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	<title>El Correo</title>
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		<title>Le laboratoire WYETH teste ill&#233;galement un antibiotique sur des personnes &#226;g&#233;es dans un h&#244;pital public en Argentine.</title>
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		<dc:date>2007-04-13T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mario Wainfeld</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les responsables du PAMI ont d&#233;nonc&#233; un h&#244;pital de leur secteur qui a re&#231;u plus de 40 000 dollars de la part d'un laboratoire international pour tester, sans autorisation, un m&#233;dicament. L'affaire est d&#233;j&#224; instruite par un tribunal de Rosario, et le contrat &#233;tabli entre l'h&#244;pital et le laboratoire, contrat discut&#233;, conclu et sign&#233; aux Etats-Unis a &#233;t&#233; vers&#233; au dossier. &lt;br class='autobr' /&gt; Un m&#233;dicament exp&#233;rimental &#233;labor&#233; par un laboratoire &#233;tranger a &#233;t&#233; mis au point en traitant des patients du troisi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Ingerences-abus-et-pillages" rel="directory"&gt;Ing&#233;rences, abus et pillages&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les responsables du PAMI ont d&#233;nonc&#233; un h&#244;pital de leur secteur qui a re&#231;u plus de 40 000 dollars de la part d'un laboratoire international pour tester, sans autorisation, un m&#233;dicament. L'affaire est d&#233;j&#224; instruite par un tribunal de Rosario, et le contrat &#233;tabli entre l'h&#244;pital et le laboratoire, contrat discut&#233;, conclu et sign&#233; aux Etats-Unis a &#233;t&#233; vers&#233; au dossier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un m&#233;dicament exp&#233;rimental &#233;labor&#233; par un laboratoire &#233;tranger a &#233;t&#233; mis au point en traitant des patients du troisi&#232;me &#226;ge dans un h&#244;pital du PAMI. L'exp&#233;rimentation n'&#233;tait pas autoris&#233;e par l'Institut et ne remplissait pas les exigences l&#233;gales obligatoires. Elle n'avait pas re&#231;u l'aval administratif pr&#233;vu par la l&#233;gislation en vigueur et n'a &#233;t&#233; soumise &#224; aucun contr&#244;le de la part d'un comit&#233; d'&#233;thique ind&#233;pendant. Les installations (et les patients) d'un h&#244;pital public ont &#233;t&#233; mises au service d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Tellement priv&#233;s que le laboratoire incrimin&#233; a d&#233;bours&#233; un peu plus de 40 000 dollars en honoraires m&#233;dicaux pour ce travail en &#233;tablissant un contrat conclu, dat&#233; et sold&#233; aux Etats-Unis. Les autorit&#233;s du PAMI ont rendu l'affaire publique ; une plainte au p&#233;nal a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e aupr&#232;s de la Cour F&#233;d&#233;rale de la Province de Rosario. Cette affaire soul&#232;ve une grande &#233;motion et a de grandes r&#233;percussions. Des preuves irr&#233;futables existent. Personne ne croit, (sauf en ce qui concerne ce dernier &#171; d&#233;tail &#187;) que ce cas soit unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cela puisse heurter les non initi&#233;s, certains m&#233;dicaments peuvent &#234;tre test&#233;s sur des &#234;tres humains. Mais il faut pr&#233;ciser : seulement certains m&#233;dicaments et sur certains patients, dans des conditions qui sont suppos&#233;es &#234;tre rigoureuses. Mais celles-ci ne sont pas tr&#232;s rigoureuses, car il n'existe pas de loi qui l&#233;gif&#232;re en la mati&#232;re ce qui s'av&#232;re &#234;tre une faiblesse. Cette absence de loi est palli&#233;e par des r&#232;glements administratifs. Ceux-ci stipulent que seules sont autoris&#233;es sur des &#234;tres humains les &#233;tudes cliniques concernant des m&#233;dicaments parvenus au stade avanc&#233; de leur mise au point (en phase III, selon le jargon juridique). L'Organisme qui peut d&#233;livrer (et qui doit donc superviser) ces autorisations, c'est l'Administration Nationale des M&#233;dicaments, des Aliments et de la Technologie M&#233;dicale (l'ANMAT). Les autorisations doivent d&#233;terminer avec pr&#233;cision dans quels &#233;tablissements seront faits ces tests et, en