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		<title>Racines culturelles des probl&#232;mes argentins</title>
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		<dc:date>2003-03-14T15:43:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; Eduardo Jorge</dc:creator>



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&lt;p&gt;Si le pays ne m&#232;ne pas &#224; bien un profond changement culturel, aucun mod&#232;le ne fonctionnera et nous allons souffrir d'un nouvel effondrement. &lt;br class='autobr' /&gt; Que devons-nous faire pour transformer la politique et l'&#233;conomie ? Quel est le probl&#232;me de l'Argentine ? Pourquoi un pays comme le n&#244;tre, riche de tant de ressources naturelles et d'une population bien form&#233;e, souffre d'une succession d'effondrements et n'a pu atteindre les niveaux de d&#233;veloppement de pays comme l'Australie, le Canada ou l'Espagne, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Social" rel="directory"&gt;Social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si le pays ne m&#232;ne pas &#224; bien un profond changement culturel, aucun mod&#232;le ne fonctionnera et nous allons souffrir d'un nouvel effondrement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que devons-nous faire pour transformer la politique et l'&#233;conomie ? Quel est le probl&#232;me de l'Argentine ? Pourquoi un pays comme le n&#244;tre, riche de tant de ressources naturelles et d'une population bien form&#233;e, souffre d'une succession d'effondrements et n'a pu atteindre les niveaux de d&#233;veloppement de pays comme l'Australie, le Canada ou l'Espagne, ou le rythme de croissance d'autres pays qui &#233;taient &#224; la tra&#238;ne il y a vingt ans, comme la Cor&#233;e ou le Chili ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'Argentine ait fait des progr&#232;s pendant les ann&#233;es 80 et 90 apr&#232;s la tragique exp&#233;rience du dernier r&#233;gime militaire, il est aujourd'hui &#233;vident que ces progr&#232;s n'ont pas suffit. Ses dirigeants politiques, ses chefs d'entreprises et ses intellectuels ne sont pas parvenus &#224; mener le pays vers la prosp&#233;rit&#233; et l'&#233;galit&#233;. La crise politique se perp&#233;tue et la corruption empoisonne la vie institutionnelle. Dans les ann&#233;es 80, d'importants secteurs de la soci&#233;t&#233; ont embrass&#233; les r&#233;formes de march&#233; qui promettaient l'int&#233;gration de l'Argentine, pays florissant, dans le monde. Le protectionnisme, le dirigisme et l'Etat providence avaient cr&#233;&#233; une &#233;conomie m&#233;diocre et inefficace. Aujourd'hui, ce serait la logique du march&#233; qui d&#233;ciderait de la destin&#233;e et de la forme de soci&#233;t&#233;. Mais cette exp&#233;rience a elle aussi connu une fin douloureuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi connaissons-nous cette succession d'&#233;checs ? Selon notre th&#232;se, les probl&#232;mes de l'Argentine, sans avoir de cause unique, ont d'importantes racines culturelles. C'est-&#224;-dire qu'ils sont li&#233;s &#224; certaines valeurs, croyances, r&#232;gles et coutumes enracin&#233;es dans notre soci&#233;t&#233; et qui influencent notre fa&#231;on de voir et d'agir en tant qu'individus ou en tant que groupe, dans l'&#233;conomie, les institutions gouvernementales ou la soci&#233;t&#233; civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Facteurs culturels du d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les facteurs culturels du d&#233;veloppement b&#233;n&#233;ficient d'une plus grande attention et reposent sur des fondements scientifiques renouvel&#233;s &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous faisons ici allusion au regain d'int&#233;r&#234;t pour les aspects culturels du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Si nous observons l'Argentine de ce point de vue, nous constatons qu'&#224; c&#244;t&#233; des traits positifs de notre culture, d'autres agissent comme autant d'obstacles au progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; et au bonheur de ses habitants. Ces valeurs, croyances et coutumes qui se sont form&#233;es puis transmises au cours de notre histoire, ont une grande inertie en partie parce que des ph&#233;nom&#232;nes plus directement visibles (les ph&#233;nom&#232;nes &#233;conomiques par exemple) tendent &#224; occulter leur existence ou nous conduisent &#224; les sous-estimer ou &#224; les ignorer. Toutefois, l'exp&#233;rience d'autres pays (parmi lesquels l'Espagne est un bon exemple) laisse &#224; penser que ces traits peuvent changer de fa&#231;on consciente ou spontan&#233;e. &#171; D&#233;veloppement &#187;, &#171; progr&#232;s &#187;, &#171; bonheur &#187;, &#171; traits culturels positifs &#187;, ces termes sont charg&#233;s de relativisme d'un point de vue acad&#233;mique, bien entendu. Mais existe-t-il un mod&#232;le unique de d&#233;veloppement ou de progr&#232;s ? Existe-t-il un concept plus relatif que celui du bonheur ? Quels sont les crit&#232;res utilis&#233;s pour d&#233;finir un trait culturel comme positif ou n&#233;gatif ? Le probl&#232;me avec le point de vue relativiste c'est qu'il m&#232;ne &#224; l'inaction. En pratique, nous sommes beaucoup d'Argentins &#224; nous sentir frustr&#233;s et insatisfaits de notre soci&#233;t&#233;. Pour la majorit&#233; d'entre nous, il ne s'agit pas d'un probl&#232;me acad&#233;mique mais existentiel. M&#234;me si nous ne savons pas comment, ni dans quel sens, nous sentons que nous devons changer. Quels sont ces ph&#233;nom&#232;nes culturels qui, croyons-nous, sont &#224; la base de nombre de nos probl&#232;mes ? Sans pr&#233;tendre &#234;tre exhaustifs ici, ni m&#234;me distinguer leur importance relative ou causale, nous pouvons aujourd'hui en &#233;voquer quelques uns parmi les plus importants. En premier lieu, la corruption qui, telle une pand&#233;mie, s'&#233;tend &#224; toutes nos institutions et prend la forme de pr&#233;bendes, abus direct de biens publics, client&#233;lisme et n&#233;potisme pour la s&#233;lection et la promotion