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		<title>R&#233;sistance et r&#233;bellion en Am&#233;rique latine : Vers une revalorisation de l'action collective.</title>
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		<dc:date>2007-02-14T22:29:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Campione</dc:creator>



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&lt;p&gt;D&#233;j&#224; au 16&#232;me si&#232;cle, les p&#232;res j&#233;suites Mariana et Su&#225;rez avaient th&#233;oris&#233; le droit de r&#233;sister &#224; l'oppression. Un peu plus de cinq ans apr&#232;s la r&#233;volte qui a pouss&#233; &#224; la d&#233;mission le pr&#233;sident Fernando de la R&#250;a, l'analyste des probl&#232;mes de la gauche ne se penche pas sur le &#171; tyrannicide &#187; pr&#244;n&#233; par ces pr&#234;tres r&#233;volt&#233;s, mais il analyse, dans l'essai qui suit, quelques probl&#232;mes structurels de la r&#233;alit&#233; argentine. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;gradation d&#233;mocratique, r&#233;bellion populaire et reconstruction (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Afrique-et-Monde-Arabo-Musulman" rel="directory"&gt;Afrique et Monde Arabo-Musulman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;j&#224; au 16&#232;me si&#232;cle, les p&#232;res j&#233;suites Mariana et Su&#225;rez avaient th&#233;oris&#233; le droit de r&#233;sister &#224; l'oppression. Un peu plus de cinq ans apr&#232;s la r&#233;volte qui a pouss&#233; &#224; la d&#233;mission le pr&#233;sident Fernando de la R&#250;a, l'analyste des probl&#232;mes de la gauche ne se penche pas sur le &#171; tyrannicide &#187; pr&#244;n&#233; par ces pr&#234;tres r&#233;volt&#233;s, mais il analyse, dans l'essai qui suit, quelques probl&#232;mes structurels de la r&#233;alit&#233; argentine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;gradation d&#233;mocratique, r&#233;bellion populaire et reconstruction d'h&#233;g&#233;monie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;bellion populaire de d&#233;cembre 2001 a d&#233;montr&#233; de fa&#231;on &#233;clatante que les temps de la lutte dans la rue, de la mobilisation sociale massive n'appartenaient pas &#224; un pass&#233; &#224; jamais r&#233;volu, mais &#224; un pr&#233;sent chaud, et que c'&#233;tait encore une voie &#224; suivre pour que les classes populaires se lancent dans le d&#233;bat actif sur leur avenir. La soci&#233;t&#233; argentine avait une vaste exp&#233;rience de mobilisations et de luttes, avec un point culminant &#224; la fin des ann&#233;es soixante et au d&#233;but des ann&#233;es soixante-dix. Mais cette mobilisation n'avait jamais conduit &#224; la mise &#224; la porte d'un pr&#233;sident obtenue seulement gr&#226;ce &#224; l'action d'un peuple mobilis&#233;. Un tel &#233;v&#233;nement est la preuve d'un changement radical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver &#224; comprendre cette r&#233;volte il faut partir du fait que celle-ci a &#233;t&#233; le r&#233;sultat d'une recomposition progressive de la capacit&#233; de lutte et d'organisation des classes populaires. La seconde moiti&#233; de la d&#233;cennie 90 avait &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'augmentation de la souffrance du peuple &#224; cause de l'aggravation de ses conditions de vie et de travail, de sa capacit&#233; d'organisation, de ses possibilit&#233;s d'intervention dans les d&#233;cisions fondamentales. Mais, et de fa&#231;on croissante, cette d&#233;cennie a vu progressivement dispara&#238;tre la peur qui avait r&#233;gn&#233; depuis les ann&#233;es de la dictature, a vu la r&#233;organisation progressive des espaces sociaux les plus divers, la revalorisation de l'action collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette recomposition des classes populaires, plus le grandissant rejet de la situation d'appauvrissement permanent, plus la dissipation progressive du climat id&#233;ologique oppressant qui a suivi l'effondrement du bloc sovi&#233;tique, plus l'exemple contagieux des manifestations de masse parfois victorieuses dans d'autres pays de la r&#233;gion, tout cela s'est condens&#233; pour produire la mar&#233;e humaine qui, le 20 d&#233;cembre, n'a pas recul&#233;, m&#234;me sous les balles polici&#232;res, et a sign&#233;, en fait, la d&#233;mission du pr&#233;sident en annon&#231;ant la fin d'une &#233;poque politique dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise mise en &#233;vidence ostensiblement durant ces journ&#233;es de d&#233;cembre 2001, &#233;tait le reflet de l'&#233;volution d'un r&#233;gime d&#233;mocratique qui, apr&#232;s presque deux d&#233;cennies d'existence, s'&#233;tait d&#233;grad&#233; jusqu'&#224; la limite, servant de paravent &#224; l'accumulation croissante des richesses et du pouvoir par le grand capital, &#224; l'appauvrissement massif de la majorit&#233; du peuple argentin et au recul constant de toute possibilit&#233; pour le peuple d'intervenir et de d&#233;cider de la destin&#233;e de la soci&#233;t&#233;. Cela vaut la peine d'essayer de comprendre cette &#233;volution au bout de laquelle, curieusement, la d&#233;mocratie repr&#233;sentative &#171; se stabilise &#187; en Argentine pour la premi&#232;re fois de son histoire r&#233;cente, mais au prix de l'abandon de tout espoir d'am&#233;lioration de la qualit&#233; de vie de la population et de la perte constante de vraisemblance quant &#224; sa soi disant nature de &#171; gouvernement du peuple &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;l. Vers une caract&#233;risation de la d&#233;mocratie argentine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces derni&#232;res ann&#233;es, une frange tr&#232;s large de penseurs politiques s'est cramponn&#233;e &#224; une conception de la d&#233;mocratie qui la r&#233;duit &#224; un ensemble de r&#232;gles (des &#233;lections p&#233;riodiques, le suffrage universel, la concurrence entre des partis, le pluralisme social et culturel, etc.), en niant toute relation entre la d&#233;mocratie et un type d&#233;termin&#233; d'organisation sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sont aussi en rapport avec cette fa&#231;on de concevoir l'usage de la d&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette id&#233;e se nourrit d'une conception &#171; n&#233;gative &#187; de la libert&#233;, pour laquelle ce qui est important c'est de garantir que l'Etat n'interf&#232;re pas dans les activit&#233;s de l'individu et non pas de faire en sorte que la participation de la majorit&#233; des citoyens dans les d&#233;cisions de l'Etat s'&#233;largisse, &#224; partir d'une conception active, &#171; positive &#187;, de la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la pratique, le concept de &#171; l'action d&#233;mocratique &#187; tend &#224; briser le lien entre la l&#233;gitimit&#233; du gouvernement et le degr&#233; selon lequel ce gouvernement r&#233;alise les souhaits et satisfait les besoins des citoyens. Le concept en question pr&#233;tend annuler la prise en compte de tous probl&#232;mes qui font obstacle &#224; la r&#233;alisation de la d&#233;mocratie situ&#233;s au del&#224; de la formalit&#233; institutionnelle. Seules compteraient les r&#232;gles du jeu, tout au plus un ensemble de valeurs abstraites, mais la redistribution de la richesse, les encouragements &#224; l'ascension sociale, la qualit&#233; de la vie, auraient peu &#224; voir avec la d&#233;mocratie. Celle-ci est r&#233;duite &#224; une technique pour &#233;tablir l'ordre successoral des gouvernements, dans des conditions pacifiques et stables, dot&#233;e du surplus de l&#233;gitimit&#233; que conf&#232;re la d&#233;signation des dirigeants au moyen d'&#233;lections ouvertes et au suffrage universel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouve une critique fond&#233;e, du point de vue de sa conception (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interpr&#233;tation restreinte va de pair, au fond, avec toute une conception de la vie en soci&#233;t&#233; : celle qui place les relations marchandes au sommet des relations humaines et qui, au fond, consid&#232;re qu'elles sont les seules dignes d'occuper l'intelligence et les efforts des &#234;tres humains. Sous ce manteau id&#233;ologique, la politique est seulement un r&#233;sidu inconfortable, un cadre dans lequel, malheureusement, la transaction ne fonctionne pas (ou du moins o&#249; il n'y a pas moyen de l&#233;gitimer la marchandisation totale des relations politiques) et il n'y a pas d'autre solution que d'introduire le vote populaire pour assigner les fonctions de direction dans l'appareil d'Etat. Les progr&#232;s d'un nouveau mod&#232;le d'accumulation capitaliste, dont la doctrine s'appuie sur la domination totale du march&#233;, mais qui se traduit dans la pratique par une concentration acc&#233;l&#233;r&#233;e du capital et une hausse de la subordination du travail humain, exige un &#171; r&#233;ductionnisme &#187; de la composante d&#233;mocratique du genre dont nous venons de parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Argentine des derni&#232;res d&#233;cennies est un exemple abouti d'un tel type de &#171; minimisation &#187; de la composante &#171; gouvernement par le peuple &#187; dans un syst&#232;me de repr&#233;sentation politique lib&#233;rale, bas&#233; sur le suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, aujourd'hui, on peut parler d'une &#034;stabilisation&#034; de la d&#233;mocratie, puisque nous vivons, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, le cinqui&#232;me cycle cons&#233;cutif de pr&#233;sidents &#233;lus au suffrage populaire. La continuit&#233; du dernier cycle a &#233;t&#233; interrompue, peu apr&#232;s son deuxi&#232;me anniversaire, par la d&#233;mission du pr&#233;sident au milieu d'une remarquable insurrection populaire, le 20 d&#233;cembre 2001. Cela a donn&#233; lieu &#224; son remplacement en application de m&#233;canismes constitutionnels, (dont certains aspects &#233;taient certes discutables quant &#224; leur l&#233;galit&#233;) et, surtout, avec la reconnaissance par le peuple de sa l&#233;gitimit&#233; &#171; originelle &#187;. Et, apr&#232;s une p&#233;riode de transition, un pr&#233;sident a &#233;t&#233; &#233;lu au cours d'&#233;lections qui, bien qu'elles aient eu un d&#233;roulement tortueux et qu'elles aient &#233;t&#233; organis&#233;es avec des r&#232;gles plus que discutables, ont permis que la t&#234;te de l'ex&#233;cutif retrouve une l&#233;gitimit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous faisons r&#233;f&#233;rence aux &#233;lections d'avril-mai 2003 qui ont vu la victoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste en suspens la question suivante : quel type de d&#233;mocratie est-on en train de reb&#226;tir ? Une r&#233;ponse tentante c'est qu'elle est marqu&#233;e par une concordance de forces largement favorables &#224; la classe dominante, rendue &#233;vidente par la concentration du pouvoir, tant sur le plan &#233;conomique que politique et culturel qui est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire nationale. Le gigantesque