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		<title>A Buenos-Aires, les &#171; cartoneros &#187; d&#233;rangent</title>
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		<dc:date>2003-09-09T14:21:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Schellenberg</dc:creator>



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&lt;p&gt;Face visible de la crise, les &#171; cartoneros &#187; sont les nouveaux pauvres de l'Argentine. A Buenos-Aires, ces ramasseurs de cartons et d'autres mat&#233;riaux recyclables sont de mieux en mieux organis&#233;s et ont tout int&#233;r&#234;t &#224; l'&#234;tre : beaucoup aimeraient les voir dispara&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt; La sc&#232;ne se r&#233;p&#232;te inlassablement. D'abord, on entend le cliquetis d'un vieux caddie. Puis c'est une ombre furtive que l'on voit passer. Cette ombre s'arr&#234;te pr&#232;s d'un sac poubelle que quelqu'un a abandonn&#233; sur le trottoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face visible de la crise, les &#171; cartoneros &#187; sont les nouveaux pauvres de l'Argentine. A Buenos-Aires, ces ramasseurs de cartons et d'autres mat&#233;riaux recyclables sont de mieux en mieux organis&#233;s et ont tout int&#233;r&#234;t &#224; l'&#234;tre : beaucoup aimeraient les voir dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sc&#232;ne se r&#233;p&#232;te inlassablement. D'abord, on entend le cliquetis d'un vieux caddie. Puis c'est une ombre furtive que l'on voit passer. Cette ombre s'arr&#234;te pr&#232;s d'un sac poubelle que quelqu'un a abandonn&#233; sur le trottoir moins de dix minutes auparavant. Apr&#232;s une br&#232;ve inspection du sac, l'ombre et son caddie continuent leur chemin, sans rien emporter. C'est que dix minutes, dans le m&#233;tier, c'est beaucoup. En tout cas, c'est plus qu'il n'en faut pour qu'un &#171; coll&#232;gue &#187; soit d&#233;j&#224; pass&#233; par l&#224; et ait vid&#233; le sac du carton ou du verre qu'il contenait peut-&#234;tre. La prochaine fois, il faudra &#234;tre plus rapide... Les cartoneros - ou ramasseurs de r&#233;sidus recyclables - sont la face visible de la crise qui a suivi la d&#233;valuation du peso en janvier 2002. Ils seraient entre 30 000 et 40 000, rien qu'&#224; Buenos-Aires, &#224; travailler jour et nuit - et au noir - dans tous les quartiers de la ville. Une partie des cartoneros ont toujours exist&#233;, mais la brutalit&#233; de la crise argentine les a multipli&#233;s. Beaucoup de ceux que l'on voit aujourd'hui ramasser du carton sont des personnes de la classe moyenne, qui avaient encore un travail au d&#233;but de l'an dernier. Avec les mois, beaucoup se sont organis&#233;s, et aujourd'hui une loi municipale les reconna&#238;t. A condition que les cartoneros s'inscrivent aupr&#232;s de la municipalit&#233;. &#171; Un pi&#232;ge pour nous soutirer des imp&#244;ts &#187;, temp&#234;te Alberto, un ramasseur de carton du nord de la ville. &#171; Pas du tout &#187;, s'indigne Sandra Carlino, qui a collabor&#233; avec le d&#233;put&#233; p&#233;roniste Eduardo Valdez &#224; la r&#233;alisation du projet de loi. &#171; L'inscription au registre ne leur donne que des avantages : reconnaissance, formation, mat&#233;riel, etc. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;b class=&#034;spip&#034;&gt;BUISNESS MILLIONNAIRE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;N&#233;anmoins, il ne fait pas de doute que dans un pays o&#249; pr&#232;s de la moiti&#233; du travail s'effectue au noir, selon les chiffres officiels, toute possibilit&#233; de contr&#244;le du march&#233; du travail est la bienvenue pour les entit&#233;s publiques. Mais au-del&#224; de la question d'une &#233;ventuelle taxe, force est de constater que le n&#233;goce dans lequel se sont invit&#233;s les cartoneros est un business qui vaut des millions de dollars. Dans la capitale argentine, quatre entreprises priv&#233;es et une entreprise publique se partagent un g&#226;teau de 5000 tonnes de d&#233;chets par jour, ramass&#233;s et transport&#233;s dans de grandes d&#233;charges de la p&#233;riph&#233;rie, tristement c&#233;l&#232;bres pour la pollution qu'elles produisent. Ces entreprises facturent &#224; la tonne de d&#233;chets qu'elles ramassent. Tout ce que r&#233;coltent les cartoneros est donc de l'argent potentiel qui leur &#233;chappe. Ainsi, si 30 000 ramasseurs de carton r&#233;coltent ne serait-ce que 35 kilos chacun par jour, cela repr&#233;sente d&#233;j&#224; plus de 1000 tonnes, soit 20% du butin des entreprises. Un manque &#224; gagner qui d&#233;passe le million de dollars mensuel. D'o&#249; la grogne des entreprises de ramassage, qui ont demand&#233; &#224; la municipalit&#233; d'intervenir. A ces &#171; pertes &#187; s'ajoute une