de fonctionnaires. On sait que l'Argentine occupe une place peu reluisante dans l'indice de perception de la corruption de l'organisation Transparency International &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Index de Perception de la Corruption (CPI) de Transparency International (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Ecartons l'id&#233;e que la corruption est un ph&#233;nom&#232;ne des ann&#233;es 90. Il suffit de se souvenir ce que Disc&#233;polo avait &#233;crit en 1935 : &#171; Celui qui ne vole pas est un idiot &#187;. En lien avec ce qui pr&#233;c&#232;de, on y voit une forme extr&#234;me d'individualisme que nous appelons parfois la &#171; mentalit&#233; du sauve qui peut &#187; qui a en outre des liens destructeurs incarn&#233;s dans une m&#233;fiance profonde vis-&#224;-vis des autres et notre faible capacit&#233; &#224; nous associer et &#224; coop&#233;rer sur des projets collectifs. L'enqu&#234;te mondiale des valeurs que dirige Ronald Inglehart montre qu'au d&#233;but des ann&#233;es 90, l'Argentine &#233;tait l'un des pays o&#249; la proportion de personnes qui faisait confiance aux autres &#233;tait la plus basse. La confiance entre les personnes est un &#233;l&#233;ment clef du capital social, d&#233;cisif pour le d&#233;veloppement &#233;conomique et le bon fonctionnement des institutions d&#233;mocratiques &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La campagne 1990-1991 de l'Enqu&#234;te mondiale des valeurs a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. L'individualisme extr&#234;me et la m&#233;fiance sont &#233;galement li&#233;s &#224; l'anomie, qui a un effet d&#233;sint&#233;grateur non seulement sur notre vie quotidienne, lorsque nous ne respectons pas le code de la route ou les horaires pour sortir les poubelles, mais &#233;galement sur le fonctionnement institutionnel lui-m&#234;me, lorsqu'il se traduit par l'omission, l'alt&#233;ration ou le remplacement des r&#232;gles au gr&#233; des besoins du d&#233;tenteur du pouvoir, qu'il soit pr&#233;sident, recteur d'universit&#233; ou fonctionnaire subalterne d'un organisme public ou l'un de ses parents, amis ou prot&#233;g&#233; &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans un &#233;ditorial du journal la Naci&#243;n, on pouvait lire : &#171; La corruption (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Quant &#224; notre &#233;thique du travail, la pr&#233;tendue &#171; vivacit&#233; cr&#233;ole &#187;, philosophie du progr&#232;s qui suit la loi du moindre effort et ignore les r&#232;gles, le sens de la responsabilit&#233; et de la consid&#233;ration pour les autres, peut-&#234;tre apporte-t-elle des avantages individuels &#224; court terme mais elle a eu et elle a un effet d&#233;vastateur sur l'ordre commun, particuli&#232;rement dans le domaine &#233;conomique. L'habitude de rejeter la culpabilit&#233; de nos probl&#232;mes sur l'Autre est peut-&#234;tre le trait culturel qui nous est le plus pr&#233;judiciable, non seulement parce qu'il encourage la parano&#239;a et &#233;gare la pens&#233;e et l'action mais aussi parce qu'il accorde un sauf conduit &#224; l'apitoiement sur notre sort. Si Juan ne gagne pas beaucoup d'argent, il va cesser de payer ses imp&#244;ts sans probl&#232;me de conscience, puisque les coupables ce sont les grands fraudeurs. M&#234;me si Maria a des opinions &#034;progressistes&#034;, elle n'aura pas de remords &#224; commettre un &#034;petit&#034; acte de corruption puisque nous savons que la &#034;vraie&#034; corruption est ailleurs. Quant &#224; Pedro, chef d'entreprise, il emploie ses ouvriers au noir sous pr&#233;texte qu'il est impossible d'&#234;tre rentable tant que l'&#233;tat &#233;l&#233;phantesque maintiendra des taux d'int&#233;r&#234;ts aussi &#233;lev&#233;s. L'axiome argentin selon lequel &#171; le coupable, c'est l'autre &#187; n'a pas d'exclusivit&#233; id&#233;ologique. Parmi les nombreux &#171; grands coupables &#187; de nos malheurs on a identifi&#233; aussi bien &#171; l'Etat &#187; que le &#171; March&#233; &#187;. Le lecteur peut passer en revue la longue liste de personnalit&#233;s historiques coupables de ce qui nous arrive, depuis l'&#233;poque de la vice-royaut&#233; jusqu'&#224; hier. Tout ceci a donn&#233; le jour &#224; une vision sans relief de l'histoire et de l'actualit&#233;, vision qui invoque une lutte des &#171; gentils &#187; contre les &#171; m&#233;chants &#187; ou, dans sa plus mauvaise version, entre les anges et les d&#233;mons, auquel cas le besoin d'un dogme et d'une croisade religieuse viennent s'ajouter et on conna&#238;t la fin de l'histoire. La critique de l'habitude de culpabiliser l'autre ne cherche pas &#224; exon&#233;rer qui que ce soit de ses responsabilit&#233;s mais elle souligne simplement que l'&#233;tat de notre soci&#233;t&#233; n'est pas distinct de notre fa&#231;on d'agir en tant qu'individus et en tant que groupes. Ma fa&#231;on de penser le monde et d'agir sur celui-ci cr&#233;e le monde qui m'entoure. Comme l'a &#233;crit David Bohm, si nous nous approchons d'un homme dans l'id&#233;e que c'est un ennemi dont il faut se d&#233;fendre, il r&#233;agira de la m&#234;me fa&#231;on et la th&#233;orie sera confirm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raisons de l'optimisme&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aurait donc pas de place pour l'optimisme ? Nous croyons que si. La soci&#233;t&#233; argentine poss&#232;de aussi un patrimoine culturel vraiment pr&#233;cieux, potentiel que nous sommes peut &#234;tre enclins &#224; sous-estimer aujourd'hui &#224; cause de l'estime de nous-m&#234;mes h&#233;rit&#233;e de l'&#233;chec. Nous n'avons pas que des &#233;crivains et des artistes reconnus dans le monde. Nous sommes le pays latino-am&#233;ricain qui a re&#231;u le plus grand nombre de Prix Nobel en sciences : Leloir, Houssay et Milstein, alors que l'Espagne (qui fait aujourd'hui partie de l'&#233;lite des pays les plus d&#233;velopp&#233;s) n'en a eu que deux et le Mexique, un. Ce n'est pas un hasard : ces prix nous