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	<title>El Correo</title>
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		<title>&#171; Economie de march&#233; sans capitalisme &#187;</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Economie-de-marche-sans-capitalisme</link>
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		<dc:date>2007-02-05T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Hermann Kendel</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une nouvelle appr&#233;ciation de la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel du point de vue de l'&#233;thique &#233;conomique. &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s avoir fait l'objet de vives discussions &#224; son &#233;poque, la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel &#233;labor&#233;e par Silvio Gesell (1862-1930) est pass&#233;e &#224; l'arri&#232;re-plan des d&#233;bats &#233;conomiques et politico-philosophiques d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es trente, alors que pr&#233;cis&#233;ment cette th&#233;orie aurait ouvert &#224; l'individu des perspectives procurant plus de libert&#233; et de justice dans la vie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle appr&#233;ciation de la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel du point de vue de l'&#233;thique &#233;conomique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir fait l'objet de vives discussions &#224; son &#233;poque, la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel &#233;labor&#233;e par Silvio Gesell (1862-1930) est pass&#233;e &#224; l'arri&#232;re-plan des d&#233;bats &#233;conomiques et politico-philosophiques d&#232;s le d&#233;but des ann&#233;es trente, alors que pr&#233;cis&#233;ment cette th&#233;orie aurait ouvert &#224; l'individu des perspectives procurant plus de libert&#233; et de justice dans la vie sociale. Par sa th&#232;se pr&#233;sent&#233;e &#224; l'Universit&#233; de St-Gall, qui fait l'objet du pr&#233;sent article, Roland Wirth&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Roland Wirth. Marktwirtschaft ohne Kapitalismus. Eine Neubewertung der (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, n&#233; en 1974, relance la discussion th&#233;orique sur les id&#233;es de Silvio Gesell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouvrage comporte cinq parties. Dans la &lt;i&gt;premi&#232;re,&lt;/i&gt; la soci&#233;t&#233; lib&#233;rale des citoyens est pr&#233;sent&#233;e comme la r&#233;f&#233;rence qui s'impose. L'auteur estime que les r&#233;formes de &lt;i&gt;Silvio Gesell,&lt;/i&gt; fond&#233;es sur l'ordre &#233;conomique naturel, favoriseraient beaucoup l'&#233;volution vers une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale des citoyens. Dans cette perspective, l'effondrement du communisme ne permettrait pas de consid&#233;rer automatiquement l'&#233;conomie capitaliste comme sup&#233;rieure. Il conviendrait, au contraire, de remettre sans cesse la question sur le tapis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En syst&#232;me capitaliste, la propension &#224; acqu&#233;rir un patrimoine financier pour vieillir sans soucis en vivant des int&#233;r&#234;ts pr&#233;vaut. A cet &#233;gard, le syst&#232;me socialiste serait aussi capitaliste. Toutefois, ce n'est pas l'individu, mais l'Etat qui g&#232;re alors le b&#233;n&#233;fice g&#233;n&#233;r&#233; par les int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e d'apr&#232;s l'ordre &#233;conomique naturel, l'abondance des marchandises donnerait &#224; l'individu davantage de latitude pour mener sa vie &#224; son gr&#233;, chacun devant consacrer moins de temps au travail que dans le syst&#232;me actuel. L'&#233;conomie ne d&#233;terminerait pas la vie sociale, mais la servirait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La remise en question de la croissance &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la deuxi&#232;me partie du livre, la critique &#224; laquelle l'&#233;conomie naturelle soumet le syst&#232;me d'int&#233;r&#234;ts capitaliste est expliqu&#233;e en d&#233;tail. Tandis que les th&#233;ories &#233;conomiques n&#233;oclassique, keyn&#233;sienne et m&#234;me socialiste font l'&#233;loge de la croissance &#233;conomique sans jamais mettre celle-ci en question, voire en l'exigeant, l'ordre &#233;conomique naturel moderne s'interroge &#224; propos du sens de la croissance et attire