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		<title>Luttes des classes et des sexes.</title>
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		<dc:date>2007-11-24T12:58:39Z</dc:date>
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		<dc:creator>Roland Pfefferkorn </dc:creator>



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&lt;p&gt;Les signes du retour des classes sociales dans la discussion publique, savante ou &#171; ordinaire &#187;, se multiplient. Les expressions &#171; classe sociale &#187;, &#171; classe ouvri&#232;re &#187;, &#171; classe salariale &#187; et d'autres r&#233;apparaissent dans les titres de livres ou d'articles. Cette r&#233;apparition s'effectue encore avec une certaine discr&#233;tion. Car la disqualification de ce concept semble aller de soi pour nombre d'intellectuels m&#233;diatiques ou sp&#233;cialistes des sciences sociales. La structure de classe des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les signes du retour des classes sociales dans la discussion publique, savante ou &#171; ordinaire &#187;, se multiplient. Les expressions &#171; classe sociale &#187;, &#171; classe ouvri&#232;re &#187;, &#171; classe salariale &#187; et d'autres r&#233;apparaissent dans les titres de livres ou d'articles. Cette r&#233;apparition s'effectue encore avec une certaine discr&#233;tion. Car la disqualification de ce concept semble aller de soi pour nombre d'intellectuels m&#233;diatiques ou sp&#233;cialistes des sciences sociales. La structure de classe des soci&#233;t&#233;s capitalistes contemporaines a &#233;t&#233; boulevers&#233;e et l'ancienne classe ouvri&#232;re &#171; n'est plus ce qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; &#187;. De plus, apr&#232;s l'annonce r&#233;p&#233;t&#233;e de son av&#232;nement, l'immense classe moyenne cens&#233;e couvrir 80 % de la population serait en train de &#171; dispara&#238;tre &#187; &#224; son tour. La bourgeoisie par contre est toujours l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement au retour des classes, la critique de la polarisation du regard sur les seuls rapports de classe s'est affirm&#233;e. Les transformations de la place des femmes et l'&#233;mergence du genre en tant que cat&#233;gorie d'analyse n'ont pas encore provoqu&#233; tous les effets escompt&#233;s, tant sur le plan politique que scientifique. Mais, la recherche portant sur les rapports sociaux de sexe s'est impos&#233;e dans les sciences sociales. Les rapports de g&#233;n&#233;ration et les rapports de &#171; racisation &#187; sont &#233;galement l'objet d'investigations depuis deux ou trois d&#233;cennies. Il faudrait apprendre &#224; penser la structure sociale comme un entrecroisement dynamique de l'ensemble des rapports sociaux, chacun imprimant sa marque sur les autres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour des classes a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; et accompagn&#233; d'un retour r&#233;cent de Marx. Ses analyses &#233;taient discr&#233;dit&#233;es dans la conjoncture th&#233;orique des ann&#233;es 1980 et 1990. Celle-ci &#233;tait profond&#233;ment marqu&#233;e par le contexte politique : le d&#233;clin puis l'effondrement de l'URSS, la crise prolong&#233;e en Europe et sur d'autres continents du mouvement ouvrier et notamment de son mod&#232;le social-d&#233;mocrate, tant dans sa version (post)-stalinienne que socialiste, sans compter les entreprises id&#233;ologiques multiformes et syst&#233;matiques qui toutes visaient &#224; rel&#233;guer l'auteur du Capital et les utopies de transformations sociales aux oubliettes. Depuis le milieu des ann&#233;es 1990, son &#339;uvre est d&#233;gag&#233;e progressivement des orni&#232;res positiviste et structuraliste dans lesquelles l'enfon&#231;aient certaines lectures r&#233;ductrices. La distanciation du rapport des intellectuels, en particulier dans les sciences sociales, avec les organisations politiques, notamment le Parti communiste, est aussi un reflet de cette crise. Ces derni&#232;res ann&#233;es un grand nombre de travaux de philosophes et de sociologues ont contribu&#233; &#224; relire l'&#339;uvre de Marx dans sa coh&#233;rence d'ensemble d&#233;barrass&#233;e des d&#233;formations, des simplifications ou des interpr&#233;tations probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour r&#233;cent des classes sociales fait suite &#224; leur &#233;viction brutale au cours des ann&#233;es 1980 et 1990. La quasi-disparition d'un &#171; discours de classe en tant que discours de type scientifique &#224; pr&#233;tention politique &#187; a &#233;t&#233; attribu&#233;e &#224; trois facteurs principaux qui n'&#233;puisent cependant pas la question : l'affaiblissement des liens entre les intellectuels et le PCF ; l'effondrement du noyau central de la classe ouvri&#232;re industrielle ; l'invasion de nouveaux discours et pratiques manag&#233;riales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rejet du