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		<title>Folie n&#233;olib&#233;rale en Colombie</title>
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		<dc:date>2003-01-28T10:55:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gary Leech</dc:creator>



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&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) a accept&#233; d'octroyer &#224; la Colombie $2.1 milliards pour les deux prochaines ann&#233;es aussi longtemps que l'administration Uribe respecte l'ordre du jour &#233;conomique mis en avant par l'institution internationale. Cet ordre du jour comprend la privatisation d'une des plus grandes banques du pays, Bancafe, la r&#233;forme du syst&#232;me des pensions et le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires publics afin de surmonter le d&#233;ficit (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Colombie" rel="directory"&gt;Colombie&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La semaine derni&#232;re, le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) a accept&#233; d'octroyer &#224; la Colombie $2.1 milliards pour les deux prochaines ann&#233;es aussi longtemps que l'administration Uribe respecte l'ordre du jour &#233;conomique mis en avant par l'institution internationale. Cet ordre du jour comprend la privatisation d'une des plus grandes banques du pays, Bancafe, la r&#233;forme du syst&#232;me des pensions et le licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires publics afin de surmonter le d&#233;ficit budg&#233;taire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout en annon&#231;ant le nouvel accord, les fonctionnaires de FMI ont indiqu&#233; clairement qu'ils ne s'attendent pas &#224; ce que la Colombie emploie cet argent, que le pr&#234;teur international classifie comme un &#034;stand-by loan&#034; (pr&#234;t de r&#233;serve). En d'autres termes, la Colombie s'est vue accorder une ligne de cr&#233;dit de $2.1 milliards - dont $264 millions disponibles imm&#233;diatement - qu'elle peut utiliser en cas d'urgence &#233;conomique. Tout ceci nous am&#232;ne &#224; nous poser une question : Pourquoi la Colombie a-t-elle accept&#233; de mener de profondes r&#233;formes &#233;conomiques d'aust&#233;rit&#233;, touchant la majorit&#233; des Colombiens, en &#233;change d'un pr&#234;t dont elle n'a pas vraiment besoin ? La r&#233;ponse se situe dans le rapport militaire et &#233;conomique complexe qui existe entre Washington et Bogot&#225;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers la fin des ann&#233;es 80, les narcotrafiquants - les leaders du cartel de Medell&#237;n en premier - lanc&#232;rent dans les villes une campagne d'attentats visant &#224; convaincre le gouvernement colombien d'en finir avec les extraditions des seigneurs de la drogue vers les Etats-Unis o&#249; ils devaient &#234;tre jug&#233;s. A l'&#233;poque, Bogot&#225; s'&#233;tait tourn&#233;e vers l'administration Bush Senior afin de recevoir une aide militaire pour combattre les narcotrafiquants. Le Pr&#233;sident Bush fut plus qu'heureux de fournir l'aide n&#233;cessaire, quoique accompagn&#233;e de certaines conditions. En &#233;change d'une aide de $2.2 milliards (Initiative Andine), Bush exigea des r&#233;formes &#233;conomiques bas&#233;es sur &#034;des politiques de march&#233;&#034;. Peu de temps apr&#232;s avoir re&#231;u l'aide, l'administration de Gaviria initia &#034;une ouverture &#233;conomique&#034;, qui permit la mise en application des politiques n&#233;olib&#233;rales r&#233;clam&#233;es par Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que les fonctionnaires colombiens aiment pointer du doigt la violence comme grande responsable de la d&#233;t&#233;rioration &#233;conomique du pays durant la d&#233;cennie pass&#233;e, la faute en revient plus exactement &#224; l'application de politiques n&#233;olib&#233;rales. Apr&#232;s tout, l'intensit&#233; du conflit colombien dans les ann&#233;es 1940 et 1950 a de loin d&#233;pass&#233; celle des ann&#233;es 90, mais, pendant cette p&#233;riode, la Colombie a b&#233;n&#233;fici&#233; d'une croissance &#233;conomique impressionnante qui s'est poursuivie, en fait, jusqu'aux ann&#233;es 90, faisant de la Colombie un des pays les plus stables &#233;conomiquement en Am&#233;rique latine pendant la deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en 1999, l'&#233;conomie colombienne est entr&#233;e dans sa plus grave r&#233;cession depuis plus d'un demi-si&#232;cle. Plus inqui&#233;tant encore pour l'&#233;lite politique et &#233;conomique colombienne fut la croissance de la force militaire des gu&#233;rillas de gauche du pays. Pour la premi&#232;re fois en plus de 40 ans de lutte arm&#233;e, les rebelles &#233;taient capables de menacer s&#233;rieusement l'&#233;lite urbaine colombienne par les enl&#232;vements et les bombardements. Et comme elle l'avait fait une d&#233;cennie plus t&#244;t, confront&#233;e alors &#224; la campagne urbaine d'attentats du cartel de Medell&#237;n, Bogot&#225; s'est &#224; nouveau tourn&#233;e vers Washington pour accro&#238;tre l'aide militaire afin de combattre la progression des insurg&#233;s. Les administrations de Pastrana et de Clinton ont alors con&#231;u le Plan Colombie, faisant appel &#224; d'importants montants d'aide &#233;trang&#232;re afin de booster l'&#233;conomie colombienne, de diminuer nettement le trafic de drogue, et d'en finir avec la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le