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		<title>La faim et la corruption d'un certain p&#233;ronisme</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/La-faim-et-la-corruption-d-un-certain-peronisme</link>
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		<dc:date>2003-01-24T00:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Carlos Azn&#225;rez</dc:creator>



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&lt;p&gt;La faim a d&#233;j&#224; tu&#233; 359 enfants dans la province argentine de Tucuman &lt;br class='autobr' /&gt; Rodolfo Ruiz, un petit argentin de 9 mois, vient de mourir de d&#233;nutrition s&#233;v&#232;re de degr&#233; trois, &#224; l'H&#244;pital de l'Enfant J&#233;sus de Tucuman. C'est l'unique h&#244;pital &#224; 200 kilom&#232;tres &#224; la ronde. Les m&#233;decins ont d&#233;pos&#233; le corps inerte dans une petite bo&#238;te en bois et l'ont remis &#224; ses parents, eux aussi sous-aliment&#233;s. Le lit a imm&#233;diatement &#233;t&#233; occup&#233; par un autre enfant. Rodolfo vivait &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville, &#224; cinq (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Reflexions" rel="directory"&gt;R&#233;flexions et travaux&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La faim a d&#233;j&#224; tu&#233; 359 enfants dans la province argentine de Tucuman&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rodolfo Ruiz, un petit argentin de 9 mois, vient de mourir de d&#233;nutrition s&#233;v&#232;re de degr&#233; trois, &#224; l'H&#244;pital de l'Enfant J&#233;sus de Tucuman. C'est l'unique h&#244;pital &#224; 200 kilom&#232;tres &#224; la ronde. Les m&#233;decins ont d&#233;pos&#233; le corps inerte dans une petite bo&#238;te en bois et l'ont remis &#224; ses parents, eux aussi sous-aliment&#233;s. Le lit a imm&#233;diatement &#233;t&#233; occup&#233; par un autre enfant. Rodolfo vivait &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville, &#224; cinq kilom&#232;tres de la Maison du Gouvernement, dans une baraque en t&#244;les, cartons et planches, &#233;rig&#233;e &#224; c&#244;t&#233; du d&#233;potoir d'ordures connu sous le nom Los Vazquez. C'est le dernier des 359 enfants qui sont morts cette ann&#233;e dans cette province argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voyage dans le Tucuman de la faim&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'h&#244;pital de cette province argentine, les lits restent chauds : chaque fois que quelqu'un quitte le lit, vivant ou mort, celui-ci est imm&#233;diatement occup&#233; par un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sud de la capitale de la province de Tucuman, Daniel Fajardi, deux ans, six kilos. Il suffit de le voir pour constater qu'il manifeste d&#233;j&#224; tous les sympt&#244;mes du m&#234;me mal : ses cheveux se d&#233;colorent graduellement, l'&#250;d&#232;me lui gonfle le ventre, il a les yeux enfonc&#233;s, il ne pleure pas, il ne rit pas, il bouge &#224; peine. Il reste &#233;tendu l&#224;, sur le sol d'une petite maison o&#249; il vit avec ses dix fr&#232;res, gard&#233; par sa s&#250;ur, qui est &#224; peine un peu plus &#226;g&#233;e que lui, sans rien &#224; faire, sans rien attendre, sans rien &#224; manger. A Arcadia, son village, il y a encore 67 enfants qui sont dans le m&#234;me &#233;tat. Et la situation est la m&#234;me dans les villages voisins, et dans le reste de la province. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, 359 enfants sont morts &#224; Tucuman - dix pendant cette derni&#232;re semaine - suite &#224; des pathologies li&#233;es &#224; la d&#233;nutrition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi pass&#233;, au soir, dans ce m&#234;me h&#244;pital, la doctoresse Delicia Medina &#233;tait d&#233;j&#224; &#224; sa douzi&#232;me heure de garde, et s'&#233;tait occup&#233;e de 340 patients. Chaque jour il y a quelque 800 consultations, dont la majorit&#233; pour des &#171; pathologies sociales &#187;, autrement dit : la faim, la contamination, l'ignorance, le sida, les parasites, les infections survenues faute de pr&#233;vention et de vaccins. En 2001, 8% des hospitalisations &#233;taient motiv&#233;es par la d&#233;nutrition, cette ann&#233;e ce taux d&#233;passe d&#233;j&#224; le 18% des cas. Les 207 lits ne suffisent pas ; parfois on met deux malades par lit, et les enfants qui sont en mesure de le supporter passent la nuit sur des fauteuils &#224; c&#244;t&#233; de leurs m&#232;res. C'est le syst&#232;me du &#171; lit chaud &#187;, l'un en sort, mort ou vif, et un autre y entre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctoresse Medina, p&#233;diatre, re&#231;oit, en &#233;change de son travail, un salaire estim&#233; &#224; environ 150 euros par mois, qu'elle per&#231;oit sous forme de Bocade (Bonos de Cancelacion de Deudas : bons pour l'annulation des dettes), non garantis par le Gouvernement provincial, un papier peint dont 15% de la valeur sera d&#233;duite au moment o&#249; elle devra les &#233;changer contre des pesos pour payer des dettes ou contracter des services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liliana