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		<title>La disparition de la &#171; bourgeoisie nationale &#187; argentine continue &#224; grand pas.</title>
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		<dc:date>2007-10-28T21:18:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jos&#233; Castillo</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans l'Argentine de l'apr&#232;s-parit&#233; avec le dollar, la croissance &#233;conomique permet de faire de bonnes affaires. Cependant le patronat argentin continue de se d&#233;tacher de ses entreprises. La progression de la prise en main de notre industrie nationale par des mains &#233;trang&#232;res ouvre des doutes s&#233;rieux sur notre d&#233;veloppement futur. &lt;br class='autobr' /&gt; Pendant des d&#233;cennies dans notre pays et en Am&#233;rique Latine on discutait du fait qu'un projet de d&#233;veloppement requerrait l'existence d'une &#171; bourgeoisie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'Argentine de l'apr&#232;s-parit&#233; avec le dollar, la croissance &#233;conomique permet de faire de bonnes affaires. Cependant le patronat argentin continue de se d&#233;tacher de ses entreprises. La progression de la prise en main de notre industrie nationale par des mains &#233;trang&#232;res ouvre des doutes s&#233;rieux sur notre d&#233;veloppement futur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant des d&#233;cennies dans notre pays et en Am&#233;rique Latine on discutait du fait qu'un projet de d&#233;veloppement requerrait l'existence d'une &#171; bourgeoisie suppos&#233;e nationale &#187;. On comprenait par cela un large groupe d'entreprises locales participant &#224; la croissance d'un march&#233; interne et, &#233;ventuellement, au succ&#232;s &#224; l'exportation de ses produits. Des rivi&#232;res d'encre ont couru sur l'existence et la conduite de ce secteur social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pays, sans tomber dans des consid&#233;rations historiques sur son r&#244;le au cours du XXe si&#232;cle, le d&#233;bat s'est &#171; sold&#233; &#187; par un fait irr&#233;futable : si cette bourgeoisie avait exist&#233;, et si &#224; un quelconque moment, elle avait jou&#233; un r&#244;le favorable dans la croissance d'un march&#233;, tout cela &#233;tait termin&#233;. Des centaines de milliers de petites entreprises moyennes, le c&#339;ur de l'industrie locale, a fait faillite &#224; la premi&#232;re chaleur de la d&#233;sindustrialisation de la dictature militaire. Et ensuite leurs restes h&#233;ro&#239;ques ont &#233;t&#233; d&#233;pec&#233;s par les ajustements de la d&#233;cennie des ann&#233;es 80, l'hyperinflation de 89/90 et, si quelque chose restait, par la nouvelle ouverture &#233;conomique de la d&#233;cennie menemiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, jamais la disparition, &#233;videmment, touche le fond. Et, apr&#232;s la d&#233;valuation de 2002, et en particulier depuis la rh&#233;torique du gouvernement de Kirchner, on a &#224; nouveau commenc&#233; &#224; &#233;couter le discours d'un nouveau &#171; mod&#232;le &#187; de d&#233;veloppement avec axe une bourgeoisie suppos&#233;e nationale. Mais les chiffres ne semblent pas donner raison &#224; ce type de r&#233;cits. Et tous les deux mois les titres des quotidiens nous r&#233;veillent avec la vente &#224; des mains &#233;trang&#232;res d'une autre marque argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques chiffres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1993, 44 % des 500 entreprises &#171; leaders &#187; qui op&#233;raient dans le pays &#233;taient d&#233;tenues par des capitaux &#233;trangers. Cela refl&#233;tait d&#233;j&#224; le processus pointu de d&#233;sindustrialisation et les faillites des entreprises locales pr&#233;c&#233;demment cit&#233;. Et aussi commen&#231;ait, par le biais des privatisations, &#224; &#234;tre une &#171; vague &#187; d'entr&#233;e de capital &#233;tranger. Aujourd'hui, apr&#232;s quelques ann&#233;es d'une certaine &#171; substitution des importations &#187;, les chiffres sont terribles : 72 % des 500 premi&#232;res entreprises sont d&#233;tenues par des capitaux &#233;trangers. En 1993 il y avait 25 entreprises nationales parmi les premi&#232;res 200 ; en 2000 seulement 9 restaient et actuellement il en reste &#224; peine