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		<title>Le capitalisme peut-il renouer avec le progr&#232;s social ? Et comment ? </title>
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		<dc:date>2005-03-15T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Le Boucher</dc:creator>



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&lt;p&gt;A ceux qui d&#233;plorent la duret&#233; des conditions de travail, les licenciements, les d&#233;localisations, les in&#233;galit&#233;s croissantes, les rat&#233;s de la mondialisation, &#224; ceux qui se plaignent de l'impuissance des politiques face &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes, on recommande la lecture de l'ouvrage de Michel Aglietta et Antoine Reb&#233;rioux, respectivement professeur et ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; de Nanterre (D&#233;rives du capitalisme financier, Albin Michel, 394 p., 28 euros). &lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un livre attendu par toute (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A ceux qui d&#233;plorent la duret&#233; des conditions de travail, les licenciements, les d&#233;localisations, les in&#233;galit&#233;s croissantes, les rat&#233;s de la mondialisation, &#224; ceux qui se plaignent de l'impuissance des politiques face &#224; ces ph&#233;nom&#232;nes, on recommande la lecture de l'ouvrage de Michel Aglietta et Antoine Reb&#233;rioux, respectivement professeur et ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; de Nanterre (D&#233;rives du capitalisme financier, Albin Michel, 394 p., 28 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un livre attendu par toute la gauche. Il ouvre une perspective sur ce qui pourrait devenir une politique sociale, au sens large, fond&#233;e non pas &#034;contre&#034; l'univers lib&#233;ral, comme s'&#233;puisent &#224; le proposer les antimondialistes, mais &#034;au-dedans&#034;, en pr&#244;nant sa transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusque dans les ann&#233;es 1980, le capitalisme rimait avec le progr&#232;s social dans les pays occidentaux. Il a su d&#233;velopper un encha&#238;nement vertueux d'essor des grandes entreprises, du salariat, des organisations syndicales, des n&#233;gociations de compromis entre les managers et les salari&#233;s, bref, d'un partenariat capital-travail qu'Aglietta avait d&#233;crit sous le nom de &#034;r&#233;gime fordiste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propriet&#233; et contr&#244;le &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; ensuite ? Pour le saisir, il faut observer le c&#339;ur du syst&#232;me capitaliste : la relation entre l'actionnaire et l'entreprise. Comme l'ont &#233;crit les Am&#233;ricains Adolf Berle et Gardiner Means, dans un texte paru au plus fort de la Grande Crise, en 1932 (The Modern Corporation &amp; Private Property, Transaction Publishers), l'importance prise par les soci&#233;t&#233;s anonymes, dont les actions sont librement achet&#233;es et vendues en Bourse, a provoqu&#233; une s&#233;paration entre la propri&#233;t&#233; et le contr&#244;le des entreprises. L'actionnaire a perdu son influence en &#233;change d'une r&#233;mun&#233;ration (dividende et hausse du cours), le manager gagn&#233; le pouvoir. Cette &#233;volution a, parmi d'autres facteurs, g&#233;n&#233;r&#233; le fordisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la crise des ann&#233;es 1970 fait sauter ces compromis. Les juristes et &#233;conomistes lib&#233;raux veulent abolir cette s&#233;paration de la propri&#233;t&#233; des entreprises et de leur contr&#244;le qui d&#233;poss&#232;de l'actionnaire. Il faut r&#233;tablir celui-ci dans son droit, c'est-&#224;-dire remettre le manager &#224; sa place d'agent ob&#233;issant et rempla&#231;able, afin d'en revenir &#224; un bon fonctionnement des firmes et du capital. Le mouvement est pouss&#233; par l'&#233;mergence des fonds de pension (propri&#233;taires de 25 % du capital des grandes firmes am&#233;ricaines), mais son essence est surtout id&#233;ologique, selon les auteurs. Voil&#224;, en tout cas, l'actionnaire fait roi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;La valeur boursi&#232;re devient l'alpha et l'om&#233;ga de l'activit&#233; &#233;conomique.