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		<title>L'erreur fondamentale d'Adam Smith aux origines du capitalisme.</title>
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		<dc:date>2007-01-08T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Bihr</dc:creator>



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&lt;p&gt;En 1993, pour d&#233;fendre un trait&#233; de libre-&#233;change, le pr&#233;sident William Clinton cita Adam Smith, qui selon lui avait &#233;tabli que &#171; les habitudes du commerce contredisent celles de la guerre &#187;. Depuis plus de deux si&#232;cles, l'id&#233;e qu'une disposition naturelle &#224; &#233;changer expliquerait le capitalisme et favoriserait la paix doit beaucoup &#224; Adam Smith. Cette gen&#232;se du capitalisme n'oublie qu'un d&#233;tail : les rapports de production&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Quand, o&#249;, comment et pourquoi est apparu le capitalisme ? Ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1993, pour d&#233;fendre un trait&#233; de libre-&#233;change, le pr&#233;sident William Clinton cita Adam Smith, qui selon lui avait &#233;tabli que &#171; les habitudes du commerce contredisent celles de la guerre &#187;. Depuis plus de deux si&#232;cles, l'id&#233;e qu'une disposition naturelle &#224; &#233;changer expliquerait le capitalisme et favoriserait la paix doit beaucoup &#224; Adam Smith. Cette gen&#232;se du capitalisme n'oublie qu'un d&#233;tail : les rapports de production&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand, o&#249;, comment et pourquoi est apparu le capitalisme ? Ces questions ont fait couler beaucoup d'encre depuis plus de deux si&#232;cles. Les raisons tiennent pour partie &#224; la difficult&#233; de la probl&#233;matique, &#224; la diversit&#233; des points de vue et des angles d'attaque. S'agissant de questions portant sur des origines, par d&#233;finition toujours obscures, les r&#233;ponses sont par ailleurs destin&#233;es &#224; se renouveler en permanence au gr&#233; de la d&#233;couverte de nouveaux mat&#233;riaux historiographiques et de l'invention de nouvelles hypoth&#232;ses. Mais ces divergences tiennent autant &#224; la mise en &#339;uvre de principes d'explication diff&#233;rents, impliquant chacun une mani&#232;re particuli&#232;re de poser la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re explication d'ensemble des origines du capitalisme est celle dont la formulation a accompagn&#233; la constitution de la pens&#233;e &#233;conomique classique, &#224; partir de la seconde moiti&#233; du XVIIIe si&#232;cle. C'est aussi celle qui a connu depuis la diffusion la plus large ; elle continue d'inspirer la majeure partie des approches de l'histoire du capital et du capitalisme. Du fait de ses origines, elle reste marqu&#233;e par les pr&#233;suppos&#233;s de la pens&#233;e lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa caract&#233;ristique propre est l'attention privil&#233;gi&#233;e, voire exclusive, qu'elle accorde au march&#233;. Dans sa perspective, la formation du capital comme rapport de production et le d&#233;veloppement du capitalisme comme mode de production se r&#233;duisent pour l'essentiel &#224; l'extension et &#224; la consolidation de la sph&#232;re des rapports marchands. Elle scrute donc avec soin l'apparition et l'essor de ces rapports, les conditions qui les ont favoris&#233;s mais aussi les obstacles qui les ont entrav&#233;s, les synergies ou au contraire les conflits entre le d&#233;veloppement du commerce lointain et les structures politiques qui ont &#233;t&#233; au c&#339;ur de ces processus, les formes marchandes du capital qui se sont &#233;panouies gr&#226;ce &#224; eux, etc. Sans que soient n&#233;cessairement m&#233;connus ou n&#233;glig&#233;s les &#233;cueils rencontr&#233;s, qui en ont bien souvent frein&#233; et m&#234;me bloqu&#233; la marche en avant, l'id&#233;e qui se d&#233;gage de l'ensemble des &#233;tudes inspir&#233;es par ce paradigme lib&#233;ral est que le capital et le capitalisme r&#233;sultent de la dynamique en d&#233;finitive irr&#233;pressible des rapports marchands, eux-m&#234;mes tenus pour la forme normale, voire pour la forme par excellence, du rapport social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;finition qui ignore l'histoire.