environ 5. Si nous nous en remettons exclusivement au bilan du gouvernement de Kirchner, nous savons que pendant sa gestion se sont vendues 438 entreprises d'une valeur de 18.700 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste est terrifiante : Sont pass&#233;s &#224; des mains &#233;trang&#232;res des fleurons du tissu local industriel comme Alpargatas, Acindar, Quilmes, Loma Negra, Bieckert et Palermo, la fili&#232;re viande comme Swift (et d'autres), Grafa (textile), Gatic (textile), Fargo(boulangerie industrielle) et la compagnie p&#233;troli&#232;re P&#233;rez Companc. Dans les ann&#233;es 90 c'&#233;tait l'&#232;re du d&#233;barquement espagnol, accompagn&#233; par le capital omnipr&#233;sent &#233;tasunien. Maintenant les &#201;tats-Unis (34 % du capital investi dans les nouvelles acquisitions) sont toujours pr&#233;sents mais la nouvelle &#233;toile est le Br&#233;sil, qui repr&#233;sente 24 % des nouvelles acquisitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous faisons un bilan un peu plus large, en plus des entreprises mentionn&#233;es, les &#171; noms &#187; de marques argentines classiques suivants sont pass&#233;s &#224; des mains &#233;trang&#232;res dans les dix derni&#232;res ann&#233;es : les Supermarch&#233;s Disco, Terrabusi, Bagley, Canale, Fargo, Commercial del Plata, EG3, les Supermarch&#233;s Nord, les Supermarch&#233;s TIA, mais aussi Banco de Cr&#233;dito Argentino, Banco R&#237;o, les Caves Norton, Trapiche et Pe&#241;aflor, et jusqu'&#224; une entreprise de t&#233;l&#233;communications comme Impsat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les br&#233;siliens arrivent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un vrai d&#233;barquement br&#233;silien dans le secteur du textile : Alpargatas qui a fini d&#233;vor&#233;e par sa 'jumelle' de San Pablo mais dans les faits elle a &#233;t&#233; acquise par Cabargo Correa, il faut ajouter Paquet&#225;, avec son usine &#224; Chivilcoy (ville), qui exploite les marques Adidas et Diadora. En r&#233;alit&#233;, ils cherchent &#224; profiter de la diff&#233;rence de change avec la monnaie argentine pour produire bon march&#233; dans le pays et tout de suite r&#233;exporter et vendre aux br&#233;siliens. Dans le cas de Camargo Correa, son int&#233;r&#234;t ne s'en tient pas au secteur textile, bien que d&#233;j&#224; avant ils &#233;taient dans Grafa. Mais c'est la m&#234;me firme qui, il-y-a deux ans environ, avait ramass&#233; Loma Negra, le plus grand cimentier argentin. Et qui, &#171; comme si de rien n'&#233;tait &#187;, est rest&#233; avec la concession du Chemin de Fer du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence br&#233;silienne est incroyable : en juillet 2002 les firmes originaires de ce pays ont acquis 58 % de Perez Companc, de la deuxi&#232;me compagnie p&#233;troli&#232;re du pays. Ensuite a suivi le cas de Loma Negra en avril 2005. Et depuis ont suivi le groupe JBS-Friboi qui a achet&#233; des abattoirs comme Swift, l'ex- CEPA, des Consignations D'&#233;levage et Col Car ; de son cot&#233; Marfrig est pr&#233;sent avec Quickfood (le propri&#233;taire de la marque Paty), les Estancias du Sud et de Mary&#237;. En 2006, le groupe In-Bev (ex-Ambev, ex Brama) a fini par acheter par &#171; morceau &#187; Quilmes, qui contr&#244;le 60 % du march&#233; de la bi&#232;re et Baesa, la propri&#233;taire locale de Pepsi. Les br&#233;siliens ont aussi collabor&#233; &#224; la d&#233;nationalisation du n&#233;goce de l'acier : Belgo Miner&#237;a avec Ac&#237;ndar bien qu'aujourd'hui, par les &#171; tranferts &#187; de la globalisation, l'entreprise fin&#238;t contr&#244;l&#233;e par les Espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que &#233;tasuniens et br&#233;siliens sont ceux qui apparaissent comme gagnants quant au nombre d'entreprises acquises et aux millions de dollars sur le tapis, les Chiliens (tr&#232;s actifs dans les branches du commerce, o&#249; ils concentrent leur pouvoir dans les hypermarch&#233;s) ne sont pas absents et certains &#171; r&#233;cemment arriv&#233;s &#187; : l'indien Arcelor-Mittal (num&#233;ro un mondial de sid&#233;rurgie) a achet&#233; ce qui restait d'Acindar. Il y a m&#234;me eu des rumeurs &#224; la Bourse du Buenos Aires qu'il ferait une offre hostile sur Ternium, l'entreprise phare du Groupe