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		<title>L'autoritarisme et les int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers transnationaux en Colombie*</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-autoritarisme-et-les-interets-petroliers-transnationaux-en-Colombie</link>
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		<dc:date>2003-01-03T16:39:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Simon Helweg-Larsen </dc:creator>



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&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 2002, des attaques au mortier endommageaient le palais pr&#233;sidentiel durant la c&#233;r&#233;monie de prise de fonction du Pr&#233;sident Alvaro Uribe, symbolisant ainsi une nouvelle phase dans le conflit colombien. Contournant les quelques 20.000 soldats et policiers prot&#233;geant la capitale lors de cette grande journ&#233;e, ainsi que les h&#233;licopt&#232;res, fournis par les Etats-Unis, et les radars, les Forces Arm&#233;es R&#233;volutionnaires de la Colombie (FARC) lan&#231;aient 19 roquettes de mortier de 120mm, tuant 21 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 7 ao&#251;t 2002, des attaques au mortier endommageaient le palais pr&#233;sidentiel durant la c&#233;r&#233;monie de prise de fonction du Pr&#233;sident Alvaro Uribe, symbolisant ainsi une nouvelle phase dans le conflit colombien. Contournant les quelques 20.000 soldats et policiers prot&#233;geant la capitale lors de cette grande journ&#233;e, ainsi que les h&#233;licopt&#232;res, fournis par les Etats-Unis, et les radars, les Forces Arm&#233;es R&#233;volutionnaires de la Colombie (FARC) lan&#231;aient 19 roquettes de mortier de 120mm, tuant 21 personnes &#224; proximit&#233; du palais pr&#233;sidentiel. Depuis sa prise de fonction, Uribe a r&#233;pondu en employant l'aide militaire des Etats-Unis non seulement pour attaquer les gu&#233;rillas, mais pour prot&#233;ger &#233;galement les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques des compagnies p&#233;troli&#232;res &#233;tasuniennes op&#233;rant en Colombie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uribe est arriv&#233; au pouvoir suite &#224; l'&#233;chec des n&#233;gociations de paix et face &#224; un conflit arm&#233; en pleine escalade. Une majorit&#233; de Colombiens ayant vot&#233; (mais moins d'un quart de ceux qui pouvaient le faire) ont choisi l'ancien gouverneur du d&#233;partement d'Antioquia pour mener une campagne militaire contre les organisations arm&#233;es ill&#233;gales du pays. Tandis que beaucoup de Colombiens ont pu avoir soutenu sa recherche absurde de la paix par des efforts guerriers revitalis&#233;s, ils n'avaient pas pr&#233;vu les mesures extr&#234;mes qu'Uribe prendrait d&#232;s ses premi&#232;res semaines d'exercice. Le pr&#233;sident nouvellement &#233;lu a ainsi d&#233;clar&#233; le 12 ao&#251;t un &#034;Etat de commotion int&#233;rieure&#034; de 90 jours qui permet au pouvoir militaire (d'urgence) de prendre des d&#233;crets durant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Uribe a pris son premier d&#233;cret militaire le 10 septembre, en permettant la cr&#233;ation des &#034;zones de r&#233;habilitation et de consolidation&#034;, o&#249; le pouvoir militaire direct remplace le gouvernement local existant et o&#249; des arrestations et des perquisitions sans ordre judiciaire peuvent &#234;tre effectu&#233;es par des autorit&#233;s militaires. Gustavo Gall&#243;n, leader de la Commission colombienne des juristes, affirme que ces arrestations permettent aux forces gouvernementales de viser des civils &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de leurs maisons, un outil additionnel &#224; la tactique violente de l'intimidation et de la r&#233;pression que le gouvernement exerce d&#233;j&#224; dans les rues. &#034;Il est clair que ce gouvernement voit des suspects &#224; chaque coin de rue,&#034; dit Gall&#243;n. &#034;il voit des collaborateurs possibles de la gu&#233;rilla dans chaque d&#233;fenseur des droits de l'homme, dans chaque leader syndical et dans chaque journaliste.