de recr&#233;er un filet de s&#233;curit&#233; sociale comme moyen de relancer le march&#233; interne et donc l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;preuve du pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant son premier mandat, de 2002 &#224; 2006, le gouvernement navigue entre divers &#233;cueils. L'orientation &#171; continuiste &#187; en mati&#232;re &#233;conomique lui fait mal, notamment aupr&#232;s de ses alli&#233;s sociaux et m&#234;me aupr&#232;s de certaines franges du PT. Quelques d&#233;missions d'&#233;lus se manifestent, d'o&#249; &#233;merge un parti qui s'affirme &#224; la gauche du PT, le PSOL (Partido Socialismo e Liberdade),men&#233; par la d&#233;put&#233;e Helo&#237;sa Helena, et endoss&#233;e par des personnalit&#233;s &#224; l'origine de la fondation du PT comme Pl&#237;nio Arruda Sampaio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, l'&#233;rosion de la base militante du PT s'acc&#233;l&#232;re, provoqu&#233;e par une s&#233;rie de scandales sur le financement du parti. Le syst&#232;me politique br&#233;silien est construit sur l'opacit&#233;, les jeux d'influence, les alliances sans principe et les deals qui se n&#233;gocient entre les acteurs politiques sur la base d'int&#233;r&#234;ts. Le gouvernement Lula, qui a pourtant promis de &#171; nettoyer &#187; cette situation, la g&#232;re &#224; sa mani&#232;re, en offrant aux uns et aux autres, partis et personnalit&#233;s, des avantages, petits et gros, d&#232;s lors qu'ils n'entravent pas la politique gouvernementale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un exemple parmi tant d'autres. Dans l'&#201;tat du Ceara, le gouverneur Cid (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette &#233;volution est point&#233;e par les m&#233;dias de droite qui accusent le gouvernement de corruption, ce qui provoque le d&#233;part, ou la critique, de personnalit&#233;s de gauche, notamment dans la mouvance chr&#233;tienne, ainsi que des mouvements sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces turbulences n'affectent pas le gouvernement Lula de mani&#232;re strat&#233;gique. En 2006, il est r&#233;&#233;lu (au deuxi&#232;me tour cependant). La population, surtout des secteurs populaires et paysans, vote massivement pour le Pr&#233;sident. Les grands mouvements, comme le MST, d&#233;cident de l'appuyer : d'une part pour &#233;viter le retour de la droite, d'autre part parce qu'ils sont conscients que Lula apporte &#233;galement des &#233;l&#233;ments de r&#233;ponse en phase avec les revendications du peuple et du mouvement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part de son deuxi&#232;me mandat, Lula promet d'acc&#233;l&#233;rer la cadence et de relancer le d&#233;veloppement. Il augmente le salaire minimal de plus de 30 %, &#224; la fois pour accro&#238;tre les revenus des couches populaires, &#224; la fois pour relancer le march&#233; int&#233;rieur. &#192; la Bolsa familia s'ajoutent d'autres initiatives : le ProUni (soutien aux &#233;tudiants universitaires des familles modestes), le PRONAF (appuis &#224; l'agriculture paysanne), le programme Territorios da Cidadania (transferts budg&#233;taires vers les municipalit&#233;s et r&#233;gions pauvres). Parall&#232;lement, le gouvernement, &#224; travers le Programme d'acc&#233;l&#233;ration de la croissance (PAC), investit 200 milliards de dollars dans la r&#233;habilitation des infrastructures (routes, a&#233;roports, ports maritimes, assainissement des eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats de ces initiatives, essentiellement de nature assistantialiste, permettent une r&#233;elle am&#233;lioration des conditions de vie de la majorit&#233; des Br&#233;siliens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Graziano da Silva J., &#171; Consumo dos pobres : motor da retomada econ&#244;mica no (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Certes comme l'explique Laurent Delcourt, il faut analyser cette &#233;volution avec des nuances&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurent Delcourt, &#171; Le Br&#233;sil de Lula, une dynamique de contradictions &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les d&#233;penses canalis&#233;es sur le filet de s&#233;curit&#233; sociale