Techint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi vendent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;ponse consiste en ce que les entreprises argentines sont extr&#234;mement bon march&#233; en dollars. Sans en parler en euros, vue l'actuelle d&#233;valorisation de la monnaie yankee sur les march&#233;s financiers internationaux. Et, plus encore, avec un real br&#233;silien r&#233;&#233;valu&#233; de 40 % contre le dollar et le peso argentin, y compris quand l'affaire est bonne si nous faisons les comptes dans la monnaie br&#233;silienne. Si bien que la politique du peso &#171; bon march&#233; &#187; n'a pas n&#233;cessairement pour r&#233;sultat le bienfait de l'industrie locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me motif est la propre composition et la conduite de la soi-disant &#171; bourgeoisie nationale &#187;. Les nouveaux &#171; bourgeois &#187; qui apparaissent &#224; c&#244;t&#233; du gouvernement n'arr&#234;tent pas de profiter comme toujours de l'engagement de l'&#201;tat (devenant &#171; sp&#233;cialistes &#187; dans ce domaine), comme Sergio Taselli ou les gens de Pampa Holding. Leurs affaires sont li&#233;es &#224; ce champ. Ou, tout au plus, ils apparaissent comme &#171; des acheteurs &#187; dans la rubrique financi&#232;re : s'il y a un secteur o&#249; il y a eu &#171; une avanc&#233;e &#187; des capitaux argentins, c'est juste et exclusivement dans le bancaire : les banques Patagonia, Macro ou Comafi ont grandi gr&#226;ce &#224; la sortie du pays de la Scottia Bank, Sudameris et la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale. Peu et rien (plus rien que peu) dans le secteur industriel. Et les exceptions, les grands groupes Techint et Arcor, que continuent &#224; se d&#233;velopper, le font avec des affaires qui ne sont plus en Argentine : leurs investissements sont au Br&#233;sil, Venezuela, Mexique, Canada ou en Asie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la troisi&#232;me cause de ce passage des entreprises &#224; des mains &#233;trang&#232;res, c'est l'inaction d'un gouvernement, au-del&#224; de la rh&#233;torique, qui n'a absolument rien fait pour freiner cette vague. En fait, une seule fois il est intervenu, quand s'est pos&#233;e la vente de la Sancor &#224; la fran&#231;aise Adeco Agro, g&#233;n&#233;rant d'immenses protestations chez les membres des Coop&#233;ratives Laiti&#232;res de Santa F&#233;. L&#224; oui il y a eu une s&#233;rie de mouvements qui ont culmin&#233; avec l'obtention de cr&#233;dits et de nouveaux march&#233;s de la part du Venezuela qui ont &#233;vit&#233; la vente de la compagnie. Mais c'&#233;tait l'exception &#224; la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle n'existe pas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est qu'une &#171; bourgeoisie nationale &#187; int&#233;ress&#233;e au d&#233;veloppement capitaliste ind&#233;pendant de notre pays n'existe pas. Elle ne le semble pas l'&#234;tre notre classe entrepreneuriale qui - apr&#232;s avoir &#244; combien b&#233;n&#233;fici&#233; d'affaires, quand les roulettes financi&#232;res sont pass&#233;es sur nos terres, ou v&#233;cu des contrats publics - depuis plus d'une d&#233;cennie a choisi de se d&#233;tacher directement de ses propres actifs physiques. Les travailleurs argentins nous devons avoir un d&#233;bat profond sur quel secteur social sera capable de mouiller la chemise pour porter un projet de d&#233;veloppement de notre &#233;conomie qui, pour une fois, sera la r&#233;ponse aux urgences et aux besoins populaires toujours report&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Jos&#233; Castillo &lt;/strong&gt;est &#201;conomiste. Professeur d'&#201;conomie Politique et de Sociologie Politique &#224; l'UBA. Membre de l'EDI (les &#201;conomistes de Gauche).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.argenpress.info/nota.asp?num=048635&amp;Parte=0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Argenpress&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;/La Arena&lt;/strong&gt;. Argentine, le 26 octobre 2007. &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Traduction de l'espagnol pour &lt;i&gt;El Correo&lt;/i&gt; de &lt;/strong&gt; : de Estelle et Carlos Debiasi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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