processus de privatisations qui a &#233;t&#233; entrepris, d'une ampleur jamais vue m&#234;me dans d'autres pays du continent qui sont pass&#233;s par &#171; des r&#233;formes structurelles &#187; d'ob&#233;dience n&#233;olib&#233;rale, comme le Mexique et le Br&#233;sil, a &#233;t&#233; la base fondamentale, mais non unique, d'un nouveau &#171; positionnement &#187; des grands conglom&#233;rats patronaux auxquels on a c&#233;d&#233; le contr&#244;le d'entreprises de communications, de transports et des services publics, banques auparavant publiques, quelques grandes installations industrielles auparavant propri&#233;t&#233; de l'Etat, m&#233;dias et la plus grande entreprise du pays, la compagnie p&#233;troli&#232;re d'Etat YPF. La &#171; d&#233;r&#232;glementation &#187; des march&#233;s des biens et des capitaux, la &#171; flexibilisation &#187; du droit du travail dans un sens toujours plus favorable &#224; l'accroissement du pouvoir patronal et &#224; la diminution des droits et des conqu&#234;tes des salari&#233;s, l' &#171; ouverture &#187; aux importations de biens et aux capitaux ext&#233;rieurs, ont accompagn&#233; les &#171; privatisations &#187; en consolidant leur orientation &#233;conomique et sociale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera un bon traitement de ce processus, avec certains points (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La concentration croissante du capital, la baisse du salaire r&#233;el, le ch&#244;mage &#224; des niveaux jusqu'alors inconnus dans l'histoire nationale, ont &#233;t&#233; non seulement la toile de fond, mais le trait saillant de ce processus dans le domaine social&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;volution du ch&#244;mage durant ces deux derni&#232;res d&#233;cennies passe d'une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La promesse symbolique formul&#233;e par le premier pr&#233;sident de restaurer la d&#233;mocratie : &#171; avec la d&#233;mocratie, on mange, on soigne, on instruit... &#187; a &#233;t&#233; drastiquement contredite dans les faits. La &#171; d&#233;mocratie de la d&#233;faite &#187;, comme on l'a parfois appel&#233;e en soulignant ainsi qu'elle est fille de la dictature militaire et de la destruction des organisations radicalis&#233;es des ann&#233;es70, est aussi &#171; la d&#233;mocratie de la pauvret&#233; &#187; et de la d&#233;gradation des services sociaux fondamentaux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;En 1995, la proportion de foyers pauvres a connu une hausse de 24 %, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait probl&#232;me c'est que, dans ces conditions, ce qui est remis en question ce n'est pas seulement la repr&#233;sentation politique et le r&#233;gime d&#233;mocratique, mais aussi l'id&#233;e m&#234;me d'un Etat situ&#233; au-dessus de la soci&#233;t&#233; et au service du bien commun, id&#233;e constitutive de tout Etat bas&#233; sur les principes du lib&#233;ralisme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il vaut la peine de citer ici Gramsci dans ses &#233;crits de jeunesse sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; un r&#233;gime constitutionnel, en Argentine, se fait dans le cadre d'un processus de restauration des r&#233;gimes constitutionnels qui concerne toute Am&#233;rique Latine, &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 80 et &#224; la demande des Etats-Unis eux-m&#234;mes qui ont donc renonc&#233;, ce faisant, au maintien de dictatures qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es, paradoxalement, dangereuses et inefficaces pour garantir les int&#233;r&#234;ts nord-am&#233;ricains et, dans certains cas, m&#234;me les int&#233;r&#234;ts des bourgeoisies de leurs propres pays. Certains de ces r&#233;gimes, comme c'est particuli&#232;rement le cas en Argentine, avaient pr&#233;alablement d&#233;truit les mouvements politiques qui proposaient une transformation sociale radicale. En m&#234;me temps, ils ont provoqu&#233; des processus de division de la classe ouvri&#232;re et d'autres couches populaires, marqu&#233; par &#171; la remise au pas &#187; de classes inf&#233;rieures qui avaient cultiv&#233; des pr&#233;tentions &#171; excessives &#187;, aux yeux des classes dominantes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une des analyses les plus p&#233;n&#233;trantes de cette op&#233;ration de &#171; remise au pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette &#171; t&#226;che une fois r&#233;alis&#233;e &#187;, on avait une base solide pour un retour &#224; un cadre institutionnel &#171; d&#233;mocratique &#187; offrant toute s&#233;curit&#233; aux classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sortie des dictatures a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par la crise de la dette ext&#233;rieure et l'incapacit&#233; politique manifeste de la majorit&#233; de ces dictatures &#224; trouver un consensus avec les larges secteurs de la population (&#224; l'exception partielle du Chili&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous voulons dire qu'au Chili, la droite &#034;pinochetiste&#034; a donn&#233; naissance &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) et non &#224; cause de la victoire de mouvements de r&#233;sistance qui les auraient forc&#233; &#224; dispara&#238;tre, c'est pourquoi les transitions ont eu lieu dans un contexte d'affaiblissement des organisations populaires qui auraient pu intervenir pour approfondir le processus de d&#233;mocratisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des premi&#232;res questions &#224; prendre en compte quand on analyse la p&#233;riode du retour de la d&#233;mocratie en Argentine, c'est d'&#233;tablir des corr&#233;lations temporelles entre le changement de r&#233;gime politique et la configuration sociale, &#233;conomique et culturelle de notre pays ou, plus pr&#233;cis&#233;ment, relier ces transformations avec le d&#233;veloppement de la confrontation entre les classes sociales Si on ne le fait pas, on court le risque de suivre une analyse centr&#233;e sur l'institution politique et qui laisse de c&#244;t&#233; des causes importantes du d&#233;veloppement de la d&#233;mocratie en Argentine durant ces ann&#233;es. Durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies, l'ensemble des relations entre les classes sociales, les groupes et les acteurs sociaux s'est modifi&#233; dans un sens qui accorde une pr&#233;&#233;minence forte au noyau le plus concentr&#233; de la classe dominante, et cela change toute la relation entre l'&#201;tat et la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mabel Thwaites Rey parle de ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu au cours des derni&#232;res ann&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La crise &#233;conomique, sociale et politique autour de d&#233;cembre 2001 a provoqu&#233; un certain r&#233;veil des possibilit&#233;s d'action des classes populaires, et a impuls&#233; des recadrages non n&#233;gligeables dans les politiques mises en place par l'&#201;tat, mais n'a pas modifi&#233; substantiellement le panorama g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant tout le XX &#232;me si&#232;cle, l'Argentine a &#233;t&#233; une soci&#233;t&#233; qui, de diff&#233;rentes mani&#232;res, a avanc&#233; en &#171; int&#233;grant &#187; des secteurs de plus en plus larges de sa population, en faisant na&#238;tre l'illusion d'une &#171; soci&#233;t&#233; ouverte &#187;, qui g&#233;n&#233;rait de multiples possibilit&#233;s de progr&#232;s, tant pour les individus que pour l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, tout au long des derni&#232;res d&#233;cennies, on a vu appara&#238;tre progressivement un mouvement contraire, un mouvement de plus en plus fort qui poussait vers la &#171; marginalisation &#187; ou la &#171; perte-de-citoyennet&#233; &#187; des groupes sociaux de plus en plus larges. Cela a forc&#233;ment des cons&#233;quences importantes sur la mani&#232;re d'articuler les relations entre l'Etat et la soci&#233;t&#233; et sur la fa&#231;on de construire du l&#233;gitime &#224; partir d'un &#201;tat qui ne peut plus s'appuyer sur une promesse d'ascension sociale ni sur les b&#233;n&#233;fices d'une version certes &#171; pauvre &#187;, mais efficace, d'un &#201;tat synonyme de promesse de Bien Vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La restauration d&#233;mocratique, en Argentine, a co&#239;ncid&#233;, au niveau mondial, avec le d&#233;passement du stade d'accumulation capitaliste qui permettait une autonomie relative des &#233;conomies nationales par rapport au march&#233; mondial, qui reposait sur des compromis trouv&#233;s entre les classes sociales et des accords n&#233;o-corporatistes qui soutenaient les freins mis au mouvement international des biens et des capitaux, au b&#233;n&#233;fice du d&#233;veloppement et de la protection du march&#233; int&#233;rieur national&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hirsch, Joaquim : &#171; Mondialisation. Transformation de l'Etat et D&#233;mocratie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est produit un processus de stabilisation institutionnelle orient&#233; &#224; partir de la d&#233;finition, de plus en plus directement, par le grand capital, des politiques que les gouvernements &#233;lus au suffrage populaire appliquent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hirsch, J op. cit. p. 28-29&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non seulement dans notre pays, mais dans toute l'Am&#233;rique Latine, les capitalistes ont r&#233;ussi &#224; faire des d&#233;mocraties repr&#233;sentatives leurs subordonn&#233;es les plus efficaces. En comparaison avec les dictatures militaires pass&#233;es, ces d&#233;mocraties apportent un plus de l&#233;gitimit&#233; que leur donne l'existence du suffrage universel, sans le &#171; co&#251;t &#187; d'aucune menace, plus ou moins s&#233;rieuse, jusqu'&#224; pr&#233;sent, pour l'organisation de la soci&#233;t&#233; en classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'affirme Nun, la croissance de la pauvret&#233; et de l'in&#233;galit&#233; &#171; entra&#238;ne le maintien de d&#233;mocraties repr&#233;sentatives qui pratiquent l'exclusion, avec seulement une minorit&#233; de vrais citoyens au sens plein du terme, ce qui revient &#224; dire qu'il s'agit de r&#233;gimes politiques peu d&#233;mocratiques et peu repr&#233;sentatifs &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nun, Jos&#233; : &#034;Marginalit&#233; et exclusion sociale&#034; , FCE, 2001, p. 299.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que Przeworski&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Przeworski, Adam : &#034;Capitalisme y Social-d&#233;mocratie&#034;, Alianza, 1988.