restent tr&#232;s inf&#233;rieures &#224; celles consacr&#233;es au service de la dette. Parall&#232;lement, les taux d'int&#233;r&#234;t demeurent tr&#232;s &#233;lev&#233;s, au profit des d&#233;tenteurs de capitaux et au d&#233;triment de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le domaine des politiques agricoles, central dans la dynamique de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; br&#233;siliennes, Lula maintient un mod&#232;le &#171; de d&#233;veloppement agraire fond&#233; sur les monocultures d'exportation et l'agrobusiness, certes moteur de croissance et source de pr&#233;cieuses devises, mais socialement inique, &#233;cologiquement d&#233;sastreux et intenable sur le long terme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu la m&#234;me tendance qui se manifeste au niveau &#233;nerg&#233;tique, alors que l'accent est mis sur le renforcement de l'&#233;norme entreprise publique PETROBRAS, qui accro&#238;t consid&#233;rablement ses capacit&#233;s de production, ainsi que sur d'autres initiatives pour augmenter le potentiel &#233;nerg&#233;tique du pays via des grands barrages, le d&#233;tournement de fleuves et m&#234;me des projets pour construire des centrales nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, le bilan du gouvernement d&#233;gage un portrait que le sociologue br&#233;silien Emir Sader qualifie d'&#171; hybride &#187; et contradictoire. D'une part, la gouvernance de Lula permet en effet au secteur financier de conserver son r&#244;le central, ce qui permet aux couches privil&#233;gi&#233;es d'engranger d'&#233;normes profits. D'autre part, l'&#201;tat redevient &#171; d&#233;veloppementiste &#187;, tant par la redistribution des revenus que par le renforcement du r&#244;le r&#233;gulateur de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emir Sader, A nova touperia, os caminhos da esquerda latino-americana, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur l'&#233;chiquier mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;veloppements consid&#233;rables doivent &#234;tre contextualis&#233;s dans l'&#233;volution du positionnement du Br&#233;sil sur l'&#233;chiquier mondial. Au moment de l'&#233;lection de Lula, le Br&#233;sil fait du sur-place en restant ancr&#233; sur la politique &#233;tats-unienne, tant &#224; l'&#233;chelle des Am&#233;riques que sur des questions plus vastes comme l'avenir des r&#233;gulations commerciales (dans le cadre des n&#233;gociations de l'OMC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2003, Lula s'exprime lors des n&#233;gociations de l'OMC pour s'opposer &#224; ce qu'il consid&#232;re comme des politiques de lib&#233;ralisation commerciale n&#233;gatives du point de vue du Br&#233;sil et des pays du sud. Assez rapidement, Lula change le ton de ces discussions. Il affirme la priorit&#233; d'avancer dans l'int&#233;gration des Am&#233;riques et s'oppose explicitement au projet promu par les &#201;tats-Unis et le Canada d'une Zone de libre-&#233;change des Am&#233;riques (ZLEA ou ALCA en portugais et en espagnol)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce projet est finalement enterr&#233;en 2004 devant l'opposition tr&#232;s majoritaire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Am&#233;riques, le gouvernement entend renforcer divers projets d'int&#233;gration, ce qui d&#233;bouche (2008) sur l'UNASUR (Union des nations sud-am&#233;ricaines). Certes, cette structure h&#233;misph&#233;rique embryonnnaire ne peut se comparer &#224; l'Union europ&#233;enne, mais elle a des ambitions. La question devient alors pratique. Il est en effet difficile de coordonner r&#233;ellement les initiatives en cours (MERCOSUR, ALBA), travers&#233;es de diverses luttes d'influence, notamment entre le Br&#233;sil et un bloc de pays plus revendifs compos&#233; du Venezuela, de la Bolivie, de l'&#201;quateur et de Cuba&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Des analystes soulignent les tensions d&#233;coulant de certaines tendances (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Reste aussi &#224; cr&#233;er de nouvelles institutions politiques et &#224; d&#233;passer le cadre &#233;conomique et commercial qui pr&#233;vaut actuellement et qui, faute de base