&#034; En plus de l&#233;galiser la d&#233;tention des civils, le d&#233;cret limite le mouvement des &#233;trangers en surveillant et en interdisant souvent le d&#233;placement d'activistes des droits de l'homme et de journalistes sur le territoire colombien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette extension du pouvoir militaire est accompagn&#233;e de r&#233;formes &#233;conomiques &#233;nergiques qui vont lib&#233;rer de grandes parties du budget national pour les d&#233;penses militaires. Ces mesures incluent un d&#233;cret r&#233;duisant tous les salaires de secteur public de 30%. Il a &#233;galement propos&#233; une r&#233;duction des salaires de nuit et des heures suppl&#233;mentaires, et une augmentation de l'&#226;ge de la retraite. Prises ensemble, les attaques d'Uribe contre le monde du travail, les activistes de droits de l'homme, civils et &#233;trangers, ainsi que ses plans pour gonfler le budget militaire, servent les int&#233;r&#234;ts des financiers et des investisseurs internationaux, cr&#233;ent le climat &#233;conomique n&#233;cessaire pour l'ex&#233;cution de la Zone de Libre Echange des Am&#233;riques (ZLEA), et prot&#232;gent les gisements de p&#233;trole et de gaz des transnationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te pour le p&#233;trole se trouve au centre de l'engrenage de la violence. La Colombie est le septi&#232;me fournisseur de p&#233;trole des Etats-Unis et son potentiel d'extraction est immense. Bien que la production ait augment&#233; durant la derni&#232;re d&#233;cennie de 100.000 barils par jour dans les ann&#233;es 80 &#224; 844.000 en 1999, seul 20% des potentialit&#233;s ont &#233;t&#233; explor&#233;s. En 1997, dans une tentative de diminuer la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard des approvisionnements du Moyen-Orient, le Pr&#233;sident Clinton avait annonc&#233; un recentrage de sa politique vers la Colombie et le Venezuela en tant que pays producteurs principaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, assurer davantage l'extraction de p&#233;trole colombien implique de d&#233;barrasser les territoires poss&#233;dant un potentiel de gisements de p&#233;trole et gaz des insurg&#233;s en arme, des communaut&#233;s indig&#232;nes et paysannes. Ces derni&#232;res, dont la pr&#233;sence emp&#234;che l'exploitation des ressources naturelles dans certains zones, sont facilement expuls&#233;s par des campagnes de terreur et de massacres. Cela &#233;t&#233; le cas ces derni&#232;res ann&#233;es, avec une moyenne quotidienne de 1.029 personnes d&#233;plac&#233;es en 2001, principalement dans des zones de r&#233;serves inexploit&#233;es de p&#233;trole et de gaz. Le d&#233;placement est souvent r&#233;alis&#233; par le meurtre - le taux d'assassinats politiques en Colombie est de quinze par jour, les victimes &#233;tant principalement des syndicalistes et des activistes de droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes gu&#233;rilleros, d'autre part, ont directement d&#233;fi&#233; l'industrie p&#233;troli&#232;re. Dans un effort pour d&#233;courager les investissements, et pour saboter la stabilit&#233; &#233;conomique du gouvernement colombien, les gu&#233;rilleros, en particulier l'Arm&#233;e de la lib&#233;ration nationale (ELN, sigles en espagnol), bombardent r&#233;guli&#232;rement des canalisations et enl&#232;vent des cadres et employ&#233;s des entreprises p&#233;troli&#232;res. Une cible fr&#233;quente a &#233;t&#233; la canalisation de 483 miles de Ca&#241;o Lim&#243;n-Cove&#241;as, qui achemine environ 35 millions de barils de p&#233;trole par an pour la transnationale californienne Occidental Petroleum. Entre 1982 et 1999, les rebelles ont attaqu&#233; la canalisation &#224; 586 reprises, faisant perdre 1,6 million de barils. En 2001, la canalisation a &#233;t&#233; attaqu&#233;e 170 fois, arr&#234;tant l'&#233;coulement de p&#233;trole durant huit mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le pr&#233;cise le professeur et avocat de la paix colombien Gonzalo S&#225;nchez, la violence en Colombie a &#233;t&#233; historiquement concentr&#233;e dans les zones de grand d&#233;veloppement &#233;conomique. Apr&#232;s le lobbying r&#233;ussi de British Petroleum, Occidental, Exxon, Shell et Elf Aquitaine, l'administration Clinton a lib&#233;r&#233; 1.3 milliards de dollars pour la Colombie en 2000, principalement en aide militaire. Le mat&#233;riel et la formation fournis ont &#233;t&#233; assign&#233;s principalement aux provinces m&#233;ridionales du Putumayo, du Caquet&#225; et du Meta, infest&#233;es de gu&#233;rilleros, une zone non seulement riche en ressources min&#233;rales, mais accueillant &#233;galement une grande partie de la production de la coca&#239;ne du pays. Sous l'apparence d'une guerre contre la drogue, les Etats-Unis ont amplifi&#233; la pr&#233;sence de militaires dans une r&#233;gion de r&#233;serves inexploit&#233;es de p&#233;trole, esp&#233;rant ainsi la nettoyer pour les extractions futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de l'escalade des d&#233;penses militaires et des campagnes anti-terroristes de l'apr&#232;s-11 septembre, les Etats-Unis ont chang&#233; leur rh&#233;torique et tactique, assignant 94 millions de dollars &#224; la lutte contre le terrorisme afin d'entra&#238;ner et d'&#233;quiper une &#034;critical infrastructure brigade&#034;, forte de 1.000 Colombiens pour prot&#233;ger la canalisation de Ca&#241;o Lim&#243;n. L'administration Bush a &#233;galement lib&#233;r&#233; 42 millions de dollars additionnels pour l'aide militaire peu apr&#232;s la prise de fonction d'Uribe, affirmant que les militaires colombiens avaient d&#233;montr&#233; un effort significatif dans le respect des droits de l'homme. Il n'est gu&#232;re &#233;tonnant, en cons&#233;quence, qu'Uribe ait exerc&#233; ses nouvelles pr&#233;rogatives afin de prot&#233;ger ouvertement les compagnies p&#233;troli&#232;res &#233;trang&#232;res en Colombie. Les deux premi&#232;res &#034;zones de la r&#233;habilitation et de la consolidation&#034; ont &#233;t&#233; strat&#233;giquement &#233;tablies dans zones riches en p&#233;trole o&#249; Occidental Petroleum, Chevron, Harken et Repsol ont actuellement des contrats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'Uribe est en train de courtiser, avec succ&#232;s, des transnationales et des gouvernements &#233;trangers en utilisant et abusant des pouvoirs d'exception, ses politiques &#233;conomiques et l'escalade de la guerre commencent d&#233;j&#224; &#224; rencontrer une r&#233;sistance. Le 16 septembre, les premi&#232;res grosses mobilisations contre ses politiques et ses r&#233;formes ont amen&#233; des centaines de milliers de personnes dans les rues du pays. L'effort combin&#233; des employ&#233;s du secteur public, des paysans et des &#233;tudiants a apport&#233; le gros des troupes &#224; la gr&#232;ve et a fait preuve de la puissante r&#233;sistance dans les villes &#224; travers le pays. A Bogot&#225;, 150.000 employ&#233;s du service public ont r&#233;alis&#233; une gr&#232;ve de 24 heures, fermant des raffineries de p&#233;trole, des a&#233;roports, des h&#244;pitaux, des &#233;coles et des administrations publiques. Dans l'ensemble de la Colombie, plus de 100.000 paysans ont ignor&#233; les menaces militaires et paramilitaires et ont march&#233; contre les r&#233;formes &#233;conomiques et la mise en place de la ZLEA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste et activiste colombien H&#233;ctor Mondrag&#243;n avertit, &#034;une autre vague de mobilisations populaires s'approche.&#034; Un tel mouvement est n&#233;cessaire pour stopper les r&#233;formes &#233;conomiques et pour annuler les d&#233;crets militaires anti-d&#233;mocratiques. Mais l'activisme en solidarit&#233; avec la population colombienne doit &#234;tre port&#233; au-del&#224; des fronti&#232;res du pays et &#234;tre adopt&#233; par les complices inconscients du conflit. En bref, ceux qui soutiennent l'escalade militaire en Colombie au travers de leurs mod&#232;les de consommation et &#224; travers leur silence vis-&#224;-vis des politiques de leur propre gouvernement doivent jouer un r&#244;le actif pour mettre un terme &#224; l'aide militaire et pour faire baisser la d&#233;pendance des ETATS-UNIS &#224; l'&#233;gard le catalyseur liquide de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le titre original en anglais est &#034;Uribe's Dictatorial Rule Suits Oil Companies&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; Fr&#233;d&#233;ric L&#233;v&#234;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Colombia Report, 21 octobre 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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