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	<title>El Correo</title>
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		<title>France, et maintenant ? </title>
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		<dc:creator>Akram Belka&#239;d *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C'&#233;tait beau. Oui, il faut le dire et s'y arr&#234;ter quelques lignes. Les marches du 11 janvier, &#224; Paris et dans d'autres villes, &#233;taient belles, impressionnantes. C'est beau un peuple qui se d&#233;couvre, qui r&#233;alise, r&#233;p&#232;te et clame que l'amour et la paix devraient &#234;tre plus forts que la haine et la violence. C'est beau des gens qui fraternisent, des inconnus qui se parlent, des visages qui rient apr&#232;s les pleurs et l'angoisse, des mains qui se serrent, des baisers qui s'&#233;changent. Une telle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/France" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait beau. Oui, il faut le dire et s'y arr&#234;ter quelques lignes. Les marches du 11 janvier, &#224; Paris et dans d'autres villes, &#233;taient belles, impressionnantes. C'est beau un peuple qui se d&#233;couvre, qui r&#233;alise, r&#233;p&#232;te et clame que l'amour et la paix devraient &#234;tre plus forts que la haine et la violence. C'est beau des gens qui fraternisent, des inconnus qui se parlent, des visages qui rient apr&#232;s les pleurs et l'angoisse, des mains qui se serrent, des baisers qui s'&#233;changent. Une telle communion est si rare. Oui, c'&#233;tait beau, malgr&#233; les risques, malgr&#233; la pr&#233;sence de ces chefs d'Etat ou de gouvernement, ministres, responsables et anciens dirigeants qui, hypocrites et calculateurs, ont march&#233; alors que l'on conna&#238;t leurs crimes contre la libert&#233; d'expression&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ensuite ? Que restera-t-il de toute cette fraternit&#233;, de ce qui a &#233;t&#233; tr&#232;s (trop ?) vite proclam&#233; &#171; esprit du 11 janvier &#187; ? La r&#233;ponse va d&#233;pendre de la mani&#232;re dont sera r&#233;solue ou non cette &#233;quation &#224; plusieurs inconnues qui caract&#233;rise depuis longtemps la France. Il &#233;tait d&#233;j&#224; peu ais&#233; d'imaginer comment ce pays allait &#233;voluer avant les attentats des 7 et 9 janvier, cela sera encore plus difficile car cette &#233;quation s'est compliqu&#233;e. Dans ces colonnes, il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; question il y a quelques ann&#233;es du philosophe &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nassim_Nicholas_Taleb&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nassim Nicholas Taleb&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, le &#171; penseur de l'improbable &#187;, qui a d&#233;velopp&#233; la fameuse &#171; &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_cygne_noir&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;th&#233;orie du cygne noir&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187; selon laquelle un &#233;v&#233;nement rare &#8211; ou jug&#233; peu probable - peut avoir d'importantes cons&#233;quences sur le long terme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le cygne noir : La puissance de l'impr&#233;visible &#187; [&#171; The Black Swan:The (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est bien cela qui vient d'arriver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; l'avenir, il faudrait que les causes structurelles de ces actes criminels soient clairement identifi&#233;es et analys&#233;es. Il ne s'agit pas de ressasser &#224; l'envi des th&#232;mes qui f&#226;chent mais il est impossible d'imaginer que l'on puisse faire l'&#233;conomie d'un tel questionnement, le mieux &#233;tant qu'il soit collectif et, surtout, qu'il ne soit pas abandonn&#233; aux seuls politiques. Pourquoi donc la France a-t-elle subi ces attentats men&#233;s par des enfants qui sont n&#233;s sur son sol, qui y ont grandi, qui y ont &#233;t&#233; &#171; &#233;duqu&#233;s &#187; ? Bien entendu, il n'y a pas qu'une seule explication, ce dernier mot, rappelons-le ne signifiant aucunement excuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le contexte international. Malgr&#233; ce qui s'est pass&#233; les 7 et 9 janvier, de nombreux Fran&#231;ais n'ont pas encore pris conscience que leur pays est en guerre. Non pas une guerre interne contre je ne sais quel ennemi cach&#233; ou autre cinqui&#232;me colonne mais un conflit au-del&#224; des fronti&#232;res de l'Hexagone. Ou plut&#244;t, des conflits. Aujourd'hui le Sahel et l'Irak, hier l'Afghanistan et la Libye, demain peut-&#234;tre la Syrie et, de nouveau, la Libye. Il s'agit bien de guerres qu'elles soient ou non lointaines. Et, d'ailleurs, le concept de guerre lointaine n'existe plus dans un contexte de mondialisation o&#249; les images des &#171; d&#233;g&#226;ts collat&#233;raux &#187; d'un drone peuvent &#234;tre mises presque instantan&#233;ment en ligne. La France est en guerre et, de cela, beaucoup trop de gens ne sont pas conscients pensant, na&#239;vement, que leur pays est un havre inattaquable et &#233;tanche. On pourra discuter longuement si ces interventions &#224; l'&#233;tranger sont l&#233;gitimes ou non. Le fait est qu'elles exposent l'Hexagone &#224; des attaques et &#224; des repr&#233;sailles. Commentant les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, le g&#233;n&#233;ral Giap, figure embl&#233;matique du combat vietnamien contre l'arm&#233;e am&#233;ricaine, avait eu cette r&#233;flexion : &#171; Ces gens (comprendre Al-Qaida) ont port&#233; leur combat sur le sol de l'ennemi ce que nous ne pouvions r&#233;aliser ou envisager &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement au Vietminh qui &#233;tait conscient de la n&#233;cessit&#233; de ne pas s'ali&#233;ner l'opinion publique am&#233;ricaine, ceux que la France combat au Sahel et en Orient entendent rendre coup pour coup quelles que soient les cons&#233;quences. En ce sens, la question des caricatures publi&#233;es par Charlie Hebdo n'est qu'un pr&#233;texte et les dirigeants fran&#231;ais semblent r&#233;ticents &#224; expliquer cela &#224; leur peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre &#233;l&#233;ment est bien entendu d'ordre interne. Combien de fois nous faudra-t-il encore nous lamenter sur les &#233;checs des diff&#233;rentes politiques d'int&#233;gration ? En 2005 puis en 2007, apr&#232;s les &#233;meutes de banlieue, un concert de voix unanimes avait d&#233;cr&#233;t&#233; le &#171; plus jamais &#231;a &#187;. Depuis, rien ou presque n'a &#233;t&#233; fait. Des quartiers en entiers restent &#224; l'abandon, livr&#233;s aux ca&#239;ds de la drogue, mal desservis par les transports, oubli&#233;s par le service public. Les minorit&#233;s visibles demeurent cantonn&#233;es aux marges et ne sont sollicit&#233;es qu'en cas de probl&#232;me. L'islam est devenu un th&#232;me permanent de d&#233;bats n&#233;gatifs, tranch&#233;s, souvent en l'absence m&#234;me des concern&#233;s. Plus grave encore, m&#234;me les ph&#233;nom&#232;nes positifs, c'est-&#224;-dire l'int&#233;gration silencieuse et r&#233;ussie d'une bonne partie des communaut&#233;s musulmanes, sont ni&#233;s et occult&#233;s. En 2005, apr&#232;s les &#233;meutes, j'avais &#233;crit que l'int&#233;gration devrait figurer au rang des grandes causes nationales, peut-&#234;tre m&#234;me la seule cause nationale. Habitat, d&#233;s&#233;gr&#233;gation spatiale, acc&#232;s &#224; une bonne &#233;ducation, emploi : cela devrait &#234;tre la priorit&#233; des priorit&#233;s. Cela reste le parent pauvre des programmes gouvernementaux obnubil&#233;s par la r&#233;duction des d&#233;ficits. Ces assassins ne sont pas sortis de nulle part. Ils sont le produit de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. L&#224; aussi, il serait aventureux d'ignorer cela et de ne pas r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est un pays en panne de projets nationaux. Ses &#233;lites monochromes, bouffies de certitudes, de pr&#233;jug&#233;s et de paternalisme &#224; l'&#233;gard des minorit&#233;s, refusent de prendre la mesure de l'incroyable r&#233;ajustement du monde que cela soit sur le plan &#233;conomique mais aussi religieux et spirituel. Emp&#234;tr&#233;es dans des d&#233;bats &#224; la petite semaine, elles ne veulent pas avoir le courage d'admettre que leur pays est en perte de vitesse parce qu'il est incapable de se red&#233;finir, de couper ses branches mortes et de laisser d'autres bourgeons &#233;clore. Parce qu'il est incapable d'admettre que son identit&#233; a chang&#233; avec la pr&#233;sence de 5 millions de musulmans sur son sol. Pendant des ann&#233;es, au lieu d'en tirer de la force, il a fait mine, par simples soucis &#233;lectoraux, d'en faire un probl&#232;me. A force de tergiversations, de fausses promesses et de renoncements quant &#224; une vraie politique d'&#233;galit&#233; des chances, ce probl&#232;me est devenu r&#233;alit&#233;. Et, tandis que l'heure tourne, que l'&#233;ch&#233;ance pr&#233;sidentielle de 2017 est d&#233;j&#224; dans toutes les t&#234;tes, que le discours musulmanophobe reprend de la vigueur et que, h&#233;las, d'autres nervis r&#234;vent certainement &#224; de nouvelles attaques, il y a fort &#224; craindre que l'&#233;lan unificateur de la marche du 11 janvier ne se perde dans les brumes de l'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Akram Belka&#239;d, Paris&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lequotidien-oran.com/?news=5208507&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La chronique dubl&#233;dard : France, et maintenant ?&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt;&lt;br/&gt; &lt;strong&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/strong&gt;, jeudi 15 janvier 2015&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Akram Belka&#239;d&lt;/strong&gt;, journaliste ind&#233;pendant, travaille avec &#171; &lt;i&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Afrique Magazine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;G&#233;o&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; &#187;. Dernier livre paru, &#171; Etre arabe aujourd'hui &#187; (Ed Carnets Nord), 2011.) &lt;a href=&#034;http://akram-belkaid.blogspot.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://akram-belkaid.blogspot.com&lt;/a&gt;]&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le cygne noir : La puissance de l'impr&#233;visible &#187; [&#171; &lt;i&gt;The Black Swan:The Impact of the highly improbable&lt;/i&gt; &#187;], Les Belles Lettres,&#8206; 2010, 496 p. (ISBN 978-2251443959)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le pays du Golfe par ses mots</title>
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		<dc:creator>Akram Belka&#239;d *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;En avril 2013, lors d'une conf&#233;rence sur l'&#233;nergie organis&#233;e &#224; Doha, au Qatar, l'un des intervenants, un officiel qatari, commence et conclut son intervention en anglais &#8212; la lingua franca dans le Golfe &#8212; en rendant hommage &#224; la &#171; vision &#233;clair&#233;e &#187; de son &#233;mir. Dans la salle, journalistes et universitaires &#233;changent clins d'&#339;il et sourires entendus. Habitu&#233;s de ce genre de manifestations, certains ont m&#234;me pari&#233; sur le nombre de fois o&#249; serait prononc&#233;e l'expression &#171; the vision &#187;. Il faut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Afrique-et-Monde-Arabo-Musulman" rel="directory"&gt;Afrique et Monde Arabo-Musulman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En avril 2013, lors d'une conf&#233;rence sur l'&#233;nergie organis&#233;e &#224; Doha, au Qatar, l'un des intervenants, un officiel qatari, commence et conclut son intervention en anglais &#8212; la lingua franca dans le Golfe &#8212; en rendant hommage &#224; la &#171; vision &#233;clair&#233;e &#187; de son &#233;mir. Dans la salle, journalistes et universitaires &#233;changent clins d'&#339;il et sourires entendus. Habitu&#233;s de ce genre de manifestations, certains ont m&#234;me pari&#233; sur le nombre de fois o&#249; serait prononc&#233;e l'expression &#171; the vision &#187;. Il faut dire qu'elle est devenue omnipr&#233;sente dans toutes les monarchies p&#233;troli&#232;res ou gazi&#232;res du golfe Arabo-Persique. Que ce soit lors d'un colloque, dans un document officiel ou dans une simple plaquette touristique, il faut c&#233;l&#233;brer la &#171; vijieune &#187; &#8212; exigez l'accent &#8212; de Son Altesse royale, ou plut&#244;t, en for&#231;ant un peu le trait, de &#171; Son Altessissime des cieux tr&#232;s &#233;lev&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'obs&#233;quiosit&#233; dont il t&#233;moigne, pareil propos r&#233;sume l'image que les monarques et leur cour tentent de projeter &#224; l'ext&#233;rieur. Ainsi, il faut donc savoir que le roi, l'&#233;mir ou le sultan a eu un jour une vision, personnelle cela va sans dire, quant &#224; la mani&#232;re de d&#233;velopper son pays. &#171; &lt;i&gt;A strategic vision&lt;/i&gt; &#187;, une vision strat&#233;gique, bien s&#251;r, et non un caprice de nouveau riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gratte-ciel de Duba&#239;, les villes