politique commune, n'avance pas rapidement, en d&#233;pit de la cr&#233;ation de nouveaux outils d'int&#233;gration comme Petrosur (&#233;nergie), Bancosur (finances), Telesur (communication)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bien que le commerce entre les pays du MERCOSUR ait quadrupl&#233; depuis 2002, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement, l'activisme du gouvernement Lula se manifeste dans diverses crises o&#249; se confrontent les int&#233;r&#234;ts br&#233;siliens (et latinos) et ceux des &#201;tats-Unis. &#192; cet effet, l'affrontement le plus direct survient au Honduras o&#249; un coup d'&#201;tat, organis&#233; par les &#233;lites locales et soutenu par les &#201;tats-Unis renverse (juin 2009) le gouvernement &#233;lu et appuy&#233; fortement par le Br&#233;sil qui parvient m&#234;me &#224; isoler Washington au sein de l'Organisation des &#201;tats Am&#233;ricains(OEA), pourtant fief traditionnel des &#201;tats-Unis dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux &#201;tats-Unis justement, la situation demeure tendue. Les plans de remilitarisation de la Colombie, amorc&#233;s &#224; l'&#233;poque de Bush, continuent sous Obama. Les menaces contre le Venezuela et m&#234;me contre Cuba prennent toute leur place au sein d'une administration qui avait &#233;t&#233; &#233;lue pour s'&#233;loigner de la &#171; guerre sans fin &#187; des n&#233;oconservateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lula pendant ce temps cherche &#224; cultiver ses relations avec Washington, d'une part parce qu'il le faut ( !), d'autre part en misant sur l'image d'un &#201;tat &#171; responsable &#187;, capable de participer &#224; la r&#233;organisation des Am&#233;riques d'une mani&#232;re qui ne nuirait pas n&#233;cessairement aux &#201;tats-Unis, mais sans subordination. Le projet est ambitieux, c'est le moins qu'on puisse dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes sur cela, le moment actuel favorise Lula. Au fur et &#224; mesure que, r&#233;sultat de mobilisations populaires sans pr&#233;c&#233;dent, se consolide toute une s&#233;rie de gouvernements de centre-gauche latinoam&#233;ricains qui s'opposent, &#224; des degr&#233;s divers, au &#171; consensus de Washington &#187;. Sans prendre la t&#234;te de l'opposition au traditionnel ennemi yankee, le gouvernement de Lula en prend acte d'une mani&#232;re astucieuse, en diversifiant ses relations commerciales (notamment avec la Chine et l'Union europ&#233;enne)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2009, la Chine est devenue le deuxi&#232;me partenaire commercial du Br&#233;sil, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et en devenant plus activiste et volontariste dans les grands d&#233;bats mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette inflexion co&#239;ncide avec d'importantes transformations &#233;conomiques. &#192; partir de 2006-07 et &#224; l'avantage du Br&#233;sil, la flamb&#233;e du prix des mati&#232;res premi&#232;res, notamment alimentaires, permet une grande pouss&#233;e des exportations br&#233;siliennes (principalement soja et produits alimentaires). Ainsi, tout en restant relativement confin&#233; dans une division du travail traditionnelle, le Br&#233;sil, avec un secteur financier solide et un confortable exc&#233;dent budg&#233;taire, consolide sa r&#233;putation d'&#201;tat &#171; &#233;mergent &#187;. Il forme avec d'autres pays &#233;galement dits &#171; &#233;mergents &#187; une alliance informelle, le BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), avec lesquels se tissent de nouveaux liens &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela &#233;merge un G20, pour faire contrepoids, relativement parlant, au G8, traditionnel club des pays riches du Nord&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce sujet Renaud Lambert, &#171; Le Br&#233;sil, ce g&#233;ant entrav&#233; &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce face-&#224;-face reste relatif, puisque les deux &#171; camps &#187; s'inscrivent dans une perspective commune de &#171; lib&#233;ralisation &#187; des march&#233;s, tout en se disputant sur les termes de cette &#171; lib&#233;ralisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prochaine &#233;tape&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans quelques mois, des millions de Br&#233;siliens iront voter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, de m&#234;me que pour &#233;lire les gouverneurs des &#201;tats et pour renouveler une partie des s&#233;nateurs et parlementaires au Congresso national. Certes, tous ont les yeux fix&#233;s sur l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, &#224; la fois centre nerveux de la gouvernance et site de la l&#233;gitimit&#233; populaire. Depuis l'annonce officieuse de sa candidature, Dilma Roussef progresse dans les sondages sur les intentions de vote. La machine politique de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral est mobilis&#233;e pour assurer sa victoire sur un discours simple mais convaincant : il fait continuer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux succ&#232;s enregistr&#233;s en mati&#232;re de lutte contre la pauvret&#233;, l'&#233;quipe de Lula fait valoir la stabilit&#233; &#233;conomique (&#171; m&#234;mes les riches sont devenus plus riches &#187;, affirme le pr&#233;sident sortant), de m&#234;me que l'&#171; &#233;mergence &#187; du Br&#233;sil, &#224; qui &lt;i&gt;The Economist &lt;/i&gt; promet de devenir la cinqui&#232;me puissance &#233;conomique du monde. Selon Dilma, le Br&#233;sil de Lula a r&#233;ussi &#224; gouverner d'une mani&#232;re o&#249; &#171; le d&#233;veloppement avec l'inclusion sociale devient un mod&#232;le &#233;conomique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dilma Roussef, &#8220;Um pais para 190 milhoes de Brasileiros&#8221;, in Emir Sader (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La candidate du PT promet de cr&#233;er, rien de moins, qu'un &#171; pays de Welfare State &#224; la mode br&#233;silienn &#187;, avec comme acteur principal &#171; un &#201;tat capable de planifier et de g&#233;rer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; savoir si l'&#233;lectorat suivra. &#192; son avantage, Dilma profite du d&#233;sarroi politique de la droite, qui ne peut se r&#233;clamer de sa gouvernance ant&#233;rieure (le gouvernement Cardoso avait presque men&#233; le pays &#224; la ruine), et qui ne peut nier non plus les avanc&#233;es &#233;conomiques et sociales des huit derni&#232;res ann&#233;es. Pourtant, la victoire n'est pas acquise, car ce qui menace le plus Dilma et le PT c'est l'abstentionnisme croissant, li&#233; &#224; la transformation du d&#233;bat et de la mobilisation politique. En effet, le PT n'est plus un appareil militant, men&#233; par un noyau dur de cadres d&#233;di&#233;s et ancr&#233;s sur les mouvements populaires. D'un c&#244;t&#233;, parce qu'il a &#233;t&#233; &#171; d&#233;capit&#233; &#187; par l'exode vers les fonctions &#233;tatiques. D'un autre c&#244;t&#233;, parce qu'il a perdu, du moins en partie, sa captation symbolique de l'espoir de transformation, qu'il avait acquis au travers des luttes populaires des ann&#233;es 1980-1990. Le renforcement des capacit&#233;s m&#233;diatiques du PT, qui fait campagne de plus en plus &#171; &#224; l'am&#233;ricaine &#187; (via la t&#233;l&#233;vision) ne fait pas totalement contrepoids &#224; cette absence de mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette d&#233;perdition n'est pas &#171; totale &#187;. Beaucoup de militants sociaux restent fid&#232;les au PT, moins par enthousiasme que par r&#233;alisme, &#171; pour faire &#233;chec &#224; la droite &#187;, et aussi pour continuer de mener une bataille pour les droits sociaux et &#233;conomiques. Pour Emir Sader, le secteur militant doit maintenir une relation de proximit&#233; avec le PT, pour en renforcer les &#233;l&#233;ments progressistes, pour concentrer l'attaque contre l'h&#233;g&#233;monie du secteur financier et de l'agrobusiness&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Emir Sader, A nova touperia, os caminhos da esquerda latino-americana, op.cit.