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		<title>Argentine : des m&#233;mos hyper-confidentiels trahissent les responsables </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Argentine-des-memos-hyper-confidentiels-trahissent-les-responsables</link>
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		<dc:date>2002-06-23T23:05:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Greg Palast</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A Buenos Aires, le Paris de l'Am&#233;rique latine, la police a abattu en d&#233;cembre deux douzaines d'Argentins d&#233;cid&#233;s &#224; affronter les balles plut&#244;t que la famine. Le cours de la devise nationale s'&#233;tait &#233;croul&#233; et le spectre du ch&#244;mage, qui touchait d&#233;j&#224; 16 pour cent de la population, avait soudain fauch&#233; des millions de personnes, bien plus que le gouvernement en d&#233;route ne pouvait en compter. L'&#233;conomie avait &#233;t&#233; assassin&#233;e de sang froid. &lt;br class='autobr' /&gt; Qui sont les responsables ? Les assassins ont laiss&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A Buenos Aires, le Paris de l'Am&#233;rique latine, la police a abattu en d&#233;cembre deux douzaines d'Argentins d&#233;cid&#233;s &#224; affronter les balles plut&#244;t que la famine. Le cours de la devise nationale s'&#233;tait &#233;croul&#233; et le spectre du ch&#244;mage, qui touchait d&#233;j&#224; 16 pour cent de la population, avait soudain fauch&#233; des millions de personnes, bien plus que le gouvernement en d&#233;route ne pouvait en compter. L'&#233;conomie avait &#233;t&#233; assassin&#233;e de sang froid. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qui sont les responsables ? Les assassins ont laiss&#233; leurs empreintes partout sur le cadavre encore chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#034;memorandum d'accord technique&#034; en date du 5 septembre 2000, sign&#233; par Pedro Pou, Pr&#233;sident de la Banque centrale d'Argentine a &#233;t&#233; transmis &#224; Horst K&#246;hler, Directeur g&#233;n&#233;ral du Fond mon&#233;taire international. J'ai re&#231;u la version int&#233;grale du rapport de.... disons simplement que l'adresse de l'exp&#233;diteur ne figurait pas sur l'enveloppe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#034;accord&#034; exigeait de l'Argentine qu'elle r&#233;duise le d&#233;ficit budg&#233;taire public en le faisant passer de 5,3 milliards de dollars en 2000 &#224; 4,1 milliards en 2001. R&#233;fl&#233;chissez. Il y a dix-huit mois, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'accord &#233;tait r&#233;dig&#233;, l'Argentine &#233;tait d&#233;j&#224; au bord du gouffre. Un travailleur sur six &#233;tait au ch&#244;mage. M&#234;me les &#233;conomistes &#224; la manque du FMI auraient d&#251; savoir que contenir les d&#233;penses publiques dans une &#233;conomie en perte de vitesse, c'&#233;tait comme stopper les r&#233;acteurs d'un avion qui partirait en vrille. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le FMI ajoute toujours la cruaut&#233; &#224; l'incomp&#233;tence. Sous le gros titre, &#034;Am&#233;liorer les conditions de vie des pauvres&#034;, le Fonds intimait &#224; l'Argentine de couper de 20 pour cent les salaires mensuels de 200 dollars vers&#233;s au titre d'un programme d'urgence pour l'emploi. L'&#034;accord&#034; promettait &#233;galement des coupures de 12 &#224; 15 pour cent des salaires des fonctionnaires et une &#034;rationalisation&#034; des pensions (le FMI est en faveur d'une diminution de 13 pour cent des sommes vers&#233;es aux personnes &#226;g&#233;es). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les plans du FMI pour les retrait&#233;s et les pauvres &#233;taient &#233;maill&#233;s de projections &#233;conomiques &#224; la limite du d&#233;lire. Le rapport pr&#233;voyait qu'une fois que l'Argentine aurait hach&#233; menu ses d&#233;penses de consommation, sa production &#233;conomique bondirait de 3,7 pour cent et son taux de ch&#244;mage s'effondrerait. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Le plan du FMI a mis la production &#224; genoux : celle-ci a chut&#233; de 25 pour cent durant le dernier trimestre de l'an pass&#233; avant de sombrer compl&#232;tement devant des taux d'int&#233;r&#234;t qui, en &#233;t&#233;, atteignaient 90 pour cent sur les profits libell&#233;s en dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE AUTRE ENVELOPPE&lt;/strong&gt; a atterri sur mon bureau qui contenait un m&#233;morandum concernant un &#034;Plan d'assistance&#034; pour l'Argentine pour les quatre prochaines ann&#233;es. Ce document du 25 juin, sign&#233; par le Pr&#233;sident de la Banque mondiale James Wolfensohn, avertissait les destinataires de l'utiliser &#034;uniquement dans l'exercice de leurs fonctions officielles&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes fonctions et mon devoir de reporter sont de vous avertir que ce plan n'est rien d'autre qu'un stup&#233;fiant m&#233;lange de cruaut&#233; et d'aveuglement titanesque. Devant une &#233;conomie d&#233;j&#224; moribonde, Wolfensohn pr&#233;tendait qu' &#034;en d&#233;pit d'un ralentissement, les buts &#233;nonc&#233;s dans le rapport de l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente restaient valables et la strat&#233;gie ad&#233;quate&#034;. Le Plan du FMI, concoct&#233; avec la Banque mondiale, &#034;allait grandement am&#233;liorer les perspectives pour le reste de 2001 et pour 2002, une reprise de la croissance &#233;tant attendue durant le second semestre de 2001.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce document tr&#232;s confidentiel, le Pr&#233;sident de la Banque mondiale se d&#233;clarait particuli&#232;rement fier que le Gouvernement argentin ait op&#233;r&#233; des coupes de 3 milliards de dollars dans les d&#233;penses de base pour payer l'augmentation des int&#233;r&#234;ts. En d'autres termes, le gouvernement cessait de r&#233;pondre aux besoins int&#233;rieurs pour payer les int&#233;r&#234;ts de ses cr&#233;anciers, pour la plupart des banques &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises ont du bon, comme le chante Wolfensohn &#224; ses banquiers de lecteurs : &#034;Un grand pas a &#233;t&#233; franchi vers la suppression de contrats de travail surann&#233;s.&#034; Et les &#034;co&#251;ts de la main-d'ouvre&#034; ont chut&#233; gr&#226;ce &#224; la flexibilit&#233; du march&#233; du travail induite par la lib&#233;ralisation de facto du march&#233; via un moindre formalisme.&#034; Traduction : les travailleurs ont perdu leurs emplois syndiqu&#233;s et se sont retrouv&#233;s &#224; vendre des babioles &#224; la sauvette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais qu'est-ce qui a bien pu faire avaler un tel programme &#224; l'Argentine ?&lt;/strong&gt; &lt;br/&gt;
Un pr&#234;t d'urgence de 20 milliards de dollars et un cr&#233;dit &#034;en attente&#034; du FMI, de la Banque mondiale et des banques commerciales qui sont leurs partenaires : voil&#224; l'app&#226;t utilis&#233;. Mais attention : cette g&#233;n&#233;rosit&#233; est moins grande qu'il n'y para&#238;t. L'&#034;accord&#034; pr&#233;voyait que l'Argentine poursuive son &#034;plan de convertibilit&#233;&#034;, la r&#233;forme de 1991 qui arrimait le peso, la devise nationale, au dollar yankee &#224; un taux fixe de un peso pour un dollar. Ce rattachement du peso au dollar avait co&#251;t&#233; fort cher : les banques &#233;trang&#232;res travaillant avec le FMI avaient demand&#233; &#224; l'Argentine de payer une prime de risque de 16 pour cent sup&#233;rieure aux taux d'escompte du Tr&#233;sor am&#233;ricain pour les dollars n&#233;cessaires &#224; la bonne marche du programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, faites les comptes. Lorsque Wolfensohn a &#233;crit son m&#233;mo, l'Argentine avait 128 milliards de dettes. Les int&#233;r&#234;ts plus les primes se montaient &#224; 27 milliards par an. En d'autres termes, les argentins n'ont pas vu un seul penny des pr&#234;ts de &#034;sauvetage&#034; de 20 milliards de dollars. La dette s'est accrue, mais pas un sou n'a &#233;chapp&#233; &#224; New York, o&#249; l'argent s'est attard&#233; pour payer leurs int&#233;r&#234;ts aux cr&#233;anciers am&#233;ricains qui d&#233;tenaient les obligations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cr&#233;anciers sont de tous acabits, depuis les requins de la Citibank bas&#233;e &#224; New York jusqu'aux moins gourmands comme Steve Hanke, pr&#233;sident du Toronto Trust Argentina, un fonds du march&#233; &#233;mergent. L'&#233;quipe de Hanke a engrang&#233; 100 pour cent sur les actions argentines lors d'une panique mon&#233;taire en 1995. Don't cry for Steve, Argentina. Gr&#226;ce aux profits de 79,25 pour cent enregistr&#233;s cette ann&#233;e-l&#224;, son fonds est pass&#233; en t&#234;te de la ligue des sp&#233;culateurs. Les joueurs appellent &#231;a des &#034;investissements de vautours&#034; : parier sur l'&#233;chec des politiques du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hanke, qui est professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; John Hopkins, propose &#224; ses &#233;tudiants un rem&#232;de gratuit aux plaies de l'Argentine. &#034;Il faut abolir le FMI&#034;, me dit-il. Un conseil qui le mettrait sur la paille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, ajoute-t-il, il faut abolir le taux de change fixe. L'adoption d'un tel taux a contraint l'Argentine &#224; mendier et &#224; emprunter un solide paquet de dollars pour soutenir chaque peso, ce qui a permis au FMI et &#224; la Banque mondiale de d&#233;cha&#238;ner sur la pampa leurs quatre h&#233;rauts de la politique n&#233;olib&#233;rale : march&#233;s financiers lib&#233;ralis&#233;s, pouvoirs r&#233;duits du gouvernement, privatisation et libre &#233;change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lib&#233;raliser, cela veut dire permettre au capital de passer librement les fronti&#232;res nationales. Et c'est bien ce qui s'est pass&#233;. L'an dernier, l'&#233;lite argentine s'est d&#233;fait de ses pesos pour des dollars qu'elle a envoy&#233;s dans des paradis fiscaux &#224; l'&#233;tranger, &#224; raison de 750 millions de dollars par jour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au bon vieux temps, les banques nationales et provinciales, propri&#233;t&#233; du gouvernement, finan&#231;aient les dettes de leur pays. Mais vers le milieu des ann&#233;es 90, le gouvernement du Pr&#233;sident Carlos Sa&#250;l Menem les a brad&#233;es &#224; des op&#233;rateurs &#233;trangers tels la Citibank et la Fleet Bank de Boston. Charles Calomiris, ancien conseiller &#224; la Banque mondiale, m'a confi&#233; que la privatisation de ces banques &#233;tait un vrai conte de f&#233;es. Oui, mais pour qui ? Comme les banques sous contr&#244;le &#233;tranger ne voulaient pas rembourser les d&#233;posants argentins, le gouvernement a gel&#233; les comptes d'&#233;pargne le 3 d&#233;cembre, saisissant l'argent de la classe moyenne pour rembourser les cr&#233;anciers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas m&#233;contenter ces cr&#233;anciers, l'&#034;accord&#034; du FMI pr&#233;voyait &#233;galement &#034;une r&#233;forme du syst&#232;me de partage des recettes fiscales&#034;. Un doux euph&#233;misme pour dire que les banques am&#233;ricaines seraient pay&#233;es en op&#233;rant une ponction sur les recettes fiscales que les provinces r&#233;servaient &#224; l'&#233;ducation et autres services publiques. L''accord&#034; a &#233;galement permis de trouver de l'argent en &#034;r&#233;formant&#034; (tronquant) le r&#233;gime d'assurance maladie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et lorsque ces coupes ne suffisent pas &#224; payer les cr&#233;anciers, on peut toujours vendre les &#034;bijoux de famille&#034; ? c'est ainsi que les argentins d&#233;crivent les privatisations. En 1995, le gouvernement a vendu une grande partie du syst&#232;me d'approvisionnement en eau &#224; Vivendi Universal. Le conglom&#233;rat fran&#231;ais s'est empress&#233; de d&#233;graisser les effectifs et d'augmenter les prix ; les hausses ont atteint 400 pour cent dans certaines r&#233;gions. Dans son m&#233;mo confidentiel, Wolfensohn, de la Banque mondiale, soupire : &#034;Presque tous les biens d'&#233;quipement ont &#233;t&#233; privatis&#233;s&#034;... alors bien s&#251;r, maintenant, il n'y a vraiment plus rien &#224; vendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'imposition d'une &#034;politique d'ouverture commerciale&#034;, bien clairement expliqu&#233;e dans l'accord, qui a port&#233; le coup de gr&#226;ce. Elle a forc&#233; les exportateurs argentins (et leurs produits vendus en dollars EU &#224; cause du taux fixe) &#224; rentrer en comp&#233;tition et jouer une partie path&#233;tique et perdue d'avance contre les produits br&#233;siliens vendus en r&#233;als, la devise d&#233;valu&#233;e du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Banque mondiale et le FMI ont-ils tir&#233;s les le&#231;ons de leurs erreurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ils ont appris autant qu'un cochon qui apprend &#224; chanter : il ne le peut ni ne le pourra, et s'il s'y essaie, il vous &#233;corche les oreilles. Le 9 janvier, alors que la capitale de l'Argentine &#233;tait en flammes, le Directeur g&#233;n&#233;ral adjoint du FMI, Anne Krueger, a ordonn&#233; au nouveau Pr&#233;sident argentin, Eduardo Duhalde, de couper encore davantage les d&#233;penses publiques. Il est int&#233;ressant de constater que le Pr&#233;sident George W. Bush s'est ralli&#233; &#224; l'avis du FMI sur les coupes budg&#233;taires pr&#233;cis&#233;ment la semaine o&#249; il demandait au Congr&#232;s am&#233;ricain d'adopter un plan de 50 milliards de dollars pour sortir les Etats-Unis de la r&#233;cession. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son m&#233;mo, Wolfensohn r&#233;sumait ainsi le programme : tout ce que l'Argentine devait faire, c'&#233;tait &#034;r&#233;duire le co&#251;t de la production&#034;, une d&#233;marche qui ne n&#233;cessitait qu'une &#034; main-d'ouvre flexible&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; diminutions suppl&#233;mentaires des retraites et des salaires, ou, mieux encore, pas de salaire du tout. A la grande consternation de l'&#233;lite argentine, toutefois, les abeilles ouvri&#232;res se sont r&#233;solument obstin&#233;es &#224; s'accorder sur une chose : leur appauvrissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un de ces travailleurs, Anibal Ver&#243;n, 37 ans et p&#232;re de cinq enfants, a perdu son travail de chauffeur de bus dans une compagnie qui lui devait d&#233;j&#224; 9 mois de salaire. Ver&#243;n a rejoint les argentins au ch&#244;mage, les &#034;Piqueteros&#034; comme on les appelle l&#224;-bas, qui organisent des barrages routiers. En novembre 2000, en levant un blocus, la police l'a tu&#233; d'une balle dans la t&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourtant, les chantres de la mondialisation d&#233;peignent la r&#233;sistance au nouvel ordre mondial comme une blague de jeunes occidentaux g&#226;t&#233;s et na&#239;fs, cherchant &#224; &#233;chapper &#224; l'ennui &#034;en se laissant aller &#224; la contestation&#034; selon les dires du Premier ministre anglais Tony Blair. Et les m&#233;dias am&#233;ricains et europ&#233;en d'entonner le m&#234;me refrain : elles mettent les projecteurs sur les contestations &#224; Seattle et &#224; G&#234;nes, mais elles se gardent bien de parler des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales qui mobilisent des millions de travailleurs argentins. Le meurtre du manifestant Carlo Giuliani le 20 juillet &#224; G&#234;nes a fait les gros titres des journaux aux Etats-Unis et en Europe. Mais ces m&#234;mes journaux ont pass&#233; sous silence la mort de Ver&#243;n et le meurtre de deux manifestants, Carlos Santill&#225;n, 27 ans, et Oscar Barrios, 17 ans, abattus par la police le 17 juin dans un cimeti&#232;re de General Mosconi, une ville du nord de l'Argentine. Ce n'est qu'en d&#233;cembre, lorsque l'Argentine n'a pas pu payer ses tr !aites, que la presse euro-am&#233;ricaine a signal&#233; une &#034;crise&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour appliquer leurs &#034;r&#233;formes&#034;, le FMI et la Banque mondiale travaillent avec des gens du cru comme Domingo Cavallo, qui a d&#251; d&#233;missionner de son poste de Ministre de l'&#233;conomie en d&#233;cembre sous la pression populaire. Le m&#234;me Domingo Cavallo qui &#233;tait, les argentins s'en souviennent, Directeur de la Banque centrale pendant la dictature militaire de 1976 &#224; 1983. &lt;br class='autobr' /&gt;
Parce qu'ils n'ont pas oubli&#233; cette p&#233;riode, les membres du Service de la paix et de la justice (SERPAJ), bas&#233; &#224; Buenos Aires, documentent les cas de torture pratiqu&#233;e par la police sur des contestataires dans le nord du pays. Le responsable du SERPAJ, Adolfo P&#233;rez Esquivel, prix Nobel de la paix en 1980, m'a racont&#233; que son groupe avait d&#233;pos&#233; officiellement plainte contre la police, accus&#233;e de recruter des enfants ? parfois m&#234;me des enfants de cinq ans dans leurs escadrons paramilitaires pour servir d'informateurs. Il comparait cette op&#233;ration aux jeunesses hitl&#233;riennes, organisation qui inculquait aux jeunes gar&#231;ons allemands les principes nazis. Pour P&#233;rez Esquivel, qui a pris l'an dernier la t&#234;te des manifestations contre la proposition d'accord de libre &#233;change des Am&#233;riques, lib&#233;ralisation &#233;conomique et r&#233;pression politique vont de pair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Traduction pour ATTAC : &lt;/strong&gt; Marie France Perez, traductrice b&#233;n&#233;vole&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour plus d'information sur ce sujet, consultez les derniers livres de Greg Palast, &lt;i&gt;The Best Democracy Money Can Buy&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Democracy and Regulation&lt;/i&gt;, sortirons en avril 2002.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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