nouvelles d'Arabie saoudite, les ports du sultanat d'Oman, la diversification de l'&#233;conomie d'Abou Dhabi pour sortir du tout-p&#233;trole, l'activisme du Qatar sur tous les fronts de la plan&#232;te, les h&#244;tels fantasmagoriques que la presse anglo-saxonne qualifie d'&#171; &lt;i&gt;al-bling-bling&lt;/i&gt; &#187;, les compagnies a&#233;riennes (Emirates, Etihad Airways, Qatar Airways, Oman Air&#8230;) qui dament le pion &#224; leurs concurrentes europ&#233;ennes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire Jean-Pierre S&#233;r&#233;ni, &#171; Emirates veut faire red&#233;coller Duba&#239; &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les fantaisies touristiques : tout cela rel&#232;verait de la &#171; vision &#187; coh&#233;rente de monarques qui seraient &#224; la fois strat&#232;ges et planificateurs, gestionnaires avis&#233;s et entrepreneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Opportunistes, et souvent &#224; l'origine des grands projets &#233;conomiques dans la r&#233;gion, les cabinets de conseil anglo-saxons ont compris tout l'int&#233;r&#234;t d'investir dans ce terme de &#171; vision &#187;. Depuis plusieurs ann&#233;es, c'est &#224; qui &#233;laborera le plus beau et le plus dense des rapports de prospective. &#171; &lt;i&gt;Vision 2020&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Vision 2030&lt;/i&gt; &#187; &#8212; en attendant ceux de 2040 : les pays du Golfe ne cessent de se projeter dans l'avenir et d'imaginer tous les sc&#233;narios susceptibles de faire d'eux de v&#233;ritables puissances &#233;conomiques et &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, les consultants mobilis&#233;s au service de &#171; &lt;i&gt;the vision&lt;/i&gt; &#187; n'ont gu&#232;re de scrupules, vendant successivement la m&#234;me id&#233;e &#224; des monarques rivaux et obs&#233;d&#233;s par l'id&#233;e de faire mieux que le voisin. L'&#233;mirat de Charjah est connu dans le monde pour la beaut&#233; de ses mus&#233;es, notamment celui de la Civilisation islamique ? Le Qatar en aura un plus grand, tandis qu'Abou Dhabi entend r&#233;ussir l'exploit de r&#233;unir le Louvre et le Guggenheim dans le m&#234;me &#171; district culturel &#187;. Duba&#239; poss&#232;de la plus grande tour du monde ? L'Arabie saoudite envisage d'en &#233;riger une encore plus haute, en signe manifeste de sa domination r&#233;gionale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le projet europ&#233;en se r&#233;duit comme peau de chagrin et que les Etats-Unis ne savent pas comment sortir d'une croissance qui ne cr&#233;e plus d'emplois, les pays du Golfe revendiquent leur confiance en l'avenir, m&#234;me si, dans les coulisses, le nucl&#233;aire iranien provoque cauchemars et sueurs froides. Il ne se passe donc pas un jour, ou presque, sans que l'on parle de &#171; projects &#187; &#224; plusieurs dizaines de &#171; billions &#187; &#8212; milliards &#8212; de dollars. Les sommes cit&#233;es par l'hebdomadaire MEED (Duba&#239;) ou par le quotidien &#233;mirati The National &#8212; tous deux en anglais, langue des affaires, mais aussi de l'&#233;ducation sup&#233;rieure et de tout ce qui touche aux loisirs et &#224; la culture &#8212; donnent le tournis. A lire et &#224; entendre les d&#233;clarations officielles, tous ces projets sont &#171; &lt;i&gt;world-class&lt;/i&gt; &#187;, d'envergure internationale, car le temps des cheikhs fortun&#233;s achetant d'obsol&#232;tes &#233;l&#233;phants blancs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un &#171; &#233;l&#233;phant blanc &#187; est un ouvrage ambitieux qui soit n'aboutit jamais, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; serait r&#233;volu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet doit &#234;tre lourd, impressionnant, mais aussi rentable, de fa&#231;on &#224; permettre au pays concern&#233; de tenir son rang d'&#171; emerging market &#187; &#8212; march&#233; &#233;mergent &#8212;, au m&#234;me titre que la Chine ou le Br&#233;sil, mais aussi et surtout de &#171; hub &#187;. C'est-&#224;-dire de carrefour strat&#233;gique et de n&#339;ud de communications et de transports o&#249; il est opportun, pour ne pas dire obligatoire, de se rendre pour faire de bonnes affaires. Il y a d'ailleurs un aspect quasi obsessionnel dans la volont&#233; des pays du Golfe d'&#234;tre aujourd'hui &#224; la convergence des mondes. &#171; &lt;i&gt;To be on the map&lt;/i&gt; &#187; : &#234;tre sur la carte du globe et, surtout, &#234;tre enfin connu et reconnu. C'est, entre autres, ce qui motive les monarchies de la r&#233;gion, comme le montre l'exemple tr&#232;s m&#233;diatis&#233; du Qatar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi le qualificatif &#171; global &#187; s'accole in&#233;vitablement au terme &#171; hub &#187;. Aucun projet, aucune activit&#233;, aucun colloque n'a droit de cit&#233; s'il n'est pas &#171; global &#187;, c'est-&#224;-dire inscrit dans la mondialisation. De passage &#224; Doha ou &#224; Manama, on ne sera donc pas surpris si la carte de visite de l'attach&#233;e de presse d'une petite affaire familiale proclame sa fonction de &#171; &lt;i&gt;global press officer&lt;/i&gt; &#187;. M&#234;me le &#171; &lt;i&gt;mall&lt;/i&gt; &#187;, ce gigantesque centre commercial climatis&#233; o&#249; expatri&#233;s et nationaux tra&#238;nent leur ennui dans de tristes galeries de marbre, se doit d'&#234;tre &#171; global &#187;. Les pays du Golfe ? &#171; &lt;i&gt;A global hub with a strategic vision.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mat&#233;riel linguistique suffit &#224; charpenter des livres et des colloques c&#233;l&#233;brant l'av&#232;nement d'une nouvelle &#233;conomie. Une &#233;conomie robuste (&#171; &lt;i&gt;strong economy&lt;/i&gt; &#187;), mais aussi, vous pr&#233;viendra-t-on, tr&#232;s attentive au d&#233;veloppement durable (&#171; &lt;i&gt;sustainable development&lt;/i&gt; &#187;). Car, bien s&#251;r, dans cette r&#233;gion qui est la premi&#232;re du monde en termes d'&#233;missions de gaz &#224; effet de serre par habitant, se soucier de l'environnement, c'est aussi tr&#232;s &#171; &lt;i&gt;world-class&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la terminologie abondante &#224; laquelle recourent les documents relatifs &#224; la &#171; vision &#187;, le &#171; capital humain &#187; (&#171; &lt;i&gt;human capital&lt;/i&gt; &#187;) s'accommode &#224; toutes les sauces. Officiellement, il faut le d&#233;velopper et le prot&#233;ger. Bien entendu, cela ne concerne gu&#232;re les l&#233;gions de travailleurs immigr&#233;s, notamment ceux originaires du sous-continent indien, pour lesquels on parle plut&#244;t