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;a appel&#233;, en son temps, la construction &#171; des bases mat&#233;rielles de l'h&#233;g&#233;monie &#187;, en pointant cette tendance &#224; faire &#171; des concessions &#233;conomiques dans le but d'&#233;largir et de stabiliser le consensus envers l'ordre &#233;tabli et qui a &#233;t&#233; abandonn&#233;, dans une grande mesure, dans les objectifs des politiques publiques de notre pays pendant la d&#233;cennie 90 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir public a pr&#233;f&#233;r&#233; miser sur l'isolement, la d&#233;sorganisation et la d&#233;mobilisation des classes populaires plut&#244;t que sur la mise en place de m&#233;canismes susceptibles d'am&#233;liorer les revenus et la qualit&#233; de vie de celles-ci pour compenser leur acceptation des &#171; r&#232;gles de jeu &#187;, comme cela avait &#233;t&#233; le cas dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a reli&#233; le processus de d&#233;t&#233;rioration dont souffre le syst&#232;me en Argentine avec la crise des repr&#233;sentations politiques. Cela peut &#234;tre valable &#224; condition qu'on ait clairement &#224; l'esprit que, dans le cas de notre pays, la crise de repr&#233;sentation est seulement un des chapitres d'une d&#233;rive plus vaste. Celle-ci comprend la stagnation &#233;conomique, le d&#233;mant&#232;lement de l'appareil d'Etat, la perte d'efficacit&#233; des &#233;tiquettes id&#233;ologiques traditionnelles et, surtout, l'augmentation brutale de l'in&#233;galit&#233; sociale et de la d&#233;t&#233;rioration des conditions de vie de la majorit&#233; de la population&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hilda S&#225;bato, entre autres, est favorable &#224; cette fa&#231;on d'aborder l'&#233;tude de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'on commence &#224; comprendre clairement c'est que l'id&#233;e de parachever un processus de d&#233;veloppement de l'in&#233;galit&#233; et de la concentration du pouvoir dans toutes ses dimensions en conservant les formes de la d&#233;mocratie parlementaire devient de plus en plus difficile&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A partir de 1990, longue est la liste des pr&#233;sidents qui dans toute (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, l'actuel essai de gouvernement, mis en place depuis mai 2003, vise un changement de cap de fa&#231;on &#224; retrouver l'id&#233;e d'un appareil d'Etat &#171; impartial &#187; et guid&#233; par des consid&#233;rations d' &#171; int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;. En m&#234;me temps, on propose de recr&#233;er une direction politique qui aura la capacit&#233; d'appara&#238;tre comme au service &#171; de la nation &#187;, au lieu d'ob&#233;ir automatiquement au grand capital ou aux app&#233;tits de certaines personnes ou de certains groupes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera une analyse de la port&#233;e et des limites de la construction du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type de d&#233;mocratie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut comprendre, comme le font plusieurs auteurs, la d&#233;mocratie argentine des ann&#233;es 80-90 comme une d&#233;mocratie d&#233;grad&#233;e, avec des institutions soumises au &#034;d&#233;cisionnisme&#034; qui s&#233;vit depuis le haut de l'Etat lequel foule aux pieds les r&#232;gles juridiques et les manifestations de la volont&#233; populaire oppos&#233;e aux solutions choisies&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Les essais r&#233;unis in : &#034; AAVV. Peronismo y Menemismo, El Cielo por (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Au del&#224; des changements d'orientation des politiques adopt&#233;es, dans bien des cas, cette caract&#233;ristique peut &#234;tre maintenue jusqu'&#224; pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, nous sommes tent&#233;s de penser que sont &#224; l'&#339;uvre des ph&#233;nom&#232;nes plus complexes et plus profonds : Nous assistons &#224; la transformation du contenu d'un r&#233;gime politique sur une armature juridico-constitutionnelle qui reste intacte pour l'essentiel. La repr&#233;sentation politique (m&#234;me avec toutes les limitations de la d&#233;mocratie parlementaire) et la citoyennet&#233; au sens large tendent &#224; s'&#233;tioler s&#233;rieusement au profit de la toute puissance d'une &#233;lite politique qui n'a d'autre engagement ferme que celui de &#171; mettre en &#339;uvre &#187; les orientations du grand capital. On attend des gouvernants qu'ils se consacrent enti&#232;rement et investissent toutes leurs ressources pour optimiser les possibilit&#233;s de profit de la grande entreprise dans son espace d'intervention naturel et pour le bon positionnement du pays sur le march&#233; mondial, en adaptant, dans la mesure du possible, le d&#233;veloppement id&#233;ologique et culturel &#224; ces exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au del&#224; des fronti&#232;res entre les classes dominantes, la pr&#233;occupation de l'appareil d'Etat est marqu&#233;e par la &#171; gouvernabilit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire plus par le souci d'&#233;viter des cons&#233;quences politiques perturbatrices que provoquent le manque d'&#233;quit&#233; et les in&#233;galit&#233;s que par le souci r&#233;el de r&#233;soudre ces probl&#232;mes. Un facteur aggravant particuli&#232;rement important c'est que l'&#233;lite politique ne remplit pas non plus pleinement les fonctions que le &#171; mod&#232;le &#187; lui assigne ; dans le cas de l'Argentine, par exemple, elle &#233;choue encore et encore &#224; produire des conditions de &#171; comp&#233;titivit&#233; &#187; internationale. L'actuel gouvernement mise sur un type d'&#233;changes bas&#233;s sur une monnaie faible sous &#233;valu&#233;e et sur des bas salaires au niveau mondial, au lieu de miser sur une croissance des investissements, sur l'innovation technologique et sur des salaires &#233;lev&#233;s. Dans ces conditions, le succ&#232;s tactique peut se transformer, comme cela s'est v&#233;rifi&#233; dans le pass&#233;, en un &#233;chec strat&#233;gique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aujourd'hui, la politique &#233;conomique officielle soutient un type de change (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les possibles r&#233;actions hostiles du capital face &#224; des politiques qu'il peut consid&#233;rer contraires &#224; ses int&#233;r&#234;ts ne sont pas faciles &#224; contrecarrer. Dans cette nouvelle &#233;tape du capitalisme mondial, le capital peut se d&#233;placer &#224; faible co&#251;t d'un pays vers un autre et m&#234;me d'une zone du monde dans une autre, et c'est pourquoi les &#233;tats nationaux sont pouss&#233;s &#224; soumettre leurs politiques aux &#171; exigences de rentabilit&#233; et de maintien &#187; fix&#233;es par les capitalistes eux-m&#234;mes et par les organismes financiers internationaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entre autres analyses de cet aspect de la dite &#171; mondialisation &#187; on (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es de stabilit&#233; institutionnelle ont &#233;t&#233;, au niveau de la concentration du capital et de ladisparition des conditions de travail et de vie des classes inf&#233;rieures, d'une remarquablecontinuit&#233;. Sur ce plan, le passage &#224; un r&#233;gime d&#233;mocratique et &#224; sa stabilisation n'a apport&#233; aux classes populaires aucun avantage appr&#233;ciable, mais au contraire la poursuite de la d&#233;t&#233;rioration sociale et l'extension des carences &#224; des secteurs de plus en plus larges&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bor&#243;n, Atilio : &#034;Les promesses non tenues de la d&#233;mocratie &#187; in en AAVV. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En partant de la cons&#233;quente revalorisation de la d&#233;mocratie qui a eu lieu &#224; la suite de la derni&#232;re exp&#233;rience dictatoriale et des souffrances que la dictature avait entra&#238;n&#233;es, l'opinion favorable au maintien du r&#233;gime d&#233;mocratique n'a pas &#233;t&#233; affaiblie de mani&#232;re d&#233;cisive. La diff&#233;rence fondamentale avec ce qui se produisait au cours des &#233;tapes ant&#233;rieures, c' est que la perte de confiance envers le r&#233;gime politique ne prend pas la forme d'une exigence d' &#171; ordre &#187; et de fermeture autoritaire de la situation critique, mais se limite &#224; une condamnation de l'in&#233;galit&#233; et de l'injustice et tend &#224; rechercher, m&#234;me &#224; t&#226;tons, des solutions bas&#233;es sur la plus grande mobilisation du peuple et son intervention dans la prise des d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste des d&#233;ficiences institutionnelles qu'on peut pointer est longue et significative, elle concerne m&#234;me le fonctionnement de la Justice, les manquements dans l'application de l'ordre l&#233;gal, le r&#244;le jou&#233; par la police et les autres forces de s&#233;curit&#233;, mais tout cela est insuffisant pour modifier cette appr&#233;ciation fondamentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, quand on tente d'avoir une vue d'ensemble, il est clair qu'on peut penser toute cette p&#233;riode historique en termes de &#034;crise organique&#034; ou de &#034;crise globale&#034; de notre formation sociale. Celle-ci est remont&#233;e &#224; la surface avec toute sa force vers la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70, jusqu'&#224; ce qu'en 1975 elle donne lieu &#224; une contre-offensive &#233;conomique, culturelle, politique et militaire des classes dominantes, r&#233;action qui a essay&#233; de mettre en place une strat&#233;gie d'&#233;radication des &#034;causes profondes&#034; de ce que l'on consid&#233;rait globalement comme &#034;de la subversion&#034;. Des organisations ouvri&#232;res puissantes et des politiques &#233;tatiques sur le mod&#232;le keyn&#233;sien faisaient partie de ces &#034;causes&#034; dans le diagnostic des classes dominantes et leur &#233;limination progressive a &#233;t&#233; un pr&#233;alable n&#233;cessaire aux transformations ult&#233;rieures avec la m&#234;me signification de classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a peu &#224; peu fabriqu&#233; une d&#233;mocratie sans ambition de transformation sociale, dans laquelle r&#232;gnent en ma&#238;tre les th&#233;ories &#233;litistes h&#233;rit&#233;es de Schumpeter pour qui le corps &#233;lectoral est l&#224; pour choisir seulement celui qui va prendre les d&#233;cisions, mais n'a jamais la possibilit&#233; d'intervenir r&#233;ellement dans le choix et l'orientation de ces d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, l'&#233;l&#233;ment &#171; d&#233;cision populaire &#187; tend &#224; devenir illusoire, m&#234;me dans l'espace &#233;troit que la d&#233;mocratie repr&#233;sentative lui assigne. En r&#233;alit&#233;, la possibilit&#233; de choisir entre des options pr&#233;alablement d&#233;termin&#233;es par des pouvoirs sup&#233;rieurs a &#233;t&#233; d&#233;port&#233;e du niveau &#171; &#233;lections &#187; au niveau &#171; vie quotidienne &#187; par le biais du d&#233;veloppement d&#233;mesur&#233; de la &#171; sondo-mania &#187; toujours soucieuse d'orienter l'opinion publique sur les &#233;lections &#224; venir et sur l' &#171; image &#187; des possibles candidats, ce qui &#224; son tour trouve une r&#233;percussion de premi&#232;re grandeur dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expression de &#171; l'opinion &#187; toujours circonscrite par la conception m&#234;me des enqu&#234;tes, &#171; remplace &#187; les possibilit&#233;s r&#233;elles de d&#233;cision. Avec le fait, aggravant, que cette fa&#231;on de faire viole les pr&#233;misses originelles de la vision de Schumpeter qui donnait la priorit&#233; au d&#233;veloppement &#233;conomique et limitait son domaine d'application au capitalisme occidental&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Nun, Jos&#233;, op. cit. p. 297.