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	<title>El Correo</title>
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		<title>Discordance argentine</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Discrepence-argentine</link>
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		<dc:date>2025-09-23T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rafael A. Bielsa</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;&#192; la d&#233;gradation institutionnelle, &#224; la servilit&#233; des soutiens festifs du parti au pouvoir et aux conflits financiers s'ajoutent nos maux en tant que soci&#233;t&#233;, notre discordance collectif (...) Rafael Bielsa&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Social" rel="directory"&gt;Social&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; la d&#233;gradation institutionnelle, &#224; la servilit&#233; des soutiens festifs du parti au pouvoir et aux conflits financiers s'ajoutent nos maux en tant que soci&#233;t&#233;, notre discordance collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les Argentins d&#233;rapent sur une multitude de donn&#233;es superficielles comme dans un train &#224; grande vitesse, sans que personne ne se soit souci&#233; d'&#233;valuer le nombre de passagers, de faciliter l'int&#233;gration logistique ou de recourir &#224; l'&#233;nergie propre. Des informations confuses et d&#233;solantes, avec des personnages extravagants, des histoires tordues et des sc&#233;narios d&#233;montables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, nous pensons avec douleur que cela restera ainsi, pour toujours. D'autres fois, que la violence de ces ann&#233;es mis&#233;rables nous empoisonne l'&#226;me. Comme on le sait, il faut des si&#232;cles pour passer du retard au progr&#232;s, mais en un clin d'&#339;il, on retombe dans une situation arri&#232;r&#233;e. Et puis, nous devrons trouver un sens &#224; la lutte elle-m&#234;me, car le succ&#232;s sera au-del&#224; de tout espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mensonges lassent et la censure annule les confidences ; ce n'est pas la m&#234;me chose de se taire que de garder le silence sur ordre d'autrui. Ni le mensonge ni le veto ne sont des instruments appropri&#233;s pour que &#171; les gens bien &#187; occupent les messes, les classes, les bureaux de poste et les tribunaux, pour que les cur&#233;s, les enseignants, les employ&#233;s et les avocats communiquent sur le fait que la pr&#233;dominance des lib&#233;raux libertariens, au fond de la r&#233;alit&#233;, nous conduit au paradis du march&#233;, &#224; l'empyr&#233;e de la consommation, au nirvana de l'augmentation des revenus disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, il y a une guerre masqu&#233;e, dont la premi&#232;re victime est la v&#233;rit&#233;, o&#249; les sherpas politiques amalgament opacit&#233; et obscurit&#233; en sachant qu'ils ne sont pas un seul et m&#234;me fruit, et o&#249;, dans le d&#233;saccord entre le peuple et la politique, m&#234;me Dieu est loin, car &#171; tout est mensonge, tout est vil &#187;. Nous saignons int&#233;rieurement dans ce mod&#232;le d'exploitation de l'inqui&#233;tude, qui expulse de l'amphith&#233;&#226;tre politique l'indulgence du raisonnement et l'exemplarit&#233; de la franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ce tremblement passera comme la temp&#234;te de Santa Rosa, bien que plus destructeur, suffira-t-il d'entendre le nom de l'Argentine pour imaginer une vie meilleure pour la n&#244;tre, sans d&#233;tonations verbales associ&#233;es aux art&#232;res de l'&#201;tat, ni &#233;loges fun&#232;bres pour ceux qui font fuir les dollars, ni exhortations aux d&#233;put&#233;s fournisseurs de bo&#238;tes &#224; outils pour la gouvernance, ni &#233;loges fun&#232;bres pour les cadavres comptables de ceux qui ont &#233;t&#233; agress&#233;s par les hordes redistributives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La honte est si insondable, le d&#233;pouillement si profond, qu'il faudra un effort h&#233;ro&#239;que pour se rappeler que l'action n'est jamais enti&#232;rement individuelle, ni la passivit&#233; compl&#232;tement collective. Le po&#232;te espagnol &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Luis_Cernuda&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Luis Cernuda&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; a &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&#171; ... je porte encore en moi comme une lumi&#232;re &#233;trang&#232;re&lt;br /&gt;
ce destin d'enfant,&lt;br /&gt;
