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		<title>Argentine : La note de l'exclusion se paye avec des morts </title>
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		<dc:date>2002-12-18T16:44:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dafne Sabanes Plou</dc:creator>



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&lt;p&gt;Les images des enfants sous-aliment&#233;s dans une des provinces aux sols les plus riches du pays, celle de Tucum&#225;n, appel&#233;e &#171; le jardin de la r&#233;publique &#187; pour la diversit&#233; et la beaut&#233; de sa flore, ont &#233;t&#233; un coup dur pour les argentins. La crise est toujours l&#224; malgr&#233; les annonces de relance faites par les bureaux gouvernementaux. Les cons&#233;quences des politiques n&#233;o-lib&#233;rales impos&#233;es au pays durant les ann&#233;es 90 sont d&#233;j&#224; tangibles et font leurs victimes parmi les plus petits et les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les images des enfants sous-aliment&#233;s dans une des provinces aux sols les plus riches du pays, celle de Tucum&#225;n, appel&#233;e &#171; le jardin de la r&#233;publique &#187; pour la diversit&#233; et la beaut&#233; de sa flore, ont &#233;t&#233; un coup dur pour les argentins. La crise est toujours l&#224; malgr&#233; les annonces de relance faites par les bureaux gouvernementaux. Les cons&#233;quences des politiques n&#233;o-lib&#233;rales impos&#233;es au pays durant les ann&#233;es 90 sont d&#233;j&#224; tangibles et font leurs victimes parmi les plus petits et les plus vuln&#233;rables. Cette semaine 6 enfants sont morts de faim dans cette province et s'ajoutent aux 359 qui y sont morts depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, mais pas tous pour des probl&#232;mes de malnutrition. Cependant, les froides statistiques signalent que chaque jour en Argentine 3 enfants meurent d'inanition ou de maladies li&#233;es &#224; la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, le th&#233;ologien br&#233;silien Jung Mo Sung a r&#233;alis&#233; une analyse d&#233;taill&#233;e de l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale de march&#233; dans son livre&lt;i&gt; &#171; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Deus numa economia sem cora&#231;&#227;o &#187;&lt;/i&gt;. Il y affirme avec duret&#233; que &#171; l'exclusion et la mort des pauvres est une condition n&#233;cessaire &#224; l'harmonie et l'abondance de ceux qui sont int&#233;gr&#233;s au march&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mort des pauvres est une condition et une m&#233;thode pour l'implantation totale du syst&#232;me de march&#233; &#187;. Pendant les ann&#233;es 90, le PIB argentin a augment&#233; de 55% mais la richesse est rest&#233;e en peu de mains et n'a pas &#233;t&#233; distribu&#233;e ; au contraire, les &#233;normes sommes de devises furent d&#233;tourn&#233;es vers l'ext&#233;rieur dans une fuite de capitaux sans pr&#233;c&#233;dent qui est all&#233; grossir les biens des entreprises transnationales ou de la haute bourgeoisie argentine, aussi apatride que l'argent qu'elle manipule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la d&#233;valuation du peso intervenue au d&#233;but de l'ann&#233;e, les salaires du march&#233; officiel ont baiss&#233; de 20% et ceux du march&#233; informel de 40%, alors que les produits de ce qu'on appelle le &#171; panier de la m&#233;nag&#232;re &#187; accumulent une hausse de 73,5%. Selon des &#233;tudes r&#233;centes de consultants priv&#233;s, seulement 20% de la population touche des revenus sup&#233;rieurs au niveau d'acquisition du panier moyen, alors que plus de 50% de la population vit dans la pauvret&#233;. Les derni&#232;res statistiques montrent aussi que les salaires argentins sont les plus bas d'Am&#233;rique latine, &#233;quivalents &#224; une moyenne de 230 dollars mensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exclusion de l'enfance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des provinces argentines o&#249; 20% des nouveaux-n&#233;s souffrent d&#233;j&#224; de malnutrition. Ils proviennent de foyers de ch&#244;meurs ou de sous-employ&#233;s qui, depuis plusieurs ann&#233;es n'ont pas acc&#232;s aux aliments de base, ni &#224; l'attention due &#224; leur sant&#233;, ni aux conditions minimum de dignit&#233;. La malnutrition infantile et la trag&#233;die de la mort de faim des enfants, qui fait actuellement les unes et les reportages des principaux m&#233;dias, ne sont rien d'autre