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements sociaux, pour leur part, restent align&#233;s sur la continuit&#233;. La Centrale unique des travailleurs, la CUT, reste toujours loyale &#224; Lula, m&#234;me si la classe ouvri&#232;re, notamment dans le secteur industriel et les services, a subi les impacts de la politique macro&#233;conomique orthodoxe. Les secteurs paysans, surtout dans le nord, restent acquis au gouvernement, en bonne partie &#224; cause des programmes sociaux qui ont fait une diff&#233;rence dans leur vie. Le MST, pour sa part, tout en se gardant un droit de r&#233;serve, finira sans doute par faire comme en 2006, en appuyant Dilma, &#171; contre la droite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute, tous ne sont pas d'accord avec cette optique. Une partie de la base militante du PT, on l'a vu, a &#233;t&#233; attir&#233;e par le PSOL&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors des &#233;lections de 2006, Heloisa Helena avait rafl&#233; la troisi&#232;me place au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais, aujourd'hui, ce parti traverse une crise profonde, tant il est incapable de d&#233;terminer une ligne cons&#233;quente et alternative face &#224; la politique de Lula&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Renato Godoy de Toledo, Brasil de Fato, 6 avril 2010.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et il est d&#233;chir&#233; par des factions qui tentent de s'arracher le pouvoir et les candidatures, et compromis dans de douteuses convergences avec la droite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le &#171; sage &#187; du PSOL, Pl&#237;nio Arruda Sampaio, ne parvient m&#234;me pas &#224; obtenir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les dissidents plus r&#233;cents, regroup&#233;s autour de la populaire ex-ministre de l'environnement Marina Silva, ne r&#233;ussissent pas non plus &#224; relancer le Parti Vert, &#233;trange amalgame de gauches et de droites qui veulent promouvoir l'agenda du &#171; d&#233;veloppement durable &#187; d'une mani&#232;re qui reste ambigu&#235;. A ce jour, en tout cas, les arguments &#233;cologistes n'apparaissent pas capables de proposer une plateforme globale alternative, et restent confin&#233;s, soit dans quelques secteurs de la gauche d&#233;&#231;ue du PT, soit parmi les classes moyennes urbaines assez &#233;loign&#233;es des pr&#233;occupations des secteurs populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guerre de position&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Br&#233;sil et ailleurs en Am&#233;rique latine, une puissante reconfiguration s'esquisse sous nos yeux. L'empire &#233;tatsunien, avec ses aventures moyen-orientales et sa mauvaise gestion de la crise financi&#232;re, est malmen&#233; dans une zone qu'il consid&#233;rait comme sienne &#187; (&#224; travers la doctrine dite de Monroe). Certes, les &#201;tats-Unis sont loin d'&#234;tre hors jeu, mais ils ont maintenant devant eux des &#201;tats, des gouvernements et des mouvements relativement coh&#233;rents et organis&#233;s. D'o&#249; la marge de man&#339;uvre, restreinte mais r&#233;elle, qui existe. Est-ce suffisant pour pr&#233;voir une &#171; renaissance &#187; &#233;conomique et politique de l'H&#233;misph&#232;re et la mise en place d'un nouveau &#171; mod&#232;le &#187; de d&#233;veloppement ? Il serait pour le moins imprudent de s'avancer aussi loin, m&#234;me si, ici et l&#224;, un tel projet semble se dessiner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, l'&#233;volution des luttes sociales et politiques sur le plan interne risque d'&#234;tre d&#233;terminante. Dans le cas du Br&#233;sil, plusieurs options s'expriment. Le projet de Lula d'une grande coalition multi-classe en est une. Autour d'un &#201;tat fort &#233;paul&#233; par une coalition de centre-gauche, ce projet &#171; n&#233;o-d&#233;veloppementiste &#187; mise sur le renforcement des capacit&#233;s productives anim&#233;es par le secteur priv&#233; (l'&lt;i&gt;agrobusiness&lt;/i&gt; notamment) et un secteur public renforc&#233; (dans l'&#233;nergie), et dont les retomb&#233;es (profits) sont redistribu&#233;es pour am&#233;liorer les conditions des classes populaires et &#233;galement relancer le march&#233; interne. Ce projet implique un &#233;largissement des relations du Br&#233;sil avec le reste du monde. Pour dire en clair, le renforcement des liens Sud-Sud et l'att&#233;nuation de la d&#233;pendance envers les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233;, le projet des &#233;lites