ces doux yeux juv&#233;niles,&lt;br /&gt;
cette ancienne blessure &#187;.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier ce qui nous a rendus forts, m&#234;me si cela a fait mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du jour au lendemain, des anarchistes du libre march&#233; &#224; l'eau de rose ont commenc&#233; &#224; prendre de l'importance, habiles trafiquants capables d'esquiver les situations &#233;pineuses et de r&#233;fl&#233;chir sans fin &#224; des t&#226;ches insignifiantes, embusqu&#233;s dans la bureaucratie minarchiste o&#249; ils ont pris de plus en plus d'importance. Ils ont grandi, se sont multipli&#233;s, des livres ont &#233;t&#233; publi&#233;s &#224; leur sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre derni&#232;re trag&#233;die, &#233;crite avec une licence de bouffon par un artiste de cour (au lieu de William Shakespeare) et se d&#233;roulant &#224; Nordelta (au lieu du Danemark), en plus de devenir c&#233;l&#232;bre en int&#233;ressant les spectateurs avec des fant&#244;mes, des vengeances, des bagarres, des bouleversements et des pourcentages, a introduit l'expression : &#171; &lt;i&gt;a m&#237; me pone en una situaci&#243;n&lt;/i&gt; &#187; (&#231;a me met dans une situation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une expression fr&#233;quente dans le castillan rioplatense, utilis&#233;e de mani&#232;re ironique ou dramatique, dans des contextes &#233;motionnels ou sociaux, et dans des situations qui suscitent l'empathie ou l'hilarit&#233;. Une phrase simple, avec un sujet elliptique, un compl&#233;ment indirect, un verbe et un compl&#233;ment circonstanciel. Elle exprime le fait que quelque chose cr&#233;e une situation inconfortable, compromettante et &#233;motionnelle pour le locuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le code oral argentin, ce type de construction est tr&#232;s productif, et &#171; le verbe poner - mettre &#187; fonctionne comme un verbe causatif &#233;motionnel. Dans le catalogue politique actuel, il s'agit d'un ancien fonctionnaire qui n'&#233;tait pas satisfait de son &#171; salaire net &#187;, qui se plaignait du montant de son salaire d&#233;clar&#233;, auquel s'ajoutait la faible marge que lui laissait le Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de la pr&#233;sidence pour &#171; piocher &#187; dans la caisse. En d'autres termes, &#171; on l'avait mis dans une situation difficile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois, le destin national devient une histoire aussi rapide qu'un projectile, qui traverse des tiroirs remplis de vie, de confins et de trahisons. &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Marco_Balzano&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Marco Balzano&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; raconte comment &#233;tait Trieste en 1919, lorsque la ville a cess&#233; de faire partie de l'Empire austro-hongrois et est pass&#233;e aux mains des Italiens. Mussolini et les &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Faisceaux_italiens_de_combat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fasci italiens de combat&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; (&lt;a href=&#034;https://it.wikipedia.org/wiki/Fasci_italiani_di_combattimento&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Fasci Italiani di Combattimento&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;) commen&#231;aient &#224; &#233;merger. Dans son roman Bambino, il &#233;crit : des pierres jet&#233;es sur les Slov&#232;nes, sur les Croates, sur les antifascistes p&#233;ninsulaires, chacun chassait la peur et dissimulait l'abandon. Car la violence est le langage de ceux qui ne peuvent verbaliser leur affliction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'incendie de la Maison nationale slov&#232;ne de Trieste (le &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Narodni_dom&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Narodni dom&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;) en 1920, lors du bapt&#234;me du squadrisme organis&#233;, avec les cendres du th&#233;&#226;tre, de la biblioth&#232;que et de l'h&#244;tel de la communaut&#233;, les mots de destin et de f&#234;te communs s'&#233;taient &#233;vapor&#233;s, et seul pr&#233;valait ce respect hypocrite que l'on offre &#224; celui qui peut faire du mal. Il a fallu attendre 100 ans (le 13 juillet 2020) pour que les pr&#233;sidents italien et slov&#232;ne, Sergio Mattarella et Borut Pahor, fassent un geste commun de r&#233;conciliation devant le