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		<title>Biens et service publics mondiaux </title>
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		<dc:date>2005-01-17T00:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Lille</dc:creator>



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&lt;p&gt;Une exigence nouvelle &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque soci&#233;t&#233;, chaque civilisation, a d&#233;velopp&#233; historiquement des biens et services publics, quels que soient les mots employ&#233;s et les cadres culturels dans lesquels ils s'inscrivent. Mais partout, &#224; notre &#233;poque, ces biens sont menac&#233;s par la convoitise des int&#233;r&#234;ts financiers. Simultan&#233;ment, l'interaction croissante des soci&#233;t&#233;s humaines induit des maux et des besoins nouveaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dans ce contexte difficile que l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de biens publics mondiaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une exigence nouvelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque soci&#233;t&#233;, chaque civilisation, a d&#233;velopp&#233; historiquement des biens et services publics, quels que soient les mots employ&#233;s et les cadres culturels dans lesquels ils s'inscrivent. Mais partout, &#224; notre &#233;poque, ces biens sont menac&#233;s par la convoitise des int&#233;r&#234;ts financiers. Simultan&#233;ment, l'interaction croissante des soci&#233;t&#233;s humaines induit des maux et des besoins nouveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ce contexte difficile que l'id&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de biens publics mondiaux fait irruption dans le d&#233;bat sur l'avenir du monde. Il ne s'agit pas pour nous de substituts aux biens et services publics menac&#233;s localement, mais de besoins nouveaux, n&#233;s de la prise de conscience de solidarit&#233;s et du refus de l'aggravation des in&#233;galit&#233;s dans le mouvement plan&#233;taire d'interaction croissante des soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en parle de plus en plus, mais les termes de biens et patrimoines communs, ou publics, premiers, essentiels ou fondamentaux, services publics en tous genres, int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et droit des gens &#224; ci ou &#231;&#224;, du local au global, forment une n&#233;buleuse conceptuelle dont la promotion des &#034;Global Publics Goods&#034; par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le D&#233;veloppement) n'a fait qu'accro&#238;tre l'incoh&#233;rence. Comment s'entendre dans cette cacophonie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour d&#233;m&#234;ler un tel &#233;cheveau, nous proposons de distinguer pour commencer le &#034;commun&#034; du &#034;public&#034;, et montrer ensuite comment on peut d&#233;finir les biens publics dans les dimensions politiques, &#233;conomiques et institutionnelles - pour formuler clairement les exigences sociales auxquelles ils doivent r&#233;pondre, et les moyens politiques de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons d'une trilogie simple : Le bien commun, c'est ce qui appartient &#224; tout le monde (ou &#224; personne) au pr&#233;sent et au futur. Le bien public, c'est ce &#224; quoi tout le monde doit avoir droit, ici et maintenant. Le service public, c'est la mani&#232;re dont doivent &#234;tre g&#233;r&#233;s, produits et distribu&#233;s ces biens communs et publics. Et ceci &#224; toutes les &#233;chelles, du village &#224; la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des biens au service public&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une longue, tr&#232;s longue histoire. Elle commence au foyer collectif, au puits communal, &#224; la fontaine publique, aux espaces communs de rencontres ou de travail. Puis aux voies de circulation et moyens d'&#233;changes entre communaut&#233;s voisines, aux march&#233;s publics d&#233;j&#224;. En se d&#233;veloppant, en s'organisant sur des bases g&#233;ographiques de plus en plus larges, ces r&#233;alit&#233;s communautaires, solidaires, donnent naissance &#224; des fonctions nouvelles. Un r&#233;seau d'adduction d'eau ou d'&#233;nergie, de transport, de connaissances, n&#233;cessite une gestion d'ensemble, et un principe de r&#233;partition dans l'espace social concern&#233;. Et une r&#233;glementation, une autorit&#233; pour la faire respecter. Tout se complique naturellement, mais par bonheur on trouve encore des fontaines et des puits, et des places de villages...