discours de classe est probablement &#224; inscrire aussi dans un mouvement plus vaste : la quasi-disparition dans les sciences sociales de variables structurelles comme la d&#233;mographie, l'&#233;conomie, la technologie, la g&#233;ographie et la focalisation des sp&#233;cialistes sur la petite &#233;chelle. Les identit&#233;s ont remplac&#233; les structures au c&#339;ur des disciplines, de plus elles sont multiples et instables, et, selon les nouvelles orthodoxies, elles ne sont construites que de &#171; mani&#232;re discursive &#187;. La prise en compte du &#171; sexe social &#187; comme variable structurante est tr&#232;s r&#233;cente. Elle n'intervient pas en tant que telle dans la litt&#233;rature sociologique avant les ann&#233;es 1970. La pr&#233;gnance du mouvement ouvrier au cours des ann&#233;es 1960 et 1970 et l'influence de la tradition ouverte par Marx permet de comprendre aussi que pour th&#233;oriser les rapports entre hommes et femmes ce sont des approches en termes de &#171; rapports sociaux de sexe &#187; qui vont se d&#233;velopper dans la sociologie fran&#231;aise dans le sillage d'une partie du mouvement des femmes. Le syst&#232;me d'oppression et de domination sp&#233;cifique des hommes sur les femmes sera &#233;galement th&#233;oris&#233; sous le nom de &#171; patriarcat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le reflux des conceptualisations en termes de classes (de rapport de classe et de rapports sociaux) et l'influence croissante des &#233;laborations d'origine anglo-saxonne, le genre va se diffuser au cours des ann&#233;es suivantes, lentement en France, plus rapidement dans la plupart des autres pays. La mise &#224; jour de tels rapports sociaux de sexe (mais aussi de rapports de g&#233;n&#233;ration) au sein des soci&#233;t&#233;s occidentales est donc relativement r&#233;cente. Ces rapports longtemps occult&#233;s &#233;taient rest&#233;s jusqu'alors impens&#233;s. Les analyses en termes de genre vont se d&#233;velopper dans un premier temps davantage dans des pays anglo-saxons o&#249; les approches en termes de classes sociales (et de rapports de classe) &#233;taient minoritaires dans les milieux acad&#233;miques au cours des ann&#233;es 1950 et 1960. Inversement en France les analyses en termes de rapports sociaux de sexes (et de g&#233;n&#233;rations) sont &#233;labor&#233;es d&#232;s les ann&#233;es 1970 et 1980 et se construisent &#224; partir d'une lecture critique du paradigme marxien. Elles ne se diffusent malgr&#233; tout que tr&#232;s parcimonieusement en sociologie, en histoire ou dans le champ des &#171; &#233;tudes f&#233;ministes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La remise en cause de l' &#171; Etat social &#187;, la promotion du march&#233; comme instance ultime de r&#233;gulation compens&#233;e &#233;ventuellement par l'action caritative et la mont&#233;e de l'individualisme contractuel n'ont pas &#233;t&#233; sans effet sur les lectures propos&#233;es de la structure sociale. Dans la vulgate lib&#233;rale, sur un march&#233; il y a des individus atomis&#233;s, acheteurs et vendeurs, &#233;ventuellement n&#233;gociateurs ou plaideurs, il n'y a pas de classes sociales. La forte mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s sociales depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 et le renouveau des conflits sociaux, a cependant conduit une part croissante de sociologues &#224; (re)prendre au s&#233;rieux les analyses en termes de classes et &#224; abandonner la rengaine de l'individualisation du social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour en force d'analyses portant sur les classes confirme en outre l'existence de v&#233;ritables cycles conceptuels. La pr&#233;sence dans le discours sociologique, et plus largement dans le d&#233;bat public, de la notion de &#171; classes sociales &#187; suit en effet une alternance de phases hautes et de creux. Ces cycles des concepts et des id&#233;es semblent correspondre &#224; d'autres cycles renvoyant aux rapports de force tels qu'ils s'expriment dans la soci&#233;t&#233;, notamment ceux que d'aucuns appelaient autrefois les &#171; cycles de la lutte des classes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/article.php3?id_article=3880&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, 24 novembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;strong&gt;Roland Pfefferkorn &lt;/strong&gt; Professeur de sociologie &#224; l'universit&#233; Marc Bloch de Strasbourg, Cultures et Soci&#233;t&#233;s en Europe (CNRS), auteur de In&#233;galit&#233;s et rapports sociaux. Rapports de classe, rapports de sexe, Paris, Editions La Dispute, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re parution :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/rebonds/274566.FR.php&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, 28 ao&#251;t 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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