b&#226;timent, reconnaissant la douleur historique et la n&#233;cessit&#233; d'une m&#233;moire partag&#233;e. Les mots sont revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici et maintenant, &#224; la d&#233;gradation institutionnelle, &#224; la servilit&#233; des soutiens festifs du gouvernement, &#224; l'ignorance et &#224; l'incomp&#233;tence des fonctionnaires, aux conflits financiers et aux querelles domestiques, il faut ajouter nos maux en tant que soci&#233;t&#233;, notre d&#233;saccord collectif, la facilit&#233; instinctive avec laquelle nous faisons glisser nos peines sur d'autres responsables, la fa&#231;on dont nous remplissons les actions des autres d'horreur pour justifier nos abus, nos yeux de lynx pour trouver des boucs &#233;missaires. D'une certaine mani&#232;re critiquable, nous avons rendu malade ce que nous &#233;tions afin que cette maladie que nous vivons soit choisie. Nous souffrirons, et nous devrons comprendre, le moment venu, que la responsabilit&#233; personnelle est plus importante que la culpabilit&#233; d'autrui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#225;tulo Castillo, le po&#232;te qui a &#233;crit le tango &#171; &lt;a href=&#034;https://www.letras.com/roberto-goyeneche/desencuentro/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Desencuentro&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &#171; &#8230; aimait tendrement, et l'amour l'a d&#233;vor&#233; de l'int&#233;rieur, jusqu'aux entrailles. Ils se sont moqu&#233;s de son &#233;treinte et, sur-le-champ, ils lui ont enfonc&#233; le harpon avec ranc&#339;ur &#187;. On sait que lorsqu'une blessure reste ouverte pendant longtemps, elle devient chronique et pr&#233;sente un risque &#233;lev&#233; d'infection. Ensuite, la gangr&#232;ne survient, qui est la mort des tissus corporels. L'amputation permettra d'&#233;viter les risques de n&#233;crose, de mettre un frein &#224; la progression des bact&#233;ries et de calmer la d&#233;faillance multivisc&#233;rale. Il y a trop de blessures ouvertes dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; quelques-unes des voies qui s'ouvrent devant nous, sur lesquelles nous circulons &#224; grande vitesse, car en politique, il y a des premi&#232;res et des secondes morts. Il est de notre devoir de localiser nos semblables, d'&#233;viter les d&#233;saccords et de faire bouger les lignes du pouvoir. Il ne suffit pas de d&#233;masquer les logiques de contr&#244;le pour se donner bonne conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rafel Bielsa*&lt;/strong&gt; pour &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lateclaenerevista.com/desencuentro-por-rafael-bielsa/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Tecl@ E&#241;e&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Buenos Aires, le 3 septembre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;*Rafael Antonio Bielsa&lt;/strong&gt; (Rosario, Santa Fe, Argentine, 15 f&#233;vrier 1953) est un avocat constitutionnaliste, diplomate, homme politique, &#233;crivain et po&#232;te argentin. Il a &#233;t&#233; ministre des Affaires &#233;trang&#232;res de la Nation du 25 mai 2003 &#224; d&#233;cembre 2005, date &#224; laquelle il a pris ses fonctions de d&#233;put&#233; &#224; la Chambre des d&#233;put&#233;s.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduit de l'espagnol depuis &lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/Desencuentro-argentino&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Di&#224;spora&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.elcorreo.eu.org/Discrepence-argentine&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo de la Diaspora&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, le 23 septembre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;Cette &lt;span xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034; href=&#034;http://purl.org/dc/dcmitype/Text&#034; rel=&#034;dct:type&#034;&gt;cr&#233;ation&lt;/span&gt; par &lt;b&gt;&lt;a xmlns:cc=&#034;http://creativecommons.org/ns#&#034; href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; property=&#034;cc:attributionName&#034; rel=&#034;cc:attributionURL&#034;&gt;http://www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; est mise &#224; disposition selon les termes de la &lt;b&gt;&lt;a rel=&#034;license&#034; href=&#034;http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/&#034;&gt;&lt;u&gt;licence Creative Commons Paternit&#233; - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 Unported&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;. Bas&#233;e sur une &#339;uvre de &lt;b&gt;&lt;a xmlns:dct=&#034;http://purl.org/dc/terms/&#034;href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034;rel=&#034;dct:source&#034;&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.elcorreo.eu.org&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Les pr&#233;dateurs du n&#233;olib&#233;ralisme international laissent l'Argentine : Sans destin...</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Les-predateurs-du-neoliberalisme-international-laissent-l-Argentine-Sans-destin</link>