l'attention sur les risques &#233;cologiques qui en r&#233;sultent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les grands patrimoines financiers s'accroissent de mani&#232;re continuelle et exponentielle en &#233;conomie capitaliste, les dettes y augmentent dans les m&#234;mes proportions. Il incombe &#224; la population laborieuse de g&#233;n&#233;rer les int&#233;r&#234;ts et les int&#233;r&#234;ts cumul&#233;s. Cette cr&#233;ation a lieu directement lors des achats - &lt;i&gt;Creutz,&lt;/i&gt; repr&#233;sentant moderne de la th&#233;orie de l'&#233;conomie naturelle, estime que 40% des prix des biens de consommation, pour le moins, consistent aujourd'hui en int&#233;r&#234;ts cach&#233;s - et sous forme d'imp&#244;ts. M&#234;me l'Etat et les communes doivent assurer le service de la dette en payant continuellement des int&#233;r&#234;ts et des int&#233;r&#234;ts cumul&#233;s. Ce d&#233;veloppement exponentiel n&#233;cessite une croissance de l'&#233;conomie et aboutit constamment &#224; de nouvelles crises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur d&#233;crit en d&#233;tail cette propension &#224; la crise et les diverses tentatives de la mod&#233;rer. Ce faisant, il mentionne d'autres cons&#233;quences du syst&#232;me des int&#233;r&#234;ts cumul&#233;s, notamment la crise permanente du Tiers-Monde et la catastrophe &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'argent - une marchandise finalement comme les autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ponse &#224; la critique du syst&#232;me &#233;conomique en vigueur formul&#233;e dans la deuxi&#232;me partie du livre, la &lt;i&gt;troisi&#232;me&lt;/i&gt; est consacr&#233;e &#224; la r&#233;forme mon&#233;taire. Cette r&#233;forme distingue la th&#233;orie &#233;conomique naturelle de toutes les autres r&#233;formes sociales et la rend unique en son genre. Si elle continue &#224; utiliser l'argent comme moyen d'&#233;change, la valeur de celui-ci n'augmentera plus automatiquement, par le biais des taux d'int&#233;r&#234;t, aux d&#233;pens de la population laborieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune expropriation n'est n&#233;cessaire. Comme tout autre bien, la monnaie, frapp&#233;e d'une taxe de liquidit&#233;, perdra tr&#232;s l&#233;g&#232;rement de sa valeur au fil du temps. En effet, des biens tels que les tomates se g&#226;tent, les maisons et les rues doivent &#234;tre entretenues r&#233;guli&#232;rement. Ainsi, la monnaie cesserait d'&#234;tre une marchandise particuli&#232;re, qui s'accro&#238;t automatiquement lorsqu'on la garde. Elle deviendrait alors un moyen d'&#233;change analogue &#224; tous les autres biens. La taxe de liquidit&#233; alimenterait les caisses des communes et de l'Etat, d&#233;chargeant le citoyen d'imp&#244;ts d&#233;mesur&#233;s. Cette mesure rendrait la circulation mon&#233;taire s&#251;re et constante, et le niveau des prix stable durant de longues p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur estime relativement faible le nombre de personnes d&#233;savantag&#233;es par ce syst&#232;me ; il ne s'agirait que des rares b&#233;n&#233;ficiaires nets du syst&#232;me des taux d'int&#233;r&#234;t. En revanche, la population laborieuse serait r&#233;mun&#233;r&#233;e en fonction de son travail complet ; elle pourrait alors acheter des marchandises &#224; des prix dont les int&#233;r&#234;ts seraient d&#233;duits et ne devrait plus payer, sous forme d'imp&#244;ts, les int&#233;r&#234;ts dus par l'Etat. Tels seraient les b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme mon&#233;taire tout &#224; fait r&#233;alisable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme ce sont les hommes - et non pas Dieu - qui d&#233;terminent les propri&#233;t&#233;s de la monnaie (l'auteur parle d'un type d'ordre social), une telle r&#233;forme mon&#233;taire serait tout &#224; fait r&#233;alisable, surtout si la plupart des gens pouvaient ainsi faciliter leur vie personnelle aussi bien que leur vie en communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patrimoine excessivement accru de certains s'ajusterait alors graduellement au niveau standard. De plus, la probabilit&#233; d'oppression, de guerre, d'inflation, de ch&#244;mage et d'autres crises dues &#224; la vie des hommes en communaut&#233; diminuerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur se penche ensuite sur les aspects techniques de la r&#233;forme mon&#233;taire. Il