&#034; Les salari&#233;s sont devenus les variables d'ajustement des entreprises. &#034;Ils portent tous les risques&#034;des al&#233;as conjoncturels, les actionnaires aucun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or affirment les auteurs : contrairement &#224; ce que vante le discours lib&#233;ral sur l'efficience d'un tel syst&#232;me, &#034;la r&#233;gulation du capitalisme par la pr&#233;pond&#233;rance des march&#233;s boursiers est une perversit&#233;&#034;. Elle porte &#034;des contradictions internes&#034;explosives qui conduisent &#224; une instabilit&#233; permanente et &#224; des crises r&#233;guli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bulles et crises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s financiers en sont la cause. Ils se sont d&#233;velopp&#233;s pour faciliter les mouvements des actionnaires et pour &#034;couvrir&#034; leurs risques, mais ils sont interd&#233;pendants et r&#233;agissent &#034;en boucle&#034; en cas de p&#233;pin. La finance moderne amplifie les moyens de financement, mais se r&#233;v&#232;le tr&#232;s instable. C'est dans ce contexte de grandes vagues de bulles et de crises que notre actionnaire doit se d&#233;terminer. Comme il n'a, pour contr&#244;ler le manager, que la possibilit&#233; d'acheter ou vendre ses actions, son choix est parasit&#233; par les grandes oscillations qui emportent les march&#233;s &#224; la hausse ou &#224; la baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment croire, dans un tel climat d'&#034;intersubjectivit&#233;&#034;, qu'il s'agit l&#224; de l'id&#233;al de la gestion des entreprises ? La preuve en est, ajoutent les auteurs, que les dirigeants, loin d'&#234;tre mieux &#034;contr&#244;l&#233;s&#034;, ont, au contraire, gagn&#233; en autonomie... et en salaires. La &#034;gouvernance&#034; par la Bourse ne fonctionne pas. Les crises du genre Enron ne sont pas des exceptions, mais la r&#232;gle. &#034;En l'absence d'un changement profond dans la gouvernance, les d&#233;sordres financiers vont continuer, les malversations prosp&#233;rer, les in&#233;galit&#233;s enfler et la d&#233;mocratie d&#233;p&#233;rir.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Socialisation du Capital&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution est au point de d&#233;part : il faut revenir &#224; la distinction de Berle &amp; Means et consid&#233;rer que &#034;les actionnaires ne sont pas les propri&#233;taires des entreprises&#034;. Ils ne sont propri&#233;taires que de leur apport converti en parts sociales pour lesquelles ils doivent &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;s. Mais l'entreprise est une entit&#233; qui porte &#034;un int&#233;r&#234;t collectif&#034;, celui de tous ses participants, qu'il faut prendre en compte et d&#233;fendre. S'ensuit cette proposition : &#034;Le capitalisme ne pourra renouer avec le progr&#232;s social que si la logique du march&#233; est subordonn&#233;e au contr&#244;le de la d&#233;mocratie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs donnent deux axes pour agir : le premier est de repousser le mod&#232;le am&#233;ricain de gouvernance, comme l'ont compris pas mal d'entreprises continentales europ&#233;ennes, mais comme il devient de plus en plus difficile de le faire &#224; cause des normes comptables am&#233;ricanis&#233;es ; le second est de cr&#233;er un grand fonds &#224; partir des fonds de pension des entreprises et d'une &#233;pargne de capitalisation pour les retraites qui serait contr&#244;l&#233; par l'Etat et investi &#224; long terme, &#034;dans un esprit d'utilit&#233; sociale&#034;. Ce fonds, par son ampleur, aurait une vertu stabilisatrice pour les march&#233;s. Apr&#232;s la &#034;socialisation des salaires&#034; de la p&#233;riode fordienne (les m&#233;canismes de l'Etat-providence) viendrait la &#034;socialisation du capital&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sociaux-d&#233;mocrates peuvent-ils vaincre leur &#034;d&#233;faitisme&#034; et oser promouvoir un mod&#232;le europ&#233;en de gouvernance d&#233;mocratique des entreprises ? Les dirigeants europ&#233;ens peuvent-ils se d&#233;faire du mod&#232;le am&#233;ricain et admettre que leur entreprise a maintenant une importance qui concerne la d&#233;mocratie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; au moins un contenu fort pour les revendications jusqu'ici creuses d'&#034; Europe sociale&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3208,36-382441,0.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; Paris, 9 octobre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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