de &#171; deportation &#187;, c'est-&#224;-dire d'expulsion. Une punition automatique quand il leur prend la mauvaise id&#233;e de faire gr&#232;ve pour r&#233;clamer leurs (maigres) droits ou leurs salaires, trop souvent vers&#233;s en retard et amput&#233;s du co&#251;t de leur nourriture et de leur logement, qu'ils n'ont d'ailleurs pas la possibilit&#233; de n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, int&#233;r&#234;t de l'Occident protecteur oblige, on lie le &#171; human capital &#187; au sort des femmes. A Duba&#239; comme &#224; Doha ou &#224; Kowe&#239;t, il n'est question que de leur donner un meilleur acc&#232;s &#224; la vie professionnelle. D&#232;s lors surgit un autre terme qui m&#233;rite attention, tant il cristallise les sous-entendus politiques et id&#233;ologiques chers &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale : celui d'&#171; &lt;i&gt;empowerment&lt;/i&gt; &#187;, qui, dans les textes, signifie &#171; donner progressivement plus de pouvoir aux personnes concern&#233;es pour qu'elles puissent mieux agir d'elles-m&#234;mes &#187;. &#171; &lt;i&gt;Empowerer&lt;/i&gt; &#187; une femme &#233;miratie ou qatarie, c'est donc lui faire prendre conscience qu'elle pourrait avoir plus, mais sans pour autant remettre en question le syst&#232;me patriarcal dominant. En clair, l'&#233;manciper, mais pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse, pratiquer l'&#171; &lt;i&gt;empowerment &lt;/i&gt; &#187; des jeunes &#171; locals &#187;, les locaux, terme qu'emploient les expatri&#233;s pour d&#233;signer les nationaux, consiste &#224; les convaincre d'en faire plus et d'accepter des emplois jusque-l&#224; r&#233;serv&#233;s aux &#233;trangers, notamment dans le secteur priv&#233;. Campagne apr&#232;s campagne, la &#171; labor nationalization &#187;, le remplacement des travailleurs &#233;trangers, demeure toutefois un &#233;chec, et la d&#233;pendance aux &#171; foreign workers &#187; reste importante. Ce qui, chose nouvelle, alimente de longs d&#233;bats dans la presse et les Parlements, pour la plupart consultatifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Les Emirats arabes unis saisis par la fi&#232;vre nationale &#187;, Le Monde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment ne pas comprendre cette jeunesse masculine blas&#233;e et d&#233;s&#339;uvr&#233;e, qui inqui&#232;te les puissants chouyoukh &#8212; terme par lequel on d&#233;signe les monarques, mais aussi les grandes figures tribales ? Pas facile pour elle d'exister, de mener une vie normale ou, plus important encore, d'acqu&#233;rir le go&#251;t de l'effort et du travail bien fait, quand tout ce qui l'entoure ne parle que de &#171; &lt;i&gt;luxury&lt;/i&gt; &#187; &#8212; mot signifiant luxe, mais que l'on peut aussi traduire par luxure quand on conna&#238;t certains aspects de la vie nocturne de quelques villes du Golfe. Comment mettre au travail cette jeunesse autrement qu'en la recrutant dans une fonction publique pl&#233;thorique, dans des pays o&#249; un autre ma&#238;tre mot est &#171; &lt;i&gt;leisure&lt;/i&gt; &#187; &#8212; loisir, &#224; comprendre surtout dans le sens de farniente &#8212;, et le ma&#238;tre verbe, &#171; &lt;i&gt;enjoy&lt;/i&gt; &#187; &#8212; prendre du plaisir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a cependant pas que la jeunesse qui inqui&#232;te les chouyoukh. Quatre d&#233;cennies d'&#233;normes bouleversements sociaux ont engendr&#233; une forme de mal-&#234;tre et de qu&#234;te identitaire. C'est pourquoi, au nom de la coh&#233;sion nationale, il est souvent question de &#171; &lt;i&gt;heritage&lt;/i&gt; &#187; (prononcer &#171; heuritadje &#187;, en roulant bien le &#171; r &#187;) et de &#171; culture &#187; (prononcer &#171; keultch're &#187;). Ah, ce &#171; &lt;i&gt;cultural heritage&lt;/i&gt; &#187;, expression bien utile pour compenser le malaise g&#233;n&#233;r&#233; par la &#171; &lt;i&gt;modernity&lt;/i&gt; &#187; tant revendiqu&#233;e &#8212; du moins pour ce qui est de l'aspect technologique, car, pour les mentalit&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, persifle le visiteur en provenance du Proche-Orient ou du Maghreb, de quel h&#233;ritage culturel parle-t-on en ces terres jadis connues pour leur vacuit&#233; ? La tente ? Les chameaux ? La po&#233;sie ant&#233;islamique ? La frugalit&#233; impos&#233;e par le d&#233;sert ? Les joutes marines ? La gastronomie sommaire, dont le visiteur prendra garde &#224; ne pas demander si elle est &#171; spicy &#187; (&#233;pic&#233;e), le terme &#171; &lt;i&gt;spice&lt;/i&gt; &#187; faisant d&#233;sormais r&#233;f&#233;rence &#224; des substances synth&#233;tiques de plus en plus pris&#233;es par la jeunesse locale en qu&#234;te de paradis artificiels ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La terminologie en vogue n'a pas d'expression favorite pour cela. Elle se contente tout au plus de reconna&#238;tre que les pays de la r&#233;gion sont engag&#233;s dans un &#171; &lt;i&gt;nation building&lt;/i&gt; &#187;, la construction d'une nation. Un &#171; challenge &#187; qui demeure incertain, malgr&#233; l'existence d'une &#171; vision &#187; strat&#233;gique et prospective qui, il faut tout de m&#234;me le reconna&#238;tre, fait d&#233;faut &#224; nombre de pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Akram Belka&#239;d&lt;/strong&gt;* pour &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le Monde diplomatique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/BELKAID/49558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Valise diplomatique&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, ao&#251;t 2013&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;* &lt;strong&gt;Akram Belka&#239;d&lt;/strong&gt;, journaliste ind&#233;pendant, travaille avec &#171; &lt;i&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Afrique Magazine&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;G&#233;o&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;Le Monde Diplomatique&lt;/i&gt; &#187;. Dernier livre paru, &#171; Etre arabe aujourd'hui &#187; (Ed Carnets Nord), 2011.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire Jean-Pierre S&#233;r&#233;ni, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2010/11/SERENI/19864&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Emirates veut faire red&#233;coller Duba&#239;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; novembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Un &#171; &#233;l&#233;phant blanc &#187; est un ouvrage ambitieux qui soit n'aboutit jamais, soit se r&#233;v&#232;le un gouffre financier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#171; &lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2010/05/BELKAID/19103&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les Emirats arabes unis saisis par la fi&#232;vre nationale&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique,&lt;/i&gt; mai 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Un tyran nomm&#233; Kadhafi</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Un-tyran-nomme-Kadhafi</link>