outre, l'accord &#233;crit des patients est obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans l'H&#244;pital Polyclinique &#171; Marcelo Freyre PAMI II &#187;, de Rosario, (que nous d&#233;signerons d&#233;sormais par &#171; la Polyclinique &#187;) on a test&#233; un antibiotique, non homologu&#233;, appel&#233; &lt;a href=&#034;http://www.antibioticoterapia.com/modules.php?name=News&amp;file=article&amp;sid=573&amp;num=2006-03-01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Tigeciclina&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Ces recherches ont &#233;t&#233; pay&#233;es par le laboratoire Wyeth Pharmaceticals dont le si&#232;ge central se trouve &#224; Collegeville, en Pennsylvanie, aux Etats-Unis. Il poss&#232;de une filiale en Argentine, la Wyeth Whitehall Soci&#233;t&#233; Anonyme). Les essais ont &#233;t&#233; men&#233;s entre 2004 et 2005. Un an apr&#232;s, on a d&#233;livr&#233; au laboratoire l'autorisation de mettre ce m&#233;dicament sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;tigeciclina&lt;/i&gt; est recommand&#233;e pour soigner des pneumonies nosocomiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dommages irr&#233;parables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables du PAMI ont &#233;t&#233; inform&#233;s de l'affaire suite &#224; deux d&#233;nonciations anonymes qui ont abouti sur le bureau de la responsable de l'Institut, Graciela Oca&#241;a. Apr&#232;s des recherches on a pu savoir qu'il y avait une autorisation de l'ANMAT pour tester le m&#233;dicament dans six centres hospitaliers de Buenos Aires et de Santa F&#233;. Six et seulement six, aucun n'ayant un lien avec le PAMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dispense accord&#233;e &#224; ces &#233;tablissements ne peut &#234;tre &#233;tendue &#224; d'autres. Pourtant les investigations administratives men&#233;es au sein de l'Institut ont abouti &#224; prouver que les essais sur des &#234;tres humains avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oca&#241;a a fait ouvrir une enqu&#234;te administrative qui maintenant pr&#233;c&#232;de le dossier judiciaire. Le procureur Carlos Stornelli, &#224; la t&#234;te de l'Unit&#233; d'Investigation sur les D&#233;lits commis au PAMI (UFI), a pris part &#224; l'enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir fait les investigations et avoir interrog&#233; les personnes impliqu&#233;es, il a &#233;t&#233; &#233;tabli que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1-&lt;/strong&gt; Les tests ont &#233;t&#233; faits au moins sur 9 patients d&#251;ment identifi&#233;s.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2-&lt;/strong&gt; Ont &#233;t&#233; &#233;tablis des rapports cliniques parall&#232;les sur ces patients qui ont &#233;t&#233; remis au laboratoire, par fax. Au moyen du fax de la Polyclinique, qui plus est, ce qui peut s'av&#233;rer une circonstance aggravante, mais ce qui n'est pas surprenant parce que, finalement, ce sont les installations de l'Institut qui ont &#233;t&#233; mises &#224; contribution et ce sont les employ&#233;s de l'Institut qui ont &#233;t&#233; requis.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3-&lt;/strong&gt; Le Directeur de la Polyclinique, le Docteur Ricardo Alberto Oyola, &#233;tait inform&#233; des faits et avait donn&#233; son accord.&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4-&lt;/strong&gt; Le m&#233;decin qui a dirig&#233; les travaux est le docteur Antonio Policarpio Ludvik, virologue et membre du PAMI de longue date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relev&#233; de preuves&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investigateurs ont pris contact avec les responsables du laboratoire concern&#233;. Apr&#232;s plusieurs allers-retours, le vice-pr&#233;sident de la maison m&#232;re, un m&#233;decin du nom d'Evan Loh, a reconnu par &#233;crit avoir engag&#233; le docteur &#171; Antonio Policarpio Ludvik &#187; en tant que chercheur principal pour mener &#224; bien des tests sur la &lt;i&gt;Tigeciclina en phase III&lt;/i&gt;, &#224; la Polyclinique. Il a aussi r&#233;v&#233;l&#233; la somme qui avait &#233;t&#233; vers&#233;e &#224; ce dernier, 47 790 dollars US.