traditionnelles et de la droite est de rebrancher le Br&#233;sil sur le &#171; turbocapitalisme &#187; qui pr&#233;vaut dans le reste du monde capitaliste et qui mise sur une financiarisation accrue au b&#233;n&#233;fice quasi exclusif des couches sup&#233;rieures. Dans les d&#233;bats &#233;lectoraux actuels, il n'est pas rare d'entendre les m&#233;dias, tr&#232;s majoritairement de droite, proposer l'abolition du programme Bolsa familia (&#171; trop co&#251;teux et favorisant la paresse naturelle des classes populaires &#187;), r&#233;clamer l'&#233;radication des favelas (&#171; ils occupent des zones o&#249; la ville moderne pourrait &#234;tre d&#233;velopp&#233;e &#187;) et exiger la criminalisation des mouvements sociaux, notamment du MST. &#192; rebours, la droite voudrait &#233;galement r&#233;aligner le Br&#233;sil sur les Etats-Unis, et m&#234;me les appuyer dans leur lutte contre des &#201;tats d&#233;finis par Washington comme &#171; dangereux &#187;, tels le Venezuela ou l'Iran. C'est dire si elle n'a pas appr&#233;ci&#233; la tentative de m&#233;diation avec T&#233;h&#233;ran, men&#233;e conjointement avec la Turquie, au sujet de l'enrichissement d'une partie du stock d'uranium iranien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre ces deux grandes options, il y a &#233;galement la perspective d'approfondir les transformations sociales en donnant aux classes populaires non seulement de meilleures conditions de vie, mais aussi du pouvoir et des capacit&#233;s politiques. Tout cela dans une perspective &#171; &#233;co-socialiste &#187;, o&#249; la question environnementale est organiquement li&#233;e &#224; celle du d&#233;veloppement &#171; durable &#187;. Bref, dans un langage qui rappelle, en partie au moins, le projet &#224; l'origine du PT, et qui promeut &#233;galement le d&#233;passement du syst&#232;me politique actuel via la d&#233;mocratie &#171; participative &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le moment, cet &#171; &#233;cosocialisme &#187; appara&#238;t davantage &#171; entre les lignes &#187; que sur la sc&#232;ne politique r&#233;ellement existante, pourrait-on dire. Mais l'option est pr&#233;sente : en effet, rien n'indique que les avanc&#233;es r&#233;alis&#233;es par le peuple br&#233;silien ces derni&#232;res ann&#233;es, au pas de course dans un temps tr&#232;s limit&#233;, ne l'inciteront pas &#224; aller plus loin. Par ailleurs, les limites sont de plus en plus &#233;troites, compte tenu des crises - ou de la crise des crises devrait-on dire - qui traversent l'horizon &#233;conomique, politique et &#233;cologique des soci&#233;t&#233;s contemporaines. Tout cela conduit des populations &#224; rechercher de nouveaux projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/spip.php?article446&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;M&#233;moire de Lutte&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, le 21 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le PT compte 91 d&#233;put&#233;s (sur 513) et 14 s&#233;nateurs (sur 81) au Congr&#232;s br&#233;silien. Par ailleurs, il contr&#244;le trois Etats sur 27. De facto, les gouvernements du PT au niveau f&#233;d&#233;ral, provincial (les &#201;tats) et municipal sont tous des gouvernements de coalition dans lesquels on trouve les petits partis de gauche (PSB, PCdoB, PTB, etc.) et plusieurs formations centristes comme le PMDB notamment. Par ailleurs, le syst&#232;me politique br&#233;silien est de nature pr&#233;sidentialiste, ce qui donne au Pr&#233;sident une grande marge de man&#339;uvre pour gouverner. Des changements plus fondamentaux cependant, comme des r&#233;formes de la Constitution, sont sous la responsabilit&#233; des &#233;lus et rel&#232;vent donc des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;De 2002 &#224; 2009, cette dette est pass&#233;e de 210 milliards de reais &#224; 202 milliards, mais plus important est le fait que le ratio dette/PIB est pass&#233; de 41,8 &#224; 12,9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Jorge Mattoso, &#8220;O Brasil herdado&#8221;, in Emir Sader &amp; Marco Aurelio Garcia, Brasil, entre o passado e o futuro, Editora Funda&#231;ao Perseu Abramo, Sao Paulo, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les