d&#233;montrent qu'en d&#233;pit des difficult&#233;s, nous produisons encore des scientifiques de premier rang. Nous savons qu'il s'agit presque toujours de r&#233;ussites personnelles et que pour la majorit&#233;, ces scientifiques travaillent &#224; l'&#233;tranger. L'absence de politique publique et priv&#233;e en science et technique refl&#232;te &#233;galement nos priorit&#233;s culturelles. Les inscriptions &#224; l'universit&#233; montrent que les professions lib&#233;rales et les sciences humaines sont pr&#233;f&#233;r&#233;es aux sciences pures et &#224; la technologie, &#224; l'exception r&#233;v&#233;latrice de l'informatique. Malgr&#233; tout, il semble que notre pays produise spontan&#233;ment plus que des p&#226;turages et des joueurs de football et ceci s'explique en grande partie par la valeur que notre classe moyenne accorde encore &#224; l'&#233;ducation, au d&#233;sir de progresser dans la vie (souhait qui en conduit beaucoup &#224; prendre le chemin de Ezeiza). L'Argentine a su cr&#233;er quelques entreprises nationales de rang mondial. Elles sont peu nombreuses mais elles existent. Elles sont pr&#233;sentes dans diff&#233;rentes r&#233;gions du monde, avec des produits et services &#224; haute valeur ajout&#233;e. Cela signifie que le capital humain pour jeter les bases d'une &#233;conomie comp&#233;titive est pr&#233;sent ou qu'il peut se d&#233;velopper. Enfin, ils ne sont pas rares les Argentins qui se sentent mal &#224; l'aise &#224; cause des traits culturels d&#233;valorisants &#233;num&#233;r&#233;s plus haut. La r&#233;action spontan&#233;e de ceux qui ont manifest&#233; pacifiquement le 19 d&#233;cembre sur la Place de Mai et la croissance du b&#233;n&#233;volat de ces derni&#232;res ann&#233;es montrent clairement que notre capital social augmente. La corruption est un probl&#232;me qui occupe le premier ou le deuxi&#232;me rang de la liste des pr&#233;occupations de l'opinion publique depuis des ann&#233;es m&#234;me si celle-ci, aujourd'hui, ne s'int&#233;resse qu'&#224; ses manifestations les plus visibles, c'est-&#224;-dire les &#171; hautes sph&#232;res &#187;. La toile de fond de ces changements culturels pourrait bien &#234;tre le poids d&#233;mographique croissant des nouvelles g&#233;n&#233;rations, particuli&#232;rement de celle qui a grandit et a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e sous la d&#233;mocratie (changement de g&#233;n&#233;ration qui ne se refl&#232;te pas encore dans la classe dirigeante, ce qui explique en partie la crise de cette derni&#232;re). Ainsi, une vision &#233;quilibr&#233;e de la question culturelle doit faire l'inventaire de l'actif et du passif et imaginer des actions concr&#232;tes, publiques et priv&#233;es, individuelles et collectives pour d&#233;passer les traits culturels qui constituent des obstacles et promouvoir ou orienter les plus pr&#233;cieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La culture, probl&#232;me structurel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui participent aux d&#233;cisions de politique pratique, les questions culturelles semblent trop abstraites ou peut &#234;tre sans importance. Un administrateur honn&#234;te du gouvernement fait face &#224; des probl&#232;mes urgents du type : comment vais-je trouver de l'argent pour payer les salaires le mois prochain ? Ou comment pourrais-je &#233;tendre ce poste budg&#233;taire pour distribuer de la nourriture aux pauvres ? La m&#234;me chose pourrait s'appliquer au g&#233;rant d'une entreprise pas rentable qui se rend compte qu'il lui est impossible d'&#234;tre comp&#233;titif &#224; cause de ses frais. N&#233;anmoins, la n&#233;cessit&#233; de faire face aux situations urgentes et &#171; concr&#232;tes &#187; ne devrait pas repousser ind&#233;finiment la solution des probl&#232;mes structurels. Pour compliquer encore plus les choses, la nature latente et apparemment incompr&#233;hensible de la culture nous emp&#234;che parfois de reconna&#238;tre que c'est une cause importante. Selon la lign&#233;e id&#233;ologique, beaucoup diront que les probl&#232;mes v&#233;ritablement structurels sont peut-&#234;tre le taux de change, l'exc&#232;s des d&#233;penses publiques ou les bas salaires qui d&#233;priment la demande interne ou le &#171; mod&#232;le &#187; &#233;conomique&#8230;La culture ne joue-t-elle pas un r&#244;le dans ces situations ? Pourquoi, dans certains pays, les organisations publiques sont-elles tr&#232;s efficaces, leurs fonctionnaires honn&#234;tes et pas dans d'autres pays ? Pourquoi dans certains pays les entreprises priv&#233;es, respectent-elles le consommateur et pas dans d'autres ? Le probl&#232;me r&#233;siderait donc dans le mod&#232;le &#233;conomique ? Certains reconnaissent la force de la culture mais ils supposent que c'est un &#233;tat immuable. &#171; C'est culturel &#187; est l'argument courant pour dire qu'on ne peut rien y faire, seulement esp&#233;rer le changement. D'autres nient le poids des valeurs, des croyances et des modes de comportement et leur capacit&#233; &#224; changer mais le r&#244;le qu'ils leur assignent est subsidiaire et d&#233;pend de structures pr&#233;tendument plus basiques ou fondamentales, comme la r&#233;organisation &#233;conomique et institutionnelle. Les solutions passeraient donc par l'introduction de modifications appropri&#233;es dans ces domaines, modifications qui conduiront au changement culturel opportun. C'est une id&#233;e s&#233;duisante &#224; plusieurs &#233;gards : elle se centre sur des faits et des processus facilement visibles et mesurables, elle offre un plan d'action simple et repose sur la pr&#233;tendue vraisemblance, explicite ou implicite, selon laquelle la culture se cr&#233;e et se recr&#233;e pour s'adapter &#224; l'environnement. Avec l'&#233;volution de l'environnement &#233;conomique et institutionnel, les individus et les groupes changeraient de comportement pour s'adapter aux nouvelles conditions. Si l'id&#233;e de la fonction adaptative de la culture est effectivement valable jusqu'&#224; un certain point, elle