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord a &#233;t&#233; &#233;tabli aux Etats-Unis, le paiement (selon d&#233;claration du laboratoire) a &#233;t&#233; fait depuis les Etats-Unis par virement &#233;lectronique. Le laboratoire a reconnu l'accord et le paiement ; il n'a pas fourni de copie du contrat. Stornelli a demand&#233; l'ouverture d'une instruction devant le tribunal administratif et, dans un premier temps, il s'est pr&#233;sent&#233; devant le juge f&#233;d&#233;ral Norberto Oyarbide pour exiger plusieurs mesures conservatoires pour obtenir des preuves et emp&#234;cher la manipulation ou la suppression des documents. Oyarbide a autoris&#233; ces mesures arguant de l'urgence et des risques que tout retard entra&#238;nerait et il s'est d&#233;clar&#233; incomp&#233;tent par la suite. Ce qui est logique : &#233;tant donn&#233; le lieu du d&#233;lit, sont comp&#233;tents les tribunaux de Rosario. L'affaire a &#233;t&#233; d&#233;f&#233;r&#233;e &#224; la Cour F&#233;d&#233;rale N&#186; 3, pr&#233;sid&#233;e par Carlos Alberto Vera Barros. C'est le cabinet du Procureur num&#233;ro 1 qui intervient. La UFI intervient en tant que partie civile. Le proc&#232;s en est au stade probatoire. Le document qui &#233;mane du laboratoire et dont il est fait mention au paragraphe pr&#233;c&#233;dent est joint au dossier, selon les d&#233;clarations faites &#224; notre journal par des sources judiciaires dignes de confiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une autorisation virtuelle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le docteur Ludvik a refus&#233; d'&#234;tre entendu devant la juridiction administrative. Son coll&#232;gue Oyola y a consenti. Selon ce que r&#233;v&#232;le le proc&#232;s verbal correspondant, que P&#225;gina/12 a pu consulter, il a d&#233;clar&#233; qu'il connaissait la r&#233;alisation des tests. Il a all&#233;gu&#233; qu'il croyait que l'autorisation de l'ANMAT avait &#233;t&#233; obtenue ; il a d&#233;clar&#233; qu'il &#233;tait convaincu que cette autorisation avait &#233;t&#233; obtenue, avant qu'il ne prenne la direction de la Polyclinique, par son pr&#233;d&#233;cesseur, le docteur Montserrat. Cette autorisation, comme toute d&#233;cision administrative, se concr&#233;tise et s'authentifie par &#233;crit, mais, comme nous ne cessons de le r&#233;p&#233;ter, elle n'a jamais exist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le directeur de la Polyclinique a &#233;galement reconnu avoir sign&#233; et fourni au laboratoire &#171; une autorisation de continuer son exp&#233;rimentation &#187;, c'est-&#224;-dire une autorisation post&#233;rieure au commencement de l'exp&#233;rimentation. Il a ni&#233; avoir re&#231;u de l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a expliqu&#233; comment &#233;tait men&#233;e l'exp&#233;rimentation. Les m&#233;dicaments &#233;taient fournis par le laboratoire ; ils ne passaient pas, (comme c'est la r&#232;gle logique est l'usage) par la pharmacie du PAMI ; ils &#233;taient remis directement aux m&#233;decins. Oyola a expliqu&#233; qu'&#233;taient r&#233;dig&#233;s deux rapports cliniques, l'un des deux &#233;tait destin&#233; au laboratoire ; il a all&#233;gu&#233; qu'ils &#233;taient identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les deux m&#233;decins ont &#233;t&#233; cong&#233;di&#233;s de la Polyclinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En double aveugle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre l'invocation d'une autorisation qui n'existe pas, les arguments all&#233;gu&#233;s par les pr&#233;venus pour leur d&#233;fense sont fonci&#232;rement de deux types :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'innocuit&#233; de l'exp&#233;rimentation corrobor&#233;e ult&#233;rieurement, au d&#233;but de 2006, lorsque l'ANMAT a autoris&#233; la mise sur le march&#233; d'un m&#233;dicament dont le compos&#233; essentiel est la &lt;i&gt;Tigeciclina&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'existence d'un accord sign&#233; par les patients apr&#232;s avoir &#233;t&#233; d&#251;ment inform&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons cela dans l'ordre. La validation &#224; posteriori ne justifie pas l'irr&#233;gularit&#233; commise, la violation de la r&#233;glementation, le non respect