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en trouve une des toutes premi&#232;res expressions dans l'&#339;uvre ma&#238;tresse d'Adam Smith, Enqu&#234;te sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776), qui passe pour fondatrice de l'&#233;conomie politique classique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Adam Smith, La richesse des nations, Flammarion, coll. &#171; GF &#187;, Paris, 1991, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s les premi&#232;res pages, l'auteur y fait &#233;tat de sa conviction de l'existence en l'&#234;tre humain d'un &#171; penchant qui le porte &#224; trafiquer, &#224; faire des trocs et des &#233;changes d'une chose pour une autre &#187;, penchant sp&#233;cifiquement humain dont on ne trouve trace dans aucune esp&#232;ce animale. Penchant dont Adam Smith voit en d&#233;finitive le fondement dans la mutuelle d&#233;pendance des &#234;tres vivant en soci&#233;t&#233;, l'&#233;change &#233;tant plus &#224; m&#234;me que la bienveillance de satisfaire aux exigences de cette derni&#232;re : &#171; L'homme a presque continuellement besoin du secours de ses semblables, et c'est en vain qu'il l'attendrait de leur seule bienveillance. Il sera bien plus s&#251;r de r&#233;ussir s'il s'adresse &#224; leur int&#233;r&#234;t personnel et s'il les persuade que leur propre avantage leur commande de faire ce qu'il souhaite d'eux. C'est ce que fait celui qui propose &#224; un autre un march&#233; quelconque ; le sens de la proposition est ceci : &#034;Donnez-moi ce dont j'ai besoin, et vous aurez de moi ce dont vous avez besoin vous-m&#234;me.&#034; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce penchant &#224; l'&#233;change r&#233;sulte, selon Adam Smith, la tendance au d&#233;veloppement de la division du travail, chacun ayant d&#232;s lors int&#233;r&#234;t &#224; se sp&#233;cialiser dans le type d'activit&#233; pour laquelle la nature, la tradition ou l'exp&#233;rience personnelle l'ont rendu le plus apte : &#171; Ainsi, la certitude de pouvoir troquer tout le produit de son travail qui exc&#232;de sa propre consommation, contre un pareil surplus du produit du travail des autres qui peut lui &#234;tre n&#233;cessaire, encourage encore chaque homme &#224; s'adonner &#224; une occupation particuli&#232;re et &#224; cultiver et &#224; perfectionner tout ce qu'il peut avoir de talent et d'intelligence pour cette esp&#232;ce de travail. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant dire que, pour Adam Smith, l'&#233;change marchand et la division du travail qu'il implique, &#224; titre de condition et de r&#233;sultat &#224; la fois, sont consid&#233;r&#233;s comme un &#233;tat naturel (dans tous les sens du terme) de la soci&#233;t&#233;, sur la base du pr&#233;suppos&#233; que celle-ci n'est elle-m&#234;me que la r&#233;union d'une multitude d'individus purement &#233;go&#239;stes, c'est-&#224;-dire &#224; la fois parfaitement autonomes (puisque propri&#233;taires priv&#233;s du produit de leur travail tout comme de leurs moyens de production) et uniquement mus par la consid&#233;ration de leur int&#233;r&#234;t personnel dans leur mutuelle d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse l&#224; d'un mythe, au sens propre d'un r&#233;cit fabuleux pr&#233;tendant expliquer les origines et fondements du monde en g&#233;n&#233;ral et des institutions humaines en particulier, on s'en convaincra facilement en remarquant, tout d'abord, le caract&#232;re proprement tautologique de l'explication fournie : Adam Smith pr&#233;suppose donn&#233; comme &#233;tat naturel de la soci&#233;t&#233; ce dont il s'agit pr&#233;cis&#233;ment d'expliquer la gen&#232;se et le proc&#232;s de d&#233;veloppement, &#224; savoir une structure socio-&#233;conomique caract&#233;ris&#233;e par un ensemble de producteurs priv&#233;s unis simplement par un syst&#232;me de rapports marchands. On remarquera ensuite que, si tel avait jamais &#233;t&#233; l'&#233;tat naturel de la soci&#233;t&#233;, le capitalisme aurait d&#251; na&#238;tre presque imm&#233;diatement &#224; la sortie de la pr&#233;histoire humaine. Or il s'en est fallu de beaucoup que ce soit le cas !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passerai ici sur la port&#233;e et la signification id&#233;ologiques (apolog&#233;tiques) globales d'une pareille approche, qui am&#232;ne &#224; concevoir le capitalisme comme la fin de l'histoire humaine, comme l'&#233;tat id&#233;al du d&#233;veloppement social, puisqu'en lui s'&#233;panouirait pleinement la quintessence marchande du rapport social. Je ne retiendrai que deux limites majeures de ce paradigme du point de vue de la seule intelligence du devenir historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, en se focalisant principalement, voire exclusivement, sur le proc&#232;s de circulation marchande, cette approche d'inspiration lib&#233;rale en vient &#224; n&#233;gliger et m&#234;me &#224; occulter