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gestion commune fait appel &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pr&#233;sent et futur des collectivit&#233;s concern&#233;es ; l'acc&#232;s libre et &#233;quitable fait appel &#224; la tradition forte du &#034;service public&#034;... Si forte que l'on oublie trop souvent qu'il s'agit du service d'un bien public, lequel doit &#234;tre d&#233;fini socialement par d'autres instances que celles des entreprises (&#034;priv&#233;es&#034; ou &#034;publiques&#034;) prestataires de ce service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci pose l'exigence du contr&#244;le d&#233;mocratique, sur le service public, des trois premiers ensembles sociaux concern&#233;s : les travailleurs, les usagers, et l'ensemble du corps social. On n&#233;glige trop souvent la seconde composante, on oublie presque toujours la troisi&#232;me. Lorsqu'on y pense, c'est pour s'en remettre les yeux ferm&#233;s &#224; l'&#201;tat, quelle imprudence ! En fin de compte, les pratiques d&#233;voy&#233;es de nombre de &#034;services publics&#034; favorisent leur privatisation, et les d&#233;fendre en devient plus difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me composante est mondiale. Que faire pour que la d&#233;finition sociale des biens communs et publics et de leur service &#233;chappe aux &#233;go&#239;smes nationaux ? Pour qu'elle cesse de conduire au pillage des richesses de peuples domin&#233;s, r&#233;coltant en &#233;change des nuisances meurtri&#232;res ? Le concept de bien public mondial devient d'une urgente n&#233;cessit&#233;. C'est une des revendications, et non la moindre, qui permettront de redonner son sens dans toutes les dimensions &#224; la grande id&#233;e de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lacunes du march&#233;, ou choix sociaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Existe-t-il une d&#233;finition &#233;conomique th&#233;orique des biens publics ? Oui, malheureusement, et largement diffus&#233;e. Nombre d'&#233;conomistes s'y r&#233;f&#232;rent encore, notamment ceux du PNUD, ce qui ne peut que nuire &#224; leur estimable effort de promotion des biens publics mondiaux. En fait cette formulation ouvre un boulevard aux tenants de l'&#233;conomie n&#233;o-lib&#233;rale, ceux de la Banque mondiale en ont vite pris conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les biens publics sont non-exclusifs et non-rivaux : tout le monde peut s'en servir, et s'en servir n'en prive pas les autres. Il en r&#233;sulte que le march&#233; ne peut les produire, ce qui n&#233;cessite une intervention publique. Leur mise en &#339;uvre est entrav&#233;e par trois probl&#232;mes classiques de la th&#233;orie &#233;conomique, les pratiques de passager clandestin, le dilemme du prisonnier et les comportements moutonniers. Une autre difficult&#233; th&#233;orique est que tr&#232;s peu r&#233;pondent strictement &#224; la d&#233;finition. Les autres sont des biens publics &#034;impurs&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai r&#233;sum&#233; l&#224; sans caricature cette chose &#233;trange. Je n'en discuterai pas plus avant, tout simplement parce que la question n'est pas l&#224; : la th&#233;orie &#233;conomique n'est pas le cadre pertinent pour d&#233;terminer ce que doivent &#234;tre les biens publics. En plus, on voit mal les foules se mobiliser pour une telle cause ! Et de fait la grande r&#233;ticence d'une partie du mouvement &#034;altermondialiste&#034; pour cette id&#233;e de biens publics mondiaux vient de l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour combler le vide laiss&#233; par cette r&#233;futation radicale, l'association BPEM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Biens publics &#224; l'&#233;chelle mondiale -&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; propose la d&#233;finition suivante, qui ne doit rien &#224; la th&#233;orie &#233;conomique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Les biens publics mondiaux sont des choses auxquelles les gens et les peuples ont droit, produites et r&#233;parties dans les conditions d'&#233;quit&#233; et de libert&#233; qui sont la d&#233;finition m&#234;me du service public, quelles que soient les statuts des entreprises qui assurent cette mission. Les droits universels humains et &#233;cologiques en sont la r&#232;gle, les institutions internationales l&#233;gitimes le garant, la d&#233;mocratie l'exigence permanente, et le mouvement social la source.