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		<title>Le p&#233;trole, nerf de la guerre.En Colombie aussi. </title>
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		<dc:date>2003-01-24T12:30:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Renaudat </dc:creator>



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&lt;p&gt;Une file de voitures et de camions s'allonge devant l'entr&#233;e du site p&#233;trolier. Dans la chaleur &#233;crasante, des soldats fouillent les v&#233;hicules, et des chiens anti-explosifs reniflent le chargement des coffres. Sur les murs du poste de contr&#244;le sont &#233;pingl&#233;es les photos d'une dizaine de gu&#233;rilleros recherch&#233;s pour sabotage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;res les barri&#232;res jaunes et noires du barrage, le site p&#233;trolier le plus surveill&#233; de Colombie, Ca&#241;o Limon, &#233;tend sur des hectares ses puits de p&#233;troles. &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Colombie" rel="directory"&gt;Colombie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une file de voitures et de camions s'allonge devant l'entr&#233;e du site p&#233;trolier. Dans la chaleur &#233;crasante, des soldats fouillent les v&#233;hicules, et des chiens anti-explosifs reniflent le chargement des coffres. Sur les murs du poste de contr&#244;le sont &#233;pingl&#233;es les photos d'une dizaine de gu&#233;rilleros recherch&#233;s pour sabotage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;res les barri&#232;res jaunes et noires du barrage, le site p&#233;trolier le plus surveill&#233; de Colombie, Ca&#241;o Limon, &#233;tend sur des hectares ses puits de p&#233;troles. &#171; Bienvenue &#224; la Occidental Petroleum &#187; proclament d'immenses pancartes rouill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la route qui serpente dangereusement, Jesus Angarita, employ&#233; du site, &#233;vite les nids-de-poule. Ici, la gu&#233;rilla a dynamit&#233; un camion. Le trou n'a toujours pas &#233;t&#233; bouch&#233;. Un peu plus loin, il montre les restes calcin&#233;s d'un puits de p&#233;trole attaqu&#233; il y a un mois. &#199;a n'arr&#234;te jamais. Les gu&#233;rilleros n'aiment pas les gringos, soupire-t-il. Pourtant, 70 nouveaux &#171; gringos &#187; ont &#233;t&#233; parachut&#233;s dans le d&#233;partement la semaine derni&#232;re. Les bases militaires de l'Arauca pr&#233;paraient depuis des mois l'arriv&#233;e des soldats des Forces sp&#233;ciales am&#233;ricaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambassade m'a envoy&#233; jusqu'aux architectes pour construire les bunkers, explique agac&#233; le lieutenant colonel Santiago Herrera, sur un des centres d'entra&#238;nement. Les Etats-Unis ont promis que leurs Marines ne sortiraient pas, ou presque, de ces bunkers cinq &#233;toiles. Ils ne sont pas l&#224; pour combattre, a assur&#233; le D&#233;partement d'Etat. Leur mission consistera &#224; pr&#233;parer 6.500 soldats colombiens pour prot&#233;ger les installations de la multinationale contre la gu&#233;rilla.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;German Vargas, charg&#233; de communication de l'entreprise, compte sur cette aide pour retrouver un peu de tranquillit&#233;. Il y a 6 mois, un missile artisanal de la gu&#233;rilla a atterri &#224; 50 m&#232;tres de son bureau et des r&#233;servoirs de p&#233;trole. Depuis l'arriv&#233;e de l'entreprise dans la r&#233;gion, en 1985, les puits et l'ol&#233;oduc qui transporte chaque jour 110.000 barils de brut vers la c&#244;te des Cara&#239;bes et les &#201;tats-Unis, ont &#233;t&#233; attaqu&#233;s pr&#232;s de 1.000 fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;part, tout a commenc&#233; pourtant assez bien. La gu&#233;rilla de l'Arm&#233;e de lib&#233;ration nationale, ELN, dont l'Arauca est un bastion depuis des ann&#233;es, laisse construire l'ol&#233;oduc en un temps record, gr&#226;ce &#224; l'imp&#244;t g&#233;n&#233;reux que verse l'entreprise de construction pour garantir sa tranquillit&#233;. Mais la Oxy d&#233;cide de rompre avec ces coutumes. Elle finance et accueille une base militaire dans ses installations, d'o&#249; partent les h&#233;licopt&#232;res qui combattent la gu&#233;rilla. En r&#233;ponse &#224; cette intromission de la multinationale dans le conflit, les attentats de l'ELN et des Forces arm&#233;es r&#233;volutionnaires de Colombie (Farc) se multiplient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attiser la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entour&#233; d'une garde rapproch&#233;e d'une dizaine de jeunes gu&#233;rilleros, Alberto*, commandant d'un front des Farc qui op&#232;re dans la zone, explique cette strat&#233;gie. Les Am&#233;ricains nous ont d&#233;clar&#233; la guerre. Ils nous consid&#232;rent officiellement comme des terroristes. Nous r&#233;pondons en leur d&#233;clarant la guerre. La gu&#233;rilla attaque donc tous ceux qui collaborent avec la Oxy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois dernier, deux gardiens sont tu&#233;s dans un bus de l'entreprise. Les villes qui longent l'ol&#233;oduc sont &#233;galement touch&#233;es. A Saravena, les derniers attentats en octobre ont fait une dizaine de victimes. Et la situation s'enlise depuis que le gouvernement colombien a d&#233;cid&#233; en septembre d'inclure le parcours de l'ol&#233;oduc dans une de ses zones d'exception. L'arm&#233;e, qui supplante avec des pouvoirs sp&#233;ciaux la plupart des autorit&#233;s civiles, a arr&#234;t&#233; pr&#232;s d'une centaine de personnes, souvent sans preuve de leur appartenance &#224; la gu&#233;rilla. Ils arrivent dans un parc, ferment les entr&#233;es et nous emm&#232;nent jusqu'au bataillon sans explication, raconte un habitant. Apr&#232;s, on appara&#238;t dans les journaux comme gu&#233;rilleros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;thodes sont arbitraires, inefficaces et ne font qu'attiser la guerre, analyse Teresa Cede&#241;o, d&#233;fenseur des Droits de l'homme de la r&#233;gion. L'arriv&#233;e des soldats am&#233;ricains aura, selon les habitants, le m&#234;me effet. Ici, les gringos ont d&#233;j&#224; laiss&#233; un souvenir amer. En d&#233;cembre 1998, sur les indications de trois mercenaires am&#233;ricains pay&#233;s par la Occidental Petroleum, l'arm&#233;e colombienne a bombard&#233; par erreur un village, tuant 18 civils. L'arriv&#233;e de cette force sp&#233;ciale ne va pas arranger les choses. Les Am&#233;ricains veulent sauver leur p&#233;trole &#224; n'importe quel prix. Et nous aurons encore plus de morts et plus de larmes, proph&#233;tisait r&#233;cemment Oscar Garcia syndicaliste de la Oxy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le nom du gu&#233;rillero a &#233;t&#233; chang&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Soir&lt;/strong&gt;, &#224; Cano Limon (Arauca), 20 de enero de 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Rossel et Cie SA, Le Soir en ligne, Bruxelles, 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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