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		<dc:date>2011-02-27T13:03:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akram Belka&#239;d *</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quand le tyran affronte la col&#232;re, longtemps contenue, de son peuple, il commence toujours par recourir &#224; la violence. S&#251;r de son bon droit et de son impunit&#233;, il ordonne &#224; ses sbires de tuer, de saccager et de torturer pour emp&#234;cher toute r&#233;cidive. Et si, d'aventure, l'arm&#233;e et les forces de s&#233;curit&#233; rechignent &#224; ob&#233;ir &#224; ses consignes abjectes, il puise dans le tr&#233;sor national et paie des mercenaires pour accomplir la sale besogne. C'est presque toujours le m&#234;me sc&#233;nario qui pr&#233;lude au m&#234;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Afrique-et-Monde-Arabo-Musulman" rel="directory"&gt;Afrique et Monde Arabo-Musulman&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quand le tyran affronte la col&#232;re, longtemps contenue, de son peuple, il commence toujours par recourir &#224; la violence. S&#251;r de son bon droit et de son impunit&#233;, il ordonne &#224; ses sbires de tuer, de saccager et de torturer pour emp&#234;cher toute r&#233;cidive. Et si, d'aventure, l'arm&#233;e et les forces de s&#233;curit&#233; rechignent &#224; ob&#233;ir &#224; ses consignes abjectes, il puise dans le tr&#233;sor national et paie des mercenaires pour accomplir la sale besogne. C'est presque toujours le m&#234;me sc&#233;nario qui pr&#233;lude au m&#234;me encha&#238;nement d'&#233;v&#233;nements. Car, t&#244;t ou tard, le tyran r&#233;alise que son peuple est d&#233;termin&#233; et que des concessions, m&#234;me de fa&#231;ade, sont n&#233;cessaires. Vient alors le temps du discours &#224; la fois mena&#231;ant et accommodant. C'est le &#171; p&#232;re de la nation &#187; qui s'adresse aux brebis &#233;gar&#233;es, qui en appelle &#224; la majorit&#233; silencieuse, qui promet des changements et des r&#233;formes dont on se demande pourquoi ils n'ont jamais &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s auparavant. C'est la dignit&#233; offens&#233;e qui ne comprend pas la flamb&#233;e de violence et qui feint de s'&#233;tonner que les manifestants en soient arriv&#233;s &#224; sortir dans la rue pour faire entendre leur voix. C'est le propos d'une pseudo sagesse qui dit apr&#232;s moi le d&#233;luge et qui abat la carte de la peur en mena&#231;ant son peuple de guerre civile et de peine capitale. Et pour bien enfoncer le clou, il finit par brandir la carte du retour du colonisateur sans oublier la menace islamiste alors que personne n'a vu ou entendu le moindre slogan religieux contre son r&#233;gime inique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quand il est accul&#233;, quand il est en perte de vitesse, le tyran devient com&#233;dien. Il cherche &#224; &#233;mouvoir, &#224; s&#233;duire et compte sur l'angoisse de son peuple face &#224; l'inconnu. Il joue la ritournelle du souvenez-vous de ce que je vous ai apport&#233;, de nos combats glorieux. Tel un mythomane gav&#233; de drogues et d'euphorisants, il se pavane et jure qu'il ne quittera jamais son poste. Et, bien entendu, d&#232;s la fin de son propos, les foules &#171; enthousiastes &#187; sortent pour acclamer le leader, un peu &#224; l'image des pauvres imb&#233;ciles qui ont envahi les rues de Tunis pour chanter les louanges de Ben Ali au soir de son discours du 13 janvier. &#171; Je vous ai compris. Faites moi encore confiance &#187; affirme le tyran qui ne se rend m&#234;me pas compte que le feu a gagn&#233; son palais. Mais tout cela est vain car, qu'il le veuille ou non, son destin est scell&#233;. T&#244;t ou tard, apr&#232;s quelques autres discours, il devra fuir pour ne pas &#234;tre pass&#233; par la lame d'un sabre ou hach&#233; par quelques rafales d'armes automatiques. C'est &#224; tout cela que je pensais mardi dernier apr&#232;s avoir &#233;cout&#233; le discours fleuve de Kadhafi. Un moment path&#233;tique, d'un grotesque infini comme lorsque le &#171; guide &#187; est apparu la veille &#224; la t&#233;l&#233;vision, parapluie &#224; la main, pour prouver qu'il n'avait pas quitt&#233; le pays contrairement aux rumeurs qui le disaient r&#233;fugi&#233; au Venezuela. Ce discours&#8230; Quelle logorrh&#233;e, quel d&#233;lire mais en m&#234;me temps quelle cruaut&#233;, quelle monstruosit&#233; dans le verbe et l'intention. C'&#233;tait l'exemple m&#234;me du dictateur qui n'h&#233;site pas &#224; mettre son pays &#224; feu et &#224; sang pour sauver son fauteuil. Dans ce discours, il y avait &#224; la fois du Bokassa, de l'Idi Amin Dada et du S&#233;nateur Palpatine. On aurait pu en rire &#224; gorge d&#233;ploy&#233;e si la situation n'&#233;tait pas aussi tragique et s'il n'y avait pas eu autant de morts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Question : dans cette triste affaire, que va faire le monde arabe ? Encore dirig&#233; par un nombre important de fripouilles et de kleptocrates, il va encore s'arranger pour d&#233;cider de ne rien d&#233;cider. Dans le camp des d&#233;mocraties naissantes, la Tunisie doit g&#233;rer sa transition et contrer les agissements des milices de l'ancien r&#233;gime tandis que l'Egypte est loin d'&#234;tre sortie d'affaire. Quant aux autres r&#233;gimes, comment pourraient-ils abandonner l'un des leurs ? Comment pourraient-ils accepter de cr&#233;er un tel pr&#233;c&#233;dent ? A-t-on vu un r&#233;gime arabe se porter au secours d'un peuple arabe en danger de mort ? On retiendra aussi que l'Union du Maghreb arabe (UMA) est d&#233;finitivement morte en ce mois de f&#233;vrier 2011, soit vingt-deux ans apr&#232;s sa naissance. Que l'on se dise arabe, berb&#232;re ou tout simplement maghr&#233;bin, Kadhafi et son gang familial de psychopathes sont notre honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deuxi&#232;me question : dans cette affaire, que va faire l'Occident ? Cet Occident qui s'est longtemps tu pendant les &#233;v&#233;nements tunisiens et &#233;gyptiens va devoir choisir entre p&#233;trole et morale. Entre gaz naturel et honneur. Entre ventes d'armes et rectitude. On se doute bien