ne semble pas fonctionner de fa&#231;on m&#233;canique. La culture poss&#232;de une inertie. Peut &#234;tre qu'elle s'adapte au nouveau sc&#233;nario &#233;conomique ou institutionnel dans une certaine mesure mais elle l'assimile et l'interpr&#232;te &#224; sa fa&#231;on en neutralisant ou en d&#233;formant parfois ses objectifs initiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Culture et changement institutionnel &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une soci&#233;t&#233; peut adopter rapidement les formes institutionnelles de la d&#233;mocratie mais les diff&#233;rents acteurs ne penseront et ne se comporteront pas selon un mode d&#233;mocratique pour cette simple raison. Il est &#233;vident que le sch&#233;ma institutionnel d&#233;finit un cadre d'apprentissage et favorise l'apparition de comportements d&#233;mocratiques mais les changements, s'ils ont lieu, prendront du temps, sauf si les conditions culturelles pr&#233;alables sont favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque vingt ans apr&#232;s le retour de la d&#233;mocratie nos institutions laissent beaucoup &#224; d&#233;sirer et les habitudes autoritaires, dont les relations patron-client sont l'une de ses manifestations les plus courantes, se sont att&#233;nu&#233;es mais elles n'ont pas disparu. Ce type de conduite, ainsi que l'offre et la vaste acceptation de pr&#233;bendes retranchent ou annulent l'efficacit&#233; de presque tous les plans de politique publique, actions de d&#233;centralisation et autres projets destin&#233;s &#224; am&#233;liorer la qualit&#233; de l'action publique. Dans une &#233;tude men&#233;e sur plus de vingt ans, Robert Putman a explor&#233; les r&#233;sultats du profond changement institutionnel de l'Italie des ann&#233;es 70 li&#233; &#224; la cr&#233;ation des gouvernements r&#233;gionaux. Ses conclusions &#233;taient on ne peut plus claires. Les r&#233;sultats du nouveau sch&#233;ma institutionnel &#233;taient bien meilleurs dans les r&#233;gions plus d&#233;velopp&#233;es du Nord que dans les r&#233;gions historiquement en retard du Sud. Cependant, les diff&#233;rences de r&#233;sultat institutionnel mesur&#233;es objectivement ou selon le niveau de satisfaction des citoyens ne s'expliquaient pas tant par les diff&#233;rences socio-&#233;conomiques que par la culture civique pr&#233;dominante dans chaque r&#233;gion. Dans le Nord, les nouveaux gouvernements ont &#233;t&#233; mis en place dans un contexte social d&#233;j&#224; ax&#233; sur un r&#233;seau &#233;toff&#233; d'associations locales, un engagement actif de la population dans les domaines communautaires, l'&#233;galit&#233; des relations politiques, la confiance mutuelle et le respect de la loi. Dans le Sud, le contexte &#233;tait bien diff&#233;rent : la participation politique et sociale &#233;tait organis&#233;e verticalement, selon le mode patron-client ; la suspicion et la corruption &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme normales ; le non respect de la loi &#233;tait attendu et la participation associative, rare. Putman signale que les r&#233;gions avec la plus forte culture civique &#171; attendent un meilleur gouvernement et l'obtiennent (en partie gr&#226;ce &#224; leurs propres efforts). Ils demandent plus de services publics efficaces et sont dispos&#233;s &#224; agir collectivement pour atteindre des objectifs communs. Leurs homologues des r&#233;gions moins civiques endossent plus souvent le r&#244;le de suppliants ali&#233;n&#233;s et cyniques &#187; &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert Putnam, op. cit., p. 182. En 1993, l'auteur &#233;mettait un avertissement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Ces conclusions contredisent les hypoth&#232;ses du courant n&#233;o-institutionnaliste des sciences politiques et pour lequel la conduite des acteurs politiques est fondamentalement influenc&#233;e par les r&#232;gles et la structure d'une institution. En utilisant la th&#233;orie des jeux et de mode d'action rationnel comme outil d'analyse, ce courant ne conf&#232;re pas de r&#244;le important aux particularit&#233;s culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;forme &#233;conomique et contexte culturel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes, auxquels les n&#233;o-institutionnalistes ont emprunt&#233; leur appareil m&#233;thodologique, ne sont pas non plus &#224; l'aise avec les ph&#233;nom&#232;nes culturels, difficiles &#224; d&#233;finir et mesurer. En 1996, une article de &#171; The Economist &#187; r&#233;agissait aux &#233;tudes sur l'importance de la culture (comme celle de Putman que nous venons de citer) et minimisait son influence face aux forces croissantes de la mondialisation &#233;conomique et de l'action des gouvernements &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The Economist, &#034;Cultural explanations. The man in the Baghdad caf&#233;&#034;, 9 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. En &#233;conomie, des postulats largement accept&#233;s r&#233;gissent l'id&#233;e selon laquelle la nature humaine est uniforme et que les faits &#233;conomiques ont des causes exclusivement &#233;conomiques (Nous, les Argentins, sommes habitu&#233;s &#224; entendre que les march&#233;s ne sont pas affect&#233;s par de mauvaises d&#233;cisions &#233;conomiques mais bien par les &#171; bruits &#187; politiques). Si ces hypoth&#232;ses sont exactes, le d&#233;veloppement &#233;conomique se produira si les agents re&#231;oivent les signaux ad&#233;quats, peut importe qu'il s'agisse de l'Am&#233;rique Latine ou de l'Asie du Sud Est. Au contraire, si la culture a de l'importance face aux m&#234;mes signaux du march&#233;, les individus de la culture A pourraient r&#233;agir d'une fa&#231;on et les agents de la culture B r&#233;agir d'une autre fa&#231;on. Au cours de ces derni&#232;res d&#233;cennies, le Sud Est Asiatique s'est d&#233;velopp&#233; &#224; une vitesse in&#233;dite dans l'histoire, par le biais d'une politique dynamique d'intervention de l'&#233;tat. Joseph