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		<dc:date>2003-03-27T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rafael A. Bielsa</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Martin est apparu une nuit, il y a de cela deux ou trois ann&#233;es. Il &#233;tait un &#171; pibe &#187; (gosse) au sourire facile, insouciant et robuste. Insensible au froid et &#224; la chaleur. Dans le coin de la rue 24 novembre et Rivadavia il a marqu&#233; son territoire : il nettoyait les vitres des voitures, il demandait des monnaies et, quand les feux de signalisation le lui permettaient, courait quelques m&#232;tres jusqu'au lieu du trottoir o&#249; &#233;taient assises ses compagnes, Roxana et une belle cr&#233;ature au regard (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Martin est apparu une nuit, il y a de cela deux ou trois ann&#233;es. Il &#233;tait un &#171; pibe &#187; (gosse) au sourire facile, insouciant et robuste. Insensible au froid et &#224; la chaleur. Dans le coin de la rue 24 novembre et Rivadavia il a marqu&#233; son territoire : il nettoyait les vitres des voitures, il demandait des monnaies et, quand les feux de signalisation le lui permettaient, courait quelques m&#232;tres jusqu'au lieu du trottoir o&#249; &#233;taient assises ses compagnes, Roxana et une belle cr&#233;ature au regard fixe d'&#224; peine un peu plus d'un an, Tamara, &#233;changeant avec elles quelques mots de passe et il retournait &#224; sa besogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fille devait avoir le m&#234;me &#226;ge que lui, et marchait avec difficult&#233; &#224; cause d'une dysplasie &#224; la hanche. Avec le temps, quand elle a &#233;t&#233; enceinte de Martin, j'ai appris que la premi&#232;re petite fille &#233;tait d'un autre p&#232;re. Parfois ils logeaient dans une pension qui se trouve &#224; une cinquantaine de m&#232;tres, ou dans un h&#244;tel qui est un peu plus loin, ou directement dans le local du caissier automatique du coin. Martin m'a dit que s'il ne rassemblait pas douze pesos (4&#8364;) tout au long de la journ&#233;e, ils devaient tous dormir dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me enceinte et tout, elle lui donnait la main. Avec la panse comme une cornemuse, en raison sa d&#233;marche anormale, elle se glissait parmi les voitures tandis que la petite, elle faisait des gribouillis dans un cahier, assise tr&#232;s pos&#233;e avec le dos contre le mur. Qu'il pleuve, qu'il tonne ou que &#231;a br&#251;le, ils &#233;taient toujours l&#224;, Martin souriant, elle diligente et l'enfant ob&#233;issante, comme s'ils &#233;taient conduits par un seul fil, invisible au regard habitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle petite fille est n&#233;e vers le milieux 2002 : Micaela. La femme de Martin a momentan&#233;ment cess&#233; de l'aider mais elle n'a pas abandonn&#233; le trottoir. N'importe qui, qui passait pouvait les voir, le gar&#231;on souriant et actif, et sa famille &#224; deux pas, l'enfant avec quelques fournitures scolaires, et le b&#233;b&#233; se nourrissant sur la poitrine de sa m&#232;re. Ce qui attirait mon attention c'&#233;tait le solide lien &#224; ciel ouvert de ces quatre &#234;tres vuln&#233;rables, les grands gestes de Martin, les dents rong&#233;s de sa femme, la petite saintet&#233; impassible aux yeux min&#233;raux et boucl&#233;s, et le b&#233;b&#233; qui poussait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nuit d'&#233;t&#233; de 2003, je suis pass&#233; par le coin et Martin n'&#233;tait pas. Sa femme s'&#233;tait assise dans le lieu habituel, mais il tremblait sous un pullover noir en laine et il manquait les enfants. &#034;Ils les ont emport&#233; &#224; la 8&#232;me&#034;, elle m'a dite. &#034;J'ai la fi&#232;vre. Pouvez vous lui donner un coup de main ? &#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis entr&#233; dans le commissariat, et j'ai demand&#233; &#224; l'agent en faction aux yeux clignotants et tendus s'il savait quelque chose &#224; propos de