quel sera son choix. Pour sauver les apparences, il d&#233;cidera peut-&#234;tre un embargo et quelques sanctions pour calmer la galerie. Mais peut-il se f&#226;cher contre celui qui d&#233;tient trois pour cent des r&#233;serves mondiales d'or noir ? Rembobinons quelques documents d'archives. Ecoutons ce ministre fran&#231;ais nous expliquer que Kadhafi est un partenaire s&#233;rieux de l'Union europ&#233;enne. Ecoutons Berlusconi dire toute l'admiration qu'il &#233;prouve pour son ami Libyen. Ecoutons l'administration Bush saluer celui qui a renonc&#233; au terrorisme. Revoyons les images du despote re&#231;u en grandes pompes &#224; Paris en d&#233;cembre 2007. Ah, cette tente plant&#233;e en plein parc de l'h&#244;tel Marigny, &#224; quelques m&#232;tres de l'Elys&#233;e, quelle belle gifle &#224; la patrie qui fut celle des droits de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pauvre Libye. Pauvres Libyens dont on se demande ce qu'ils ont bien pu faire pour m&#233;riter un tel sort. D&#233;sormais, personne ne sait ce qui va se passer mais une chose est certaine : Kadhafi a fait massacrer son peuple et il m&#233;rite d'&#234;tre traduit devant la justice internationale. Affirmer le contraire ne sera que propos dilatoire, complaisant ou tout simplement complice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5149744&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/u&gt;}&lt;/a&gt;. Oran, le 24 f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Le monde arabe, Isra&#235;l et la d&#233;mocratie </title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Le-monde-arabe-Israel-et-la-democratie</link>
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		<dc:date>2011-02-11T14:01:21Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akram Belka&#239;d *</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il y a une bonne quinzaine d'ann&#233;es j'ai r&#233;dig&#233; un texte &#224; propos du lien tabou entre l'absence de d&#233;mocratie dans le monde arabe et les int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques d'Isra&#235;l. Cette analyse venait en r&#233;action &#224; une phrase que l'on entend presque toujours d&#232;s lors que l'on aborde la situation au Proche-Orient. &#171; Isra&#235;l est la seule d&#233;mocratie dans la r&#233;gion &#187; : voil&#224; l'argument qui est cens&#233; faire taire tous ceux qui critiquent ce pays pour le sort qu'il inflige aux Palestiniens &#187;. Le raisonnement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Afrique-et-Monde-Arabo-Musulman" rel="directory"&gt;Afrique et Monde Arabo-Musulman&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a une bonne quinzaine d'ann&#233;es j'ai r&#233;dig&#233; un texte &#224; propos du lien tabou entre l'absence de d&#233;mocratie dans le monde arabe et les int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques d'Isra&#235;l. Cette analyse venait en r&#233;action &#224; une phrase que l'on entend presque toujours d&#232;s lors que l'on aborde la situation au Proche-Orient. &#171; Isra&#235;l est la seule d&#233;mocratie dans la r&#233;gion &#187; : voil&#224; l'argument qui est cens&#233; faire taire tous ceux qui critiquent ce pays pour le sort qu'il inflige aux Palestiniens &#187;. Le raisonnement est connu : Entour&#233; de dictatures arabes hostiles, Isra&#235;l m&#233;riterait le respect et l'indulgence tout en ayant le droit de se d&#233;fendre par tous les moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans mon texte, j'ai d'abord commenc&#233; par poser une simple question. Si Isra&#235;l est une d&#233;mocratie, pour qui l'est-elle ? Pour les Isra&#233;liens ? Assur&#233;ment, m&#234;me si on peut critiquer la militarisation de sa classe politique et le blocage de son syst&#232;me &#233;lectoral qui fait que ce pays devient de plus en plus ingouvernable. Je n'ai aucun probl&#232;me &#224; reconna&#238;tre qu'Isra&#235;l est, pour ses citoyens, une d&#233;mocratie et un Etat de droit. Mais est-ce le cas pour les Arabes isra&#233;liens ? Pas s&#251;r. Est-ce le cas pour les Palestiniens, qui sont, pour le moment et qu'on le veuille ou non, des Isra&#233;liens sans statut ni papiers : absolument pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais tel n'&#233;tait pas l'objectif prioritaire de l'analyse. Dans cette opinion, j'ai essay&#233; de mettre en lumi&#232;re ce curieux paradoxe qui consiste &#224; d&#233;plorer l'absence de d&#233;mocratie dans le monde arabe sans vraiment soutenir le changement et sans avoir le courage d'avouer que cette m&#234;me absence de d&#233;mocratie a souvent fait l'affaire d'Isra&#235;l. Et pour illustrer mon raisonnement, j'ai pris l'exemple de l'Egypte. Un cas concret qui est d'actualit&#233; comme le montrent les cris d'orfraie que poussent certains politiques et intellectuels fran&#231;ais face &#224; la perspective d'une chute du r&#233;gime de Moubarak, un grand d&#233;mocrate comme chacun le sait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le raisonnement est tr&#232;s simple. Est-ce que le peuple &#233;gyptien aurait accept&#233; les accords de Camp David s'il avait eu le droit de donner son avis et, surtout, si cet avis avait compt&#233; ? Peut-&#234;tre que oui. Mais ce peuple aurait certainement impos&#233; &#224; ses dirigeants de l'&#233;poque une plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; &#224; l'&#233;gard d'Isra&#235;l et, surtout une plus grande vigilance dans l'application d'un trait&#233; de paix qui, rappelons-le au passage, devait aussi conduire au r&#232;glement de la question palestinienne. C'&#233;tait en 1978, et l'on attend toujours la naissance d'un Etat Palestinien... En r&#233;alit&#233;, c'est bien parce que Sadate &#233;tait un dictateur qu'il a pu signer la paix contre l'avis de son peuple et d'une grande partie de la diplomatie &#233;gyptienne qui consid&#233;rait que le ra&#239;s avait &#233;t&#233; trop vite et trop loin dans les concessions. Au passage, relevons que c'est aussi parce que les Jordaniens n'ont pas leur mot &#224; dire que leur roi a sign&#233; la paix avec Isra&#235;l. L&#224; aussi, la dictature s'est av&#233;r&#233;e &#234;tre bien utile pour Tel Aviv.