des proc&#233;dures internes du PAMI, la communication d'informations de la part d'un &#233;tablissement public &#224; un organisme priv&#233;. Mais il y a plus : la fa&#231;on non contr&#244;l&#233;e dont furent faits les tests jette la suspicion sur l'information ainsi obtenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;thode retenue pour l'exp&#233;rimentation est appel&#233;e &#171; en double aveugle &#187; et consiste, entre autres choses, &#224; tester simultan&#233;ment deux cohortes de patients : ceux qui prennent le m&#233;dicament test&#233; et ceux qui sont trait&#233;s avec les m&#233;dicaments traditionnels. Le but est de faire appara&#238;tre les diff&#233;rentes &#233;volutions, les contre-indications, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que le test ait une valeur, il est n&#233;cessaire qu'il soit fiable, sur la base de pr&#233;visibles consid&#233;rations statistiques. Un &#233;l&#233;ment fondamental c'est la qualit&#233; al&#233;atoire des patients choisis. Le r&#232;glement en vigueur exige la constitution d'un Comit&#233; d'&#233;thique ind&#233;pendant pour superviser une si d&#233;licate question. Sa d&#233;signation est une des nombreuses responsabilit&#233;s qui incombe &#224; l'h&#244;pital autoris&#233;. Dans le cas qui nous occupe, l'&#233;tablissement qui n'&#233;tait pas au courant de l'existence du protocole &#233;tait encore moins en mesure de le contr&#244;ler. Le contr&#244;le strict est indispensable pour parer &#224; ce que soit &#233;labor&#233;e ind&#251;ment une information qui sera ensuite soumise &#224; l'ANMAT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse pr&#233;liminaire sur les patients concern&#233;s r&#233;alis&#233;e par des experts du PAMI, fait na&#238;tre des doutes sur le s&#233;rieux de l'exp&#233;rimentation. La population trait&#233;e, nous l'avons d&#233;j&#224; dit, doit &#234;tre repr&#233;sentative d'un ensemble plus vaste ; elle ne peut pas &#234;tre &#171; biais&#233;e &#187;. Cependant, dit le rapport des experts, &#171; il est fort possible que leur &#226;ge et leur &#233;tat mental d&#233;ficitaire ait pu &#171; biaiser &#187; consid&#233;rablement les r&#233;sultats &#187;. C'est-&#224;-dire qu'il pourrait bien s'agir d'un groupe d&#233;pourvu de la n&#233;cessaire repr&#233;sentativit&#233; que doit avoir un &#233;chantillon valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est aussi consign&#233; &#171; qu'on n'a pas pris en compte des donn&#233;es en rapport avec des effets toxiques de l'antibiotique &#187;, c'est-&#224;-dire qu'on a omis de rendre compte de certaines contre-indications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; de la pertinente de ces observations, l'exp&#233;rimentation n'a pas b&#233;n&#233;fici&#233; des contr&#244;les exig&#233;s normalement. La justice devra appr&#233;cier quel impact a pu avoir cette carence sur la d&#233;cision ult&#233;rieure de l'ANMAT d'approuver le m&#233;dicament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un accord piccolo, piccolo&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le laboratoire et les professionnels affirment que les patients ont souscrit &#171; un accord inform&#233; et en pleine connaissance de cause &#187;. P&#225;gina/12 a eu acc&#232;s au questionnaire en question, pr&#233;-imprim&#233; et fourni par le laboratoire et dont la copie est jointe au dossier. Il s'agit d'un document touffu de 18 pages, en caract&#232;res de petite taille. Il est consign&#233; qu'il s'agit d'une traduction d'un original en anglais et il s'av&#232;re que l'accord en pleine connaissance de cause est une condition requise partout en vigueur dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le document d&#233;bute par la phrase, en caract&#232;res gras : &#034;Vous &#234;tes invit&#233; &#224; participer &#224; une &#233;tude clinique d'un antibiotique appel&#233; &lt;i&gt;tigeciclina&lt;/i&gt; pour le traitement de votre pneumonie &#187;. Suit une avalanche d'explications sur la proc&#233;dure, sur les &#233;ventuels &#171; risques associ&#233;s &#224; l'&#233;tude &#187;, dispenses etc.