Mabel Guerrero est assise sur un banc dans le couloir, toute serr&#233;e entre deux autres m&#232;res et leurs enfants, qui attendent qu'on s'occupe d'elles. Elle passera ainsi des heures, avec dans les bras sa petite, emmaillot&#233;e dans des langes et respirant avec difficult&#233;. Mabel a 15 ans, c'est l'a&#238;n&#233;e d'une fratrie de neuf, dont le plus jeune est &#226;g&#233; d'une ann&#233;e et demie. Marcia Lujan, son premier enfant, elle n'a que deux mois. Toutes les deux sont tr&#232;s maigres, la m&#232;re a les cheveux d&#233;color&#233;s, ils ont l'air d'avoir &#233;t&#233; taill&#233;s au couteau. Elle attend l&#224;, immobile, depuis le matin. Elle n'a rien mang&#233; de la journ&#233;e. D'une voix &#233;teinte, elle raconte au journaliste de El Pais : &#171; Je suis arriv&#233;e de bonne heure, je suis venue &#224; pied depuis Villa Alem, parce que la petite avait de la peine &#224; souffler et j'ai eu peur. Aujourd'hui je ne suis pas all&#233;e &#224; la cantine o&#249; vont mes fr&#232;res. Nous mangeons une fois par jour, et le soir nous buvons du mate cuit (sorte de th&#233;). Ma m&#232;re re&#231;oit une pension mensuel de 150 pesos [41 francs suisses] et mon beau-p&#232;re faisait des travaux saisonniers, mais je ne re&#231;ois plus rien. Ils ne se sont pas encore occup&#233;s de moi parce qu'il y avait beaucoup de monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;norme ventilateur au bout du couloir brasse &#224; peine l'air &#233;pais et poisseux. Les m&#232;res assises sur les bancs sont affaiss&#233;es contre le mur, la plupart attendent debout. Personne ne se plaint, il y a juste deux enfants dont les pleurs &#233;voquent l'agonie. C'est un appel qui ressemble &#224; une &#171; maman &#187; incessant, infini. Dehors il fait plus de 30&#176; et une humidit&#233; accablante. Le jour se l&#232;ve &#224; peine, et l'on voit d&#233;j&#224; des enfants qui d&#233;ambulent, des personnes entass&#233;es dans les embrasures des portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un p&#233;roniste bien prot&#233;g&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq ONG de Tucuman ont accus&#233; le gouverneur p&#233;roniste, Julio Miranda, &#171; d'abandon criminel &#187;, et ils ont demand&#233; au Parlement de lancer un proc&#232;s politique contre lui pour &#171; d&#233;lit de l&#232;se humanit&#233; &#187;. Miranda, qui est &#233;galement accus&#233; d'enrichissement illicite, ne pr&#233;voit pas de d&#233;missionner. Selon le gouverneur : &#171; Si les projets d'assistance sont insuffisants, c'est &#224; cause de la croissance de la population et suite &#224; la crise &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miranda contr&#244;le l'assembl&#233;e l&#233;gislative et, avec huit d&#233;put&#233;s, il d&#233;tient la majorit&#233;, dans la Commission d'enqu&#234;te politique. Son influence s'&#233;tend &#233;galement sur cinq membres de la Cour Supr&#234;me provinciale. Toutes les plaintes formul&#233;es contre lui sont repouss&#233;es ou class&#233;es aux archives. Esteban Jerez, appel&#233; le procureur &#171; anticorruption &#187; par les habitants de Tucuman, a inculp&#233; deux l&#233;gislateurs p&#233;ronistes. Il les accuse de s'&#234;tre appropri&#233; pr&#232;s de cinq millions d'euros que le Gouvernement central leur a fait parvenir entre 1995 et 1999, pour couvrir des besoins sociaux. Jerez a &#233;galement inculp&#233; l'ancien directeur du Secr&#233;tariat du D&#233;veloppement Humain, Juan Carlos Ledesma Posse, qui a &#233;t&#233; emprisonn&#233; lundi pass&#233; apr&#232;s 3 mois de fugue et qui est accus&#233; de d&#233;tourner &#224; son profit 800'000 euros du Programme Social Cummunautaire destin&#233; &#224; &#233;liminer les latrines et &#171; casas-rancho &#187; (bidons ville) du grand Tucuman. Mais malgr&#233; cela, le procureur qui doit faire face &#224; des pressions et des menaces, mais qui jouit d'un fort appui populaire, ne croit pas qu'on obtiendra des condamnations. Il disait hier &#224; El Pais : &#171; La corruption est d&#233;vastatrice, il existe des d&#233;nonciations et des preuves, plusieurs fonctionnaires et ex-fonctionnaires devraient &#234;tre mis sous les verrous, mais en tenant compte de la volont&#233; politique de l'appareil judiciaire &#224; Tucuman, je doute fortement qu'on aboutira &#224; des condamnations fermes qui d&#233;bouchent sur des peines de prison. Le 98% de la population carc&#233;rale de la province est analphab&#232;te ou n'a pas compl&#233;t&#233; sa scolarit&#233; primaire, ce qui montre bien que les voleurs en col blanc ne vont pas en prison &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24 novembre 2002&lt;/p&gt;
&lt;h5 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;A l'encontre&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;*Envoy&#233; sp&#233;cial du quotidien &lt;strong&gt;EL PAIS&lt;/strong&gt; &#224; Tucuman&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Titre original :&lt;/strong&gt; La faim et la corruption p&#233;roniste&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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