consid&#232;re comme solubles, par exemple, les probl&#232;mes que suscitera l'imposition pratique de la taxe de liquidit&#233;, en ce qui concerne les esp&#232;ces notamment. La t&#226;che de fixer le montant de la masse mon&#233;taire incomberait toujours &#224; l'institut d'&#233;mission. Il serait possible de conserver le nouvel argent sans perte de valeur en acqu&#233;rant des biens r&#233;els, tels que des actions, des objets d'art, du vin et d'autres produits, et en d&#233;posant en banque son argent exc&#233;dentaire. La fixation de la taxe &#224; un niveau tel que le produit du patrimoine bancaire fluctue aux environs de z&#233;ro maintiendrait constante la valeur de la monnaie conserv&#233;e pour une consommation ult&#233;rieure (p. 82). L'auteur estime que le nouveau syst&#232;me permettrait des investissements efficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elimination des revenus de capitaux en friche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme indiqu&#233;, les effets pr&#233;visibles de la r&#233;forme mon&#233;taire seraient l'&#233;limination graduelle des revenus de capitaux en friche. La croissance de la production &#233;conomique se chiffrerait graduellement &#224; z&#233;ro (de m&#234;me que toute autre croissance dans la nature : les hommes, les animaux, les plantes augmentent &#224; un rythme limit&#233;, la croissance exponentielle &#233;tant limit&#233;e &#224; certaines maladies mortelles, tel le cancer, &lt;i&gt;H. K.&lt;/i&gt;). La croissance z&#233;ro faciliterait le retour de la nature &#224; l'&#233;quilibre &#233;cologique et la qualit&#233; de la vie progresserait de nouveau g&#233;n&#233;ralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce progr&#232;s vraisemblable de la vie en commun des hommes semble presque utopique. Pourtant, l'auteur donne des exemples historiques qui traduisent la r&#233;alit&#233; de cette utopie. La monnaie de bl&#233; &#233;gyptienne que &lt;i&gt;Lietaer&lt;/i&gt; a &#233;tudi&#233;e r&#233;cemment en d&#233;tail a conduit &#224; un apog&#233;e culturel dans l'architecture surtout, mais aussi &#224; l'aisance g&#233;n&#233;rale. Contrairement aux hypoth&#232;ses ant&#233;rieures, les ma&#231;ons des pyramides &#233;taient non pas des esclaves, mais des sp&#233;cialistes royalement r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La monnaie de bl&#233; a &#233;t&#233; d&#233;couverte sous la forme de quittances donn&#233;es sur des d&#233;bris d'argile, dat&#233;es et se rapportant &#224; des aliments et &#224; du vin. On a prouv&#233; que leur fonction comme monnaie locale g&#233;n&#233;rale avait dur&#233; 2000 ans. Ces quittances pouvaient &#234;tre acquises par la livraison de quantit&#233;s d&#233;termin&#233;es de c&#233;r&#233;ales et de vin dans un entrep&#244;t de l'Etat. Elles permettaient d'acheter &#224; tout moment des marchandises de l'entrep&#244;t. En raison des frais de stockage, la valeur des cr&#233;ances a diminu&#233; au fil du temps. Dans ce cas &#233;galement, il s'agissait de monnaie dont la valeur se r&#233;duisait parall&#232;lement &#224; celle de la marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Exemple : les bract&#233;ates m&#233;di&#233;vales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;bract&#233;ates&lt;/i&gt; du haut Moyen Age (900-1300) sont connues depuis longtemps. Outre la monnaie de m&#233;tal pr&#233;cieux, destin&#233;e au commerce de longue distance, diverses monnaies locales avaient cours dans de nombreuses r&#233;gions d'Europe, telle l'Allemagne, mais aussi l'Angleterre, la France, le Danemark, la Boh&#234;me, la Pologne et la Hongrie. Les bract&#233;ates &#233;taient frapp&#233;es d'un seul c&#244;t&#233; d'une mince feuille d'argent et d&#233;clar&#233;es de temps &#224; autre sans valeur par les autorit&#233;s. On pouvait alors &#233;changer quatre pi&#232;ces ant&#233;rieures, maintenant sans valeur, contre trois pi&#232;ces qui venaient d'&#234;tre frapp&#233;es. Le souverain pouvait ainsi faire l'&#233;conomie d'une ferme on&#233;reuse. Pour &#233;viter la mise hors cours, toute personne qui avait acquis des bract&#233;ates se h&#226;tait de les d&#233;penser, ce qui a maintenu la demande int&#233;rieure &#224; un niveau constamment &#233;lev&#233;, comme en Egypte ant&#233;rieurement. Une offre constamment &#233;lev&#233;e en a r&#233;sult&#233;. Il ne servait alors &#224; rien d'accumuler de l'argent. L&#224; aussi, ceux