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Autre question : imaginons aujou-rd'hui que l'Egypte devienne une d&#233;mocratie o&#249; le peuple aurait son bulletin de vote &#224; faire valoir ? Qui peut jurer qu'un r&#233;f&#233;rendum ne m&#232;nera pas &#224; la remise en cause de ces accords de Camp David ? Il n'y a pas que les Fr&#232;res musulmans qui sont hostiles &#224; l'Etat h&#233;breu ou qui sont solidaires de la cause palestinienne. C'est toute une soci&#233;t&#233;, y compris la haute bourgeoisie &#233;gyptienne, qui vit dans une dr&#244;le de schizophr&#233;nie. D'un c&#244;te, il lui faut assumer la paix avec Isra&#235;l, de l'autre, elle se laisse aller parfois aux pires diatribes antis&#233;mites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour autant, il y a tr&#232;s peu de risque que le peuple &#233;gyptien r&#233;clame une nouvelle guerre contre Isra&#235;l. Bien au contraire, la libert&#233; recouvr&#233;e le poussera plut&#244;t &#224; pr&#233;server cet acquis plut&#244;t que de s'engager dans une aventure risqu&#233;e. Cela devrait rassurer les charlatans m&#233;diatiques qui, &#224; Paris, multiplient les circonvolutions pour nous expliquer sans para&#238;tre le faire que, finalement, il n'y a que la dictature qui convienne aux arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On dit souvent que les d&#233;mocraties ne se font pas la guerre. Pourquoi cette r&#232;gle ne s'appliquerait-elle pas au monde arabe ? D&#233;barrass&#233;s de Moubarak et de sa client&#232;le, les Egyptiens ont la possibilit&#233; de se choisir un gouvernement l&#233;gitime. Ce dernier, r&#233;p&#233;tons-le, ne va pas d&#233;clarer la guerre &#224; Isra&#235;l et je ne pense pas non plus qu'il remettra en cause Camp David. Mais si elles ne se font pas la guerre, les d&#233;mocraties ne se font pas non plus de cadeaux. Plut&#244;t que d'&#234;tre un partenaire passif comme l'a &#233;t&#233; l'Egypte depuis 1978, ce pays p&#232;sera donc de tout son poids pour que les droits des Palestiniens soient enfin respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Isra&#235;l devra donc composer de mani&#232;re plus s&#233;rieuse avec Le Caire. C'est peut-&#234;tre cette situation et la n&#233;cessit&#233; de garder de bonnes relations avec son voisin arabe qui obligera le gouvernement Netanyahou ou celui qui le suivra de faire enfin des concessions s&#233;rieuses &#224; propos des Palestiniens. Une chose que personne, pas m&#234;me les Etats-Unis, ne semblent capables aujourd'hui d'imposer. Voil&#224; donc le fond du probl&#232;me. Celles et ceux qui agitent le spectre de l'islamisme pour d&#233;cr&#233;dibiliser une Egypte enfin libre le savent tr&#232;s bien. Ce n'est pas la paix et la s&#233;curit&#233; d'Isra&#235;l qui sont en jeu mais la p&#233;rennit&#233; de son intransigeance dans les n&#233;gociations avec les Palestiniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Terminons enfin par cette pr&#233;cision. Le texte dont je fais mention au d&#233;but de cette chronique n'a jamais &#233;t&#233; publi&#233;. Soumis aux pages opinions de la majorit&#233; des publications, il a &#233;t&#233; poliment rejet&#233; y compris par un grand quotidien du soir dont un responsable m'avait expliqu&#233;, un peu g&#234;n&#233;, qu'il y d&#233;celait un &#171; propos provocateur &#187;. A l'&#233;poque, internet n'existait pas et avec lui ses blogs et ses m&#233;dias alternatifs. Il est heureux aujourd'hui que les r&#233;voltes arabes interviennent dans un contexte de r&#233;el pluralisme &#233;ditorial. La marge de man&#339;uvre des chiens de garde m&#233;diatiques est largement r&#233;duite et c'est tant mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5149124&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chronique du bl&#233;dard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; publi&#233;e dans &lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lequotidien-oran.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;u&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/u&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, Alg&#233;rie, du jeudi 10 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.akrambelkaid.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;Akram Belka&#239;d&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.elcorreo.eu.org/?Le-monde-arabe-Israel-et-la-democratie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;u&gt;El Correo&lt;/u&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;. Paris, 11 f&#233;vrier 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Apr&#232;s Gaza, la &#171; Grande Expulsion &#187; ?Akram Belka&#239;d</title>
		<link>https://www.elcorreo.eu.org/Apres-Gaza-la-Grande-Expulsion-Akram-Belkaid</link>
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		<dc:date>2009-01-09T14:54:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akram Belka&#239;d *</dc:creator>



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&lt;p&gt;C'est une funeste loi qui se v&#233;rifie de mani&#232;re r&#233;currente sans que l'opinion publique mondiale puisse grand-chose contre cela : Isra&#235;l peut tuer des civils palestiniens &#224; volont&#233; sans rien craindre de personne et surtout pas des pays arabes dont les dirigeants sont pr&#234;ts &#224; se battre pour la Palestine jusqu'au dernier Palestinien... Ce pays poss&#232;de la bombe atomique et l'arm&#233;e la plus puissante et la plus aguerrie de tout le Proche-orient et de l'ouest du bassin m&#233;diterran&#233;en. Cela lui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.elcorreo.eu.org/Israel" rel="directory"&gt;Isra&#235;l&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une funeste loi qui se v&#233;rifie de mani&#232;re r&#233;currente sans que l'opinion publique mondiale puisse grand-chose contre cela : Isra&#235;l peut tuer des civils palestiniens &#224; volont&#233; sans rien craindre de personne et surtout pas des pays arabes dont les dirigeants sont pr&#234;ts &#224; se battre pour la Palestine jusqu'au dernier Palestinien... Ce pays poss&#232;de la bombe atomique et l'arm&#233;e la plus puissante et la plus aguerrie de tout le Proche-orient et de l'ouest du bassin m&#233;diterran&#233;en. Cela lui procure un vertige qui confine &#224; l'ivresse et qui le conduira fatalement &#224; d'autres aventures militaires et d'autres tueries de civils palestiniens voire arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique pr&#233;tende le pitoyable Andr&#233; Glucksmann, ancien h&#233;raut des &#233;radicateurs alg&#233;riens et partisan de l'intervention am&#233;ricaine en Irak, c'est bien de la disproportion des moyens de destruction mis en &#339;uvre par Isra&#235;l pour mater le Hamas dont il est question (*). Le bilan parle de lui-m&#234;me : des centaines de civils morts et plusieurs milliers de bless&#233;s c&#244;t&#233; palestinien contre un nombre vingt fois inf&#233;rieur chez les Isra&#233;liens. Cette comptabilit&#233; macabre d&#233;montre bien qu'il ne s'agit pas d'une guerre classique o&#249; chaque camp aurait les moyens d'infliger des pertes substantielles &#224; son