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le jeu d&#233;mocratique additionne de plus en plus de niveaux d'apathie qui ne sont pas le fruit d'une certaine adh&#233;sion passive &#224; un syst&#232;me auquel on ne souhaite pas prendre part, comme cela peut se produire dans des pays capitalistes plus d&#233;velopp&#233;s, mais qui refl&#232;tent l'auto-exclusion d'un ordre politique envers lequel une bonne partie des citoyens &#233;prouvent une perte d'identification. Dans les faits, il y a une perte de citoyennet&#233; sociale et &#233;conomique qui est report&#233;e vers la privation de citoyennet&#233; politique. La manifestation la plus remarquable de ce ph&#233;nom&#232;ne a &#233;t&#233; la tendance croissante &#224; l'abstention et au vote blanc que l'on a constat&#233; lors des &#233;lections nationales jusqu'en 2001. Et tant que cet &#233;loignement ou cette &#171; auto-exclusion &#187; n'entra&#238;ne pas les expressions actives du m&#233;contentement, elle tend &#224; faire partie du syst&#232;me qui perp&#233;tue la domination de certains secteurs sur le plan politique et &#233;conomique, lesquels, m&#234;me sils ne favorisent pas ouvertement cette auto-exclusion, ne font rien de bien s&#233;rieux pour l'&#233;viter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le r&#233;gime constitutionnel s'est r&#233;v&#233;l&#233;, jusqu'&#224; pr&#233;sent, comme le cadre ad&#233;quat pour le d&#233;mant&#232;lement de toute la structure de l'&#201;tat interventionniste au b&#233;n&#233;fice presque exclusif des grandes entreprises, processus engag&#233; &#224; partir de 1989. De plus, l'application cons&#233;quente de programmes n&#233;olib&#233;raux s'est faite avec l'aval du vote populaire : Le pr&#233;sident Menem a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lu, en 1995, alors qu'il venait de r&#233;aliser les principales actions de privatisation, de d&#233;r&#232;glementation et de &#171; flexibilisation &#187; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cela on peut ajouter un r&#233;alignement profond de la politique ext&#233;rieure sur chacune des positions d&#233;fendues par les Etats-Unis et leurs alli&#233;s les plus proches, r&#233;alignement qui a servi &#224; renforcer, sur le plan politique, la subordination compl&#232;te &#224; l'int&#233;r&#234;t capitaliste et qui a d&#233;truit une certaine tradition de &#034;neutralit&#233;&#034; dans les conflits internationaux qui, sans avoir la force de celle d'autres pays comme le Mexique, avait exist&#233; en Argentine durant des d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision, en 2002, de modifier quelques positions internationales de l'Argentine avec des orientations plus autonomes des ordres de Washington, a &#233;t&#233; conduite avec une extr&#234;me timidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, l'arriv&#233;e au pouvoir du pr&#233;sident Kirchner a produit un certain &#233;largissement du degr&#233; de divergence &#171; tol&#233;r&#233;e &#187;avec les orientations nord-am&#233;ricaines. On a pris, sur ce plan, des d&#233;cisions &#224; fort pouvoir symbolique comme l'adoption et le maintien de l'abstention, &#224; l'ONU, dans les votes sur Cuba, mais on n'a pas totalement rompu avec des alignements clairs sur la politique nord-am&#233;ricaine, comme le prouve la participation de l'Argentine dans l'intervention internationale &#224; Ha&#239;ti. Il y a derni&#232;rement eu d'autres gestes d'autonomie, comme le refus de rejoindre l'ALCA et le rapprochement commercial et diplomatique avec le Venezuela de Ch&#225;vez, compens&#233;s par de manifestes marques d'int&#233;r&#234;t pour des investissements nord-am&#233;ricains dans le pays, dont Kirchner lui-m&#234;me a pris la t&#234;te lors d'un r&#233;cent d&#233;placement aux Etats-Unis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le pr&#233;sident remercia ainsi l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par le march&#233; et souligna (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;III. L'&#034;&#233;tat&#034; actuel des partis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maturation ou d&#233;cadence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Argentine d'avant 1983 &#233;tait une soci&#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par l'existence de partis de masses dot&#233;s de capacit&#233; de mobilisation et qui adh&#233;raient, dans l'ensemble, &#224; des politiques d'&#201;tat de Bien-&#234;tre, au d&#233;veloppement du march&#233; int&#233;rieur, &#224; l'int&#233;gration sociale et politique des secteurs populaires et &#224; une certaine tendance ind&#233;pendantiste en politique ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences les plus profondes entre les principaux partis, Justicialista et Radical, concernaient davantage les classes sociales et les organisations qui leur servaient de base fondamentale (travailleurs et syndicats pour le justicialisme, couches moyennes pour le parti radical), et les mani&#232;res diff&#233;rentes d'appr&#233;cier l'institution d&#233;mocratique (beaucoup plus centrale dans le radicalisme et davantage port&#233;e &#224; n'&#234;tre qu'un moyen pour le justicialisme) que sur le contenu fondamental de leurs programmes. Seul l'impact de la radicalisation politique g&#233;n&#233;rale sur le p&#233;ronisme, qui eut peu d'effet dans l'Union Civique Radicale, a provoqu&#233; un grand virage dans les mots d'ordre et les propositions de cette force politique &#224; la fin des ann&#233;es 60 et au d&#233;but des ann&#233;es 70 et, suite &#224; cela, une plus grande diff&#233;renciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du retour &#224; la d&#233;mocratie on a vu na&#238;tre une tendance &#224; la consolidation du m&#234;me syst&#232;me de bipartisme avec la m&#234;me paire de partis, mais tous deux en cours de remodelage tant sur le plan du programme que sur l'ensemble de leur activit&#233; politique et de leurs alliances sociales. Ce qui au d&#233;but est apparu comme une nette mod&#233;ration de leurs d&#233;sirs de changement est devenu quelque chose de plus profond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progressive adoption par ces deux partis aux traditions populaires de positions peu &#224; peu plus identifi&#233;es comme des propositions traditionnellement d&#233;fendues par la droite conservatrice du pays, et&lt;br class='autobr' /&gt;
la propension &#224; resserrer de plus en plus leurs liens avec le grand capital local et international m&#234;me en courant le risque d'affaiblir et de modifier progressivement leurs liens avec les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes de professionnalisation des cadres politiques, de d&#233;-radicalisation id&#233;ologique, de d&#233;mobilisation des bases, de dilution et d'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;isation de leurs soutiens que l'on associe habituellement &#224; la transformation des partis politiques en organisations de type &#171; attrape-tout &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous empruntons ces traits de l'exposition de Claus Offe in &#171; Les partis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se sont r&#233;alis&#233;s pleinement dans les partis argentins avec un non n&#233;gligeable effet &#233;lectoral. Autant le p&#233;ronisme que le radicalisme deviennent peu &#224; peu des machines &#233;lectorales dont l'&#233;lectorat ne recoupe plus un clair d&#233;coupage de classe et dont les programmes, non seulement n'ont pas de diff&#233;rences sensibles, mais glissent en ch&#339;ur vers le conservatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, cette apparente &#171; normalisation &#187; du syst&#232;me de partis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous appelons &#034;normalisation&#034; les circonstances selon lesquelles les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se fait dans des conditions d'appauvrissement et de marginalisation croissante en m&#234;me temps qu'augmente le taux de ch&#244;mage, de sous-emploi et de travail au noir. On voit grandir l'incr&#233;dulit&#233; &#224; l'&#233;gard d'un ordre politique qui n'offre rien d'autre qu'un permanent approfondissement de la redistribution r&#233;gressive des richesses, pas seulement mat&#233;rielles, et qui s'efforce de confiner de larges masses de sa population dans une situation marqu&#233;e par la d&#233;sorganisation et par l'isolement dans un individualisme de survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;montage des politiques sociales &#224; pr&#233;tention d'universalit&#233; on a ouvert du m&#234;me coup des espaces pour un nouveau client&#233;lisme qui se sont &#233;largis dans un contexte de &#171; pauvret&#233; et d'in&#233;galit&#233; croissantes, de ch&#244;mage et de sous-emploi et de retrait de l'Etat comme celui qui caract&#233;rise l'Argentine des ann&#233;es 90 &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auyero, Javier : &#034;Evita comme performance. M&#233;rdiation et solution des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le client&#233;lisme a trouv&#233; une base dans la pr&#233;tention de contenir des secteurs sociaux exclus ou marginalis&#233;s au moyen de politiques centr&#233;es, destin&#233;es &#224; fonctionner comme l'ambulance qui ramasse les bless&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Vilas, Carlos : &#034;Ambulances, Pompiers et Policiers : la politique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces actions de contention drainent des fonds publics vers les secteurs les plus appauvris, fonds dont la gestion devient un &#233;chelon fondamental des liens de r&#233;ciprocit&#233; qui construisent une relation d'&#233;change in&#233;gal dans laquelle on troque l'acc&#232;s &#224; l'assistanat contre le vote (ou la participation &#224; des actions politiques ou la participation &#224; des campagnes &#233;lectorales) pendant que l'administration de ces &#171; programmes &#187; rend possible de placer aux &#233;chelons les plus bas des militants professionnalis&#233;s dont l'activit&#233; pros&#233;lytique est &#233;galement aliment&#233;e par les fonds que ces programmes apportent. Les nouveaux traits de ce client&#233;lisme et sa compatibilit&#233; avec des formes plus modernes d'activit&#233; politique sont surtout &#233;vidents dans le Parti Justicialiste. Ce dernier, n&#233; au milieu du XX&#186; si&#232;cle comme mouvement qui devait d&#233;passer la manipulation &#171; paternaliste &#187; des masses populaires, avec la place publique comme espace de base et une tr&#232;s pr&#233;coce utilisation des m&#233;dias de masse, a construit, &#224; partir de 1983, un maillage client&#233;liste tr&#232;s serr&#233;, non pas seulement dans les provinces les plus &#171; recul&#233;es &#187;, mais aussi dans les banlieues de Buenos Aires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#034;La figure du &#034;puntero&#034;, appellation qui appartient au vocabulaire des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le militantisme guid&#233; par une id&#233;ologie (ou &#224; d&#233;faut par un ensemble de convictions politiques de principe), pr&#234;t &#224; payer de sa personne et de son argent sans aucune attente de r&#233;compense mat&#233;rielle directe ou en termes de places ou de pr&#233;bendes tend &#224; dispara&#238;tre des espaces traditionnels des partis. Il est remplac&#233; par des relations inspir&#233;es par le b&#233;n&#233;fice mutuel sous la direction de gens qui font de la politique leur moyen de vivre tr&#232;s souvent non par vocation pour l'activit&#233; publique, mais parce qu'ils n'ont pas d'autre profession pour vivre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Daniel R. Garc&#237;a Delgado. Estado &amp; Sociedad. La nueva relaci&#243;n (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou parce que celle qu'ils ont leur rapporte moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas, bien s&#251;r, de dire que le militantisme id&#233;ologiquement motiv&#233;, &#171; d&#233;sint&#233;ress&#233; &#187; sur le plan mat&#233;riel, a disparu, mais qu'il s'est confin&#233; dans des mouvements qui ne sont pas des partis et dans des groupes radicalis&#233;s, bien souvent teint&#233;s d'un refus g&#233;n&#233;ral de la &#171; politique &#187;. Celle-ci est per&#231;ue, non sans raison, comme r&#233;duite &#224; l'assouvissement effr&#233;n&#233; d'app&#233;tits personnels ou de groupes avec la couverture de l'appareil d'Etat et les organisations des partis comme instances de l&#233;gitimisation et avec, en fin de course, le capital le plus concentr&#233; comme sempiternel b&#233;n&#233;ficiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, ce scepticisme global rend plus difficile la vision d'ensemble d'un champ commun d'intervention pour les secteurs victimes de l'exploitation et de l'exclusion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thwaites-Rey signale avec raison le probl&#232;me que pose ce scepticisme comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les mouvements qui se situent en dehors des partis sont, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, happ&#233;s par divers &#171; particularisme &#187; : leur implantation plut&#244;t locale, leur vocation &#224; d&#233;fendre une cause particuli&#232;re ou une gamme de revendications circonscrites, leur m&#233;fiance inn&#233;e envers toute &#171; direction &#187; ext&#233;rieure &#224; leur propre mouvement, etc. Ils subissent, en outre, de fortes pressions dans le sens de la cooptation par des organismes internationaux et d'autres forces li&#233;es &#224; l'&lt;i&gt;establishment&lt;/i&gt; qui essayent de les plier aux normes de la &#171; gouvernance &#187; en leur pr&#233;sentant de pseudo-alternatives &#224; la politique traditionnelle. On peut parfaitement appliquer au cas de l'Argentine ce qu'un auteur &#233;quatorien affirme pour Am&#233;rique Latine en g&#233;n&#233;ral : &#171; depuis les cercles des pouvoirs transnationaux et nationaux, tout au long des ann&#233;es 90, on a essay&#233; d'imposer aux mouvements populaires une seule vision du politique, les th&#233;ories de la gouvernance et un agenda impos&#233; depuis des organismes comme la Banque Mondiale qui les rend fonctionnels &#224; la contre-r&#233;forme de l'Etat, articul&#233;s avec les d&#233;nomm&#233;s processus de d&#233;centralisation et d'autogestion, renon&#231;ant &#224; avoir une perspective globale et &#233;mancipatrice du futur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hidalgo, Francisco, &#034;Movimientos Populares. El debate de alternativas.&#034; En (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pendant ce temps, les partis qui adh&#232;rent au syst&#232;me n'offrent pas d'espace pour les demandes populaires autrement que sous la forme du &#171; client&#233;lisme &#187;dont nous avons parl&#233;. De leur c&#244;t&#233;, les propositions des partis &#224; pr&#233;tention alternative ne parviennent pas &#224; sortir d'une position marginale, englu&#233;s dans des dogmes id&#233;ologiques et des pratiques vieillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3573&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; de&lt;/strong&gt; : Estelle et Carlos Debiasi ainsi que Manuel Colinas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3573&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Buenos Aires, 23 octobre 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sont aussi en rapport avec cette fa&#231;on de concevoir l'usage de la d&#233;mocratie les conceptions qui la consid&#232;rent comme une sorte de projection sur le plan politique des m&#233;canismes de &#171; libre march&#233; &#187;, dans le droit fil de Joseph Schumpeter et de son &#171; Capitalisme, socialisme et d&#233;mocratie &#187;, Barcelone, Orbis, 1983, chapitres XXII et XXIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouve une critique fond&#233;e, du point de vue de sa conception philosophique, de la d&#233;mocratie en tant que proc&#233;d&#233; chez Castoriadis. cf. &#171; La d&#233;mocratie comme proc&#233;d&#233; et comme r&#233;gime &#187; et Corn&#233;lius Castoriadis : &#171; Les Progr&#232;s de l'insignifiance &#187;, Eudeba, 1997. A partir de l'impossibilit&#233; de dissocier &#233;galit&#233; et libert&#233;, il arrive &#224; la conclusion : &#171; Il n'est pas possible de parvenir &#171; &#224; une mise en &#339;uvre de la d&#233;mocratie &#187; qui ne soit pas une escroquerie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous faisons r&#233;f&#233;rence aux &#233;lections d'avril-mai 2003 qui ont vu la victoire de l'actuel Pr&#233;sident N&#233;stor Kirchner. Le cours que nous qualifions de tortueux se r&#233;f&#232;re aux changements r&#233;p&#233;t&#233;s de dates et de r&#232;gles pour ces &#233;lections, mais surtout &#224; l'instauration d'un syst&#232;me qui a permis aux partis (dans la pratique, seulement au Parti Justicialiste d&#233;j&#224; au gouvernement) de pr&#233;senter plus d'un candidat par circonscription, sans un syst&#232;me d'&#171; appellations &#187; qui aurait rendu obligatoire l'addition des voix. De ce fait, la structure en partis perdait tout son sens et il en r&#233;sultait un &#233;trange hybride entre un syst&#232;me d' &#171; appellation &#187; et une &#233;lection &#224; deux tours. Le c&#244;t&#233; anormal de la situation fut aggrav&#233; par le fait que les deux candidats d&#233;sign&#233;s par les &#233;lecteurs pour disputer le ballotage, Menem et Kirchner, appartenaient au m&#234;me parti. L'ex-pr&#233;sident Menem ne se repr&#233;senta pas pour le second tour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera un bon traitement de ce processus, avec certains points discutables, chez Eduardo Basualdo : &#171; Syst&#232;me politique et mod&#232;le d'accumulation en Argentine &#187;. Buenos Aires, FLACSO-UNQ-IDEP, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'&#233;volution du ch&#244;mage durant ces deux derni&#232;res d&#233;cennies passe d'une situation de plein emploi virtuel au taux de ch&#244;mage le plus &#233;lev&#233; de l'histoire du pays ou du moins depuis qu'il existe des registres fiables. Le ch&#244;mage &#233;tait de 2,6 % en 1981 et de 4.8% en 1982. En mai 2002, son taux a d&#233;pass&#233; les 21 % puis il a baiss&#233; &#224; 15 %, mais si on comptabilise comme ch&#244;meurs ceux qui touchent des allocations, le ch&#244;mage continue &#224; friser les 20 %. Durant le trimestre janvier-mars 2005, le taux de ch&#244;mage a &#233;t&#233; de 13 %, sup&#233;rieur &#224; celui du trimestre pr&#233;c&#233;dent o&#249; il &#233;tait de 12,1 % (Donn&#233;es Indec. &lt;a href=&#034;http://www.indec.gov.ar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.indec.gov.ar&lt;/a&gt;). Au second trimestre de 2006, derniers chiffres connus, le taux du ch&#244;mage &#233;tait de 10,4%.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;En 1995, la proportion de foyers pauvres a connu une hausse de 24 %, renversant la tendance &#224; la baisse qui se v&#233;rifiait depuis 1989 (l'ann&#233;e du point culminant de la crise d'hyperinflation). En 1995, on estimait que 21 % des foyers du Grand-Buenos-Aires se trouvaient en dessous du seuil de pauvret&#233;, tandis que 15,3 % ne pouvaient pas couvrir leurs besoins &#233;l&#233;mentaires. Cela correspond &#224; l'abandon des politiques sociales universelles et &#224; leur remplacement par la d&#233;pense sociale cibl&#233;e. Voir Syampa, Maristella et Martucelli, Danilo : &#171; La place vide. Les transformations du p&#233;ronisme &#187; Losada, 1997 : 43 ) Les chiffres qui &#233;taient terribles il y a quelques ann&#233;es ont connu une certaine baisse en 1996-1997 et sont remont&#233;s jusqu'&#224; aujourd'hui alors qu'on calcule que plus de la moiti&#233; des jeunes mineurs du pays vivent sous le seuil de pauvret&#233;. Les chiffres officiels pour le second trimestre de 2004, au plan national, indiquent que 40,2 % de la population vit sous le seuil de pauvret&#233;, dont plus de 15 % en situation de pauvret&#233; extr&#234;me. Si on consid&#232;re les foyers, 29,8 % vivent sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il vaut la peine de citer ici Gramsci dans ses &#233;crits de jeunesse sur la Cit&#233; du Futur &#224; propos de la force conservatrice de l'id&#233;e-force qui anime l'Etat lib&#233;ral : &#171; comme id&#233;e-limite, le programme lib&#233;ral cr&#233;e l'&#233;tat &#233;thique, un &#233;tat id&#233;alement situ&#233; au-dessus de la lutte des classes &#8230; Cet &#233;tat est une aspiration politique plus qu'une r&#233;alit&#233; politique ; il n'existe qu'en tant que mod&#232;le utopique, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment son caract&#232;re de mirage qui le fortifie et le transforme en force de conservation. Dans l'espoir que cela se r&#233;alise finalement en sa compl&#232;te perfection, nombreux sont ceux qui trouvent des raisons de ne pas le refuser et de ne pas essayer de le remplacer par un autre.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une des analyses les plus p&#233;n&#233;trantes de cette op&#233;ration de &#171; remise au pas &#187; des classes populaires c'est toujours, malgr&#233; les ann&#233;es, celle de : Adolfo Gilly : &#171; L'anomalie argentine. (L'Etat, les entreprises et les travailleurs) &#187; Pablo Gonz&#225;lez Casanova (coordinateur) : &#171; L'Etat en Am&#233;rique Latine. Th&#233;orie et pratique. UNU-Siglo XXI, Mexico, 1990.