r&#233;duction g&#233;n&#233;rale de la consommation, &#224; cause de la crise, qui fait que les Port&#232;gnes (les habitants de Buenos-Aires) ont par exemple g&#233;n&#233;r&#233; 30% de d&#233;chets en moins l'an dernier, par rapport &#224; 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;b class=&#034;spip&#034;&gt;CANDIDAT ANTICARTONEROS&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Parmi les ennemis jur&#233;s des cartoneros : Mauricio Macri. Ce riche entrepreneur, li&#233; &#224; une des entreprises de ramassage d'ordures, pr&#233;sident du club de foot Boca Junior et ami personnel de l'ex pr&#233;sident Carlos Menem, les avait trait&#233;s l'an dernier de &#171; voleurs &#187;. Parce qu'ils s'approprient un bien qui ne leur reviendrait pas. Entre-temps, celui qui est candidat - avec de bonnes chances - au poste de maire de Buenos-Aires (les Port&#232;gnes doivent se prononcer le 24 ao&#251;t) a adouci son discours. En cas de victoire, il dit vouloir engager tous les cartoneros dans des usines de recyclage. Ce qui fait rire jaune les &#171; r&#233;cup&#233;rateurs de r&#233;sidus recyclables &#187;, comme les appelle la Buenos-Aires politiquement correcte. Car il n'y aurait de toute fa&#231;on pas de place pour tout le monde. Ce que veut Macri, chuchote-t-on, c'est lib&#233;rer les rues de ces ombres furtives qui fouillent dans les poubelles et rappellent &#224; trop de personnes que la &#171; f&#234;te des ann&#233;es 1990 &#187; est bel et bien termin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;b class=&#034;spip&#034;&gt;UTILIT&#201; PUBLIQUE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; De plus en plus de personnes nous consid&#232;rent d'utilit&#233; publique &#187;, temp&#232;re Cristina, qui dirige un groupe de cartoneros organis&#233; depuis un an en coop&#233;rative dans le quartier chic de Palermo. Concr&#232;tement, sa coop&#233;rative fait du porte &#224; porte et propose aux personnes qu'elle visite de s&#233;parer elles-m&#234;mes leurs d&#233;chets - verre, carton, plastique - et de convenir avec le cartonero d'un jour de ramassage. La coop&#233;rative se charge ensuite de vendre les d&#233;chets &#224; des entreprises de recyclage, payant par ce biais de quoi vivre aux personnes qu'elle emploie. &#171; Avec ce syst&#232;me, on ne travaille pas de nuit et on &#233;vite de devoir fouiller dans les poubelles &#187;, explique Cristina. Sans compter que c'est une mani&#232;re de promouvoir le ramassage diff&#233;renci&#233;, pratiquement inexistant &#224; Buenos-Aires (lire ci-contre). &#171; Nous n'avons besoin que de chariots et d'un entrep&#244;t - dans l'une des nombreuses maisons inhabit&#233;es que compte le quartier, par exemple - qui nous permettent d'amasser ce que nous ramassons, pour pouvoir ensuite revendre &#224; la tonne &#187;, raconte Cristina. C'est la seule fa&#231;on d'&#233;viter les interm&#233;diaires, souvent li&#233;s &#224; la mafia.&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;spip&#034;&gt;Les &#171; cartoneros &#187;, eux, recyclent les d&#233;chets A Buenos-Aires, 70% des d&#233;chets recyclables sont ramass&#233;s par les cartoneros, selon une &#233;tude r&#233;alis&#233;e l'an dernier. &#171; En fait, s'il n'y avait pas les cartoneros, estime Sandra Carlino, assistante d'un d&#233;put&#233; auteur d'une loi en faveur des ramasseurs de carton, tous les d&#233;chets recyclables finiraient dans les d&#233;charges &#187;. Car il ne faut pas compter sur les entreprises de ramassage d'ordures pour faire du tri, m&#234;me si cette t&#226;che figure dans leur cahier des charges. Avec une r&#233;tribution &#224; la tonne d'ordures ramass&#233;es, les entreprises ne semblent pas vouloir perdre du temps &#224; s&#233;parer les d&#233;chets potentiellement recyclables des autres. Dans une attitude ambigu&#235;, entre r&#233;signation devant une r&#233;alit&#233; qui la d&#233;passe et volont&#233; d'institutionnaliser les cartoneros, la municipalit&#233; de Buenos-Aires diffuse actuellement un spot t&#233;l&#233;vis&#233; concernant les ramasseurs de carton. Ce spot invite les Port&#232;gnes &#224; &#171; faciliter le travail des cartoneros en s&#233;parant les d&#233;chets en plusieurs sacs &#187;. En attendant des jours meilleurs, qui verraient les ramasseurs de carton rejoindre un circuit professionnel formel, elle tente de mettre un peu d'ordre dans le chaos du ramassage d'ordures. Tout en &#233;vitant la multiplication des sacs de poubelles &#233;ventr&#233;s sur les trottoirs de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b class=&#034;spip&#034;&gt;Samuel Schellenberg, est de retour de Buenos Aires, 7 ao&#251;t 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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