&#8230; La densit&#233; de ce proc&#232;s-verbal contractuel dont la lecture est presque impossible pour P&#225;gina/12, alors que nous avons re&#231;u une formation d'avocat, nous fait douter que le patient moyen, hospitalis&#233; dans un h&#244;pital du PAMI, puisse l'analyser &#224; fond et le comprendre avant de le signer. Encore plus s'il souffre d'une pneumonie, avec toutes ses d&#233;fenses amoindries y compris ses capacit&#233;s de jugement. La vuln&#233;rabilit&#233; du patient accro&#238;t le doute qu'on peut avoir sur la valeur de son accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acceptation d'une telle proposition repose beaucoup plus sur la confiance que le malade fait au m&#233;decin qui la lui propose que sur la parfaite &#233;galit&#233; entre les deux parties : un laboratoire multinational et un retrait&#233; hospitalis&#233; dans un h&#244;pital public. L'asym&#233;trie est encore aggrav&#233;e lorsque, face &#224; un contrat priv&#233;, s'interpose la pr&#233;sence de l'h&#244;pital public qui jouit (encore) d'un certain prestige aupr&#232;s des patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Privatiser ce qui est public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, si on r&#233;sume l'essentiel des faits av&#233;r&#233;s, une partie du patrimoine public a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour servir d&#233;s int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. L'int&#233;r&#234;t qui prime est celui du laboratoire qui est le promoteur de l'exp&#233;rimentation et qui la paye. Les installations, l'activit&#233; et le prestige du personnel de l'h&#244;pital public sont mis &#224; son service, on duplique une information r&#233;serv&#233;e, on bafoue des obligations l&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des faits comme celui-l&#224; ne sont pas une originalit&#233; argentine.et pas davantage un cas extraordinaire survenu &#224; Rosario. L'histoire que nous vous rapportons n'est pas un fait isol&#233; ; elle illustre une pratique r&#233;pandue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous avan&#231;ons un peu plus du particulier au g&#233;n&#233;ral, ce fait illustre la constante d&#233;gradation du secteur public gr&#226;ce &#224; l'intervention active des forces sauvages du march&#233;, sources de toute raison et de toute justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un probl&#232;me mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement en Argentine qu'il est midi &#224; douze heures. L'exp&#233;rimentation de m&#233;dicaments sur des &#234;tres humains ne conna&#238;t pas les fronti&#232;res. Le romancier John Le Carr&#233; est entr&#233; dans ce monde des pratiques r&#233;pr&#233;hensibles aliment&#233;es par les laboratoires et dans les relations que ces derniers entretiennent avec des gouvernements perm&#233;ables ou faibles. C'est dans son livre &#171; &lt;i&gt;Le Fid&#232;le Jardinier&lt;/i&gt; &#187;, qui a &#233;t&#233; port&#233; &#224; l'&#233;cran. Le &lt;i&gt;thriller&lt;/i&gt; se d&#233;roule en Afrique ; il comporte plus de p&#233;rip&#233;ties et plus de dramatisation visibles que les faits que nous rapportons ci-dessus, mais il d&#233;crit un univers semblable, celui de ce fantastique march&#233; que repr&#233;sente la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays du tiers-monde, &#224; cause de la pauvret&#233; de beaucoup de leurs habitants et de la faiblesse de leurs gouvernements, peuvent permettre des pratiques que les pays du centre ne tol&#232;reraient jamais &#224; l'int&#233;rieur de leurs fronti&#232;res. Des professionnels et des politiciens qui connaissent le sujet affirment que l'Argentine poss&#232;de deux particularit&#233;s qui la rendent attractive pour ce genre d'incursions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une d'elles est la caract&#233;ristique polyethnique de sa population qui permet d'obtenir des &#233;chantillons statistiques tr&#232;s repr&#233;sentatifs de par leur diversit&#233;. L'autre c'est l'&#233;tendue et la qualit&#233; des services de l'h&#244;pital public qui re&#231;oit un tr&#232;s grand nombre de patients avec un personnel soignant de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de l'h&#244;pital polyclinique PAMI II n'est pas le premier connu m&#234;me s'il est vrai qu'il n'y en a pas un autre qui pr&#233;sente une telle accumulation de preuves. Mais