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous voulons dire qu'au Chili, la droite &#034;pinochetiste&#034; a donn&#233; naissance &#224; deux partis : Renovaci&#243;n Nacional et Uni&#243;n democr&#225;tica Independiente et qu'elle est parvenue &#224; briguer la Pr&#233;sidence avec des chances de victoire depuis le d&#233;but de la restauration d&#233;mocratique jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mabel Thwaites Rey parle de ce qui a &#233;t&#233; v&#233;cu au cours des derni&#232;res ann&#233;es comme &#171; &#8230; une v&#233;ritable strat&#233;gie politico-&#233;conomique qui replace les bases de la domination sociale, d&#233;finit de nouvelles formes de l&#233;gitimisation-d&#233;ligitimisation &#233;tatique, implique un changement profond des fronti&#232;res entre l'Etat et la soci&#233;t&#233; et des liens entre les diff&#233;rents groupes, classes et acteurs sociaux qui s'&#233;taient &#233;tablis durant des d&#233;cennies en Argentine &#187;. Mabel Thwaites Rey : &#034; Recentrage structurel et r&#233;forme de l'Etat dans l'Argentine des ann&#233;es 90 &#187; in &#171; Realidad Econ&#243;mica. Revista del Instituto Argentino de Desarrollo Econ&#243;mico, N&#186; 160/161, novembre 1998/fevrier 1999, p. 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hirsch, Joaquim : &#171; Mondialisation. Transformation de l'Etat et D&#233;mocratie &#187;. C&#243;rdoba, 1997,p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hirsch, J op. cit. p. 28-29&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nun, Jos&#233; : &#034;Marginalit&#233; et exclusion sociale&#034; , FCE, 2001, p. 299.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Przeworski, Adam : &#034;Capitalisme y Social-d&#233;mocratie&#034;, Alianza, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hilda S&#225;bato, entre autres, est favorable &#224; cette fa&#231;on d'aborder l'&#233;tude de la crise sp&#233;cifique de la repr&#233;sentation, dans un commentaire sur la crise post&#233;rieur &#224; d&#233;cembre 2001. Cf. S&#225;bato, H. &#034;&#191;D&#233;mocratie &#224; l'agonie ?&#034; in Punto de Vista, op. Cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A partir de 1990, longue est la liste des pr&#233;sidents qui dans toute l'Am&#233;rique Latine ont &#233;t&#233; renvers&#233;s par divers m&#233;canismes, souvent suite &#224; une explosion de puissantes manifestations populaires, depuis Fernando Collor de Melo &#224; Alberto Fujimori et de Fernando de la R&#250;a &#224; Gonzalo S&#225;nchez de Lozada. Les soul&#232;vements de masse sont de plus en plus fr&#233;quents contre des d&#233;cisions impopulaires ou contre toute une politique gouvernementale. Sont aussi en crise les partis politiques traditionnels qui subissent des d&#233;faites &#233;lectorales et des pertes de militants apr&#232;s des d&#233;cennies d'existence, tel le syst&#232;me des deux partis traditionnels au Venezuela (Acci&#243;n Democr&#225;tica y COPEI), le radicalisme argentin, le parti Colorado en Uruguay, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;On trouvera une analyse de la port&#233;e et des limites de la construction du consensus par N&#233;stor Kirchner et des contradictions entre son discours et ses actes chez Boron, Atilio A. : &#171; R&#233;flexions &#224; propos du gouvernement de N&#233;stor Kirchner &#187; in &#171; Periferias. Revista de Ciencias Sociales&#034;. A&#241;o 9, N&#176; 12 Primer Semestre 2005, pp. 45 a 60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Les essais r&#233;unis in : &#034; AAVV. Peronismo y Menemismo, El Cielo por Asalto &#034;, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aujourd'hui, la politique &#233;conomique officielle soutient un type de change artificiellement &#233;lev&#233; (autour de 3 pesos pour 1 dollar) comme moyen de d&#233;courager les importations et de stimuler les exportations, sans compter que cela facilite les rentr&#233;es fiscales et la rentabilit&#233; des multinationales en qu&#234;te de bas salaires. Daniel Muchnik, analyste &#233;conomiste a pu &#233;crire : &#171; l'Argentine a un probl&#232;me domestique. Elle a gagn&#233; en comp&#233;titivit&#233; gr&#226;ce &#224; la d&#233;valuation et non gr&#226;ce &#224; l'investissement. Elle a gagn&#233; en comp&#233;titivit&#233; gr&#226;ce &#224; des salaires bas et non gr&#226;ce &#224; la productivit&#233;. Elle a gagn&#233; en comp&#233;titivit&#233; gr&#226;ce &#224; la protection et non gr&#226;ce &#224; la comp&#233;tence. Tous ces &#233;l&#233;ments r&#233;tr&#233;cissent son march&#233; int&#233;rieur et provoquent des tensions sociales difficiles &#224; r&#233;soudre &#224; court ou &#224; moyen terme &#187;. D. Muchnik, &#171; Un pas en arri&#232;re dans la marche du MERCOSUR &#187;. Clar&#237;n, 19/07/2004.. Cela a &#233;t&#233; &#233;crit il y a deux ans c'est pleinement d'actualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entre autres analyses de cet aspect de la dite &#171; mondialisation &#187; on trouvera celle de John Holloway in &#171; Un capital, beaucoup d'Etats &#187; revue : &#171; Contributions pour l'Etat et l'Administration Gouvernementale &#187; Ann&#233;e 1, N&#186; 1 Automne 1994&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Bor&#243;n, Atilio : &#034;Les promesses non tenues de la d&#233;mocratie &#187; in en AAVV. Izquierda, Instituciones y Lucha de Clases, sin menci&#243;n de editorial,1998,p. 44&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Nun, Jos&#233;, op. cit. p. 297.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le pr&#233;sident remercia ainsi l'int&#233;r&#234;t manifest&#233; par le march&#233; et souligna que l'Argentine reprenait la place que jamais elle n'aurait d&#251; laisser &#187; La Naci&#243;n, 20/0/06&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous empruntons ces traits de l'exposition de Claus Offe in &#171; Les partis politiques et les nouveaux mouvements sociaux &#187;, Madrid, Sistema, Colecci&#243;n Politeia, 1&#170; reimpresi&#243;n, 1992, pp. 62 a 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous appelons &#034;normalisation&#034; les circonstances selon lesquelles les diverses forces politiques acceptent la d&#233;mocratie comme unique jeu politique possible. Une bonne description nous en est donn&#233;e par Daniel Garc&#237;a Delgado : &#171; &#8230;le r&#233;gime repr&#233;sentatif qui se constituait dans la phase d&#233;mocratique du cycle civique-militaire n'est pas semblable &#224; celui qui se constitue apr&#232;s la derni&#232;re dictature, car au del&#224; du fait qu'il fonctionne avec les m&#234;mes institutions, la diffusion des valeurs associ&#233;es au pluralisme, la plus grande concurrence et l'impact de la mondialisation vont provoquer une transformation de ce r&#233;gime politique et produire le passage du mod&#232;le &#171; Movimientista &#187; (d&#233;mocratique-populaire) au d&#233;mocratique-lib&#233;ral &#187;. Garc&#237;a Delgado, Daniel, op. cit, p. 109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Auyero, Javier : &#034;Evita comme performance. M&#233;rdiation et solution des probl&#232;mes parmi les pauvres du Grand Buenos Aires &#187; in Auyero : &#171; Un service en &#233;change de votre voix aux &#233;lections ? &#187; Buenos Aires, 1997, p. 172.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Vilas, Carlos : &#034;Ambulances, Pompiers et Policiers : la politique sociale du n&#233;olib&#233;ralisme &#187; . D&#233;veloppement &#201;conomique, vol. 36, N&#176; 144, janvier-mars 1997, p. 931 et sqs&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#034;La figure du &#034;puntero&#034;, appellation qui appartient au vocabulaire des radicaux et de la droite conservatrice, mais qui n'a pas une solide tradition dans le p&#233;ronisme, c'est nous, D C, qui pr&#233;cisons) est devenu l'interm&#233;diaire incontournable entre les chefs politiques et les &#171; clients &#187; dans le p&#233;ronisme des ann&#233;es 90 &#187; &#034; (cf. Auyero, 1997, p. 169).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. Daniel R. Garc&#237;a Delgado. Estado &amp; Sociedad. La nueva relaci&#243;n social a partir del cambio estructural. FLACSO, Tesis-Norma, 1994, pp. 124 y ss. Durant les derni&#232;res ann&#233;es du &#171; m&#233;nemisme &#187; (de Carlos Menem)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Thwaites-Rey signale avec raison le probl&#232;me que pose ce scepticisme comme expression du sentiment de ne pas faire partie du syst&#232;me politique &#171; &#8230;il est imp&#233;ratif de ne perdre de vue que le haut degr&#233; atteint par ce sentiment de ne pas faire partie du syst&#232;me politique et la crise de repr&#233;sentativit&#233; dont p&#226;tissent ceux qui l'incarnent n'ont pas comme corollaire n&#233;cessaire une ad&#233;quate maturit&#233; de &#171; l'esprit de scission &#187; dont parlait Gramsci, pas plus que cela ne suppose un saut qualitatif dans la capacit&#233; d'organisation autonome des classes inf&#233;rieures &#187;. Cf. Thwaites-Rey, Mabel &#034;Sobre la pol&#237;tica expulsada y la irrupci&#243;n plebeya&#034; in Actuel Marx, juillet 2001, edici&#243;n argentina, p. 240.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Hidalgo, Francisco, &#034;Movimientos Populares. El debate de alternativas.&#034; En Kanoussi, Dora (ed.) Gramsci en Am&#233;rica, Universidad de Puebla, 2000, p. 60&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Argentine en perspective. Un bilan des derniers mois</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/L-Argentine-en-perspective-Un-bilan-des-derniers-mois</link>
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		<dc:date>2003-02-27T08:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Campione</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'est un tableau d'ensemble de ce qui na&#238;t mais aussi de ce qui n'en finit pas de mourir que nous brosse l'auteur, dans un article paru dans ALAI, le 17 janvier 2003. &lt;br class='autobr' /&gt;
