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		<title>Queimada &#224; la Guadeloupe. Le capitalisme br&#251;le t-il ?</title>
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		<dc:date>2009-02-19T18:36:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Guillaume Pigeard de Gurbert </dc:creator>



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&lt;p&gt;Karl Marx, penseur de la Guadeloupe &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme est n&#233; aux Antilles et aux Am&#233;riques au XVIe si&#232;cle. En 1846 (soit deux ans avant l'abolition de l'esclavage dans les Antilles fran&#231;aises), Marx pose l'&#233;quation entre l'esclavage, la colonisation et le capitalisme : &#171; Sans esclavage, vous n'avez pas de coton ; sans coton vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donn&#233; de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont cr&#233;&#233; le commerce du monde, c'est le commerce du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karl Marx, penseur de la Guadeloupe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est n&#233; aux Antilles et aux Am&#233;riques au XVIe si&#232;cle. En 1846 (soit deux ans avant l'abolition de l'esclavage dans les Antilles fran&#231;aises), Marx pose l'&#233;quation entre l'esclavage, la colonisation et le capitalisme : &#171; Sans esclavage, vous n'avez pas de coton ; sans coton vous n'avez pas d'industrie moderne. C'est l'esclavage qui a donn&#233; de la valeur aux colonies, ce sont les colonies qui ont cr&#233;&#233; le commerce du monde, c'est le commerce du monde qui est la condition n&#233;cessaire de la grande industrie machinelle. Aussi, avant la traite des n&#232;gres, les colonies ne donnaient &#224; l'ancien monde que tr&#232;s peu de produits et ne changeaient visiblement pas la face du monde. Ainsi l'esclavage est une cat&#233;gorie &#233;conomique de la plus haute importance. &#187; Rien d'&#233;tonnant dans ces conditions &#224; ce que nous soyons, ici, aujourd'hui, aux avant-postes du surd&#233;veloppement du capitalisme. Il se pourrait bien que la r&#233;volte sociale qui secoue les Antilles fran&#231;aises, ces pays pauvres qui survivent &#224; l'ultrap&#233;riph&#233;rie de la riche Europe, manifeste les premiers tremblements d'un s&#233;isme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par une politique coloniale puis postcoloniale, le capitalisme s'est r&#233;pandu plus rapidement et plus efficacement ici qu'en m&#233;tropole, subordonnant ces territoires &#224; leur centre producteur des marchandises et les r&#233;duisant &#224; l'&#233;tat de simples march&#233;s pour &#233;couler ces derni&#232;res. V&#233;ritables colonies modernes d'hyperconsommation, omnid&#233;pendantes de leur centre de tutelle, ces pays se retrouvent logiquement avec un taux de ch&#244;mage colossal et, pire encore, livr&#233;s &#224; des sous-existences priv&#233;es de sens. La destruction concert&#233;e du tissu productif local a plac&#233; les existences sous un r&#233;gime de possibles ali&#233;n&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutez &#224; ce d&#233;sastre le principe d'irresponsabilit&#233; politique, vous avez ces pays exsangues, encay&#233;s dans &#171; des jours &#233;trangers &#187; (Cesaire), administr&#233;s &#224; l'aveugle et de loin, qui font entendre leur r&#233;volte. De la colonisation &#224; la globalisation, ces r&#233;gions ultrap&#233;riph&#233;riques ont toujours &#233;t&#233; assujetties &#224; une &#233;conomie parall&#232;le qui leur interdit &#171; de cro&#238;tre selon le suc de cette terre &#187; (C&#233;saire, encore). C'est cette &#171; pwofitasyon &#187;, cette injustice, qui d&#233;signe d'abord en cr&#233;ole un abus de pouvoir, qui n'est plus supportable. C'est contre elle que les peuples de Guadeloupe et de Martinique font lien et front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est indissociablement la violence &#233;conomique qui est combattue, qui est une force cyclop&#233;enne qui n'a que l'&#339;il du profit priv&#233; et &#224; laquelle manque l'&#339;il de l'humain. Cette monstrueuse c&#233;cit&#233; est une infirmit&#233; de naissance du capitalisme, comme le rappelle encore Marx : &#171; La