ceux qui connaissent bien la question &#233;voquent un scandale portant sur des exp&#233;rimentations non autoris&#233;es dans un h&#244;pital appartenant &#224; une collectivit&#233;. Le laboratoire impliqu&#233; &#233;tait aussi &#233;tranger et, dans ce dernier cas, originaire d'Europe. On parle de scandale car, bien qu'il ait &#233;t&#233; peu divulgu&#233;, il a eu des r&#233;percussions importantes. Un chef de service de l'H&#244;pital (ainsi appel&#233;, mais qui &#233;tait en v&#233;rit&#233; une clinique priv&#233;e) fut destitu&#233; et la direction du laboratoire fut remplac&#233;e. Mais tout cela, pour l'essentiel, ne fut pas &#233;bruit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porosit&#233; des organismes de contr&#244;le publics est une faiblesse. Autre faiblesse, que nous commentons ci-dessus, l'absence d'une loi qui encadre le sujet lequel n'est soumis qu'&#224; des dispositions administratives insuffisamment rigoureuses. La d&#233;put&#233;e Graciela Rosso, du &#171; Frente para la victoria &#187; (Front pour la victoire), de la province de Buenos Aires, est en train de pr&#233;parer un projet de loi qui portera sur &#171; la recherche clinique &#224; partir de m&#233;dicaments, de produits m&#233;dicinaux, de produits biologiques, de th&#233;rapie g&#233;n&#233;tique et de th&#233;rapie cellulaire &#187;. Ce projet de loi sera pr&#233;sent&#233; devant les commissions concern&#233;es avant la fin du mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le cas du jardinier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas d&#233;nonc&#233; par le PAMI pr&#233;sente une &#233;vidente analogie avec le film &#171; &lt;i&gt;Le fid&#232;le jardinier &#187; &lt;/i&gt;sorti chez nous et dans un grand nombre de pays il y a un an et demi. Entre le plaidoyer politique, le thriller et la narration &#233;pique d'une histoire romantique, le film de Fernand Meirelles,&lt;i&gt; (&#171; The Constant Gardener &#187;&lt;/i&gt;), a r&#233;ussi &#224; braquer les projecteurs sur les abus et les affaires sales des grandes firmes pharmaceutiques. Bas&#233; sur un roman du ma&#238;tre de l'espionnage, John Le Carr&#233;, le film a &#233;t&#233; tourn&#233; au Kenya et a suscit&#233;, &#224; l'&#233;poque, un intense d&#233;bat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une duret&#233; extr&#234;me, le Directeur de Ciudad de Dios reconstruit, en remontant dans leur pass&#233;, l'histoire d'amour entre un fonctionnaire de la &lt;i&gt;British High Commission&lt;/i&gt; (Ralph Fiennes) et son &#233;pouse (Raquel Weisz), une activiste assassin&#233;e parce qu'elle a d&#233;nonc&#233; les abus dont sont coupables les firmes pharmaceutiques en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les images montrent comment on exp&#233;rimente sur les plus pauvres r&#233;duits aux conditions de simples cobayes en &#233;change de quelques avantages pour leurs familles. Le cas particulier que le film met en sc&#232;ne est celui d'une firme qui, face &#224; l'imminence d'une &#233;pid&#233;mie de tuberculose &#224; l'&#233;chelle de la plan&#232;te, d&#233;cide de tester des m&#233;dicaments sur le corps d'Africains indigents. Le sujet est trait&#233; par Meirelles avec cruaut&#233;, mais sans fioritures racoleuses ni coups bas. Au del&#224; de la s&#233;duisante offre &#233;conomique qu'il a re&#231;ue pour mettre en sc&#232;ne &lt;i&gt;&#171; Le Fid&#232;le jardinier&lt;/i&gt; &#187;, (film produit par l'Angleterre et disposant d'un gros budget), Meirelles s'est investi dans ce projet parce qu'il &#233;tudiait le sujet des firmes pharmaceutiques depuis l'an 2 000 lorsque le gouvernement br&#233;silien a d&#233;cid&#233; de ne pas respecter les brevets des m&#233;dicaments destin&#233;s &#224; combattre le HIV. Cette d&#233;cision avait d&#233;chain&#233; une impressionnante pression lobbyiste de la part des multinationales du m&#233;dicament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.pagina12.com.ar/diario/elpais/1-82337-2007-03-26.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;P&#225;gina 12&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Buenos Aires, le 26 Mars 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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