qui avaient amass&#233; les bract&#233;ates &#233;taient les perdants. Comme on le sait, la culture s'est &#233;panouie et le bien-&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; (cath&#233;drales gothiques, cit&#233;s prosp&#232;res, etc.). Apr&#232;s l'&#233;poque des bract&#233;ates, les paysans se sont appauvris, la richesse s'est concentr&#233;e en quelques mains, parmi le patriciat urbain notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;W&#246;rgl pendant la crise &#233;conomique mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me exemple, que de nombreuses th&#232;ses de doctorat ont rendu c&#233;l&#232;bre, est celui de W&#246;rgl. Pendant la crise &#233;conomique mondiale du d&#233;but des ann&#233;es trente, le maire de W&#246;rgl, petite ville du Tyrol, a persuad&#233; son conseil communal d'imprimer des bons de travail d'un montant de 32 000 schillings pour payer les employ&#233;s et les mat&#233;riaux de la ville. Ce montant en schillings a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; en banque comme s&#251;ret&#233;. Les bons &#233;taient frapp&#233;s d'une taxe de liquidit&#233; de 1% par mois. Les d&#233;tenteurs &#233;taient tenus d'y coller chaque mois un timbre d'une valeur de 1%. Pour &#233;viter ces frais, tout d&#233;tenteur de bon le d&#233;pensait le plus vite possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie de W&#246;rgl et de ses environs s'est tr&#232;s vite redress&#233;e et le ch&#244;mage a diminu&#233; de 25% en un an, alors qu'il continuait d'augmenter vigoureusement dans toute l'Europe. 170 autres communes d'Autriche ont pri&#233; le maire de W&#246;rgl de leur faire une conf&#233;rence. &lt;i&gt;Daladier,&lt;/i&gt; le pr&#233;sident du conseil fran&#231;ais a visit&#233; la ville, puis pr&#233;sent&#233; un rapport &#224; son parlement au sujet de cette exp&#233;rience &#233;tonnante. &lt;i&gt;Irving Fisher&lt;/i&gt; a envoy&#233; son assistant en Autriche et s'est exprim&#233; ainsi : &#171; En cas d'application correcte, la monnaie franche pourrait nous sortir de la crise en quelques semaines (p. 98) &#187;. Malheureusement, l'institut d'&#233;mission autrichien est intervenu apr&#232;s quelque 14 mois pour infraction &#224; son monopole, de sorte que nous ne disposons ici que de r&#233;sultats &#224; relativement court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples prouvent que la monnaie a &#233;t&#233; capable de se transformer au cours de l'histoire et que rien ne s'oppose &#224; ce que la monnaie franche soit la prochaine &#233;tape vers l'am&#233;lioration du syst&#232;me mon&#233;taire. Le fait que presque neuf dixi&#232;mes de la population appartiennent aux payeurs nets du syst&#232;me actuel plaide en faveur de la cr&#233;ation d'un syst&#232;me mon&#233;taire plus &#233;quitable. Une telle d&#233;marche oblige, toutefois, &#224; propager le savoir sur les effets qu'exerce le syst&#232;me capitaliste des int&#233;r&#234;ts cumul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'auteur ne sait pas exactement comment la r&#233;forme mon&#233;taire influerait sur la mani&#232;re de l'individu d'envisager son existence, il suppose que le souci relatif &#224; la prosp&#233;rit&#233; mat&#233;rielle, tr&#232;s r&#233;pandu aujourd'hui, ferait place &#224; la question de savoir comment d&#233;penser le mieux l'argent acquis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;forme agraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;quatri&#232;me partie&lt;/i&gt; traite de la r&#233;forme agraire, Silvio Gesell s'y consacrant avant de passer &#224; la r&#233;forme mon&#233;taire. Le sol doit &#234;tre progressivement transf&#233;r&#233; &#224; la propri&#233;t&#233; publique. L&#224; aussi, il ne s'agit pas de l'expropriation ch&#232;re au communisme. D'apr&#232;s la situation du march&#233;, la commune devra d&#233;dommager les propri&#233;taires de fa&#231;on appropri&#233;e. Les acqu&#233;reurs recevront la terre en bail emphyt&#233;otique - et l'auteur y attache beaucoup d'importance - pour l'exploiter en priv&#233;. Silvio Gesell &#233;crit &#224; propos de la r&#233;forme agraire : &#171; Comment se peut-il, se demande-t-on d&#233;concert&#233;, que des hommes ach&#232;tent et vendent du terrain comme s'il s'agissait d'une marchandise ordinaire et non d'un bien dont l'humanit&#233; d&#233;pend, tels l'air et l'eau ? &#187; (p. 111)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la