Martin, qu'on avaient arr&#234;t&#233; pour une contravention. &#034;Pas pour une contravention, non&#034;, m'a r&#233;pondu, en me soutenant le regard, &#034;pour possession de stup&#233;fiants. Nous attendons le rapport ; s'il n'y a rien, il sort &#224; minuit. Vous, qui &#234;tes-vous ? &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis parti du commissariat, je me suis rappel&#233; une plaisanterie que j'avait lue dans un livre d'Imre Kert&#233;sz : &#034;A bas cette morale, et ne perdons pas la d&#233;sesp&#233;rance&#034;. Aussi je me suis rappel&#233; les mots de l'oncle Lajos, un personnage de l'oeuvre, avec lesquels il demandait que Dieu les aide pour que &#034;on puisse, le plus rapide possible, nous r&#233;unir une autre fois autour de cette table, tous ensemble, en paix, sant&#233; et amour&#034;. Cette nuit l&#224;, le p&#232;re du protagoniste disait adieu &#224; sa famille parce le jour suivant il &#233;tait d&#233;port&#233; dans un camp de travail obligatoire. Le livre est appel&#233; &#034;Sans destin&#034; ; Martin avait entam&#233; son long voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis retourn&#233;, et j'ai dit &#224; Roxana ce qu'on m'avait dit. Ses yeux se sont retourn&#233;s comme deux insectes qui bavent. &#034;Ce matin, il est sorti pour acheter du lait pour le b&#233;b&#233;, et il n'est pas revenu&#034;, elle m'a r&#233;pondu. Le jour suivant, il m'a jur&#233; qu'ils lui avaient mis l'enveloppe avec de la drogue dans la poche parce qu'il avait refus&#233; de leur donner l'argent qu'ils lui demandaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cet &#233;pisode, tout est retourn&#233; &#224; la &#034;normalit&#233;&#034; sans suture ni abri les enveloppant comme la lumi&#232;re d'un aquarium.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi 14 mars je suis arriv&#233; au coin de la rue, et je l'ai trouv&#233;e avec le visage d&#233;figur&#233; et un grand sparadrap comme une &#233;toile, jaune par le d&#233;sinfectant, qui lui couvrait un oeil et une partie du front. &#034;Martin... - me dis -... la bi&#232;re, le vin. Ils nous ont jet&#233;s de l'h&#244;tel, je voulais aller avec les filles visiter &#224; ma m&#232;re, pas lui, on s'est engueul&#233; et il m'a frapp&#233;e avec un s&#233;choir. Ils m'ont mis cinq points dans l'h&#244;pital, et Martin ils l'ont arr&#234;t&#233; &#034;. Elle avait des taches de sang dans les manches du polo, et l'autre oeil ouvert comme un hurlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Martin est un des 92 sur 100 gosses de la rue dont l'&#201;tat se d&#233;sint&#233;resse. Dans son registre des ant&#233;c&#233;dents figure qu'il a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour possession de drogues. Maintenant ils ajouteront des l&#233;sions graves, ou quelque chose dans le style. Demain, qui sait, homicide, ou il mourra lui-m&#234;me. Sa femme restera seule, bien qu'il soit possible qu'elle n'ait jamais cess&#233; de l'&#234;tre. La belle petite fille sera un autre num&#233;ro dans va savoir quelle statistique. La b&#233;b&#233; rentrera dans un h&#244;pital, et un institut ensuite, difficilement dans une &#233;cole ou &#224; l'universit&#233; &#224; la fin du voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kert&#233;sz rapporte un &#233;pisode dans lequel le protagoniste est retenu avec d'autres jeunes et adultes qui portaient l'&#233;toile jaune dans les revers du veston, le sparadrap jaune de ceux de sa condition, pour &#234;tre envoy&#233; &#224; Auschwitz-Birkenau. L'expression des deux policiers en charge de l'op&#233;ration, dit, &#034;cela m'&#233;voquait ces souvenirs : le m&#234;me d&#233;go&#251;t et la m&#234;me pr&#233;occupation, la m&#234;me r&#233;signation face &#224; un destin irr&#233;m&#233;diable &#034;. Aussi, quand ils marchent sur la route vers l'&#233;norme place avec des cailloux blancs, la cour d'une caserne : &#034;De tout ce long chemin, je me rappelle seulement la curiosit&#233; furtive, peu d&#233;cid&#233;e, presque honteuse que notre d&#233;fil&#233; provoquait dans le public post&#233; sur la chauss&#233;e&#034;. Comme le roman de Kert&#233;sz, sans destin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo &lt;/i&gt; par :&lt;/strong&gt; Estelle et Carlos Debiasi&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Titre original :&lt;/strong&gt; Sin destin...&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;P&#225;gina 12&lt;/strong&gt;, le 26 mars 2003&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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