Sitglitz, Prix Nobel et ex-&#233;conomiste de la Banque Mondiale a reconnu que la derni&#232;re crise financi&#232;re de la r&#233;gion n'excluait pas les r&#233;ussites &#233;conomiques de cette politique. N&#233;anmoins, presque simultan&#233;ment, l'interventionnisme gouvernemental et le protectionnisme ont produit des r&#233;sultats plus que maigres en Am&#233;rique Latine. Il ne fait pas de doute que les diff&#233;rents contextes socioculturels expliquent une bonne part de la diff&#233;rence &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour expliquer le &#171; miracle asiatique &#187;, certains auteurs ont accord&#233; une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. De m&#234;me, les r&#233;formes de march&#233; men&#233;es en Argentine et dans d'autres pays d'Am&#233;rique Latine dans les ann&#233;es 90 connues sous le nom du &#171; consensus de Washington &#187; ont sous-estim&#233; le poids de la culture ou elles partaient du postulat implicite selon lequel celle-ci allait changer rapidement face aux nouveaux signaux ou sous la pression de conditions de march&#233; diff&#233;rentes, comme la concurrence internationale. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, le sens que les agents &#233;conomiques conf&#232;rent aux &#034;signaux&#034; est influenc&#233; par la culture, de m&#234;me que l'&#233;ventail d'alternatives d'action qu'ils peuvent concevoir et les crit&#232;res qu'ils utilisent pour faire leur choix parmi ces alternatives. Par exemple, face &#224; une concurrence acharn&#233;e, un chef d'entreprise argentin peut d&#233;cider de vendre l'entreprise fond&#233;e par son p&#232;re ou son grand-p&#232;re, dans des circonstances o&#249; un chef d'entreprise allemand se d&#233;fendrait probablement bec et ongle. Alors qu'il dressait un bilan de ces r&#233;formes, l'&#233;conomiste John Williamson, auteur de l'expression &#171; consensus de Washington &#187;, conclut, &#224; la lumi&#232;re de ses r&#233;sultats que celles-ci sont &#171; n&#233;cessaires mais insuffisantes pour promouvoir le d&#233;veloppement &#187; et convient avec Sitglitz de &#171; l'importance du capital social etorganisationnel &#187;.Ilremarque que les &#171; bonnes politiques peuvent &#234;tre sabot&#233;es par de mauvaisesinstitutions &#187; et souligne la d&#233;cision de la Banque Mondiale de &#171; lancer une croisade contre la corruption &#187; &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;John Williamson, &#034;What should the Bank think about the Washington (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. Quant &#224; Stiglitz, il va beaucoup plus loin et pr&#233;conise un &#233;largissement des objectifs de d&#233;veloppement, l'investissement en capital humain, l'action gouvernementale en tant que compl&#233;ment aux march&#233;s et l'adoption de mesures pour am&#233;liorer la qualit&#233; du fonctionnement institutionnel, dans un ensemble de politiques qu'il propose comme un &#171; post consensus de Washington &#187;. Selon lui, les institutions &#171; d&#233;terminent l'environnement o&#249; les march&#233;s op&#232;rent. Un environnement institutionnel faible laisse les organismes et les fonctionnaires publics recourir &#224; des proc&#233;d&#233;s arbitraires &#187;. Mais il observe aussi qu'il a &#233;t&#233; difficile de pr&#233;venir la corruption dans les monopoles privatis&#233;s en Russie alors que la Chine est parvenue &#224; de meilleurs r&#233;sultats en stimulant la concurrence sans privatiser ses entreprises publiques &lt;strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Joseph Stiglitz, &#034;More instruments and broader goals : moving toward the (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;. A la lumi&#232;re de la preuve empirique, ces &#233;conomistes comprennent que pour atteindre les objectifs de d&#233;veloppement, les mesures de la sph&#232;re &#233;conomique doivent &#234;tre compl&#233;t&#233;es par des actions d'ordre institutionnel. Mais, comment changeons-nous les institutions ? En modifiant leur conception et en esp&#233;rant que la th&#233;orie des jeux va marcher ? Ou une forme d'action sp&#233;cifiquement socioculturelle serait-elle indispensable ? Il est possible qu'il n'y ait pas de simples relations de d&#233;termination mais plut&#244;t des influences mutuelles entre la culture, l'&#233;conomie, la technologie et le syst&#232;me institutionnel. Par exemple, certaines conditions culturelles seraient favorables &#224; l'apparition ou l'adoption de conduites et structures &#233;conomiques donn&#233;es. Le changement technologique et &#233;conomique impliquerait &#224; son tour un changement culturel m&#234;me si chaque culture laissera son empreinte particuli&#232;re dans le processus. Une nouvelle conception institutionnelle et les traits culturels particuliers o&#249; elle s'&#233;tablit influenceraient simultan&#233;ment la conduite des acteurs et d&#233;boucherait sur des ph&#233;nom&#232;nes suis generis. Ces interactions r&#233;v&#232;lent toute leur complexit&#233; lorsque nous reconnaissons que le type particulier de trait, conduite ou structure consid&#233;r&#233;e est important, de m&#234;me que le moment et l'ordre d'exercice des influences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de solution magique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un cas particulier de changement culturel : le changement brutal &#224; cause de l'effondrement d'un syst&#232;me social ou &#224; cause d'une grande crise historique. Il s'agit d'une forme extr&#234;me qui s'explique par la fonction adaptative de la culture. Une soci&#233;t&#233; change rapidement quelques unes de ses valeurs, normes ou formes de comportement lorsqu'elle sent que sa survie est en danger. En g&#233;n&#233;ral, le prix en est extr&#234;mement &#233;lev&#233;. Les soci&#233;t&#233;s disparues montrent que l'adaptation n'est pas garantie. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, nous semblons dispos&#233;s &#224; changer uniquement de cette fa&#231;on. Pour nous limiter au pass&#233; r&#233;cent, il nous a fallu des milliers de disparus et la d&#233;faite d'une guerre pour comprendre que nous devions vivre en d&#233;mocratie. Il nous a fallu passer par une hyperinflation avec peu de pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire universelle pour nous apercevoir qu'il ne fallait pas imprimer tant de monnaie et il nous faut un autre d&#233;sastre pour comprendre que nous ne devons pas non plus &#233;mettre tant d'obligations sur dette. Faut-il que chacun de nos syst&#232;mes s'effondre, universit&#233;, justice, partis politiques et autres pour mettre en place les changements n&#233;cessaires ? La solution des probl&#232;mes argentins ne passe pas par une mesure unique prise isol&#233;ment, comme la d&#233;valuation, un choc distributif ou une mesure de politique d'&#233;quilibre fiscal. Elle ne viendra pas du minist&#232;re de l'&#233;conomie, ni d'un leader &#171; fort &#187; qui nous guiderait dans une croisade. La soci&#233;t&#233; argentine a devant elle un travail collectif o&#249; il sera indispensable de disposer d'une bonne direction, de prendre les d&#233;cisions &#233;conomiques idoines et mettre en place les changements institutionnels mais qui doit aussi promouvoir l'engagement et la participation civique, rejeter les relations client&#233;listes et les remplacer par d'autres, &#233;galitaires, par le respect naturel des lois et des r&#232;gles de coexistence, par la confiance, la solidarit&#233;, la lutte contre la corruption &#224; tous les niveaux et sous toutes ses formes (pas uniquement dans les &#171; hautes sph&#232;res &#187;), valoriser les connaissances, le travail et le m&#233;rite&#8230;Ce changement ne peut s'imposer &#171; par le haut &#187; bien que les dirigeants aient un r&#244;le essentiel &#224; y jouer. Ils ne manquent pas ceux qui, face la situation d'anomie &#233;vidente o&#249; nous vivons, affirment la n&#233;cessit&#233; d'une &#171; poigne &#187;, d'une autorit&#233; forte qui ferait respecter les r&#232;gles (mais qui, nous devrions d&#233;j&#224; le savoir, commence par les transgresser).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'accorderons jamais de valeur au respect des r&#232;gles impos&#233;es de l'ext&#233;rieur sauf si nous comprenons que c'est n&#233;cessaire pour vivre mieux. Le meilleur sympt&#244;me de maturit&#233; civique est que le contr&#244;le et les sanctions informelles, celles de l'ami ou du passant, sont plus importantes que celles de l'autorit&#233; l&#233;gale. Comme nous le disions auparavant, la participation citoyenne croissante montre que les actions n&#233;cessaires pour stimuler et &#233;largir ce changement culturel ont commenc&#233;, m&#234;me si elles n'en sont qu'&#224; leurs balbutiements. C'est cette m&#234;me soci&#233;t&#233; qui les produit, par le biais de certains groupes, personnes et quelques dirigeants. Etant donn&#233; que les habitudes culturelles ne meurent pas du jour au lendemain, il y aura des probl&#232;mes, comme les ONG constitu&#233;es pour d&#233;guiser des affaires ou des activit&#233;s client&#233;listes. N&#233;anmoins, il faut pers&#233;v&#233;rer dans ce sens, par la cr&#233;ation d'associations qui poursuivent des objectifs communs, par la formation de groupes qui promeuvent le changement culturel dans toutes nos institutions : publiques, civiles, professionnelles, entreprises, syndicats, &#233;ducation&#8230;tout processus de changement comporte une premi&#232;re &#233;tape de sensibilisation. C'est la plus difficile et nous en sommes &#224; ce stade-l&#224; aujourd'hui. Les personnes et les groupes les plus dynamiques doivent &#339;uvrer pour que la prise de conscience s'&#233;tende &#224; des secteurs de plus en plus larges de la soci&#233;t&#233;. Quant &#224; la classe dirigeante, elle devrait soutenir ce processus, le rejoindre et, si n&#233;cessaire, le stimuler mais par le biais d'une direction d&#233;mocratique qui encourage l'apprentissage social, pas l'&#233;tablissement de relations de d&#233;pendance entre dirig&#233;s et dirigeants. Il faut r&#233;aliser un travail dans les partis politiques pour renouveler les pratiques et les dirigeants et un travail de la presse pour soutenir ce processus de sensibilisation. Le r&#244;le central de la classe dirigeante consiste &#224; &#233;laborer un projet pour le pays, pas d'aspirer &#224; ce qu'un technicien r&#233;solve les probl&#232;mes depuis le minist&#232;re de l'&#233;conomie. Ce projet comprend, comme nous le disions auparavant, un inventaire de notre passif et de notre actif culturel et les actions destin&#233;es &#224; am&#233;liorer le r&#233;sultat de ce bilan. Le projet d'un pays ne peut &#233;luder le d&#233;fi de la mondialisation. Comme nous l'avons vu, l'expansion mondiale des finances, le commerce, la technologie et la communication, bien qu'elle produise des changements dans les cultures individuelles ne va pas les dissoudre dans une &#171; culture mondialis&#233;e &#187;. Chaque culture s'adaptera &#224; sa fa&#231;on, avec plus ou moins de chance. Les nations devraient aspirer &#224; gouverner ce processus d'adaptation pour prendre les &#233;l&#233;ments de la culture mondiale qui leur seront le plus utile et pr&#233;server leurs idiosyncrasies les plus pr&#233;cieuses, celles qui font de ce pays une culture unique, qui lui donneront une identit&#233; et une pr&#233;sence dans le monde et donneront un sens, au travers de ses manifestations sociales, culturelles et &#233;conomiques, &#224; sa contribution &#224; l'humanit&#233;. Dans notre pays, sans changement culturel comme celui &#233;voqu&#233; dans ces pages, aucun mod&#232;le ne fonctionnera. Nos syst&#232;mes et nos institutions continueront &#224; sombrer, &#224; exploser comme des bombes et, dans le meilleur des cas, &#224; forcer des d&#233;cisions correctes dont le co&#251;t social sera inutilement &#233;lev&#233;. Nous devons avoir une vision juste de nous-m&#234;mes, loin de la croyance extr&#234;me que nous sommes les meilleurs ou les pires de ce monde (id&#233;es issues de notre long isolement). L'Argentine est un pays moyennement d&#233;velopp&#233; qui r&#233;unit les conditions pour devenir une soci&#233;t&#233; plus riche, &#233;galitaire et avanc&#233;e. Elle le deviendra probablement. Reste &#224; savoir quand et &#224; quel prix. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de :&lt;/strong&gt; Agn&#232;s Debarge&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous faisons ici allusion au regain d'int&#233;r&#234;t pour les aspects culturels du d&#233;veloppement observ&#233; surtout dans les ann&#233;es 90, avec les travaux de Lawrence Harrison, Robert Putnam, Francis Fukuyama, Seymour M. Lipset, Ronald Inglehart et d'autres. En Argentine, o&#249; les penseurs qui conf&#232;rent de l'importance aux faits culturels ne sont pas l&#233;gion aujourd'hui, il convient de noter les exceptions notables de Mariano Grondona et Marcos Aguinis. Voir le panorama de l'&#233;tat actuel de la question chez Lawrence E. Harrison y Samuel P. Huntington, Culture Matters. How values shape human progress (New York : Basic Books, 2000.) Le lecteur trouvera une indication de cette compilation dans notre section publications.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'Index de Perception de la Corruption (CPI) de Transparency International couvre 91 pays. Les r&#233;sultats du CPI pour l'an 2001 et o&#249; l'Argentine occupe le 57&#232;me rang sont disponibles en ligne &#224; l'adresse suivante : [&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.transparency.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.transparency.org&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;]. Il convient de souligner que le CPI ne mesure la corruption que dans le secteur public telle qu'elle est per&#231;ue par la population, les hommes d'affaires et les analystes et, par cons&#233;quent, comme le fait remarquer Transparency International, il ne donne qu'une facette de la corruption : &#034;TI Press Release : 2000 Corruption Perceptions Index&#034;, Berlin, 13 septembre 2000. La corruption peut se d&#233;finir plus largement et plus pr&#233;cis&#233;ment ainsi que tous les moyens destin&#233;s &#224; garantir la richesse ou le pouvoir par des moyens ill&#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La campagne 1990-1991 de l'Enqu&#234;te mondiale des valeurs a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans 43 pays. A peine 23% des personnes interrog&#233;es en Argentine ont manifest&#233; leur accord avec l'affirmation &#171; on peut se fier &#224; la majorit&#233; des gens &#187;, chiffre qui d&#233;passe seulement celui du Br&#233;sil, de la Turquie, de la Slov&#233;nie, de la Lettonie et du Portugal. Les pays les plus marquants en mati&#232;re de confiance entre les personnes &#233;taient la Su&#232;de (66%), la Norv&#232;ge (65%), la Finlande (63%) et la Chine (60%). Voir Ronald Inglehart, Modernization and postmodernization. Cultural, economic and political change in 43 societies (Princeton : Princeton University Press, 1997), p. 359. Le chapitre argentin de l'enqu&#234;te mondiale sur les valeurs a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; l'institut Gallup. Fukuyama a consacr&#233; un ouvrage &#224; l'hypoth&#232;se selon laquelle le niveau de confiance d'une population conditionne de fa&#231;on d&#233;cisive sa capacit&#233; &#224; &#233;tablir des relations de coop&#233;ration, &#224; atteindre un certain bien-&#234;tre et &#224; d&#233;velopper une &#233;conomie comp&#233;titive : Francis Fukuyama, Confianza. Las virtudes sociales y la capacidad de generar prosperidad (Buenos Aires : Editorial Atl&#225;ntida, 2000.) Une analyse th&#233;orique et empirique de l'influence du niveau de confiance interpersonnelle et du capital social dans le fonctionnement des institutions d&#233;mocratiques se retrouve chez Robert D. Putnam, Making democracy work. Civic traditions in modern Italy (Princeton : Princeton University Press, 1993), pp. 87-116 y 163-185.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans un &#233;ditorial du journal la &lt;i&gt;Naci&#243;n&lt;/i&gt;, on pouvait lire : &#171; La corruption enkyst&#233;e dans les structures de la vie publique, l'existence de fonds publics r&#233;serv&#233;s g&#233;r&#233;s discr&#233;tionnairement et qui &#233;chappent &#224; tout contr&#244;le, le fait extr&#234;mement triste que l'Argentine d&#233;tienne le record de d&#233;c&#232;s par accidents de la route, la vente de boissons alcoolis&#233;es aux mineurs dans les commerces qui agissent au vu et au su de la police en violant des dispositions l&#233;gales explicites font &#233;galement partie de l'inventaire d'habitudes et de situations -de fait ou de droit - que la majorit&#233; des habitants de ce territoire souhaite &#233;liminer ou changer et qui, n&#233;anmoins, restent inchang&#233;es sans que quiconque n'ose m&#234;me les remettre en question ou les mettre sur la table des discussions &#187;. La Naci&#243;n, &#034;De eso no se habla&#034;, 17 septembre 2000, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert Putnam, op. cit., p. 182. En 1993, l'auteur &#233;mettait un avertissement sur le faible capital social des pays de l'ex-bloc communiste et sur les probl&#232;mes qui en d&#233;couleraient pour la stabilit&#233; politique et l'efficacit&#233; de ses gouvernements. Ses pr&#233;dictions se sont confirm&#233;es. Comparons la situation de notre syst&#232;me politique imparfait et celui de l'une des anciennes r&#233;publiques sovi&#233;tiques. Observons, &#224; titre d'exemple, ce qui se passe au Kazakhstan, nation d'Asie Centrale riche en p&#233;trole et dont la densit&#233; de population est faible. Les partis politiques n'y jouent pas un r&#244;le important puisque les d&#233;cisions sont prises par l'entourage du pr&#233;sident Nursultan Nazarbayev, ex-membre du Parti Communiste qui dirige le pays depuis 1991 et, selon des r&#233;v&#233;lations de 1999, est titulaire d'un compte en Suisse. La majorit&#233; des partis avec repr&#233;sentation parlementaire ne sont que les prolongations du pr&#233;sident qui en