monnaie franche, la terre franche doit emp&#234;cher la formation d'un revenu en friche. Les fermages remplissent les caisses de l'Etat, ce qui permet de r&#233;duire les imp&#244;ts et laisse assez d'argent &#224; la disposition de la population. La libert&#233; des citoyens en est accrue. Il est &#233;vident que non seulement la terre, mais aussi les tr&#233;sors qui y sont enfouis, tels le p&#233;trole, le charbon et les autres min&#233;raux, appartiennent &#224; tous les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les investissements destin&#233;s &#224; l'extraction et au traitement de ces tr&#233;sors seront indemnis&#233;s &#224; leur juste valeur, d'apr&#232;s les r&#232;gles de l'&#233;conomie de march&#233;. Cette r&#233;forme rendrait les guerres moins probables, l'&#233;quilibre &#233;cologique serait plus facile &#224; r&#233;tablir et la terre ne d&#233;g&#233;n&#233;rerait plus en objet de sp&#233;culation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur attire l'attention sur le fait qu'il faudra prendre des mesures contre la sp&#233;culation fonci&#232;re lors de l'instauration de la monnaie franche. Il doute cependant que seules les propositions de l'&#233;conomie franche conduisent au succ&#232;s. Une autre possibilit&#233; serait celle de l'imp&#244;t suisse de revente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'auteur, Silvio Gesell aurait n&#233;glig&#233; les probl&#232;mes techniques de la r&#233;forme agraire, tels le financement, la parcellisation et la gestion des terres, mais ils pourraient &#234;tre r&#233;solus en faisant les d&#233;penses n&#233;cessaires. Toutefois, on ne dispose que de peu d'exemples r&#233;els de terre franche, les seuls se rapportant &#224; des tentatives de coop&#233;ratives aux succ&#232;s divers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les r&#233;formes mon&#233;taire et agraire sont des &#233;tapes importantes menant &#224; une soci&#233;t&#233; civile libre, elles ne garantissent pas n&#233;cessairement un usage des ressources naturelles adapt&#233; aux g&#233;n&#233;rations futures. Quelques auteurs modernes, tels &lt;i&gt;Kennedy&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Eisenhut,&lt;/i&gt; proposent donc d'ajouter &#224; ces deux r&#233;formes une troisi&#232;me, la r&#233;forme fiscale &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fondement philosophique de la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la &lt;i&gt;cinqui&#232;me partie, &lt;/i&gt;l'auteur jette un regard critique sur le contexte historique et le fondement philosophique de la th&#233;orie de l'Ordre &#233;conomique naturel et trace les perspectives d'une m&#233;thode solide de r&#233;forme moderne. Il examine aussi les interactions entre la th&#233;orie de l'&#233;conomie naturelle et les autres th&#233;ories &#233;conomiques ainsi que les mouvements de r&#233;forme socio-&#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parent&#233; de ces pens&#233;es avec celles de &lt;i&gt;Proudhon,&lt;/i&gt; leur d&#233;marcation par rapport &#224; &lt;i&gt;Marx,&lt;/i&gt; l'influence de &lt;i&gt;George,&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;Nietzsche,&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;Stirner &lt;/i&gt;et d'autres sont expliqu&#233;es. Les caract&#233;ristiques philosophiques de l'&#339;uvre de Gesell sont d&#233;crites et font l'objet d'une appr&#233;ciation. Tel est le cas de sa conception controvers&#233;e de l'Etat, de son aversion envers les fronti&#232;res et les douanes, du probl&#232;me du droit int&#233;gral au produit du travail, de sa conviction d'une harmonie lib&#233;rale, de son darwinisme social sujet &#224; des malentendus, de son approbation de l'&#233;mancipation f&#233;minine - il propose notamment de verser une partie des fermages aux femmes en charge d'enfants - et de ses rapports avec les mouvements r&#233;formateurs de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crivant les relations entre l'Ordre &#233;conomique naturel et la th&#233;orie &#233;conomique g&#233;n&#233;rale, l'auteur indique comment Irving Fischer reconnaissait l'&#339;uvre de Gesell et comment &lt;i&gt;John Maynard Keynes&lt;/i&gt; la louait et la critiquait. Relevons que Keynes consid&#233;rait l'&#339;uvre de Gesell comme plus prometteuse que celle de &lt;i&gt;Karl Marx.