Si jamais tu vois l'avenir, cette fois dis-lui de venir. &lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233; argentine semble engag&#233;e, un an apr&#232;s les 19 et 20 d&#233;cembre 2001, dans une voie qui la situe de fa&#231;on incertaine entre les r&#233;alit&#233;s du pass&#233; et celles de l'avenir. Elle vient de conna&#238;tre 12 mois particuli&#232;rement intenses, porteurs de signes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est un tableau d'ensemble de ce qui na&#238;t mais aussi de ce qui n'en finit pas de mourir que nous brosse l'auteur, dans un article paru dans ALAI, le 17 janvier 2003.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Si jamais tu vois l'avenir,&lt;br /&gt; cette fois dis-lui de venir.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; argentine semble engag&#233;e, un an apr&#232;s les 19 et 20 d&#233;cembre 2001, dans une voie qui la situe de fa&#231;on incertaine entre les r&#233;alit&#233;s du pass&#233; et celles de l'avenir. Elle vient de conna&#238;tre 12 mois particuli&#232;rement intenses, porteurs de signes contradictoires et peu clairs, mais aussi d'&#233;v&#233;nements exceptionnels et d'innovations.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6858 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L500xH393/doc-28-3485315f-21e4b.jpg?1721103655' width='500' height='393' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si on regarde le pouvoir en place, on a le sentiment, &#224; coup sur, d'une incertitude g&#233;n&#233;rale et d'une continuit&#233;, en toute impunit&#233;, des vieux exc&#232;s. Un syst&#232;me de partis effondr&#233;, mais personne pour le remplacer. Des institutions parlementaires discr&#233;dit&#233;es, mais qui votent des lois dans le sens suivi depuis quelques ann&#233;es, et qui entra&#238;nent notamment des transferts gigantesques de richesses au profit du grand capital, une Cour supr&#234;me qui risque toujours de passer en proc&#232;s (collectif ou individuel) et qui continue de bafouer le droit et la justice dans les jugements qu'elle rend. S'agissant du pouvoir &#233;conomique, les banques ont recommenc&#233; &#224; recevoir des d&#233;p&#244;ts, et les compagnies p&#233;troli&#232;res &#224; augmenter leurs tarifs. Les dollars continuent de partir &#224; l'&#233;tranger, les n&#233;gociations interminables avec le Fonds mon&#233;taire international se poursuivent, les producteurs d'aliments haussent leurs prix pour les aligner sur le march&#233; international, pendant que les entreprises maintiennent le gel des salaires (&#8230;) Le gouvernement s'est d&#233;battu entre deux tendances : d'une part, la recherche d'un simili-consensus, sans autre ressource qu'un syst&#232;me d'assistanat qu'il ne ma&#238;trise plus totalement, d'autre part, la promesse d'une &#171; r&#233;organisation &#233;conomique &#187; qui reste fond&#233;e sur la d&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;gard du grand capital, sur une contrainte qui oscille entre la brutalit&#233; aveugle et une s&#233;lectivit&#233; subtile. Il ne tient pas sa l&#233;gitimit&#233; initiale du vote populaire et, qui plus est, il ne voit pas comment la retrouver pour le prochain scrutin pr&#233;sidentiel : avancer les &#233;lections g&#233;n&#233;rales et reporter les &#171; primaires &#187; qu'il a lui-m&#234;me &#233;rig&#233;es en loi, telle semble &#234;tre la seule strat&#233;gie dont il dispose. Cependant, tous les candidats repr&#233;sentent la continuit&#233; de ce que l'on conna&#238;t actuellement (avec ou sans une l&#233;g&#232;re couche de maquillage) ou cherchent &#224; obtenir un &#171; ch&#232;que en blanc &#187; afin de poursuivre une politique de &#171; capitalisme &#233;thique &#187;, cette fois sans autre soutien qu'une figure charismatique qui frise le ridicule en permanence [ l'auteur fait ici allusion, semble-t-il, &#224; Ra&#250;l Alfons&#237;n, premier pr&#233;sident apr&#232;s la dictature ].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Beaucoup de choses ont chang&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout semble rester pareil en surface mais, dessous, beaucoup de choses ont chang&#233;. Il suffit de se rappeler qu'il y a juste un an les assembl&#233;es populaires n'existaient pas, pas plus que les cacerolazos [ concerts de casseroles, en signe de protestations ]. Le mouvement des piqueteros [ ch&#244;meurs pratiquant le barrage des routes ] n'avait pas l'ampleur et ne jouissait pas du soutien social que l'on observe aujourd'hui au point que les universitaires &#171; s&#233;rieux &#187; pouvaient annoncer impun&#233;ment &#224; l'&#233;poque que les piqueteros ne repr&#233;sentaient pas un acteur social mais une somme de &#171; victimes &#187;. Les &#171; r&#233;cup&#233;rations d'usine &#187; &#233;taient beaucoup moins fr&#233;quentes et il en &#233;tait peu question dans les actualit&#233;s. On continuait d'identifier principalement les escraches [ pratiques consistant &#224; se regrouper devant la maison de personnes ayant gravement port&#233; atteinte aux droits humains sous la dictature ] aux g&#233;nocides et &#224; ceux qui en furent complices, et non &#224; la contestation de tout pouvoir oppresseur. Sur la sc&#232;ne culturelle, il s'est produit une v&#233;ritable explosion de l'information, de la r&#233;flexion et des manifestations artistiques autour des &#233;v&#233;nements survenus derni&#232;rement, sur tous les supports et sous toutes les formes possibles, des graffitis &#224; internet, en passant par la vid&#233;o, le th&#233;&#226;tre et les arts plastiques, et toujours sous le signe de l'innovation et de la participation de nouveaux acteurs. Le cadre urbain &#224; Buenos Aires a &#233;t&#233; constamment le th&#233;&#226;tre de luttes au cours desquelles les travailleurs, les piqueteros les &#233;tudiants, les contestataires de tout poil ont occup&#233; ou r&#233;occup&#233; des espaces et &#171; assi&#233;g&#233; &#187; le pouvoir &#233;conomique et politique&#8230; C'en est fini des mythes post-modernistes que sont la disparition d&#233;finitive de la politique de masse, une soci&#233;t&#233; ind&#233;finiment soumise au grand capital. De m&#234;me en est-il de la d&#233;mocratie qui s'est r&#233;sum&#233;e en un choix possible entre deux secteurs d'une m&#234;me &#233;lite dirigeante, avec des programmes plus ou moins identiques et, de toute mani&#232;re, vou&#233;s &#224; rester lettre morte. La preuve est faite de l'inutilit&#233; des &#171; dialogues &#187; manipul&#233;s par le pouvoir, au cours desquels le jeu consiste &#224; dire qu'il n'existe pas d'antagonismes, que &#171; nous sommes tous Argentins &#187; et que tout peut se r&#233;gler par la &#171; participation &#187; &#224; l'int&#233;rieur des limites fix&#233;es par les chefs d'entreprise, l'&#201;glise et les dirigeants politiques. Ces &#171; dialogues &#187; ne servent qu'&#224; donner de l'oxyg&#232;ne aux ONG qui ont besoin d'un grand nombre de pauvres pacifiques et ob&#233;issants pour que l'humanitarisme qu'elles professent soit rentable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_6857 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.elcorreo.eu.org/local/cache-vignettes/L500xH449/doc-27-15bcaa31-5ec53.jpg?1721103656' width='500' height='449' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la mobilisation accuse un recul, qu'il existe des divergences et des antagonismes, que le pouvoir n'a absolument pas renonc&#233; &#224; son &#233;ternelle tactique consistant &#224; opposer &#171; mod&#233;r&#233;s &#187; et &#171; extr&#233;mistes &#187;, &#171; pacifiques &#187; et &#171; violents &#187;, &#233;ventuellement avec la complicit&#233; des organisateurs et des dirigeants des mouvements. Il est &#233;galement vrai que les masses organis&#233;es et mobilis&#233;es, bien que num&#233;riquement importantes, ne constituent qu'une petite minorit&#233; de la population, et qu'il y a d'autres secteurs qui continuent de suivre la ligne commune d&#233;finie par le conformisme invariable, l'individualisme &#224; plein temps, le scepticisme qui se veut &#233;clair&#233; mais dont les r&#233;sultats sont paralysants, la recherche du bien-&#234;tre dans une consommation r&#233;elle ou symbolique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un climat social nouveau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il est difficile de nier le potentiel d&#233;montr&#233; par les classes pauvres de notre pays, l'&#233;norme volont&#233; affich&#233;e pour construire un lieu de vie diff&#233;rent, la concentration cr&#233;ative de la haine contre les d&#233;fenseurs du r&#232;gne de l'in&#233;galit&#233; et de l'injustice. Les sensibilit&#233;s &#233;voluent pendant le processus m&#234;me, comme en t&#233;moignent clairement les milliers de personnes qui ont repris derni&#232;rement la militance et la lutte, mettant consciencieusement fin &#224; des ann&#233;es de repli individualiste pour rejoindre un mouvement qui, en d&#233;pit des souffrances engendr&#233;es par le ch&#244;mage, l'effritement des salaires et l'appauvrissement g&#233;n&#233;ralis&#233;, ouvre la voie &#224; l'espoir et a donn&#233; naissance &#224; un climat social nouveau. Mais, surtout, il semblerait qu'est d&#233;finitivement r&#233;volu le r&#232;gne de la peur instaur&#233; durant la sinistre p&#233;riode de la dictature militaire, cette impression que la moindre protestation, la moindre manifestation de d&#233;saccord seraient irr&#233;m&#233;diablement battues en br&#232;che, ch&#226;ti&#233;es, effac&#233;es des m&#233;moires. Les classes pauvres ont progressivement appris que l'exercice du terrorisme d'&#201;tat n'est pas quelque chose que le pouvoir peut mettre en pratique &#224; tout moment, que ce dernier ne dispose pas d'un &#171; bouton rouge &#187; infaillible sur lequel il lui suffirait d'appuyer pour &#233;liminer ses adversaires. Et cet apprentissage s'est fait au prix d'une suite de luttes men&#233;es aussi bien par les M&#232;res [ de la place de Mai ] que par les Fils [ allusion au mouvement HIJOS, mouvement de jeunes &#224; la recherche des parents disparus ], et qui vont des timides premi&#232;res manifestations contre la dictature au combat de rue contre la police du 20 d&#233;cembre. Cet affrontement a certes laiss&#233; beaucoup de morts parmi les manifestants, mais aussi l'image ind&#233;l&#233;bile d'un pr&#233;sident qui n'a eu d'autre recours que de fuir devant la vague populaire irr&#233;pressible, et une sensation de joie unique, bien qu'il porte la marque de la douleur et de la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la question demeure de savoir quelle pourrait &#234;tre une solution alternative pour b&#226;tir une force sociale capable de battre le pouvoir en place, pouvoir qui non seulement ne s'effondrera pas de lui-m&#234;me, mais qui conserve entre ses mains les moyens n&#233;cessaires pour essayer d'imposer ses &#171; solutions &#187; &#224; la crise existante d&#232;s qu'il sera parvenu &#224; r&#233;unir un minimum de consensus pour s'engager dans cette voie. Et la solution &#224; cette carence n'est pas suffisamment simple pour que l'on puisse penser que le rem&#232;de se trouve dans les appels &#224; l' &#171; unit&#233; &#187; ou dans la formation d'un quelconque &#171; centre de coordination &#187; artificiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les forces du changement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au terme de plusieurs d&#233;cennies, la gauche argentine a acquis l'image d'une force rachitique, qui occupe une place marginale dans la soci&#233;t&#233; et dans la politique du pays, dont l'influence est circonscrite &#224; certaines couches moyennes &#171; &#233;clair&#233;es &#187; des grandes villes, et s'exerce davantage dans le domaine culturel que sur la sc&#232;ne politique. La tendance est en train de s'inverser graduellement depuis quelques ann&#233;es et, notamment, depuis 2001. Une gauche plus pluraliste et multiforme que jamais a gagn&#233; le terrain de la rue face &#224; des forces autrefois enracin&#233;es dans les masses populaires (les deux partis traditionnels, les dirigeants syndicaux traditionnels) et qui, aujourd'hui, ne peuvent mobiliser que des client&#232;les plus li&#233;es par leurs int&#233;r&#234;ts personnels ou collectifs que par leurs convictions ou leur enthousiasme. On peut affirmer sans