totalement les rapports de production, entendus ici dans leur sens le plus strict comme l'ensemble des proc&#233;dures, normes, institutions conditionnant l'unit&#233; des producteurs et de leurs moyens de production, sans laquelle aucune production ne peut avoir lieu. Or, avant de pouvoir mettre en circulation des produits du travail social, de quelque nature qu'ils soient, avant de pouvoir les transformer en marchandises, il faut commencer par les produire ; et ce sont les conditions pr&#233;sidant &#224; cette production qui commandent en d&#233;finitive le destin des produits du travail social. Et, notamment, la possibilit&#233; ou non pour ces produits de devenir des marchandises. Faute de tenir compte des rapports de production, les &#233;tudes inspir&#233;es par ce paradigme lib&#233;ral peinent le plus souvent ou m&#234;me &#233;chouent &#224; rendre compte des raisons pour lesquelles, loin d'&#233;clore spontan&#233;ment, les rapports marchands ont pu se d&#233;velopper dans certaines conditions et circonstances, alors qu'au contraire telles autres leur ont &#233;t&#233; syst&#233;matiquement d&#233;favorables. Par exemple, pourquoi l'immense Empire chinois leur est rest&#233; des mill&#233;naires durant relativement r&#233;tif ; alors qu'ils ont connu une expansion remarquable tout au long de l'Antiquit&#233; m&#233;diterran&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, et de ce fait d'ailleurs, ces m&#234;mes &#233;tudes ne comprennent pas la nature de la v&#233;ritable r&#233;volution qui s'op&#232;re dans les rapports de production avec la formation du capital et le d&#233;veloppement cons&#233;cutif du capitalisme. Car le propre du capitalisme n'est pas que le produit du travail social y prenne g&#233;n&#233;ralement forme de marchandises. Si &#171; la richesse des soci&#233;t&#233;s dans lesquelles r&#232;gne le mode capitaliste de production s'annonce comme une &#034;immense accumulation de marchandises&#034; &#187;, comme le constate Marx en ouverture du Capital&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Le Capital, Editions sociales, Paris, 1948, tome I, p. 51.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est d'abord et essentiellement parce que les conditions tant subjectives (les forces de travail) qu'objectives (les moyens de production) du travail social lui-m&#234;me y sont devenues marchandises. Ce qui pr&#233;suppose, comme Marx le montre longuement, l'expropriation des producteurs et leur r&#233;duction au statut de &#171; travailleurs libres &#187;, n'ayant d'autre choix que de mettre en vente la seule chose dont ils soient encore propri&#233;taires, &#224; savoir leur force de travail. Autrement dit, c'est bien dans les rapports de production que g&#238;t le secret de la formidable expansion de la sph&#232;re de la circulation marchande qui caract&#233;rise le capitalisme et dont celui-ci s'enorgueillit : la seconde n'est que l'apparence sous laquelle se manifestent les premiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il n'existe aucune dynamique transhistorique de croissance et de d&#233;veloppement des rapports marchands. Partout et toujours, la sph&#232;re de la circulation marchande et mon&#233;taire, partant la constitution de capital marchand &#224; laquelle elle peut donner naissance, reste subordonn&#233;e aux rapports de production stricto sensu : aux r&#232;gles et institutions qui r&#233;gissent les rapports des producteurs &#224; leurs moyens de production, les rapports des producteurs et des non-producteurs entre eux (la division sociale du travail), enfin les rapports des producteurs et des non-producteurs au produit du travail social. Ce sont ces rapports de production qui d&#233;terminent tant la possibilit&#233; que les limites du d&#233;veloppement de la circulation marchande et mon&#233;taire, par cons&#233;quent la formation et l'accumulation &#233;ventuelles de capital marchand. De m&#234;me que ce sont les rapports de production qui d&#233;terminent la forme, l'intensit&#233; et en d&#233;finitive les r&#233;sultats des in&#233;vitables effets de dissolution que, par r&#233;troaction, le d&#233;veloppement de l'&#233;conomie marchande et mon&#233;taire, et notamment du capital marchand, entra&#238;ne sur eux. En un mot, si l'essor de l'&#233;conomie marchande et du capital marchand a compt&#233; incontestablement parmi les op&#233;rateurs de la formation du rapport capitaliste de production, c'est dans la structure et la dynamique des rapports pr&#233;capitalistes de production qu'il faut chercher les raisons du fait que leur action a pu ou non aboutir &#224; un tel