composant &#233;conomique du Plan Colombie consiste simplement dans une s&#233;rie de mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es par le FMI. En d&#233;cembre 1999, un mois seulement apr&#232;s que l'administration de Pastrana se soit vue accorder un pr&#234;t de $2.7 milliards par le FMI, le Pr&#233;sident Clinton proposait &#224; la Colombie $1.6 milliards, essentiellement sous forme d'aide militaire - dont $1.3 milliards de dollars approuv&#233;s par le Congr&#232;s en juillet 2000 faisant de la Colombie le troisi&#232;me destinataire en mati&#232;re d'aide militaire des Etats-Unis dans le monde, apr&#232;s Isra&#235;l et l'Egypte. A l'instar de ce qui s'&#233;tait pass&#233; dix ans plus t&#244;t, Bogot&#225; a adh&#233;r&#233; &#224; des politiques &#233;conomiques qui ont favoris&#233; les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des Etats-Unis et des soci&#233;t&#233;s multinationales en &#233;change d'une aide militaire accrue servant les int&#233;r&#234;ts de l'&#233;lite politique et &#233;conomique colombienne et de Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes du pr&#234;t accord&#233; en 1999 par le FMI &#224; la Colombie sont pratiquement identiques &#224; ceux de l'accord de la semaine derni&#232;re. La Colombie a &#233;t&#233; forc&#233;e d'abaisser des tarifs douaniers, de privatiser des entit&#233;s d'Etat, et de mettre en application des politiques fiscales acceptables pour le FMI. En d&#233;pit de la r&#233;sistance des syndicats, des insurg&#233;s et m&#234;me de la Cour constitutionnelle, Bogot&#225; a satisfait les exigences &#233;conomiques de Washington. Et en &#233;change de l'application de ces politiques qui ont d&#233;j&#224; &#233;chou&#233; dans l'am&#233;lioration de la situation &#233;conomique support&#233;e par une majorit&#233; de Colombiens, Bogot&#225; n'a pas re&#231;u un penny du pr&#234;t de $2.7 milliards du FMI. Comme c'est le cas pour le nouveau pr&#234;t, l'argent a simplement servi de ligne de cr&#233;dit inutilis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonctionnaires de Bogot&#225; clament que l'approbation du pr&#234;t par le FMI leur facilitera l'obtention d'environ $8 milliards de subventions par d'autres sources, comme la Banque mondiale (Bm) et la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement (BID). Mais ces institutions de pr&#234;t ont pourtant octroy&#233; dans le pass&#233; des fonds &#224; des pays sans exiger une approbation de facto par le FMI de leur r&#233;putation de solvabilit&#233;. En outre, &#224; la diff&#233;rence de ce qui se passe pour un individu, la r&#233;putation de solvabilit&#233; d&#233;termin&#233;e par le FMI n'est pas bas&#233;e sur un pays apr&#232;s l'ex&#233;cution du remboursement de sa dette, mais sur la bonne volont&#233; d'une nation &#224; se soumettre &#224; des mesures d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rales favorisant les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des Etats-Unis et des soci&#233;t&#233;s multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tragique qu'un pays soit forc&#233; d'abandonner son autonomie politique et &#233;conomique en fonction de demandes exigeant la mise en application de politiques appauvrissant ses citoyens afin de stopper, quoique seulement temporairement, l'h&#233;morragie &#233;conomique. Et pour ajouter l'insulte aux dommages, ces politiques impos&#233;es par le FMI garantissent pratiquement que l'emprunteur soit forc&#233; de revenir pour demander une nouvelle aum&#244;ne dans un proche avenir. Mais ce qui est bien plus tragique, et absolument ridicule, est qu'un pays soit oblig&#233; de mettre en application des mesures d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rales pla&#231;ant son bien-&#234;tre &#233;conomique dans les mains de soci&#233;t&#233;s multinationales en &#233;change de rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Washington est parvenu &#224; avoir sa part du g&#226;teau et &#224; la manger aussi. Le Pr&#233;sident Uribe cherche d&#233;sesp&#233;r&#233;ment l'aide militaire accrue des Etats-Unis, que Washington est plus qu'heureuse d'octroyer, particuli&#232;rement quand cette aide peut &#234;tre employ&#233;e comme un moyen d'obtenir les r&#233;formes &#233;conomiques d&#233;sir&#233;es. Comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; la semaine derni&#232;re, les r&#233;formes &#233;conomiques ont co&#239;ncid&#233; de nouveau avec une escalade militaire des Etats-Unis en Colombie. En vertu du nouvel accord de pr&#234;t du FMI, l'administration d'Uribe a accept&#233; l'application de nouvelles mesures &#233;conomiques d'aust&#233;rit&#233;.. En m&#234;me temps, Washington a exp&#233;di&#233; 70 militaires des forces sp&#233;ciales de l'US Army en Colombie au nom de la guerre contre le terrorisme. En cons&#233;quence, les Etats-Unis ont r&#233;ussi &#224; augmenter nettement leur r&#244;le militaire et &#233;conomique en Colombie &#224; la demande de cette &#233;lite politique et &#233;conomique du pays, qui essaye d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de pr&#233;server son propre statut privil&#233;gi&#233; face &#224; la menace croissante des insurg&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colombia Report, 20.01.03.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;* Traduction de l'anglais :&lt;/strong&gt; Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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