&lt;/i&gt; Aujourd'hui, ce sont surtout &lt;i&gt;Helmuth Creutz,&lt;/i&gt; son disciple &lt;i&gt;Margret Kennedy&lt;/i&gt; ainsi que &lt;i&gt;Bernard Lietaer, Werner Onken, Werner Rosenberger, Bernd Senf &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Dieter Suhr&lt;/i&gt; qui poursuivent l'&#339;uvre de Gesell.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'&#233;loigner de la soci&#233;t&#233; 20/80&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur voit dans l'Ordre &#233;conomique naturel la chance de nous &#233;loigner de la soci&#233;t&#233; 20/80 et de nous rapprocher d'une soci&#233;t&#233; civile plus lib&#233;rale. Il propose d'entamer des recherches et de faire des exp&#233;riences pour mieux conna&#238;tre ce domaine. &lt;br /&gt;
La th&#232;se de doctorat est &#233;crite de mani&#232;re &#224; permettre au profane de s'y int&#233;resser et de se demander comment organiser l'&#233;conomie de fa&#231;on &#224; ne plus &#234;tre domin&#233; par elle avec son cort&#232;ge de guerres, de ch&#244;mage g&#233;n&#233;ralis&#233;, de manque d'argent et d'injustice sociale, mais &#224; faire en sorte qu'elle nous serve &#224; organiser notre vie de citoyens libres et prosp&#232;res dans un ordre social ad&#233;quat et prometteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a justice que si l'&#233;quivalence morale de tous les hommes est assur&#233;e. Il faut tenir compte dans les m&#234;mes proportions des pr&#233;tentions l&#233;gitimes de tout homme concern&#233; par une action concr&#232;te ou une r&#233;glementation abstraite. Un dialogue ouvert concernant la l&#233;gitimit&#233; des pr&#233;tentions, lors duquel chacun a les m&#234;mes chances d'&#234;tre entendu et de faire valoir ses motifs, doit &#234;tre instaur&#233;. Si l'on fait fi des pr&#233;tentions l&#233;gitimes de certains groupes ou ne serait-ce que d'un homme, il ne peut &#234;tre question d'une solution juste. Dans ce cas, la d&#233;cision correspond au &#8249;droit du plus fort&#8250;, ce que la raison &#233;thique ne saurait soutenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Wirth :&lt;/strong&gt; Marktwirtschaft ohne Kapitalismus&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La soci&#233;t&#233; civile lib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La soci&#233;t&#233; civile se constitue surtout par un statut complet du citoyen. Le citoyen est consid&#233;r&#233; comme un homme compl&#232;tement d&#233;velopp&#233; sur les plans intellectuel et moral, non seulement en &#233;tat de d&#233;terminer par soi-m&#234;me son existence, mais aussi de participer activement &#224; la vie sociale et politique. Il s'int&#233;resse au bien commun au sens r&#233;publicain du terme [&#8230;] Non seulement les droits g&#233;n&#233;raux du citoyen dans leur pl&#233;nitude, mais aussi la disposition de chacun &#224; se soucier spontan&#233;ment des int&#233;r&#234;ts communs font partie du statut du citoyen. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Wirth :&lt;/strong&gt; Marktwirtschaft ohne Kapitalismus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Libert&#233; positive&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le n&#233;olib&#233;ralisme dont sont empreints les &#233;conomistes limite pour une grande part la libert&#233; individuelle &#224; la libert&#233; &#233;conomique et contractuelle. [&#8230;] Si la mort par famine menace quelqu'un, cette personne se vendra d&#233;lib&#233;r&#233;ment comme esclave si l'on assure son approvisionnement en vivres. Visiblement, cette attitude n'a aucun rapport avec une libert&#233; bien comprise. Les chances de vie d'un tel individu sont bien moindres qu'elles ne pourraient l'&#234;tre, compte tenu de l'abondance de biens dans le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Wirth :&lt;/strong&gt; Marktwirtschaft ohne Kapitalismus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.horizons-et-debats.ch/actuel/20070129_01.htm#r*&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Horizons et d&#233;bats&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Berlin, 29 janvier 2007, 7e ann&#233;e, N&#176;4.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Roland Wirth&lt;/strong&gt;. Marktwirtschaft ohne Kapitalismus. Eine Neubewertung der Freiwirtschaftslehre aus wirtschaftsethischer Sicht. St. Galler Beitr&#228;ge zur Wirtschaftsethik 34, 2003, ISBN 3-258-06683-3&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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