exag&#233;ration que la rue est d&#233;sormais occup&#233;e par un rassemblement h&#233;t&#233;rog&#232;ne qui partage, parfois d'une mani&#232;re diffuse, une contestation radicale de la direction politique du bipartisme, d'un pouvoir &#233;conomique et des institutions qui sont cens&#233;es &#234;tre les garantes du pouvoir et de la justice. Et cela dans un cadre o&#249; la r&#233;appropriation de l'espace public joue un r&#244;le fondamental puisqu'elle t&#233;moigne d'une d&#233;saffection pour le poste de t&#233;l&#233;vision au profit d'une reconqu&#234;te de nos rues et de nos places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de forces qui peuvent s'identifier sans difficult&#233; &#224; certaines positions de la gauche, du fait qu'elles remettent en question les bases de la soci&#233;t&#233; existante, sont enti&#232;rement nouvelles, non pas en tant qu'organisations mais au regard de l'objet m&#234;me de leur action et des classes sociales qu'elles regroupent. Le tandem constitu&#233; par les partis, les syndicats ou les organisations culturelles est aujourd'hui compl&#232;tement d&#233;pass&#233; par le mouvement des piqueteros, les assembl&#233;es et autres formes d'organisation et de mobilisation des classes pauvres. Ces derniers ne respectent pas les sch&#233;mas classiques, qui int&#232;grent beaucoup de gens qui n'avaient encore jamais particip&#233; &#224; des actions collectives, et qui peuvent faire en sorte que le nombre se transforme en force vive, et non en un facteur constant de fragmentation et de dispersion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On observe un profond paradoxe : cette gauche en progression r&#233;sulte d'une crise qui &#233;branle la cr&#233;dibilit&#233; de toutes les organisations politiques de notre pays (y compris celles de gauche, bien qu'avec moins d'intensit&#233;), et d'une remise en question mondiale des m&#233;thodes pratiqu&#233;es au nom du socialisme tout au long du XX&#232;me si&#232;cle. Il importe de dire qu'elle se trouve &#224; un moment o&#249; elle fait preuve d'un important pouvoir de mobilisation, en m&#234;me temps que ses id&#233;es et ses organisations jouissent d'un tr&#232;s faible prestige. Cette dichotomie est une source de conflits, et cela se voit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les progr&#232;s de la gauche aux &#233;lections d'octobre 2001 s'expliquent par l'&#233;mergence d'une voie antiparti d&#233;nomm&#233;e &#171; Autod&#233;termination et libert&#233; &#187;. Beaucoup de ceux qui ont choisi de voter, peut-&#234;tre pour la premi&#232;re fois de leur vie, pour des id&#233;es de ce type ont opt&#233; pour la solution qui leur semblait la moins li&#233;e &#224; la tradition. Et voil&#224; que quelques mois plus tard, pour compliquer les choses, cette organisation se trouve aux prises avec un conflit qui ressemble &#224; une reproduction de la &#171; partidocratie &#187; dans ce qu'elle a de pire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; piqueteros &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des piqueteros repr&#233;sente la source la plus importante de la croissance du mouvement populaire parmi les travailleurs aujourd'hui au ch&#244;mage, une forte tendance &#224; la radicalisation de la remise en question du syst&#232;me et des formes d'organisation novatrices, avec une forte composante de d&#233;mocratie directe, de rejet des formes de repr&#233;sentation qui sont la cl&#233; de vo&#251;te de la domination politique&#8230; Mais on y retrouve la tendance &#224; la division de la gauche, et il est dirig&#233; dans une grande mesure par des partis qui vont du mao&#239;sme au trotskisme en passant par le nationalisme radical, et qui conjuguent les vertus de discipline et de t&#233;nacit&#233; avec les vieilles tares de l'avant-gardisme et la tendance &#224; d&#233;truire ce que l'on ne peut contr&#244;ler&#8230; La lutte entre les id&#233;es neuves qui n'en finissent pas de s'affirmer et les id&#233;es anciennes qui n'en finissent pas de mourir ne se fait pas seulement entre classes oppos&#233;es, mais aussi parmi ceux qui aspirent &#224; construire une nouvelle soci&#233;t&#233;. Et le spectre de la fragmentation permanente appara&#238;t comme le sympt&#244;me de ph&#233;nom&#232;nes beaucoup plus complexes que la mesquinerie et le sectarisme d'une poign&#233;e de dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De toute mani&#232;re, le mouvement des piqueteros semble s'orienter rapidement vers une radicalisation de ses id&#233;es mais aussi de ses m&#233;thodes. Parall&#232;lement, plus ou moins, avec la r&#233;bellion du 20 d&#233;cembre, ce qui ressemblait &#224; une large majorit&#233; (groupes li&#233;s &#224; la Centrale des travailleurs argentins - CTA - et au Courant pour la lutte des classes et le combat) s'est transform&#233; en une minorit&#233; &#233;vidente, du moins si l'on en juge par la capacit&#233; de mobilisation observ&#233;e derni&#232;rement, et ceux qui progressent sont ceux qui, avec une lucidit&#233; variable, rejettent toute conciliation et l'abolition d&#233;finitive de l'utilisation des &#171; bases &#187; &#224; des fins de manipulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les assembl&#233;es populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les assembl&#233;es populaires ont peut-&#234;tre perdu en nombre de participants, mais elles ont gagn&#233; en qualit&#233;. Elles ont &#233;tendu leur &#171; juridiction &#187; aux arts et &#224; l'action culturelle en g&#233;n&#233;ral, elles ont occup&#233; des espaces qu'elles consid&#232;rent d&#233;sormais comme un acquis, elles ont approfondi les initiatives de solidarit&#233; r&#233;ciproque et active avec les manifestations de piqueteros et les travailleurs en lutte, et elles s'efforcent toujours d'&#233;laborer une nouvelle &#171; vision du monde &#187; pour cette &#171; classe moyenne &#187; qui a su &#234;tre le bastion du syst&#232;me social et qui ne cesse aujourd'hui de grossir les rangs de ses critiques. Le slogan &#171; Piquete y cacerola : la lutte est la m&#234;me &#187; est une des meilleures consignes que l'on puisse entendre &#224; une &#233;poque qui en produit &#224; foison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs en activit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il des travailleurs en activit&#233; ? De temps &#224; autre, ils se distinguent par une absence bruyante, qui annonce peut-&#234;tre une nouvelle entr&#233;e en sc&#232;ne. Noy&#233;e sous la bureaucratie, la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT) a perdu de sa capacit&#233; de mobilisation et m&#234;me de prise de position publique face &#224; tel ou tel probl&#232;me, sans que cela ait profit&#233; &#224; la CTA ni &#224; personne. Les fonctionnaires et enseignants eux-m&#234;mes, qui &#233;taient les plus actifs ces derni&#232;res ann&#233;es, ne se d&#233;tachent pas du lot, se contentant de participer occasionnellement &#224; des manifestations qu'ils ne contr&#244;lent pas ou &#224; des conflits tr&#232;s ponctuels. La r&#233;cup&#233;ration d'entreprises par les travailleurs constitue une d&#233;marche plus qu'int&#233;ressante, y compris par le d&#233;bat qu'elle suscite entre des formes qui visent essentiellement &#224; pr&#233;server la source d'emplois elle-m&#234;me et celles qui traduisent une opposition claire au pouvoir patronal en g&#233;n&#233;ral. Mais, plus globalement, elle touche quelques milliers de personnes dans tout le pays. Les groupes &#171; antibureaucratiques &#187; demeurent, jusqu'&#224; pr&#233;sent, un ph&#233;nom&#232;ne marginal sans possibilit&#233; de disputer la direction du mouvement ouvrier, que ce soit &#224; l'int&#233;rieur ou &#224; c&#244;t&#233; des organisations syndicales traditionnelles. Tout indique que la culture de la d&#233;fense, individualiste, induite par un taux de ch&#244;mage tr&#232;s &#233;lev&#233;, celle qui privil&#233;gie la pr&#233;servation des postes de travail, reste forte. Cette &#233;volution s'accompagne d'un discr&#233;dit hors du commun pour les dirigeants syndicaux qui, encore plus que dans la sph&#232;re politique, ne sont pas facilement dispos&#233;s &#224; faire le tri, parmi eux-m&#234;mes, entre les bons et les mauvais. Par leur action, ils r&#233;priment le mouvement syndical et font barrage aux propositions nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, plusieurs vieilles formules demeurent d'actualit&#233; : &#171; Le nouveau n'en finit pas de na&#238;tre et l'ancien refuse de mourir. &#187; Et cette coexistence forc&#233;e des uns et des autres n'emp&#234;che pas l'apparition d'entreprises cr&#233;atives et novatrices, &#224; c&#244;t&#233; de pathologies anciennes ou nouvelles n&#233;es de la d&#233;composition d'un ordre historiquement d&#233;pass&#233; mais encore pr&#233;sent dans les faits. L'ignominie et le sublime se trouvent ainsi m&#234;l&#233;s, mais aucune force ext&#233;rieure, aucun projet sup&#233;rieur ne viendra les s&#233;parer. Seules la lutte sociale, la transformation culturelle, l'imagination collective peuvent jeter les bases d'un ordre nouveau. Il faut pour cela avoir le courage de penser et d'agir ind&#233;pendamment de ce que nous dictent les puissants, en dehors du cadre dans lequel ils veulent inscrire le d&#233;bat, et dans le souci permanent de repousser les limites du &#171; possible &#187;. Nous sommes encore sous l'influence de la sagesse populaire qui dit qu' &#171; il n'y a pas de solution &#187;, ou du conseil des puissants selon lequel &#171; la raison l'emportera t&#244;t ou tard &#187;, et m&#234;me des appels insidieux &#224; l'apaisement sous peine de voir arriver &#171; quelqu'un &#187; pour r&#233;tablir l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra beaucoup plus de &#171; d&#233;raison &#187;, beaucoup plus d'audace que ce que l'on a pu voir jusqu'&#224; pr&#233;sent. Ne serait-ce que pour que tout le monde comprenne que, parmi les ennemis &#224; abattre, l'&#233;norme pouvoir du grand capital est celui qui commande &#224; tous les autres&#8230; Et, &#224; cet &#233;gard, il n'y a de vrai combat que si on reconna&#238;t le caract&#232;re et la taille de l'adversaire, ce qui ne permet pas une &#171; attaque frontale &#187; rapide et d&#233;finitive, mais qui ne permet pas non plus de se d&#233;rober ni, encore moins, de vivre pacifiquement avec l'ennemi. Ce qu'il faut, c'est une force sociale qui ait l'ampleur, la coh&#233;sion interne et la lucidit&#233; n&#233;cessaires pour le combattre, ce qui n'est pas le cas. On n'aidera pas &#224; la b&#226;tir en faisant des d&#233;clarations d'avant-garde ou en faisant comme si le loup n'&#233;tait pas l&#224;. Le d&#233;fi est &#233;norme, les difficult&#233;s ne manquent pas, il faudra du temps pour y faire face. Il n'y a plus une seconde &#224; perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction : &lt;a href=&#034;http://www.globenet.org/dial/01_com/html01_com/cadre.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Dial&lt;/i&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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