grandes propri&#233;t&#233;s (1 000 hectares et plus) occupent encore 43% des terres cultiv&#233;es au Br&#233;sil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un exemple parmi tant d'autres. Dans l'&#201;tat du Ceara, le gouverneur Cid Gomes &#171; r&#232;gne &#187; avec l'appui du PT et du PSDB. Les deux partis ont convenu de se r&#233;partir les si&#232;ges et de ne pas se faire ombrage. Le fr&#232;re de Gomes est ministre de Lula qui, par ailleurs, n&#233;gocie avec les autres partis, de gauche ou de droite, pour avoir une majorit&#233; parlementaire. Ces ententes impliquent du financement occulte, des nominations &#224; des postes de responsabilit&#233;, des privil&#232;ges, en d'autres termes tout ce que l'&#233;thique originale du PT rejetait.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Graziano da Silva J., &#171; Consumo dos pobres : motor da retomada econ&#244;mica no Brasil &#187;, Valor, 16 d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Laurent Delcourt, &#171; Le Br&#233;sil de Lula, une dynamique de contradictions &#187;, in Alternatives Sud, Le Br&#233;sil de Lula, un bilan contrast&#233;, &#201;ditions Syllepse, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emir Sader, A nova touperia, os caminhos da esquerda latino-americana, Boitempo Editoria, Sao Paulo, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce projet est finalement enterr&#233;en 2004 devant l'opposition tr&#232;s majoritaire des pays d'Am&#233;rique latine et devant les mobilisations immenses qui traversent l'h&#233;misph&#232;re, y compris d'ailleurs aux &#201;tats-Unis et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Des analystes soulignent les tensions d&#233;coulant de certaines tendances h&#233;g&#233;moniques du Br&#233;sil, superpuissance &#233;conomique de l'h&#233;misph&#232;re, et qui font que les entreprises br&#233;siliennes dans leur expansion &#171; naturelle &#187; tentent d'occuper des parts de plus en plus grandes des march&#233;s en Argentine, en Bolivie et ailleurs. Voir &#224; ce sujet Claudio Katz, &#171; &lt;i&gt; &lt;u&gt;&lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/inprecor/article-inprecor?id=868&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Am&#233;rique latine et la crise mondiale&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;, Inprecor, no. 556, janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bien que le commerce entre les pays du MERCOSUR ait quadrupl&#233; depuis 2002, il repr&#233;sente encore un pourcentage assez faible (15c% plus ou moins) des liens commerciaux du Br&#233;sil. Voir &#224; ce sujet Alexandre Morin, &#171; Un bilan mitig&#233; pour les 20 ans du MERCOSUR &#187;, Centre d'&#233;tudes interam&#233;ricaines, Universit&#233; Laval, chronique de janvier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En 2009, la Chine est devenue le deuxi&#232;me partenaire commercial du Br&#233;sil, derri&#232;re l'Union europ&#233;enne mais devant les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Voir &#224; ce sujet Renaud Lambert, &#171; Le Br&#233;sil, ce g&#233;ant entrav&#233; &#187;, Le Monde diplomatique, juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dilma Roussef, &#8220;Um pais para 190 milhoes de Brasileiros&#8221;, in Emir Sader &amp; Marco Aurelio Garcia, Brasil, entre o passado e o futuro, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Emir Sader, A nova touperia, os caminhos da esquerda latino-americana, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors des &#233;lections de 2006, Heloisa Helena avait rafl&#233; la troisi&#232;me place au premier tour du scrutin, avec 6 millions de votes (pr&#232;s de 7 % du total). Le PSOL, par ailleurs, avait fait &#233;lire trois d&#233;put&#233;s f&#233;d&#233;raux. Les pronostics actuels indiquent une diminution importante de ses intentions de vote en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Renato Godoy de Toledo, Brasil de Fato, 6 avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le &#171; sage &#187; du PSOL, Pl&#237;nio Arruda Sampaio, ne parvient m&#234;me pas &#224; obtenir l'investiture du parti pour la pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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