d&#233;couverte des contr&#233;es aurif&#232;res et argentif&#232;res de l'Am&#233;rique, la r&#233;duction des indig&#232;nes en esclavage, leur enfouissement dans les mines ou leur extermination, les commencements de conqu&#234;te et de pillage aux Indes orientales, la transformation de l'Afrique en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voil&#224; les proc&#233;d&#233;s idylliques qui signalent l'&#232;re capitaliste &#224; son aurore. &#187; L'actuel tiers-monde n'est lui-m&#234;me pas une entorse ext&#233;rieure au syst&#232;me capitaliste mais son pur produit, n&#233; de &#171; la colonisation de contr&#233;es &#233;trang&#232;res qui se transforment en greniers de mati&#232;res premi&#232;res pour la m&#232;re-patrie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc ici que l'aube post-capitaliste se l&#232;ve, dans la haute n&#233;cessit&#233; de repenser les conditions d'existence sociales et politiques. Le travail productif comme paradigme de toute activit&#233; socialisante s'applique &#224; une part de plus en plus petite d'individus et rejette une masse grandissante de potentialit&#233;s d'actions non plus seulement dans le non-&#234;tre int&#233;rimaire du ch&#244;mage mais dans le n&#233;ant a priori du rebut. Les Indiens cara&#239;bes d'avant la colonisation ne connaissaient que les activit&#233;s mobiles, cr&#233;atrices, en un mot ouvertes. Au point que &#171; les Am&#233;ricains n'auraient import&#233; tant de Noirs que parce qu'ils ne pouvaient pas utiliser les Indiens, qui se laissaient plut&#244;t mourir. &#187; (Deleuze-Guattari). Les colons ne cessent pas pour autant de se plaindre des Noirs : &#171; Ils ne savent pas ce qu'est le travail &#187; (idem). Il faut dire que les Noirs se suicidaient en mangeant de la terre, de la chaux et de la cendre, esp&#233;rant ainsi retourner chez eux post mortem et &#233;chapper ainsi &#224; l'enfer de l'esclavage. Le p&#232;re Labat, ce Bouvard-et-P&#233;cuchet esclavagiste aux Antilles, appelle cela pudiquement la &#171; m&#233;lancolie noire &#187;. Aussi bien faut-il inverser le diagnostic actuel qui sanctifie la valeur-travail, et, &#224; partir des soci&#233;t&#233;s cara&#239;bes, actives sans &#234;tre laborieuses, concevoir positivement nos nouvelles soci&#233;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir sera-t-il cara&#239;be ? D&#233;lire ? Jacques Delors (cit&#233; par Andr&#233; Gorz) &#233;crivait en 1988 dans La France par l'Europe : &#171; Un homme salari&#233; de vingt ans avait, en 1946, la perspective de passer au travail en moyenne un tiers de sa vie &#233;veill&#233;e ; en 1975, un quart ; et aujourd'hui, moins d'un cinqui&#232;me. Ces fractures r&#233;centes mais profondes devraient se prolonger et induire d'autres logiques de production et d'&#233;change. &#187; Vingt ans apr&#232;s et avec la r&#233;volution informatique, c'est encore plus vrai. La crise &#233;conomique mondiale en cours n'est pas une menace pour le syst&#232;me capitaliste lui-m&#234;me mais un processus de rationalisation globale en m&#234;me temps qu'une opportunit&#233; d'en acc&#233;l&#233;rer le mouvement. Les faillites en cascade permettent une plus grande concentration des capitaux en m&#234;me temps qu'un meilleur rendement du capital par une diminution consid&#233;rable et rapide de la masse salariale. Le point de vue violemment unilat&#233;ral du capital sur le syst&#232;me &#233;vacue le probl&#232;me d'une nouvelle socialisation ind&#233;pendante de la valeur-travail et abandonne les peuples &#224; la mis&#232;re et &#224; cette col&#232;re qui a d&#233;j&#224; grond&#233; dans les banlieues de l'hexagone qui sont comme ses colonies de l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, il est grand temps de signer ici, ansanm ansanm (&#034;ensemble, ensemble !&#034;), l'acte de d&#233;c&#232;s de ce syst&#232;me mondial de pwofitasyion n&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/02/les-carabes-ou.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;24 heures Philo&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;. Paris, 18 f&#233;vrier 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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