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant de l&#224;, quels biens publics mondiaux revendiquer, et quels sont d&#233;j&#224; en voie de reconnaissance ? La liste, ou mieux la typologie, en reste &#224; faire. Plusieurs sont &#233;tudi&#233;s dans ce num&#233;ro. Ce sont des choix sociaux pass&#233;s, pr&#233;sents, &#224; venir. S'il n'y a pas de biens publics &#034;par nature&#034;, il en existe de toutes natures. Nous devons, en tant que citoyens du monde, nous habituer &#224; penser &#224; cette &#233;chelle, ou plut&#244;t &#224; toutes les &#233;chelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de biens communs de l'humanit&#233; impose de ne pas sacrifier le futur pour alimenter le pr&#233;sent (surtout lorsque ce qu'on alimente est le profit). L'id&#233;e de biens publics mondiaux ajoute judicieusement que l'on ne pr&#233;servera pas non plus le futur en sacrifiant le pr&#233;sent, sauf sacrifices n&#233;cessaires librement consentis et &#233;quitablement r&#233;partis. Car la libert&#233; du consentement d&#233;pend aussi de l'&#233;quit&#233; de la r&#233;partition. Et l'&#233;quit&#233; dit aussi que &#034;qui casse les verres les paye&#034;. Autrement dit, pour prendre le cas exemplaire du climat, la puissance des nations qui l'ont d&#233;stabilis&#233; doit &#234;tre en priorit&#233; requise pour le restabiliser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce double prix que le concept &#233;largi de d&#233;veloppement durable pourrait prendre tout son sens. Mettre les biens publics au centre de tout projet de d&#233;veloppement sera la meilleure garantie de la sauvegarde des biens communs de l'humanit&#233;. Mais la sauvegarde des biens et services publics locaux h&#233;rit&#233;s de l'histoire des peuples, les efforts en vue d'en construire de nouveaux &#224; l'&#233;chelle mondiale, se heurtent &#224; la dynamique aveugle du capitalisme financier, appuy&#233; sur les institutions ad hoc que se fabriquent les &#201;tats dominants. C'est un combat vital pour les citoyens du monde, et qui devra faire appel &#224; tous les moyens institutionnels et de droit possibles, actuels ou &#224; cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droit et institutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit sur lequel on peut d&#233;finir et poser l'exigence des biens communs et publics mondiaux est l'&#233;difice croissant des droits universels, de la d&#233;claration de 1948 au foisonnement des conventions, en passant par les deux pactes g&#233;n&#233;raux sur les droits civils et politiques d'une part, &#233;conomiques sociaux et culturels de l'autre. Bien incomplet encore, peu appliqu&#233; surtout... Et le droit &#233;cologique reste pour l'essentiel &#224; b&#226;tir, pour laisser autre chose &#224; nos descendants qu'un champ de ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce droit mondial en formation, et les institutions qui l'ont pour loi fondamentale, sont absolument n&#233;cessaires pour contrer le pouvoir des institutions de fait que se sont donn&#233;es les &#201;tats dominants et puissances financi&#232;res. On peut et doit les critiquer pour les r&#233;former, certes, mais pas se priver de ces armes. S'il fallait tout r&#233;inventer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une prochaine &#233;tape essentielle pourrait &#234;tre la reconnaissance d'un socle de biens publics mondiaux, n&#233;s du droit des peuples et des gens du monde &#224; des choses essentielles ou fondamentales, ou tout simplement souhaitables. Mais autant la d&#233;finition des biens communs et publics peut et doit &#234;tre g&#233;n&#233;rale, autant la configuration concr&#232;te qui les fournira devra s'appuyer d'abord sur les services publics existants, ou &#224; refonder localement, &#224; toutes les &#233;chelles. Ce qui redonnera en retour, &#224; toutes &#233;chelles aussi, des forces &#224; ces services publics menac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence des notions de patrimoine et bien commun de l'humanit&#233;, celle de bien public reste &#224; pr&#233;ciser, &#224; imposer. Et qui d&#233;finira le souhaitable, le n&#233;cessaire, l'indispensable ? Les gens et les peuples.. Ceci, qui manque cruellement dans les institutions mondiales, s'appelle la d&#233;mocratie. Son avanc&#233;e est le mouvement profond des &#034;peuples en marche&#034;... Mais il faut clarifier les enjeux, &#224; commencer par le vocabulaire, et c'est ce que je me suis attach&#233; &#224; proposer - sans rien vouloir imposer - dans cet article.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Groupe de travail &#171; Biens publics mondiaux &#187;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Peuples en marche&lt;/strong&gt; n&#176; 192, janvier f&#233;vrier 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Paris - 9 janvier 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Biens publics &#224; l'&#233;chelle mondiale - &lt;a href=&#034;http://www.bpem.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.bpem.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Notes : &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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