ennemi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait longtemps que les d&#233;fenseurs d'Isra&#235;l ont aff&#251;t&#233; leur rh&#233;torique pour syst&#233;matiquement relativiser le nombre de victimes palestiniennes (ou libanaises) &#224; chaque fois que les armes isra&#233;liennes ont parl&#233;. D&#233;j&#224;, durant l'invasion du Liban en 1982, pareil discours avait &#233;t&#233; tenu tout comme lors de la premi&#232;re intifada o&#249;, face au nombre sans cesse grandissant de &#171; chababs &#187; abattus, certains tentaient de faire diversion en insistant sur l'inconscience de leurs m&#232;res, coupables, selon eux, de les encourager &#224; affronter des engins blind&#233;s &#224; coup de pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces propagandistes, et quoiqu'ils pr&#233;tendent en nous servant leurs tr&#233;molos humanistes, un mort palestinien n'aura jamais la m&#234;me valeur qu'un mort isra&#233;lien. Cela vaut aussi pour les dirigeants de l'Etat h&#233;breu, dont certains ont d&#233;clench&#233; cette guerre avec d'&#233;videntes arri&#232;re-pens&#233;es &#233;lectorales. Les entendre sur CNN s'apitoyer sur les pauvres civils palestiniens que leur arm&#233;e vient d'&#233;triper est surr&#233;aliste. Et bien entendu, Glucksmann et ses amis vont nous expliquer que si des civils meurent, c'est parce que les combattants du Hamas les utilisent comme boucliers humains, vieille rengaine qui a toujours servi &#224; discr&#233;diter les Palestiniens et les Libanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne fais pas partie de ceux qui d&#233;fendent le Hamas m&#234;me si je comprends qu'un peuple encag&#233; depuis plus de soixante ans, comme l'est celui de Gaza, puisse d&#233;cider, par &#233;puisement et manque de perspectives, de g&#226;cher &#224; n'importe quel prix le quotidien de son ge&#244;lier et cela y compris par le biais d'une strat&#233;gie suicidaire. Dans le rapport de force qui existe dans la r&#233;gion, et au vu de la pusillanimit&#233; des voisins arabes, les tirs de roquettes contre Isra&#235;l ne peuvent qu'&#234;tre improductifs et d&#233;boucher fatalement sur une boucherie. Pour autant, s'en prendre &#224; tout un peuple comme le font les Isra&#233;liens - et cela &#224; l'abri de tout regard m&#233;diatique - est inacceptable et criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on anticiper de cette nouvelle guerre ? La direction actuelle du Hamas va certainement &#234;tre d&#233;capit&#233;e mais est-ce que cela apportera pour autant la paix dans la r&#233;gion et surtout la justice pour les Palestiniens ? La r&#233;ponse est bien entendu n&#233;gative. Chaque jour qui passe, voit la perspective d'un Etat palestinien s'&#233;loigner. Gaza n'est qu'un bantoustan, une r&#233;serve pour peaux-rouges. La Cisjordanie est &#224; peine mieux lotie. Cribl&#233;e de colonies, taillad&#233;e par le mur de s&#233;paration et les routes r&#233;serv&#233;es aux colons, c'est un gruy&#232;re qui n'a plus rien &#224; voir avec ce qu'&#233;taient ses fronti&#232;res de 1967. Et ces deux territoires ont un point commun : ils sont devenus les terrains d'entra&#238;nement pr&#233;f&#233;r&#233;s des g&#233;n&#233;raux isra&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impasse pousse certains intellectuels palestiniens &#224; se rabattre sur l'id&#233;e d'un seul Etat binational, &#224; l'image de ce que d&#233;fendait feu Edward Sa&#239;d. Prudemment, ils explorent l'id&#233;e de r&#233;clamer de devenir des citoyens isra&#233;liens avec les m&#234;mes droits et les m&#234;mes devoirs. Cette piste est bien entendu combattue &#224; la fois par les r&#233;gimes arabes (comment se passeraient-ils de l'alibi palestinien !) et par le gouvernement isra&#233;lien. Mais tout cela n'est que conjectures. Peut-&#234;tre m&#234;me est-il d&#233;j&#224; trop tard et l'on peut se demander si quelque chose d'autre, de plus terrible, ne s'est pas mis en branle depuis le d&#233;rapage du processus d'Oslo, lequel d&#233;rapage, rappelons-le, a d&#233;but&#233; avec l'assassinat de Rabin par un terroriste isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intellectuels arabes sont souvent accus&#233;s de duplicit&#233; vis-&#224;-vis d'Isra&#235;l. Feignant de s'&#234;tre fait une raison quant &#224; l'existence de l'Etat h&#233;breu, ils continueraient &#224; esp&#233;rer en silence sa destruction. A l'oppos&#233;, mais on en parle moins, il y a cette tentation du pire que l'on sent poindre de temps &#224; autre dans les propos et les attitudes des dirigeants isra&#233;liens. Qui peut jurer aujourd'hui que l'expulsion des Palestiniens des Territoires &#224; la suite d'une crise plus grave est impossible ? Qui peut affirmer que ce qui se passe &#224; Gaza ne se passera pas demain en Cisjordanie, avec, au bout du compte, des dizaines de milliers de Palestiniens oblig&#233;s de fuir vers le Nord ou vers l'Ouest sachant qu'ils ne pourront plus jamais revenir comme jadis leurs grands-parents ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Arabes s'opposeraient-ils &#224; cette &#171; Grande expulsion &#187; ? Soyons s&#233;rieux. Tous, &#224; l'exception des Libanais, sont p&#233;trifi&#233;s &#224; l'id&#233;e de se colleter un jour avec les Isra&#233;liens. L'Iran ? On conna&#238;t les gesticulations antis&#233;mites de son pr&#233;sident mais on conna&#238;t aussi le r&#233;alisme et le pragmatisme du clerg&#233; chiite et des grandes fortunes iraniennes, qu'elles soient r&#233;centes ou non. La communaut&#233; internationale ? Oublions les Etats-Unis, m&#234;me pr&#233;sid&#233;s par Obama. L'Europe ? Elle vient de d&#233;montrer sa duplicit&#233; en relevant le niveau de sa coop&#233;ration avec Tel-Aviv alors que les turbines des chasseurs-bombardiers isra&#233;liens sifflaient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, est que les Palestiniens sont seuls malgr&#233; le soutien des opinions publiques arabes et d'ailleurs. Etre accabl&#233; par le calvaire qu'ils vivent aujourd'hui est naturel mais on le serait encore plus en r&#233;fl&#233;chissant au pire du pire qui les attend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(*) Une riposte excessive ? Pourquoi l'opinion publique mondiale a tort de juger les r&#233;actions isra&#233;liennes &#171; disproportionn&#233;es &#187;, Le Monde, 7 janvier 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lequotidien-oran.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Le Quotidien d'Oran&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, 8 janvier 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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