que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg d'une situation sociale qui explose. Les enfants sous-aliment&#233;s sont des enfants de m&#232;res mal aliment&#233;es et le fruit d'un syst&#232;me &#233;conomique qui a provoqu&#233; une hausse brutale du ch&#244;mage -plus de 22% de la population active-, la fermeture des usines et des centres de production agricole, et la concentration en peu de mains de la terre cultivable et des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population paysanne s'est retrouv&#233;e dans les banlieues des villes en esp&#233;rant y trouver de meilleures opportunit&#233;s de travail. Mais il n'en fut pas ainsi, car la r&#233;cession frappe aussi durement la population urbaine et les conditions de pauvret&#233; s'aggravent dans les bidonvilles. Les plus affect&#233;s sont les enfants en bas &#226;ge. Si leur famille ne re&#231;oit pas d'aide sociale de la part d'entit&#233;s publiques ou priv&#233;es, il est tr&#232;s probable qu'ils n'acc&#232;dent m&#234;me pas une fois par jour &#224; un repas complet. Le r&#233;cit d'une m&#232;re tucumane racontant que son petit b&#233;b&#233;, d&#233;j&#224; mort, avait v&#233;cu un mois en prenant seulement une infusion de mat&#233;, est bouleversant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des enfants en &#226;ge d'aller &#224; l'&#233;cole n'est pas meilleure. La majorit&#233; des &#233;coles publiques des zones bordant les grandes villes se sont transform&#233;es en restaurants populaires. Sur les quatre heures de classe, les enfants en passent la moiti&#233; entre le petit d&#233;jeuner ou le go&#251;ter et le d&#233;jeuner. Des &#233;tudes r&#233;alis&#233;es par des psychop&#233;dagogues montrent qu'une bonne partie des enfants ne r&#233;alise plus un apprentissage ad&#233;quat. Ils vont &#224; l'&#233;cole pour manger et parce qu'ils s'y sentent surveill&#233;s. Ils jouent avec leurs amis, &#224; l'abri de la rue pour quatre heures, mais ils ne font pas leurs devoirs et n'&#233;tudient pas. Les s&#233;quelles de la mauvaise alimentation re&#231;ue depuis tout petits sont d&#233;j&#224; notoires. Selon un rapport de la Soci&#233;t&#233; Argentine de P&#233;diatrie, les enfants des foyers les plus pauvres, qui ont re&#231;u une alimentation insuffisante durant les 2 premi&#232;res ann&#233;es de leur vie, pr&#233;sentent en arrivant &#224; l'&#226;ge de cinq ans un coefficient de d&#233;veloppement inf&#233;rieur &#224; la normale. Il est difficile d'&#234;tre attentif en classe lorsque l'estomac est vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant que les photos des sous-aliment&#233;s peuplent les principaux journaux, une grande campagne sera faite pour alimenter les familles pauvres de Tucum&#225;n. &#171; Nous irons de maison en maison &#187; remarque Hilda &#171; Chiche &#187; Duhalde, l'&#233;pouse du pr&#233;sident de la Nation, qui surench&#233;rit pour &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la championne de la solidarit&#233; envers les plus n&#233;cessiteux. Certes, les sacs de nourriture et les soins de premi&#232;re urgence sont plus que n&#233;cessaires dans les foyers les plus d&#233;munis, mais les autorit&#233;s mettront-elles pour autant en question le mod&#232;le &#233;conomique dominant qui g&#233;n&#232;re pauvret&#233; et exclusion ? Dans quelle mesure &#233;vitera-t-on de tomber dans des pratiques client&#233;listes, o&#249; l'&#233;lectorat pauvre est sans aucun doute un rouage du syst&#232;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un reportage radio, un repr&#233;sentant des organisations populaires signale que &#171; dans les &#171; piquetes &#187; (groupes de ch&#244;meurs organis&#233;s,ndt) il n'y a pas d'enfants sous-aliment&#233;s &#187;. L&#224;, le travail solidaire, le soutien mutuel et le partage des ressources permettent d'&#233;viter des situations extr&#234;mes. Les mouvements sociaux de base s'efforcent d'&#233;viter &#224; leurs jeunes et &#224; leurs enfants de perdre leur force physique et intellectuelle. Si l'on veut lutter pour une soci&#233;t&#233; plus juste il faut des dirigeants lucides et pour lutter contre la faim distribuer gratuitement des repas ne suffit pas. Forger des hommes et des femmes sains, alphab&#233;tis&#233;s et inform&#233;s de leurs droits est un devoir social. En finir avec des ann&#233;es d'exclusion aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction :&lt;/strong&gt; Marta BENEDITO et Odile BOUCHET &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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