a fond&#233; plusieurs. Les partis de l'opposition sont petits, ont peu d'acc&#232;s aux m&#233;dias et sont infiltr&#233;s par la police secr&#232;te. Les &#233;lections parlementaires de 1999 ont &#233;t&#233; manipul&#233;es par le gouvernement sous pr&#233;texte d'un risque de retour &#224; la dictature communiste. &lt;a href=&#034;http://www.economist.com/countries/Kazakhstan/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Voir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Site web site du pr&#233;sident du Kazakhstan : &lt;a href=&#034;http://www.president.kz/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Voir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;The Economist, &#034;Cultural explanations. The man in the Baghdad caf&#233;&#034;, 9 novembre 1996, pp. 23-26.L'article commence par une remise en question de l'id&#233;e de Huntignton d&#233;velopp&#233;e dans son ouvrage intitul&#233; &#034;Le choc des civilisations&#034; selon laquelle les causes des conflits internationaux du XXI&#232;me si&#232;cle seront fondamentalement culturelles. Il &#233;voque ensuite les auteurs qui se penchent sur les relations entre culture et &#233;conomie, syst&#232;mes politiques et prise de d&#233;cisions. Il trouve deux faiblesses apparentes. La premi&#232;re concerne la d&#233;finition de la culture. Il souligne : &#171; Les cultures ne sont pas des choses singuli&#232;res. Ce sont des ensembles de caract&#233;ristiques. Le probl&#232;me, c'est que ces caract&#233;ristiques sont hautement ambigu&#235;s. Certaines poussent dans un sens, d'autres dans un sens diff&#233;rent &#187;. La seconde faiblesse serait que les cultures &#171; n'op&#232;rent jamais de fa&#231;on isol&#233;e. Lorsqu'elles affectent la conduite des personnes, elles le font toujours dans le cadre d'une plus grande multiplicit&#233; &#187;. Cette multiplicit&#233; comprend les politiques gouvernementales, le leadership personnel, le changement technologique ou &#233;conomique, etc. (...) Comment pouvons-nous savoir si c'est la culture - et pas autre chose - qui est &#224; l'origine d'un effet quelconque ? Impossible de savoir. Le probl&#232;me de la causalit&#233; semble insoluble &#187;. L'article conclut de la fa&#231;on suivante : &#171; tant que la culture exercera une influence importante tant sur les pays que sur les personnes, elle ne se transformera pas soudainement en quelque chose de plus important que les gouvernements ou les forces &#233;conomiques impersonnelles (...) Et dans la multiplicit&#233; de tout ce qui exerce une influence sur la conduite des individus, le r&#244;le de la culture est peut-&#234;tre plus en d&#233;clin qu'en ascension, sous la pression de la convoitise expansionniste du gouvernement d'une part et de la mondialisation d'autre part &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour expliquer le &#171; miracle asiatique &#187;, certains auteurs ont accord&#233; une grande importance au r&#244;le des valeurs confucianistes, favorables &#224; l'&#233;ducation, au travail, &#224; la motivation de la r&#233;ussite et du m&#233;rite, m&#234;me s'ils reconnaissent l'existence de courants crois&#233;s dans le confucianisme d&#233;j&#224; observ&#233;s par Weber dans son &#233;tude &#171; The Religion of China &#187;. Voir Lawrence Harrison : Qui prosp&#232;re ? Les valeurs culturelles dans la r&#233;ussite &#233;conomique et politique (REI : Buenos Aires, 1994), pp. 97-133. A la lumi&#232;re de la crise financi&#232;re des ann&#233;es 90 provoqu&#233;e par des investissements sp&#233;culatifs r&#233;alis&#233;s &#224; l'abri de relations plus qu'&#233;troites entre les hommes d'affaires et les fonctionnaires gouvernementaux, on a &#233;galement analys&#233; dans quelle mesure ces m&#234;mes valeurs, pendant la transformation du contexte international ont pu inverser leur r&#244;le et devenir contreproductives. Voir Dwight H. Perkins, &#034;Law, family ties, and the East Asian way of business&#034; y Lucian W. Pye, &#034;Asian values : from dynamos to dominoes ?&#034;. Les deux articles chez Lawrence E. Harrison y Samuel P. Huntington, op. cit., pp. 232-255.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;John Williamson, &#034;What should the Bank think about the Washington Consensus&#034;, World Development Report 2000, World Bank, July 1999. Disponible en ligne. Le consensus de Washington consistait en une s&#233;rie de r&#233;formes que Williamson lui-m&#234;me r&#233;sume de la fa&#231;on suivante : discipline fiscale, r&#233;orientation des d&#233;penses publiques dans des domaines qui offrent des retours &#233;conomiques &#233;lev&#233;s et possibilit&#233; d'am&#233;liorer la distribution du revenu vers la sant&#233; primaire, l'&#233;ducation primaire et les infrastructures, r&#233;forme du r&#233;gime d'imposition (vers des taux marginaux plus bas et une base de contribution &#233;largie), lib&#233;ralisation des taux d'int&#233;r&#234;t, taux de change comp&#233;titif, lib&#233;ralisation commerciale, lib&#233;ralisation des investissements &#233;trangers directs, privatisation, d&#233;r&#233;glementation (c'est-&#224;-dire abolition des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e et &#224; la sortie), garantie des droits de propri&#233;t&#233;. Le lecteur int&#233;ress&#233; trouvera une liste des articles les plus r&#233;cents de John Williamson sur &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.iie.com/staff/jwguide.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.iie.com/staff/jwguide.htm&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Joseph Stiglitz, &#034;More instruments and broader goals : moving toward the post Washington Consensus&#034;, World Bank, The 1998 Wider Annual Lecture, Helsinki, 7 janvier 1998. Une liste des articles de l'auteur, avec notamment un lien vers le dernier article cit&#233;, figure sur le site de la Banque Mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;REFERENCES :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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