r&#233;sultat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, sous cet angle, les diff&#233;rents rapports de production apparus au cours de la transition de la pr&#233;histoire &#224; l'histoire ou au cours m&#234;me de cette derni&#232;re ne sont certes pas &#233;quivalents. Ceux qui structurent les soci&#233;t&#233;s &#171; asiatiques &#187; n'offrent que peu prise au d&#233;veloppement des rapports marchands et encore moins &#224; l'action dissolvante du capital marchand. Ceux qui caract&#233;risent le monde antique m&#233;diterran&#233;en leur fournissent, au contraire, un cadre et une base extr&#234;mement favorables ; et de m&#234;me se montrent-ils tr&#232;s perm&#233;ables &#224; leur action dissolvante : celle-ci contribue notamment &#224; la concentration de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re et &#224; l'expropriation d'une part importante des producteurs agricoles. Mais, loin de conduire &#224; la formation du rapport capitaliste de production, l'ensemble du processus n'aboutit qu'&#224; l'extension de l'esclavage et &#224; la constitution d'une pl&#232;be entretenue &#224; des fins client&#233;listes, du fait notamment de la d&#233;pendance &#233;conomique et de la tutelle politique dans laquelle la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re a continu&#233; &#224; tenir le capital marchand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont en d&#233;finitive les rapports f&#233;odaux de production, tels qu'ils se constituent lentement en Europe occidentale dans le cours du haut Moyen Age pour se cristalliser aux IXe et Xe si&#232;cles, par fusion entre les structures h&#233;rit&#233;es du Bas-Empire romain et celles de la &#171; commune germanique &#187; import&#233;es par les envahisseurs, qui vont servir de serre au m&#251;rissement de plusieurs des conditions primordiales de formation du capital. De ces rapports f&#233;odaux, j'ai soulign&#233; les originalit&#233;s fortes qui les constituent : la possession, voire la propri&#233;t&#233;, laiss&#233;e aux serfs d'une partie de leurs moyens de production, de leur temps de travail et du produit de leur travail ; l'&#233;mancipation des villes de la structure politico-id&#233;ologique de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, qui peuvent d&#232;s lors se vouer au seul d&#233;veloppement de l'&#233;conomie marchande et du capital marchand ; le morcellement du pouvoir politique, enfin, qui affaiblit globalement celui-ci et interdit la reconstitution de toute structure imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accumulation au service de la banque&lt;br class='autobr' /&gt;
De la synergie entre ces diff&#233;rents facteurs, elle-m&#234;me propre aux rapports f&#233;odaux de production, r&#233;sultera, en premier lieu, l'essor du commerce : du commerce lointain, tout d'abord, entre centres urbains, la plus lucrative des formes de commerce et la seule primitivement ouverte &#224; l'action du capital marchand ; du commerce proche, ensuite, entre les centres urbains et leurs campagnes environnantes, par l'interm&#233;diaire du d&#233;veloppement d'un artisanat marchand connexe de l'essor du capital marchand, mais aussi et surtout par l'int&#233;gration croissante de la production agricole et des producteurs agricoles (serfs, tenanciers libres, alleutiers), conduisant rapidement &#224; des diff&#233;renciations sociales croissantes entre eux, en faisant na&#238;tre une couche de riches laboureurs &#224; c&#244;t&#233; de brassiers appauvris et de man&#339;uvriers d&#233;j&#224; expropri&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports f&#233;odaux de production auront ainsi directement contribu&#233; &#224; l'accumulation de la richesse mon&#233;taire entre les mains des marchands, des usuriers et banquiers, ainsi qu'&#224; sa concentration notamment sous la forme de compagnies commerciales &#224; succursales multiples, alliant les pratiques du n&#233;goce, de la banque et de l'assurance. C'&#233;tait l&#224; la premi&#232;re condition essentielle de la formation des rapports capitalistes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2006/11/BIHR/14162&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, Novembre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Adam Smith, La richesse des nations, Flammarion, coll. &#171; GF &#187;, Paris, 1991, tome I. Les citations suivantes sont extraites de cette &#233;dition.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Karl Marx, Le Capital, Editions sociales, Paris, 1948, tome I, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

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